Coucou tout le monde !
Désolée d'avoir tant tardé à publier un nouveau chapitre mais je n'ai francement eu ni le temps ni l'inspiration nécessaire. Je désespérais un peu, d'ailleurs, et puis, tout d'un coup, je me suis mise à écrire et je n'ai plus su m'arrêter: ce chapitre est donc le fruit d'un seul jet, je n'ai pas vraiment relu pour l'instant 'là, je vais me coucher lol) donc n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, comme toujours !
Merci et bonne lecture !
Chapitre 10 : Un retour mouvementé
Les quelques jours de vacances restant passèrent à toute vitesse, et, entre une visite surprise de ses parents et des entraînements de patinage plus intensifs et plus longs, le lundi de la rentrée arriva sans que Sybyl n'ait ne serait-ce qu'une minute à elle. Elle avait échangé quelques messages avec Castiel, bien sûr, mais elle ne l'avait pas revu depuis ce fameux jour à la plage et… Leur baiser. Son premier baiser. Elle avait passé la fin de la semaine à se repasser les événements en boucle et, si elle avait toujours des papillons dans le ventre au souvenir de ce moment de tendresse, elle se rappelait également avec une parfaite clarté le visage interdit du jeune homme et ne pouvait s'empêcher de se demander si elle n'avait pas été trop loin, trop vite. C'est pourquoi, en ce matin de reprise des cours, elle hésitait devant sa garde-robe, incertaine : que choisir ? Une tenue décontractée ? Quelque chose d'un peu plus apprêté ? Ou…
*Argh ! Tu es ridicule, ma pauvre ! S'il t'appréciait… T'aimait comme tu étais… Comme tu es, il n'y a aucune raison que ça change ! S'il avait voulu d'une poupée Barbie, il aurait choisi Ambre !*
Exaspérée, l'adolescente saisit un jean, un haut à manches courtes et un cardigan tout simple avant de refermer la penderie d'un geste décidé.
*Et en plus, je vais finir par être en retard !*
Elle s'habilla en hâte, saisit son sac et dévala les marches avant d'aller se percher sur un tabouret de la cuisine où Tata lui tendit son bol de céréales et son verre de jus de fruits en souriant. Les deux cousines papotèrent gaiement puis, le déjeuner avalé, la jeune femme débarrassa la table et se mit à la vaisselle : Sybyl l'embrassa et, après avoir enfilé ses chaussures, passa la lanière de son cartable sur son épaule et sortit. Elle remontait la petite allée menant à la rue lorsque, du coin de l'œil, elle aperçut un mouvement sur sa droite. Tournant machinalement la tête, elle se figea, stupéfaite : là, appuyé contre le cerisier du jardin, les mains dans les poches et un air innocent sur le visage, se tenait Castiel.
Ils se regardèrent en silence pendant un moment puis le jeune homme haussa un sourcil et, se redressant d'un coup de reins, se dirigea lentement vers elle, un sourire narquois sur les lèvres. Incapable du moindre geste, elle se contenta de le fixer, l'esprit vide, le cœur battant la chamade et l'estomac noué. Il s'arrêta lorsqu'ils ne furent plus séparés que par quelques centimètres et l'observa, clairement amusé ; quelques instants plus tard, il se pencha brusquement, amenant sa bouche à hauteur de celle de l'adolescente tétanisée.
« Salut, gamine. », murmura-t-il, avant d'effleurer gentiment ses lèvres des siennes.
Remarquant les yeux écarquillés de son amie, il esquissa un geste pour se redresser mais, comme si son recul l'avait sortie de sa transe, elle l'attrapa par la nuque et initia un contact plus franc entre eux, ferma les yeux et lui caressa doucement les cheveux ; Castiel poussa un soupir de contentement et, abaissant les paupières à son tour, il entoura la taille fine de son amie de ses bras et la serra contre lui.
« Ahem. »
Les deux tourtereaux sursautèrent et se séparèrent précipitamment, le souffle court et écarlates, sous l'œil rieur de Tata.
« Hé bien hé bien, ma chérie… On peut dire que tu as bon goût ! », s'exclama-t-elle, détaillant le jeune homme d'un air appréciateur, les faisant rougir un peu plus.
« Que… », Sybyl s'éclaircit la gorge et reprit : « Tu voulais quelque chose ? »
Le sourire de sa cousine s'élargit et elle secoua la tête : « Je voulais juste te demander à quelle heure tu rentrais, que je sois prête. »
« Oh… Tu m'accompagnes, ce soir ? »
« Bien sûr mon cœur, je ne voudrais pas rater l'occasion de voir ton beau Damien. »
A cette réplique, Castiel lui jeta un regard de biais et, partagé entre la colère et le doute, articula silencieusement : « TON Damien ?! »
L'adolescente leva les yeux au ciel : « Tata… Premièrement, Damien n'est à personne, surtout pas à moi. Deuxièmement, je crois me rappeler très nettement qu'il a été plutôt… Euh… Explicite, la dernière fois. »
Tata éclata de rire et fit un petit geste de la main pour balayer ses arguments : « Il m'adore. Il ne le sait pas, c'est tout. Et s'il ronchonne, je lui dirai que je suis venue supporter ma parente préférée. »
« Oh non, je ne veux pas que tu me mêles à ça ! Il serait capable de se venger sur moi ! »
« Tu n'es pas drôle… Bah, c'est sans importance, il est si mignon quand il boude ! Allez, file, ma grande, tu vas finir par être en retard ! Et n'oublie pas de communiquer tes résultats d'examens à tes parents ! Bye ! »
Et sur ce, elle disparut dans la maison, sous le regard de deux adolescents stupéfaits.
« Bon… Hé bien… Je te présente ma cousine, Tata. Comme tu l'auras sans doute remarqué, elle est un peu… Euh… Extravagante. »
Le jeune homme se contenta de hocher lentement la tête, pas très sûr de la manière dont réagir.
« Bon… Et si on y allait ? On va vraiment finir par être en retard. »
Il lui emboîta le pas sans un mot et c'est en silence qu'ils gagnèrent le lycée. Au moment de passer les grilles, elle lui attrapa doucement le bras et le retint.
« Castiel… Tu peux me parler, tu sais ? Je vois bien que quelque chose ne te va pas. »
Il ouvrit la bouche, sur le point de protester, mais se ravisa et, poussant un soupir, se passa la main dans les cheveux.
« C'est juste que… C'est qui, ce Damien ? Et qu'est-ce que tu vas faire avec lui, ce soir ? Fin non, qu'est-ce que tu fais avec lui, tous les soirs et les week-ends et… Je parie que tu l'as vu pendant les vacances, lui, pas vrai ? »
« Hé bien… Oui, c'est vrai… Mais techniquement, on s'est vus aussi, toi et moi. Je te taquinais, te fâche pas ! », s'empressa-t-elle d'ajouter en voyant son expression se durcir. « C'est un peu long à expliquer et là, on doit vraiment y aller mais je t'expliquerai plus tard, d'accord ? »
Voyant l'adolescent se renfrogner un peu plus, elle posa sa main sur sa joue et lui sourit gentiment : « Promis ! »
« Ok, ok. Mais… »
A cet instant, la sonnerie annonçant le début des cours retentit la jeune femme se hissa sur la pointe de pieds et lui fit la bise, tout sourire.
« Je t'adore, t'es le meilleur ! »
« Ca, je le savais déjà. », se rengorgea-t-il.
« Bon, allons voir nos résultat d'examens, que je puisse rassurer mes parents ! »
Sur ce, elle traversa la cour à toute vitesse et disparut dans le bâtiment principal, sous le regard amusé de son ami.
Dès qu'elle eut passé la lourde porte, elle se précipita vers le tableau d'affichage qui, à son grand désappointement, était vide.
*Tiens, c'est bizarre… C'était aujourd'hui, pourtant, la publication des résultats… Je vais demander à Nathaniel ce qui se passe.*
Forte de cette résolution, elle poussa la porte de la salle des délégués et se retrouve face à Melody.
« Bonjour ! Tu as passé de bonnes vacances ? », s'enquit la brune, avec un sourire.
« Salut ! Oui, très, et toi ? »
« Ca a été, j'ai profité du beau temps. »
« Dis… Tu ne saurais pas où est Nathaniel, par hasard ? »
« Non, désolée. Je peux peut-être t'aider ? »
« Je me demandais juste quand les résultats des examens allaient être communiqués… »
« Oh. J'ai cru comprendre que la directrice allait les afficher rapidement ici, mais elle avait l'air débordée, son chignon était tout défait… »
« Aie, ça, c'est jamais bon signe… Bon, ben je ne vais pas te déranger plus longtemps, je repasserai plus tard. A tantôt, Melody. »
« Au revoir. », répondit-elle en replongeant dans ses tâches administratives.
Dépitée, Sybyl retourna dans la salle de classe et se laissa tomber sur sa chaise avec un soupir.
« Oh, toi, ça n'a pas l'air d'aller. Tu me racontes ? », demanda Iris.
« Bah, je suis un peu nerveuse, c'est tout. Je pensais que les résultats des examens seraient affichés dès le matin mais… Enfin, ça devrait plus tarder, je suppose. »
« Ah oui, c'est vrai que c'est ennuyant. Mais je suis sûre que tu auras de très bonnes notes, ne t'inquiète pas. », lui offrit la rouquine avec un sourire.
« On verra. Enfin. Comment se sont passées tes vacances ? »
« Très bien, merci. J'ai fait quelques excursions avec mes parents, des visites touristiques et un parcours aventures. »
« Ce truc où tu es dans les arbres ? »
« C'est ça ! Tu en as déjà fait ? »
« Une fois oui, et je me suis amusée comme une folle ! »
« Moi aussi ! E toi, qu'est-ce que tu as fait de beau ? »
« Rien de bien spécial. J'ai passé une journée à la plage et mes parents sont venus passés quelques jours avec moi. On a profité du beau temps. »
« Vous ne vivez pas ensemble ? »
« Non, ils voyagent beaucoup pour leur travail alors, je vis seule. Enfin, je vivais seule. Ma cousine a décidé de me tenir compagnie un moment. »
« Oh, c'est comme Castiel ! Je veux dire, lui aussi vit seul parce que ses parents bougent beaucoup. Mais je ne crois pas qu'il ait une cousine qui se soit incrustée chez lui. »
« Avec son charmant caractère, il la renverrait aussitôt chez elle ! »
« Euh… Oui, probablement. », répondit l'adolescente, clairement mal à l'aise.
« Je plaisantais, Iris. C'est un gentil garçon, quand il n'oublie pas ! », fit-elle avec un clin d'œil.
Cette fois, le sourire de la rousse ne vacilla pas et les deux amies échangèrent un regard complice. Repérant un mouvement dans le couloir, Sybyl tourna la tête juste à temps pour apercevoir la directrice s'engouffrer dans la salle des délégués pour en ressortir à peine quelques minutes plus tard.
« Ah, je crois que ça y est ! Je te laisse, je file voir si les résultats sont disponibles ! »
Elle quitta rapidement la classe et se hâta vers le local d'en face passant la tête par la porte, elle repéra Melody, debout près des casiers, une expression soucieuse sur le visage.
« Melody ? Tout va bien ? J'ai vu la directrice entrer et je me suis dit que les examens devaient être affichés. »
« Malheureusement, non, pas encore. Apparemment, il y a un problème d'organisation et les résultats ne seront pas publiés tout de suite. »
« Ah ? Et est-ce qu'on les aura aujourd'hui ? »
« Oui, ils devraient être dévoilés dans la journée mais je n'ai pas plus de précisions, désolée. »
« Bon, reste plus qu'à attendre alors. Merci Melody. »
Sybyl ressortit de la pièce et était sur le point de se rendre dans la cour lorsque le carillon signalant une annonce retentit, suivi de la voix de la directrice.
« Merci à tous les élèves de se rendre immédiatement en salle de classe B. »
*Allons bon, qu'est-ce qu'il y a encore ?*, se dit la jeune femme en gagnant le local demandé.
Poussant la porte, elle s'aperçut que la majorité des étudiants étaient déjà réunis ; elle repéra un banc libre, dans le fond de la classe, près de la fenêtre, et s'y rendit rapidement, saluant au passage les élèves qu'elle n'avait pas encore vus.
Elle se glissait sur sa chaise lorsque la directrice fit son entrée, suivie de Monsieur Faraize, l'air aussi peu sûr de lui que d'ordinaire. Elle trottina jusqu'au bureau tandis qu'il fermait la porte et tentait de ne faire qu'un avec le papier peint.
« Bien, bien. Alors, tout le monde est-il là ? », interrogea la vieille dame en balayant la pièce du regard. « Evidemment, j'aurais du me douter que… »
A cet instant, la porte s'ouvrit à la volée sur Castiel, manquant heurter le professeur d'histoire.
« Hé bien, quelle surprise ! Merci de nous faire l'honneur de votre présence, jeune homme. Dépêchez-vous de vous assoir. »
Sourd aux injonctions de la directrice, il scruta les étudiants jusqu'à ce qu'il repère Sybyl ; il la rejoignit calmement, prenant tout son temps pour parcourir les quelques mètres qui les séparaient, prenant plaisir à faire bouillir la doyenne, et, après avoir tiré bruyamment la chaise jouxtant celle de la jeune fille, s'y laissa tomber avec un rictus insolent. Il soutint le regard furibond de la principale, un sourcil haussé, jusqu'à ce que sa voisine lui flanque un coup de coude dans les côtes, détournant son attention. Satisfaite, la vieille dame reprit son petit discours : « Bien, comme je le disais à l'instant, je vous ai réunis ici pour vous annoncer un grand événement : afin de récolter des fonds, une course d'orientation va bientôt avoir lieu. Seulement, entre la correction des examens et les préparatifs de la course, nos professeurs sont un peu dépassés. Nous allons donc avoir besoin de votre aide. »
Quelques élèves commençant à protester, l'expression de la directrice passa en un clin d'œil de souriante et avenante à furieuse, et elle haussa la voix : « Silence ! Je ne vous demande pas votre avis ! Vos professeurs ont besoin de vous pour terminer à temps les préparatifs de la course tout en annonçant les résultats des examens trimestriels, vous allez donc les aider. Et si j'entends encore une plainte, vous n'aurez pas le choix de la tâche à accomplir ! »
Cela eut le mérite de tuer les récriminations dans l'œuf.
« Bien. Nous allons vous diviser en deux groupes : le premier s'occupera d'afficher les résultats des examens partout dans le lycée et le deuxième aidera pour la course. Je vais à présent vous appeler par ordre alphabétique : quand vous entendrez votre nom, vous énoncerez votre choix puis vous vous rendrez dans la cour pour attendre le reste de votre groupe. Des questions ? Parfait, parfait ! Commençons ! »
Tandis qu'elle se saisissait d'une liste, Castiel se tourna vers son amie : « Tu vas prendre quoi ? »
« Hum… Je ne sais pas encore… Et toi ? »
« Ca m'est complètement égal. », répondit-il en haussant les épaules.
« Silence ! », intervint la doyenne. « Alors… Ambre ? »
« La course. », dit la blonde en rejetant ses cheveux par-dessus son épaule.
« C'est noté. Veuillez sortir, jeune fille. Bien. Charlotte ? »
« Les examens. »
*Tiens, c'est bizarre, elle ne fait pas équipe avec Ambre ? Y aurait-t-il du rififi chez les bimbos ?*, songea Sybyl, amusée.
Tirée de ses pensées par un grognement venant de sa droite, elle se pencha discrètement vers l'adolescent et murmura : « Quoi ? »
« J'aimerais savoir ce que tu vas choisir. », grommela-t-il.
« Je te l'ai dit, je n'en sais rien encore. », répondit-elle, décidée à le taquiner un peu.
A cet instant, la principale se tourna vers eux : « Castiel ? »
L'interpellé se contenta de croiser les bras sur sa poitrine, l'air mécontent.
« J'attends, jeune homme ! Ne me forcez pas à choisir pour vous, vous risqueriez de ne pas apprécier ! »
Sybyl avait un mal fou à se retenir de rire : la vieille dame se transformait peu à peu en une furie écumante tandis que le rockeur endurait stoïquement ses œillades meurtrières.
« Bon, tu vas te décider, oui ? Je vais finir par avoir des ennuis, moi ! », siffla-t-il, assez bas pour qu'elle soit la seule à l'entendre.
« Huuuuum… Laisse-moi réfléchir… », répondit-elle en se tapotant la lèvre de l'index.
« Ca suffit, j'en ai assez ! Vu que vous êtes incapable de vous décider, vous vous occuperez de… », commença la doyenne, exaspérée.
« Les résultats. », souffla rapidement Sybyl.
« Les examens, m'dame ! », reprit tout haut Castiel, partagé entre l'agacement et l'amusement. Et, sans laisser le temps à la directrice de réagir, il empoigna son sac et sortit précipitamment.
« Reprenons. Kim ? »
« La course. »
« Lysandre ? »
« La course aussi, madame. »
« Melody ? »
« Les examens. »
« Rosalya ? »
« Les résultats. »
« Violette ? »
« La course, je pense… »
« Parfait, parfait. Bien, allez rejoindre vos groupes et… Euh, excusez-moi, jeune fille, je vous ai oubliée, je pense. »
« Ce n'est pas bien grave, madame. », répondit prudemment Sybyl en haussant les épaules. « Je vais aider à afficher les résultats. »
« Excellent. Filez, à présent. Et, si je peux vous donner un conseil, divisez-vous en petits groupes pour aller plus vite. »
« Très bonne idée, madame, je transmettrai votre message aux autres. »
Elle s'apprêtait à quitter le local quand Monsieur Faraize la retint : « Un instant, mademoiselle. Les résultats sont dans la salle des professeurs, qui est verrouillée. Je serais bien venu vous ouvrir mais je suis débordé ; je vous confie donc la clef, vous n'aurez qu'à venir me la rendre quand vous n'en aurez plus l'utilité. Ou la remettre à un autre professeur. »
« Bien, monsieur, merci de votre confiance. », le remercia l'adolescente avec un gentil sourire.
Elle se saisit de la petite clef et s'éclipsa.
*Le temps qu'il me dise tout ça, j'aurais déjà récupéré les feuilles et il aurait pu garder sa clef…*, songea-t-elle, amusée.
Elle fit donc un arrêt en salle des professeurs, prit les affiches, verrouilla à nouveau la porte et se rendit d'un bon pas dans la cour où les autres l'attendaient.
« Enfin, c'est pas trop tôt ! », s'exclama Charlotte. « Tu sais ce qu'on doit faire, au moins ? »
« Non, pas du tout. En fait, je me trimballe avec une pile de feuilles dans les mains juste pour le plaisir, je trouve ça drôle ! », ironisa la jeune femme en roulant des yeux. « Bon, voici les résultats : il faut les coller un peu partout dans le lycée. La directrice a suggéré de se partager le boulot, histoire d'aller plus vite. »
« C'est bon, pas besoin de faire ton intéressante ! Donne-moi ça ! », s'écria Charlotte en lui arrachant quelques pages des mains. « Je vais mettre ça au gymnase et après, je me barre ! », fit-elle en s'éloignant.
« Melody et moi allons nous charger de la cour et du club de jardinage. Ca te va, Melody ? », demanda Rosalya.
Voyant que la brune acquiesçait, elle prit délicatement une petite quantité de feuillets et les deux filles s'éloignèrent en discutant.
« Ca veut dire que je suis coincée avec toi ? Ah, pauvre de moi. », rit Sybyl.
« Ca avait pas l'air de te déplaire, ce matin, d'être seule avec moi. », rétorqua Castiel d'un ton narquois.
L'adolescente prit aussitôt une belle teinte écrevisse, faisant rire le jeune homme ; elle lui frappa gentiment l'épaule en secouant la tête et souffla.
« C'est bon, t'as fini de ricaner comme un idiot ? On a du boulot, je te signale ! », fit-elle en secouant les quelques affiches restantes.
« Oh, t'excite pas, gamine, je rigole si je veux ! »
« Comme tu veux, moi, j'y vais ! », dit-elle en effectuant un demi-tour et en se dirigeant vers le lycée, plantant là Castiel, bouche bée.
Décidément, il ne se ferait jamais à cette fille ! Elle était si bizarre ! Il était constamment pris au dépourvu.
*Au moins, je ne risque pas de m'ennuyer avec elle !*, pensa-t-il en souriant et en se précipitant à sa suite, lui ouvrant la porte avant qu'elle ne puisse le faire, son sourire s'élargissant devant son air surpris.
Elle secoua la tête, visiblement amusée, et le remercia d'une petite courbette moqueuse. Ils eurent rapidement fini d'afficher les résultats dans les couloirs et la cage d'escalier et s'apprêtaient à retourner en salle de classe pour rendre la clef à Monsieur Faraize quand Lysandre les intercepta.
« Ah, vous voilà, tous les deux. J'ai vos formulaires d'inscription pour la course. Tenez. », dit-il en leur tendant deux feuilles avant de s'éloigner en quête des autres élèves.
Sybyl et Castiel continuèrent sur leur lancée et allèrent rendre la clef à leur professeur d'histoire avant de consulter leurs résultats.
« Génial, je passe ! », s'exclama la jeune fille en sautillant sur place. « Et toi, ça donne quoi ? »
« C'est bon. »
« Super ! Ca veut dire qu'on a la journée libre, alors ? »
« En réalité, mademoiselle, » intervint la directrice, attablée au bureau principal, « il serait grandement apprécié si vous vous rendiez en salle de classe A pour apporter votre soutien aux élèves en difficulté. Après, vous aurez quartier libre. Dès que vous aurez signé l'autorisation de sortie auprès du délégué principal, bien sûr. »
« Oh… Bon… Dans ce cas, je… On s'y rend tout de suite, Madame. », répondit l'adolescente et, avec un regard d'avertissement à son compagnon, l'attrapa par le bras et le tira à sa suite avant qu'il n'ait eu le temps de protester.
Dès que la porte de la classe se fut refermée derrière eux, Castiel dégagea brusquement son bras et la foudroya du regard.
« Non mais, pour qui tu te prends, toi ? Si tu crois un seul instant que je vais t'obéir au doigt et à l'œil, tu te goures, ma petite ! C'est hors de question que je mmpphhh… »
La tirade véhémente du guitariste fut arrêtée net par une main appuyée fermement contre sa bouche.
« Bon, maintenant, tu vas peut-être m'en laisser placer une ? Avant de te rendre complètement ridicule ? Je sais bien que tu ne vas pas donner un coup de main au cours de soutien, je ne suis pas complètement stupide. Je t'ai juste évité une scène avec la directrice. Tu peux maintenant t'éclipser tranquillement, elle ne pourra même pas te reprocher d'avoir menti vu que tu n'as rien dit. »
Sur ce, elle fit volte-face et disparut dans la salle de classe A sans lui laisser le temps de réagir ou de dire quoique ce soit.
*Ca y est, j'ai encore foiré en beauté… Tu peux pas t'en empêcher, hein, crétin ! Lui cracher des méchancetés à la figure, alors qu'elle n'a rien fait de mal…*, pensa-t-il.
Parfois, il avait envie de se taper la tête contre les murs ! Bon… Il ne lui restait qu'une chose à faire… Attendre. En fait, non, deux choses à faire. Attendre et s'excuser. Encore. Et ce constat lui arracha une grimace. Ca lui arrivait bien trop souvent à son goût, ces derniers temps…
« Encore toi ! Enfin, ça ne m'étonne pas. Tu as besoin de cours de soutien dans quelle branche ? », lui demanda Charlotte d'un air hautain.
*Oh non, pimbêche, tu as mal choisi ton moment pour me chercher !*, songea férocement Sybyl.
« Navrée de te décevoir, Charlotte, mais j'ai eu d'excellents résultats. En fait, la directrice m'a demandé de venir donner un coup de main aux élèves en difficulté. »
« Oh… Tu as eu de la chance, c'est tout. Français ou mathématiques ? »
« Français. »
« Vas voir Kim dans ce cas, elle a eu quelques soucis. »
« A vos ordres, votre Altesse. », répondit-elle, la voix dégoulinant de sarcasme.
Elle rejoignit la jeune femme qui était penchée sur ses cours un peu plus loin, le front plissé sous la concentration.
« Salut. Tu veux un coup de main ? »
« Oh, ouais, ce serait sympa, y a deux-trois trucs que je comprends pas bien. »
L'adolescente passa une demi-heure à expliquer les accords des participes présents et l'emploi du subjonctif imparfait, jusqu'à ce que la brune ait bien tout compris.
« Ouah, super, merci beaucoup, c'est clair maintenant ! »
« De rien, c'était avec plaisir. Bon, je te laisse, je vais rentrer chez moi. A demain. »
« Ouais, à plus. »
Sybyl fit signe à Charlotte qu'elle avait rempli sa mission et, après s'être assurée que le couloir était vide, quitta la classe et se rendit en salle des délégués pour récupérer son autorisation de sortie.
Poussant la porte, elle se rendit compte que Nathaniel était occupé avec un autre élève : elle lui fit un petit signe et ressortit, attendant que la voie soit libre. Quelques minutes après, ce fut son tour et, en deux secondes, elle était en ordre au niveau administratif et était bien décidée à rentrer chez elle.
Malheureusement, elle était à peine arrivée dans la cour qu'elle se faisait aborder par un jeune homme aux cheveux bleus et à l'air décontracté.
« Salut ! Est-ce que tu pourrais me montrer où est la salle des professeurs ? Je suis nouveau et j'ai absolument aucune idée d'où je peux la trouver. »
Elle était sur le point de refuser quand elle aperçut Castiel qui s'approchait d'eux. N'ayant aucune envie de l'affronter pour le moment, elle décida de prendre son mal en patience.
« Oui, bien sûr. Suis-moi, je vais t'y emmener. »
« T'es sympa toi ! Merci ! »
Elle sourit gentiment et le guida jusqu'au local : « Voilà, c'est ici. Par contre, je ne sais pas s'il y a quelqu'un, l'organisation est un peu chamboulée pour l'instant. »
« Aucun problème, je vais attendre ici. Encore merci ! », répondit-il en s'asseyant dos au mur avant de sortir une console de sa poche.
L'adolescente le fixa quelques secondes, ébahie, puis haussa les épaules et revint sur ses pas, espérant pouvoir éviter un certain garçon aux cheveux rouges… Qui était appuyé contre les doubles portes donnant sur la cour.
*Evidemment…*
Carrant les épaules, elle se tint bien droite et s'avança dans sa direction sans lui prêter la moindre attention. Parvenue à sa hauteur, elle le fixa droit dans les yeux et, d'un ton parfaitement neutre, lui dit : « Excuse-moi mais j'aimerais rentrer chez moi. Pourrais-tu libérer le passage ? »
Pris de court, il fit automatiquement un pas de côté et la jeune fille en profita pour pousser le battant et sortir du bâtiment. Reprenant ses esprits, il lui emboîta le pas et, en quelques enjambées, la rattrapa. Ils marchèrent un instant en silence, elle l'ignorant et lui cherchant la manière dont l'aborder. Au bout d'un moment, il poussa un profond soupir et se jeta à l'eau : « Ecoute, Sybyl, je… Je suis désolé, ok ? Je me suis comporté comme un imbécile, j'ai été méchant et… Enfin bon, je m'excuse. »
« J'ai l'impression que tu passes ta vie à me présenter tes excuses… J'ignorais que c'était une de tes activités préférées… »
« Crois-moi, ça l'est pas. Mais… », répondit-il en se passant une main dans les cheveux, les ébouriffant un peu plus.
« C'est bon, Castiel. Laisse tomber, j'ai pas envie de me prendre la tête. »
Un silence gêné s'abattit sur le duo et c'est sans échanger un mot de plus qu'ils arrivèrent à destination : elle se retourna, s'appuya contre la petite barrière d'une main et planta son regard dans celui de son compagnon.
« Ce matin, je t'ai promis de t'expliquer qui est Damien et je tiens toujours mes promesses. Damien a 25 ans, c'est mon meilleur ami et mon entraîneur. Je fais du patinage artistique. C'est lui qui me fait travailler mes enchaînements, mes chorégraphies, c'est avec lui que je choisis mes tenues et mes musiques. Bref, on passe beaucoup de temps ensemble, parce que je m'entraîne énormément. Moque-toi si tu veux, crois-moi si tu veux. Sur ce, salut. Je suis fatiguée et j'ai envie d'être tranquille. Bonne fin de journée. »
Et elle le planta là, sans même jeter un regard en arrière. Le bruit de la porte d'entrée se refermant derrière elle le tira de sa torpeur mais il était trop tard, elle avait déjà disparu.
Tiraillé entre la colère, la tristesse et la curiosité, il rentra chez lui, perplexe.
Décidément, cette fille le rendait chèvre ! Une patineuse ! Rien que ça !
Castiel éclata de rire en l'imaginant dans un justaucorps à volants mais sa bonne humeur s'assombrit dès qu'il prit conscience qu'il aurait vraisemblablement à réitérer ses excuses le lendemain…
*Pfff, l'amour, ça craint !*, pensa-t-il rageusement.
Le lendemain, Sybyl arriva au lycée d'excellente humeur : l'entraînement de la veille lui avait fait un bien fou ! Elle se sentait relaxée et sereine et était curieuse de voir ce que la journée allait lui réserver. Toutefois, malgré son esprit léger, elle ne se sentait pas encore prête à pardonner à Castiel son attitude déplorable : cette fois, hors de question qu'il s'en tire à si bon compte ! Il allait comprendre que quelques excuses à la va-vite ne réglaient pas tout et qu'il devait réfléchir avant de s'emporter. Dans cette optique, elle avait pris soin de quitter la maison très en avance, pour être certaine qu'il ne l'attendrait pas devant chez elle. Elle allait lui donner une leçon dont il se souviendrait, foi de Sybyl !
*Bon, avant toute chose, je vais aller rendre mon formulaire, avant de le perdre !*, se dit-elle en poussant la porte de la salle des délégués. Sans surprise, Nathaniel s'y trouvait déjà, classant ses dossiers.
« Bonjour Nath ! Tu vas bien ? »
« Très bien, merci, et toi ? Tu es bien matinale, aujourd'hui. »
« Oui, je n'arrivais plus à dormir alors, je me suis dit que j'allais déjà venir, plutôt que de tourner en rond à ne rien faire. Tiens, c'est à toi que je dois remettre ça ? »
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Mon formulaire pour la course dûment rempli. »
« Ah non, tu dois le rendre au nouveau professeur de sport. Il doit probablement être au gymnase. Enfin, s'il est déjà arrivé. »
« Ok. Je vais jeter un œil, on ne sait jamais. Merci ! »
Elle gagna le gymnase sans se presser, savourant l'air doux de ce matin de printemps et le calme ambiant. Respirant profondément, elle sourit et entra dans la salle de sports aussitôt, un géant blond bodybuildé se précipita à sa rencontre.
« Bonjour, charmante demoiselle ! Que puis-je pour vous ? »
« Euh… Bonjour. Je suppose que vous devez être le nouveau professeur ? »
« Tout à fait exact, ma chère ! Belle et intelligente ! Vous avez toutes les qualités ! »
« Hé bien… Hum… Merci. Je suis venue vous rendre mon formulaire d'inscription à la course d'orientation. »
« Oh, formidable ! » Il y jeta un coup d'œil et, secouant la tête, le lui rendit. « Je suis désolé, mademoiselle, mais vous avez oublié d'y inscrire le nom de votre partenaire. »
« Mon partenaire ? Quel partenaire ? »
« Personne ne vous a expliqué ? Cette course se fait en binôme. Vous devez donc choisir un coéquipier. Revenez me voir quand vous aurez trouvé l'heureux élu ! »
« Je n'y manquerai pas, Monsieur… Euh… Monsieur ? »
« Appelle-moi Boris, ma chérie, pas de chichis entre nous ! »
« Bien sûr… Hé bien, à tout de suite alors, Boris. »
Sybyl ressortit précipitamment du gymnase, une main plaquée devant la bouche pour contenir son fou rire : une chose était sûre, ce prof était… Original !
*Donc, je dois choisir un équipier… Plus facile à dire qu'à faire ! Nathaniel, vaut mieux pas, j'ai pas envie de lui attirer les foudres de Castiel. Lysandre, je ne le connais pas assez, et en plus, c'est l'ami de Castiel donc il ne voudra probablement pas. Une fille alors ? Melody ? Non, elle a le béguin pour Nath, elle voudra certainement faire équipe avec lui. Rosalya m'a dit qu'elle allait se faire dispenser. Restent Iris ou Kim. Hum… Réfléchis, réfléchis…*
Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas que le temps avait filé, que la plupart des élèves étaient arrivés et qu'un garçon en particulier l'observait depuis quelques minutes, hésitant sur la manière de l'approcher. Finalement, il s'avança rapidement et se laissa tomber nonchalamment à ses côtés.
« Salut, gamine. Tu fais quoi ? »
« Oh, salut, Castiel. Rien de spécial, je réfléchis à mon choix de partenaire. »
« De quoi ? »
« Pour la course d'orientation. Je viens d'apprendre que ça se faisait en binôme. Donc, il me faut un coéquipier. »
« Ah… Et… Tu as une idée ? »
« J'hésite encore. »
Le jeune homme prit une profonde inspiration et se jeta à l'eau : « On pourrait faire équipe, si tu veux… »
L'adolescente le fixa d'un œil vide : « Si ça peut te faire plaisir… »
« Je ne voudrais pas m'imposer hein. Si tu préfères quelqu'un d'autre… », répondit-il, déstabilisé.
« Non, ça va. Ca m'est égal, honnêtement. Je note ton nom, alors. Voilà. Bon, je vais donner ça à Boris. A plus. »
Il la saisit doucement par la main alors qu'elle se levait et s'apprêtait à partir.
« Tu es partie tôt, ce matin. »
« Oui. »
« Pour m'éviter ? »
« Oui. »
« Au moins, t'es honnête… », dit-il avec une grimace contrite.
« Toujours. »
« Je l'ai déjà dit mais je le répète : je suis désolé pour hier. Vraiment. Tu vas me faire la tête longtemps ? »
« Jusqu'à ce que tu comprennes la leçon ! »
« C'est bon, c'est bon, j'ai compris ! Je ferai attention à ce que je dirai, dorénavant ! Ok ? »
Elle réfléchit un instant puis libéra son bras d'une torsion du poignet : « Ok. A tantôt, Capitaine Flam. »
« Gamine ! »
Ils échangèrent un sourire puis Sybyl se rendit au gymnase d'un pas léger.
« Boris ! Ca y est, mon formulaire est complet ! »
« Magnifique ! Et qui est le petit chanceux, hum ? Oh, Castiel, hein ? Tu sais les choisir, jeune fille ! Bien bien, ton inscription est validée, c'est en ordre ! »
« Merci ! »
« C'est un plaisir mon cœur ! »
Jetant un œil à sa montre, elle se rendit compte qu'il ne lui restait que cinq minutes avant le début des cours et se dépêcha de retourner dans le bâtiment principal.
Dans le couloir, elle se retrouva face à deux jeunes de son âge qu'elle n'avait encore jamais vus. Enfin… Non, elle connaissait l'un d'eux de vue : le garçon aux cheveux bleus qu'elle avait aidé hier. L'autre, par contre, elle était certaine de ne jamais l'avoir croisé. Mais il y avait, en même temps, quelque chose de familier dans ses traits…
« Hé, je te reconnais ! T'es la fille qui m'a montré la salle des profs ! », s'exclama celui aux cheveux bleus.
« Oui, c'est bien moi. Je m'appelle Sybyl. »
« Moi c'est Alexy. Et lui, c'est mon frère, Armin. »
*Voilà pourquoi il me disait quelque chose ! Des jumeaux !*, se dit-elle, résistant à l'envie de se taper le front de la paume.
« On est nouveaux, comme tu dois t'en douter. »
« Vous avez terminé votre dossier d'inscription ? »
« Pas encore. Il nous manque… Euh… Des photos et un trombone. »
« Ah, je connais ça, je suis passée par là y a pas longtemps ! Les photos, vous pouvez les faire au Photomaton, en ville. C'est vraiment pas loin. Par contre, je suis presque sûre que… », elle fouilla son sac et en ressortit fièrement deux trombones qu'elle tendit aux jumeaux. « Voilà ! Je savais que j'en avais ! »
« Ouah, t'es vraiment super gentille, toi ! Merci beaucoup ! Bon, on va se faire tirer le portrait alors ! Salut ! », dit Alexy en traînant son frère à sa suite.
*Hé bien, on n'a pas le temps de s'ennuyer, dans ce lycée !*
La sonnerie des cours retentit, précipitant un flot d'étudiants dans leurs salles de classe respectives. La jeune femme suivit ses camarades et se glissa dans le local A, où sa leçon d'histoire allait débuter. A sa grande surprise, la chaise à côté de la sienne, habituellement vide, était occupée par nul autre que Castiel qui lui souriait d'un air dégagé. Elle sourit malgré elle et prit place à sa gauche.
« Alors, on s'est perdu ? »
« Non. Mes notions d'algèbre commencent à dater. Un petit rappel me serait utile. »
« Ah, voilà qui explique ta présence au cours d'histoire ! », rit la jeune femme.
Castiel rosit et, croisant les bras sur la poitrine, se concentra sur le tableau.
« On n'est plus fâchés ? », s'enquit-il enfin d'une voix hésitante.
« Non, ça va. Mais, c'est la dernière fois que tu me parles comme ça. Et je suis très sérieuse. Tu as ton caractère et je respecte ça mais je ne suis pas un punching-ball. Entendu ? »
Il hocha la tête et ouvrait la bouche pour répondre quand Monsieur Faraize entra. Ils échangèrent un sourire et se plongèrent dans leurs notes.
Le reste de la journée se déroula sans incident notable Castiel disparut dès la fin de la première heure, en la prévenant qu'il répétait le soir, et elle ne le revit qu'aux pauses repas.
A la fin des cours, elle était impatiente de rentrer et elle rangeait précipitamment ses affaires quand Rosa surgit à ses côtés, la faisant sursauter.
« Salut ! »
« Rosa ! Tu m'as fait peur ! »
« Désolée. Dis, tu pourrais me rendre un service ? »
Sybyl retint de justesse un grognement : « Quoi ? »
« Oh, deux fois rien, il faudrait simplement remettre ma dispense à la directrice. »
« Et tu ne le fais pas parce que… ? »
« Parce que je suis pressée, Leigh m'attend, et que si je lui donne moi-même, elle va passer trois heures à tenter de me convaincre de participer à cette maudite course. Tandis que si quelqu'un d'autre que moi lui remet, quelqu'un comme toi, elle ne pourra rien faire d'autre que de l'accepter sans rien dire. »
« Evidemment… »
« S'il te plaît ? »
« Ok, c'est bon, me fais pas tes yeux de biche, je vais lui donner ! »
« Super, t'es vraiment la meilleure ! Merci ! »
La jeune femme regarda son amie disparaître dans le couloir et, poussant un soupir, balança son sac sur son épaule et se hâta vers le bureau directorial. Heureusement, la chance était, pour une fois, de son côté et, dix minutes plus tard, elle quittait le lycée d'un bon pas.
La soirée se passa en douceur, entre un bon repas, un bain bien chaud et deux heures de lecture passionnante.
A 22h, moulue, elle éteignit la lumière, se blottit sous la couette et, avec un profond soupir de bien-être, se laissa sombrer dans le sommeil.
