Message perso: Rendez vous dans le monde des adultes, majeurs, vaccinés et libres !
Si le cœur vous en dit j'ai un blog qui manque cruellement de visiteurs (même si j'y raconte que des bêtises) : http: / radioselene. hautetfort . com. En espérant vous y voir ! (enlevez les espaces)
Coté mauvaises nouvelles… Nous allons être absentes et sans internet jusqu'au 16 aout inclus (en fait le nous signifie : MORPHEE !) Donc nous ne pourrons poster la suite que le 20 aout. Pour toute réclamation son numéro est le 06.4… Non je déconne (je suis même pas sûre qu'elle aura un réseau mobile dans son trou), mais par contre elle a un profil ffnet… Moi je dis ça, je dis rien… et je ne suis responsable en aucune façon… xD (Mais j'essaierais, peut-être, de faire un petit os sur Dementia dans les brèves.
Et maintenant: Enjoy!
Hermione promena sa baguette sur le corps de Katarina et lui réinjecta une dose de morphine avec un soupir.
Il y avait près de deux semaines que Blaise, Ron et Draco, renonçant après réflexion à construire une équipe complète, étaient partis faire le tour des hôpitaux des villes voisines. Elle espérait qu'ils seraient bientôt de retour. Mis à part l'inquiétude qu'elle ressentait à l'idée que Ron prenne de tels risques, bien qu'elle comprenne la nécessité de garder l'expédition secrète, elle s'angoissait également pour la jeune femme. David et elle faisaient tout leur possible pour la maintenir dans son coma léger et artificiel sans provoquer d'overdose de morphine, mais elle craignait que le corps de Kit ne puisse pas en supporter davantage.
Elle vérifia à nouveau les constantes de son amie d'un coup de baguette puis, en prenant soin de fermer les rideaux derrière elle pour dissimuler le lit de la jeune femme aux regards, retourna s'installer à son bureau.
Elle était presque au bout de son travail, à savoir trier les dossiers de ses patients en détruisant ceux des personnes décédées, et créer de nouveaux dossiers pour les civils ayant rejoins la base depuis peu, lorsque Harry entra dans l'infirmerie.
Elle ne le vit pas immédiatement, plongée dans le dossier de Katie Bell qu'elle finit par mettre sur la pile des dossiers à détruire avec un soupir.
- Je sais, intervint Harry, la faisant sursauter.
- Tu sais quoi ?
- Que tu en as marre de détruire des dossiers.
- Aucun d'eux n'avait trente ans, répondit-elle, certains n'en avaient même pas vingt.
- Je sais, répéta-t-il. Je fais ce que je peux, Hermione.
- Personne ne te reproche rien, Harry. On est tous conscient du boulot que tu as fait en organisant cette unité et sans toi, on serait sûrement tous morts. Seulement, ce n'est pas facile.
Harry hocha la tête et, s'approchant de la jeune femme, il lui pressa l'épaule d'un geste réconfortant.
Du menton, il désigna les rideaux.
- Comment va-t-elle ?
- Elle est stable… pour l'instant. Mais je ne vais pas pouvoir la maintenir dans ce coma encore longtemps. Il faut vraiment que Ron, Draco et Blaise se dépêchent.
- C'est pour ça que je suis là, Mione, ils viennent de rentrer. Ils sont dans mon bureau avec Severus et David. J'ai demandé à Ginny de venir veiller sur Kit pour toi. Elle ne va pas tarder à arriver. Tu nous rejoins ?
- Bien sûr, acquiesça la jeune femme.
Elle entreprit de ranger rapidement son bureau en attendant son amie qui arriva, légèrement essoufflée, une dizaine de minutes plus tard.
- Tu n'as pas couru j'espère, demanda Hermione suspicieusement.
- Absolument pas, riposta la future maman. Bon, que faut-il faire ?
- Normalement rien, soupira Hermione. J'ai placé un sort d'alerte sur elle, si jamais il se déclenche, préviens-moi par radio.
Ginny hocha la tête et s'installa confortablement dans le fauteuil près du lit de Katarina, un livre dans les mains.
De son côté, il ne fallut guère de temps à Hermione pour rejoindre le bureau de Harry. Elle ne put retenir un soupir de soulagement en constatant de ses yeux que Ron allait parfaitement bien. Après avoir rapidement embrassé son époux et salué Draco et Blaise, elle s'approcha de la caisse en plastique et jeta un œil sur les dizaines de boites qui y étaient jetées en vrac. Elle reconnu l'Anexsia, retenant machinalement les différents autres médicaments présents : Vicodin, Lorcet, Maxydone, Dolorex Forte…
David était déjà en train d'établir un inventaire chiffré de leurs possessions.
- Étant donné les différences de posologie, déclara-t-il au bout de quelques minutes, je dirais qu'il y a là de quoi assurer à Katarina cinq à six mois de traitement.
Hermione grimaça mais ne dit rien, Severus ayant prit la parole avant qu'elle ne puisse le faire.
- Si elle prend une potion une fois sur cinq, cela nous donnera un peu plus de temps pour trouver plus de médicaments. C'est le maximum qu'elle pourra ingurgiter en moyen de soin sorcier mais c'est mieux que rien.
Cette fois Hermione ne put retenir un petit bruit étranglé qui fit se tourner tout le monde vers elle.
- Quoi Granger ? Siffla Severus, récoltant un regard noir de Ron.
- Et bien, répondit Hermione en levant une main pour dissuader Ron d'invectiver l'ancien professeur, je pense que nous ne devons pas espérer autant de répit. D'après ce que j'ai pu constater, la consommation d'antidouleurs de Katarina augmente de façon exponentielle. Même en considérant la possibilité de remplacer quelques prises par des potions, et au vu de la fréquence de ses prises et du dosage qu'elle s'administrait à chaque fois, je crains que nous n'ayons que trois mois devant nous. Peut-être moins.
- Tu en es sûre, Hermione ? Demanda Harry, tendu.
- L'Anexsia que nous possédions aurait dû durer encore un mois… et elle n'en a plus depuis plusieurs semaines.
Un lourd silence suivi la déclaration de la jeune femme. Le bilan de santé de Katarina se révélait bien plus noir qu'ils ne l'avaient imaginé au premier abord. Harry se frotta les yeux et se redressa.
- Très bien, dans ce cas, il n'y a pas de temps à perdre. Il faut surveiller de près la consommation de médicaments de Kit ; la connaissant, elle ne voudra embêter personne avec ses problèmes et quand elle n'aura plus de quoi se soigner il sera trop tard pour intervenir. Nous ne pouvons pas décemment la plonger dans le coma à chaque fois que nous manquons d'antidouleurs, il faut qu'on puisse anticiper. Severus, vous êtes de nous tous le plus à même de vérifier discrètement ses dosages ; Hermione, ne lui confie qu'une dizaine de doses à la fois. Ça nous permettra de voir venir. Je vous demande de garder le silence sur notre possession de médicaments : si les gens, et ce qui que ce soit en dehors de nous sept, de Ginny et de Katarina, demandent en quoi consistait la mission, répondez que vous avez ramené des médicaments pour les enfants et du matériel de soin mais passez sous silence le reste. Je sais que ce n'est pas juste mais je préfère garder ces doses pour Kit.
Tous hochèrent la tête sans protester. Harry se leva, signifiant la fin de la réunion.
Hermione se tourna vers Severus.
- Je vais passer prendre une douche et me changer, je vous rejoins auprès de Kit et on va pouvoir commencer à la réveiller en douceur.
L'ancien professeur hocha sèchement la tête et, après avoir réduit la caisse de médicaments et l'avoir cachée au fond de sa poche, il prit la direction de l'infirmerie en compagnie de David. Blaise et Draco, après avoir salué leurs amis, partirent vers le gymnase. Hermione et Ron retournèrent dans leur chambre. La jeune femme s'absenta le temps d'une douche et lorsqu'elle revint, habillée de frais, elle trouva son mari regardant pensivement par la fenêtre.
- Ron ? Tout va bien ?
- Je me demandais… commença le rouquin sans se retourner… cette histoire de dosage… C'est normal qu'elle les augmente comme ça ?
Hermione soupira et Ron se tourna vers elle, les sourcils froncés.
- Elle n'a pas le choix. Son corps s'habitue au produit et il ne la soulage plus, elle doit augmenter les doses pour ne pas souffrir.
- Ce n'est pas dangereux ? Jusqu'où va-t-elle continuer ?
Hermione leva les yeux pour rencontrer ceux de son mari, sans répondre. Le jeune homme soupira.
- C'est bien ce qu'il me semblait…
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Katarina entrouvrit péniblement les yeux. La première chose qu'elle remarqua fut l'absence de douleur. La seconde fut la main de Severus enserrant la sienne.
- Kit, appela doucement Hermione en promenant sa baguette sur le corps de la jeune femme, comment te sens-tu ?
Katarina ouvrit la bouche mais pas un son n'en sortit, elle se racla la gorge et Severus s'empressa de lui tendre un verre d'eau tout en la redressant légèrement d'une main. La jeune femme avala doucement quelques gorgées avant de croasser à l'intention d'Hermione :
- Je me sens bien. Mieux que depuis une éternité.
- Oui, c'est la morphine, l'informa la jeune médicomage, tu ne vas rien sentir pendant un moment.
- Combien de temps ? S'inquiéta Kit. Comment vais-je faire après ?
- Calme-toi, ordonna Severus d'un ton ferme. Messieurs Zabini, Malefoy et Weasley sont revenus d'expédition avec suffisamment d'Anexsia et de produits équivalents pour nous permettre de voir venir…
Katarina fronça les sourcils à cette affirmation.
- Attendez une minute, je suis restée inconsciente combien de temps au juste ?
- Un peu plus de deux semaines… Révéla Hermione.
Les yeux de Katarina s'écarquillèrent de surprise. Elle jeta un regard à Severus qui confirma d'un hochement de tête.
- Vous voulez dire que mes élèves sont restés livrés à eux-mêmes tout ce temps ?
- Tu sors à peine du coma et c'est à ça que tu penses ? S'offusqua Hermione.
Katarina haussa les épaules d'un air buté et Severus intervint avant que les deux amies ne commencent à se chamailler.
- Monsieur Finnigan et le professeur de sport de ce lycée ont assurés l'intérim.
- Je peux reprendre quand ?
- Si tu te reposes, dans trois jours, soupira Hermione, renonçant à faire la morale à la convalescente. Je t'ai préparé dix doses d'Anexsia. Essaie de les économiser mais ne présume pas trop non plus de tes forces.
- Promis… Je peux partir ?
- Tu te reposes ! Et tu laisses Severus te porter jusqu'à ta chambre…
- D'accord… Alors, je peux y aller ?
- Et tu n'essaies pas d'aller en douce au gymnase, ajouta Hermione d'un ton sévère.
- Je serai sage…un vrai petit ange… s'il te plait ?
Hermione dévisagea un instant son amie qui affichait un air de pure innocence et soupira.
- Allez file…
Katarina amorça un mouvement pour sauter du lit et Hermione se racla la gorge, la stoppant net. La jeune femme eut un sourire angélique et tendit les bras à son compagnon qui, avec un rictus moqueur, la souleva du lit et prit la direction de leur chambre.
Hermione secoua la tête d'un air désabusé en les suivant du regard, avant de s'installer à son bureau pour noter le nombre de doses de médicament confiées à sa patiente.
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OoO
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Kit, debout sur le lit, regardait son reflet dans la fenêtre.
- C'est quand même pas pratique ton histoire.
- Quelle histoire ? Demanda Severus distraitement sans lever les yeux de son parchemin.
- L'absence de miroir…
- Ah… Il y en a un dans les vestiaires…
La jeune femme haussa les épaules et attrapa ses cheveux à pleines mains.
- Qu'est-ce que je fais ? Je les attache, je les coupe, je les brule ou je les rase ?
- Pendant que tu y réfléchis je vais ouvrir, se moqua Severus en désignant la porte à laquelle des coups venaient de retentir.
Il ouvrit le battant, découvrant ainsi le père de Katarina sur le seuil.
- J'aurais voulu voir ma fille, dit l'homme d'un ton incertain.
Severus jeta un regard à sa compagne qui hocha la tête en descendant du lit.
- Très bien, déclara-t-il, je vais vous laisser discuter.
- Je ne veux pas vous chasser, protesta Richard Costelloe.
- Il en faudrait plus pour me chasser de chez moi, répliqua Severus d'un ton froid, j'ai simplement quelque chose à faire et ne vois aucune raison d'en différer l'exécution. Cela vous permettra de vous retrouver entre vous. Je te vois tout à l'heure, ajouta-t-il d'un ton plus chaleureux en embrassant la jeune femme qui les avait rejoints à la porte.
Katarina le regarda s'éloigner dans le couloir avant de se tourner vers son père.
- Entre…
L'homme referma la porte derrière lui et, après un petit moment d'hésitation, il s'assit avec précaution sur le bord du lit.
Katarina se percha sur le bureau de Severus, profitant de l'absence de l'ancien espion qui ne supportait pas sa manie d'utiliser chaque meuble comme de banales chaises.
- Tu voulais me parler ? Demanda-t-elle après quelques minutes de silence.
- Je voulais savoir comment tu allais…
- Je vais très bien.
- Je suis venu te voir, tu sais… quand tu étais inconsciente… Mais ta mère… Enfin tu sais comment elle est. Elle a braqué tout le monde avec ses réflexions et ton… euh… ton ami s'est mis en colère.
- Severus… Il s'appelle Severus.
- Oui Severus… Enfin bref, ensuite, je n'ai plus trop osé y aller, surtout avec ta mère et ce petit imbécile de Frédéric qui ne me laissaient pas faire trois pas tout seul. Ça a été une vrai galère de les semer aujourd'hui d'ailleurs… Enfin… je m'égare. Oui donc, ce jour là, quand ta mère a énervé tout le monde, monsieur Potter a dit quelque chose… Il nous a dit que tu avais été blessée. Il est resté assez vague sur les circonstances mais il a parlé d'un problème lors d'une mission et j'aimerais… enfin j'aurais voulu que tu m'en parles…
Katarina se leva brusquement, s'éloignant de son père pour regarder par la fenêtre. L'homme venait sans doute de faire le plus long discours de son existence et entre tout autre sujet, il avait dû choisir celui-ci…
Elle n'avait jamais parlé avec quiconque de ce qu'elle avait exactement subi aux mains de Lucius. Ni à Blaise, malgré leur complicité. Ni au portrait de Neville, malgré ses questions. Ni à Hermione, qui avait soigné ses blessures et pu constater la violence dont avait fait preuve l'aristocrate, pas même à Severus, témoin impuissant de son calvaire.
Alors en parler à son père… qui ne connaissait rien à ce monde… rien à la guerre… c'était au dessus de ses forces.
- Linda ?
Elle tourna la tête vers lui, les sourcils froncés, une protestation au bord des lèvres et il leva une main dans un geste d'apaisement.
- Oui je sais… Katarina… désolé, la force de l'habitude…
- Papa, soupira Kit, je n'ai pas particulièrement envie de replonger dans le passé et crois-moi quand je te dis que tu ne veux pas connaître les détails de ma captivité.
- J'ai lu des récits de guerre, des témoignages de la seconde guerre mondiale, répliqua Richard. Et tu as raison, je n'ai pas besoin d'avoir de détails. L'essentiel c'est que tu sois vivante.
La jeune femme eut un sourire soulagé. Sourire qui mourut sur ses lèvres quand son père ajouta :
- Mais ça ne va pas suffire à ta mère…
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OoO
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- Pourquoi pas, marmonna Harry, confortablement renversé dans son fauteuil. Mais on ne peut quand même pas supprimer tout le temps libre des jeunes, ce ne serait pas bon pour eux.
- Il serait peut-être possible de réduire le nombre de cours de combats. 30 heures de combats par semaine est un peu excessif, ne trouvez-vous pas ? Le nombre de blessures et de cas d'épuisement augmente chaque jour. Les jeunes ne seront pas moins préparés si les cours de combats sont limités à 3 heures par jour et 4h le samedi. Cela fera un total de 19h ce qui me semble raisonnable.
- C'était ce qui était initialement prévu, soupira Harry, mais Katarina a augmenté insidieusement le nombre de ses cours et comme personne ne semblait s'en plaindre, je n'ai pas eu envie de me heurter à elle inutilement…
Severus eut un rictus moqueur et Harry se rembrunit un instant avec d'afficher un sourire calculateur.
- Je suis sûr que vous vous ferez une joie de lui annoncer vous-même la réduction de son temps d'enseignement au profit des potions…
Le sourire de Severus s'effaça aussitôt. Il était persuadé depuis quelques temps qu'il était nécessaire de former chaque recrue à l'art des potions. Moldus comme sorciers pouvaient confectionner les breuvages de soins basiques ne nécessitant pas l'appuie de sorts et il pensait sincèrement que savoir les réaliser était un plus dans la formation de chaque combattant. Il pensait également que trop d'heures d'entrainement physique finiraient par nuire aux adolescents, lesquels négligeaient de plus en plus leurs devoirs pour se reposer en prévision des cours de sa compagne.
Il savait que cette réalité serait dure à faire admettre à Katarina, qui pensait que rien n'était plus important que la guerre, mais il ne pouvait pas rester sans rien faire, à présent qu'il avait décidé de ne pas retourner auprès de Voldemort.
Celui-ci ne l'avait pas encore rappelé auprès de lui, mais cette accalmie ne durerait pas et il guettait chaque jour la brûlure familière à laquelle il était résolu de ne plus répondre.
- Vous êtes le chef de cette unité, Potter, il me semble que le plaisir d'annoncer à Katarina que ses cours vont devoir être remaniés vous revient.
Harry lui jeta un regard noir qu'il soutint sans broncher avant de hausser les épaules. Le survivant avait annoncé tant de mauvaises nouvelles de cet ordre à Kit ces dernières années que les colères de la jeune femme lui glissaient dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard.
- Ne vous faites aucune illusion, quand je lui aurais dit par quoi ses cours vont être remplacés, elle va partir à votre recherche comme un missile à tête chercheuse moldu et croyez-moi, je n'aimerais pas être à votre place.
- Ne vous inquiétez donc pas pour moi, Potter, j'ai certains arguments que vous n'avez pas pour m'éviter les foudres de Katarina…
- Je ne veux rien savoir, protesta le jeune homme avec une grimace horrifiée.
L'ancien mangemort eut un rictus satisfait en se laissant aller contre le dossier de sa chaise.
- Bien, trêve de plaisanterie, Potter, puis-je préparer un programme de cours de potion pour les mois à venir ?
- Vous pouvez, affirma Harry en se levant. Je vais prévenir Katarina qu'à compter de la semaine prochaine les cours de combat ne dureront plus que 3 heures du lundi au vendredi et 4 heures le samedi matin.
- Je l'ai laissée dans notre chambre en compagnie de son père, si elle n'y est plus, elle doit être au gymnase, elle avait l'intention d'aller travailler dans son bureau.
Harry hocha la tête et, après avoir signifié d'un geste à son ancien professeur de le précéder à l'extérieur de son bureau, prit la direction de la chambre du couple dans l'espoir d'y trouver Kit.
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OoO
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Katarina était en train d'essayer de fixer les cordes à nœuds correctement quand Harry l'interpella, manquant de lui faire perdre l'équilibre.
- Tu n'es pas supposée faire ce genre de chose toute seule, la réprimanda le jeune homme en montant sur un escabeau et en la saisissant par les hanches pour la stabiliser. Tu aurais pu demander à quelqu'un de venir t'aider.
- Je n'étais pas descendue pour ça, avoua Kit en prenant appui sur les épaules d'Harry pour descendre de son perchoir.
Après avoir fixé les cordes par magie et avoir aidé la jeune femme à ranger les escabeaux, Harry s'assit sur le rebord de la fenêtre et fit signe à Katarina de le rejoindre.
- Tu fais du bon boulot avec les jeunes, commença-t-il, mais j'ai remarqué que de plus en plus d'entre eux négligent le reste de leur éducation pour se reposer en prévision de tes cours.
- Ils auront le temps de faire des études, riposta la jeune femme en haussant les épaules, si du moins ils restent en vie. Et c'est grâce à mes cours qu'ils en auront la possibilité !
Harry soupira. La jeune femme était déjà sur la défensive et il n'avait pas encore abordé le sujet qui l'amenait dans le gymnase.
- Quand nous avons mis les cours en place, nous avions adapté les durées de chaque matière en fonction des besoins des jeunes. Au fil du temps, tu as sensiblement augmenté la durée de tes créneaux et je n'ai rien dis car personne ne semblait s'en plaindre. Mais il me semble évident à présent que tes élèves n'arrivent plus à suivre et l'épuisement peut être aussi dangereux à long terme que le manque d'entrainement.
Harry fit une pause, jaugeant la jeune femme du regard, qui, l'air butée, les bras croisés, ne desserra pas les dents.
- Le combat ce n'est pas tout dans la formation d'un soldat, reprit-il voyant qu'elle n'avait pas l'intention de répondre quoi que ce soit. Pour l'instant seuls Severus, Draco, Blaise et Hermione sont capables de confectionner des potions de soins et s'il leur arrivait quoi que ce soit, les nouvelles recrues seraient dans l'incapacité de se soigner correctement. Je pense donc qu'il faut revenir à l'ancienne formule de 3 heures de combats par jour. 4 heures le samedi matin. Et d'ajouter 1 heure de potion obligatoire pour tous du lundi au vendredi.
- Tu plaisantes ? Grinça Katarina en se levant d'un bond, les yeux lançant des éclairs. Nous sommes en guerre Harry ! Ce qui compte en temps de guerre, c'est le combat, pas la cuisine ! Tu ne peux pas envoyer sur le terrain des recrues sous-préparées ! Tu ne crois pas qu'il y a assez de morts comme ça ?
- Tu les entraineras quelques jours de plus avant de les envoyer sur le terrain voila tout, riposta sèchement le survivant.
Katarina ouvrait la bouche pour protester quand la porte du gymnase claqua. Les deux résistants se tournèrent vers l'entrée où venait d'apparaître Ghislaine Costelloe.
- Il faut que je te parle, grinça la femme en dardant un regard glacial sur Harry, l'intimant silencieusement de se retirer.
Le jeune homme jeta un regard à Kit qui haussa les épaules d'un air fataliste.
- Faisons comme tu voudras, marmonna-t-elle en se dirigeant vers sa mère.
Harry hocha la tête et, saluant Ghislaine d'un bref signe de tête, il sortit sans demander son reste, de peur que Katarina ne revienne sur son accord.
Restée en tête à tête avec sa mère, Kit lui fit signe de prendre le chemin du bâtiment principal.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive, maman ?
- Il faut qu'on parle de cette histoire d'opération…
Katarina se rembrunit aussitôt et ne put retenir un soupir parfaitement audible.
- Ne souffle pas, siffla Ghislaine, j'estime être en droit de demander quelques explications.
- Il n'y a rien à en dire. Comme Harry vous l'a dit, j'ai été blessée en mission, mon état a nécessité une opération. Point. Il n'est pas utile que tu connaisses les circonstances dans lesquelles j'ai été blessée.
- Je me fiche totalement des détails, s'emporta Ghislaine. Comment as-tu osé subir une telle opération sans prendre la peine de me consulter ? Je suis ta mère, j'ai tout de même mon mot à dire sur ce genre d'évènement !
Katarina écarquilla les yeux d'étonnement, stoppant net sa marche. Elles étaient presque arrivées à la hauteur du bâtiment principal et quelques personnes trainaient dans la cour. Ce fut la seule chose qui retint la remarque cinglante qui s'apprêtait à franchir ses lèvres. Que croyait donc sa mère ? Qu'elle avait subi une opération de chirurgie esthétique ? Hermione et David avaient dû prendre une décision dans l'urgence, et ce dans le seul but de lui sauver la vie ! Quand bien même les moyens de communication auraient été en fonctions, prévenir sa mère aurait été le cadet de leurs soucis.
Quant à demander une quelconque permission…
Alors que la femme la sommait de s'expliquer et que Kit sentait s'évaporer le peu de patience qu'il lui restait, elle avisa, sur sa droite, Anthony et un de ses camarades qui trainaient non loin d'elle, hésitant visiblement à l'aborder.
- Quoi ? Aboya-t-elle, tournant le dos à sa mère pour leur faire face.
- Euh, commença Anthony d'un air embarrassé, poussé discrètement en avant par son ami, on a entendu des trucs…
- Des trucs ?
- Ouais… Enfin Harry nous a dit un truc…
- Accouche Tony !
- Ouais bon… euh… c'est vrai cette histoire de potions ? On va vraiment se taper des cours en plus ?
- Pas en plus, grimaça Kit, à la place… Il y aura moins de cours de combat.
Les deux adolescents échangèrent un regard, partagé entre le soulagement et l'agacement.
- Vous auriez pu nous demander notre avis, tu crois pas, râla Anthony.
- Ah ça suffit hein, explosa Katarina, je ne vais pas payer les pots cassés à la place d'Harry, si vous êtes pas contents, allez vous plaindre à celui qui a eu cette brillante idée, et fichez-moi la paix !
Plantant là les deux adolescents comme sa mère, la jeune femme s'engouffra dans le bâtiment, prenant d'un pas rapide la direction de sa chambre.
Marmonnant des imprécations contre son irresponsable et insolente de fille, Ghislaine partit d'un pas rapide à la recherche de son époux.
Restés seuls dans la cour, Anthony et son ami se regardèrent, dépités.
- En attendant, soupira ce dernier, ça hurle dans tous les sens, mais on se coltine quand même la chauve-souris…
- C'est du mec de ma sœur dont tu parles, protesta Tony sans grande conviction.
Son camarade haussa les épaules d'un air indifférent et les deux comparses rejoignirent leurs camarades qui attendaient avidement la confirmation des nouvelles données par Harry.
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Le soir était déjà tombé depuis longtemps quand Severus rentra dans ses quartiers après être passé par les douches. Retirant sa robe se sorcier qu'il avait enfilée par-dessus son pyjama noir, il s'appuya contre le mur et observa sans mot dire sa compagne qui nettoyait rageusement une épée déjà étincelante.
Sentant le regard réprobateur de l'homme posé sur elle, Kit finit par lever un regard interrogateur.
- Quoi, demanda-t-elle au bout de quelques minutes, constatant que Severus n'avait pas l'intention de parler le premier.
Ce dernier se contenta de hausse un sourcil en prononçant un seul mot : « cuisine ? »
Il n'en fallut pas plus à Katarina pour éclater de rire, se libérant de toute la tension qu'elle avait accumulée au cours de la journée.
Ravie d'avoir ainsi détendu la jeune femme, Severus se glissa dans le lit. Elle ne tarda pas à poser son arme et son chiffon et à se blottir contre lui. Il l'attira plus près sans un mot, éteignant les lumières d'un coup de baguette. Ce n'est qu'un long moment plus tard qu'ils s'endormirent enfin, totalement apaisés.
