Chapitre 10 : Quidditch et somnifères
Phidia avait passé son dimanche à essayer de faire la sieste sans parvenir à dormir plus d'une où deux heures, et son lundi à lutter contre la fatigue. Durant les deux heures d'histoire de la magie elle avait somnolé sur sa chaise et en défense contre les forces du mal elle s'était montrée si médiocre que pour la première fois de sa vie elle n'avait pas réussit une seule fois à lancer le sort qu'on lui apprenait ni à contrer les attaques de Lily. Enfin, quand était arrivé le cours de potion, elle était si épuisée que Lily avait dut tout préparer toute seule. Elle n'avait pas posé de question à Phidia mais il était clair qu'elle se demandait ce qui lui arrivait.
Malgré sa fatigue, Phidia ne réussit pas à dormir plus de quatre heures cette nuit là. Quand elle descendit prendre son petit déjeuner - alors que presque tous ses camarades dormaient encore - elle faillit faire une chute dans l'escalier et elle se serait perdue dans les couloirs sans l'intervention charitable de Remus qui passait par là. Finalement elle atteignit la classe de potion et alla s'asseoir au fond où Lily la rejoignit. Comme la veille, ce fut elle qui se chargea entièrement de leurs deux préparations, Phidia étant dans un état semi comateux. Quand la cloche sonna, elle réussit pourtant à se traîner hors de la salle et à se rendre en classe de métamorphose. Le cours commença mais Phidia n'écouta pas un mot de ce que McGonagall disait.
Elle était accoudée à sa table, la tête dans les mains, essayant vainement de dissiper la brume qui envahissait son esprit. Au bout de quelques minutes elle ferma les yeux et ce qui devait arriver arriva : elle s'endormit. Il fallut plusieurs minutes à McGonagall pour s'en rendre compte. Lily essayait déjà depuis un certain temps de réveiller son amie en lui donnant des coups de coudes quand le professeur de métamorphose prit conscience que Phidia dormait profondément. S'eût été un autre élève, elle se serait sûrement fâchée. Mais Phidia avait toujours été attentive à ses cours malgré une tendance prononcée à dessiner pendant que le professeur parlait et ses notes étaient plus qu'excellentes. Aussi garda-t-elle son calme.
- Avez-vous une idée de la raison pour laquelle Miss. Saturnine dort, Miss. Evans ? demanda-t-elle.
- Je crois qu'elle manque de sommeil ces derniers temps, madame, répondit Lily.
- Vous serez-t-il possible de la réveiller ?
- Je ne crois pas madame.
McGonagall soupira avant d'essayer à son tour mais elle n'arriva pas à un meilleur résultat. En désespoir de cause, elle déplaça Phidia dans le fond de la salle et quand le cours fut terminé elle appela Hagrid pour qu'il la ramène dans son dortoir. Avant de laisser partir Lily à son tour elle lui dit :
- Je ne sanctionnerais pas Phidia cette fois car je sais qu'il n'est pas dans ses habitudes de dormir en cours mais je vais prévenir le directeur. Il faut vite qu'elle trouve une solution à ce problème Miss. Evans.
Elle ajouta après quelques instants de silence.
- J'ai appris que Miss Saturnine comptait se présenter aux essaie de quidditch. Il serait mieux pour elle qu'elle soit en forme, nous avons besoin de joueurs doués cette année.
Lily, cachant son sourire, acquiesça et quitta la salle de métamorphose.
Adso était roulé en boule à côté de Phidia, sur son lit. Sous ses paupières mi-closes, le chaton surveillait chacun des mouvements de sa maîtresse, guettant le moment où elle se réveillerait. Mais ce moment ne semblait pas être pour bientôt. Adso commençait à s'impatienter. Depuis qu'ils étaient arrivés à Poudlard, Phidia et lui avait leur invariable routine et le chaton y tenait : le matin, quand elle se rendait en cours, Phidia enfermait son chat dans le doroir où il était en sécurité. Dès qu'elle sortait de cours, elle allait le chercher et le laissait se promener dans la salle commune ou parfois dans le parc, sous sa surveillance rapprochée. Enfin le soir elle le prenait avec elle et il dormait sur son lit. Mais là on était en plein jour et Phidia n'était pas en cours, par conséquent elle aurait du le laisser aller se balader hors du dortoir. Pourtant elle dormait et cette situation ne convenait pas du tout à Adso. Finalement, lassé d'attendre, il lui sauta dessus et se mit à lui tapoter le visage avec sa patte, sans grand résultat.
Phidia rêvait qu'elle descendait un escalier sombre. Elle savait qu'il menait à un endroit où elle n'avait pas envie d'aller mais elle ne pouvait pas s'empêcher de descendre et descendre encore, toujours plus profondément sous terre. Enfin elle arriva à une porte qu'elle poussa. Elle se retrouva alors dans une cave inconnue où elle entrevit le corps d'un homme allongé puis le décor changea et elle fut transportée sur un rocher presque entièrement immergé dans l'eau, pas très loin d'une plage qu'elle reconnu comme celle de sa demeure d'Algérie. Quelque chose de sombre et immense bougea dans l'eau et de nouveau le décor changea. Elle était dans un salon confortablement meublé. Elle avait un masque sur le visage et elle regardait autour d'elle. Ses yeux se posèrent sur d'autres hommes masqués, des mangemorts, puis sur trois cadavres allongé sur le sol. Il y avait là un homme, une femme et une fillette. Leurs yeux grands ouverts semblaient la fixer. Elle se réveilla en sursaut.
Adso, qui ne s'était pas attendu à ce qu'elle se redresse aussi brusquement, poussa un miaulement outragé avant d'aller se réfugier à l'autre bout du lit. Phidia, encore sous le coup du rêve qu'elle venait de faire, mit plusieurs minutes à comprendre où elle était. Enfin elle reconnu le dortoir de filles de Gryffondor. Se demandant ce qu'elle faisait là, elle sortit de son lit. Ses chaussures avaient été déposées à côté de sa table de nuit. Elle les enfila et descendit dans la salle commune, vide à ce moment de la journée.
Phidia regarda sa montre et vit qu'il était plus de 14 heures. Elle aurait du se trouver en cours de Sortilège à l'heure qu'il était. Sachant qu'elle ne pourrait pas rejoindre le cours qui était déjà entamé depuis plus d'une heure, elle attendit jusqu'à ce que la cloche sonne puis se rendit en Botanique. En la voyant, Lily se précipita vers elle. Elle lui expliqua ce qui c'était passé après qu'elle se soit endormie.
- McGo ne te punira pas cette fois mais si tu recommences elle ne sera pas aussi indulgente alors tu ferais bien de trouver un moyen de remédier à tes insomnies, Phi. Qu'est-ce qui t'arrive ces temps-ci ?
- Rien, j'ai juste du mal à dormir. Mais je vais trouver une solution, ne t'inquiète pas.
Elle savait que le seul moyen pour elle d'obtenir son somnifère c'était d'aller le demander à Mrs. Pomfresh mais celle-ci voudrait obligatoirement savoir pourquoi elle en avait besoin et elle n'était pas disposée à répondre à cette question. Elle revit les visages pétrifiés des trois cadavres dont elle avait rêvé. Elle frissonna et, pour ne plus y penser, se concentra sur ses champignons bondissants qui, si leur apparence était peu appétissante, avaient au moins l'avantage de l'occuper.
Quand elle rentra au château, une mauvaise surprise l'attendait. McGonagall était dans le hall et elle l'appela.
- Miss. Saturnine, le directeur vous attend dans son bureau. Vous êtes priée de vous y rendre immédiatement.
- Est-ce parce que je me suis endormie en cours ? Vous avez décidé de me punir pour cela, professeur ?
- Non, Miss. Saturnine. Mais j'en ai parlé au professeur Dumbledore et il désir s'entretenir avec vous. Ne le faites pas attendre.
Phidia acquiesça.
- Je te retrouve dans la salle commune, dit-elle à Lily.
Puis elle monta jusqu'au bureau du directeur. Arrivée en haut de l'escalier tournant qui y menait, elle faillit tourner les talons et repartir mais elle poussa finalement la porte. Dumbledore l'attendait, assis derrière son bureau. Il avait l'air grave mais pas sévère cependant.
- Bonjour Phidia, lui fit-il, assied-toi.
Elle s'installa dans un fauteuil, en face de lui.
- Le professeur McGonagall m'a dit que tu t'étais endormie pendant son cours, dit le directeur. Que t'es-il arrivé ?
- Je suis navrée de ce qui s'est passé, professeur. J'étais fatiguée, j'ai un peu de mal à dormir ces temps-ci, répondit Phidia sans le regarder.
Il avait certainement dut noter les cernes qu'elle avait sous les yeux et qui prouvaient qu'elle ne manquait pas que d'un peu de sommeil.
- Je crois que c'est plus grave que ça, Phidia, dit le directeur d'une voix douce. Pourquoi ne réussis-tu pas à dormir ?
- C'est juste que… je fais des cauchemars. Mais vous le saviez déjà, je vous l'ai dit l'année dernière.
- Je m'en rappel parfaitement. Mais je ne crois pas me souvenirs que cela t'empêchais de dormir à l'époque.
- Ca a empiré cet été.
- Et ta grand-mère ne t'a rien donné pour t'aider à dormir ? Cela m'étonnerait venant d'elle.
- Elle m'a donné un somnifère mais j'ai fini la bouteille il y a quelques jours.
- Pourquoi tu n'as pas demandé à Mrs. Pomfresh de t'en redonner ?
- Parce que… je n'avais pas envie de lui dire pourquoi j'en avais besoin, avoua-t-elle à contrecœur.
Elle se mordit la lèvre et détourna le regard. Le directeur soupira.
- Phidia, tu n'as raison d'avoir honte de ce qui t'arrive. Ce n'est pas ta faute si tu fais ces cauchemars.
- Peut-être, mais ça ne veux pas dire que j'aime en parler. De toute façon c'est à ça que sert l'occlumencie non ? A m'empêcher de faire ces rêves.
- C'est vrai, mais vas-tu pour autant continuer à ne pas pouvoir dormir normalement jusqu'à maîtriser l'occlumencie ?
Phidia baissa les yeux et ne dit rien.
- Je comprends que tu n'aimes pas en parler mais…
- Non vous ne comprenez pas ! s'énerva soudain Phidia. Vous savez de quoi j'ai rêvé tout à l'heure, juste avant de venir ici ? J'ai vu les mangemort tuer toute une famille. Il y avait une petite fille, plus jeune que moi. Elle ne devait pas avoir plus de huit ans mais ils l'avaient tuée quand même. Et l'expression de son visage… Comment pourriez-vous comprendre ça ?
Le directeur regarda Phidia pendant quelques instants puis il acquiesça.
- Tu as raison, je ne peux pas imaginer ce que c'est de vivre ça pour quelqu'un de ton âge, dit-il avec douceur. Mais je sais en revanche que tu ne dois pas laisser ces rêves gâcher ta vie.
- Et de quelles manières dois-je m'y prendre pour les en empêcher ? fit-elle d'un ton désabusé.
- Premièrement en allant voir Mrs. Pomfresh et en lui demandant de te donner ce somnifère. Ensuite en maîtrisant l'occlumencie, ce qui peut prendre un moment.
Phidia soupira. Elle avait les nerfs à vifs et elle était fatiguée, plus encore que quand elle s'était endormie pendant le cours de métamorphose. Les heures qu'elle avait passé à dormir, au lieu de lui permettre de se reposer, l'avaient encore plus épuisée. En effet, quel repos aurait bien pu lui apporter un sommeil troublé par des rêves concernant les mangemorts et leurs victimes ?
Elle prit sa tête dans ses mains.
- Phidia, qu'est-ce qui t'arrive exactement ? Le manque de sommeil n'a pas l'air d'être ton seul problème.
- C'est seulement que… je n'en peux plus, soupira-t-elle. Je n'en peux vraiment plus : où que je regarde, je ne vois que les mangemorts ! Mes sœurs en font partie, presque toutes ma famille les soutient, les journaux ne parlent plus que d'eux et des crimes qu'ils commettent… Ne pourraient-ils pas au moins me laisser tranquille la nuit ? Pourquoi est-ce que je les vois ? Pourquoi est-ce que je suis liée à eux et à Voldemort ? Qu'est-ce qui cloche chez moi ?
- Rien. Le problème ne vient pas de toi Phidia, mais d'eux. Ce n'est pas ta faute si certaines personnes choisissent de suivre Voldemort et de devenir des meurtriers, et ce n'est pas ta faute si tu es liée à eux par tes pouvoirs. Mais tu n'as rien à voir avec eux, tu peux en être convaincue.
- J'aimerais bien qu'ils aillent hanter les nuits de quelqu'un d'autre. Vous me dites que je n'ai rien à voir avec eux, mais que penseront les gens s'ils savent que je passe mes nuits dans la tête des mangemorts ? Qu'en penseront mes amis ?
Le directeur l'observa un instant attentivement. Il comprenait mieux à présent ce qui effrayait Phidia : elle avait peur que ses amis découvrent la vérité sur elle.
- Je suis certain qu'ils pourraient comprendre, tout comme Mrs. Pomfresh, répondit-il. Va la voir et demande lui ce somnifère, et je suis sûr que les choses iront mieux après.
- Bien, soupira Phidia. Au revoir professeur.
- Au revoir Phidia. Et n'oublie pas de passer à l'infirmerie.
Elle acquiesça et sortit du bureau du directeur. Celui-ci la suivit des yeux jusqu'à la porte. Il se demandait si elle allait faire ce qu'il lui avait demandé. Il aurait pu lui éviter d'avoir à s'expliquer avec l'infirmière en allant chercher lui-même le somnifère et en le lui donnant ensuite. Mais même si elle n'en avait pas envie Phidia avait besoin de parler et de plus il fallait qu'elle vainque ses réticences et qu'elle cesse d'avoir peur d'être considérée comme un monstre. Dumbledore savait que Mrs. Pomfresh ne la jugerait pas et peut-être que cela permettrait à Phidia d'avoir un peu plus confiance en elle et en son entourage. Du moins l'espérait-il.
Après être sortit du bureau du directeur, Phidia s'assit sur les marches de l'escalier et réfléchit. Elle avait dit qu'elle irait à l'infirmerie pourtant elle hésitait encore. Elle savait que c'était la seule solution mais elle se demandait ce qu'elle allait dire à Mrs. Pomfresh. Oserait-elle lui avouer la vérité ?
De toute manière, elle n'avait pas le choix. Tout dépendrait des questions que lui poserait l'infirmière. Avec un soupir elle se releva et descendit jusqu'à l'infirmerie.
- Bonjour Miss. Saturnine, dit Mrs. Pomfresh. Qu'est-ce qui vous amène?
- Je suis venue vous demander si vous pouviez me donner une potion de sommeil.
- Pourquoi en avez-vous besoin ?
- J'ai du mal à dormir plus de quelques heures par nuit en ce moment.
- Et quelle en est la raison ? L'année dernière, je ne me souviens pas que vous ayez eut des troubles du sommeil particulier.
- Je fais des cauchemars, répondit évasivement Phidia.
- Et vous êtes sûre que cela ne peut être réglé autrement qu'en prenant un somnifère ? Je trouve cela un peu radical comme méthode.
- C'est pourtant la seule chose qui marche.
- Je dois avouez que cela m'étonne. Vous ne savez pas pour quelle raison vous faite ces cauchemars ?
Phidia hésita et l'infirmière s'en aperçut.
- Miss. Saturnine, si vous savez quelque chose il vaut mieux que vous me le disiez maintenant.
- Très bien, soupira Phidia. Le professeur Dumbledore m'a dit que je pouvais vous faire confiance et j'ai confiance en lui alors… Phidia prit une grande inspiration et se lança : Mes cauchemars sont à propos des mangemorts et de Voldemort. Quand je dors, je les vois. Le professeur Dumbledore pense que je suis liée à eux en quelque sorte, même si j'ignore pourquoi. Apparemment ce serais à cause de mes pouvoirs.
- Je vois, dit posément l'infirmière.
Phidia la regarda d'un air étonné. Elle ne semblait pas perturbée le moins du monde parce qu'elle venait d'entendre. Sûrement avait-elle rencontré bien des cas étrange dans sa carrière et cela l'avait insensibilisée. Où peut-être savait-elle quelque chose que Phidia ignorait ?
- Je comprends mieux votre problème maintenant. Je dois avouer que l'idée de vous prescrire un somnifère à votre âge me déplaît mais dans de telles circonstances, c'est la seule solution. Attendez-moi là.
Elle alla dans son bureau et revint avec une bouteille identique à celle que Yilane avait donnée à Phidia un mois plus tôt.
- Je vous donne ceci, ça devrait vous suffire pour un moment. Revenez me voir quand vous l'aurez fini, je vous en redonnerais s'il le faut. Cependant, vous ne pouvez pas rester sous somnifère toute votre vie. Ce médicament peut avoir des effets secondaires s'il est pris à trop haute dose.
- Le professeur Dumbledore est en train de m'apprendre comment arrêter de faire ces rêves. Je devrais ne plus avoir besoin de ça dans quelque temps.
- Bien, dans ce cas, je vous laisse partir. Au revoir Miss. Saturnine.
- Au revoir madame.
Quand Phidia sortit de l'infirmerie, elle se sentait mieux qu'elle ne l'avait été depuis un bon moment. Mais elle était toujours fermement décidée à ne pas parler de ses cauchemars à ses amis.
Cela faisait maintenant près d'une semaine que Phidia avait recommencée à dormir normalement et elle avait totalement récupéré. Le jour qu'elle attendait depuis plus de deux mois était enfin arrivé : on était dimanche et les essais de quidditch allaient avoir lieu le jour même. Phidia s'était réveillée à sept heures du matin et depuis deux heures elle s'occupait de son balai dernier cri, un cadeau de ses grands-parents qu'elle n'avait pas beaucoup eut l'occasion d'utiliser. Mais elle allait rattraper ça.
Phidia était pour ainsi dire née sur un balai. Chez les Jenkins comme chez les Saturnine on apprenait très jeune aux enfants à voler dans l'espoir qu'ils joueraient au quidditch à l'école et peut-être même deviendrait de grands joueurs. Les deux grands-parents de Phidia avaient été poursuiveurs dans l'équipe de Serpentard en leur temps. Son grand père Marc avait même par la suite joué pendant cinq ans dans l'équipe des Tornades de Tutshill, avait d'entrer au ministère de la magie. Sa mère, Ilana Saturnine, avait elle aussi fait partie de l'équipe de Serpentard à Poudlard en temps qu'attrapeuse et capitaine de l'équipe et les jumelles, Naeddre et Nathair, avait suivit ses traces. Phidia avait hérité de la passion des membres de sa famille pour ce sport.
Ses grands-parents étaient ravis de voir combien elle aimait le quidditch et à quel point elle était douée pour y jouer, aussi avaient-ils décidé de lui offrir chaque nouveau modèle de balai qui sortait pour qu'elle ait toujours le plus performent. Phidia en avait donc toute une collection. Celui qu'elle astiquait en ce moment même était un Nimbus 1981 et elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Voilà pourquoi elle l'entretenait avec autant d'attention.
Quand Lily se leva, elle la trouva penchée sur son balai en train de l'inspecter dans les moindres détails, son nécessaire à balai posé à portée de main. Elle soupira.
- J'avais presque oublié que c'était aujourd'hui. J'imagine que tu ne vas pas m'accompagner à la bibliothèque ce matin ?
- Je crois que je ne serais pas capable de me concentrer sur mes devoirs aujourd'hui, répondit Phidia. Désolé.
Elle faillit lui demander de venir assister aux essaies mais elle se retint. Elle savait que Lily n'était pas fan de quidditch mais qu'elle se sentirait obligée d'accepter et elle ne voulait pas l'embêter, surtout aujourd'hui, alors qu'elle l'abandonnait seule face à ses devoirs. Cependant Lily n'avait pas besoin que Phidia parle pour deviner ce qu'elle désirait et elle dit d'un ton tranquille :
- Je ne me sens vraiment pas d'humeur à travailler toute seule aujourd'hui, surtout par ce temps superbe. A la place je crois que je vais me venir te regarder jouer, ce sera toujours plus intéressant que de passer mon aprèm à faire ma rédaction d'Histoire de la Magie.
Phidia lui sourit et l'affaire fut réglée. Les deux filles descendirent ensemble prendre leur petit déjeuner et croisèrent James qui s'était levé avant midi pour une fois.
- On est bien matinale aujourd'hui Potter, railla Lily. J'espère que ça ne va pas devenir une habitude.
- Ne t'inquiète pas, je n'ai aucune envie de te croiser tous les dimanches matin. Je te vois déjà plus que suffisamment pendant la semaine.
- Sirius et Remus ne sont pas encore levé ? demanda Phidia avant que Lily n'ait pu répliquer.
Quand ces deux là avaient décidés de se chamailler, ça pouvait durer des heures. James hésita un instant avant de se détourner de Lily puis il répondit.
- Remus est déjà en train de prendre son petit déjeuner. Quant à Sirius… il dort encore, fit-il d'un ton où perçait une certaine rancune.
- Tu l'as laissé dormir le jour des essaies de quidditch? Ca m'étonne de toi, remarqua Phidia d'un ton moqueur.
- J'ai bien essayé de le réveiller mais il n'a pas très bien réagit…
- Laisse moi deviner… il t'a balancé son oreiller en pleine figure ?
- Comment as-tu trouvé ?
- Tu as des plumes dans les cheveux. Je te revois tout à l'heure tout à l'heure aux essaies. Bonne chance Potter !
- Bonne chance Saturnine.
Tout les trois entrèrent dans la Grande Salle et James alla s'asseoir près de Remus tandis que Lily et Phidia s'installait près d'Alice et Franck. Phidia mit dans son assiette quelques tranches de bacon et deux tartines et se versa son habituelle tasse de thé. Cependant elle ressentait une étrange sensation au creux du ventre qui lui coupait l'appétit.
Ce n'était pas de l'appréhension loin de là. Phidia savait déjà qu'elle était la meilleure et qu'elle allait décrocher le poste d'attrapeuse. Ce n'était pas de l'arrogance, simplement un fait : Phidia était douée pour beaucoup de chose, mais sur un balai, elle était extraordinaire.
Depuis toujours, l'air était son élément. Elle se souvenait encore de la première fois où elle était montée seule sur un balai, sans son grand-père ou sa grand-mère. Un vrai balai s'entend, pas un de ses balais jouet pour bébé. Elle avait trois ans à l'époque et tandis qu'elle s'élevait dans les airs, elle avait eut l'impression que le monde en dessous d'elle n'existait plus. Elle était montée haut, très haut même pour une fillette de son âge. A un moment elle avait croisé le regard plein d'inquiétude de sa grand-mère mais elle s'était rendu compte avec ravissement qu'elle s'en fichait. Ce qui était au sol n'avait pas d'importance, pas d'existence. Seule comptait cette merveilleuse sensation de liberté qu'elle éprouvait. Pour la première fois, elle s'était sentie totalement libre, et elle avait adoré ça. Ca avait été la même chose à chaque fois qu'elle avait volé par la suite. Le monde d'en bas avait cessé d'existé et ses soucis aussi s'étaient évanouis. Il n'y avait pas de sensation capable d'égaler celle-là pensait-elle. Quelques années plus tard, Sirius lui ferait réviser son jugement sur ce point, lui montrant qu'il y avait bien une ou deux sensations qui valaient celle de voler. Mais pour l'instant elle avait douze ans, et c'était la chose qu'elle préférait au monde. Voler était pour elle, en un sens, plus naturelle que marcher. Elle descendait d'une longue lignée de joueurs de quidditch exceptionnels mais c'était sans conteste elle la meilleure de tous. Sans doute à cause de cette préférence pour le vol qu'elle avait toujours eut. Le résultat était là en tout cas.
Le quidditch était une manière pour elle d'user de son habilité naturelle dans l'air. Elle adorait ce jeu. Pourtant, Phidia n'appréciait pas la compétition. Elle aimait jouer pour le plaisir. Si elle gagnait tant mieux, sinon ce n'était pas bien grave. Elle n'était pas mauvaise perdante. Mais jusqu'ici ses partenaire de quidditch avait été ses sœurs ou ses cousins et cousines qui, eux, détestaient perdre et, agacée par leur attitude, Phidia avait prit un malin plaisir à les battre systématiquement. Naeddre et Nathair avait beau être excellentes, elles ne faisaient pas le poids. Ce qui ne les avait pas empêchées de battre tous leurs autres adversaires. Mais pas Phidia.
Non, Phidia ne ressentait pas d'appréhension pour les essaies, simplement un peu de culpabilité. Beaucoup de gens allait essayer d'obtenir le poste d'attrapeur aujourd'hui et parmi eux des gens qu'elle appréciait. Elle s'en voulait de leur ôter toute chance de l'obtenir un jour. Car elle savait qu'elle allait l'avoir et aussi qu'elle y resterait jusqu'à la fin de sa scolarité et il lui suffisait de regarder autour d'elle pour apercevoir les autres candidats au poste d'attrapeur de l'équipe de quidditch de Gryffondor. Voilà pourquoi elle n'avait plus si faim tout d'un coup.
Lily s'aperçut que quelque chose clochait et lui demanda ce qui n'allait pas. Phidia le lui dit. Peut-être un autre que Lily aurait dit à Phidia qu'elle était trop arrogante et que de là venait tout le problème. Mais Lily était aussi convaincue que Phidia que celle-ci obtiendrait le poste et elle se contenta de dire :
- Bah, ils t'en voudront peut-être un peu au début mais une fois que le premier match de quidditch sera passé et que tu auras ridiculisé l'équipe de Serpentard, ils t'acclameront tous sans réserve, crois-moi ! Tu n'as jamais été battue par Véga d'après ce que j'ai compris ?
- Non, en effet.
Phidia eut un sourire. Elle n'avait pas toujours été très fair-play avec sa cousine. Elle s'était souvent amusée à la laisser repérer le vif d'or et s'en approcher assez pour espérer l'attraper avant de lui subtiliser sous le nez. Cela faisait enrager Véga. Un an plus tôt, Phidia aurait peut-être été un peu honteuse à ce souvenir. Mais entre-temps Véga avait essayé de faire tuer David March et pour ça, Phidia la haïrait toujours. Elle comptait l'humilier chaque fois qu'elle pourrait sur le terrain de quidditch pour le lui faire payer et ce ne serait à ses yeux qu'une maigre revanche.
Les paroles de Lily lui rendirent en tout cas son appétit et, tandis qu'elle mangeait, elle observa l'équipe de quidditch de Serpentard qui prenait leur petit déjeuner à leur table, assis les uns à côté des autres car les essaies de quidditch de Serpentard devait avoir lieux aujourd'hui aussi, dans la matinée. Depuis l'année précédente, des changements s'étaient opérés.
En plus de Nathair, qui était capitaine et attrapeuse de l'équipe, et Naeddre, qui était poursuiveuse, Lucius Malefoy et John Wilkes avait quitté l'école. Lucius était poursuiveur et John (le fiancé de Naeddre), était gardien de but. Comme Véga avait remplacé Nathair en tant que capitaine et attrapeuse, l'équipe se retrouvait sans poursuiveurs. Les deux batteurs par contre étaient restés. Il s'agissait de Rick Pucey et de Liam Saturnine. Rick Pucey était un imbécile heureux mais il frappait dans les cognards avec une force titanesque et une grande bonne volonté, à défaut d'une grande précision. Liam était l'un des cousins éloignés de Phidia, et un des seuls qu'elle apprécia à peu près. Il était dans la même situation que Phidia à une génération de différence : il était à la fois un Jenkins, par sa mère, à la fois un Saturnine, par son père. Peut-être était parce que sa grand-mère était une Londubat, mais Phidia trouvait qu'il était beaucoup plus ouvert d'esprit que ses autres cousins. En plus, il avait de l'humour et il n'était pas du genre à se montrer méprisant avec ses camarades à cause de leur ascendance. Et puis il était d'une beauté à tomber à la renverse et, s'il ne se gênait pas pour draguer toutes les filles qu'il trouvait jolies, il était toujours très galant avec elles. C'était aussi un très bon joueur de quidditch et un batteur d'une précision chirurgicale. Il ne valait mieux pas se retrouver dans sa ligne de mire lors d'un match. Bref, s'il n'avait pas fréquenté la bande de Véga et s'il ne s'était pas montré parfois d'une arrogance insupportable, peut-être Phidia aurait-elle put envisager d'avoir des relations amicales sérieuses avec lui.
Phidia reporta son attention sur l'équipe de quidditch de Gryffondor, assise un peu plus loin. Là aussi des changements avait eût lieu. A commencer par le départ du capitaine et attrapeur de l'équipe, Xavier Dubois, « ce sang de bourbe » comme l'appelait Véga avec mépris. Il avait peut-être des parents moldus mais ça ne l'avait pas empêché de gagner tout les matchs qu'il n'avait pas disputés contre l'équipe de Serpentard alors que lui n'avait pas était entraîné dès l'enfance à jouer au quidditch. Et il avait même réussis l'exploit d'être à deux doigt d'attraper le vif d'or alors qu'il jouait face à Nathair. Mais cependant, malgré son talent, il quittait l'école sans avoir jamais brandit la coupe de quidditch. Pour se consoler de cette injustice qui l'agaçait, Phidia se disait que le même sort frapperait désormais l'équipe de Serpentard et que Xavier serait ainsi vengé. Si Nathair avait réussit à ne pas perdre un seul match, alors Phidia aussi en était capable. Elle se jura que les Serpentard ne toucheraient plus la Coupe de Quidditch durant les six prochaines années.
Le nouveau capitaine de l'équipe de Gryffondor était Nathan Parks, un des poursuiveurs. Constance Moon, qui était poursuiveuse elle aussi, avait quitté l'école. Quand au dernier à ce poste, Jude Finnigan, il jouerait désormais comme gardien de but pour remplacer Marlene Storm qui avait fini sa scolarité. Les batteuses Tania Alasdair et Dona McDougall étaient toujours là. Ainsi l'équipe avait besoin d'un attrapeur et de deux poursuiveurs et Nathan Parks se rongeait les sangs, désespéré à l'idée de ne pas trouver d'attrapeur à la hauteur.
Il avait vécu comme un calvaire l'échec cuisant lors de finale contre Serpentard l'année précédente. Il se souvenait encore de Naeddre, secondée assez efficacement par les deux autres poursuiveurs, marquant but sur but et de Nathair qui avait attrapé le vif d'or sans crier gare au bout de vingt minutes de jeu. Le score final avait été de 290 à 90 en faveur de Serpentard. Ces deux cents points d'écart étaient restés en travers de la gorge de Nathan, de même que le cognard de Rick Pucey qui lui avait mis le bras en morceaux. Rick ne savait pas viser mais les rare fois où il tirait bien la personne qui recevait le cognard le sentait passer. Au moins Nathan avait réussit à marquer six buts. La pauvre Constance, elle, n'avait pu en marquer aucun car Liam Saturnine s'était acharné à lui faire voler le souaffle des mains dès qu'elle le tenait. Sa manière à lui de se venger parce qu'elle avait repoussé ses avances. Elle en avait pleuré de frustration, mais au moins elle s'en était tirée indemne. Liam était un salaud mais c'était aussi un gentleman : il ne blessait pas les femmes.
Oui, le souvenir de ce match désastreux continuait de hanter Nathan qui ignorait qu'à à peine trois mètre de lui se tenait celle qui le délivrerait bientôt de son tourment. Et la jeune fille en questions l'observait, se demandant si le fait de l'avoir choisit comme capitaine alors qu'il était le plus jeune des membres restant de l'équipe était une bonne idée. Il n'était qu'en troisième année après tout, alors que Tania par exemple était en sixième année. Mais il avait de l'autorité et les autres membres de l'équipe le respectaient. De plus, il était très bon pour élaborer des techniques de défense et d'attaque et très impliqué dans son rôle de membre de l'équipe. Elle jugeait qu'il pourrait s'en sortir s'il était entouré de bons joueurs.
Finalement Phidia reporta son attention sur son assiette qu'elle fini en vitesse. Un coup d'œil à sa montre lui apprit qu'il était dix heures. Les essaies des Gryffondor ne commençaient que dans quatre heures mais ceux des Serpentard allait bientôt débuter. Véga et les autres membres de son équipe venaient effectivement de quitter la Grande Salle. Phidia hésita à les suivre et à assister à leurs essaies mais elle décida finalement qu'elle connaîtrait les nouveaux membres de leur équipe bien assez tôt.
Lily et elle passèrent donc leur mâtinée assise dans le parc, sous un arbre. Lily était plongée dans un livre de métamorphose tandis que Phidia croquait ce qui l'entourait dans un de ses carnets de dessin. Lily était l'un de ses sujets préférés et elle la dessina penchée sur son livre, ses boucles auburn frôlant les pages. Finalement, il fut midi. En entrant dans la Grande Salle, Phidia et Lily croisèrent Sirius.
- Tu t'es finalement décidé à te lever ? lui demanda Phidia avec amusement. Après ta réaction avec James, je ne l'aurais pas cru.
- C'est entièrement de sa faute s'il s'est prit mon oreiller sur la figure, déclara tranquillement Sirius. Quel besoin avait-il de me réveiller à neuf heure alors que les essaies ne sont que cet après-midi ? Je comprends qu'on aime le quidditch mais chez vous deux ça tournent parfois un peu à l'obsession.
- Mais tu vas quand même assister aux essaies ?
Il la regarda de haut en bas pendant un instant d'un air appréciateur.
- Je ne manquerais ça pour rien au monde, déclara-t-il en souriant d'un air plein de sous entendu.
- Pourquoi cet engouement soudain ? Tu fantasmes sur les filles en tenues de quidditch maintenant, Black ? fit Lily d'un ton moqueur.
- Tout dépend de quelle fille on parle Evans, répliqua-t-il sans quitter Phidia des yeux. Je vous revois tout à l'heure.
Il alla s'asseoir auprès de James qui le fusilla un instant du regard, ce qui ne perturba pas Sirius le moins du monde. Phidia et Lily s'assirent en face d'eux, à côté de Remus. Au moment où Phidia allait se servir, un hiboux grand-duc fondit sur elle et se posa juste à côté de son verre. Il tandis la patte vers elle pour qu'elle décroche la lettre qui y était attachée puis s'envola de nouveaux par la fenêtre. Intriguée, Phidia ouvrit l'enveloppe. Elle reconnu tout de suite l'écriture.
J'ai appris que les essaies de quidditch de Gryffondor se déroulaient aujourd'hui et que tu allais te présenter. Tes grands-parents disent que tu vole mieux que quiconque. Pour avoir vu jouer ta mère, je les crois aisément. Je te souhaite bonne chance, même si tu ne semble pas en avoir besoin, et j'espère avoir l'occasion de te voir jouer bientôt. Je te rendrais visite dès que je pourrais.
Je t'embrasse.
Ton parrain
Phidia sourit. Elle n'avait pas revu David March durant l'été, il avait été trop occupé pour lui rendre visite. Cependant il lui avait écrit plusieurs fois et elle était heureuse de constater une fois de plus qu'il pensait à elle. Etonnant de voir à quel point elle s'était attachée à lui durant l'année précédente, avant même de savoir qu'il était son parrain.
- Qui t'a écrit ? l'interrogea Lily.
- David March. Il me souhaite bonne chance pour les essaies.
- Le professeur March t'écrit? s'étonna Remus.
Il n'avait pas voulu être indiscret, la question avait été spontanée.
- David est mon parrain, expliqua Phidia. C'était un ami de ma mère et l'année dernière…
Elle avait faillit parler des leçons qu'il lui avait données mais elle ne fini pas sa phrase. Seule Lily était au courant et elle préférait que ça reste comme ça. Heureusement Remus ne posa plus de questions mais il lui jeta de nouveau ce regard intriguée qui la mettait mal à l'aise.
Quand ils eurent tous fini de manger, l'heure des essaies de quidditch était arrivée. Tous les six, ils se rendirent au stade.
Tandis que Lily, Sirius, Peter et Remus montaient dans les gradins, Phidia et James rejoignirent le groupe des candidats. Phidia nota qu'ils étaient les plus jeunes. Aucun autre deuxième année et aucun première année. La plupart des autres candidats avait entre quinze et dix-sept ans. Du haut de leurs douze ans, Phidia et James semblaient assez déplacés et certains des autres leurs jetèrent des regards moqueurs. Mais il y en eut aussi qui reconnurent Phidia et se souvinrent qu'elle était la sœur de Naeddre et Nathair Saturnine. Certains aussi furent assez impressionnés par l'assurance de James, qui semblait totalement décontracté.
Nathan Parks regardait la masse des candidats qui se tenait sur la pelouse du le stade, à quelque mètre en dessous de lui. Ils étaient une trentaine réunis sur le terrain de quidditch, leurs balais à la main. Principalement des cinquième et des sixièmes année. Il en repéra deux parmi eux qui semblaient plus jeune. Il consulta la liste que McGonagall lui avait remise. Il s'agissait de deux deuxième année, James Potter et Phidia Saturnine. Instantanément, il reporta son attention sur la fille. C'était la sœur des jumelles Saturnine et il l'observa très attentivement. Elle regardait autour d'elle l'air totalement calme, tenant à la main un balais dernier cri. Il se dit qu'elle allait sûrement lui réserver des surprises ; il était encore loin du compte.
Il s'éclaircit la voix puis se lança.
- Les candidats aux postes de poursuiveurs, venez par ici !
Aussitôt, une vingtaine d'élèves s'approcha. Nathan leur demanda de voler tous ensemble. Les candidats se mirent à faire le tour du terrain de quidditch et comme il s'y était attendu, il y eut un certain nombre de collisions. Un des élèves faillit même être éjecté de son balai. Finalement il n'en garda qu'une demi-douzaine qui avait bien volé. Parmi eux se trouvait James Potter, qui avait été l'un des meilleurs en vol. Une autre candidate était Laura McGonagall.
Laura était la fille unique du professeur McGonagall et physiquement elle ressemblait beaucoup à sa mère. Pourtant elle n'avait pas du tout le même caractère. Elle avait beau être préfète, cela ne l'empêchait pas d'être quelqu'un de décontracté et assez fêtard ce qui lui avait valu de se prendre un certain nombre d'heure de colle de la part de sa mère. Cela dit c'était une bonne élève et elle savait faire preuve de discipline. Nathan l'avait vue jouer au poste de poursuiveuse remplaçante lors d'un match l'année dernière et elle s'en était très bien tirée. Il ne fut donc pas étonné qu'elle ait réussi le premier test. Par contre, il ne s'était pas attendu à ce que Potter vol si bien. Ce gamin avait vraiment de bons réflexes.
Jude alla se placer devant les buts et Nathan demanda aux candidats choisis de tirer dix buts, chacun leur tour.
Ce n'était pas pour rien que Jude était devenu le nouveau gardien de but de l'équipe au lieu de rester poursuiveur. C'était un défenseur génial qui réussissait très souvent à anticiper les mouvements de l'adversaire. Les trois premiers candidats ne marquèrent pas plus de trois buts. La quatrième était Laura qui réussit à marquer six buts, ce qui était une belle performance. Le cinquième joueur fut médiocre, avec seulement deux buts marqué. Enfin vint le tour de James.
Jude réussit à intercepter ses trois premiers tirs. Nathan se disait déjà que James n'allait pas être choisi quand il marqua le quatrième. Il avait feinté au dernier moment. Nathan fut étonné quand il réussi de nouveau à marquer puis ébahit quand il mit le but les cinq fois suivantes. Il avait réussi à percer la défense pourtant excellente de Jude. Nathan n'en revenait pas.
Il les choisit lui et Laura pour être les nouveaux poursuiveurs de l'équipe. Il était très content de son choix mais cela ne calmait pas son appréhension. Il avait peur de ne pas trouver d'attrapeur à la hauteur.
Il demanda aux candidats d'avancer vers lui puis il leur dit de voler à leur tour autour du stade. Pendant le premier tour du stade, il n'y eût pas d'incident notable mais alors que les candidats au poste d'attrapeur entamaient leur deuxième tour, l'un d'entre eux se mit brusquement à faire une descente en piqué. C'était Phidia.
Au début, elle ne se tint même pas au manche du balai. Nathan cru qu'elle allait glisser et tomber mais elle se retint juste à temps. Pétrifié, il la regarda foncer vers le sol à une vitesse folle. Elle était maintenant si près qu'il était sûr qu'elle allait s'écraser. Il poussa un cri, imité par plusieurs des spectateurs dans les gradins, mais au dernier moment Phidia releva le manche de son balais comme si de rien n'était et remonta vers le ciel ; ses pieds frôlèrent l'herbe. Nathan, éberlué, aurait juré l'avoir entendu rire. Avant qu'il ait pu se remettre de ses émotions, Phidia, qui avait rejoint le groupe des autres candidats dans les airs, lança son balais à pleine vitesse se mit à slalomer entre eux, dirigeant son balais avec les jambes et se tenant à peine. Nathan ne respirait plus, pensant à chaque seconde qu'elle allait heurter l'un d'entre eux. Mais à chaque fois Phidia réussissait à éviter le choc avec les autres, au dernier moment la plupart du temps, sans même utiliser ses mains pour faire virer son balai. Elle n'avait pas l'air concentrée mais au contraire très amusée et Nathan était sûr qu'elle faisait exprès de coller de si près au candidat devant elle avant de l'éviter sans difficulté apparente. Le fait qu'elle risquait d'être blessée et de blesser gravement quelqu'un si elle le heurtait à cette vitesse ne semblait pas la perturber. Qu'elle puisse être désarçonnée au moindre choque parce qu'elle ne se tenait pas ne la préoccupait pas non plus. Elle prit tranquillement plusieurs virages en épingle à cheveux et enchaina plusieurs figures de haut vol, dont l'une où elle se retrouva tête en bas se tenant uniquement par les jambes, sans pour autant ralentir la vitesse de son balai. Elle se rétablissait toujours à temps pour virer et éviter les autres. Nathan n'avait jamais vu personne voler de cette manière. Ca semblait tellement naturel et facile pour elle ! Même Naeddre et Nathair ne lui arrivait pas à la cheville.
Un instant il fut tenté d'arrêter les essaies maintenant et de l'engager comme attrapeuse tout de suite, mais il se reprit. Elle volait peut-être comme une déesse mais il n'était pas sûr qu'elle soit capable de repérer le vif d'or et de l'attraper. Et il fallait qu'il la voie voler en situation de jeu.
Il se désintéressa un peu d'elle pour observer les autres candidats qu'il avait négligé jusque là. Il en repéra trois qui semblait particulièrement à l'aise en vol. Même s'ils n'avaient pas le millième de l'aisance folle de Phidia, ils feraient l'affaire.
Il les garda ainsi que Phidia pour l'étape suivante. Chacun leur tour, il leur lança des balle de golf. Phidia passa en dernier. Il fut bien plus dur avec elle qu'avec les autres mais elle rattrapa toutes les balles qu'il lui envoya sans difficulté, alors même qu'elle dirigeait son balai sans les mains.
Il la garda ainsi qu'un autre candidat qui avait réussi à rattraper neuf des dix balles. Il fit alors venir les deux batteuses et lâcha les cognards. Puis il lâcha le vif d'or et lui donna deux minutes pour filer avant de demander à Phidia et à l'autre candidat de l'attraper.
Phidia regarda autour d'elle attentivement en faisant le tour du terrain. Il ne lui fallut pas une minute pour repérer le vif d'or. Elle prit un virage, évita un cognard, frôla l'une des batteuses et attrapa le vif d'or après une courte descente en piquet. Il lui avait fallut moins de trois minutes en tout, l'autre candidat n'avait rien vu venir. Elégamment, elle vint se poser devant Nathan et elle lui tendit le vif d'or en souriant. Il le prit sans la quitter du regard un seul instant. Cette fille était un prodige. Même dans ses rêves les plus fou il n'aurait jamais imaginé pouvoir trouver une attrapeuse de ce niveau à Poudlard, encore moins parmi les deuxième année.
- Est-ce que j'ai le poste ? lui demanda-t-elle avec une lueur amusée au fond des yeux.
- Tu pose la question ? Je n'arrive toujours pas à croire ce que je viens de voir. Où as-tu appris à voler comme ça ?
- Mon grand-père était un joueur de niveau international et la plupart des membres de ma famille se débrouille plutôt bien question quidditch. Ils m'ont appris.
- Il n'y a pas que ça. J'ai vu jouer tes sœurs, elles ne sont pas aussi douées que toi.
- Disons que j'ai plus de talent qu'elles. Il faut reconnaître que Naeddre et Nathair manque fondamentalement d'une qualité nécessaire pour jouer au quidditch : jouer ne les amuse pas, ni voler. La seule raison pour laquelle elles le font c'est pour gagner et pour la gloire que ça leur rapporte. Ces filles n'ont jamais pu supporter de perdre ou d'être surpassées.
- Ca n'a pas dut leur arriver souvent de toute façon, fit amèrement Nathan.
- Tu serais étonné, répondit Phidia avec un sourire moqueur.
Nathan lui jeta un regard mais ne répondit rien à cela. Il se tourna vers James et Laura qui était assis à quelques mètres de lui sur les gradins et les félicita. Puis il annonça à tout le monde que la première séance d'entrainement aurait lieu le mardi suivant et les laissa partir.
- Félicitation Potter, dit Phidia à James tandis qu'ils descendaient ensemble des gradins. Tu as été excellent.
- C'est ce que je pensais aussi, jusqu'au moment où je t'ai vu voler. Tu sais que tu es complètement folle ? J'ai bien cru que tu allais te tuer !
- Bah, crois moi, ce n'étais pas aussi dur que ça en avais l'air.
- Je ne sais pas pourquoi mais j'ai du mal à te croire. En tout cas, je pense que je vais bien m'amuser avec toi sur le terrain Saturnine. Si tu joue comme ça au prochain match, l'équipe de Serpentard sera tellement scotchée qu'ils auront perdu avant même de s'être rendu compte que le match commençait.
- L'équipe de Serpentard à un avantage sur toi, Potter. La moitié de ses membres sont mes cousins et ils m'ont déjà vu voler. Mais ils ont aussi un gros désavantage…
- Lequel ?
- Ils sont mes adversaires, répondit Phidia avec un sourire carnassier.
Comme Nathan précédemment, James lui jeta un regard mais ne dit rien. Il était clair qu'elle était très heureuse à l'idée de battre les membres de ça famille au quidditch et James comprenait assez pourquoi vu leur attitude envers elle.
Tous les deux, ils rejoignirent leurs amis qui les attendaient devant le stade. Ceux-ci les félicitèrent chaleureusement puis Phidia et Lily retournèrent au château tandis que James, Sirius, Remus et Peter allaient s'asseoir sous un arbre pour discuter des essaies. Sirius ne prit pas part à la conversation, suivant Phidia des yeux jusqu'à ce qu'elle ait disparu à l'intérieur du château. Elle avait été merveilleuse lors des essaies mais elle avait aussi prit d'énormes risques. Il n'arrivait pas à se sortir de la tête qu'elle s'était mise sciemment en danger et cela l'inquiétait plus qu'il ne voulait l'avouer. Se tournant vers ses amis, il vit que Remus regardait lui aussi vers l'endroit où Phidia avait disparu avec une note d'inquiétude dans le regard.
