Bonjour, bonjour !

Me revoilà ! :D

Après trois mois sans poster, certes, mais c'est beaucoup moins que la dernière fois. XD

Merci à Nath, ma super bêta de la mort qui tue sa mère de la petite vertue. Tu gère de ouf. 3

Merci à ceux qui ont continué à me suivre malgrè tout et merci à carabes-T qui n'a pas de compte FF, je te remercie donc là pour ta super review, sérieux, je pouvais plus marcher après tellement j'avais les chevilles gonflées. XD

Et puis voilà, écoutez, je vous laisse avec le chapitre. :D

Bonne lecture !


Chapitre 9 : Cueille le jour.

Le chemin du retour se passa dans le plus grand des silences. Le contrecoup de la tension éprouvée lors de la rencontre avec Crocodile se faisait sentir dans leurs membres las. Sanji avait l'impression que son esprit était vide de toute pensée. Il lui semblait que cela faisait des heures qu'ils marchaient sous le soleil lourd et entêtant de Carthage. Cette colline semblait si longue, si lointaine à atteindre…Depuis quand le sentier était-il devenu aussi interminable ?

Son pied heurta un caillou. Sanji s'arrêta. Il regarda la petite pierre descendre le long de la route, semblant ne jamais arrêter sa course. Elle disparut soudainement sans qu'il sache sa destination finale.

Il fronça les sourcils. Voilà ce qu'était cette rencontre avec Crocodile. L'élément déclencheur d'une série de catastrophes. Lui et Zoro étaient cette pierre. Ils se dirigeaient à l'aveugle vers une destination inconnue et dangereuse.

Les lèvres de Sanji se tordirent en un pli amer et il serra les poings de rage. Ne pouvait-on donc pas le laisser en paix ? Depuis que Zoro était apparu, il avait eu l'impression que le fil des jours sans fin et fade se teintait de milles couleurs, toutes plus vives les unes que les autres. Il était enfin heureux, et on lui enlevait son bonheur brutalement l'instant d'après.

Cela le rendait fou de savoir que Crocodile avait le simple pouvoir par quelques mots de décider de la mort ou de la vie de chaque habitant. Par Baal, il détestait les rois !

Pris dans ses réflexions tortueuses, le noble n'entendit pas les pas de Zoro crisser sur le gravier. La main ferme mais douce qui se posa sur son épaule, lui fit l'effet d'un électrochoc. Il se retourna et rencontra deux émeraudes qui le fixaient, pleines d'interrogations, d'hésitations et d'une tristesse sourde. Il plongea dans ce regard, fasciné par l'intensité des prunelles vertes, le soleil aveuglant les rendant comme enflammées.

Le blond sentit un désir sourd monter en lui pour l'homme en face, comme faisant écho à son désespoir de devoir bientôt s'en séparer. Il attrapa la main posée sur son épaule, l'écarta pour venir se coller au corps en face de lui, et lui murmurer :

« Ne rentrons pas tout de suite. Allons aux vergers. »

Il ne voulait plus penser à l'avenir, il en était incapable, il avait juste envie de profiter de l'instant présent. Puis rien que d'imaginer la tête de Crocodile s'il les voyait, lui arrachait un rictus mauvais.

Il prit la main de Zoro dans la sienne et le guida jusqu'à ses plantations arboricoles. Il n'en avait plus rien à faire de savoir qu'on l'observait. Crocodile voulait la mort de son amant, c'était clair. Alors, il se moquait éperdument maintenant de savoir si on les espionnait ou pas. Alea jacta est, comme disait les romains. *1

Lorsqu'ils arrivèrent au milieu des arbres fruitiers, le blond s'arrêta et se retourna, avant d'être brusquement plaqué au sol par l'épéiste, particulièrement déterminé. Sanji sourit, passa ses mains dans les cheveux verts et murmura :

« Je voulais te faire visiter, ça ne t'intéresse pas de savoir combien de variétés d'olives je cultive ? »

Zoro plaqua son corps contre celui de son amant et répondit en grognant contre ses lèvres :

« Rien à battre. »

La lueur de ses prunelles donna l'impression fugace au blond d'être la proie d'un de ces fauves au pelage noir surprenant qu'un marchand aurait ramené des lointaines contrées d'Asie.

Il ferma les yeux en sentant ses lèvres se poser fermement contre les siennes. Ils échangèrent un baiser passionné et Sanji sentit rapidement les mains de Zoro s'activer contre son corps. La terre aride heurtait son dos, mais il s'en moquait éperdument, perdu dans les sensations que les grandes mains calleuses de l'épéiste lui procuraient.

Le noble rompit le baiser et alla mordiller l'oreille de son amant qui répondit par un grondement sourd. Il sentait sa peau s'enflammer doucement. Son hôte semblait s'appliquer à le torturer lentement, à parcourir son corps, sans jamais enlever sa toge. Ses mains flattaient ses flancs dans une lente caresse et le frottement du tissu semblait décupler les sensations.

Lorsque son amant colla son érection contre la sienne, Sanji laissa échapper un long gémissement d'agonie. Il n'en pouvait plus. Il avait envie de Zoro, maintenant. Dans un grondement, il fit basculer l'épéiste sur le dos et tint ses flancs prisonniers entre ses cuisses, son érection collée à la sienne.

Son amant grogna sous le choc avant de sourire et de continuer ses caresses, remontant lentement la toge sur ses cuisses, dévoilant sous son regard appréciateur les longues jambes du noble. Le blond commença un lent mouvement de va-et-vient, la friction de leur deux membres tendus à l'extrême leur arrachant à tous deux un gémissement.

Sanji se courba soudainement en gémissant de plus belle lorsqu'il sentit les doigts de son amant se frayer un chemin en lui. L'une des mains de l'épéiste épousait la courbe de sa fesse, tandis que l'autre s'activait à le préparer.

Le blond pencha la tête et posa ses mains sur le torse de l'épéiste, cherchant un appui, alors qu'il se perdait dans les brumes du plaisir. N'y tenant plus, Zoro arrêta tout et pénétra lentement son amant, grognant sous la sensation vertigineuse de son sexe serré dans l'autre chaude. Il se força à rester immobile pour permettre à Sanji de s'habituer à sa présence, malgré sa forte envie de le pilonner sans vergogne.

Sanji redressa la tête et attrapa les mains de Zoro qu'il posa sur ses hanches. Il lui adressa un sourire tentateur et commença un lent mouvement de va-et-vient, le souffle court.

L'épeiste n'en menait pas large. La vision de Sanji, en sueur, le vêtement défait et froissé, laissant apparaître uniquement son bassin et ses longues jambes, en train de se démener sur sa queue rendait Zoro fou. Il finit par donner un coup de rein qui fit se tordre le blond sous le plaisir dans un cri muet. Il craqua, saisit les hanches de Sanji à pleines mains, se redressa et se mit à le prendre avec force.

Le blond laissa échapper un cri. Il s'accrocha à ses larges épaules et enfoui son visage dans son cou, perdu dans les limbes du plaisir. Ses coups de boutoir étaient rapides et puissants, et touchaient sa prostate à chaque fois. Il ressentait tout trop fort, il avait beaucoup trop chaud…

Le noble se cambra, sa vision se troubla et il jouit puissamment contre le torse de son amant qui à son tour se déversa profondément en lui, en mordant violemment l'épaule offerte.

Sanji resta un instant accroché à son hôte, la respiration laborieuse, tentant de retrouver ses esprits. Ce dernier se retira doucement. Ce fut Zoro qui se décida à en parler.

« J'avais pas le choix, je devais accepter la proposition d'Hannibal. »

« Je sais. Je ne t'en veux pas. »

Zoro redressa la tête et attrapa le menton de son amant, toujours à califourchon sur lui.

« Alors, c'est quoi le problème ? »

Le noble ricana amèrement.

« Que tu n'en reviendra pas, certainement ? Tu ne vois pas qu'il fait ça pour nous séparer ? Il espère sûrement te voir mourir à la guerre ! »

La dernière phrase fut presque criée de rage par Sanji qui tenta de se redresser, sans succès, enfermé dans l'étau des bras de Zoro. Il finit par se détendre, les mains de Zoro lui caressant doucement les cheveux Celui-ci répliqua simplement :

« Je hais ce roi. »

« J'avais remarqué, oui. Tu semblais difficilement maître de toi, au Palais. »

L'épéiste grimaça. Il aurait préféré qu'il ne voit pas ça. Que cela ne lui arrive plus jamais. Il posa ses lèvres contre le front de Sanji.

« Si ça se trouve, la guerre n'aura jamais lieu. »

« Elle aura lieu. On sera séparés. »

Le blond serra un peu plus fort son amant contre lui. Il avait dit ça froidement, comme un simple constat mais en réalité, cette phrase creusait un abîme au fond de lui qu'il n'avait pas connu depuis longtemps. L'abandon. C'est un sentiment qu'il espérait ne jamais revivre.

« Pour l'instant, je suis encore là. Et pour l'instant, je vais simplement faire partie de l'armée d'Hannibal. Rien de grave. »

« Et quand ça sera la guerre ? »

Zoro comprit tous les sous-entendus sous-jacents à la question. Et s'il partait loin ? S'il mourait…Aucun des deux ne pouvait vivre sans l'autre. Ils le savaient. C'était inscrit, c'était une évidence. La violence des sentiments qui les habitaient ne cessait jamais de les surprendre.

Il plongea son regard dans les deux saphirs qui lui faisait face.

« Jamais, je ne mourrai. Je suis fort, tu le sais, tu l'as vu. Je tuerai tous ceux qui se mettront entre toi et moi. C'est une promesse. »

Le regard océan qui lui faisait face s'illumina soudain et Sanji explosa de rire. L'épéiste siffla, agacé.

« Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? »

« Rien, c'est que…Tu es si solennel d'un coup ! Et avec ton accent, c'est encore plus drôle ! On dirait que tu me demandes en mariage. »

Zoro le fixa sourcils froncés, très sérieux.

« C'est bien plus que ça. C'est une promesse, d'homme à homme, que je te fais. Je mourrai dans tes bras ou je ne mourrai pas. »

Le blond s'arrêta de rire, à la fois touché et gêné.

« Par Baal, ne dis pas ça comme ça, j'ai l'impression d'être la petite femme qui attend le retour de son mari. »

Son amant lui jeta un regard en coin, amusé.

« C'est à peu près ça, non ? Tu fais si bien la cuisine… »

Sanji se leva brusquement, indigné et siffla :

« Ferme-là ! Je vais te montrer que je suis un homme, un vrai, salopard de tête d'algue ! »

Zoro lui adressa un sourire narquois, s'approcha et plaqua sa main sur son entrejambe, coupant le sifflet à son amant :

« Oh t'inquiète pas, j'ai eu la preuve plusieurs fois que t'avais de quoi faire ! »

Il continua son chemin, l'air de rien, avant de se faire arrêter par la voix de Sanji, blasé :

« C'est dans l'autre sens, marimo… »

Lorsque son amant revint vers lui, il l'attrapa brusquement et se colla contre lui en murmurant à son oreille :

« Personne ne se mettra en travers de notre chemin, marimo, personne, je le jure par Baal. »

Ce dernier se dégagea en grognant, gêné.

« C'était pas moi qu'était censé faire des promesses ? Et depuis quand t'invoque les dieux, toi ? »

« Depuis qu'une prophète a permis qu'on discute tranquillement comme si de rien n'était alors que tu parlais pas un mot de Carthaginois. »

« Tu marques un point. Allez, viens. »

Ils continuèrent leur chemin vers la villa en se chamaillant gentiment. Sanji était enfin apaisé. Si la guerre arrivait, eh bien qu'elle arrive. Il avait confiance en Zoro, il savait qu'il reviendra. Que Crocodile aille pourrir dans le Styx ! *2

Demain était un autre jour…

.

Pendant, ce temps, quelque part en Afrique, loin du monde des hommes.

Allongé sur son lit de feuilles improvisées au creux des bois, Baal observait. Le dieu n'avait pas de domicile à lui. Il était un dieu de la nature, des récoltes et de la fertilité. C'était un nomade et son plus grand amusement était de se promener parmi les hommes et d'observer leurs manœuvres, de semer le trouble.

Pour l'heure, il s'était replié dans une forêt, loin des hommes et il observait ses protégés, les sourcils froncés.

« Ces humains doivent vivre, Mars. »

Le dieu de la guerre se redressa sur son séant et se colla contre son amant, ses longs cheveux venant chatouiller ses flancs.

«Ils vivront. Cette guerre sera grandiose et ils vivront. Je considère perdre si jamais mon protégé meurt durant. Et tu sais que je ne perds jamais une guerre. »

« Quelle modestie. »

Le dieu éclata de rire.

«Allons, c'est dans mon essence même, si le dieu de la guerre perd une guerre, ce monde sombrera dans le chaos ! »

Baal eut un sourire presque tendre.

« Ils sont comme nous, Mars, ils se moquent éperdument de l'ordre cosmique des choses, de leur destin ou de quoi que ce soit d'autre, tant qu'ils sont ensemble. »

« Arrête, c'est adorable, je vais vomir. Si tu veux jouer les amoureux transis, appelle Cupidon *3, je passe mon tour. »

Baal explosa de rire.

«Par les Enfers, je préfère encore être seul ! »

Quelque part par-delà les océans, au fond des Enfers, Hadès était en pleine lecture lorsqu'il sentit un frisson le traverser.

« Qui me sonne ? »

Sa femme, Perséphone, nonchalamment allongée sur leur lit conjugal, bailla d'ennui.

« Si vous relevez la tête à chaque mortel qui vous appelle, on n'a pas fini. »

Hadès lui jeta un regard agacé avant de hausser les épaules. Il lui avait semblé que l'appel était trop fort pour venir d'un humain, mais soit. Il replongea dans son livre passionnant. Vraiment bon cet Homère. Il allait peut-être lui accorder une place aux Champs-Elysées. Le passage d'Ulysse aux Enfers l'amusait particulièrement. *4 Ces mortels avaient une vision beaucoup trop tendre des Enfers. Sa femme bailla de nouveau.

« Vraiment, on s'ennuie parfois tout de même. »

« Prenez un livre. »

*1 « Alea jacta est» signifie « le sort en est jeté » c'est une phrase rendue célèbre par César (qui n'existe pas encore à l'époque où Sanji et Zoro vivent, je le sais bien, mais hé, la phrase existait déjà, elle), lorsqu'il franchit avec son armée les rives du Rubicon, fleuve entourant Rome, déclarant par ce geste la guerre à Pompée. Bref, c'était pour la petite histoire.

*2 Le Styx est un fleuve des Enfers greco-romain. Dans les croyances populaires, c'est celui que les morts traversent sur la barque de Charon, contre de l'argent. Les romains mettaient une pièce de monnaie dans la bouche de leurs morts lors des funérailles pour s'assurer qu'ils traversent bien le fleuve. C'est joyeux, je sais. XD Pourquoi Sanji le dit alors qu'il n'est pas romain ou grec ? Ben parce-que je trouvais ça cool comme menace. XD Et que c'est aussi (et surtout) le fleuve qui représente la haine.

*3 Je me suis permis une euh…petite ironie, clin d'oeil ? (oui, on s'amuse comme on peut. XD) Il se trouve que Cupidon, ou Eros pour les grecs, est le fils de Mars (Arès) qu'il a eu avec Venus (Aphrodite). Je trouvais ça drôle, oui je suis certainement la seule, oui, je m'en fous, j'assume.

*4 Dans l'Odyssée d'Homère, y'a un passage où Ulysse se rend aux Enfers chercher des réponses à ces questions. Autre chose si je dis « par-delà les océans » c'est parce-que les grecs et les romains pensaient que les Enfers n'était pas sous terre mais au bout du monde connu en fait. Les Champs-Elysées sont quant à eux grosso-modo, l'équivalent du Paradis chrétien. La sélection est très rude pour y rentrer, c'est un club V.I.P. XD


Et voilààà !

J'ai voulu faire un chapitre drôle et joyeux malgré tout ! ^^

J'avais pas envie de tomber dans le pathos misérable, c'est pas le genre de Zoro et Sanji, même en UA, je me voyais mal faire ça.

Puis j'ai fait mumuse avec les dieux.

Alors Hadès c'est juste pour le fun hein rien à voir avec l'histoire. XD

Une petite review sympathique s'il vous plaît ? :D

A la prochaine !