Auteur : Roozette

Fanfiction Original : Finie, 24 chapitres, 120 000 mots

AVERTISSEMENT : Il s'agit d'un Slash, donc de relations intimes entre deux personnages du même sexe.

DISCLAIMER : Les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'Histoire appartient à Roozette. Je ne fais que traduire avec la permission de l'auteur !

XXXX

Vous avez été nombreux à me poser cette question mais Harry n'a pas perdu la mémoire. Il a en fait dix ans et n'a donc aucune connaissance du monde magique ! Bonne lecture :D

Chapitre Onze : Et Maintenant ?

Il était probablement l'heure de se lever et de faire le petit-déjeuner.

Harry était si bien, se sentait tellement en sécurité. Il ne se serait pas réveillé si la routine ne l'avait pas obligé à le faire. Il garda les yeux fermés tout en s'éveillant, cherchant à savoir où il se trouvait. Il était recroquevillé, dormant sur quelque chose de chaud. Quelque chose qui … respirait ? Avec hésitation, Harry ouvrit un œil et son regard tomba sur une chemise blanche. Il cligna des yeux, tentant de ne pas paniquer. Il cligna à nouveau des yeux. Il n'était pas dans son placard. Il était allongé sur le côté, pelotonné contre le corps d'une personne endormie. Son visage était enfoncé entre deux omoplates et son bras entourait la taille de la personne. Son autre main captait quelque chose d'extrêmement doux. Un de ses genoux était remonté et reposait contre le dos de la personne endormie. Il souleva un peu la tête, regardant autour de lui. Il sentit son cœur manquer un battement quand il vit les cinq personnes autour de lui.

Où était-il ?

La tête lui tournait. Il se rappelait vaguement s'être douché et s'être couché près de son ami imaginaire, la nuit dernière. Mais c'était un rêve, non ?

Harry étudia soigneusement les cinq élèves endormis. Ils lui semblaient familiers et étrangement rassurants. Une des filles lui rappelait sa maman. Du moins, c'est ainsi qu'il imaginait sa maman.

Peu importe. Il n'était pas conscient qu'il tordait la chemise de sa main jusqu'à le corps qui portait cette chemise s'étire. L'adolescent se mit sur le dos. L'autre main d'Harry se retira de la chevelure blonde tandis que des yeux gris l'observaient, les brumes du sommeil encore visibles dans son regard.

Harry se figea, absolument mortifié quand il réalisa qu'il était toujours lové au garçon. Il avait dix ans ! Les garçons de dix ans ne se pelotonnaient pas ainsi dans leur sommeil contre d'autres personnes !

Le blond bâilla, s'étirant paresseusement. « Tu as grandi. » murmura-t-il avec fatigue. Il se frotta les yeux. « Appelle ton elfe, Potter, j'ai vraiment besoin de café, ce matin. » Il secoua la tête. « J'ai eu les plus étranges des rêves. » marmonna-t-il. « Des flammes violettes, des loups-garous sans le sou, Weasley transformé en stupide oiseau, des fleurs et des cailloux. Ah, en plus, Londubat a tenté de me tenir la main... »

L'adolescent ferma à nouveau les yeux, se mettant sur le côté et tirant Harry pour le rapprocher de lui. Avec hésitation, Harry pressa son visage contre le cou chaud, se détendant singulièrement. Une main vint distraitement masser sa nuque. Il ne s'était pas trompé, la nuit dernière. Ce garçon était son ami.

« J'ai rêvé de toi. » souffla timidement Harry. « Dans ce rêve, tu étais mon ami. Et ces autres personnes aussi. Je crois que je les connais. » Harry ferma les yeux, prêt à se rendormir. Il ne savait pas comment il avait atterri ici et ne savait pas non plus pourquoi il ne se trouvait pas dans son placard. Tout ce qu'il savait était que ce garçon était gentil, chaud et lui procurait un réel sentiment de sécurité.

Harry décida qu'il se sentirait gêné plus tard. Il bâilla à s'en décrocher la mâchoire, se blottissant un peu plus encore, heureux quand le bras l'entourant resserra son étreinte. « Et les elfes ne sont pas réels. » marmonna-t-il avec fatigue. « Il n'y en a que dans les livres, tout le monde sait ça. »

La seconde fois où Harry se réveilla, il entendit des chuchotements excités autour de lui. Il ouvrit les yeux, levant la tête pour regarder les personnes agglutinées dans le lit à côté du sien. Ils étaient tous réveillés maintenant. Et ils lui souriaient tous. Comme s'ils étaient réellement heureux de le voir. Pour quelle raison seraient-ils heureux de le voir ?

Leurs yeux étaient emplis de gentillesse, remarqua Harry. Pas comme ce stupide Dudley et ses amis tout moches. Il leur sourit en retour, un peu hésitant mais soulagé quand leurs sourires s'agrandirent. La joie se reflétait sur tous les visages.

« Bonjour, Ry Nours. » le salua doucement une fille. « Je suis… nous sommes tous … oh Harry, c'est génial que tu sois réveillé ! »

« Et en plus, tu ne brûles plus ! » s'enthousiasma un des garçons.

Normalement, les grandes personnes le stressaient et le ramenaient à des souvenirs si désagréables. Mais là, il souriait à nouveau à ces personnes, sans y être forcé. Elles le faisaient se sentir bien, quelque chose de vaguement familier se répandant dans sa poitrine. Peut-être que s'il était sage, ils le laisseraient rester avec eux. C'était bien plus calme et agréable ici qu'à … la maison.

« Ma maman m'appelait Ry Nours. » déclara-t-il timidement.

Il se rappelait de quelques vagues souvenirs de sa maman prenant soin de lui quand il était fatigué ou malade. La fille plaqua une main contre sa bouche, ses yeux se remplissant de larmes. « Je suis désolé ! » s'alarma Harry. Il venait juste de les rencontrer et déjà il faisait pleurer une des personnes ! Ils allaient le faire dégager d'ici, maintenant. Après tout, il n'était qu'un monstre incapable. « Je n'essayais pas de dire que vous étiez ma maman. Vous pouvez m'appeler Ry Nours, si vous le voulez. »

« Tout va bien, fancuillo. ('Enfant') » dit doucement le garçon aux cheveux noirs. Il caressait les cheveux de la jeune femme qui pleurait silencieusement. « Nous avons attendu que tu te réveilles, pendant un long moment. Nous t'appellerons comme tu le voudras. »

Harry sourit en retour, soulagé de ne pas avoir mis ses amis en colère. « Vous pouvez m'appeler comme vous les voulez. ». Il se frotta les yeux, s'asseyant avec précaution pour ne pas réveiller le garçon pelotonné contre lui. « Où suis-je ? » demanda-t-il, les regardant les uns après les autres, manquant toujours de repères.

« Eh bien, mon beau, » débuta la fille aux longs cheveux blonds. « Tu es à Hogwarts. C'est une école, » elle leva les yeux au ciel « Assez spéciale. Je m'appelle Pansy. » Elle fit un geste en direction des autres. « Voilà Greg, Vince, Hermione et Blaise. » Pansy lui lança un regard pensif. « Connais-tu le garçon à qui tu es collé ? » Harry rougit, baissant les yeux sur le garçon qui dormait à ses côtés. Il secoua la tête. La fille sourit avec gentillesse, observant sa réaction. « C'est Draco, mon chéri. Nous sommes tes amis. »

Harry, à nouveau les yeux sur la fille, sourit au son du dernier mot. On ne lui avait jamais permis d'avoir des amis, auparavant. Ils sourirent tous à leur tour. Greg lui fit même un petit signe de la main. « Alors, est-ce que je peux vous tutoyer ? »

« Oui, mon gars, tu le peux. » lui assura Blaise. Tous les autres hochèrent la tête en signe d'accord. Il leur fit un petit sourire rassuré.

« Si cette réunion touchante arrive à son terme, peut-être vais-je enfin pouvoir examiner Harry ? » déclara une voix douce et traînante.

« C'est le Professeur Snape. » souffla Vince à Harry.

Harry se tourna en direction de la voix, observant le grand homme se tenant dans l'embrasure de la porte. Il était impassible. Harry sourit instinctivement, se souvenant de cet homme comme il s'était souvenu de Draco. « Bonjour, monsieur. » Il fronça les sourcils, sa main droite venant distraitement frotter sa cicatrice. « Est-ce que je vous ai désobéi ? »

Peu importe ce à quoi l'homme s'attendait, le léger écarquillement de ses yeux révéla que ce n'était clairement pas à ça. « Est-ce que tu … » commença-t-il, ses yeux se plissant. Sa voix était bien plus douce quand il reprit la parole. « Non, Harry. Tu ne m'as pas désobéi. En fait, ce serait plutôt moi qui suis en faute puisque je n'ai pas respecté tes frayeurs, en premier lieu. » Des yeux noirs troublés rencontrèrent des yeux verts émeraude. « J'espère que je n'ai pas trahi ta confiance. »

Harry était perdu. Son opinion importait ? Un grognement interrompit la conversation. Draco roula sur son dos, posant un bras sur ses yeux pour se protéger de la lumière. « Je pensais t'avoir demandé d'appeler ton elfe, Potter. » grommela-t-il. Puis Draco s'assit tellement vite que seul le fait qu'il ait attrapé le bras d'Harry empêcha ce dernier de tomber du lit.

« HARRY ! »

Il regarda le garçon, passant les doigts dans ses cheveux emmêlés, les faisant courir sur ses bras, le serrant de toutes ses forces contre lui avant de le détacher de lui pour l'examiner sous toutes ses coutures. « Tu n'es … tu n'es … tu n'es plus en feu ! » s'exclama-t-il enfin. « Et tu es grand ! Enfin, non, tu es toujours très petit. Mais tu es plus grand que tu ne l'étais ! Et tu es là ! » Il serra fermement le garçon rougissant contre lui. Puis desserra son étreinte pour lui sourire avec éclat. « Comment ça se fait que tu ne sois plus en feu ? Tu sais quoi, je m'en fiche. Est-ce que tu vas bien ? Est-ce que tu as faim ? » Draco lâcha les bras d'Harry avec une expression horrifiée. « Est-ce que tu as mal ? » Harry, rougissant toujours, secoua la tête tout en souriant timidement à l'adolescent. Draco le prit à nouveau dans ses bras avant de voir qu'ils n'étaient pas seuls. Il le relâcha, passa une main dans ses cheveux et regarda les autres avec un air hautain. « Quelqu'un prend du café ? »

Son regard revint se poser sur Harry, semblant avoir besoin de s'assurer que le petit garçon était bien là. Il haussa un sourcil. « Tu ne porterais pas un de mes pyjamas, par hasard ? »

Une femme replète, aux cheveux blonds et frisés et aux yeux d'un bleu saphir, rigola depuis la porte. « Eh bien, nous sommes tous soulagés de te voir, jeune homme. » claironna-t-elle. Immédiatement, Greg et Vince vinrent se placer entre la femme et Harry. La Guérisseuse sourit gentiment aux deux garçons. « Vous n'avez pas à vous inquiéter. » les calma-t-elle, inclinant la tête en direction de l'enseignant à ses côtés. « Le Professeur Snape m'a informé que je n'étais plus autorisée à lui administrer quoi que ce soit qui n'aurait pas, auparavant, été approuvé par lui. » Elle se pencha un peu, parlant moins fort, comme pour lui faire une confidence. « Il est plutôt grognon, le matin, je te l'assure ! »

Harry réussit à sourire à la femme puis descendit du lit. Il commençait à marcher vers elle quand il entendit quelque chose bouger derrière. Il se retourna et entendit la Guérisseuse lui demander : « Une amie à toi, mon chéri ? »

Harry lança un coup d'œil à la fille se tenant à ses côtés avec les bras croisés sur sa poitrine. « Oui. » admit-il, souriant à l'idée d'annoncer publiquement qu'il avait une amie. « C'est mon ami, Herm … euh … » Il rougit, fronçant les sourcils lorsqu'il vit le visage défait de la fille alors qu'il faisait sa présentation. « Je ne sais plus vraiment comment on prononce ton prénom. »

La fille lui fit un grand sourire, bien que ses yeux soient brillants de larmes. « Tu peux m'appeler Mione. » dit-elle doucement.

Harry hocha la tête, souriant, aimant ce nom. Il se tourna vers la Guérisseuse. « C'est mon amie Mione. »

« Et tu es Harry. Je suis la Guérisseuse Goldenseal. » finit-elle chaleureusement. Elle tendit la main pour caresser la tête d'Harry mais, remarquant la façon dont ses yeux s'assombrirent, elle changea son geste. Ainsi, elle l'invita à le suivre jusqu'à sa salle d'examen. « Nous aurons fini avant même que tu ne t'en rendes compte. »

Elle passa sa baguette sur son corps, lui parlant tout d'abord de quelque chose appelé Quidditch. Puis elle permit à Hermione de lui raconter une histoire quand il ne montra que peu d'intérêt envers ce sport. Harry frissonnait en l'entendant parler de la Chambre des Secrets quand la femme déclara avoir terminé et le renvoya voir ses amis. Après avoir appris à Harry comment invoquer quelqu'un nommé Dobby, elle s'approcha du Professeur Snape, fronçant les sourcils. L'enseignant haussa un sourcil, observant la femme.

« Il ne fait que vingt-sept kilogrammes, il est fin pour son âge, mais ne l'est pas trop. » Elle jeta un coup d'œil au garçon, souriant en l'entendant rire. « Sa taille, un mètre vingt-cinq, le classe parmi les petits mais, pareillement, il ne l'est pas trop. » Elle marqua une pause. « Il est intéressant de remarquer que, d'après sa courbe, il fait déjà sept centimètres de plus que lors de son admission à l'Infirmerie à la fin de sa première année à Hogwarts. » Elle consulta le graphique à nouveau. « Et il fait également deux kilogrammes de plus. »

« Hum. » murmura le Professeur Snape en réponse, regardant le garçon échanger des quelques mots avec hésitation avec les autres élèves.

La Guérisseuse Goldenseal soupira, tendant le graphique d'Harry au professeur. « Il a été maltraité. » Ce n'était pas une question. « Je recommande fortement ces trois potions de nutrition pour lui. Elles sont détaillées dans mon rapport. » Elle fit une autre pause, une main sur la poignée de porte, prête à partir. « Quelqu'un doit prendre soin de ce petit garçon. »

« En effet. »

XXXX

« Non, non, non et non. C'est hors de question ! Je l'interdis ! »

Cette fois-là, Harry imita le Professeur Snape en levant les yeux au ciel tandis qu'il radotait encore auprès du directeur. Cela faisait deux heures qu'il s'était réveillé dans l'Infirmerie et la matinée avait déjà été chargée. Après avoir mangé, avoir permis à la Guérisseuse Goldenseal de l'examiner et avoir permis au Professeur Snape de lui prendre un échantillon de sang, d'avoir passé un peu de temps auprès de serpents affirmant être à lui, avoir mis d'autres vêtements de Draco, rétrécis par Pansy, le Professeur McGonagall était venu jeter un coup d'œil et l'avait vu éveillé.

Elle avait alors immédiatement insisté pour qu'ils aillent voir le directeur. Les Serpentards étaient livides. Suivant les instructions de leur professeur de potions, ils avaient transféré à nouveau ingrédients et outils dans les donjons, attendant avec nervosité de savoir ce qui allait être décidé.

Après avoir refusé aussi bien du thé que des bonbons, Harry avait innocemment déclaré qu'il souhaitait rester avec ses serpents. Le Professeur McGonagall avait rétorqué avec colère qu'Harry avait l'âge d'un premier année, ce qui voulait dire qu'il serait très bien avec les autres Gryffondors. Il n'avait plus de raison de rester auprès des Serpentards.

Fumseck se posa sur l'épaule d'Harry, roucoulant avec insistance. Harry sourit faiblement à l'oiseau avant de se tourner vers McGonagall en la fusillant du regard. « Je ne suis pas un Gryffondor, pas encore, du moins ! Je veux rester avec mes serpents ! » déclara-t-il fermement. Snape lança à la femme un sourire victorieux.

« C'est ridicule ! » explosa-t-elle. « Harry, tu es assez âgé pour te considérer comme un élève d'ici. Tu te joindras à tes camarades de classe, un point c'est tout ! »

« Non. »

Minerva laissa échapper un petit grognement d'énervement et se tourna vers le directeur. « Albus … » dit-elle en l'implorant.

Le Professeur Dumbledore soupira, caressant doucement sa barbe tout en étudiant intensément Harry. Il ne se rappelait pas que le garçon ait été aussi têtu, plus jeune. « Harry, » commença-t-il doucement. « J'aime les serpents. » Il sourit au garçon, ses yeux pétillant. « Toutefois, il y a une différence dans les réactions des élèves, face à un enfant de cinq ans et un enfant de dix. »

Il marqua une pause, observant l'éclat de colère qu'il discerna dans les yeux verts.

« Il se pourrait que tu ne sois pas en sécurité dans les donjons. »

Fumseck émit quelques notes à l'oreille d'Harry. « Je ne me rappelle pas que mes serpents m'aient déjà fait du mal. » dit fermement le garçon.

Les adultes haletèrent. Snape croisa les bras et s'installa plus confortablement dans son siège. « Qu'est-ce que censé vouloir dire ? » demanda McGonagall il était choquant qu'on puisse insinuer que le directeur ou elle aient la possibilité de faire intentionnellement du mal à un élève.

« Je pouvais vous entendre. » annonça Harry. « Quand je rêvais et que tout était violet, quand ça faisait mal de bouger et que je saignais au sol. » Ils grimacèrent à la description d'Harry. « Fumseck dit que ce n'était pas un rêve. Fumseck dit que j'ai été en feu pendant une semaine et que c'était parce que vous avez permis à un docteur de me donner une potion, en premier lieu. » Fumseck roucoula à nouveau, mordillant l'oreille d'Harry pour gagner l'attention d'Harry.

« Qu'est-ce que Fumseck te dit ? » s'enquit gentiment le directeur en regardant son Phénix.

Harry rougit. « Il me demande de vous dire de vous taire. » admit-il, semblant effrayé de ce que serait la réaction de Dumbledore. Rassuré en l'entendant s'esclaffer, Harry continua. « Puis il n'arrête pas de me citer quelque chose mais je ne sais pas ce que ça veut dire. »

« S'il te plait, » Dumbledore lui fit un grand sourire. « Fais nous partager ce qu'il te confie. Je suis sûr que l'un de nous quatre sera capable de trouver une possible signification. » Harry hésita, levant les yeux sur Fumseck avec incertitude avec de réciter :

L'enfance fut un plongeoir glissant

Sur lequel souvent mon cœur se fendit, rebondissant,

Eclaboussant, en des orgies dont les piranhas étaient les hôtes.

Le frisson à l'idée d'être remarqué si enivrant

Que je me moquais d'être dévoré vivant.

Plus ma vie saignait, plus elle riait.

A la lumière du jour, je soignais avec attention mon jardin de

Ténèbres chantant des horreurs secrètes à la terre.

Ainsi le langage autorisa ma peur

A s'en sortir – et la connaissance habilita

Mon corps à agir avec une sagesse passionnée.

Hors des excréments bourbeux s'envolèrent les chants de liberté du bleu mystique.

Harry rougit, embarrassé. Ce n'était tellement pas cool de citer des poèmes ! Surtout en face de grandes personnes ! « Fumseck dit que c'est en relation avec ma vie. » finit-il d'une toute petite voix, ne voulant rien de plus que de se cacher avec ses serpents jusqu'à ce qu'on arrête de lui faire réciter des choses. « Je ne sais pas ce que ça veut dire. » réitéra-t-il. « Vous, si ? »

Des yeux bleus s'emplirent de larmes. Dumbledore détourna le regard pendant près d'une minute. « Minerva, Severus. » dit-il enfin. « J'aimerais parler avec Harry en privé. » Le Professeur Snape hésita mais, lorsqu'il vit le visage du directeur, il hocha silencieusement la tête. Il s'arrêta à mi-chemin de la porte, passa la main dans les cheveux d'Harry puis emboîta le pas à McGonagall. Harry s'agita nerveusement sur sa chaise, soudain intimidé sans ses serpents près de lui. « Harry, » commença doucement Dumbledore. « Quelques fois, les résultats les plus cruels sont les conséquences des intentions les plus pures. » Il sourit ironiquement. « J'ai manqué à ma tâche avec toi. » dit-il, soudain sérieux. « Mais tout ce que j'ai fait, je l'ai fait en pensant qu'il s'agissait de ce qu'il y a de mieux pour toi. »

Harry se renfrogna à ces mots. « C'est ce que l'Oncle Vernon disait quand il m'enfermait dans mon placard pendant une semaine. » Il ne voulait plus regarder l'homme en face de lui . Alors, à la place, il dirigea son attention vers Fumseck qui s'était installé sur ses genoux.

« L'enfance fut un plongeoir glissant sur lequel mon cœur se fendit. » cita le directeur. Ils restèrent assis sans rien dire pendant près d'une minute. « Harry, » reprit-il finalement. « Je vais te demander quelque chose que j'aurais dû te demander il y a longtemps. Que veux-tu ? Que veux-tu vraiment, pas ce que les gens veulent pour toi. »

Harry caressa le plumage de Fumseck, réfléchissant à la question. Il leva les yeux et rencontra des yeux bleus sérieux. « Je veux rester avec mes serpents. » répondit-il honnêtement.

« Pourquoi ? » Son ton était doux, sans méchanceté.

Harry fronça les sourcils, se remémorant des souvenirs flous. Les souvenirs qu'il avait d'abord cru ne pas être réels, jusqu'à ce que ses serpents le détrompent.

« Ils m'ont appris à nager. » débuta-t-il, les sourcils froncés de concentration. « Et ils m'ont acheté un cadeau, que pour moi. Pas un jouet dont Dudley se soit lassé. Pas un jouet qu'il ait cassé. Ils m'ont dit qu'ils étaient désolés d'avoir été en colère et ils m'ont gardé près d'eux, en sécurité. » Il leva les yeux à nouveau, souriant tranquillement. Il avait l'air innocent et timide, rappelant par tant de choses le petit garçon de cinq ans de la semaine d'avant.

Dumbledore sentit son cœur se serrer douloureusement. « Je les aime vraiment. » admit-il. « Ils me font me sentir en sécurité. » Il haussa les épaules. « Et Draco sent bon. Et ils ne ronflent pas. »

Le Professeur Dumbledore rigola doucement, semblant ne pas remarquer les joues rouges d'Harry. « Harry, te rappelles-tu notre discussion sur la perception ? » Harry secoua la tête, l'air coupable et nerveux. Est-ce que cette question allait décider s'il pourrait rester avec ses serpents ou non ? « Je suis fier de toi. Fier de la façon dont tu évolues, dans ta manière de penser sur les gens et le monde. » Il marqua une pause, le pétillement réapparaissant dans ses yeux tandis qu'il choisissait ses mots avec soin. « Tu peux rester auprès de tes serpents. »

Le sourire du garçon fut éclatant. Fumseck roucoula avant de quitter les genoux d'Harry pour aller se poser sur son perchoir. « Merci beaucoup, monsieur ! » s'exclama Harry. Il gigota impatiemment sur sa chaise, écoutant poliment le Directeur lui expliquer quelques petites choses. Tout d'abord qu'il ne savait combien de temps Harry resterait un enfant, ensuite qu'il y avait eu un terrible accident de potion, bla bla bla...

Harry se fichait un peu de ce qu'on lui racontait, après tout, il pourrait rester avec ses amis ! Dès l'instant où le Directeur lui dit qu'il pouvait partir, il sauta de sa chaise puis sortit doucement, se rappelant qu'il serait puni pour avoir couru ou avoir fait le fou. En plus, il avait dix ans. Les garçons de dix ans ne se conduisaient pas comme tels !

Il se dirigea derechef vers Draco, hésitant avant de lever les bras. Il fut enchanté quand le garçon entoura ses épaules d'un bras. « Je vais rester avec vous, les gars ! » claironna-t-il joyeusement.

Le Professeur Snape eut un sourire satisfait, ignorant la moue désapprobatrice de McGonagall tandis qu'elle entrait dans le bureau du Directeur. « Je veux que tu me rejoignes dans mon bureau, avant d'aller dans la Salle Commune de Serpentard. » Il se tourna et traversa le couloir en de grandes enjambées. Il savait que ses élèves lui obéiraient et emmèneraient Harry le voir.

Vince bâilla tandis qu'ils marchaient. Il s'étira. « Est-ce que tu fais toujours des siestes, Harry ? » demanda-t-il avec espoir.

« Bien sûr que non ! » répondit Harry d'un air franchement choqué. « Je n'ai jamais fait de sieste. »

« Tu en as fait quand tu avais cinq ans. » rétorqua Vince.

Harry jeta des coups d'œil aux deux garçons, perplexe. Tante Pétunia ne le laissait jamais dormir l'après-midi, quand il y avait des corvées à faire. Et quand ce n'était pas le cas, elle en profitait pour le chasser de la maison. Evidemment, il devait être de retour pour faire le repas. Enfin, peu importe. Ses amis semblaient réellement déçus, toutefois. Et il était toujours fatigué. Ça devait être génial de ne rien faire pendant toute la journée. « Je suis plutôt fatigué. » déclara-t-il finalement, souriant aux deux garçons quand ils lui firent leur plus beau sourire. « Peut-être qu'une petite sieste serait pas mal. »

« Juste pour aujourd'hui. » s'accorda à dire Hermione, soulagée et réprimant un bâillement. « La semaine a été longue. »

« Je suis désolé de vous avoir fait vous inquiéter. » s'excusa Harry en baissant les yeux. Draco retira en partie son bras de ses épaules puis commença à masser sa nuque.

« Ne t'excuse pas pour quelque chose dont tu n'es pas rsponsable, Harry. Jamais. » Il tint la porte à Harry pour qu'il entre dans la salle de classe de Potions. « Tu vaux mieux que ça. »

Harry rigola, vagabondant dans la classe, curieux. Il examinait les ingrédients et les potions avec un grand intérêt. Harry supposa que Potions était son cours favori. Il se sentait bien dans cette pièce. Il baissa les yeux, souriant avec compassion à la petite souris qui s'était écorchée les pattes sur les feuilles d'une plante.

« Fais attention, » chuchota-t-il. « Tante Pétunia fait pousser cette plante dans son jardin. La fleur Gorse a vraiment des feuilles piquantes. Tu vas seulement te faire mal si tu continues de vouloir sentir ses fleurs. Essaye cette plante-là. » lui proposa-t-il en pointant du doigt une plante en pot avec des fleurs jaunes.

Harry se tourna quand on l'appela. Il partit en direction du bureau sans un regard en arrière.

Une heure plus tard, alors qu'ils étaient sur le point de sortir de la salle de classe, Hermione pâlit dramatiquement. En effet, elle avait repéré la queue d'un rongeur gigotant dans tous les sens, prisonnier d'une des fleurs de la plante. « Oh, c'est horrible ! » cria-t-elle, commençant déjà à tendre la main pour aider le pauvre animal. Le Professeur Snape attrapa son poignet, l'arrêtant.

« Il n'y a rien que tu puisses faire pour aider cette bête. » Il fit un geste de la tête en direction de la plante. « C'est une Uncarina Grandidieri. » continua-t-il. « Communément connu sous le nom de 'Piège à Souris'. Il y a des petites pointes acérées dans la plante, piégeant ainsi sa victime à l'intérieur. » Ses yeux brillèrent. « Il n'y a rien à faire pour aider cette créature. »

« Cool ! » s'exclama Vince, impressionné.

« Je pense que je suis prêt à faire ma sieste. » annonça Harry, fixant la plante, les émotions se disputant sur son visage. Il n'émit aucune protestation quand les Serpentards l'entourèrent et l'emmenèrent devant le pan de mur cachant la Salle Commune.

« Pharmakon. » annonça Blaise à voix basse. Draco tira doucement le bras d'Harry, l'amenant à leur chambre. Le garçon grimpa rapidement dans le lit, se sentant fatigué et songeant au rat que la plante ingérait actuellement. Il y avait quelque chose à propos de ce rat qui lui était familier. Il lui rappelait une forte odeur de poussière et de décomposition et un immense sentiment de trahison. Il ferma les yeux et se frotta son poignet droit, comme s'il se rappelait d'une douleur passée.

Harry ne l'admettrait jamais de vive voix – c'était tellement embarrassant ! – mais le sentiment d'être en sécurité s'insinua en lui lorsqu'un des pieds de lit émit une douce lumière. Il s'enfonça un peu plus profondément sous ses couettes tout en écoutant les murmures de ses amis. Il tendit la main et caressa la tête de la licorne en peluche caché sous son oreiller. Il sourit et s'enfonça peu à peu dans le sommeil.

XXXX

« Tu étais couvert d'une membrane visqueuse quand tu t'es réveillé ? »

Harry hocha la tête à Hermione, incapable de parler à cause de la grosse part de tarte à la mélasse qu'il dévorait. Il avait passé un après-midi tranquille, se détendant et jouant avec ses amis. Ils avaient parlé des souvenirs d'Harry, tentant de remplir ses trous de mémoire aussi bien qu'ils le pouvaient. Dobby – il avait un ami qui était un elfe ! Bordel ! – leur avait apporté un repas à tous et un dessert spécial pour Harry. Cela ne faisait qu'un jour qu'il avait dix ans, d'après ces amis, en tout cas, mais Harry trouvait que Dobby était un excellent cuisinier. Enfin, il était toujours perplexe quant au fait d'avoir véritablement un elfe en tant qu'ami. De plus, il ne ressemblait absolument pas à ceux qui vivaient à Lothlorien ou Fondcombe.

Harry aimait lire. C'était plus facile de gérer son enfermement quand l'on avait l'esprit occupé. « Oui. » finit-il par dire, acceptant la serviette que lui tendit Draco. Il s'essuya docilement les mains et le visage avec. « Je suis allé me doucher pour l'enlever complètement mais c'était tout gluant et bizarre. »

Hermione sembla pensive. « Quelle a été une des premières choses à laquelle tu ais pensé après t'être réveillé, Ry Nours ? »

« Que j'étais un Serpentard. » répondit-il promptement, rougissant quand Draco lui sourit de toutes ses dents. « En fait, » admit-il timidement, « au départ, je pensais que j'étais un serpent. Mais après, je me suis rappelé. »

« Dans un mythe indien, » commença doucement la fille en lançant un regard pénétrant à Harry, « les serpents symbolisaient la renaissance. Ils étaient respectés parce qu'ils symbolisaient le pouvoir de se séparer de leur passé, de pouvoir tout recommencer à zéro. Mais cette croyance s'est perdue, avec le temps. » Hermione se mordit la lèvre.

Pansy soupira, rejetant ses cheveux en arrière et lançant à Hermione un regard mesuré. « Tu sais comment les Serpentards sont décrits. T'es-tu déjà demandé pourquoi ? Dans l'imagination des gens, les vipères laissent entendre que tout ce dont les gens ont le plus peur – Détraqueurs, Furies, poisons, les Enfers, la mort – est sacré. » Elle eut un sourire narquois. « En réalité, les serpents venimeux développent un venin qui paralyse les proies rapides. » Pansy regarda Hermione tout en se frottant l'avant-bras gauche. « Penses-tu que les gens veulent qu'on leur rappelle quotidiennement que le plus venimeux des serpents et soit sacré, soit plus dangereux qu'on ne le pensait ? »

« Les serpents sont mauvais ? » Harry semblait inquiet. On lui avait dit toute sa vie qu'il avait été un mauvais garçon … Se départirait-il un jour de cet adjectif ?

Draco soupira, rapprochant Harry de lui tout en commençant à lui masser la nuque. « Non, Harry. Ils ne sont pas tous mauvais. Mais certains le sont. » Il fit une pause, tentant de trouver un moyen de formuler ce qu'il voulait dire. « Notre mot de passe. » dit-il enfin, soulagé. « Tu te rappelles le mot que Blaise a utilisé pour nous donner l'accès à la Salle Commune ? Pharmakon ? » Harry hocha la tête tout en rougissant et en se détendant contre Draco. « Eh bien, chaque chose négative a un côté positif. Pharmakon veut dire 'poison'. Mais cela veut aussi dire 'médicament de guérison'. Les serpents sont mortels mais aussi sacrés. Ils ont le pouvoir de faire le bien. » Il se renfrogna. « Toutefois, dans des temps récents, il a été plus facile d'accuser les serpents, tous les serpents. Simplement à cause de ce qu'ils représentent. » Il secoua la tête pour chasser sa soudaine mauvaise humeur, souriant ensuite pour apaiser Harry.

« Pour les serpents, les 'enfants de la terre' étaient des intermédiaires démoniaques venus des Enfers. » déclara Vince nonchalamment. « Quoi ? » demanda-t-il quand tous lui lancèrent des regards incrédules.

« Rien. » rit Blaise. Il secoua la tête, se tournant vers Greg. « Quelque chose que tu aimerais rajouter ? »

Greg haussa les épaules. « Hermès, le messager divin, avait des serpents parmi ses conseillers. Il avait le pouvoir de donner de la chance ou de la malchance. »

Hermione sembla impressionné. « Où avez-vous appris ça ? »

Pansy rigola, lançant sa serviette sur la tête de Draco. « C'est un truc de Sang-Pur. Respecter notre histoire, etc. » Elle fit un petit geste de la tête en direction d'Harry qui s'endormait peu à peu contre Draco.

« Est-ce qu'être près de nous ressemble toujours à un rêve, Harry ? » sourit Draco.

« En quelque sorte. » bâilla le garçon, refusant de reconnaître qu'il se pelotonnait encore une fois contre le blond. « Des fois, je rêve de motos volantes. » admit-il. Les autres étudiants échangèrent des regards perdus. « Mais vous, vous semblez différents. »

« Les rêves sont souvent un reflet de la vérité. » dit doucement Pansy. Ce à quoi Harry sourit, aimant l'idée que ses amis fassent partis de sa vie.

« Nous te l'écrirons, Harry. » lui promit Hermione. « Tout ce dont nous nous rappelons. Nous t'aiderons à te souvenir. »

« Je me rappelle certaines choses plus que d'autres. » admit Harry en bâillant une nouvelle fois.

« Comme quoi ? » demanda doucement Hermione, se penchant par-dessus Blaise pour baiser le front d'Harry.

Le petit garçon sourit, se sentait bien, heureux, en sécurité. A sa place. « Je me rappelle avoir nagé et rigolé. Et je me rappelle aussi … » Il s'arrêta, chérissant tout particulièrement le dernier souvenir.

« Et tu te rappelles aussi de quoi ? » lança Blaise.

Harry ouvrit les yeux et regarda Draco. Il rougit. « Et je me rappelle aussi quand tu as dit que tu m'aimais. »