Coucou !
Je suis vraiment désolée pour cet énorme retard, mais j'ai des excuses ! D'abord le bac (que j'ai eu xD) et ses révisions, puis je suis partie le 30 juste après ma dernière épreuve. Après je l'ai fêté, j'ai dû m'inscrire à la fac et tout ça, j'ai profité de mes vacances et j'ai vraiment pas vu le temps passer ! Je poste aujourd'hui, mais je repars demain, pour une semaine, ce qui fait que je ne posterai pas avant quinze jours, peut-être moins. Mais en fait, c'est moins facile pour moi de poster l'été, contrairement à ce que je pensais. Ben oui, pour les sudistes ou ceux qui savent, l'été vers chez moi, c'est la période des fêtes de village, alors je suis pas souvent chez moi xD Je pense que j'aurai du temps début août, et en septembre, puisque je serai toujours en vacances ^^
Quoi qu'il en soit, voilà un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Et je dois vous dire une énorme merci pour toutes vos reviews, ça me fait vraiment plaisir, et je suis toujours aussi choquée d'en avoir tant ! J'espère que ce chapitre vous plaira, j'ai eu du mal à m'y remettre et j'avais un gros manque d'inspiration après tout ce temps. J'espère que vous serez pas déçues !
Bonne lecture ! =D
PS: En répondant aux reviews, je me suis dit que ca serait bien que je fasse une explication rapide sur le changement d'Astoria, qui a été quand même contesté. Astoria avait besoin de changer, un changement assez radical. Mais elle n'a pas vraiment d'emprise sur son mode de vie ou quoi: elle n'a pas eu son mot à dire quant à ses fiançailles, et tout est dirigé. Alors ce changement ne pouvait passer que par le physique, et c'était le seul moyen qu'elle puisse se sentir différente. Rassurez-vous, elle n'est pas anorexique et ne le sera jamais, et je ne fais pas ça pour prôner la minceur ou quoi que ce soit (loin de là). J'espère que ce sera un peu plus clair maintenant ^^
Chapitre 11
Carter m'embrassait. Et j'adorais ça. Ce fut à regret que, à bout de souffle, je rompis le baiser.
« - Il était temps, commentai-je. »
Il eut un sourire amusé, et m'embrassa à nouveau.
« - Je ne savais pas comment tu réagirais, expliqua-t-il. Tu aurais pu me repousser…
- Quelle drôle d'idée! M'étonnai-je. Et si nous allions faire un tour ? »
Il m'approuva et me prit par la main. Il nous dirigea vers la sortie, mais il se stoppa. Devant nous, Blaise nous barrait le chemin, me fixant d'un air furieux. Nora arriva et le secoua pour lui intimer de bouger, mais il n'en fit rien.
Une peur panique s'insinua en moi. Evidemment, je fus incapable de bouger et de réagir. Il avait dû nous surprendre, tout à l'heure. Merlin ! C'était bien ma veine.
« - Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Carter. Astoria, tu peux m'expliquer ?
- Ca ne sert à rien que tu continues à voir Astoria, fit Zabini en me prenant par le poignet.
- Je peux savoir pourquoi ? S'étonna Carter en prenant mon autre poignet.
- Elle est fiancée à mon meilleur ami, expliqua-t-il.
- Blaise ! S'exclama Nora. »
Carter, sous le choc, lâcha mon poignet. Je le regardai, paniquée, mais il baissa les yeux.
« - Ce n'est pas exactement ce que tu crois, implorai-je. Je…
- Ne vous inquiétez pas pour elle, je la ramène. »
Et sans plus de cérémonie, Blaise me tira hors de la fête. Je regardai Nora, qui, choquée, n'avait pas tenté de nous rattraper. Ben me cria qu'ils s'occupaient de Carter. Comment tout cela avait-il pu dégénérer à ce point ? Dire que j'étais en train d'embrasser Carter quelques minutes plus tôt !
Une fois éloignés, sur le trottoir, il m'obligea à lui faire face.
« - Bon sang, Astoria, mais à quoi tu pensais ! S'exclama-t-il furieusement.
- Tu n'avais pas le droit de le lui dire, fis-je la voix tremblante. Tu n'avais pas le droit !
- Que voulais-tu que je fasse ? Je te surprends en train d'embrasser un type alors que tu es fiancée à un de mes meilleurs amis !
- Je n'ai rien dit pour Nora. Nora est ma meilleure amie, depuis toujours, et je ne lui ai pas avoué que tu étais fiancé à Caroline le jour du dîner. C'est pareil !
- Non, ce n'est pas pareil ! Ce n'était pas un flirt avec Nora, c'est sérieux !
- Qui te dit que ce n'est pas sérieux avec lui ? Demandai-je. Je te signale que tu veux rompre tes fiançailles ! Tu es mal placé pour me faire la leçon. Bon sang, tu ne pouvais pas ! »
Je ne pus continuer sans me mettre à pleurer. Je me sentais coupable envers Carter. J'avais passé presque tout mon temps avec lui, je l'avais embrassé en lui disant que j'avais attendu ça depuis longtemps, et maintenant il savait que j'étais fiancée. Je me sentais tellement minable !
« - J'ose espérer que tu ne vas pas rompre ces fiançailles ! S'exclama-t-il.
- Et pourquoi pas ? Explosai-je. Pourquoi pas ? Ca soulagerait tout le monde ! Drago me hait, il pense que je ne suis pas à la hauteur, je ne lui plais même pas ! Je n'ai pas envie de passer ma vie avec un mari qui me trompe en toute impunité et qui me méprise. Je n'ai que dix huit ans, et je ne veux pas gâcher ma vie pour quelqu'un qui ne m'aime pas. Je pensais que toi, au moins, tu comprendrais ça.
- Je suis désolé, Astoria, je te ramène chez toi maintenant, fit Zabini. »
Il me prit par le bras et, toujours en pleurs, je me laissai faire. J'aurais espéré de sa part qu'il ne prenne pas le parti de Drago. Je lui en voulais terriblement d'avoir tout dit à Carter. On transplana jusque devant chez moi.
« - Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? Demandai-je en essuyant mes larmes.
- Je vais écrire à Drago.
- Je te déteste, sifflai-je. Je ne t'aurais jamais cru capable de ça.
- Tu as fini par tout dire à Nora. Je lui dis tout à lui. Je suis désolé.
- Si seulement c'était vrai. »
oOo
Je n'avais fait que pleurer. Toute la nuit. Puis tout mon dimanche. Il ne fallait pas que je craque et que je retombe dans le même état que ce que j'avais été. Tout d'abord, il fallait que je retourne en cours, parce que j'étais persuadée qu'à son retour, Drago m'interdirait d'y retourner.
C'était logique, quelque part. Il m'autorisait à étudier alors que rien ne l'y obligeait, bien au contraire, et j'envisageais de sortir avec un des étudiants. Alors il fallait que j'en profite. Mais je risquais d'y croiser Carter. C'est ce qui se passa le mardi. Je tombai nez à nez avec lui. Il resta planté à me regarder. Incertaine, je m'avançai vers lui.
« - Il faut qu'on parle, dis-je. Je suis vraiment désolée, crois moi, mais je…
- Je n'ai plus rien à te dire, je crois. Tu n'es qu'une menteuse, hypocrite et manipulatrice. Tu savais depuis le début que ce ne serait pas possible. Tu cherchais juste à t'amuser puisque ton mariage ne sera pas heureux.
- Non, c'est…
- Tu me dégoûtes, Astoria, cracha-t-il. Je n'ai plus rien à te dire. »
Ce fut abattue et au bord des larmes que je me rendis à mon cours.
oOo
« - Je suis tellement désolée, 'Ria ! Me fit Nora. »
Je lui fis un sourire forcé, pour la rassurer. Je jouai avec la nourriture de mon assiette, bien indifférente à l'agitation environnante du restaurant où nous dînions. Evidemment, elle s'en voulait de l'attitude de son petit ami une semaine auparavant.
« - Ce n'est pas ta faute, protestai-je mollement. Mais tu comprendras que je déteste sincèrement ton copain, maintenant.
- Evidemment, approuva Nora. Quand je pense que lui le regardait sans rien dire à la première fête, quand il flirtait avec ces putes ! Et maintenant il ose prendre son parti !
- C'est vrai. En attendant, je vais passer un sale quartd 'heure quand Drago l'apprendra, et je vais probablement devoir arrêter mes études…
- Je suis vraiment désolée, 'Ria, je sais à quel point c'était important pour toi. Vraiment, j'en veux beaucoup à Blaise.
- Ne te brouille pas avec lui par ma faute, surtout.
- Mais tu es ma meilleure amie ! Protesta-t-elle. Et il est vraiment mal placé pour intervenir. Il aurait pu le faire pour moi… »
Je la regardai, navrée. Si j'avais été vraiment méchante, j'aurais pu enfoncer Zabini, et le brouiller avec Nora. Mais je voyais bien que cette dernière était vraiment mal, et blessée par l'attitude de cet idiot.
« - En attendant, Carter ne me le pardonnera jamais, fis-je tristement. Je l'ai croisée l'autre jour. Il a dit que je le dégoûtais, et que j'étais une manipulatrice. Entre autre.
- Pourtant, Ben et moi lui avons tout expliqué. On lui a dit que tu étais obligée de l'épouser, et que tu ne l'aimais pas, qu'il ne t'aimait pas et que tu n'étais pas heureuse.
- Tu en as un peu rajouté, quand même. »
Nora haussa les épaules.
« - Il n'a rien dit, il est resté immobile, et il nous a dit de le laisser tranquille, et que de toutes façons, il s'en fichait.
- Alors j'imagine que c'est fichu, dis-je tristement. Il me plaisait vraiment…
- Je sais. »
J'étais vraiment mal, maintenant. Comme si quelque chose était cassé. J'allais devoir arrêter les études, à n'en pas douter, ce qui m'effondrait. Les études, c'était un but, pour moi, pour avancer. Et maintenant, je n'aurais plus rien.
Le retour de Drago aurait dû me réjouir, ou j'aurais dû être impatiente de connaître son avis sur mon apparence, puisque c'était ce qui comptait le plus pour lui. Mais maintenant, j'étais terrifiée. Je ne savais pas s'il serait en colère. Probablement, puisque j'aurais pu ternir sa réputation. Oh, ça ne serait pas de la jalousie, évidemment, il ne m'aimait pas. Cette pensée m'emplit d'amertume, et je ne sus pourquoi. Je savais bien qu'il ne m'aimerait jamais. Alors pourquoi me mettais-je à le regretter ?
« - En tous cas, si tu veux te consoler, fit Nora. Sache qu'il y a un super beau mec qui n'arrête pas de te dévorer des yeux, à ta droite. »
Je tournai la tête, intriguée, et vis qu'en effet, un jeune homme me regardait. Quand je croisai son regard, il me sourit. Je lui rendis son sourire, flattée, et détournai la tête. La pensée que mon potentiel de séduction avait largement augmenté me remit un peu de baume au cœur.
oOo
Une autre semaine passa. J'assistai aux cours, évidemment, en profitant bien puisque ce seraient les derniers. Finalement, j'arrivais plutôt bien à me faire à cette idée. Peut-être parce que j'étais obsédée par la colère de Drago quand je le reverrais. Mais je savais que ça me manquerait, une fois que j'en serais privée. Et je savais que j'allais mal le vivre.
En me levant, ce dimanche matin, je vis avec déception que le ciel était gris, et en regardant le jardin par la fenêtre, constatai qu'il avait plu. Etrangement, je n'avais pas envie de traîner au lit, ce matin, et je ne me trouvais pas d'aussi mauvaise humeur que les jours précédents.
Après une bonne douche, j'enfilai des collants noirs, une jupe grise plissée, et assez courte, et un pull noir au col en V. Je mis une paire de botte, histoire de ne pas me balader pieds nus, et, après m'être maquillée et coiffée, je descendis. Ma mère me salua, avant de s'éclipser, me laissant seule dans la salle à manger pour prendre mon petit déjeuner. Je passai la matinée à lire dans la bibliothèque, et ne sortis de ma tanière que pour déjeuner.
« - Samedi, les Rosier organisent ne soirée, fit ma mère. Evidemment, ils font ça pour taire les rumeurs à propos du désistement de Zabini pour les fiançailles. Tout le monde sait pertinemment qu'il ne veut plus de leur fille. C'est très inconvenant de leur part de s'entêter. »
Mon père ne répondit pas, comme toujours. J'étais persuadée qu'il s'en fichait royalement et qu'il n'écoutait pas, mais il hochait souvent la tête, et commentait quelquefois les potins de ma mère.
« - Evidemment, nous y assisteront, continua ma mère. Cette chère Euphémia Rosier sera bien obligée d'admettre que certaines fiançailles sont plus heureuses que d'autres ! »
Elle avait l'air tellement contente ! Evidemment, marier sa fille à un Malefoy était le meilleur des privilèges. Je me gardai bien de lui dire que le fiancé n'était pas du même avis me concernant, elle aurait été capable de m'égorger.
L'après midi, ma mère vint me trouver dans la bibliothèque et m'annonça qu'elle et mon père sortaient, et que j'avais un visiteur dans le salon. J'hochai la tête, craintive. Evidemment, je me demandais qui serait dans ce maudit salon. Ni Ben, ni Nora, ni Laurie, ils n'étaient pas autorisés à venir. Peut-être ma sœur. Un instant, j'eus peur que ce soit Zabini. Ou même Drago. Je tentai de me rassurer à cette idée, mon fiancé était en voyage et il ne reviendrait pas encore. Même s'il savait. Ce ne serait pas pour moi qu'il écourterait son voyage.
Le livre encore à la main, je me dirigeai vers le salon, le cœur battant. Je refermai la porte de celui-ci derrière moi, et sursautai, laissant tomber mon livre. Je plaquai une main contre ma bouche et reculai instinctivement, heurtant la porte qui m'arrêta.
Devant moi, près de la fenêtre, Drago Malefoy se tenait debout, bien droit, et tourna la tête dans ma direction. Exactement comme le jour où il m'avait annoncé son départ. A la différence près que son regard était meurtrier, et que je ne l'avais jamais vu aussi en colère. Il prit le temps de me détailler de la tête aux pieds. Evidemment, j'avais changé depuis qu'il ne m'avait pas vue. J'aurais été contente de voir sa réaction, en d'autres circonstances.
Je me maudis de ne pas partir en courant, et de rester immobile, comme à chaque fois que j'avais peur. Il me fixait intensément, et, pour me soustraire à son regard, pour me donner contenance, je me baisser pour rattraper le livre, que je serrai contre moi.
« - Je…
- Tais toi, m'ordonna-t-il d'un ton dur. Je ne veux pas t'entendre. »
J'allais m'approcher, sans savoir réellement pourquoi, mais il leva la main pour m'arrêter.
« - Je suis vraiment furieux contre toi, à un point que tu n'imagines même pas. Alors ne t'approche pas de moi, parce que je pourrais ne pas répondre de mes actes. »
Effrayée, je me plaquai à nouveau contre la porte.
« - Tu n'imagines pas la surprise que j'ai eue, fit-il d'un ton froid qui laissait supposer sa colère et qui le rendait encore plus impressionnant, quand j'ai reçu une lettre de Blaise, qui me disait qu'il t'avait surpris en train d'embrasser un étudiant à une fête. J'ai été d'autant plus surpris que tu m'avais assuré que tu ne ferais rien qui puisse entacher mon image. Et que tu connais mon opinion sur ce genre de fêtes.
- Je…
- Je t'ai laissée étudier, me coupa-t-il. Rien ne m'y obligeait, et je ne suis pas du genre à céder quoi que ce soit. Tu savais que c'était considérable, ce que je te permettais là. Et pour me remercier, qu'est-ce que tu fais ? Tu sors avec un étudiant. Evidemment, ce n'était pas la preuve de gratitude que j'attendais.
- Je suis désolée, bredouillai-je. Je ne voulais pas…
- Et si Zabini n'avait pas été là ? Jusqu'où tu serais allée avec lui, hein ? »
Il paraissait perdre son calme, mais il me regardait avec mépris. Cette simple constatation me mettait les larmes aux yeux. Quand je croisai son regard noir et hautain, je ne pus les empêcher de couler.
« - Tu pleures ? Demanda-t-il d'un air faussement étonné. Mais c'est un peu tard pour ça, tu ne crois pas ? »
Evidemment, mes pleurs redoublèrent, et je fus incapable de répondre. Il avait l'air totalement indifférent. J'essuyai mes joues d'un geste nerveux.
« - Je suis vraiment désolée, dis-je. Je… Ce n'était rien, juste… Je veux dire… Ca t'est déjà arrivé ! »
Il partit d'un grand rire. Comme un rire nerveux. Mais ça n'était pas possible avec lui !
« - Tu espères ne pas m'énerver avec ça ? Ricana-t-il. On parle de ta faute à toi ! Pas de la mienne !
- Evidemment ! Pourtant, tu as fait exactement pareil, toi, et devant moi ! Et je sais pertinemment que ce n'était pas la première fois ! Ni la dernière.
- Et alors ? Il n'y a aucun sentiment avec ce genre de filles ! Explosa-t-il. C'est juste un amusement !
- Il n'y en avait pas non plus ! Mentis-je.
- C'est faux, et tu le sais, dit-il d'un ton cassant. Tu n'es pas le genre de filles qui se laisse embrasser par le premier venu. C'est évident, pour que tu te laisses embrasser, il faut qu'il y ait des sentiments. »
Il eut l'air furieux, puis pensif, et il releva la tête d'un coup dans ma direction. Un petit sourire se dessina sur son beau visage, et mon cœur battit plus vite.
« - Ce… Je te jure que je ne suis pas amoureuse de lui, dis-je d'un coup. »
Je ne savais pas pourquoi j'avais dit ça. Mais je l'avais dit. Et étonnamment, je savais que c'était vrai. J'étais très attirée par lui, vraiment très attirée, mais pas amoureuse. Pas encore, ajoutai-je toutefois mentalement.
« - Tant mieux, ça me facilite la tâche, fit-il. Je me suis assuré qu'à part Zabini, personne n'avait eu vent de cette histoire. Tu peux t'estimer heureuse, personne d'autre ne le sait. »
Il paraissait calmé, maintenant. C'était un début. En tous cas, j'avais pris un peu d'assurance, même si mon cœur battait à tout rompre.
« - Tu ne le reverras plus, ordonna-t-il d'un ton dur.
- Non, évidemment, dis-je d'un ton égal.
- Et tu arrête tes études, continua-t-il. »
Mes pleurs s'étaient calmés. Pourtant, une larme roula sur ma joue, et je me mordis la lèvre inférieure pour ne pas pleurer davantage. Drago soupira.
« - Très bien, dis-je.
- Et je ne veux plus que ce genre d'incident se reproduise, continua-t-il. Pour cette fois, donc, je passerai l'éponge.
- Merci, articulai-je pour la forme en m'essuyant les joues. Encore une fois, je suis désolée. »
Je baissai les yeux, incapable de dire autre chose. Je voulais qu'il s'en aille. Maintenant. Parce que j'avais envie de pleurer, et que je me sentais honteuse de devoir le remercier, alors qu'il me privait d'études. Et je devais regretter la même conduite qu'il avait eue à plusieurs reprises.
Il s'approcha de moi. Je restai immobile, ce qui n'aurait rien changé, puisque la porte me bloquait.
« - Tu as changé, fit-il enfin. Je ne savais pas que tu pouvais être aussi belle. »
Je ne répondis pas, ne sachant pas vraiment comment le prendre. Evidemment, j'étais flattée, mais vexée aussi puisqu'il exprimait maintenant clairement son avis sur mon ancienne apparence.
« - Pourquoi ce changement ? Demanda-t-il. »
J'eus une exclamation indignée. Comment pouvait-il demander ça alors que c'était lui qui s'était plaint à sa mère ?
« - Ne fais pas celui qui ne sait pas, tu veux ? Maugréai-je.
- Je ne sais vraiment pas, mais tu sembles me tenir pour responsable. Mais passons, puisque c'est mieux ainsi. »
Il s'approcha encore, et posa ses mains sur ma taille. Je frémis. Mon cœur battait trop vite.
« - Tu es vraiment très désirable, souffla-t-il en posant ses lèvres sur mon cou. Tu es… »
Mon Dieu ! J'avais envie qu'il continue ! Il était en train de me dire qu'il était séduit, et moi je voulais qu'il continue. Il ne me préférait que pour mon apparence ! Il changeait de comportement parce que j'avais changé physiquement. Je n'aurais pas dû m'en formaliser, mais cette constatation me fit mal. Pourtant, lorsque ses lèvres rencontrèrent les miennes, je ne pus résister. Je laissai échapper le livre que je tenais fermement contre moi, et nouai mes bras autour de son cou pour approfondir le baiser.
Merlin ! C'était si bon de le sentir contre moi ! J'eus pourtant, au bout de longues secondes, un éclair de lucidité. Il ne voulait que jouer avec moi. Profiter de moi, et m'abandonner ensuite, comme toutes les autres. Alors, violemment, je le repoussai. Il me regarda, surpris.
« - Va-t-en, soufflai-je. S'il te plait, pars. »
Il me regarda étrangement, puis il disparut par la cheminée, me laissant avec une sensation de vide intense. Merlin, qu'avais-je fait ?
oOo
Un accident. Oui, un simple accident, un moment d'égarement. J'étais triste, et j'avais besoin de réconfort. Et cet imbécile avait décidé de m'embrasser à ce moment là. Et moi, bien sûr, idiote comme j'étais, j'avais répondu. Mais c'était un accident, oui. Un simple accident. Il voulait me séduire comme les autres, et j'avais failli céder. Mais c'était fini.
Cette soirée était interminable. Voilà plus d'une heure que j'étais là, à observer tout le monde. Ma robe bleue était inconfortable, le décolleté trop grand, et je devais constamment le surveiller. En cet instant, je maudissais ma mère d'avoir choisi cette robe. J'étais assise dans un fauteuil, dans un coin de la salle, et ma sœur était assise en face. Je ne voulais pas particulièrement me trouver là, avec Drago appuyé au dossier de mon siège, ma sœur nous regardant jalousement, pendant qu'il bavardait avec Blaise et Théodore.
Ce soir, je m'étais rendu compte que c'était extrêmement épuisant d'ignorer deux personnes à la fois. Surtout quand ces deux personnes cherchaient constamment mon regard. Mais je me concentrais sur les invités, plaignant momentanément la pauvre Caroline, qui s'efforçait d'être une bonne hôtesse. En attendant, je devais reconnaître que ce soir, elle était très jolie. Elle portait une robe vert pâle, au décolleté tout de même un peu trop profond à mon goût, qui s'évasait au niveau de la taille. Elle mettait sa silhouette pulpeuse et sa peau laiteuse en valeur, et elle avait beaucoup de charme. Un instant, je me dis qu'elle aurait mieux fait d'accepter le départ de Zabini pour trouver ce soir un autre fiancé, elle aurait eu toutes ses chances.
Sans le vouloir, je croisai le regard de Blaise. Il avait l'air désolé, et s'apprêtait à dire quelque chose en voyant que je lui accordais enfin un peu d'attention, mais je me détournai. Je pus ainsi voir le regard de convoitise de ma sœur, qui, lorsqu'elle vit que je l'avais vu, me jeta un regard amer et détourna la tête.
Je vis quelqu'un me tendre une coupe d'hydromel. Je me retournai pour remercier la personne qui me la tendait, découvrant avec stupeur que c'était Drago, qui me regardait avec son sourire ironique. Je me retins de lui jeter une réplique acerbe, et après réflexion, je m'étais rendue compte que je n'aurais pas su quoi lui dire. Je lui adressai un sourire, contredit par mon regard noir. Je le remerciai, tandis que, du coin de l'œil, je vis Blaise se raidir.
J'en compris la raison, quand je vis Caroline se rapprocher de nous. J'entendis ma sœur se lamenter de l'absence de Pansy, avec qui elle se serait « fait un plaisir de démolir le petit ange ».
« - Bonsoir tout le monde ! S'exclama-t-elle en ne recevant aucune réponse ni même un regard. Bonsoir Astoria, me fit-elle. Ca fait longtemps que je ne t'ai pas vue. Comment tu vas ? »
Elle paraissait tellement mal, derrière son sourire de façade, que, même avec mon amitié pour Nora, je ne pus me résoudre à être hostile. Comment aurais-je réagi, si partout où j'essayais de faire la conversation, je ne rencontrais que des regards hostiles ? Après un léger coup d'œil, je vis que Théodore, Daphné, Drago et Blaise la regardaient méchamment. C'était tellement flagrant que je trouvai ça impoli, nous étions chez elle après tout.
« - Plutôt bien, fis-je en souriant légèrement. Et… »
Je fus coupée par Drago, qui m'avait asséné une légère tape sur l'épaule. Quand je croisai son regard menaçant, je me mordis la lèvre inférieure. Evidemment, je n'avais pas non plus le droit de lui parler. Je jetai un regard d'excuse à Caroline avant de détourner la tête pour ne pas qu'elle continue la conversation. Merlin ! J'étais vraiment pitoyable !
« - Je vois, fit-elle d'un ton cassant. »
Je détournai la tête, malgré moi, pour la voir, son visage déformé par la colère. Daphné souriait, Théodore paraissait indifférent, tandis que Caroline s'avançait vers Blaise. Je me tournai vers Drago, pour qu'il intervienne ou dise quelque chose, oubliant l'espace d'un instant que je l'évitais. Celui-ci me regarda, et haussa les épaules. Je me retournai pour regarder Blaise et Caroline.
« - Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement, siffla-t-elle. Toi et tes petits amis, vous ferez moins les fiers quand nous serons mariés ! Vous serez bien obligés de me respecter ! »
Daphné éclata d'un rire cristallin, et j'entendis Drago ricaner. Théodore eut un rire silencieux, et Zabini un sourire victorieux. Elle se tourna vers moi, et me lança un regard dédaigneux.
« - J'aurais pensé que toi, au moins, tu serais de mon côté, fit-elle. Mais tu es comme les autres… »
Avant que je ne puisse répondre, elle s'était éloignée, et moi, trop choquée pour la suivre ou dire quoi que ce soit, je me contentai de la regarder partir. Elle avait pourtant bien vu que j'avais été obligée de me taire !
« - Prend ça comme un compliment, me conseilla Daphné. Ne te mine pas pour elle, cette fille est une garce. »
Je fis un petit sourire à ma sœur, puis croisai le regard de Blaise. Je le détournai instantanément, mais celui-ci parut perdre patience, et soupira.
« - Drago, je peux m'entretenir avec ta fiancé deux minutes, s'il te plait ? Demanda-t-il. »
Je me tournai vers Drago, le suppliant du regard de ne pas accepter. Celui-ci fit longtemps passer son regard de Blaise à moi, avant de répondre.
« - Bien sûr, fit-il.
- Je ne crois pas que…
- Fais ce que je te dis, ordonna-t-il. »
Je me levai à contrecoeur et pris le bras que Zabini me tendait, et il me conduisit hors de la salle de bal. Il nous arrêta dans un couloir désert, et je m'adossai au mur, croisant les bras.
« - Astoria, commença-t-il. Crois moi, je suis désolé…
- Désolé ? Répétai-je. Tu te fous de moi ? Tu n'avais pas le droit de faire ça !
- Je suis désolé, fit-il en haussant légèrement le ton. Mais je ne pouvais pas te laisser embrasser ce type sans rien dire !
- Oh, je t'en prie, ne me dis pas n'importe quoi ! Contrai-je. Tu ne te gênes pas, toi, et tu es toujours fiancé, toi aussi.
- Ca fait un moment que je te le répète, Astoria, je vais rompre ses fiançailles, et tu le sais ! S'emporta-t-il. Ne prend pas cette excuse, elle n'est pas valable ! Tu n'avais pas à embrasser ce type. Toi aussi tu es fiancée.
- Tout le monde sait que Drago ne m'aime pas, ricanai-je. Et tu sais parfaitement toi aussi que je ne l'aime pas !
- Astoria, soupira-t-il. Je te jure que je suis désolé. Et pour le reste, je te promets que je ne serai plus long à annuler ces fiançailles. Et ensuite… »
Un petit cri nous interrompit. Je vis alors Caroline qui partait en courant. Merlin, qu'avait-elle comprit ? Savait-elle pour Nora ? Je jetai un regard paniqué à Blaise, qui m'intima de le suivre. Quand nous rentrâmes dans la salle, nous vîmes Caroline qui parlait à Drago avec animation. Quand celui-ci nous vit arriver, il me jeta un regard noir. Et pas à Zabini. C'était décidément très injuste.
« - Caroline, je ne sais pas ce que tu crois, commençai-je. Mais…
- Tais toi, m'ordonna Drago. Nous allons discuter de ça dehors, d'accord ? »
Il jeta un regard significatif à Zabini qui prit doucement le bras de Caroline, qui étrangement, resta silencieuse. Avide, ma sœur nous suivit, entraînant Théodore avec elle. Drago me prit par le bras, sans m'accorder un regard.
« - Drago, murmurai-je. Je te jure que…
- Je sais, coupa-t-il. Maintenant suis moi en silence. »
Je le suivis, et nous nous retrouvâmes tous les six dehors. Au moins, l'esclandre ne serait pas public.
« - Caroline… Dis-je.
- Tais toi ! Cria-t-elle. Je te déteste ! Quand je pense que tu te disais mon amie, que tu compatissais quand je t'ai dit qui serais mon fiancé ! »
Blaise eut une exclamation indignée et me regarda. Je lui jetai un regard noir, avant de me tourner vers Caroline, qui s'était mise à pleurer. Il ne fallait pas qu'elle sache pour Nora. Elle allait se venger sur elle, et elle ne le devit pas. Je savais qu'elle m'en voulait de lui avoir caché que je savais, mais il ne fallait pas qu'elle s'en prenne à Nora.
« - Tu m'écoutais patiemment, quand je te disais que je garderais mon fiancé ! Continua-t-elle. Ah, tu devais bien rire ! Quand je pense que c'est parce qu'il couche avec toi qu'il veut rompre ses fiançailles ! »
Quoi ? Avec moi ? Merlin, dans quoi m'étais-je encore embarquée ?
A suivre dans le chapitre 12.
Alors, ça vous a plu ? Une petite review ? Merciii ! =D
