Merci Rieval pour ton enthousiasme qui vaut toutes les louanges du monde!!
Miyu Satzuke, j'espère que ce nouveau chapitre te plaira tout autant !
Enjoy !
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Le souffle court, le docteur McKay ralentit légèrement la course d'Alabert, mais, implacable, celui-ci se contenta d'une bourrade dans le dos pour le ramener à la raison. Plus que quelques mètres, plus que quelques mètres, plus que quelques mètres, voilà un mantra que ne cessait de se répéter le pauvre scientifique. Quelques courants d'air leur effleurèrent le visage. Une porte s'était brusquement effacée devant eux. Ils étaient arrivés.
Quelques pas pour pénétrer à l'intérieur, et les portes se refermèrent derrière eux. D'abord obscure, la pièce s'éclaire graduellement, jusqu'à atteindre une luminosité suffisante pour distinguer le moindre détail de la pièce. Etrangement, elle avait échappée à la pourriture ambiante qui dévorait la cité pièce par pièce. Pas de trace d'organisme vivant Wraith. Un grand socle se trouvait au milieu, entouré d'autres petits socles. Aucun autre meuble ou appareil pour voiler la nudité de l'endroit, juste le métal si froid d'apparence mais vivant au toucher, caractéristique de ce minerai qui servait de base à la construction des édifices métalliques des Anciens, et dont ils n'avaient trouvé nulle trace malgré leurs multiples aventures.
Les trois Genii gardèrent leurs armes levées, plus effrayés par l'étrange quiétude de cet endroit qui détonnait que par le hurlement glaçant qui avait retenti un quart d'heure plus tôt. Etrangement, Rodney se sentait rassénéré, la technologie était son amie, même, sa meilleure alliée. Devant cette console, il se sentait en terrain familier. En fermant les yeux, en faisant abstraction de son corps, il pouvait presque se croire à la maison, sur Atlantis. Curieusement, Acastus Kolya finit par ressentir ce calme, le visage détendu du Terrien en était un vecteur particulièrement efficace. S'il y avait le moindre risque, le scientifique roulerait des yeux paniqués et taperait du poing contre les murs pour tenter de les ouvrir et s'enfuir.
- Que fait-on, Kolya?
La voix grave d'Alabert résonna dans la salle, se heurtant aux parois argentées comme un oiseau en cage heurterait les grilles qui le retiendrait captif. Le sourire goguenard de son chef n'eut rien de plaisant, même pour ses hommes. D'un geste, il ordonna à Rodney de grimper sur un des socles. Comme dans un état second, ce dernier obéit. Un voile irisé jaillit du socle principal et rejoignit le plafond, lentement, le voile se mit à tourbillonner avant de prendre forme humaine, ou plutôt, forme Lantienne.
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La forme absolument parfaite d'une magnifique jeune femme leur faisait face. Vêtue d'une longue robe à la blancheur quasiment insoutenable, ses yeux dorés se posèrent sur eux. Un halo également irisé l'entourait, indiquant à Rodney qu'elle était un hologramme, certes particulièrement agréable à regarder, mais néanmoins sans aucune consistance.
Un bruit métallique fit sursauter Rodney, qui posa un pied hors du socle pour conserver son équilibre. Aussitôt, la jeune femme disparut. D'un même geste, Alabert et Sora enfoncèrent leurs armes dans son dos, l'obligeant à reprendre position. La forme réapparut. Une longue minute s'écoula sans qu'aucun osa prendre sa respiration. Enfin, l'hologramme prit la parole:
- Je suis Eurôpè, mémoire centrale de la cité. Veuillez décliner votre identité, visiteur.
- Rod… Docteur Rodney McKay, de la planète Terre.
Les yeux dorés ne cillèrent pas. L'hologramme ne donna aucunement l'impression d'avoir entendu la réponse donnée.
- Je suis Eurôpè, mémoire centrale de la cité. Veuillez décliner votre identité, visiteur.
- Mais je viens de vous le dire!! Je suis le docteur Meredith Rodney McKay, scientifique en chef de l'expédition d'Atlantis, nous venons de la planète Terre!
Même si le moment ne s'en prêtait absolument, il jeta un coup d'œil à ses geôliers pour voir si la mention de son premier prénom avait eu un quelconque effet, mais les trois autres semblaient tétanisés par la présence surréaliste de l'hologramme.
- Je suis Eurôpè, mémoire centrale de la cité. Veuillez décliner votre identité, visiteur.
La voix n'avait pas varié d'un iota, douce, posée, désincarnée. Rodney ne répondit pas, visiblement, ce n'était pas son identité telle qu'il la concevait qu'elle demandait. Il se tourna vers le chef genii et balbutia:
- Kolya, si vous aviez un plan derrière toutes ces journées où nous avons couru, je crois que c'est le moment de le mettre en pratique. Je ne sais pas si c'est que vous recherchiez, mais moi, je ne peux rien faire de plus.
Il se serait mis des gifles! Il venait de signer son propre arrêt de mort, il venait de le lire dans les yeux de son tortionnaire. Un rictus sardonique traversa le visage du Genii:
- Vous avez la chance d'être sur le socle et que je ne souhaite pas une nouvelle fois risquer de voir disparaître cette femme, vous ne pourriez réellement plus rien faire.
Rodney grimaça et se tourna de nouveau vers la fine silhouette irisée. Mieux valait ne pas soutenir les yeux flamboyants d'Acastus Kolya. Le chef Genii contempla pensivement l'hologramme qui répéta une nouvelle fois sa question, puis, une idée lui traversa l'esprit. Il mit vivement sa main dans sa poche et en ressortit les trois plaques argentés qui les avaient accompagnés depuis le début et qui étaient à l'origine de cette incroyable course contre la mort. Il les avait à peine dans les mains qu'elles lui échappèrent sans effort et allèrent se coller au socle de l'hologramme. Ce dernier se brouilla et un sifflement suraigu se fit entendre, les forçant tous à se boucher les oreilles et à rentrer la tête dans leurs épaules, dans une vaine tentative de se protéger du bruit. Presque aussitôt, le silence se fit, presque assourdissant après ce vacarme. Rodney haussa un sourcil et dressa une oreille. Aux jurons d'Alabert qu'il pouvait saisir, il n'était pas devenu brutalement sourd. Il n'avait pas évité de mettre le moindre écouteur sur ses oreilles depuis son adolescence afin de préserver son ouïe pour rien!
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L'hologramme était de nouveau présent, sa robe semblant flotter dans une brise pourtant inexistante.
- Je suis le fragment restant de la mémoire originelle de la cité d'Eurôpè, la dernière ombre de la mémoire centrale de la cité. Vous qui avez trouvé mon message, voici votre mission. Vous devez anéantir cette cité et la cité de Bal Tigeth pour détruire l'arme qui se trouve sur cette planète.
L'énormité de ce qu'il venait d'entendre frappa le docteur McKay de plein fouet. Complètement abasourdi, il se tourna vers les Genii, prenant garde à ne pas descendre du socle. Kolya avait l'air d'avoir reçu un coup de couteau en plein cœur, pire, on aurait cru que l'hologramme était descendu de son socle pour le lui arracher et le manger. Un autre jour, Rodney aurait souri devant le désespoir visible de son pire ennemi, mais là, il y avait quelque chose d'autre, on eut dit que la fatalité avait frappé à la porte du Genii.
- J'ai besoin de cette arme. Mon peuple est assez fort pour la maîtriser et anéantir les Wraith! Je veux cette arme! Je l'ai mérité! J'ai bataillé, menti, trahi et tué pour l'atteindre !
C'était un cri du cœur. Pour quiconque n'avait pas fait partie de cette course, cela aurait été suffisant pour indiquer l'importance que cette arme représentait pour le chef Genii. Sora se recula prudemment, elle se rappelait avec netteté les éclats de colère de l'homme qui vibrait littéralement à côté d'elle. Alabert lui jeta un bref coup d'œil et alla carrément se placer de l'autre côté de Rodney, pour le placer comme une hypothétique barrière contre l'explosion qui risquait de se produire prochainement. Tous les deux comprenaient l'importance de cette arme, mais ils avaient été élevés dans un certain respect des Ancêtres, et tout un entraînement militaire ne pouvait effacer ce que toute une existence baignée de légende avait gravé. Presque inconsciemment, ils comprenaient qu'ils n'avaient aucun droit sur cette arme.
Rodney n'aurait pas imaginé cela possible, mais il crut distinguer un air sarcastique dans le léger mouvement qui agita les plis de la robe, peut-être un effet d'un imperceptible changement de luminosité. L'hologramme répondit:
- Il n'y a pas d'arme qui puisse vous servir ici. Vous devez anéantir cette cité et la cité de Bal Tigeth pour détruire l'arme qui se trouve sur cette planète.
Rodney prit une inspiration, jeta un coup d'œil à Kolya et murmura :
- Mais de quelle arme parlez-vous, s'il n'y a pas d'arme pour nous servir ?
Le mouvement de la robe était réellement sarcastique, là, il pouvait le jurer.
- Il n'y a pas d'arme qui puisse vous servir ici. Je me suis servie de l'attirance inguérissable des humains envers la destruction pour attirer certains d'entre vous ici et servir mon dessein.
Pour quelqu'un qui demandait, enfin, quelque chose qui réclamait leur aide, cet hologramme était étrangement arrogant. Le visage impassible, il exsudait toute la suffisance qu'on pouvait reprocher à un être qui se sait plus puissant. Le visage congestionné, contrastant grotesquement avec les traits parfaits de la jeune femme qui leur faisait face, Kolya articula soigneusement:
- Je veux cette arme, et je détruirais ces deux cités si vous le voulez vraiment. Mais je veux cette arme.
- Mon énergie s'épuise irrémédiablement et bientôt, je ne serais plus. Il me reste trop peu de temps maintenant. Vous devez détruire cette cité et la cité de Bal Tigeth.
Alabert, d'une voix douce, pour ne pas augmenter la frustration de Kolya, posa une question assez pertinente.
- Qu'est-ce qu'est cette arme?
Le silence retomba. Rodney se dit que dans les films, ce genre de silence était suivi d'une révélation qui tombait comme une bombe. L'hologramme savait ménager son suspense.
- Obéron. Ses habitants. Ses créatures.
La compréhension qui envahit son esprit était si parfaite qu'il en aurait crié, s'il avait pu articuler le moindre mot. La seule chose que Kolya put faire, ce fut d'éclater d'un rire hystérique. Piégés, ils avaient été piégés.
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On approche doucement de la fin...
