Hello à tous et toutes, voici le nouveau chapitre tout beau tout chaud.

j'espère qu'il vous plaira

sur ce Enjoy


chapitre 11

Alec grimaça lorsque son réveil sonna. Certes il n'avait pas perdu la main pour séduire mais là … il ne se souvenait pas de dormir aussi mal après avoir fait l'amour. Peut-être son rêve y était-il pour quelque chose … ou alors en était-il la cause tout simplement. Toujours est-il que cette silhouette lumineuse l'avait de nouveau quitté au milieu de ses divagations et lorsqu'il s'était réveillé en hurlant de peur, il avait réveillé par la même occasion sa compagne qui en avait profité pour partir.

Sortant de sous les draps avec la tête d'un lendemain de cuite, il quitta la chambre, jetant un coup d'œil dans celle de son colocataire et constata qu'il n'était pas là, tout comme il n'était pas dans la salle de musique puisqu'aucun bruit de touche de clavier du piano ne lui parvenait aux oreilles. Décidément il aurait donné cher pour y entrer et voir cette satanée photo que Magnus lui avait cachée. Cela le perturbait mais dans un sens il était heureux de voir que Bane n'était pas resté à se morfondre dans le loft

« Pas rentré ? » sourit-il en constatant qu'apparemment son colocataire avait passé la nuit dehors et il n'en doutait pas en bonne compagnie.

Ce fut lorsqu'il sortit de la salle de bain lavé, rasé et habillé qu'il entendit les clefs être déposées sur le meuble... Magnus se jeta sur le canapé d'un air las avant de souffler fortement, sans l'avoir remarqué, du moins il lui semblait.

« Tu comptes rester planter là longtemps ? » entendit Alec dans les coussins.

« J'étais seulement en train de remarquer que tu n'avais pas passé la nuit ici. »

« Humpff »

L'envie de lui balancer son coussin sur le nez en lui demandant la faute à qui traversa un instant le cerveau du musicien avant qu'il ne soupire en se redressant pour se décider à aller se chercher une tasse de café.

« Bonne compagnie toi aussi ? » sourit le noiraud

« Ce que je fais de ma vie ne te regarde pas », répliqua l'asiatique d'un ton très froid.

« Pardon ? »

« Je n'ai pas envie de te raconter ce que je fais quand je ne suis pas à la maison. De toute façon tu avais d'autres chattes à fouetter »

« Magnus Bane, mais bon sang tu m'en veux pour cette fille ? »

« Je n'en ai rien à cirer, tu es assez grand pour savoir ce que tu fais Alexander » et il quitta la pièce pour son bureau

Magnus regarda le numéro inscrit sur la serviette en papier, songeant que Lydia avait elle aussi connut ce qu'il traversait en ce moment. Comment supporter que celui que vous aimez vous trompe dans votre lit ? Lui, l'ignorait car en ce moment son cœur saignait fortement. Attrapant son téléphone, il composa le numéro de Camille rapidement et attendit que la jeune femme lui réponde.

« Camille Belcourt, » déclara une voix dans le combiné

« Camille, c'est moi … »

« Ah Mag's, justement je pensais à toi, j'étais en train de regarder pour la dernière partition que tu m'as envoyée,

« Parfait … »

« Tu voulais quelque chose ? »

« Il l'a fait …, » murmura le musicien.

« Quoi ? qui a fait quoi ? »

« Alec… il a couché avec une fille hier soir »

Le silence lui répondit, signe que la soprano avait compris la signification de ses paroles et qu'il était devenu plus que sérieux.

« Où ? » grogna-t-elle simplement.

« Chez nous … dans … dans notre lit. Camille j'avais peur que ça arrive et … »

« Mag's tu n'as pas bu d'alcool j'espère ? rassure-moi »

« Non … non, je n'ai pas touché à l'alcool. »

« Et pourquoi tu ne m'appelles que maintenant ? pourquoi pas hier soir ? tu sais que je suis toujours là pour toi non ? »

« Ma chère Camille, tu veux bien me répondre sincèrement à la question que je vais te poser s'il te plait ? »

« Bien entendu Magnus. »

Les yeux fermés, téléphone contre l'oreille le musicien soupira. Camille aurait beau être Camille jamais elle ne lui mentirait. Comment demander à son amie, sa meilleure amie qui plus est, si quelque chose n'allait pas avec lui ? Le cœur en miette, il ne se voyait vraiment pas comment lui demander si elle n'en avait pas assez de l'aider, de le soutenir toujours et de le supporter.

Après tout, les mots même ne semblaient vouloir se mettre en ordre au fond de lui, alors comment les exprimer ? Il se sentait à la fois vide et inutile, triste et totalement invisible aux yeux de la seule personne pour laquelle il aurait voulu l'être. En quelques années, Alec l'avait métamorphosé. Il l'avait rendu vivant, lui avait montré un peu de bonheur, offert un peu de chaleur, lui avait rendu un semblant de vie. Et aujourd'hui …

« Mag's ? j'attends ta question … »

« Est-ce que j'existe vraiment ? » murmura le violoniste d'un ton lointain.

« Pardon ? » s'étouffa la soprano. « Tu me demandes quoi ? Bane, tu m'as menti, je suis certaine que tu as bu !

« Non j'ai pas bu. Répond-s'il te plait, je ne sais pas comment formuler ma pensée autrement … «

« Bien sûr que tu existes, c'est quoi cette question ? »

Là c'était certain que la jeune femme n'allait pas lâcher l'affaire de si vite

« Répond-s'il te plait », supplia l'asiatique. « Et réponds franchement, tu n'en as pas assez de me supporter ? qu'est ce qui cloche avec moi ? j'ai l'impression d'être un poids mort ! »

« J'arrive. »

« QUOI ? » s'égosilla Magnus en se redressant dans son fauteuil de bureau.

« Je viens te mettre une baffe pour que tu reprennes tes esprit Magnus, comment peux-tu penser à de telles choses ? »

La tonalité du téléphone lui appris que son amie lui avait raccroché au nez. Ainsi c'est ce que l'on ressentait lorsqu'une personne que vous appeliez pour parler vous raccrochait au nez ? s'il n'avait pas le moral en berne en cet instant, cette tonalité n'aurait rien été d'autre pour lui qu'une note de musique, mais là … alors qu'il avait besoin de son amie il lui avait raccroché au nez. Peut-être bien que finalement Camille en avait marre.

Reposant son téléphone sur le chargeur, Bane retira son veston en brocart avant d'aller s'allonger sur le canapé pour regarder le plafond. Il se laissait guider par son oreille qui lui inspirait des musiques tristes.

Fermant les yeux en tentant de se représenter un schéma pour un nouvel opus, il sursauta en entendant la sonnette retentir avant de regarder l'heure sur sa montre au poignet. Vingt minutes qu'il réfléchissait déjà …

« Décidément le temps passe vite lorsque je fignole mes idées, » murmura-t-il en sortant de son antre.

Ouvrant la porte, il se retrouva face à Camille, essoufflé qui semblait hyper colérique.

« Me faire courir comme une furie dans toute la ville pour te botter les fesses, c'est ça l'amitié Magnus. Tiens-tu as mis le jeans que je t'ai offert, je suis sure qu'Alec a dû le trouver à son gout » lui dit-elle d'un clin d'œil un peu lubrique

Camille c'était le jour et la nuit dans la même journée, elle pouvait passer du rire aux larmes dans la seconde et cela faisait tout son charme. Magnus content de la voir lui proposa d'entrer

« Tu voulais autre chose ou simplement me dire que ton cadeau m'allait bien ? »

« Euh … non, je venais aussi pour t'en coller une à l'origine, mais je ne peux pas. Allez maintenant que je suis là, tu m'expliques tout et tu n'oublies rien, même volontairement ! »

Cette fois il ne s'en sortirait pas, c'était certain. Camille voulait savoir et elle ne partirait pas sans se explications. Magnus l'entraina dans sa salle de musique et verrouilla la porte.

OoOoO

Alec était parti rapidement de l'appartement pour filer en direction de l'autre bout de la ville. Raphael l'avait appelé de toute urgence afin de rencontrer les autres commerciaux qui étaient sur le coup du rachat des actions Google. Le bâtiment faisait plutôt grise mine. Les personnes qui en sortaient ou qui y entraient, n'avaient rien de commun à son goût … Tirant sur sa veste de costume issue de chez Channel, il se dégagea la gorge et entra dans le bâtiment avant de se présenter à la standardiste qui le conduisit jusqu'à la pièce où se trouvait Clary Fray, une comptable experte dans le domaine des transactions très complexes.

Frappant à la porte, il pénétra dans le bureau de la demoiselle. Clary qui s'était stoppé en entendant les coups contre la porte se retourna vers lui avant d'esquisser un sourire qui se voulu charmeur alors qu'elle s'avançait vers lui d'une démarche féline.

« Monsieur Lightwood, le salua-t-elle. J'ai eu peur que vous ne m'ayez oublié »

« Eh bien, non … je suis là comme vous le voyez. Vous êtes une de mes consultantes toute de même. »

« C'est ce qu'on dit. Je suis navrée de vous avoir fait venir ici mais je dois gérer 3 gros dossiers à la fois et quitter ce bureau me semblait difficile. »

« Et si nous en venions au but de ma visite madame ? » proposa Alec

« A ce propos mon très cher Alexander si vous gagnez ces actions je vous promets une fête que vous n'oublierez pas de sitôt »

« Ça sera avec joie mais lorsque nous serons certains de gagner Mme Fray »

« Fray Branwell s'il vous plais, j'aime que ma cousine se rappelle que nous sommes de la même famille. Cette petite pimbèche se croit parfois tout permis »

« Des soucis familiaux ? » demanda alors le trader un peu inquiet

« Rien de bien grave, et si nous discutions devant un bon cappuccino »

« Avec plaisir »

La jeune femme fit commande par son interphone et les deux jeunes gens se mirent en place pour éplucher toutes les données. Un énorme bruit se fit entendre dans la pièce du haut dans les bureaux de la maison de disque attenante

« Non, non, non et NON ! BON DIEU ! »

Alec sursauta en entendant ce coup de gueule et se sortit voir.

Un jeune homme nommé Kyle Jordan venait de déposer des maquettes mais la directrice mécontente menaçait de ses béquilles le jeune homme en râlant sur le fait de la médiocrité de ces chansons.

Le trader regarda Clary en demandant qui était donc cette jeune femme aux allures un peu exaltée et c'est là que la rousse lui expliqua

« C'est ma cousine Lydia, nous avons hérité toutes les deux de ce bâtiment et nous avons voulu le faire fructifier, le seul souci c'est que nous ne nous aimons pas vraiment »

« Encore entrain de draguer Clary ! Tu ne crois pas déjà avoir assez fait de mal avec John ? »

Il faut dire que pour donner ses explications, la rousse s'était placée dans le dos d'Alec, une main posée sur son épaule.

« Venez donc Monsieur Lightwood, cette femme m'insupporte » annonça la jeune femme en se collant comme une sangsue au trader

Lydia la regarda d'un œil noir voyant bien que sa cousine était déterminée et pas seulement sur le fait de gagner de l'argent mais aussi de mettre un nouveau mec dans son lit.

OoOoO

Magnus glissa un regard à Camille qui le fixait sans parler, chose rare pour lui.

« T'es en train de me dire que t'as rencontré une fille ? toi ? »

« Elle est sympa, c'est tout ce que j'ai dit. Et surtout elle ne babille pas sans arrêt comme Lily. Bon dieu, elle est gentille mais lourde quand elle s'y met. »

« Bane, t'es vraiment certain que tu n'as pas pris de drogue ou alors que je sais pas moi … fait une séance d'hypnose. Je sais tu n'es pas Magnus ! où est le vrai ? cela fait des lustres que tu ne fréquentes plus de femmes, plus depuis… »

« Oh ça va, je n'étais pas bien, elle non plus on a juste pris un café c'est tout, de plus ce n'est pas parce qu'elle a vécu a même chose que toi que tu dois prendre ses malheurs sur tes épaules. Magnus tu es fragile, tu risques de replonger dans tes travers, j'ai peur » annonça la chanteuse.

Camille avait raison, Mag's le savait. Mais il savait aussi que la soirée qu'il avait passé avec elle l'avait calmé un peu, lui avait apaisé l'esprit et lui avait rendu un semblant de contrôle de soi. Certes, il ne la connaissait pas vraiment, mais elle ne semblait pas être intéressée par le fric comme tous ces rapaces qui le harcelait. Elle ne semblait pas non plus s'intéresser à Alec, et c'était là un point capital dans l'estime du musicien, au moins elle ne lui prendrait pas son mari. Et pour finir, elle ne semblait pas chercher autre chose qu'une amitié. Et ça, malgré quelque difficulté, Magnus pouvait lui donner, elle avait besoin de réconfort et lui aussi, autant qu'ils s'aident mutuellement.

« J'ai son numéro si tu veux je l'appelle et on va boire un café tous les trois pour que tu puisses juger, » proposa-t-il.

« Vrai ? »

« Et si tu ne l'aimes pas, je te promets de me méfier. »

« Sérieux mon biscuit ? »

« Oui. On ne peut plus sérieux »

« Tu sais, c'est parce que t'es mon meilleur ami que je suis inquiète pour toi.

« Merci Camille » murmura le violoniste en se relevant de son canapé. « Merci pour tout. »

OoOoO

Arrivant au café où il avait fixé la rencontre, Magnus couvrit d'un regard la terrasse puis la salle, jusqu'à repérer une masse de cheveux blond s'avancer vers eux.

« La voilà », annonça-t-il à sa meilleure chanteuse. « Et n'oublies pas … tu ne l'agresses pas sans raison valable ! »

« Non mais écoutez donc qui parle là », rouspéta la blonde. « C'est vrai que t'es une référence dans le genre toi aussi ! »

« Désolée pour le retard », s'excusa Lydia en arrivant près d'eux. « Oh … vous ne m'aviez pas dit que vous veniez accompagné, Magnus. Bonjour mademoiselle. »

« Je m'appelle Camille, enchantée »

Lydia lui fit un sourire et leur proposa de prendre place sur la terrasse du café.

« De quoi vouliez-vous parler Magnus ? » demanda-t-elle en rendant la carte après avoir passé sa commande.

« Pas grand-chose, c'est la miss à côté de moi qui voulait te connaitre, » grommela le musicien en fumant. « Pourquoi t'étais en retard ? »

« Disons que mon idiote de cousine m'a encore fait des mauvaises réflexions et que maintenant elle est partie rigoler avec un pingouin de Wall Streets. Du coup j'ai dû me fâcher … rien d'important au final. »

« Mais t'es pas son employée ? »

« A ma cousine ? s'étouffa la blonde. « Non, on occupe juste le même bâtiment mais il est hors de question que nous bossions ensemble, je ne suis pas folle »

Pendant près de deux heures, Camille se prit à faire la conversation seul à la table, alors que les deux autres personnes semblaient l'écouter … du moins faisait réellement semblant par politesse pour l'une et se perdait dans ses pensées pour l'autre. Oui, encore et toujours Magnus réfléchissais à tout, de manière trop soudaine ou trop poussée.

Que faisait Alexander en cet instant ? Travaillait-il ou était-il à la maison, rentré plus tôt en compagnie d'une femme qui s'allongerait dans son lit sous les caresses du brun ? Il n'avait pas spécialement envie de rentrer pour le savoir, toutefois lorsque Lydia décréta qu'elle devait partir pour un rendez-vous chez le médecin pour sa cheville foulée, il commença à stresser, ce qui le poussa à sortir une nouvelle cigarette de son paquet.

« Mag's tu avais promis d'arrêter de fumer » gronda Camille en le regardant d'un œil mauvais. « À quoi tu penses ? »

Tournant un regard fatigué vers son ami, Bane soupira, posa sa cigarette sur la table avant de s'enfouir les mains dans ses cheveux.

« J'ai peur », murmura-t-il tout bas

Tout bas, mais bien assez haut pour que son amie d'enfance le comprenne. Une nouvelle fois la soprano lui prouvait qu'il le connaissait véritablement bien et la main rassurante qui venait de se poser sur son dos le confortait dans cette idée.

« Je m'en doute sweetheart, mais je crois qu'il n'y a pas que ça. Raconte moi tout … »

« J'ai peur de le perdre, de tout perdre encore une fois … et j'ai … j'ai … »

Les mots restaient bloqués au fond de sa gorge, refusant de pousser jusqu'à ses lèvres, de sortir pour exprimer ses craintes, de laisser sa meilleure amie s'approcher un peu plus encore.

« Tu as ? » l'encouragea sa soliste

« J'ai mal, j'ai l'impression qu'il se plait à me broyer le cœur et me tuer à petit feu »

Laissant le silence s'installer entre eux de manière confortable, la blonde observa son artiste préféré d'un regard désolé, sa main toujours posée sur son dos.

« Tu sais que je suis là pour t'aider. Allez viens on va rentrer chez toi, ça sera mieux, et puis tu as ton traitement à prendre »

« J'ai envie de partir dans ces moment-là … partir loin de lui, de tout … ça me bousille. »

« Hum … bien en tout cas je t'autorise à la revoir ! »

« Hein ? » grommela Magnus

« Lydia ! elle me parait bien comme fille je t'autorise à lui parler et à la revoir ! »

« Idiote ! j'ai pas besoin de ton approbation pour voir des gens », annonça de but en blanc Bane en sortant du café. « Surtout que je suis certain qu'elle ne lui sautera pas dessus. »

« Comment tu le sais ? » s'étonna Camille

« C'était lui le pingouin de Wall Streets », conclut Mag's dans un sourire mesquin alors qu'il se glissait derrière le volant de sa voiture.

OoOoO

La nuit avait été très courte pour Magnus. Il se souvenait avoir veillé toute la nuit pour griffonner sur un bout de papier les paroles des chansons de Lydia. Il avait essayé vainement d'oublier l'idée que son mari n'était rentré que tôt ce matin avec un sourire béat aux lèvres alors qu'il venait de boire un jus de fruit en guise de petit déjeuner. Le temps de prendre une douche, et Alec était reparti, sans même prêter attention à l'asiatique qui n'avait pas bougé de son canapé en remarquant la trace de rouge à lèvre sur le col blanc de la chemise de son cher époux.

Encore une nuit où Alec avait abusé des plaisirs du sexe, le blessant moralement, et lui coupant davantage l'appétit. Comment Raphael voulait-il seulement qu'il tente de vivre normalement en voyant ça ? il n'avait alors pas eu d'autre courage que de se trainer dans la chambre d'ami pour s'effondrer sur le lit et tenter de dormir pour tout oublier. C'était bien entendu sans compter sur Isabelle et Raphael qui étaient venus aux nouvelles mis au courant par Camille de l'état pitoyable du musicien.

« Tu sais Mag's », commença Isabelle nous nous inquiétons vraiment pour toi »

« Je sais et ce n'est pas ce que je veux, » soupira le musicien en coinçant sa cigarette au-dessus de son oreille. « Je me demande parfois au final à quoi je sers mis à part provoquer du souci aux personnes qui me sont chères. »

« Moi je peux te dire à quoi tu nous sers à nous deux. » répondit Raphael, tu es notre ami mais notre famille aussi. Tu sers à nous faire rire, tu nous remets les pieds sur terre par moment, tu sais nous écouter sans nous juger, tu es là pour nous même si tu ne dis rien … t'es un des nôtres Magnus Lightwood Bane que tu le veuilles ou non. T'es un peu comme une étoile. Assez fascinante et brillante tout en étant mystérieuse. »

« Merci d'être là, je ne sais pas encore combien de temps je vais tenir dans ces conditions-là »

OoOoO

Raphael, dans les bras de Lily pensait sérieusement à son cousin. Il avait vu Bane sourire, s'ouvrir au monde, s'émerveiller de petites choses débiles sans le montrer vraiment, tout ça grâce à Alec. C'est bien pour ça qu'il avait été si heureux pour Magnus et qu'il avait accepté cette transformation avec autant de facilité. Parce que le musicien semblait enfin vivre, semblait heureux. Mais en le quittant cet après-midi, Raph n'avait distingué aucune lueur dans son regard. Strictement aucune, un peu comme s'il était mort et ça, ça le terrifiait à un point qu'il n'imaginait pas pouvoir exister. Parce que la dernière fois qu'il avait vu ces yeux-là, c'était à son réveil à l'hôpital lors de son agression. Lily qui était venue chercher son mari avait aussi été marquée par la douleur du violoniste

« Je suis inquiet. Tu as vu le regard de Magnus ? »

« Oui, je l'ai vu. Et c'est bien pour ça que je n'ai rien dit à propos d'Alec, toutefois maintenant que nous sommes tous les deux et que nous n'avons rien entrepris de personnel, je peux te dire une chose. »

« Quoi ? » soupira l'associé du mari de Magnus

« Il faut qu'il parte pour Paris le plus rapidement possible »

« Mais de quoi tu parles » demanda Raphael étonné

« Je suis au courant que Magnus a acheté un appartement là-bas, Jace me l'a dit l'autre jour pour ne pas que nous tombions des nues en cas de disparition soudaine de notre ami. Ça risquera d'être brut je le nie pas, mais s'il reste dans cet appartement je ne suis pas certain qu'il survive longtemps. Il ne mange déjà presque plus, et passe de plus en plus de nuit blanche à entendre l'autre connard s'envoyer des pouffiasses dans sa propre chambre »

« Tu as l'air en colère ma chérie, je ne t'avais jamais vue ainsi »

« Parce que je le suis bordel », cracha la jeune femme. « Il le tue et il ne s'en rend pas compte. Comment on peut lui faire du mal sans le voir ? »

Raphael la serra fort dans ses bras pour la calmer.

« Nous ne laisserons rien de tel se produire mon amour, je te le promets »

OoOoO

Assis devant l'écran de son ordinateur pour retranscrire les paroles de la chanson, le regard dans le vide, un verre d'eau à la main, Magnus se mordit la langue pour éviter à ses sanglots d'être entendu. Luisantes à la lueur de l'écran, les larmes dévalaient ses joues en silence. Pas que son colocataire se faisait une nouvelle femme non. En réalité, lorsqu'il était sorti pour prendre médicament, la sonnette avait retentit dans l'appartement poussant Alec à aller ouvrir.

Entendant une conversation dans l'entrée en retournant dans son bureau, Magnus avait tourné la tête juste au moment où Alec se faisait embrasser par une pulpeuse Rousse. Rousse qu'il avait reconnue comme étant Clary Fray. Attrapant son portable, il regarda dans ses contacts avant de se stopper sur l'un d'eux pour lui envoyer un message. La réponse ne tarda pas à arriver et il sortit en vitesse de l'appartement pour se rendre au lieu de rendez-vous.

Lorsqu'il arriva au pied d'un immeuble centre historique de new York, il grimpa au second étage avant de frapper à une lourde porte de bois qui s'ouvrit quelque minute plus tard sur une blonde qui lui adressa un sourire triste en l'invitant à entrer.

Sans un mot, elle le laissa s'installer avant de lui servir un thé à la fleur de cerisier, et attendre qu'il lui parle. Lorsqu'il avisa ce qui l'entourait, il remarqua que l'appartement était à dominante blanche, les meubles clairs, les canapés et fauteuils d'un rouge foncé, et le sol en parquet. Oui, cette fille était vraiment simple et ça lui allait amplement pour l'instant.

« je suis venu, parce que, enfin…Ta cousine … elle est venue à la maison. Je les ai vu ensemble … »

« Oh la salope ! » s'exclama-t-elle fortement avant de s'excuser rapidement.

« C'est pas grave », rigola Mag's doucement en allant se caler dans ses bras, « j'en pense pas moins à son sujet. »

Les yeux fermés, il n'aperçut pas le sourire triste qui était plaqué sur le visage de la blonde. Le calmant à la manière d'une mère avec son enfant, elle le coucha sur le divan avant d'aller chercher une couverture lorsqu'il fut endormi.

« Dors Magnus … tu en as besoin », soupira-t-elle en éteignant la lumière du salon. « Quant à toi Clary je t'avais prévenue que si une autre personne que moi pleurait par ta faute, tu t'en mordrais les doigts. Tu vas trop loin cette fois ! »


TBC

Verdict?

Ariane