YOU ARE

Chapitre édité suite à la correction de Canellia.

Auteur : Silver Hermy Sky

Disclaimer : Pas à moi. Stop. Tout à JKR. Stop. Pas d'argent. Stop.

Le mot de l'auteur : Et valà le nouveau chapitre, mes chers lecteurs ! Je vous remercie d'ailleurs de vos nombreuses reviews, qui me touchent toutes beaucoup ! J'espère être dans les temps de publication attitude typique de l'auteur qui ne regarde pas les dates pour ne pas être horrifiée de son temps de MaJ.. Bref, je pars demain en Angleterre, et ce pour une semaine, je m'attellerai donc au chapitre 11 après mon voyage (depuis le temps que je veux l'écrire !). Sachez quand même que je ne vais pas chômer, puisque j'embarque avec moi mes chapitres imprimés, afin de repérer les fautes aberrantes parsemées dans les chapitres, et ce afin de reposter chaque chapitre, les fautes en moins ! Ce sera tout ! Merci encore de votre soutien !

Reviews : Je m'attelle de ce pas à la réponse aux reviews signées , en espérant toit boucler aujourd'hui. Quant aux reviews anonymes, je vais y répondre sur la Communauté de You Are, que vous trouvez à cette adresse (http/ POUR CEUX QUI ECRIVENT DES REVIEWS ANONYMES, ALLEZ Y, QUE VOS REVIEWS NE RESTENT PAS SANS REPONSE ! Merci d'avance…En tout cas, un gros merci à tous !

Bonne lecture…

Résumé du chapitre précédent : Harry se torture l'esprit suite à l'épisode de Divination où il a pu lire sans vergogne les pensées d'Hermione. De son côté Hermione est désespérée en apprenant par Angel qu'un Bal aura lieu à Halloween. Alors qu'elle essaie de penser à autre chose en se promenant dans les couloirs, elle tombe sur le professeur Loyd avec qui elle échange quelques mots notamment à propos des Quatre. Après qu'ils se soient séparés, les Quatre sortent de leur cachette et massacrent littéralement la salle de classe dudit professeur.

Chapitre 10 : Démoniaque

I will do what I feel like

Je ferai ce don't j'ai envie

Hey, can't stop me now

Hey, on ne peut plus m'arrêter

I will do what I feel like

Je ferai ce don't j'ai envie

Hey, can't stop me now

Hey, on ne peut plus m'arrêter

I will do what I feel like

Je ferai ce don't j'ai envie.

-"Can't stop me", The Rasmus -

Jason Loyd marchait…la respiration saccadée…les sourcils froncés…le pas raide…les idées noires…Une nuit perdue à patrouiller dans les couloirs, à épier chaque bruit, chaque murmure…et pas une seule trace des Quatre…Se faire ainsi rouler par des gamins de dix-sept ans avait quelque chose de vraiment rageant !

Et encore, voilà que ses collègues ne cachaient pas le ressentiment qu'ils éprouvaient d'avoir ainsi gâché une nuit de sommeil, et ce pour des prunes…et évidemment, il était le seul responsable. Si encore ils savaient ce que ces petits merdeux avaient prévu de faire…Mais non, pas un indice…rien que des paroles floues comme preuves de leur soi-disant délit…délit qui, à ce jour, restait encore un mystère non élucidé.

C'est donc d'une humeur exécrable que Jason avait débuté cette nouvelle journée…Bâillant à qui mieux, mieux, il grogna, épuisé, le contre-sort qui déverrouillerait la porte de sa salle de classe, adjacente à ses appartements, et ce afin de rejoindre son lit pour une heure de sommeil bien méritée.

La porte s'entrouvrit avec un grincement inquiétant. Un courant d'air froid l'enveloppa de tout son être, et, sans qu'il ne sache réellement pourquoi -ou peut-être, le savait-il mais tentait-il encore de s'illusionner quelque peu- un mauvais pressentiment l'étreignit.

Le froid était glacial, mordant et glissait à ses côtés, tel un spectre insatiable venu le hanter…et en effet, il entendait des murmures étranges danser autour de lui, issus d'une langue qu'il ne comprenait pas, et où dominaient sifflements mauvais et crachotements infects. Il fronça les sourcils, intrigués et révulsés à la fois par ce langage étrange qui l'étourdissait peu à peu…

Excédé, il claqua brusquement la porte de la salle, qui s'ouvrit à la volée… Un hoquet de surprise s'échappa d'entre ses lèvres jusqu'alors closes, et ses yeux s'écarquillèrent de stupeur.

Et il resta là, pétrifié, contemplant, figé d'horreur et d'effarement, s'agrippant à la poignée de la porte pour ne pas vaciller de désillusion.

Au bout de quelques minutes passées ainsi, dans une immobilité parfaite, ses pupilles balayant à intervalles réguliers le massacre omniprésent, il pénétra enfin dans la pièce, embrassant d'une plus ample vision l'étendue du massacre. Hélas, le mot était faible.

Pas un pan de mur n'avait été épargné et laissé à nu d'insanités grossières et immondes, témoignant d'une inquiétante cruauté et noirceur d'âme. Pas une chaise n'était restée debout suite à leur passage. Une multitude de fragments de verre inondait le sol, laissant les fenêtres béantes, passages aisés pour le vent glacé de ce mois d'octobre. Il resserra sa cape autour de ses épaules, et frissonna malgré lui : non pas de froid -voilà une éternité qu'il en était immunisé - mais de désespoir. Oui, désespoir, latent, brûlant, glacé, tempêtant, vicieux, tumultueux, et surtout cruel. Désespoir d'affronter la réalité, désespoir de devoir faire face, désespoir de ne pouvoir abandonner, désespoir de ne pas savoir comment les compromettre…désespoir d'ignorer comment les sauver…désespoir d'Eux.

Un éclat rougeâtre attira son attention, et il s'approcha prudemment, évitant les débris vacillants de vestiges de tables.

Sur le mur, à la lumière de l'aube naissante, brillait une phrase, unique et flamboyante. Il l'effleura du bout des doigts, laissant le liquide encore humique s'imprégner dans chacun de ses pores. Il ferma les yeux. La phrase dansait toujours dans son esprit, brûlante et décisive. Un frémissement de dégoût lui traversa le corps, et un violent haut-le-cœur l'ébranla de part en part.

Du sang…ils avaient utilisé…du…sang…sachant pertinemment que cela les compromettrait…l'ignorant superbement…poussant le vice à signer ouvertement leurs méfaits…clamant leur corruption…hurlant leur haine…leur lançant à la figure leur désir vicieux et étouffant de se démarquer…de montrer qu'ils étaient une incarnation...

L'Incarnation de la Destruction…

Jason sentit ses jambes vaciller. Il s'effondra le long du mur, laissant ses doigts s'accolés au sang poisseux qui ruisselait encore le long du mur, promesse d'une Haine Éternelle. Une larme s'échappa d'entre ses paupières closes…puis deux…puis trois…et ainsi de suite…jusqu'à ce que viennent l'heure de quitter la pièce…

Il pleura sans interruption…ne retenant pas ses sanglots de désespoir, ses gémissements de lassitude, ses cris de découragement…il pleura…tout simplement…de tout son être…de toute son âme…de tout son cœur…

Parce qu'il était humain…

… et qu'Eux ne pouvaient l'être.

-Y-O-U---A-R-E-

« Si l'on considère que nous nous entraînons depuis deux semaines maintenant, que nous avons des batteurs fantastiques qui vont décimer tous les joueurs de l'équipe adverse, et que nous sommes motivés et remontés à bloc, alors, je conclus que nous avons pas mal de chances de battre ces abrutis de Serpents à la fin du mois. » s'exclama Ron, brandissant vaillamment le poing, semblant considérer la victoire déjà acquise.

« Ron, tu es gavant. Combien de fois faudra-t-il te répéter que nous sommes peut-être une excellente équipe, mais que nous resterons à jamais second au championnat. Je te rappelle que c'est notre classement depuis 14 années maintenant… » soupira Shad, ne décrochant pas les yeux d'un devoir de Métamorphose qu'il devait rendre le matin même, et que, comme à son habitude, il finissait à la dernière minute.

« Il a raison, Ron. Notre équipe est solidaire. Nous avons trois poursuiveurs géniaux, deux batteurs fantastiques, tu es un capitaine et gardien formidable…quoiqu'un peu saoulant…

- Merci Angel…je ne prendrai que la partie compliment…toi aussi, tu es une attrapeuse qui déchire tout…nous pouvons encore décrocher la victoire ! D'autant plus que nous jouons le premier match de l'année et que, par conséquent, les Serpys sont encore rouillés.

- Ron…Ancre-toi ça dans le crâne. Je me débrouille peut-être en tant qu'attrapeuse mais, même si ça me coûte énormément de l'admette, Potter est de loin le meilleur lorsqu'il a un balai entre les jambes.

- Oh, ça, ce n'est pas dit Angie chérie. Je te rappelle qu'aux dernières nouvelles…il est encore pur et totalement puceau, ricana Shad, un sourire lubrique sur les lèvres.

- Rooh…tout de suite les idées mal placées. Tu n'es qu'un pervers aux idées vicieuses, dépravées et libidineuses. Je me demande parfois ce que je fiche avec toi.

-Moui…je me le demande aussi… ».

Cette boutade fut interrompue par une tape amicale qu'envoya la préfète- en- chef à son petit ami en titre, ce dernier lui répondant d'un pied de nez amusé.

« Bon, et si on met à part Potter… » recommença Ron, à l'exaspération générale. « L'est peut-être doué dans les airs - il vira à l'écarlate en passant aux dernières paroles de Shad- mais si on se débrouille pour l'éliminer en début de match, ça devrait être les doigts dans le nez, non ?

- C'est ça…et Malfoy va nous laisser gagner sous prétexte que sans leur attrapeur, ils sont dans la merde. Ils sont peut-être moins doués que Potty au Quidditch, mais ce sont loin d'être des idiots. Alors arrête avec ton optimisme agaçant, et, pour l'amour du Ciel, résigne toi. Nous allons perdre ce match…mais nous nous battrons jusqu'au bout ! Sur ce, j'ai faim… »

Et le batteur mit un point final à son devoir, qu'il jeta sans ménagement dans le fouillis indescriptible de son sac, avant de traîner le rouquin braillard à sa suite pour un petit-déjeuner digne de ce nom.

Soupirant, le reste de la joyeuse troupe s'ébranla à son tour…

-Y-O-U---A-R-E-

« Vous dites que votre Salle a été massacrée, Jason…et vous êtes sûrs que…

- Oui…» coupa sèchement le jeune professeur, ses mains se crispant sur les accoudoirs de son fauteuil.

« Les preuves sont elles flagrantes ?

- Le désastre est signé de leur propre sang…

- Leur propre sang…N'ont-ils donc plus aucun respect ? Du sang …

- Que comptez-vous faire ? coupa abruptement le jeune professeur, ne tenant pas à laisser le Directeur partir dans ses pensées complexes dont il ne sortirait pas de sitôt.

- Que proposez-vous ? sourit malicieusement Dumbledore.

- Ce n'est guère plus de mon ressort…du moins, me semble-t-il…

- Réfléchissons bien…selon vous, pourquoi font-ils tout ceci ?

- Pardon ? s'étouffa Loyd, abasourdi face au sérieux de son Directeur qui ne trouvait rien de plus intéressant que de se lancer dans une analyse psychologique à 7 heures trente du matin.

- Oui…vous avez étudié les bases de la psychologie lors de vos études, non ? Je ne demande que votre avis sur le sujet…

- Et bien…hem…-il marqua une pause le temps de réfléchir, comme en témoignait une ride barrant son front-…un besoin évident de se faire reconnaître, sans doute…une inconscience et une témérité démesurée…et…

- Ce ne sera pas nécessaire de continuer, Jason… Vous avez dit l'essentiel…Reprenons…Un besoin évident de se faire reconnaître… Ils veulent qu'on les remarque, et continue ainsi à tout mettre en œuvre pour que l'attention soit entièrement concentrée sur eux. Ainsi, que devons-nous faire ? questionna la vieux Directeur, inclinant légèrement la tête…

- Les dorloter comme les gosses immatures qu'ils sont ? » laissa échapper Loyd malgré lui.

A ces mots, Dumbledore pouffa, tandis que une étincelle d'amusement s'allumait brièvement dans ses yeux azurés, vite éteinte hélas, par la gravité de la situation.

« La solution est sous nos yeux pourtant… »

Jason haussa un sourcil suspicieux, doutant davantage encore, au fil que le temps s'échappait, de la lucidité de son supérieur.

« Ignorez- les…et attendez qu'ils tombent dans le piège d'eux - même… ».

Sur ces bonnes paroles, le Directeur se leva, renversant le thé qui subsistait au fond de sa tasse dans un petit bonsaï qu'il avait installé dans un coin de son Bureau, laissant le jeune professeur totalement pantois.

Puis il quitta la pièce, invitant Jason à sa suite.

« Et dire que j'avais cru qu'il me donnerait quelques indications… » soupira ledit professeur.

Mais après tout, le directeur était réputé pour être de bon conseil…

Seul le temps lui apporterait confirmation…

-Y-O-U---A-R-E-

« Draco, je t'en supplie…Ferme ta chemise, par Salazar.

- Elle est parfaitement bien comme elle est, ma chemise…protesta l'héritier Malfoy, étouffant un bâillement derrière la paume de sa main.

- Pour toi, peut-être, mais ça frise l'indécence de te voir te promener aussi peu convenablement vêtu dès le matin, surtout au beau milieu de demoiselles qui ne regardent que toi… C'est pourquoi… ».

Pansy se leva alors d'un des moelleux fauteuils de la Salle Commune de Serpentard, bousculant Blaise qui dormait debout à ses côtés, pour reboutonner elle-même les provocants boutons de la chemise ainsi déplacée.

Draco soupira, avant d'achever le travail de ses propres mains sous le regard courroucé de se consœur Serpentard, qui, enfin satisfaite, rejoignit à nouveau le canapé où elle s'installa le plus confortablement possible -ce qui, en soit, ne signifiait pas grand-chose ici, vu que les trois quarts dudit canapé étaient occupés d'une part d'un Blaise ronflant à qui mieux mieux, et, de l'autre, d'un Harry encore en pyjama qui bataillait fermement, un peigne à la main, avec ses mèches récalcitrantes.

Quelques secondes plus tard, le peigne incapable volait à travers la Salle Commune en un magnifique vol plané, se retrouvant sans vraiment réaliser -dans la mesure où un peigne pouvait réaliser- au milieu d'un feu flambant, léchant les parois de l'âtre tout en émanant une agréable chaleur dans la salle que le froid d'automne refroidissait considérablement.

« Harry, tu n'as aucune patience… » ricana Pansy, adressant un sourire narquois à l'intéressé qui grommela vaguement « Y peux rien si c'était pas de la bonne qualité… », avant de repartir plus profondément dans le demi-sommeil qui l'étreignait depuis un réveil déjà difficile.

« C'est pas croyable…aucune résistance ! » se lamenta Pansy, avant d'étouffer elle-même un bâillement, sous le regard entendu de Draco, aussi frais qu'un matin de printemps, et ce comme à son habitude.

Celui-ci se replongea dans la lecture attentive d'une des multiples invitations qui avait, la nuit durant, envahi les salles communes, afin d'informer le plus rapidement possible l'ensemble des élèves de la très prochaine fête qui animerait les lieux.

« Alors, Mr le Tombeur, comment allez-vous sélectionner laquelle de vos nombreuses prétendantes aura l'honneur de vous accompagner à cette fête… » ironisa Pansy, un air un brin curieux accentuant l'air mutin de son visage éternellement animé.

« T'es pas au courant, Pansy chérie ? » intervint, d'une voix rendue lointaine par le sommeil, Harry, entrouvrant à peine les yeux, comme si ce simple geste lui coûtait bien trop d'énergie pour une heure pourtant déjà avancée. « Drake prend toujours la liste - immense, cela va sans dire- de ses conquêtes passées, avant de laisser la hasard décider qui assumera la très contraignante tâche de l'accompagner à cette ridicule soirée. »

« D'une galanterie éclatante, mon chère Draky. Tout à ton image… » conclut Pansy, avant de se tourner vers le préfet en chef qui, déjà, repartait au Pays des Rêves.

« Heep, Tête en Pétard, ne te rendors pas, on décolle pour le petit-déj dans cinq minutes ! »

Seul un grognement inexpressif lui répondit.

« Alors, Rychou, avec qui vas-tu au Bal ? » questionna la jeune fille, ne démordant pas dans ses tentatives d'empêcher le brun de ses rendormir.

« Laë…tit…zia … » bougonna Harry, se décidant à s'étirer avec application, non sans râler conséquemment, preuve que le sommeil n'attaquait nullement son mauvais caractère usuel.

« Ah, tu lui as demandé ? »

« M…oui…hier…soir »

« Quand ? Tu étais en retenue, et ensuite on a fait notre tournée des couloirs ! » s'étonna Blaise, qui émergeait lentement, mais sûrement; contrairement à certains; de son sommeil.

« Après qu'on soit rentrés » répondit un peu trop évasivement pour être naturel le Survivant, avant de concentrer son attention sur la table basse qu'il avait mis sans dessus dessous une demi-heure auparavant en cherchant désespérément son devoir de métamorphose avant que Blaise ne lui rappelle dans son immense mansuétude qu'il avait négligé de le faire.

A ces mots, Pansy soupira, accompagnée très symphoniquement de Zabini, tandis que Draco s'absorbait plus profondément dans la lecture du programme des festivités, ses jointures blanchissant alors qu'il froissait sans en prendre pleinement conscience ledit papier.

Harry le dévisagea longuement, l'air songeur et surpris à la fois, ce qui lui conférait un air juvénile rarement observable chez lui.

Quant à l'héritier Malfoy, il lui jeta farouchement un regard froid, ses pupilles d'un gris ombrageux le fixant avec hauteur et dédain.

Harry se contenta de hausser un sourcil interrogatif, auquel Draco ne répondit pas, détournant brusquement le regard, les mâchoires serrées, et une pâle lueur de déception dans les yeux.

L'Insolent finit par abandonner, secouant vaguement la tête ce qui accentua le désordre discontinu de sa tignasse rebelle, achevant ainsi de renfrogner le blond à ses côtés.

La sonnerie marquant l'heure du déjeuner les sortit tous de leur torpeur provoquée par cette ambiance polaire, et c'est en maugréant quelque peu qu'ils s'extirpèrent peu à peu du confort des canapés, alors que Harry se hâtait en pestant de se vêtir un peu plus décemment pour une nouvelle journée de cours qui s'annonçait plutôt réjouissante.

Le brouhaha couvrit, bien heureusement, la flopée d'insultes et grossièretés malvenues qui s'échappèrent malencontreusement d'entre ses lèvres lorsqu'il réalisa son retard démesuré…

La perpétuelle routine suivait son cours…

Un cours qui coulait dangereusement vers de périlleux remous…dont tous n'allaient pas sortir indemnes…

-Y-O-U---A-R-E-

« Miss Granger, votre travail est, comme d'habitude, d'un qualité remarquable. La finesse de vos arguments, la qualité de votre expression, et la justesse de vos remarques vous offrent ainsi un Optimal largement mérité. Félicitations » congratula Loyd, qui, depuis quelques minutes, avait débuté la distribution des copies, non sans avoir eu du mal à prendre ses aises dans la nouvelle salle qui lui avait été attribuée suite aux malencontreux incidents de la nuit passée.

Hermione vira au cramoisi, avant de se plonger, bafouillante, derrière sa copie qu'elle utilisait ainsi comme un bouclier de premier secours contre les regards admiratifs, appréciateurs voire jaloux de ses camarades de classe.

« Ça me donne envie de vomir » grimaça Harry, mimant un haut-le-corps, coupant momentanément la longue correspondance qu'il avait engagé avec Pansy et Blaise- placés par les soins bienveillants de leur professeur préféré à l'autre bout de la classe- par le biais de parchemins interposés rudement utiles dans de telles situations, se penchant à l'oreille de Draco qui approuva silencieusement, s'étant déridé suite à sa petite saute d'humeur matinale.

Ce dernier bâilla longuement, enroulant l'un de ses mèches blondes autour de son index, alors qu'il suivait du coin de l'œil un Loyd déambulant d'un bout à l'autre de la classe, manifestant clairement le peu d'intérêt qu'il avait pour ses résultats.

Une copie échoua sèchement devant ses yeux, sans qu'il prenne la peine ni ne juge nécessaire de les lever. Lorsqu'il sentit que le jeune professeur s'était éloigné, il ouvrit le parchemin, soupira à peine en découvrant un P qu'il savait amplement mérité, avant de repartir dans des pensées absurdes diamétralement opposées au sujet du devoir qu'il avait déjà relégué à un plan bien négligeable de ses intérêts.

A côté de lui, il pressentit plutôt qu'entendit clairement l'énième juron qu'émettait l'Insolent en à peine une heure, la première averse s'étant déversée lorsqu'ils avaient dû se faire à l'horrible manque de réaction des professeurs face à leur massacre de la nuit dernière.

Il dévisagea son frère de cœur qui fixait son rouleau de parchemin avec l'air d'un agonisant sur son lit de mort. Quelques secondes plus tard, la raison de cette soudaine stupeur s'avéra révélée en un T resplendissant, savamment enluminé, et encadré d'un commentaire quasiment aussi long que la dissertation elle-même.

Draco déglutit discrètement, tout en se préparant au pire : Harry avait toujours fait attention à ses résultats en Défense contre les Forces du Mal, qu'il considérait sans doute comme l'une des rares matières dignes d'attention selon lui, et une telle humiliation porterait un coup inéluctable à son ego quelque peu…hem… disproportionné.

Et, en effet, à mesure qu'il lisait les appréciations bariolant sa copie de toute part, le Survivant pâlissait à vue d'œil, tandis qu'une expression d'horreur grandissante se peignait sur son visage crispé de colère retenue.

Sa lecture finie, l'Insolent releva les yeux, croisant le regard azuré et miroitant de provocation de l'enseignant victorieux…. « Comme s'il voulait qu'Harry réagisse violemment à ses bravades implicites… » murmura Draco dans un souffle.

A ses côtés, un violent fracas résonna dans le soudain silence de la salle.

L'Insolent avait renversé, sans l'ombre d'un remords, pupitre et table, avant de s'emparer vivement de son sac où il jeta pêle-mêle plume, encrier et parchemin, non sans déchirer la copie qu'il jeta aux pieds d'un Loyd plus souriant que jamais.

Il jeta alors la besace sur son épaule, avant de quitter la pièce, sa cape tourbillonnant en une tempête noirâtre à sa suite.

La porte claqua alors qu'il la fermait sans aucune douceur.

La classe restait abasourdie.

L'action n'avait duré que quelques secondes.

-Y-O-U---A-R-E-

Hermione marchait, encore une fois -l'habitude commençait à s'installer à présent -dans les couloirs déserts.

Une nouvelle journée s'était écoulée, riche en rebondissements, comme à l'accoutumée depuis qu'elle était entrée dans ce collège de cinglés.

Et Potter avait encore fait des siennes, ce matin, dès la première heure. Quitter la salle…Jamais, à sa place, elle n'aurait osé…Mais, après tout, il était l'Insolent…cela faisait partie du « Mythe » du Rebelle d'oser ce que les autres pensaient tout bas.

Et Loyd qui n'avait pas bronché, se contentant d'interroger Parkinson sur la leçon de la veille, interrogation qui s'était soldée par un superbe P, la demoiselle étant vite rejoindre par Malfoy, qui encaissa sans ciller un T, pour n'avoir pas ouvert la bouche, et par Zabini, qui arracha désespérément un A afin de sauver l'honneur.

Jamais encore Loyd n'avait interrogé ainsi trois membres des Quatre à la suite. D'habitude, un Gryffondor plus ou moins sérieux, et un Serpentard revêche suffisaient. A croire que Loyd avait des pulsions revanchardes. Peut-être les Quatre étaient-ils liés aux changements de classe qui avaient été effectués le matin- même, mais pas un mot du Directeur ou d'un quelconque enseignant n'avait pu éclairer les suppositions évasives de la jeune fille.

Hermione s'arrêta brusquement, surprise de distinguer, à l'autre bout du couloir, une silhouette se découpant fragilement dans la lumière orangée illuminant le couloir.

Elle s'avança prudemment, pas à pas, se rapprochant ainsi de celui, ou celle, qui interrompait l'habituelle balade solitaire à laquelle elle s'était accoutumée au fil des jours.

Au fur et à mesure qu'elle marchait, son rythme cardiaque s'accélérait. Non…cette dégaine souple, négligemment appuyée contre le rebord décrépi d'une fenêtre d'un autre âge…ces mèches irrégulières flottant au rythme d'une légère brise…

Hermione déglutit…bien malgré elle…Pourquoi tombait-elle toujours sur l'Insolent quand ses pensées étaient dirigées vers lui… ?

Alerté par les bruits de pas derrière lui, Harry se retourna. Son regard, impassible, croisa alors celui, mal à l'aise de la jeune fille, et un fin rictus mauvais se dessina sur ses lèvres.

Hermione ne pipa mot, se contentant de fixer le Survivant droit dans les yeux. Ce dernier, d'un geste négligeant, finit d'aspirer une dernière bouffée de la cigarette qu'il tenait à la main, avant de la jeter nonchalamment par la fenêtre.

Ils se dévisagèrent ainsi quelques minutes, chacun craignant de bouger de peur de rompre l'illusion du moment. Enfin, le Survivant s'éclaircit la gorge, avançant d'un pas ou deux vers la jeune fille, qui recula instinctivement. Le sourire malsain du Survivant s'accrut davantage.

Hermione sentit le souffle lui manquer, alors qu'elle rencontrait derrière elle la traîtresse paroi glacée du mur opposé.

Et l'Insolent qui avançait toujours…

« Aurais-tu peur, Grangy- Hermione frémit au surnom- ? Je croyais que la seule qualité des Gryffondors était le courage. Apparemment, il y a une légère défaillance à ce niveau… » ricana-t- il, réduisant encore davantage l'espace entre eux deux.

« Je croyais que la finesse était la seule qualité des Serpentards. Pour toi, ce n'est plus de la défaillance, Potty-la jeune fille s'étonna elle-même de son audace- c'est un néant total. »

Le Serpentard n'apprécia pas la plaisanterie, et, sans coup férir, la plaqua brusquement contre le mur, profitant de la surprise de la jeune fille, et de sa supériorité masculine.

« Ne joue pas à la maligne avec moi, Grangy… Ou tu vas vite le regretter, comme tes copains de bac à sable de chez les Gryffis. Ne te…méprends…surtout…pas ».

Les derniers mots furent sifflés avec rage, et Hermione sourit intérieurement, satisfaite de constater que, malgré sa terreur contenue, elle arrivait tout de même à faire sortir le Rebelle de ses gonds.

Celui-ci dut réaliser qu'elle se moquait de lui, et il resserra violemment sa prise, faisant échapper un cri de douleur à la jeune fille.

Ses lèvres sourirent encore davantage, et Hermione prit conscience, un peu tardivement, certes, que la perversité de son ennemi n'avait aucune limite.

Et dire qu'elle se retrouvait coincée entre le mur et Potter, à la merci de sa cruauté débridée.

Elle tenta bien de feinter, pour s'évader par la gauche, mais le Survivant était loin d'être un novice en la manière, et tout ce qu'il eut à faire, fut de faire fi du dernier espace entre eux, plaquant totalement leurs deux corps, tout en tordant brusquement l'un des poignets de la jeune fille.

Hermione ne put retenir un second cri, alors qu'un craquement sonore résonnait en retour à la violence démesurée du Serpentard. Elle captura farouchement le regard du jeune garçon, tentant d'ignorer la sensation qu'elle se désespérait d'apprécier du corps svelte contre le sien, alors que le propriétaire dudit corps se régalait de tordre à nouveau le poignet qu'il savait cassé.

« Perdu… Grangy… » lui susurra-t-il à l'oreille. Hermione frémit, redoutant, à mesure que la situation lui échappait, d'entendre la voix tranchante du brun.

A nouveau, il tordit son poignet, ne cachant même plus cette vicieuse jouissance qui l'animait alors que la jeune fille se crispait de douleur.

Ce fut la fois de trop.

Dans un dernier élan, Hermione projeta, d'aussi fort qu'elle le pouvait, son genou dans l'estomac du Survivant.

Pris de court, ce dernier chancela, et Hermione en profita pour se libérer complètement, à l'aide d'un coup de pied qu'elle devina… bien placé si l'on en jugeait le cri étranglé que gémit sourdement l'Insolent.

Elle s'enfuit de toute la force que ses jambes encore tremblantes lui offraient, laissant sur place un Survivant appuyé contre le mur, les mâchoires crispées de souffrance et d'affliction.

Pourtant, malgré le ridicule de sa situation, il trouva le moyen de sourire, de son rictus le plus immonde et infect, qu'il ne réservait qu'aux grandes occasions.

Et il murmura dans le silence religieux du couloir : « Tu veux jouer Grangy…on va jouer… ».

Quelques secondes plus tard, un rire démoniaque se répercutait tout le long du corridor…atteignant la jeune fille essoufflée, qui, quelques mètres plus loin, sentit son cœur se serrer d'appréhension…

Elle avait joué avec le feu…

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La Playlist de You Are

Pour ce chapitre, je suggère

« In the Shadow », The Rasmus

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That's all, folks ! J'espère que avez apprécié (ou du moins, plus que moi, qui suis loin d'être satisfaite…). Reviews, please l'auteur se met à genoux !

D'ailleurs, j'aurais un petit sondage à vous proposer, auquel j'aimerais bien que vous répondiez, même si je ne vous oblige pas le moins du monde (mais ça me ferait plaisir…chibi eyes). En fait, il y a deux questions.

 Parmi les personnages inventés (autrement dit, ce que l'on ne trouve pas dans le vrai HP, mais seulement dans You Are…), quel est votre préféré ? (masculin puis féminin).

 Comment voyez-vous la fin de You Were (la suite de You Are) ou, en gros, comment voyez-vous l'épilogue ? (Babox, ne réponds pas, je t'en supplie, vu que tu CONNAIS la fin ).

Merci d'avance ! Bises à tous, et passez de bonnes vacances, si comme moi, vous êtes en zone A, des bonnes suites de vacances si vous êtes en zone B, ou bonnes reprises de cours si vous êtes en zone C (non, Ira, je ne remue pas le couteau dans la plaie ). Bye !