Titre : Bloody war

Rating : On va se contenter d'un K+ pour l'instant.

Pairing : Bien entendu, on poursuit le SB/OC. Il y aura un HP/OC normalement et aussi un SR/OC. ^^

Résumé : Mon passé me rattrapa violemment sous la forme d'une lettre. Une simple et anodine lettre. Tout ce qu'il y a de plus banale. Mais voilà, l'expéditeur de cette lettre n'avait rien d'ordinaire. Absolument rien. Car je n'avais pas eu de nouvelle de Remus Lupin depuis mon départ d'Angleterre, treize ans plus tôt.

Note de l'auteur :

Bonjour à tous !

Tout d'abord, je voudrais rectifier une erreur que j'ai fait dans le chapitre 9. Lorsque Harry décrit Tony, il évalue son âge à une vingtaine d'année. C'est une erreur malencontreuse de ma part, rectifié dans le chapitre qui suit. ^^

Ensuite, eh bien, z'avez vous ? Je m'améliore dans mes temps d'attente. ^^ J'espère que ça va continuer comme ça. :)

Bonne lecture à tous !


Chapitre 11 : Dîner chez les Weasley

Je décroche un à un les vêtements qui sèchent au soleil dans le jardin, avant de les laisser tomber dans le panier prévu à cet effet. Ils sentent bon la lessive parfum lavande. Une odeur qui m'entoure et qui m'envahit, comme il m'arrive rarement. Un peu plus loin dans le jardin, assis sur une chaise et face à un chevalet, Tony éternue bruyamment. Puis, il jette un regard torve à ma lessive.

- Il est hors de question que je change encore ma marque de lessive, Tony, dis-je en enlevant le dernier vêtement suspendu.

- Ils sont obligés d'en mettre autant ? s'interroge-t-il à haute voix, sans chercher de réel réponse. C'est insupportable.

- Moi, j'aime bien, rétorqué-je avant de mener le tee-shirt propre de mon fils vers mon nez pour y respirer l'odeur de lavande.

- Ouais, bah, on en reparlera quand t'auras récupérer tes sens de vampires ! s'exclame mon ami avant de déposer son crayon sur sa toile.

Je laisse tomber le tee-shirt de Cameron dans le panier, le cœur soudain mélancolique. Je sais que Tony ne pensait pas à mal à lançant sa dernière phrase, mais il ne sait pas combien il est difficile pour moi de me voir régresser mois après mois, jusqu'à devenir encore plus faible qu'à l'époque où j'avais été transformé. En tant que vampire en pleine possession de ses moyens, il n'avait aucune idée du calvaire que je vivais. Il était seulement témoin de mes crises et de mon absence d'appétit.

Je récupère mon panier en soupirant, décidant de ne pas m'attarder sur les mauvais souvenirs, puis jette un œil sur mes enfants. Zoé et Cameron sont installés à la table du jardin, s'occupant avec une bataille navale moldu en attendant le signal de départ. Tony à son chevalet, les peint, avec le talent qui le caractérise. Je pénètre dans la maison grâce à la porte fenêtre qui donne sur mon bureau, traverse le salon et dépose mon panier dans la buanderie où il attendra l'heure du repassage. Je retourne ensuite au jardin.

- C'est très joli, dis-je à Tony en jetant un œil sur l'esquisse qu'il a fait de mes enfants.

- Merci, dit-il sans lâcher des yeux Zoé et Cameron, plongés dans leur jeu. Il y avait longtemps que je n'avais pas peins tes enfants.

- C'est vrai, réponds-je, me souvenant de la dernière fois où il l'avait fait, à Rome, cinq ans auparavant. Je n'ai toujours pas trouvé où accroché la toile d'ailleurs, ajoutai-je. La maison est trop petite.

Tony s'arrache à son chevalet pour contempler la maison dans son ensemble, avant de bifurquer son regard sur celles des voisins.

- Nous pourrions partir, aller ailleurs, quand Zoé et Cameron auront faire leur rentrée. J'aimerais bien un coin tranquille à la campagne, dit-il.

- Ce ne serait pas pratique pour toi, fais-je. N'étant pas sorcier, tu dois te plier aux contraintes moldues.

- Je n'ai pas dit non plus que nous devions nous exiler dans la cambrousse écossaise, hein, précise-t-il. Mais partir dans la banlieue de Londres, ce serait déjà bien.

Je regarde à mon tour la maison, cogitant.

- Avec l'arrivée de Charles, c'est vrai qu'elle devient vraiment petite cette maison. Je me suis décidée rapidement parce qu'il fallait qu'on déménage au plus vite, mais j'aurais voulu que Zoé et Cameron ait au moins chacun leur chambre.

J'entends Tony poser son crayon sur son chevalet puis se lever.

- J'irais mettre une annonce dans le journal local dès demain, dit-il en remballant ses affaires. Je suis sûr que nous trouverons rapidement quelque chose de mieux.

Je roule des yeux, abasourdie - bien que je ne devrais plus. Tony s'est décidé presque tout seul. Nous ne faisions qu'en parler, mais lui m'a pris au pied de la lettre.

- Nul besoin de se presser, les cours reprennent la semaine prochaine. Nous ne serons plus que trois à ce moment-là.

- Peut-être, mais moi j'en ai déjà ma claque de vivre en ville, rétorque-t-il, sons chevalet entre les bras et se dirigeant vers la maison. Ça me va très bien que tu souhaites déménager.

Je ne l'ai pas vraiment formulé comme ça, mais depuis le temps, j'ai appris à ne pas discuter avec Tony pour ce genre de broutilles. Mieux vaut conserver cette énergie pour des sujets plus importants.

Je me tourne vers mes enfants et, après les avoir interpellés, leur fais signe de ranger leurs affaires pour se préparer au départ. Je les attends puis les accompagne à l'intérieur de la maison.

- Je n'ai pas envie de y aller, rouspète Zoé. Je peux pas plutôt rester à la maison et manger une pizza ?

- Moi, je viens ! s'exclame Cameron, sans même m'avoir laissé le temps de répondre à sa sœur. J'ai envie de revoir Harry. Ça doit être trop cool d'être ce qu'il est.

Je pile dans le couloir, interpellé par la dernière phrase de mon fils.

- Zoé, Cameron, attendez, dis-je en voyant mes enfants s'apprêter à monter l'escalier. Il faut que nous parlions de quelque chose avant de partir.

Pied sur la première marche, tous les deux se retournent, surpris.

- Je sais que vous connaissez l'histoire de Harry mais je ne veux pas que vous en fassiez mention devant lui, compris ?

- Mais maman, s'exclame Cameron, estomaqué, c'est le héros du monde sorcier ! Ce n'est pas rien quand même !

- C'est avant tout un garçon de quinze ans qui a perdu ses parents, rétorqué-je, furieuse que mon fils parle de ce jour avec autant de désinvolture à quelques minute du dîner. Alors je vous interdis de faire mention de ça devant lui, je suis claire ?

Il est rare que je m'énerve contre mes enfants, surtout quand ils n'ont rien fait de mal. Alors ils comprennent assez vite que je ne plaisante pas et qu'ils ont plutôt intérêt à se tenir à carreau. Sans quoi, ils entendront parler du pays.

- Maintenant, montez vous préparer, nous partons dans cinq minutes.

Zoé et Cameron obéissent sans un mot de plus, mais j'entends les chuchotements qu'ils échangent, arrivés sur le palier de l'étage. Je soupire. Il m'est très étrange d'entendre parler du 31 octobre 1981 comme si c'était seulement un fait d'histoire. Ce jour a tout de même complètement gâché ma vie. Et rendu la leur bien différente de ce qu'elle aurait dû être.

- Tu devrais tout leur raconter.

Je sursaute en entendant la voix de Tony provenant du salon. Je ne l'ai pas entendu approcher. Je me retourne. Il se trouve dans l'embrasure de l'arche, l'épaule appuyé sur le montant proche de moi.

- Ce que tu leur as dit ce matin n'est pas suffisant, ajoute-t-il. Raconte leur que tu as connu James et Lily Potter, que Sirius était leur ami, et que le garçon qu'ils vont rencontrer ce soir, tu l'as vu naître.

- C'est du passé, dis-je en secouant la tête. Ils n'ont pas besoin de savoir tout ça.

- Si, insiste Tony, et tu le sais tout aussi bien que moi. Ils risquent d'entendre parler de cette histoire quand ils seront à Poudlard. Peut-être même de la bouche du jeune Potter. Comment réagiront-ils quand ils entendront dire que leur père est un mangemort ?

- Sirius n'est pas . . . m'emportè-je, une colère ancienne mais toujours présente, resurgissant.

- Je le sais ! s'écrie Tony à son tour. Mais tu dois raconter toute l'histoire à Zoé et Cameron. Si tu ne le fais pas, moi je le ferais. Mais je préférerais que cela vienne de toi.

Je pince des lèvres. Je sais que Tony en serait capable. C'est dans sa nature de s'occuper des affaires des autres, même quand on ne veut pas de son aide. Et il connaît par cœur mon histoire pour pouvoir la raconter comme il le faudrait aux enfants. Mais je ne veux pas qu'il le fasse. Si Zoé et Cameron doivent savoir toute l'histoire, je veux que ça soit moi qui le leur dise.

Et là, je comprends que je suis coincée. Que le peu que j'ai dit le matin même ne suffira pas.

- J'ai compris, capitulé-je. Je leur parlerai avant leur départ pour Poudlard.

O0o0O

Un livre ouvert sur les genoux, Harry est assis dans le jardin des Weasley, profitant des rayons du soleil qui descendent vers l'horizon, le dos collé au mur de la maison. De là où il est, il a vu sur toute la colline et l'entrée du terrain. Mais ce n'est pas ce qui lui importe à ce moment-là, ni le livre sous son nez. Comme à chaque fois qu'il se retrouve seul, Harry repense au Tournoi des Trois Sorciers et à son dénouement tragique. Il revoit le corps de Cédric qui s'écroule dans l'herbe et entend la voix de Queudver lançant le sortilège Impardonnable. C'est un souvenir qui le hante depuis plusieurs semaines et dont il n'arrive pas à se défaire.

Harry soupire et baisse la tête sur le chapitre un de son livre de sortilèges de cinquième année. Lorsqu'il a ressenti le besoin de s'éloigner et de se retrouver seul, Harry a attrapé le premier bouquin qui lui passait sous la main, prétextant des révisions de dernière minute, et s'est enfui dans le jardin. Il n'a pas lu une ligne du livre, mais a passé tout l'heure à ressasser les mauvais souvenirs. Il sait qu'il ne devrait pas, mais c'est plus fort que lui. Il y a tant de choses que Harry ne comprend pas.

Lorsqu'il était encore à Privet Drive, plus ou moins privés de contacts avec le monde sorcier, il pensait que Voldemort était déjà passé à l'offensive. La surprise de découvrir en arrivant au Terrier que ce n'était pas le cas, a fini de bouleverser son esprit. Pourquoi donc le mage noir reste-t-il les bras croisés ? Qu'attend-t-il pour commencer à attaquer, pour reprendre sa besogne là où il l'avait laissé ?

Harry pose l'arrière de sa tête contre le mur de la maison et lève les yeux vers le ciel bleu, à peine troublé par quelques nuages filandreux. Est-ce que Voldemort ne fait rien, pour laisser le ministère croire qu'il n'est pas de retour ? Ce ne serait pas bête, rester dans l'ombre sans alerter les autorités. Mais il doit bien y avoir une raison à cela. Du peu qu'il en a entendu, Harry sait que la discrétion n'est pas importante pour les mangemorts. Ce serait même plutôt tout le contraire. Alors pourquoi vouloir rester anonyme ? Qu'est-ce qu'ils préparent ? Et est-ce que les membres de l'Ordre du Phénix savent quelque chose ? A force de surveiller les présumés mangemorts, ils doivent bien avoir une ou deux informations importantes à se mettre sous la dent, non ? Et tout ce qu'ils découvrent, en font-ils part au ministère ? Avec Shackelbot et Tonks qui sont aurors, il ne serait sans doute pas compliqués de faire passer ça pour des résultats d'enquêtes qu'ils ont eux-même menés, n'est-ce pas ?

Harry ferme les yeux et se souvient des visages de la jeune femme et de l'homme de couleur. Tous deux pratiquent un métier à haut risque, d'après ce qu'il en a entendu. Chasseur de mages noirs ne doit pas être un travail de tout repos. Harry aimerait bien les revoir, pour leur poser des questions sur leur métier. Il est très intrigué par cela. Et être auror lui servirait certainement dans la lutte contre Voldemort.

Harry se demande alors combien de temps cette nouvelle guerre qui débute perdura-t-elle. Autant de temps que la dernière fois ? Ou moins ? Si le ministère ne se décide pas rapidement à ouvrir les yeux, Voldemort et ses partisans risquent d'avoir le champ libre pendant de très nombreux mois, libre de faire à peu près tout ce qu'ils voudront.

- Harry !

L'appel sort le jeune homme de ses réflexions. Sur le pas de la porte qui mène à la cuisine, Mme Weasley lui fait signe de rentrer. Harry se lève alors et obéit, rejoignant la femme dans la cuisine sentant bon les effluves de poulet grillé.

- Va te débarbouiller un peu, Harry, il est bientôt dix-neuf heures, dit Mme Weasley en sortant le poulet du four. Nos invités ne vont plus tarder.

Harry acquiesce d'un signe de tête et disparaît dans les escaliers. Une fois dans la chambre de Ron, il découvre ce dernier, occupé à enfiler un tee-shirt propre. Puisqu'ils ont passé l'après-midi à aider à nettoyer la maison, il est vrai qu'ils ne sont guère reluisant. Harry jette un œil à ses propres vêtements et comprend pourquoi Mme Weasley lui a demandé de monter.

Il s'approche de sa valise, en sort de quoi se changer puis ôte ses vêtements sales pour les remplacer par les propres. Au moment où il termine d'enfiler son tee-shirt, Hermione pénètre dans la chambre.

- Hey, s'offusque Ron, tu pourrais frapper !

Hermione roule des yeux, sans plus prêter attention à leur ami, et annonce :

- Ils viennent d'arriver.

Les deux garçons échangent un regard, avant de reporter leur attention sur la jeune fille.

- On arrive, dit Harry, en refermant sa malle d'un coup de pied.

Tous les trois quittent alors la chambre puis rejoignent Ginny qui les attend en haut des escaliers. C'est ensemble qu'ils débarquent ensuite dans la cuisine où Mr et Mme Weasley accueillent leurs invités.

Harry profite de passer encore inaperçu pour regarder de plus près cette si étrange famille. Les deux adultes semblent avoir plus de trente ans, et à peu près le même âge. Ils pourraient être tous les deux parents les parents des deux adolescents, si le vampire ne leur ressemblait pas aussi peu. Mais, indubitablement, la femme aux cheveux bouclés est leur mère.

- Approchez les enfants, fait alors Mme Weasley en faisant signe à Ron, Hermione, Ginny et Harry de les rejoindre.

Tous les quatre se postent alors aux côtés des deux adultes, en face des invités.

- Voici Ron et Ginny, fait Mr Weasley en désignant les deux adolescent. Ce sont nos deux derniers enfants, et voilà Hermione Granger et Harry Potter, des amis de Ron.

- Enchanté de vous rencontrer, fait la femme avec un sourire réellement ravi, avant de poser ses mains dans le dos de ses deux enfants. Je m'appelle Amandine Dawn, mais vous pouvez m'appeler Mandy, et voici Zoé et Cameron, mes enfants. Je crois qu'il est inutile de vous présenter Tony.

Tous se tournent vers l'homme à ce moment-là, et une espèce de silence gêné s'installe. Vite interrompu par l'arrivée des jumeaux, qui déboulent de l'escalier à grands renforts de bruits.

- Salut ! s'exclament-ils dans un bel ensemble.

- Fred et Georges, nos deux autres fils, dit Mme Weasley dans un sourire teinté d'embarras. Ne faites pas trop attention à eux, ils adorent attirer l'attention.

Et comme pour confirmer les propos de leur mère, les jumeaux arborent tous les deux un tee-shirt portant l'inscription « Je ne suis pas son jumeau » accompagné d'une flèche lumineuse et clignotante se désignant l'un l'autre. La jeune fille aux cheveux bruns, Zoé, étouffe un rire en les découvrant.

- J'adore vos tee-shirts ! s'exclame-t-elle. Vous les avez trouvés où ?

- Création Weasley, fait Fred d'un air pompeux. Et pièce unique - enfin presque.

Harry, Ron et Ginny rigolent à leur tour, amusés, alors que Hermione la tête d'un air affligé.

- Vous avez donc quatre enfants, fait Mme Dawn d'un air ébahi.

- En fait, nous en avons sept, rectifie Mr Weasley en rougissant légèrement. Percy, Bill et Charlie ne vivent plus chez nous.

- Waouh ! s'exclame le vampire comme s'il n'en revenait pas. Déjà que chez nous, deux ça fait beaucoup, alors avec sept, je ne veux pas imaginer. Vous avez tout mon respect.

Mr et Mme Weasley rigolent en échangeant un regard. Harry comprend qu'ils avaient craint la réaction des invités, et qu'ils sont rassurés - voire flattés - par leur propos.

- C'est surtout de l'organisation vous savez, dit Mme Weasley. Mais passons dans le jardin pour discuter, nous avons décidés d'y dîner pour profiter du grand soleil.

Tous sortent alors de la cuisine, et la maîtresse de maison place ses convives un à un. Harry se retrouve donc entouré de Ron et Ginny, face à Cameron, lui même entouré de sa sœur et d'Hermione. A côté de Ron, Fred, lui même face à son jumeau, puis les parents Weasley face à Mme Dawn et Mr Esperanza.

- Cameron, fait alors la mère de ce dernier en se tournant vers les adolescent pendant que Mme Weasley est repartie dans la cuisine, tu ne nous as jamais dit comment tu as rencontré Harry.

Harry hausse des sourcils en repensant à l'incident avec Dudley. Il ne sait pas si le jeune garçon a envie de reparler de cet épisode, somme tout assez honteux.

- J'étais avec Clay, on se promenait dans son quartier quand il y a une bande de crétins qui nous sont tombés dessus et ont commencés à nous embêter, raconte quand même Cameron. Harry est intervenu, et voilà. Tu les connaissais d'ailleurs, non ? demande Cameron en se tournant vers Harry.

- Euh ouais, c'était mon cousin, Dudley, avec ses amis, répond-t-il d'un air gêné. Il aime bien embêter les autres.

- Toi aussi, il t'embête ? demande le garçon.

Ron et les jumeaux pouffent, amusés, et sachant parfaitement ce qu'il se passe chez les Dursley. La preuve, en deuxième année, ils ont dû kidnapper Harry pour que les Dursley le laissent passer la fin des vacances d'été chez les Weasley.

Mais avant que Harry n'ait pu répondre, Zoé file une claque à l'arrière du crâne de son frère.

- T'es bête ou quoi ? Tu crois vraiment qu'il va te répondre ?

- Zoé, ne frappe pas ton frère s'il te plaît, la réprimande aussitôt leur mère.

- Est-ce que Remus sera là ce soir ? demande alors Mr Esperanza, changeant de sujet.

Harry remercie silencieusement le vampire d'être intervenu et de l'avoir empêché de devoir donner une réponse au garçon de treize ans. Il ne savait pas trop ce qu'il aurait pu dire, sans perdre la face.

Mais aussitôt, Harry s'étonne de la mention de Remus, avant de se souvenir que c'est chez eux que le sorcier a mené Mr Weasley lorsqu'il s'est blessé au bras. Et que Mme Dawn est la guérisseuse qu'il a mentionné comme étant une amie.

- Vous connaissez Remus depuis longtemps ? demande alors Harry à la femme brune, curieux comme un pou.

Cette dernière se tourne vers lui, sourit et acquiesce d'un signe de tête.

- Oui, depuis Poudlard. Nous sommes devenus amis lors de notre dernière année d'étude. Puis, la vie nous a séparé quand j'ai dû partir en Autriche.

- Je croyais que vous veniez d'Italie, s'étonne Mr Weasley.

Harry referme la bouche qu'il avait commencé à ouvrir pour poser sa question suivant. Mr Weasley l'a pris de court, mais il se promet de remédier à cela plus tard. Si elle a connu Remus à Poudlard, elle a peut-être aussi connu ses parents, Lily et James.

- C'est le cas, nous avons quittés l'Autriche il y a onze ans pour nous établir à Rome, répond Mr Esperanza en jouant avec sa fourchette. Dites, vous ne m'avez pas compté dans le repas j'espère ?

La question jette un blanc, que Mme Weasley de retour de la cuisine avec les plats, s'empresse de rompre.

- Oh bien sûr que non, je vous ai seulement mis un couvert pour que vous vous ne sentiez pas à part à table. J'ai mal fait ?

Mme Weasley pose sa question d'un air inquiet.

- Ah non, c'est très aimable à vous, la rassure le vampire avec un sourire grand comme le monde. Je ne m'y attendais seulement pas.

Rassurée, Mme Weasley commence à servir les invités, en commençant par Mme Dawn. Mais à sa grande surprise, cette dernière pose ses mains sur son assiette pour empêcher que quoi que ce soit y soit déposé.

- Je ne mange pas non plus, explique-t-elle alors d'un ton olympien. Tout comme Tony, je suis un vampire.

S'ensuit un second blanc. Harry échange un regard avec Ron. En voyant, la femme, ils ne l'auraient pas parié. Elle avait l'air tout à fait humaine.

- Alors ça, c'est trop cool ! s'exclame alors un des jumeaux, rompant le silence. Comment on devient un vampire ?

- Georges ! s'écrie alors Mme Weasley, fusillant son fils du regard.

- Non, il n'y a pas de mal, fait Mme Dawn en agitant les mains comme si elle souhaitait calmer tout le monde. C'est tout naturel qu'ils soit curieux.

Harry se tourne vers Zoé et Cameron, se demandant alors si eux aussi sont des vampires. Mais Ginny, pensant sans doute comme lui, pose la question avant qu'il n'ait eu l'idée de le faire.

- Vous aussi, vous êtes des vampires ? leur demande-t-elle en se penchant vers eux par dessus la table.

Ils secouent la tête.

- Maman a été transformé avant notre naissance, explique Zoé, mais notre père est un sorcier humain. Alors, nous aussi nous le sommes.

- Humain ? relève Ron. Alors Mr Esperanza n'est pas votre père ?

- Non, répond Cameron, c'est notre oncle. Enfin, de cœur, parce que il n'a aucun lien de sang avec maman. Ils sont même pas du même créateur, mais Tony a toujours fait partie de la famille, aussi loin que je m'en souvienne.

- Votre mari n'est pas avec vous ? demande alors Mme Weasley en demandant à ce qu'on lui fasse passer les assiettes pour qu'elle puisse servir tout le monde en poulet et haricot vert.

Personne ne s'attendait à ce que la question de Mme Weasley mette mal à l'aise leurs invités. Pourtant, et au grand étonnement de Harry, c'est bien ce qu'il se passa.

- C'est une histoire . . . compliqué, finit par dire Mme Dawn.

Elle affichait un air gêné et, chose surprenante, lançait des regards vers Harry sans que celui-ci ne comprenne pourquoi.

- Bien parlons d'autre chose alors, dit Mr Weasley en commençant à attaquer son assiette, vu que Mme Weasley avait fini de servir tout le monde.

Harry se jeta lui aussi sur la nourriture, affamé par leur après-midi de nettoyage, mais garda quand même une oreille traînant du côté des adultes. Ainsi, il apprit que Mme Dawn avait étudié en même temps que Remus, mais à Serdaigle, et qu'elle avait été transformée à l'âge de dix-sept ans. Elle était guérisseuse et avait travaillé dans des hôpitaux sorciers en Autriche et en Italie. Mais à présent . . .

- Vous allez remplacer Mme Pomfresh à l'infirmerie de Poudlard ? s'étonne Fred à haute voix, l'air ravi. Sérieux ?

Mme Dawn acquiesce d'un signe de tête.

- Oui, Mme Pomfresh est parti en retraite. Et avec le contexte politique d'aujourd'hui, le professeur Dumbledore a préféré avoir un vampire à Poudlard cette année. Ne serait-ce que pour prouver à tous que nous ne sommes pas dangereux.

- Ouais, génial, marmonne Zoé d'un ton si bas que seuls les adolescent peuvent l'entendre. Le seul plaisir d'un internat c'est de ne pas voir ses parents pendant neuf mois, et faut qu'elle trouve le moyen de venir à Poudlard.

Amusé, Harry sourit. En face de lui, il voit Hermione faire de même et ils échangent un regard. Ils comprennent ce que Zoé veut dire. Avoir sa mère dans les couloirs du château ne lui procurera pas le même plaisir que si elle était entrée à Poudlard en laissant Mme Dawn à Londres.

- Et vous Tony, que faites-vous dans la vie ? demande Mme Weasley.

- Je suis peintre, répond-t-il. Je créé des toiles, pour les vampires principalement. C'est plus pratique lorsque je dois expliquer que je peins depuis plus de cent cinquante ans.

- Mais vous allez pouvoir exposer vos œuvres aux sorciers maintenant, puisque le secret est levé, non ? fait Mr Weasley.

- Je verrais, dit Mr Esperanza en haussant des épaules d'un geste désinvolte. Pour l'instant, ce n'est pas dans mes projets. Nous voulons d'abord voir comment la population sorcière anglaise accueille la nouvelle. S'ils sont tous comme vous, cela devrait aller.

- C'est vrai que c'est assez surprenant au premier abord, confie Mr Weasley en fronçant des sourcils. Mais en repensant au peu que l'on nous a dit en cours à Poudlard, on comprend qu'il n'y a rien à craindre. Cependant, je pense que quelques sorciers verront votre arrivée comme . . .

Mr Weasley laisse sa phrase en suspend, cherchant le terme adéquat.

- Je vois ce que vous voulez dire, fait Mme Dawn. Vous pensez à ces sorciers qui ne jurent que par la suprématie du sang pur ?

- Oui, confirme Mr Weasley en croisant ses mains sur son menton, les coudes sur la table. J'imagine que vous vous souvenez du temps où vous étiez encore en Angleterre.

- Difficile d'oublier, oui, répond Mme Dawn. J'ai d'ailleurs cru comprendre que Vous-Savez-Qui était de retour. Vous en pensez quoi ?

Harry hausse les sourcils, surpris par la franchise de la question. Il regarde ensuite Mr et Mme Weasley qui échangent un regard, ne sachant trop quoi répondre. Prudemment, Mr Weasley finit par dire :

- Eh bien, nous préférons être prudent et laisser le bénéfice du doute au professeur Dumbledore lorsqu'il dit que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour.

Mme Dawn s'apprête visiblement à répondre quelque chose, mais elle n'en a pas le temps. Le bruit d'un transplanage retentit dans le jardin, faisant sursauter tout le monde. Remus et Shackelbot apparaissent alors, portant un corps inanimé dans leurs bras.