Chapitre 11 Heda sis osir au
Polis, salle du trône, douze jours plus tard.
« Heda, un groupe de Skaikru demande une audience, ils disent que c'est urgent ! » Annonça un garde à Lexa assise sur son trône en compagnie de son second.
« Quand sont-ils arrivés ? » Demanda Indra.
« A l'instant, ils ont voyagés dans leur monstre de fer, certains d'entre eux sont blessés. »
« Faites-les entrer ! » Ordonna Lexa, le visage grave.
Cinq minutes plus tard les portes de la grande salle s'ouvrirent, laissant apparaitre, Octavia, Lincoln et Murphy, tous les trois portaient sur le visage les stigmates d'une bagarre. Indra se précipita vers son second.
« Octavia ! » Dit la guerrière en observant la lèvre fendue de la jeune femme et sa tempe bleuie par un coup.
Indra s'apprêtait à poser un million de question, lorsque Lexa la devança :
« Qu'est-ce qu'il se passe Skaikru ? Que vous est-il arrivé ? »
Murphy s'avança et prit la parole.
« Alie ! Heda…Alie a pris le contrôle d'Arkadia… »
« Où est le chancelier Kane ? » Demanda Lexa.
« Le chancelier Kane est devenu l'un des leurs, nous sommes les seuls à avoir pu nous échapper. Raven est en bas dans le Rover, inconsciente.»
« Clarke ? » Demanda Lexa inquiète.
Octavia esquissa un sourire rassurant : « Clarke va bien. Elle s'est aussi échappée. Avec Bellamy et Jasper ils couvrent nos arrières, ils arriveront à Polis d'ici peu. Il était préférable de se scinder en deux groupes pour brouiller les pistes. »
Lexa respira à nouveau.
« Nous avons besoin de votre aide ! » Lança Murphy.
« Vous dites que tous les votre sont sous l'influence de cette chose ? »
Les trois jeunes gens acquiescèrent d'un hochement de tête.
« Indra fais prévenir la garde ! Renforce la surveillance à la frontière et envois des messagers sur les territoires pour les informer de la menace qui pèse sur nous. »
« Heda il faut isoler Raven… »
« Pourquoi cela ? »
« Elle est contaminée…Elle a pris la puce. En découvrant les plans d'Alie elle a essayé d'échapper à son contrôle…Mais, Alie a pris possession d'elle, tout ce qu'elle voit tout ce qu'elle entend Alie l'entend aussi.» Expliqua Murphy.
« Vous avez fait entrer cette chose dans ma cité ? » Hurla Lexa en bondissant de son trône.
« Nous lui avons administré un sédatif. Il faut qu'on trouve un moyen de lui retirer la puce. Raven peut nous aider à nous débarrasser d'Alie. »
Lexa réfléchit un instant, il aurait était tellement simple de couper la gorge de la jeune mécanicienne pendant son sommeil. En observant le commandant faire les cents pas Murphy ajouta :
« Commandant, il faut sauver Raven ! Elle saura quoi faire pour sauver Arkadia. »
« Je vous avais prévenu Skaikru, vous disiez contrôler la situation ! »
« Nous avons échoué et nous demandons votre protection Heda. » Dit humblement Octavia en baissant la tête.
Lexa avait envie d'hurler, après tout ce qu'elle avait sacrifié pour tenir cette coalition en place et faire du peuple de l'arche le treizième clan voilà que l'histoire se répétait. Décidément, ce peuple ne lui attirait que des ennuis. Lexa aurait pu tuer Raven pour être certaine qu'Alie ne se servirait pas d'elle pour avoir des informations ou pire envahir sa cité, mais elle se dit que Clarke ne lui pardonnerait pas un tel geste. Après une minute d'hésitation qui parut durer des heures pour Octavia et ses amis, Lexa ordonna :
« Gardes, conduisez la fille dans une chambre, bandez lui les yeux et ligotez là. »
« Ca ne sera pas nécessaire, elle est sous sédatif et nous pouvons la maintenir encore un peu dans cet état. » Dit Octavia.
« Deux précautions valent mieux qu'une. Raven est sous votre responsabilité, Lincoln Octavia surveillez-là. En attendant que l'on sache quoi faire. »
Octavia le regard plein de gratitude s'inclina devant Heda et disparut avec Lincoln, laissant Murphy face à Lexa qui reprit sa place sur son trône.
« Maintenant John Murphy…Dis-moi tout ce que tu sais. »
Au même moment dans la forêt.
« Nous devrions atteindre Polis demain à l'aube. » Dit Clarke en repoussant une branche qui lui barrait la route.
« Les autres doivent déjà y être à l'heure qu'il est. » Ajouta Jasper son fusil braqué devant lui.
« Reste à voir quel accueil ils ont eu… » Marmonna Bellamy en balayant les alentours du regard, toujours sur ses gardes.
« Aller à Polis était la seule solution, le commandant nous aidera. » Dit Clarke.
Bellamy leva les yeux au ciel.
Clarke avait l'air soucieuse, d'un coup elle interrompit sa marche et se retourna vers Bellamy qui marchait derrière elle.
« Comment as-tu fais Bell ? »
« Comment j'ai fait quoi ? Clarke ça va pas recommencer !»
« Comment as-tu fais pour échapper à Jaha ? La dernière fois que je t'ai vu, tu étais prisonnier avec Kane et les autres. Et on sait ce qu'il leur est arrivé. »
Bellamy en fronçant les sourcils.
« Ça fait dix fois que je te le répète Clarke, je me suis échappé quand ils sont venu me chercher pour me conduire à Jaha pour me refiler leur saloperie. J'ai frappé les deux gardes, j'ai pris leur arme et je me suis faufilé à l'extérieur, c'est là que je vous suis tombé dessus ! »
Clarke dévisagea le jeune homme, en essayant de sonder à nouveau son regard.
« Bon sang Clarke ! Je n'ai pas avalé leur truc ! Même si j'étais au fond du trou, jamais je n'aurais pris leur puce. Et ils n'ont pas eu le temps de tenter de me contraindre ! Tu peux me faire confiance ! »
Jasper tapota l'épaule de la jeune femme.
« Il dit vrai Clarke, arrêtes un peu ! »
Clarke prit un air d'excuse, avec tout ce qu'elle avait vécu ces derniers jours elle devenait complétement parano.
Les trois jeunes se remirent en marche.
« Il faut qu'on trouve la deuxième version du programme d'Alie dont Raven m'a parlé quand elle était encore lucide et que cette garce n'avait pas encore prit le contrôle de son corps. »
« Si quelqu'un peut nous aider c'est bien Lexa. Je suis certaine qu'elle en sait plus que ce qu'elle a bien voulu nous le dire.» Répondit Clarke pour rassurer son ami.
« J'espère que tu as raison…Sinon bientôt nous serons tous lobotomisés et envoyés dans la cité de la manipulation. »
Tous soupirèrent en pensant à leurs amis désormais esclaves de la femme en rouge.
Lexa observait sa cité depuis le balcon de la salle du trône, des milliers de petites lumières émergeaient les unes après les autres de la pénombre. C'était toujours un spectacle réconfortant pour le commandant. Lorsqu'elle était soucieuse elle aimait passer du temps à contempler sa cité de ce point culminant. Elle espérait du plus profond d'elle-même qu'un jour la flamme de la tour de Polis deviendrait un phare pour le monde, qui guiderait les peuples vers un futur meilleur.
En silence Lexa réfléchissait, serrant dans sa main la puce bleue au symbole de l'infini que Titus lui avait donné avant son départ pour Arkadia. Soudain, des bruits de pas dans son dos, la sortirent de sa réflexion.
« Heda, comme vous nous l'avez ordonné la ville est en quarantaine, j'ai doublé la garde et les messagers ont été envoyés aux douze clans. »
« Merci Indra. » Murmura Lexa sans quitter l'horizon du regard.
« Heda…Qu'elles sont les consignes concernant le groupe de Skaikru qui est en chemin ? »
« Envoyez des cavaliers à leur recherche, d'après leurs amis ils ne doivent plus être très loin. Qu'on les escorte jusqu'à moi en toute sécurité.»
« Bien Heda. » Indra s'inclina et se retira.
Laissant Lexa à ses pensées. La guerrière appréhendait de revoir Clarke, elle n'avait pas imaginé que leurs retrouvailles se feraient dans de telles circonstances. Elle se sentait coupable de l'avoir abandonnée derrière alors que la menace Jaha n'était pas écartée. Elle avait laissé sa rancœur et son sentiment de trahison prendre le dessus sur sa tête. Elle aurait dû s'assurer que Jaha était hors d'état de nuire avant de quitter Arkadia. Mais, rester auprès de Clarke lui était alors insupportable, il fallait qu'elle s'éloigne de peur d'être à nouveau blessée. Lui devait-elle des excuses ? Oui certainement. En était-elle capable ? Peut-être pas.
Au même moment dans la Tour de Polis deux étages plus bas.
Comme l'avait imposé Heda, Raven était ligotée au lit, un bandeau lui barrait les yeux. Deux hommes gardaient la porte. A l'intérieur de la pièce assis sur des fauteuils Lincoln et Octavia veillaient sur la jeune femme.
« Moi qui croyais qu'on en avait terminé avec tout ça… » Murmura Octavia, l'air triste.
Lincoln saisit la main de la jeune femme et l'invita à venir s'asseoir sur ses genoux.
« On surmontera tout ça…Nous sommes en sécurité ici. »
« Tu crois ? » Lui demanda Octavia qui semblait complétement abattue, elle qui avait tellement cru que cette fois-ci la paix serait durable.
« J'en suis convaincu…Et plus importants, nous sommes ensembles. » Lui dit Lincoln avec un sourire tendre.
Octavia posa sa main sur la joue du guerrier et déposa un doux baiser sur ses lèvres.
« Je t'aime tellement Lincoln. » Dit-elle en laissant tomber sa tête contre le torse de son homme qui l'enveloppa de ses bras.
« Moi aussi je t'aime… » Lui répondit-il en respirant les cheveux de la jeune femme.
Ils restèrent enlacés quelques minutes en silence, lorsque soudain, Raven commença à remuer malgré ses entraves.
« Elle se réveille. » Annonça Octavia en allant s'asseoir sur le rebord du lit.
« Il faut la rendormir. » Dit Lincoln en sortant une seringue du sac posé au pied du lit.
« Attends…Je veux savoir comment elle va. »
« Octavia, on ne peut pas prendre de risque… »
« Quelques minutes Lincoln, laisse lui quelques minutes… » Répondit Octavia en lui faisant signe de ne pas bouger.
Raven émit quelques gémissements avant de balbutier :
« Qu'est-ce qui m'arrive ? Où suis-je… »
« Shhhh Raven c'est moi Octavia… » Dit la jeune guerrière en caressant les cheveux de son amie pour la rassurer.
Raven essaya de bouger mais sentit qu'elle était retenue par des liens.
« O ? Pourquoi je suis attachée ? » Dit Raven en commençant à paniquer.
En entendant les supplications de Raven pour qu'on la détache, Octavia se sentit impuissante, elle avait mal au cœur de voir son amie dans cet état. Elle essaya de la calmer, mais Raven se débattait et se rendant compte que cela ne servait à rien elle se mit à pleurer à chaude larme en suppliant son amie de lui retirer son bandeau.
« Octavia…Ne l'écoute pas, ce n'est pas Raven… » Lui rappela Lincoln.
« Raven si tu peux m'entendre, bats toi… Bats-toi contre cette chose ! Nous ne t'abandonnerons pas ! » Dit Octavia émue.
Soudain, Raven laissa échapper un rire démoniaque.
« Petite fille stupide ! Raven n'est plus là depuis longtemps ! »
Octavia sentit la colère s'emparer d'elle.
« Je sais que tu mens Alie ! On va trouver un moyen de te sortir de sa tête ! »
« Accepte la cité des lumières et tu retrouveras ton amie. » Répondit Alie.
« Jamais… »
« Dans ce cas… »
Raven se mit à convulser en criant à plein poumon. Son corps s'arquait dans tous les sens. Alie était en train d'infliger à son hôte d'incommensurables tourments. Octavia plaqua la mécanicienne sur le lit. Tandis que Lincoln se précipita pour lui faire la piqûre. Raven s'agita encore quelques secondes, puis tomba à nouveau dans l'inconscience.
Octavia une larme aux coins des yeux regarda Lincoln.
« …Que vas-t-on faire ? »
« Ce qu'on fait toujours…Se battre pour survivre… »
Après son entretien avec Heda durant lequel, Murphy avait résumé les événements des derniers jours, le jeune homme avait décidé de s'éloigner pour quelques heures de la tour. Il avait besoin d'air frais et de se retrouver seul pour faire le point. A la tombée de la nuit, il avait trouvé refuge dans une taverne. Il se fit servir une collation et plusieurs chopes d'alcool. Si John devait bientôt se retrouver esclave d'Alie, il entendait bien profiter de ses derniers moments de liberté. C'est rassasié et enivré qu'il quitta les lieux et arpenta les rues sans but précis.
Au détour d'une sombre ruelle, dans son dos une main s'abattit sur lui. Il sursauta tandis qu'on le faisait pivoter sur lui-même.
« Qu'est ce qu… ? Emori ! »
La jeune femme lui sauta dans les bras.
« John ! »
Il crut rêver, mais c'est lorsqu'il sentit la jeune femme se coller contre lui qu'il réalisa que tout cela était bien réel.
« Depuis, ton arrestation je t'ai cherché partout ! » Lui dit la jeune femme en prenant du recul pour le regarder.
« Je suis désolé, les choses ont été folles ces derniers jours…J'ai cru que je ne te reverrais jamais ! »
La jeune femme se précipita sur les lèvres de Murphy qui lui rendit son baiser avec la même envie. En l'embrassant Murphy réalisa à quel point Emori lui avait manqué. Il éprouvait des sentiments sincères et profonds pour cette femme. Emori, conduisit Murphy jusqu'au squat dans lequel elle avait trouvé refuge à son arrivée à Polis. Une petite maison à moitié délabrée aux confins de la ville. A la porte d'entrée branlante, Murphy devina que la vie n'avait pas dû être facile pour la jeune femme. Les gens comme elle prenaient des risques en s'exposant au sein de la cité. Il fût ému de voir, que la jeune femme était restée pour lui à vivre dans des conditions déplorables, se mettant en danger chaque jour pour entretenir l'espoir de le revoir un jour.
Emori alluma les deux chandelles qui éclairaient la minuscule pièce. Une table, un tabouret bancal, un tonneau pour faire sa toilette et une paillasse à même le sol voilà tout ce à quoi se résumaient les lieux.
A peine entrée, Emori enlaça à nouveau Murphy qui la saisit par le bas de ses cuisses pour la soulever du sol. Elle entoura ses bras autour du cou de son compagnon et l'embrassait encore et encore tandis qu'il l'appuyait contre le mur.
« Oh tu m'as tellement manqué… » Lui murmura-t-il.
Emori le regarda dans les yeux un instant avant de reprendre sa bouche avec avidité.
Murphy déposa la jeune femme sur ce qui lui servait de couchage. Sa compagne saisit le bord de sa veste et commença à dévêtir le jeune homme. Murphy fît de même en lui arrachant son t-shirt à la hâte puis, en déboutonnant son pantalon, qu'il fit glisser le long de ses jambes avant d'embrasser ses cuisses arrachant des gémissements de plaisir à la jeune femme. Maintenant qu'ils s'étaient retrouvés, ils ne pouvaient plus se lâcher. Un désir profond attisait tous leurs sens. Ce soir-là, John Murphy fît l'amour à Emori comme il ne l'avait jamais fait à aucune autre, sans mensonge, sans masque, il communia avec elle avec une sincérité inédite. Il en était sûr, elle était la femme dont il était tombé profondément amoureux. Et cet amour était peut-être la seule vérité dans la vie du jeune homme.
Un bond dans le temps et nous voilà aux portes d'une
nouvelle catastrophe.
Clarke est en chemin on la retrouve dans le prochain chapitre :)
J'espère que vous avez aimé ;)
