Bonsoir !

Ça fait un moment que je suis inactive ici ! Je dois dire que j'ai croulé sous le travail ces derniers temps, et je n'ai eu ni le temps (ni forcément l'inspiration) pour écrire. Mais voilà, je peux respirer un peu plus en ce moment, et j'ai pu me remettre à mon clavier pour sortir de l'enfer universitaire quelques instants et m'aérer un peu l'esprit avec un peu de fluff Klaine (ce qui fait toujours du bien au moral) !

Donc, voilà un texte tout simple qui prend place dans l'épisode 11 de la saison 3, dédié au king of pop, et qui suit directement la scène de battle Warblers/ND sur Bad… et l'agression au slushie de notre pauvre Blaine à la place de Kurt. Après avoir écrit sur son rétablissement dans Love Shack, je voulais cette fois me pencher sur l'incident en lui-même.

Juste pour info, je ne suis absolument pas au fait en qui concerne tout ce qui touche de près ou de loin le domaine médical (ainsi que le fonctionnement du système américain), j'ai seulement adapté les faits par rapport à ce que je voulais écrire autour de Klaine ;)

S'il y a toujours des gens pour lire cela… bonne lecture !

Neferemy.

Bad

(Michael, 3X11)

Les cris de Blaine brisaient le silence angoissant qui pesait dans le parking souterrain.

Kurt, agenouillé devant son petit-ami, l'esprit complètement figé, fut à peine conscient du départ précipité des Warblers après leur méfait.

Que s'était-il passé ? … Que s'était-il passé ?

Maintenant sans s'en rendre compte une prise ferme sur le corps de Blaine, Kurt eu l'impression que le temps était suspendu. Les New Directions, rassemblés derrière lui, restaient immobiles et silencieux. Rien ne semblait bouger aux alentours, dans ce lieu désert qu'ils avaient choisi pour une confrontation nocturne avec les Warblers.

Mon Dieu, pourquoi même avaient-ils eu une idée aussi stupide ?

Durant quelques secondes qui semblèrent durer une éternité, son esprit paralysé par l'effroi essaya de comprendre la situation.

Les New Directions chantaient en front uni face aux Warblers, dans une battle intense mais dépourvue de réelle agressivité. Le Glee club de McKinley semblait alors prendre l'ascendant pour dominer la chanson, terminant avec énergie le denier refrain de Bad.

L'instant d'après, Sebastian lui faisait face, un gobelet à la main.

Tout s'était déroulé en un éclair. À peine Kurt avait eu le réflexe de lever les mains pour se protéger le visage (son inconscient ne savait malheureusement que trop ce qui allait se passer par la suite) qu'il s'était senti poussé sur le côté et qu'un grand splash ! avait résonné dans l'infrastructure bétonnée.

À peine une seconde plus tard, Blaine était allongé devant lui, recroquevillé sui lui-même, et hurlait de douleur sous l'œil interloqué des New Directions.

Kurt était immédiatement tombé à genoux devant son petit-ami, abasourdi et effaré, posant une main sur son dos et l'autre sur sa taille.

Blaine gisait dans une mare de slushie d'une horrible teinte rouge sang, les mains plaquées sur son visage qui avait été touché de plein fouet par l'attaque vicieuse de Sebastian.

Attaque destinée à Kurt.

Non…

Le souffle de Kurt se bloqua momentanément alors que cette réalité le frappait avec force. L'air ne semblait plus vouloir entrer dans ses poumons alors que la pensée qu'il devrait gésir à terre à la place de Blaine le traversait de part en part.

Néanmoins, l'angoisse prit le pas sur le reste lorsque son petit-ami laissa échapper un autre cri de douleur. Il s'efforça alors de mettre ses pensées de côté pour reprendre le dessus et gérer la situation.

Parce que, merde, Blaine hurlait de douleur sur le sol d'un parking souterrain désert.

« - Blaine ! Lança-t-il aussitôt d'une voix tremblante en approchant son visage de celui de son petit-ami pour essayer de se rendre compte des dégâts. Mon Dieu, Blaine… Chéri, dis-moi où tu as mal exactement ?

- Mes yeux ! répondit Blaine dans un gémissement, les muscles crispés par la douleur, les mains toujours fermement plaquées sur son visage. Mes yeux… Kurt, mes yeux…

- Ça va aller, chéri, je te le promets… dit précipitamment Kurt avec une caresse rassurante sur l'épaule de son petit-ami. »

Pour être totalement honnête, il n'avait jamais été moins sûr de la véracité de ses propos. Mais, pour le moment, il devait tout faire pour essayer de rassurer Blaine, de déterminer ce qu'il avait exactement … et s'empêcher de se laisser aller à la panique sourde qui tentait de s'emparer de lui.

« - Blaine, j'ai besoin de voir tes yeux, reprit-il sur un ton qu'il espérait relativement calme. Il faut que tu enlèves tes mains de ton visage et que tu ouvres les yeux. Tu peux faire ça pour moi ?

- Ça me fait mal… Je ne peux pas… Kurt, mes yeux me brûlent…

- Je sais, chéri, répondit Kurt avec désespoir, le cœur brisé face à la douleur de Blaine. Mais je dois absolument les voir pour savoir ce qu'il faut faire. S'il te plaît, mon cœur, je te promets que ce sera rapide. Fais-le pour moi… »

Il empoigna avec douceur les poignets de son petit-ami.

Son corps était toujours parcouru de tremblements, mais il sentit que Blaine le laissait lentement écarter ses mains de son visage. Celui-ci portait encore des traces de slushie, et les contours de ses yeux maintenus fermés étaient en train d'enfler tout en adoptant lentement une horrible couleur rouge-violacée, en particulier l'œil droit.

Kurt essaya à nouveau très fort de ne pas paniquer. Il n'était pas médecin, mais il ne put s'empêcher de penser que ça avait l'air particulièrement mauvais. Très mauvais.

« - Courage, mon cœur. Tu peux y arriver. Ouvre les yeux. Je suis juste là… »

Sa crainte sembla se confirmer quand Blaine tenta avec difficulté d'ouvrir les yeux. Une plainte s'échappa de ses lèvres lorsque son œil gauche s'ouvrit, et dévoila une cornée légèrement teintée de rouge, tandis que son œil droit s'ouvrait à peine, laissant couler des larmes souillées par des restes de slushie.

Incapable d'en supporter davantage, Blaine ferma à nouveau les yeux.

Le sang de Kurt ne fit qu'un tour, et la panique s'empara cette fois-ci définitivement de lui.

Tant pis pour l'attitude calme et rassurante.

« - Il faut faire quelque chose ! Il a besoin de soins urgents ! Cria-t-il aussitôt en tournant vers la tête vers ses camarades, se souvenant soudainement de leur présence. »

Ceux-ci n'avaient pas bougé d'un pouce. Ils gardaient pour la plupart un visage choqué, une lueur d'inquiétude dans le regard, comme s'ils ne réalisaient toujours pas la gravité de la situation.

Santana fut la première à reprendre ses esprits.

« - Ne restez pas plantés là comme des idiots ! lança-t-elle avec une voix ferme, tout en s'approchant de Kurt et Blaine. Merde. Est-ce qu'il est en état pour qu'on l'emmène à l'hôpital, où est-ce qu'on doit appeler une ambulance ? »

Constatant avec surprise que Santana s'attendait à ce qu'il prenne les décisions, Kurt inspira profondément et s'adressa à nouveau à Blaine avec douceur :

« - Chéri, est-ce que tu te sens capable de te lever ? »

De son avis, son petit-ami ne semblait pas en état de faire quoi que ce soit. Mais Kurt le vit hocher la tête de manière imperceptible, ses mains à nouveau plaquées contre son visage.

Santana acquiesça en silence et se tourna automatiquement vers les autres pour commencer à donner des directives. Puck vint aussitôt auprès de Kurt pour l'assister.

« - Hummel ! L'interpella à nouveau Santana. Tu es venu avec ta voiture ? »

Sans lâcher le contact avec son petit-ami, Kurt fouilla sa poche avec frénésie pour en sortir ses clefs de voiture, qu'il donna aveuglément à Santana. En temps normal, il aurait refusé net de confier son précieux véhicule à son amie au sang chaud. Mais, à l'heure actuelle, il n'en avait rien à faire. Blaine était au centre de ses préoccupations.

Il entendit vaguement en bruit de fond, parmi le brouhaha des New Directions qui avaient retrouvé leur langue, la voix profonde de Sam qui semblait maudire avec passion les Warblers et celle – très aigüe – de Rachel, qui avait l'air d'énumérer les conséquences médicales possibles d'un slushie reçu en plein dans les yeux.

S'il n'avait pas été autant préoccupé par son petit-ami, Kurt l'aurait étranglée de ses propres mains.

Une main douce se posa soudainement sur l'épaule du garçon, qui leva les yeux. Mercedes lui fit un sourire qui se voulait rassurant, et lui demanda avec douceur :

« - Est-ce que tu veux que l'on vous suive à l'hôpital avec les autres voitures ?

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, intervint Quinn, le visage marqué par l'inquiétude. Ils risquent de ne pas nous accepter, si nous arrivons tous ensemble. Nous sommes nombreux… et surtout, nous sommes tous mineurs.

- Quinn a raison, confirma Finn en s'approchant de son demi-frère. On va s'occuper de Blaine, vous devriez rentrer. Il est tard…

- Très bien, soupira Mercedes. On va faire en sorte que tout le monde rentre saint et sauf à bon port. Mais donnez-nous des nouvelles dès que possible, d'accord ?

- Promis, répondit Finn. »

Un vrombissement bruyant les interrompit, et des phares de voitures éclairèrent soudainement les adolescents. Les New Directions observèrent silencieusement Santana, au volant de la voiture de Kurt, qui s'approcha d'eux et se gara au plus près du groupe.

« - Très bien, installons-le ! Aide-moi, mec, lança Puck en s'adressant à Finn. »

Kurt chuchota quelques mots rassurants à Blaine avant de laisser les deux garçons le redresser lentement. Sous l'œil préoccupé des New Directions, ils soutinrent Blaine jusqu'à la voiture et l'allongèrent avec précaution sur les sièges arrière. Kurt grimpa à ses côtés et attira Blaine à lui. Le garçon s'agrippa aussitôt à sa taille avec force, plongeant son visage douloureux contre le torse de son petit-ami. Kurt lui caressa la nuque, et entendit vaguement Santana dire aux autres :

« - Je conduis. Si je te laisse le volant, Frankenteen, on n'arrivera pas à l'hôpital en un seul morceau. Filez, les autres ! On s'occupe du hobbit. »

Les autres murmurèrent quelques instants, et firent à nouveau promettre à une Santana excédée et un Finn mal à l'aise de leur écrire dès que possible pour les tenir au courant de l'état de santé de Blaine.

Moins d'une minute plus tard, ils quittaient les lieux, Santana au volant, Finn à ses côtés. Ce dernier se tourna avec inquiétude vers son demi-frère.

« - Comment va-t-il ?

- Mal, Finn, répondit Kurt avec humeur, tout en resserrant son étreinte autour de Blaine. »

Il leva les yeux, et vit Finn qui le regardait avec un air penaud.

« - … Désolé. S'excusa-t-il. C'est juste… Je suis tellement inquiet…

- Je sais, Kurt, lui dit Finn d'un ton compatissant. Mais je suis sûr que ça va s'arranger.

- Il faut prévenir ses parents… murmura Kurt en fixant à nouveau son regard sur son petit-ami, sentant le stress enfler au creux de sa poitrine.

- Ne t'inquiète pas, Porcelaine, l'hôpital les appellera directement dès qu'il sera enregistré, répliqua Santana. Mais, si tu tiens tellement à contacter belle-maman et beau-papa, on s'en occupera plus tard. Le plus urgent pour l'instant, c'est qu'il voit un médecin.

- Je vais prévenir ma mère et Burt, intervint Finn en sortant son téléphone.

- … Kurt ? Marmonna soudain la voix rauque de Blaine.

- Je suis là, chéri, je te tiens, lui murmura Kurt.

- J'ai mal…

- Je sais, mon cœur. On va bientôt s'occuper de toi, je te le promets. Tiens bon. »

Tandis que Finn parlait avec sa mère au téléphone, Kurt attrapa un mouchoir et essaya de retirer le plus délicatement possible une partie des restes de slushie toujours présents sur le visage de Blaine.

Le trajet sembla durer une éternité, et Kurt eut la désagréable impression qu'ils n'arriveraient jamais à destination (malgré la conduite sportive de Santana, qui ne cessait de jurer en espagnol contre les autres automobilistes).

Ils finirent néanmoins par arriver devant l'hôpital (miraculeusement sans aucun accident). Santana les déposa devant le bâtiment, laissant Finn et Kurt mettre doucement Blaine sur ses pieds et le soutenir hors du véhicule tandis que leur amie repartait en trombe pour trouver un endroit où se garer.

Kurt fut à la fois soulagé et terrifié en constatant que Blaine fut presque immédiatement pris en charge du fait de son état. Cependant, Blaine s'accrocha à Kurt avec force lorsqu'il comprit, dans les méandres de la douleur, que les infirmiers voulaient l'emmener loin de lui.

« - Non ! Kurt, Kurt !

- Vous êtes sûr que je ne peux pas l'accompagner ? Demanda Kurt d'un ton suppliant aux deux infirmiers.

- Je suis désolée, répondit la femme avec gêne, tandis que l'homme essayait de maintenir en douceur Blaine sur le brancard. Mais c'est impossible. Vous devez patienter ici. Nous vous tiendrons au courant au plus vite de son état. Nous allons prendre soin de lui, je vous le promets. »

Kurt soupira, ravala les larmes qui menaçaient de s'échapper de ses paupières et serra doucement Blaine dans ses bras. Il lui murmura rapidement un flot de paroles destiné à le rassurer, lui promettant d'une voix hachée qu'il allait aller bien, qu'on allait prendre soin de lui, qu'il l'aimait tellement, et lui rappela qu'il ne lui dirait jamais au revoir. Kurt sentit son petit-ami se détendre légèrement dans ses bras, le corps toujours tremblant de douleur et les yeux clos. Il lui embrassa tendrement la tempe et laissa à contrecœur les infirmiers emmener Blaine loin de lui.

Mon Dieu, faites qu'il aille bien…

La main de Finn se posant avec hésitation sur son épaule le sortit de ses pensées et l'ancra à nouveau dans la réalité. Il leva les yeux vers son immense demi-frère, qui l'observait avec inquiétude. Dès lors, les émotions qu'il essayait bravement de contenir depuis l'incident déferlèrent en lui telle une vague puissante et il fondit en larmes.

Il sentit son demi-frère le serrer gauchement contre lui avec une certaine douceur, et Kurt fut à cet instant infiniment reconnaissant de l'avoir près de lui.

Alors qu'il pleurait sans discontinuer contre le torse de Finn, il entendit une voix forte résonner soudainement dans le dos de son demi-frère :

« - Quelle putain d'enflure, cette tronche de suricate ! Explosa la voix de Santana qui approchait d'eux d'un pas furieux. Si je le recroise, je vais lui faire ravaler ses dents de cheval une par une pour nous avoir mis dans cette situation merdique ! Comment va le hobbit ? »

Finn tourna la tête vers elle, sans lâcher son emprise sur Kurt, et lui évoqua rapidement la prise en charge de Blaine.

Elle sembla se rendre finalement compte de l'état de fragilité de Kurt, qui ne tenait debout que par la poigne de Finn autour de lui, car le jeune homme l'entendit soupirer avec force avant de passer à son tour un bras autour de ses épaules et de lui dire avec une étonnante gentillesse :

« - Il ira bien, Kurt. »

Kurt se força à inspirer profondément et s'accrocha à la déclaration de Santana.

Il ne restait plus qu'à attendre.

[…]

La première chose qui le frappa lorsqu'il entra dans la pièce, c'est que Blaine avait l'air si petit, perdu dans les draps immaculés du lit d'hôpital.

Il avait semblé à Kurt que l'attente avait duré des heures. Son père – accompagné de Carole – les avait rapidement rejoints à l'hôpital. Il avait serré dans ses bras son fils encore bouleversé et avait laissé Finn lui raconter en détails les événements de la soirée, dont il n'avait eu jusque-là que les grands traits. Burt avait également réussi à joindre la mère de Blaine pour la tenir informée de la situation, tandis que Kurt avait scruté avec intensité les portes de la salle d'attente, comme si sa propre volonté était suffisante pour faire venir le médecin.

Celui-ci avait fini par apparaître pour les prévenir que Blaine allait bien, mais que la cornée de son œil droit était sérieusement éraflée, qu'il devait rester en observation pour le moment et qu'il faudrait sûrement planifier une opération pour que le jeune homme puisse retrouver l'usage de son œil (termes qui effrayèrent Kurt plus que de raison).

Après avoir lourdement insisté (à un tel point que le jeune homme avait finalement pensé qu'on allait le jeter de l'hôpital), le médecin avait consenti à contrecœur de laisser Kurt voir Blaine quelques minutes.

Blaine tourna aussitôt la tête vers lui lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir. Il semblait épuisé, mais la souffrance était moins prégnante sur son visage enfin débarrassé de toute trace du terrible slushie. Ses lèvres se retroussèrent en un léger sourire lorsque son seul œil encore valide, aux contours encore légèrement tuméfiés, identifia son visiteur.

Blaine. Son merveilleux Blaine qui était cloué dans un lit d'hôpital à cause d'un slushie. Encore et toujours ces maudits slushies qui continuaient à pourrir leur existence.

« - Kurt ? »

La voix de son petit-ami interrompit le cours de ses pensées. Il tenta faiblement de lui sourire, mais ce dernier n'atteignit pas ses yeux. Son regard ne semblait pas vouloir se détacher du bandage qui ceignait la tête de Blaine, protégeant ainsi son œil droit. Son œil gauche était encore teinté de rouge, mais fonctionnait normalement.

Il inspira profondément pour tenter de calmer la tempête d'émotions qui déferlait au creux de ses entrailles, et s'approcha doucement du lit de son petit-ami.

« - Hey. Comment te sens-tu ? »

Question stupide. Kurt se mordit la lèvre et serra la main de Blaine dans la sienne, ayant un besoin viscéral de toucher son petit-ami pour s'assurer qu'il allait bien. Et vu la manière dont Blaine s'accrocha à sa main, il ressentait exactement le même besoin.

« - J'ai connu mieux, répondit Blaine avec un léger rire nerveux qui cachait mal son angoisse. Mais je n'ai plus envie de m'arracher les yeux à cause de la douleur, donc je suppose que c'est un progrès…

- Je déteste te voir souffrir… Murmura Kurt en passant délicatement son autre main sur la joue de son petit-ami.

- Je sais, répondit Blaine avec tendresse. Mais je vais bien, Kurt. Enfin, je ne sais pas encore ce qui va se passer pour mon œil droit… si je vais retrouver la vue… mais le médecin a l'air de savoir ce qu'il fait, cependant.

- Je l'espère. Mon Dieu, je l'espère vraiment. »

Il détourna le regard quelques instant.

Incapable de retenir plus longtemps les pensées qui tourbillonnaient dans son esprit et ne cessaient de le tourmenter depuis l'incident, il finit par déclarer à voix haute :

« - Tu t'es jeté devant moi. »

Blaine garda le silence quelques instants, et resserra doucement sa prise sur la main de Kurt avant de répondre :

« - Je l'ai fait. »

Kurt inspira profondément, et ancra à nouveau son regard sur le visage de son petit-ami qui avait l'air incertain.

« - Pourquoi tu as fait ça ? Je veux dire… J'apprécie énormément que tu aies voulu me protéger, et c'est l'une des choses les plus mignonnes que quelqu'un ait pu faire pour moi – même si c'était une idée vraiment stupide – parce que tu es un petit-ami incroyable… mais tu t'es pris un slushie pour moi, et maintenant tu es a l'hôpital, et j'ai eu tellement peur parce que j'ai cru pendant un instant que j'allais te perdre, et finalement tu vas peut-être perdre un œil, tout ça à cause de moi, et je ne veux pas que tu me détestes même si je sais que je ne mérite pas de t'avoir, surtout quand tu fais des choses comme ça pour moi… Mais je t'aime tellement, et… »

Le babillage anxieux de Kurt fut interrompu par la main douce de Blaine qui se posa contre sa joue.

« - Kurt. »

Le jeune homme stoppa aussitôt ses propos décousus et inspira profondément pour tenter de soulager le poids qui opprimait sa poitrine et lui donnait l'impression d'étouffer. Il cligna ses paupières pour empêcher ses larmes de dévaler à nouveau son visage, renifla doucement et leva les yeux vers son petit-ami.

Blaine le regardait avec tant d'amour qu'il sentit son cœur se desserrer et sa respiration devenir moins laborieuse.

« - Approche. »

Kurt se blottit avec reconnaissance contre la poitrine de son petit-ami et enterra son visage dans le creux de sa nuque pour inspirer longuement l'odeur réconfortante de Blaine, qui enroula fermement ses bras autour de sa taille.

« - Kurt, tu n'as pas à te sentir coupable pour les événements de ce soir, murmura doucement Blaine contre sa tempe, tout en passant une main apaisante dans les cheveux de son petit-ami. S'il y a quelqu'un à blâmer, ce sont les Warblers. Je n'aurais jamais pensé qu'ils accepteraient de faire quelque chose d'aussi lâche, surtout à un ancien membre du groupe… Je pensais qu'ils étaient encore mes amis, et ils savent très bien ce que tu représentes pour moi, alors… oui, je suis vraiment, vraiment déçu par eux. Mais j'imagine que Sebastian est derrière tout ça…

- Cet insupportable et prétentieux suricate, cet abruti odieux, ce… Grommela Kurt avec colère.

- Il l'est, rit doucement Blaine en frottant tendrement son pouce sur la nuque de Kurt. Il est l'unique responsable, Kurt, et je ne pourrais jamais, jamais t'en vouloir pour ça. Alors, oui, je préférerais ne pas être ici et attendre de savoir si mon œil va pouvoir guérir… Mais si je pouvais revenir en arrière, je referais exactement la même chose. Parce que, même si ça s'est mal fini pour moi, j'ai juste pensé à te protéger, et… je suis content de l'avoir fait. Et puis… se prendre un slushie, n'est-ce pas un rite de passage obligatoire pour faire officiellement partie des New Directions ? Ajouta le jeune homme avec un léger sourire taquin.

- Tu es un idiot, Blaine Anderson, dit Kurt en se redressant pour observer son petit-ami. Un idiot vraiment inconscient… et incroyablement romantique.

- Ce n'est pas comme si tu ne savais pas déjà à quel point je peux être idiot, fit observer Blaine d'une voix espiègle.

- Bien sûr. J'ai toujours su que tu étais irrécupérable, déclara Kurt avec légèreté en prenant tendrement en coupe le visage de son petit-ami. Mais tu es mon idiot romantique, qui ne cesse jamais de me surprendre… et je t'aime tellement pour ça. Dis-moi, qu'ai-je fait pour te mériter ?

- Crois-moi, je me pose souvent la même question, répondit Blaine avec un sourire malicieux, mais éblouissant. Je t'aime aussi, Kurt. »

Il laissa son petit-ami s'emparer de ses lèvres dans un tendre baiser.

« - Et je suis vraiment désolé de t'avoir fait si peur ce soir…

- Tu es tout pardonné, murmura Kurt contre ses lèvres. Surtout après avoir joué au preux chevalier envers moi. Mais, s'il te plait, la prochaine fois que tu voudras me sauver… essaye de ne pas te mettre bêtement en danger ? C'est trop de stress pour moi, rit nerveusement le jeune homme.

- Je vais essayer, sourit doucement Blaine. Mais, vraiment… Tu as été incroyable ce soir, Kurt.

- J'étais surtout à deux doigts de m'évanouir d'angoisse… ! S'exclama Kurt avec une légèreté feinte en agrippant la taille de son petit-ami avec possessivité. Je suis seulement soulagé que tu ailles bien… Et je sais maintenant que tout ira bien, parce que tu ne vas pas laisser cet abruti de Sebastian gagner, n'est-ce-pas ? Et tu vas guérir en un rien de temps.

- Tu penses ? Lui demanda Blaine avec incertitude, une légère lueur d'inquiétude se reflétant dans son œil valide.

- J'en suis sûr, confirma Kurt avec assurance en posant son front contre celui de Blaine, bien déterminé à repousser ses propres craintes et intérioriser sa colère contre Sebastian pour rassurer son petit-ami. Parce que nous allons tout faire pour ça, ensemble. Tu retrouveras l'usage de tes deux magnifiques yeux, et je vais tellement prendre soin de toi que tu auras finalement hâte de te débarrasser de moi.

- Aucun risque de ce côté, répliqua Blaine en embrassant à nouveau son petit-ami. »