Titre: Blueberry
Raiting: T
Auteur: Myllie
Disclaimer: Le monde magique appartient à la merveilleuse J.K. Rowling, je ne fais qu'emprunter quelques uns de ses personnages.
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Voici le onzième chapitre! Pour que vous ayez quelque chose à lire à l'halloween si vous ne sortez pas fêter.
Merci à TheFanne, Samyye33, Hogwartslife et à Pimy pour leur review.
Vous me faites tellement plaisir, vous ne savez pas à quel point!
TheFanne: Voilà, le chapitre est enfin arrivé! Je suis sûre que tu n'as pas souffert autant par l'attente, c'était pas si long finalement ;) Merci pour tes reviews, tu es en effet GÉ-NIA-LE ! xxx
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Joyeuse Halloween
et bonne lecture!
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Chapitre 11
J'étais dans ma chambre depuis une heure. L'alcool se diluait peu à peu dans mes veines, mais la tête me tournait encore légèrement. Des murmures provenant de l'autre côté du mur me détendaient. La petite soirée avait fini lorsque la moitié d'entre nous s'était retrouvée à dormir par terre, incapables de se rendre jusqu'à son lit. J'étais la seule à être arrivée dans ma chambre et cela était seulement dû au fait qu'Albus avait voulu m'assassiner. Le souvenir de lui en train de me lancer la bouteille de whisky pur feu me fit sourire. Les paupières fermées, je rêvassais d'Albus. Je l'imaginai debout, se tenant devant moi, la lumière du jour éclaircissant ses cheveux et ses magnifiques yeux verts. Je l'imaginai me prenant la main pour que je me colle à lui. Je pouvais sentir ses lèvres sur les miennes.
- Hé, chuchota quelqu'un proche de moi.
J'ouvris les yeux brusquement et sursautai si fort que mon front cogna le menton de l'autre personne. Cette dernière jura et je reconnus immédiatement la voix. C'était Albus. Un sourire florissait déjà au coin de mes lèvres. Après m'être habituée à l'obscurité, je pus enfin distinguer le contour de son corps et ses yeux brillants. Il s'était assis sur mon lit et se tenait à quelques centimètres de moi. Je dus me faire violence pour ne pas l'attirer tout contre moi.
- Qu'est-ce que tu fais ici? lui demandai-je quand même surprise de le retrouver là après ce qui s'était passé.
- Je suis venu te parler, dit-il en continuant de chuchoter.
Des relents d'alcool montèrent jusqu'à mon nez. Par la barbe de Dumbledore, Albus avait bu et à voir ses paroles, il était évidemment passablement éméché.
- Est-ce que c'est vrai que tu m'as regardé nu sous la douche? me questionna-t-il en se rapprochant de moi, ce qui me fit frémir.
- Oui, c'est vrai, admis-je.
- Je t'ai plu?
La chaleur de la pièce monta d'un coup de dix degrés.
- Tu m'as toujours plu, répondis-je franchement avec un sourire coquin.
Albus se frotta la nuque.
- Est-ce que tu te souviens de la fois où tu as rempli mon lit de bleuets (1)? continua-t-il.
- Oh oui, je les avais placés de telle sorte pour qu'ils forment un cœur avec nos noms au milieu, m'exclamai-je en riant de ce souvenir qui remontait d'il y a trois ans.
- J'avais trouvé ça original, avoua Albus.
- Tu avais l'air plutôt mécontent.
- J'étais fâché parce que j'ai dû tout nettoyer, mais n'empêche que c'était original.
Albus soûl, c'était exquis. Il devrait être toujours comme cela au lieu d'être aussi réfléchi, aussi coincé, aussi à cheval sur les règles. Je m'étonnais souvent qu'il ne soit pas placé à Serdaigle.
- J'ai envie de vomir, dit-il soudainement en entourant son ventre de ses deux bras.
Il s'allongea sur le lit à côté de moi, le souffle saccadé.
- Si tu vomis, ne le fais pas sur moi, m'exclamai-je vivement.
Il ne me répondit pas. Je me penchai sur lui et remarquai qu'il avait les yeux fermés et la bouche ouverte.
- Eh oh, es-tu encore vivant?
- Moui…
Je redéposai ma tête sur l'oreiller et le souffle chaud d'Albus me chatouilla le cou. Je fermai les yeux. Je n'arrivai pas ni à me concentrer ni à réfléchir sur quelque chose. Mon corps était seulement conscient de celui si près d'Albus. Je pouvais entendre mon cœur battre à l'unisson avec le sien.
- Bee, pourquoi as-tu arrêté de me parler? me demanda-t-il après des minutes de silence continu.
Fixant le toit de la tente dans cette obscurité pleine, je me tordis les mains.
- J'ai agi stupidement la dernière fois, admis-je en sentant la culpabilité naître en moi.
J'omis toutefois de lui dire que ce n'était pas envers Rose que j'avais agi stupidement, mais bien envers mon frère. Je n'avais pas le courage d'avouer que je lui avais fait peur. C'était un souvenir encore trop douloureux, trop vif.
- Mais tu t'es excusé auprès de Rose, alors pourquoi ne m'as-tu pas reparlé?
Je trouvais étrange qu'il insistât autant. Ce n'était pas lui qui détestait que je lui adresse la parole? L'alcool était la réponse, la seule boisson qui pouvait enlever ses inhibitions.
- Parce que tu m'as traité de pathétique, de sotte et de cruche, énumérai-je avec les doigts.
Ses mots me faisaient encore et toujours enrager.
- Mmm, oui, je suis désolé, j'étais énervé. Tu m'énerves la plupart du temps, répondit-il.
- Je sais, dis-je avec un sourire, c'est mieux que l'absence d'émotions envers moi.
- Justement, ça a été le vide pendant plus d'un mois. C'était étrange.
- Tu es étrange.
- Je sais. C'est l'alcool.
- L'alcool te rend étrange.
- L'alcool délie ma langue.
- L'alcool te fera oublier, continuai-je.
- Je n'aurais pas dû boire.
- Exactement. Tu pues maintenant.
- Je pue?
- Oui.
Albus me souffla son haleine sur le visage.
- Je pue encore?
- Tu pues encore, dis-je en éclatant de rire.
Il recommença.
- Encore?
- Encore, répétai-je sans pouvoir m'empêcher de rire.
Il se rapprocha de moi et je pus voir ses cils, la courbe de sa mâchoire, ses yeux pétillants, ses fines lèvres. J'arrêtai de m'esclaffer, il était trop proche et je fus incapable de bouger d'un centime. Mon cerveau bouillonnait.
- Encore?
Mes lèvres scellées, je soutins son regard et j'eus l'impression que ce petit mot, « encore », voulait signifier plus que cela. Voulait-il que je lui parle encore? Que je l'embête encore? Que je l'énerve encore? Que je lui dise de sortir avec moi encore? Que je continue à l'aimer encore? Que je l'attende encore?
- Encore, finis-je par murmurer.
Satisfait, il se leva, laissant passer un courant froid là où son corps avait dégagé de la chaleur.
- Bonne nuit, Blueberry.
Je ne répondis pas, mais c'était sans importance parce qu'il avait déjà quitté la pièce. Je dus rejouer ses mots pour enfin comprendre. Il m'avait appelé par mon prénom. Mon prénom! Par tous les dieux, je pouvais mourir en paix.
Le lendemain, Victoire vint me secouer. Je grognai en l'empêchant de m'enlever la couverture. J'avais dormi environ cinq heures et me lever exigeait une force de volonté énorme, ce que je n'avais pas du tout.
- Allez, Blue, on se lève!
- Non, me plaignis-je.
- Oh que oui ma petite dame, il faut faire le ménage, répliqua-t-elle.
Je me levai avec les yeux collés et une douleur lancinante me vrilla la tête. Je gémis et Victoire me tendit un verre.
- Tiens, une potion anti-gueule, m'expliqua-t-elle.
Un remerciement jaillit de ma gorge râpeuse. Après avoir bu, j'ouvris enfin les yeux et contemplai le visage maquillé de Victoire. Elle était toute fraîche, toute pimpante, comme si elle avait eu la nuit la plus torride du monde, ce qui devait être le cas. Dans ma mémoire nébuleuse d'hier, je me souvenais l'avoir vu coller telle une ventouse contre son Teddy d'amour. Elle avait les cheveux relevés en un chignon très perfectionné et une blouse bleue accentuait ses yeux de la même couleur. À côté d'elle, je ressemblais à un sac de patates. Elle me jeta des vêtements à la figure et je fis un effort incommensurable pour m'habiller. Ce fut le moment que choisit Scorp' pour entrer dans la chambre sans frapper évidemment.
- Scorp'! Je suis en petite culotte pour ton information, m'écriai-je sans pour autant me cacher.
- Ce n'est pas comme si je ne t'avais jamais vu en petite culotte, dit-il pour toute réponse.
Il s'allongea sur mon lit, les mains derrière la nuque. Victoire éclata d'un rire musical et je lui lançai un regard noir. Je n'étais définitivement pas du matin, encore moins lorsque j'avais la gueule de bois. J'enfouis mes jambes dans le pantalon et tentai de le monter jusqu'à mes hanches sans me mettre debout. Je bataillai avec le vêtement pendant que Scorp' me regardait les sourcils levés.
- Berry chérie, je pense que tu devrais sérieusement penser à t'épiler les jambes.
- Quoi?! Mais je l'ai fait avant-hier.
Voyant qu'il se moquait de moi, je lui assénai une légère tape sur l'estomac. Je sentis ses abdos. Je fus tentée de remettre ma main dessus une dernière fois pour les sentir de nouveau, ce que je fis naturellement. Scorp' leva les yeux au ciel et je pouffai de rire.
- Comment est-ce possible que tu aies des abdos quand je ne te vois jamais t'exercer? lui demandai-je intriguée.
- Que veux-tu, c'est un don naturel. C'est aussi parce que je suis bon au lit et que…
- Bon, cette conversation devient trop intime, je m'en vais, s'exclama Victoire en sortant de la chambre.
Scorp' haussa les épaules, un rire au bout des lèvres. Je remarquai soudainement ses yeux brillants, son sourire coquin, son visage ouvert, franc, joyeux. Quelque chose s'était passé. Il affichait une mine plus heureuse que ces derniers jours. Je pariai que sa joie ne provenait que d'une seule et même personne, Louis.
- Tu as quelque chose à me raconter, pas vrai? commençai-je en penchant mon oreille pour être prête à ce qu'il allait me dire.
- Je t'en parlerai une fois que ta petite culotte sort de ma vue, répliqua-t-il.
Je grommelai pour la forme et me levai pour enfiler mon pantalon. Je pris ma brosse à cheveux et le lui tendis. Scorp' la saisit, se redressa et commença à démêler mon épaisse tignasse.
- Alors, je t'écoute, dis-je en essayant de garder un œil sur son visage.
- Louis et moi, on s'est embrassé hier, déclara-t-il, ses joues s'empourprant.
- Par Merlin, ce n'est pas vrai! Enfin!, m'écriai-je en lui collant un bisou sonore sur la joue et en rebondissant sur le lit.
Mon cœur allait me lâcher tellement j'étais excitée. Des ballons roses et des confettis jaillirent dans ma tête, accompagnés de feux d'artifice multicolores.
- Comment ça s'est passé? Tu as aimé? Ses lèvres ont-elles formé le parfait coussinet dont tu rêvais tant? Est-ce que tu es sûr que tu l'as embrassé ou c'était encore tes fantasmes qui te jouaient des tours? Est-ce que vous sortez ensemble maintenant? Est-ce que vous allez faire des cachotteries bientôt et me laisser seule?
- Berry chérie, une question à la fois… J'ai drôlement réfléchi à ce que tu m'as dit l'autre jour et je suis arrivé à la conclusion que tu avais raison, m'arrêta Scorp'.
Je savais, j'avais toujours raison.
- Il fallait que je lui laisse une chance. Alors, lorsqu'il m'a embrassé le premier, je n'ai pas pu résister, dit-il, le regard décidé.
- Est-ce que vous sortez maintenant ensemble?!
- Je ne sais pas, je ne saurais le dire.
Je lui pris la tête entre les deux mains et collai mon nez au sien.
- Est-ce que vous sortez ensemble? Oui ou non? lançai-je d'un ton impératif.
Ses yeux formèrent un seul rond et cette bille d'argent me regarda d'un air mêlé d'exaspération et d'excitation.
- Oui, dit-il dans un soupir.
Je criai, j'exultai.
- Aïe! Berry chérie, mes oreilles!
- Par Merlin, qu'est-ce que c'est que tout ce bruit?
C'était bien évidemment Albus qui venait de parler. Je me tus et l'observai avec un regard de biche.
- Pourquoi ce regard? s'exclama-t-il après quelques secondes.
Il jeta un coup d'œil derrière lui pour s'assurer que je n'avais pas vu une sorte de spectre. Je ne répondis pas. Je voulais seulement savoir s'il se souvenait de notre conversation d'hier, mais je voulais que ce soit lui qui me révèle en premier qu'il n'avait pas oublié.
- Bee, tu vas bien? continua-t-il avec une pointe de raillerie dans sa voix.
Scorp' éclata d'un rire moqueur.
- Elle est juste traumatisée par ta grosse tête, lança mon meilleur ami.
Albus haussa les épaules et nous laissa seuls. Je fis une moue boudeuse.
- Il ne s'en souvient pas.
- De quoi ne se souvient-il pas?
- De ce qui s'est passé hier.
- Tu veux dire, quand tu lui as avoué que tu l'as vu nu? Je parie qu'il s'en souvient, il n'arrêtait pas de demander à Louis et à moi quand ça s'était passé. On avait beau lui dire qu'on n'avait jamais eu vent de cet événement, il croyait qu'on mentait, ajouta Scorp'.
- Non, ce n'est pas de ça que je parle. Hier ou plutôt ce matin, il est venu me rejoindre, soûl, dans la chambre. Il était différent…
- Ou vrai. Je crois que quand on est soûl, on devient vrai.
- Ouais, bon, c'est possible.
Je lui racontai alors comment il s'était rapproché de moi, comment il m'avait parlé. Scorp' était d'accord pour dire qu'il ne devait pas se rappeler quoi que ce soit puisqu'il avait paru complètement ivre. On finit par se lever et aider les autres à faire le ménage. Le sourire heureux et plein de Louis rencontra le mien. Toutefois, Scorp' et Louis semblaient mal à l'aise. Devant le regard des autres, ils ne s'approchaient pas, ne se touchaient pas et n'avaient évidemment dit à personne d'autre que moi qu'ils sortaient dorénavant ensemble. En tant que nouveau couple, ils ne savaient pas comment agir l'un face à l'autre. Après cinq d'amitié, on pouvait comprendre leur timidité. Pour ma part, je trouvais la situation plutôt drôle. Tandis qu'eux freinaient leurs gestes et leurs paroles, je me réjouissais à leur place en faisant étalage de ma jubilation.
- Bon Dieu, pourquoi dégages-tu autant de joie ce matin? grinça Molly qui souffrait d'un horrible mal de tête.
La potion n'avait pas eu assez d'effet pour chasser sa migraine. Il ne fallait tout de même pas oublier que Roxanne lui avait sauté dessus la veille.
- C'est le premier jour d'une nouvelle année, comment veux-tu que je ne sois pas heureuse? dis-je pour toute explication.
C'était une partie de la vérité puisque j'étais aussi enchantée pour mes meilleurs amis et pour la conversation que j'avais eue avec Albus.
- Tout de même, essaie de ne pas sautiller partout, ça me donne mal au crâne, gémit Molly.
- Tu es mignonne, lançai-je en lui collant un baiser retentissant sur le front.
Elle grimaça et me jeta un regard noir. Il fallait le dire, avec ses cheveux en pagaille et son chandail de travers, elle ressemblait à un minuscule animal inoffensif.
- Où est-ce que je mets les bouteilles? demanda Fred en bâillant bruyamment.
- Mets-les dans la boîte en carton, répondit Hugo, assistant du maître des directives.
Le maître en question n'était nul autre que Teddy Lupin, le plus vieux de notre bande. Il s'était occupé avec Victoire de nous réveiller et de nous fournir en portion anti-gueule de bois. Dominique et moi, nous nous occupions de ranger les chambres pour qu'on puisse ensuite redonner la tente au ministère de la Magie dans son état initial. Je faisais les lits pendant qu'elle s'occupait de balayer d'un coup de baguette magique. Comme il manquait un drap dans la chambre de Lucy, je dus aller la chercher. Je la trouvais assise sur le divan, entourée du fameux drap blanc que je cherchais.
- Lucy, il va falloir que tu me donnes le drap, j'en ai besoin pour faire ton lit, déclarai-je.
Elle se retourna vers moi. Elle avait les yeux bouffis et une mine de déterrer.
- J'ai froid, me dit-elle.
- Ce serait mieux si tu mettais une veste dans ce cas.
Lucy consentit à m'offrir la couverture et me la tendit d'un geste morne.
- Tu sais s'il y a un garçon qui t'a fait du mal, tu ne devrais pas te laisser abattre pour lui, lui conseillai-je.
- Ce n'est pas un garçon, me répondit-elle sèchement.
- C'est quoi alors?
- Mon perroquet est mort avant-hier, m'avoua-t-elle d'une voix tremblotante.
- Oh non, je suis désolée.
Je l'encerclai de mes bras et elle se retint de pleurer de nouveau. Je n'eus même pas le temps de me demander comment c'était possible qu'elle est un tel animal de compagnie. Poudlard, n'acceptait-il pas que les hiboux comme volatile? Aucune importance, elle avait peut-être un traitement de faveur vu qu'elle était la fille d'un ministre influent.
- Il était vieux, mais je croyais qu'il allait vivre un peu plus longtemps. Je ne m'étais pas préparé à ça, ajouta-t-elle.
- Il doit avoir eu une longue et belle vie, j'en suis certaine.
- Oui.
Je lui tapotai affectueusement la main, puis desserrai mon étreinte.
- Lucy, tu es encore en train de pleurnicher? Va donc faire le ménage comme tous les autres, s'exclama celui qui m'énervait plus que jamais.
James Potter me fit grincer des dents, mais Lucy, connaissant son cousin, fit comme demander. Non, mais quel imbécile…
- Tu n'as pas besoin d'être aussi dur, le rabrouai-je.
- Mêle toi de ce qui te regarde, c'est ma cousine, je sais de quoi je parle, répliqua-t-il les bras croisés.
Il était inutile d'engager une bagarre verbale avec lui, il finissait toujours par se donner raison. Et les poings ne serviraient à rien non plus. Je m'étais aussi juré de ne plus utiliser la violence physique pour arriver à mes fins. C'était moi dans une autre période de ma vie, maintenant je tentais de réduire mes excès d'agressivité et le seul moyen que j'avais trouvé pour l'instant était de m'éloigner des situations indésirables. Donc, tout ce que je fis fut de le laisser planter là, négligeant ses commentaires, ses propos et sa personne.
- C'est ça, fuis, c'est typiquement Serpentard, continua-t-il.
Je bouchais mentalement mes oreilles et le quittai dignement. Dans certaines occasions, il avait du bon d'être une Serpentard.
Après avoir terminé de faire le ménage, Teddy, George et Charlie s'occupèrent de rendre la tente dans son état normal, c'est-à-dire dans le format d'une valise à main. Louis, Scorpius et moi rejoignîmes Dominique et ses parents devant la cheminée. Je remerciai M. et Mme Weasley pour tout. Ils m'offrirent des embrassades affectueuses et lorsque je pris la poudre de cheminette et que les visages ainsi que les cheveux roux devinrent floues, je souris d'un bout à l'autre, ce qui me fit tousser comme une fumeuse lors de mon arrivée à la chaumière.
- On joue aux jeux vidéo?
Dominique venait de surgir de la cheminée. Elle voulait certainement laisser les nouveaux tourtereaux ensemble. C'était une bien bonne idée, alors j'acquiesçai. Une fois dans sa chambre, on s'amusa jusqu'à ce que, épuisée, je m'endorme sur son lit. Elle me tira du sommeil deux heures plus tard.
- Allez, Blue, ta sieste ne doit pas s'éterniser, insista-t-elle.
Je grommelai et me levai, le corps courbaturé. M'étirant, mes muscles se relâchèrent.
- Où sont Louis et Scorp'? demandai-je la bouche pâteuse.
Je les ai vus sortir dehors il n'y a pas longtemps, me répondit Dominique en lisant un livre des différentes propriétés se trouvant dans les baguettes magiques.
- Bon, je vais aux toilettes.
- On dîne dans une heure, m'informa-t-elle.
Je quittai la pièce et, traînant des pieds, je me rendis dans la salle de bain. Pendant que je me lavais les dents, la curiosité me poussa à regarder ce que pouvait bien faire Scorp' et Louis. La fenêtre des toilettes ne me donna aucun aperçu. Frustrée, je crachai ce que j'avais dans la bouche et courus dans la chambre de Louis. Je fouillais dans son armoire où il rangeait toutes sortes de babioles et victorieuse, je pris une paire de lunétoscopes. Discrètement, je me faufilai derrière le rideau et observai les environs à la recherche de mes deux meilleurs amis. Le vent soufflait fort sur les arbustes rabougris et striait le sable sur la plage. Je remarquai deux formes mouventes au loin et ajustai les lunétoscospes pour une meilleure vue. Louis et Scorp' étaient l'un face à l'autre et semblaient se parler. La main de Louis agrippa soudainement le manteau de Scorp' qui se pencha pour lui donner un baiser sur le nez. Je crus mourir devant la scène mignonne qui se jouait. Puis, Louis posa ses lèvres sur celle de Scorp' et ils s'embrassèrent comme s'ils étaient seuls, ce qui était vrai dans la réalité, mais bon ils ne savaient pas que je les observais. Mon cœur frétilla de bonheur. Ils s'arrêtèrent, les lèvres gonflés et les yeux remplis de désir. Scorp' chuchota quelque chose dans l'oreille de Louis et ce dernier rit. Ils se tournèrent vers la fenêtre, me saluèrent et continuèrent à s'embrasser. Comment avaient-ils sur que j'étais là? La réponse était la lumière. J'avais oublié d'éteindre la lumière pour passer inaperçue. Non, mais quelle conne! La subtilité, je ne m'y connaissais pas.
- Qu'est-ce que tu fais?
Prise sur le fait, je lâchai les lunétoscopes, mais restai plantée derrière le rideau.
- Bee, je vois tes jambes, constata Albus.
Merde. Maintenant, il savait que j'étais une voyeuse. Par contre, si on y pensait, le fait de lui avoir dit que je l'avais observé nu sous la douche lui avait peut-être donné une piste sur ma vraie nature. Je sortis alors de sous le rideau et lui souris d'une manière qui se voulait coquine.
- Potter, que fais-tu ici?
Il leva les sourcils, les mains dans les poches. Il avait une minuscule tache de chocolat au coin de sa bouche. J'eus envie d'y passer ma langue. Pourquoi ne se rendait-il pas compte à quel point il était sexy?
- Lucy voulait enterrer son perroquet à côté de Dobby. Mon père et James sont en train de creuser la tombe à la façon moldue.
Ah oui, Dobby, l'elfe libre des contes, celui qui avait sauvé l'Élu du manoir des Malfoy, là où Scorp' vit présentement. J'ai un frisson dans la seule pensée que mon meilleur ami habitait dans un endroit où il avait coulé autant de sang.
- Et Lucy?
- Tante Fleur lui a préparé un chocolat chaud.
Voilà d'où sortait cette petite tache tentatrice.
- J'ai vu Malfoy et Louis main dans la main. C'était ça que tu regardais? continua Albus.
Ainsi, il me faisait la conversation maintenant. C'était surprenant, mais au lieu de risquer qu'il parte, je m'interdis mentalement de l'embêter.
- Hum oui, acquiesçai-je.
- Rien d'étonnant alors, se moqua-t-il.
J'empêchai la réplique de sortir hors de mes lèvres, mais elle me chatouillait drôlement. Au lieu de quoi, je changeai de sujet.
- Est-ce que tu te souviens lorsque tu es venu me rejoindre dans mon lit très tôt ce matin?
Albus fronça les sourcils, essayant de se remémorer ce qui c'était passé. Il fit une moue de concentration extrême.
- Je devrais? dit-il.
- J'aimerais oui.
- Eh bien, le whisky m'a fait oublier et je déteste ça. Il faut croire que j'avais raison lorsque je disais que je ne voulais pas boire.
- Dommage, moi, je m'en souviens.
- Ça me rend nerveux de savoir que toi tu rappelles et que moi, non, répliqua-t-il.
- Tu aimes quand les choses sont en contrôle, dis-je en résumé.
- Comment le sais-tu? s'étonna-t-il
- Parce que je te connais, répondis-je tout simplement.
- Je ne suis pas si certain que ça.
Je mordis ma langue. Il y a des centaines de piques qui me venaient à l'esprit, mais je ne voulais pas énerver Albus. Comme je l'avais appris par le Dr Curtiss, je ne pouvais pas embêter les gens parce que cela me tentait ou soulageait ma colère interne. Je ne pouvais pas exiger d'eux qu'ils fassent ou qu'ils soient ce que je veule. Il m'avait bien spécifié que je devais me mettre à la place de l'autre avant de commettre une action, qu'il fallait que j'essaie de comprendre. Toutes ces séances avec mon psychomage m'avaient amené à réaliser que je devais laisser Albus tranquille, ce que j'avais fait depuis maintenant un mois et demi. Je comptais le cas d'hier soir comme étant une erreur, l'alcool m'avait enlevé toute raison. Par contre, maintenant, c'était lui qui venait vers moi et la vérité était que je ne comprenais plus rien.
- Pourquoi tu ne parles plus? me questionna Albus.
- Je n'ai rien à dire.
- Tu as toujours quelque chose à dire.
- Comment le sais-tu? m'exclamai-je en faisait référence à ce qu'il m'avait dit plus tôt.
- Parce que je te connais, me répondit-il en écho.
Je souris. Il sourit. On était deux personnages sur une scène à se contempler sans encore imaginer l'ampleur de nos paroles. On était deux personnes dans une chambre à se tourner autour sans encore comprendre nos gestes. On était deux adolescents à se tenir debout l'un face à l'autre sans avoir encore saisi la subtilité de ce moment, car après tout, il avait fait que je le veuille et j'avais fait qu'il me veuille. Mais cela, on ne l'avait pas encore compris.
- On va enterrer Oscar, nous informa Lucy en criant à partir des escaliers du rez-de-chaussée.
- Oscar? m'étonnai-je.
- Son perroquet, dit Albus.
- Non, je veux dire, d'où sort ce nom pour un perroquet?
- Il aimait bien dire «l'oscar revient à…» depuis que papi Arthur avait montré à Lucy une cérémonie moldue où les gens gagnaient des prix nommés des oscars, m'expliqua-t-il.
- Ils sont étranges les moldus.
Il hocha la tête en signe d'assentiment. On descendit les marches et prit nos manteaux. M. Potter, James, Lily, Dominique, Fleur, Bill, Louis ainsi que Scorpius étaient déjà présents lorsque nous les rejoignîmes. Louis m'offrit un sourire béat, ce qui n'était pas du tout prêter à une telle occasion. Lucy tenait entre les mains une boîte rouge rectangulaire où elle avait écrit des mots d'amour à son perroquet défunt. Elle déposa délicatement la boîte dans le trou creusé par M. Potter. Je vis la tombe de Dobby et je pris deux secondes pour lui souffler mentalement un merci. «Merci Dobby d'avoir été si fort et si courageux. Tu dois être heureux maintenant dans le paradis des elfes libres», lui dis-je.
- Oscar, je te remercie pour toutes les années que tu as passées à côté de moi. Tu étais un compagnon idéal, je me souviendrais toujours de toi, récita Lucy avec un sanglot au fond de la gorge et avec une voix fébrile.
Elle jeta la première poignée de terre et on fit de même par la suite. Lily lui prit la main pour la soutenir.
- Adieu Oscar, lui dis-je tout bas en lançant ma poignée de terre.
M. Potter m'entendit prononcer ses mots et me sourit gentiment. J'étais la seule avec Lucy à avoir les yeux brillants. Louis me prit par la main et on rentra tous dans la maison pour se réchauffer. Fleur et Dominique nous servirent du thé et des muffins. On conversa de tout et de rien jusqu'à l'heure du coucher. Je finis par monter en haut en disant au revoir à la famille Potter. Albus me jeta un regard rapide, mais pénétrant. Mal à l'aise, je m'enfuis dans la chambre de Dominique. Je ne savais plus comment agir avec lui. Tous mes gestes étaient maintenant calculés pour ne pas le heurter, mais j'oubliais de rester naturelle. Pourquoi n'avions-nous pas de l'alcool dans nos veines pour être capables de nous dire nos vraies émotions? Était-il déçu que je ne lui parle plus? Ou était-il heureux? Que ressentait-il? Je restai des heures à me triturer l'esprit, à chercher des moyens d'aborder la situation, à comprendre, mais je ne trouvais pas, ne trouvais rien. M'enfin je ne savais même pas ce que j'essayais de comprendre. Exaspérée, je sortis du lit. Dominique ronflait depuis déjà de longues minutes et je n'arrêtais pas de penser. Je m'engageai dans le couloir pour rejoindre la chambre de Louis. Il avait laissé la porte ouverte, sûrement pour attendre que Scorp' vienne le retrouver. À l'image de ces deux-là se bécotant, je ne pus m'empêcher d'être heureuse. Ils se méritaient l'un l'autre, ils s'aimaient.
- Louis, chuchotai-je et je me souvins de la veille lorsqu'Albus était venu me voir.
- Mmm, fut le seul son qui sortit de sa bouche.
La lune éclairait faiblement l'obscurité. Louis était emmitouflé dans ses couvertures jusqu'au cou.
- Est-ce que je peux dormir avec toi?
Il ouvrit un œil incertain puis me fit une place à côté de lui.
- J'attendais Scorp', mais tu me suffis, plaisanta-t-il en murmurant.
Je lui donnai une petite tape sur son torse en m'enfouissant sous les couvertures. Louis m'encercla de ses bras maigres et constellés de taches de rousseur.
- Je suis ravie pour toi et Scorp', lui avouai-je.
- Il m'a dit que c'était grâce à toi s'il avait ouvert les yeux, dit-il.
- Oui, j'ai bien fait ça.
- Tu as bien fait, merci, me remercia-t-il en m'offrant un baiser sur la tête.
Je me collai à lui un peu plus pour chasser toutes les inquiétudes qui me saisissaient. Et comme s'il avait compris ce qu'il se passait dans ma tête, il me berça doucement. J'étais sur le point de m'endormir lorsque Scorpius vint nous rejoindre. Il se coucha tout contre nous. Je m'endormis ainsi, apaisée, comblée, dans les bras de mes deux meilleurs amis.
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Merci d'avoir lu!
La relation entre Albus et Blue va certainement évoluer, mais ils continueront à se chamailler évidemment. Héhé.
Un bonus sera accordé à la fin de ma fiction, ce sera à propos de ce baiser entre Scorpius et Louis et du comment ils ont fini par s'avouer leurs sentiments mutuels.
Je posterai donc le chapitre 12 dans deux semaines.
Si vous avez aimé ou vous souhaitez laisser une critique constructive, une review serait un excellent moyen de me le faire savoir ;)
À bientôt!
(1): Bleuets sont, je pense, des myrtilles en France.
