Petit blabla : Bon. Les gens, je dois vous avouer quelque chose. A la base, cette fiction se terminait dans ce chapitre-ci. Puis, en commençant à le vérifier, la semaine dernière, je me suis rendue compte que cela n'allait pas. Bilan, j'ai refait le chapitre. Et pas une fois, non, trois fois, avant de me rendre compte que je pouvais le refaire autant de fois que je voulais, ça ne donnerait pas ce que je voulais, parce que c'était juste pas possible de finir à ce chapitre. Donc du coup, ce chapitre n'est pas l'épilogue, et j'ai aucune idée de quand ça va arriver, parce que du coup, je ne sais pas du tout quand cet AU va se finir. Voilà voilà. J'espère que la suite vous plaira !

Autrement, merci au Guest pour ses reviews ! Les personnages ne m'appartiennent pas, j'écrit juste l'histoire avec, alors... enjoy !


Castiel Novak était un homme basique. Il n'était pas un professionnel de quoi que ce soit, n'était pas un prodige, n'était pas un expert. Il n'était pas non plus un cancre, et lorsqu'il travaillait, il obtenait des résultats. Oui, Castiel Novak était un homme basique. Il ne se reposait pas sur ses capacités, et travaillait pour s'améliorer.

Et pourtant, lorsqu'il avait fait l'amour à Dean, hier, il y avait mis tout son cœur, tout ce qu'il possédait, absolument tout, pour que l'adolescent en ait la meilleure expérience possible. Un léger sourire souleva les lèvres de Castiel alors qu'il ouvrait peu à peu les yeux, sentant sa respiration reprendre un rythme un peu plus rapide que lorsqu'il dormait. Pendant une brève seconde, il eut besoin de réfléchir pour remettre les choses en place dans sa tête, mais tout son monde sembla retrouver son sens quand il tomba sur les yeux ouverts de Dean, qui semblait l'avoir regardé se réveiller avec une attention toute particulière.

- Bonjour, Dean, dit-il d'une voix rauque, et le plus jeune sourit tranquillement.

- Hey, répondit celui-ci, avant de se nicher un peu plus confortablement dans le giron de Castiel, déposant un petit baiser sur son pectoral.

Bon sang. Castiel ferma brièvement les yeux, essayant de maîtriser les battements de son cœur qui venaient d'accélérer. Il avait fait l'amour avec Dean, et tout son corps se souvenait de cela. Et son cerveau aussi. Et ses nerfs.

Ouais, cela n'avait définitivement pas été un rêve.

De toutes façons, cela aurait été trop bon pour n'être qu'un rêve. Simplement, maintenant, toutes les conséquences de son geste arrivèrent brutalement dans la figure de Castiel et il se tendit, fronçant les sourcils. Qu'est-ce qui lui avait pris de déraper comme ça ? Jamais il n'aurait dû céder à ses pulsions et faire l'amour à Dean. Il n'était qu'un adolescent, bon sang – il aurait – il aurait au moins dû attendre que ce dernier soit majeur. Comment avait-il pu perdre à ce point la tête ?

Le comptable retint difficilement un soupir de désespoir envers lui-même. Qu'était-il censé faire, maintenant ? Mettre un stop à tout cela, après ce qui s'était passé ?

Castiel se connaissait. Après avoir goûté au bonheur, il avait du mal à ne pas y retoucher – et Seigneur, Dean était la pire des tentations – enfin, plutôt la meilleure. Intellectuellement, il savait qu'il était censé arrêter ce qu'il se passait entre eux, reprendre le contrôle sur leur relation.

Ou du moins, regagner le contrôle des cinquante pourcents qui lui appartenaient.

- Cas ? Demanda soudainement Dean, et le comptable redescendit brutalement sur terre.

- Oui ?

- Tu voudrais pas qu'on aille prendre une douche ? Parce que je voudrais bien rester toute la journée à glander sur le canap', mais je dois aller bosser, et j'ai assez la dalle.

Castiel resta un instant silencieux, se repassant la phrase de l'adolescent dans sa tête, mais non, celui-ci avait bien dit « qu'on aille prendre une douche ». Ce qui signifiait, prendre une douche ensemble.

Bon sang.

Castiel voyait déjà ses résolutions s'effriter. Alors, défiant toute logique, il hocha la tête.

- Oui. Mais par contre, il va falloir que tu te lèves, Dean.

Le châtain eut un grognement mais se redressa sur le corps de l'adulte, avant de se décaler sur le côté pour le laisser se lever. Castiel bâilla légèrement en faisant craquer les différentes parties de son corps rapidement. À côté de lui, Dean finit de se redresser en position assise, mais presque tout de suite, il grimaça de douleur et se leva en sifflant.

- Il y a un problème ? S'inquiéta immédiatement l'homme aux cheveux noirs, avant de remarquer que l'adolescent avait posé sa main dans le bas de son dos. Merde Dean, je suis désolé, s'excusa-t-il en se passant une main sur le visage avant de se lever à son tour. Je n'aurais pas dû -

- Non, le coupa tout de suite Dean en se retournant vers lui, les sourcils froncés. Je le voulais, okay ?

Castiel ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais ses mots restèrent coincés dans sa bouche alors qu'il se perdait dans les yeux du plus jeune qui le fixaient sans faiblir. Semblant ressentir tous les doutes de l'adulte, Dean se rapprocha de Castiel, attrapant son visage entre ses mains en lui caressant les pommettes. Instinctivement, le comptable passa les bras autour de la taille du châtain, le ramenant encore plus contre lui, et Dean sourit doucement.

- Tu ne m'as forcé en rien, Cas. Je voulais que nous – je voulais que tu me fasses l'amour.

Le cœur de Castiel rata un battement au choix des mots de Dean, et il déglutit difficilement.

- Je t'aime, lâcha-t-il sans faire attention, caressant machinalement le dos du plus jeune.

Les yeux de l'adolescent pétillèrent brusquement, et il se redressa sur la pointe des pieds pour venir embrasser le comptable jusqu'à en perdre le souffle.

- T'aime aussi, marmonna-t-il entre deux baisers, semblant refuser de lâcher Castiel ; du moins, jusqu'à ce que ses reins le rappellent à l'ordre.

Le comptable sourit simplement, se détachant légèrement de Dean avant de se diriger vers la salle de bain.

- J'ai de la pommade, si tu veux, dit-il tandis que Dean le suivait d'une démarche… assez boitillante.

- J'serais pas contre, mais la douche d'abord.

Le sourire sur le visage de Castiel s'agrandit sans son accord alors qu'il entrait dans la salle de bain, déplaçant sa serviette et celle de Dean sur le radiateur pour se retourner, avant de se figer.

Dean était entré dans la cabine de douche – et fichtre, l'adulte n'avait pas encore pris le temps de regarder son corps, mais là, il ne pouvait faire autre chose qu'en détailler la moindre parcelle. Du sperme séché – le sien – avait coulé le long des cuisses de l'adolescent, mais surtout, son corps était marqué de partout. Castiel ne se rappelait pas avoir à ce point enfoncé ses doigts dans les hanches de l'adolescent, ni de lui avoir laissé autant de suçons sur son cou. Puis, lorsque Dean se retourna, sûrement pour lui demander ce qu'il faisait, Castiel en resta bouche-bée. Le torse du châtain était encore plus marqué que son dos, avec des traces de dents un peu partout surtout, ses cuisses étaient marquées de traces de doigts. Et merde, le comptable aurait dû avoir honte de s'être laissé à ce point emporté, mais voir toutes les traces qu'il avait laissé sur le corps de l'adolescent était trop satisfaisant pour qu'il puisse ressentir l'ombre d'un remord.

Seules les traces laissées par le père de Dean sur son corps l'horripilaient, mais… Castiel se rappelait avec exactitude comment il les avait embrassées avec amour hier soir.

- Cas ? Demanda avec hésitation Dean, les joues rouges.

- Dean, répondit simplement Castiel, remontant son regard dans les yeux brillants de l'adolescent.

Celui-ci déglutit fortement en se léchant les lèvres, sûrement par réflexe, mais cela tira un grondement à l'homme aux cheveux noirs.

Okay. Peut-être que finalement, il n'allait pas réussir à reprendre le contrôle sur son cinquante pourcent de leur relation. À vrai dire, il en était à peu près sûr. Mince.

Castiel ferma un instant les yeux, tentant de reprendre le contrôle sur lui-même, mais quand il les rouvrit, l'adolescent le regardait avec un sourire en coin, même si des rougeurs coloraient encore le haut de ses joues. Dean lui fit un clin d'œil, avant de se retourner à nouveau, laissant couler l'eau à une basse pression.

Bon. Et bien, Castiel avait l'impression qu'il allait définitivement devoir abandonner sa raison quand il s'agissait de Dean. Peut-être que cela n'était pas non plus la première fois, de toutes façons. Secouant la tête, le comtpable rentra rapidement dans la douche, refermant la vitre derrière lui pour empêcher l'eau de faire une piscine sur le sol.

Dean le regarda par-dessus son épaule, ses lèvres recourbées dans un sourire heureux, et il attrapa le flacon de douche. Presque instinctivement, Castiel vint le récupérer, et avant qu'il ait réellement le temps de songer à ce qu'il faisait, il était déjà en train de savonner le dos du plus jeune. Dean eut un léger soupir de contentement, se détendant encore un peu plus sous les mains attentives de Castiel.

Ce dernier faisait bien attention à toutes les traces qui parsemaient le dos du petit châtain, et petit à petit, Dean se retrouva collé à Castiel, celui-ci s'occupant désormais du reste de son corps. Seigneur. Tout était terriblement… normal, et le plus vieux embrassa tendrement la tempe de Dean, fermant brièvement les yeux.

Comment pouvait-il simplement imaginer que Dean ne voulait de lui que pour du sexe, quand il était tellement détendu contre son corps ? L'adolescent se retourna, se redressant sur la pointe des pieds, et Castiel ouvrit de nouveau les yeux, tombant immédiatement dans le regard clair de Dean. Celui-ci sourit doucement, apportant une main à la mâchoire du comptable, qui s'appuya légèrement dessus, ne quittant pas les yeux de Dean.

- Tout va bien ? Demanda le plus jeune, ses pupilles semblant lire dans l'âme de Castiel.

Pendant une seconde, celui-ci fut à bout de souffle, avant de sourire légèrement, venant poser sa main sur celle de Dean.

- J'ai un peu de mal à croire que tout cela est réel, finit-il par souffler, et Dean fronça légèrement ses sourcils.

- Comment ça ?

- Nous. Je… Je ne pensais pas que tu puisses un jour être attiré par moi.

Dean sembla s'étrangler, et il secoua la tête, sa deuxième main venant encadrer le visage de Castiel.

- Non mais tu t'es vu ? Merde, t'es hyper sexy, et t'es le mec le plus génial que j'ai jamais rencontré. Je vois pas comment j'aurais pu ne pas vouloir être avec toi. Faudrait être con pour ne pas te voir, Cas !

Objectivement, Castiel savait qu'il était supposé répondre quelque chose de censé à cela, mais… sa seule réaction fut de venir embrasser Dean comme si demain n'existait pas. Ce dernier eut un petit bruit de surprise, avant de se laisser aller contre son amant, se coulant entièrement contre son corps. Pendant de longues minutes, ils ne firent rien d'autre que s'embrasser, et continuer à s'embrasser, et profiter de l'autre et de sa présence ; avant que soudainement, Dean ouvre les yeux, se séparant de l'homme aux cheveux noirs.

- Merde, le boulot !

Castiel redescendit immédiatement sur terre, séparant leurs corps, et deux minutes plus tard, Dean enfilait ses Doc, sautillant sur place pour les mettre correctement.

- Ca va aller, en temps ? S'inquiéta Cas, à côté de lui, dans un simple boxer et la peau encore humide, des gouttes d'eau glissant de ses cheveux.

- Yep, normalement, je vais réussir à attraper le train, dit Dean, tout en finissant d'enfiler sa chemise à carreaux.

Le comptable lui redressa son col machinalement, le stoppant dans ses mouvements, et Castiel redressa les yeux.

- Il y a un problème ?

- Pas le moindre du monde, répondit Dean, les yeux pétillants.

Avant que le plus vieux ait le temps de réagir, Dean venait déjà de l'embrasser, juste d'un léger baiser sur les lèvres – simple mais tellement naturel que Castiel en oublia une seconde de respirer.

- À toute à l'heure !

La porte claqua, et l'homme aux cheveux noirs entendit Dean dévaler les escaliers à toute allure avant de disparaître dehors. Bon sang. Castiel se passa les doigts sur les lèvres, le goût de Dean toujours présent dessus.

Seigneur, cet adolescent allait causer sa perte.


Castiel poussa la porte du Roadhouse avec un peu d'appréhension. Depuis qu'il connaissait Dean, il n'était encore jamais venu au Roadhouse, ne souhaitant pas envahir l'adolescent. Seulement, maintenant que l'année scolaire était terminée – et Dean avait réussi à avoir son brevet, bon sang ! De justesse, mais il l'avait eu – l'adolescent avait été embauché à temps plein à la pâtisserie-café.

D'où la présence du comptable au Roadhouse. Deux jours plutôt, Dean l'avait invité à venir le voir – enfin, cela n'avait pas été réellement une invitation en bonne et due forme, mais… connaissant le plus jeune, cela en était une.

Même si elle se résumait à « dit, tu voudrais pas passer me chercher au Roadhouse, ce soir ? Jo veut fêter notre brevet, ça serait cool si tu étais là aussi, quoi ! ». Définitivement une invitation de la part de Dean, surtout vu le sourire qu'il lui avait offert quand Castiel avait répondu qu'il pourrait peut-être être là, s'il réussissait à se libérer. L'homme aux cheveux noirs pourrait prendre une balle pour les sourires de Dean.

Cependant, cela ne l'empêchait pas de se sentir stressé en passant la porte du Roadhouse. D'après ce qu'il avait compris, Jo, Ellen et Ash étaient comme sa famille… et Castiel voulait faire bonne impression.

À cette heure-ci, il n'y avait personne dans le café, alors lorsque les regards de toutes les personnes de la salle se braquèrent sur lui, le comptable eut envie de s'enfoncer six pieds sous terre.

- Cas !

Immédiatement, le regard du comptable se braqua sur l'adolescent qui arrivait à grands pas vers lui, et Castiel sentit toute la pression redescendre lentement dans son corps. C'était incroyable à quel point la seule présence de Dean lui apportait un baume au cœur.

- Dean, répondit-il, s'approchant du plus jeune, qui s'arrêta à quelques centimètres de lui, restant dans le domaine du raisonnable.

- Tu es venu.

- J'avais cru comprendre que tu souhaitais que je sois là ? Demanda Castiel, une pointe d'inquiétude se glissant en lui.

- Quoi ? Oui !

Dean eut un grand sourire, secouant la tête.

- Je ne pensais juste pas que tu allais réussir à te libérer.

- Et bien, je suis là, sourit le plus vieux, faisant pétiller les yeux de Dean.

Celui-ci ouvrit la bouche pour parler, mais la voix d'une femme le coupa avant même qu'il dise un seul mot.

- Eh, Dean, tu viens nous présenter ton ami, ou vous comptez rester là toute la soirée ?

- On arrive ! Cria Dean en roulant les yeux, offrant ensuite un sourire quelque peu timide à Castiel. Tu viens ?

- Je te suis.

Pendant une seconde, l'adolescent sembla vouloir dire quelque chose, mais finalement, il secoua juste la tête avant de se détourner, menant Castiel vers le petit groupe de personne dans le café. Deux grandes tables avaient été rassemblées, permettant à tout le monde d'être autour sans se marcher dessus.

- Alors, Cas, je te présente Ellen, ma patronne, commença Dean en désignant une brune aux cheveux longs. Après, la blonde, c'est Jo, sa fille. Là, c'est Benny, la folle à côté, c'est Charlie, et le dernier, c'est Ash. Les gars, je vous présente Castiel.

Un concerto de salut succéda à la phrase de Dean, et Castiel y répondit un peu plus timidement, pas franchement habitué à rencontrer du monde, comme ça. Mais… tout se passa bien. Les amis de Dean l'intégrèrent rapidement, et son malaise disparut en quelques minutes alors qu'il se mêlait aux conversations – même si son regard revenait souvent sur Dean.

Celui-ci illuminait la pièce de joie, il n'y avait pas d'autres mots. Le grand sourire avec lequel il avait accueilli Castiel n'avait pas disparu, et l'adulte ne pouvait pas s'empêcher de remarquer à quel point il était magnifique, comme cela. Ce n'était pas exactement la même chose que lorsqu'ils étaient tous les deux à l'appartement, mais c'était assez proche, contribuant à détendre un peu plus Castiel. Il n'avait pas l'habitude de sortir, comme cela, pour rencontrer des amis, mais quand il voyait à quel point cela pouvait être agréable, le comptable en venait à se demander s'il ne devrait pas accepter les propositions de ses collègues de bureau.

Ou du moins, il fut à l'aise pendant les premières heures, répondant tranquillement aux questions qui lui étaient posées sur lui, sa vie, son métier, sa rencontre avec Dean, et autres, mais après, sa bulle de bien-être éclata.

- Et au fait, Dean, quand est-ce que tu nous ramènes une jolie fille ? Demanda Ellen, faisant rire Benny et Ash, alors que Charlie roulait des yeux et que Castiel et Dean se figeaient instantanément.

- Maman ! S'exclama Jo, et cela sembla ramener Dean sur Terre. C'est hyper gênant !

Il rougit brutalement, avant d'ouvrir et fermer la bouche pendant un instant alors que celle de Castiel s'asséchait.

- Oh, ça va, fit Ellen en roulant des yeux, je demandais juste ! C'est que ça fait longtemps que l'on ne t'a pas vu avec une fille, c'est tout !

L'esprit de Castiel fonctionnait à cent à l'heure, son regard fixé sur Dean, et pourtant, il n'était pas capable de formuler une seule pensée cohérente. Il avait juste une sensation désagréable, dans l'estomac, qui lui rongeait les entrailles, le gênait pour respirer et lui donnait l'impression d'avoir trop chaud.

- Alors, Dean ? Demanda Benny, haussant un sourcil, et Castiel se rendit brutalement compte qu'il ne savait pas.

Que personne ne savait.

Personne n'était au courant que Dean n'était pas uniquement attiré par les filles. Bon sang.

- Je… non. Il n'y a – Je n'ai personne en vue, dit Dean, évitant soigneusement le regard de Castiel, et celui-ci sentit son cœur rater un battement.

Objectivement, il savait que c'était la bonne réponse à adopter. Que l'adolescent ne pouvait pas dire « Alors, en fait, vous voyez, Cas ? Ben lui et moi, ça fait presque un mois qu'on est ensemble. Comment ça, c'est un mec ? On a dix ans d'écart ? Oh, c'est rien ! ». Oui, Castiel savait que cela n'était pas possible.

Il le savait, mais son cœur qui sembla se rétracter dans sa poitrine semblait ne pas prendre en compte sa raison. Merde, cela faisait tellement mal, d'être nié, comme ça. Comme s'il n'était rien. Comme si leur relation était... nulle. Invalide.

- Quoi, personne ? Même pas avec la brunette, qui passe toujours au café pour te voir ? Fit Ash, un léger sourire moqueur aux lèvres. C'est quoi son prénom, déjà ? Nina ? Lina ?

Dean eut une nouvelle couche de rouge sur les joues, s'étranglant un petit peu, alors que Castiel sentait sa respiration s'arrêter silencieusement.

- Lisa ? Non, non ! Il n'y a rien entre nous, c'est juste une amie !

- Vraiment ? Parce qu'elle est canon, quand même !

- Ash ! Râla Jo, si Dean dit qu'il n'y a rien, alors il n'y a rien ! En plus, c'est une emmerdeuse de première. Dean mérite bien mieux que cette poufiasse, n'est-ce pas ?

Jo se pencha vers Dean, battant deux fois des cils, et le cœur de Castiel rata un nouveau battement – mais cette fois-ci, ce fut plus violent que la précédente, parce que merde, mais Jo en pinçait pour Dean.

Pour son amant.

Un poing de glace se referma sur son cœur alors que Dean bégayait, et que la discussion passait enfin à autre chose.

Seulement, le mal était déjà fait, et le comptable se sentait incapable de revenir dans la conversation – conversation dans laquelle il se rendait compte maintenant que Jo faisait du rentre-dedans à Dean, certes discret, mais bien présent, et que ce dernier ne faisait rien pour l'en empêcher.

Putain.

Castiel ne sut pas comment il réussit à survivre à la fin de cette soirée, mais visiblement, il réussit, puisqu'à un moment, Dean et lui se retrouvèrent dans le train. Fait extraordinaire, ni l'un, ni l'autre n'avait sorti des écouteurs, et cela en disait plus que tout au monde. Plusieurs fois, pendant le trajet, Dean sembla vouloir parler, mais à chaque fois, ce fut un simple soupir qui lui échappait – et, pour le coup, ce n'était pas Castiel qui allait lui demander de parler.

Le comptable était perdu dans ses pensées, se passant et se repassant encore la soirée dans la tête – le moment où Dean disait qu'il n'avait personne, les coups d'œil que lui jetait Jo, le léger flirt que les deux adolescents entretenaient, le – Castiel se mordit fermement la lèvre, fermant les yeux. Est-ce que Dean essayait de lui faire passer un message ?

Est-ce que, par le biais de cette soirée, il tentait de lui dire quelque chose ?

- Cas ?

L'homme aux cheveux noirs ouvrit brutalement les yeux, faisant un bruit de gorge en redressant la tête vers Dean. Ce dernier ne le regardait toujours pas dans les yeux, et Castiel sentit une pointe de douleur le traverser de haut en bas.

C'était sûrement ça. Dean l'avait amené pour lui montrer que c'était fini. Que ce dernier mois n'avait été qu'un simple moment dans la vie de l'adolescent, et que maintenant, il allait passer à autre chose.

La sonnerie du train le sortit de ses pensées, et ils quittèrent le wagon sans un mot. Sur le chemin, Castiel ne passa pas son bras au-dessus des épaules de Dean comme ils en avaient pris l'habitude le matin, et leurs corps ne se touchèrent pas un seul instant. Christ. Le comptable avait l'impression qu'un océan venait de s'être installé entre eux, et cela faisait mal, tellement mal.

Il ouvrit la porte de son appartement sans un mot, y rentrant rapidement, et Dean referma la porte derrière lui. Okay. Qu'est-ce que Castiel était censé faire, désormais ? Dire à l'adolescent qu'il pouvait garder le lit, et qu'il allait reprendre le canapé ? Que – bon sang. Peut-être que Dean n'allait plus rester chez lui. Peut-être qu'il avait trouvé quelqu'un d'autre chez qui loger, et qu'il allait partir, et que – et que –

- Je suis désolé, Cas, murmura Dean, derrière lui, la voix cassée.

- Tu n'as pas à être désolé, répondit Castiel, ne souhaitant pas voir le visage de l'adolescent.

Il voulait garder dans sa tête l'image de Dean se coulant contre son corps, se réveillant contre lui le matin, l'embrassant tendrement – pas l'image de Dean rompant avec lui.

- J'aurais dû te parler de tout ça plus tôt, reprit Dean, mais je ne voulais pas que –

- Ce n'est pas grave, Dean. Je comprends. Jo à l'air d'être une fille formidable et –

- Hein ? Pourquoi tu me parles de Jo ?

Le comptable fronça les sourcils, se tournant vers le plus jeune, qui avait enlevé son manteau et ses chaussures, et qui, actuellement, avait un air tout à fait confus sur le visage.

- Je… Tu es bien en train de me dire que je – que nous, c'est fini ?

- Quoi ? Non ! S'étrangla le petit châtain.

- Mais alors pourquoi es-tu désolé ? Demanda Castiel, perplexe.

- Pour avoir dit aux autres que nous – que j'étais intéressé par personne. Je n'avais pas prévu qu'ils parlent de ma vie, et je cherchais encore à savoir comment leur dire que j'étais bi, et j'ai paniqué, et je ne savais pas si tu voulais que l'on s'affiche ensemble, et –

- Attends deux secondes, fit Castiel, faisant un pas dans la direction de Dean. Tu n'es pas intéressé par Jo ?

Dean cligna des yeux, l'incompréhension se lisant sur son visage, et il plissa les yeux.

- Jo ? Pourquoi je serais intéressé par Jo ? Elle est comme ma petite sœur, ça serait – brr, nah, pas du tout. Pour – Attends, tu croyais que j'étais intéressé par Jo ?

- Elle n'a pas arrêté de flirter avec toi, fit Castiel en haussant les épaules, se sentant mal à l'aise. Tu n'avais pas l'air gêné par cela, et tu lui répondais plutôt facilement, alors…

Castiel se tut en voyant Dean écarquiller les yeux, avant de secouer vivement la tête, s'approchant du plus vieux fermement.

- Tu croyais que je ne voulais plus être avec toi, dit Dean, et cela était plus une affirmation qu'une question.

Castiel hocha la tête au bout de quelques secondes, et ne put pas ignorer l'éclair de douleur qui passa dans les yeux du petit châtain.

- Putain, Cas, combien de fois devrais-je te dire que tu n'es pas juste une aventure, comme ça ? Je ne compte pas partir.

- Je ne veux pas t'enchaîner, Dean, soupira Castiel, et le plus jeune se redressa sur la pointe des pieds pour aller déposer tendrement ses lèvres sur les siennes.

Pendant un instant, toute la tempête qui se déroulait dans l'esprit de Castiel se calma, et se concentra uniquement sur la bouche de l'adolescent.

Il était loin, leur premier baiser avec le goût de la crème cicatrisante. Ils avaient pris le temps de s'apprivoiser lentement, de découvrir l'autre, de se comprendre sans avoir besoin de parler à tort et à travers.

Doucement, Dean vint lécher les lèvres de Castiel, l'encourageant à ouvrir la bouche, et le comptable s'exécuta avec un petit soupir – de soulagement, de contentement, il ne savait pas réellement. Tout semblait rentrer dans l'ordre quand ils étaient l'un contre l'autre, et les incertitudes du comptable se diluèrent lentement.

- Tu ne m'enchaînes pas, Cas. On en a déjà parlé, et tu sais que ce n'est pas qu'une expérience. Je… je t'aime, Cas. Je n'aime pas Jo, ou une autre fille, ou un autre mec. Juste toi. Fais-moi confiance, okay ?

Castiel senti son cœur rater un battement – mais pour la première fois depuis le début de soirée, ce fut positif. Les yeux de Dean criaient d'honnêteté, et pour la énième fois, le plus vieux se perdit dedans. Depuis que ses lunettes avaient été brisées par son père – père qui n'avait pas importuné à nouveau Dean, et qui d'après Sam, niait son existence – l'adolescent s'était mis aux lentilles de contact.

Et si cela permettait à Dean de ne plus s'embêter avec ses lunettes, cela voulait dire que Castiel avait à chaque fois un accès direct à ses yeux, ce qui lui faisait tout le temps perdre pied. Seigneur, cela devrait être interdit d'avoir des yeux comme cela.

- D'accord, murmura Castiel, hochant la tête. Je suis désolé. Je… n'aurais pas dû sauter aux conclusions.

- Tu ne pouvais pas savoir.

Dean retomba sur ses pieds, posant sa tête contre le pectoral de Castiel. Certes, il avait pris trois centimètres, pendant le dernier mois, mais cela ne changeait pas le fait qu'il restait tout de même plus petit que Castiel. Instinctivement, ce dernier vint passer un bras autour de sa taille et l'autre autour de ses épaules, le serrant un peu plus contre lui, ne disant pas un mot. Ils restèrent l'un contre l'autre, immobiles, à simplement prendre du réconfort de l'autre.

- Eh, Cas, du coup, tant qu'on y est…

- Oui ?

- Est-ce que tu préfères qu'on s'affiche, hum, comme un – euh, couple ?

Castiel redressa la tête, surpris mais Dean resta contre lui sans bouger – ce fut à peine si ses mains se redressèrent sur la chemise du comptable.

- Est-ce que tu voudrais cela ? Demanda-t-il doucement au bout d'un instant.

- Je… eh bien, je…

Dean resta silencieux un instant, avant de relever les yeux sur Castiel.

- J'aimerais bien. Je veux dire, dans la rue, ou quand on va au café à côté de chez toi, cela me plairait beaucoup. Après, pour le Roadhouse, peut-être pas tout de suite – genre, que je réussisse d'abord à leur dire que je suis bi, quoi – mais oui. Si tu es d'accord, dit Dean d'une seule traite, et la fin de sa question sonna plutôt comme une supplication.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Castiel, qui hocha la tête. Sa main sur la nuque de Dean vint jouer avec les courts cheveux qui se trouvaient là, et les yeux du plus jeune pétillèrent doucement. Les mains de l'adolescent glissèrent sur la chemise du comptable, allant s'y glisser dessous pour le rapprocher encore un peu plus de lui.

- Et si jamais nous tombons sur eux dans la rue ? Fit Castiel, fronçant légèrement les sourcils en y pensant.

Dean resta silencieux un moment, semblant réfléchir à l'hypothèse, avant d'hausser les épaules.

- Et bien tant pis, finit-il par dire, plantant fermement ses yeux dans ceux du comptable, ils nous verront.

Seigneur.

Castiel pencha la tête, venant happer les lèvres du châtain sans pouvoir s'en empêcher. Dean répondit au baiser immédiatement, s'accrochant à l'homme aux cheveux noirs. Leur baiser avait un goût de désespoir mais aussi de renouveau, comme s'ils venaient de passer un passage à niveau dans leur relation – quelque chose d'important.

- Je t'aime, dit le comptable, le souffle coupé, entre deux baisers.

- Chambre, grogna Dean contre les lèvres de Castiel, et ceci ne manqua pas de faire sourire son amant.

Parfois, il oubliait que l'âge de Dean induisait certaines choses, mais celles-ci n'étaient définitivement pas dérangeantes – comme le membre qu'il sentait durcir contre sa cuisse. Le plus vieux descendit ses mains au niveau des fesses du petit châtain, le collant encore un peu plus contre lui. Dean grogna, ses ongles rentrant légèrement dans les côtes de Castiel alors qu'il effectuait un mouvement de bassin, faisant rencontrer son érection et celle de l'adulte.

D'une démarche maladroite, l'homme aux cheveux noirs recula, entraînant Dean avec lui, et ce ne fut que la connaissance parfaite de son appartement qui lui permis de ne pas se prendre un mur avant de rentrer dans la chambre.

Leur chambre.

En attendant que le chauffage soit réparé, Dean avait dormi sur le canapé avec Castiel – mais cette fois-ci, il était serré en petite cuillère contre le ventre du comptable ; et qu'est-ce que cela leur avait paru plus naturel. Cependant, le plus drôle fut qu'à partir du moment où le chauffage fut réparé, la fin du mois de mai vit les températures monter, rendant le chauffage totalement inutile.

Cela ne les empêchait toutefois pas de se coller l'un à l'autre dans le lit, dans un mélange de bras et de jambes qui les rendait impossible à différencier. Castiel n'avait jamais été quelqu'un ayant du mal à s'endormir, mais avec Dean serré tout contre son corps, le sommeil avait pris une saveur terriblement agréable.

En tout cas, cela ne changea pas le fait qu'ils tombèrent sur le lit tout en continuant de s'embrasser, les peurs de Castiel s'effaçant doucement sous les baisers de Dean.

Quand il y réfléchissait, il savait qu'il n'avait pas à douter. Certes, Dean était plus jeune que lui, mais parfois, le comptable se demandait si l'adolescent n'avait pas une vie d'avance sur lui – parce que même s'il avait un corps d'adolescent, sa tête était déjà celle d'un adulte. Cela devait sûrement être dû au fait qu'il s'occupait de Sam depuis qu'il était enfant, ou qu'il était celui sur qui reposait presque entièrement Sam ; mais en tout cas, Castiel avait plus que souvent l'impression d'avoir un adulte face à lui. Un jeune adulte, mais un adulte.

Par conséquent, quand Dean lui disait qu'il l'aimait, le comptable savait que ce n'était pas des paroles en l'air.

Que le plus jeune le pensait réellement.

En plus, ils avaient parlé de leurs doutes respectifs. Castiel savait que Dean avait peur qu'il le laisse pour quelqu'un de plus expérimenté, de plus vieux, de mieux – quelqu'un qui avait une vie déjà faite sur des bases saines. Il savait que Dean craignait de ne pas être assez pour lui. De l'autre côté, le plus jeune savait les peurs de Castiel, qui avait eu moins de mal à les formuler.

Alors le plus vieux savait que Dean ne voulait pas d'une relation sans lendemain. Il savait qu'ils voulaient la même chose de leur relation, et qu'ils étaient prêts à tout pour qu'elle marche.

Pendant que Castiel descendait sur le corps du plus jeune, déposant des baisers sur la peau à sa portée, toutes ces pensées tourbillonnaient dans son esprit, mélangées au désir et à l'envie. Et, soudainement, il se rendit compte que ses doutes n'étaient pas fondés.

Qu'ils n'avaient jamais été fondés.

Qu'ils ne venaient que de sa tête, pas des actes de Dean.

Une vague d'amour submergea Castiel, l'empêchant un bref instant de respirer.

- Cas ? Demanda Dean, la voix rauque par l'excitation et l'envie.

Le comptable redressa la tête, venant l'embrasser furieusement.

- Tu es à moi, murmura-t-il contre ses lèvres, cette réalisation le frappant comme un coup de tonnerre.

- Je suis à toi, confirma Dean, embrassant les paupières de Castiel. Je suis à toi, et tu es à moi.

Castiel n'avait jamais pensé que c'était possible d'aimer quelqu'un si fort.