En route !
Haymitch n'avait pas menti. Avant même que j'ai le temps d'en placer une, il s'était isolé pour appeler ma mère. De quoi avait-il parlé ? Aucune idée. Mais une fois leur conversation fini, il était réapparu en me demandant d'être prête pour 18h. Là, j'avais bien essayé de protester mais il m'avait simplement répondu que c'était à prendre ou à laisser : soit on partait tous les deux à 18h, soit personne n'allait nulle part. Mon choix était vite fait. Je voulais avoir une chance de m'expliquer avec Peeta.
A 18h tapante, j'entendis un coup de klaxon. J'attrapais mon sac et vérifiais que je n'avais pas oublié de prendre le plan de la route à suivre et mes économies. Je soupirais en pensant que j'allais dépenser mes derniers dollars dans cette aventure sans petit boulot à la clé pour renflouer les caisses. Mais bon, avais-je vraiment le choix ? Un nouveau coup de klaxon retentit et je sortis de ma chambre pour rejoindre le rez-de-chaussée rapidement. Un tour de clé et j'étais prête à partir. Je n'en revenais pas que ma mère est cédé si facilement à Haymitch mais je n'allais pas m'en plaindre non plus. Je fis coulisser la porte arrière de son van pour y jeter mon sac et grimpait à côté de lui, tout sourire non sans remarquer qu'il avait fait un brin de toilette à son véhicule. Plus de journaux éparpillés, d'emballages ou de canettes vides. Devenait-il adulte ? Mon sourire s'élargit un peu plus et il le remarqua bien vite.
_ Je vois que tu es toujours motivée à partir à la recherche de ce garçon mais tu n'as rien oublié ?
Sa question me surpris mais j'avais bien vérifié avant de descendre et la porte de la maison était verrouillée donc… non. Haymitch fis un mouvement de la tête en direction de chez Gale et je vis ce dernier à la fenêtre du salon. Il regardait vers nous. Je me renfrognais immédiatement en croisant les bras sur ma poitrine.
_ Je n'irais pas lui parler ! C'est de sa faute si on en est là !
_Trésor tant que votre situation ne sera pas clairement définie, il risquera d'y avoir d'autres problèmes de ce genre donc va régler ça une bonne fois pour toute ! Je t'attends.
Pour faire bonne mesure Haymitch coupa le moteur et cala des lunettes de soleil sur son nez comme pour faire un somme. Des lunettes de soleil ! Vraiment ? Mais je pouvais être têtue moi aussi et je m'enfonçais encore plus profondément dans mon siège en me tournant vers la fenêtre. Je n'irais pas parlé à Gale ! Ça devait bien faire cinq minutes que nous étions là quand Haymitch commença à égrainer les secondes comme un métronome dans une pièce silencieuse :
_ Tic, tac, tic, tac, tic, tac, tic, tac, tic, tac …
Je serais la mâchoire mais ne bougeais toujours pas. Lui aussi restait imperturbable.
_ Tic, tac, tic, tac, tic, tac, tic, tac, tic, tac …
_ C'est bon, c'est bon, j'y vais ! Ce que vous pouvez être agaçant parfois !
Je sautais littéralement du véhicule incapable de supporte ça une minute de plus. Je claquais la porte bien fort pour marquer mon mécontentement et me dirigeais vers la maison d'Hazelle. Gale n'était plus à la fenêtre, bien sûr, mais il n'était pas sorti non plus donc je n'avais pas trop le choix. J'allais devoir lui parler. C'était facile d'être en colère bien moins de mettre les choses à plat. Je m'apprêtais à frapper à la porte quand elle s'ouvrit subitement sur lui. Ma main resta en suspend un instant avant de redescendre lentement pour se placer contre ma jambe. Gale n'avait pas l'air plus à l'aise que moi et il jetait souvent un œil vers la camionnette garée derrière moi. Une fois de plus c'est lui qui brisa le silence en premier.
_ C'est quoi l'histoire ?
Je ne sus pas tout de suite s'il faisait référence à la présence d'Haymitch derrière moi ou à celle de Peeta plus tôt ce matin. Il précisa sa pensée face à mon silence et la confusion qui devait s'étaler clairement sur mon visage.
_ Abernathy.
_ Ah lui…
On peut dire qu'il avait fallu peu de temps pour que mon point de vue sur Haymitch change du tout au tout… ou presque. J'allais le garder à l'œil un moment quand même. Il arrivait un peu trop à me faire faire exactement ce que je ne voulais pas faire.
_ Ce serait un peu long à raconter mais on va dire qu'il n'est pas si nul au final.
_ Vraiment ?
Gale n'avait l'air ni pour ni contre, il me scrutait, cherchant sans doute à deviner ce qui avait pu faire passer Haymitch Abernathy dans mes bonnes grâces quand lui était devenu persona non grata.
_ Et l'autre ?
Ca ne dura qu'une fraction de secondes mais mes poings se serrèrent au souvenir de Peeta quittant ma maison après l'intervention de Gale. Celui qui avait été mon meilleur ami, mon amant, mon confident, me regardait fixement. Je compris qu'il connaissait déjà la réponse à cette question. Il avait parfaitement su recoller les morceaux tous seul et remplir les blancs. Il ne voulait pas que je lui refasse le film, il voulait juste que ça vienne de moi. Je poussais un profond soupir tant pour évacuer ma frustration que pour me donne du courage.
_ Il s'appelle Peeta et je l'ai rencontré durant mon séjour d'observation. Je sais que c'est rapide, incompréhensible, fou, tout ce que tu veux mais il a pris beaucoup d'importance pour moi et il est une des raisons pour lesquelles toi et moi ce n'est plus possible.
_ Une des raisons, hein ?
Est-ce qu'il allait répondre à toutes mes explications par une autre question ? Je relevais la tête vers lui, ignorant jusqu'à cet instant que je l'avais baissé en commençant à évoquer Peeta. Son regard était ombrageux, comme le mien juste avant que la colère ne prenne le dessus. J'essayais de radoucir mon ton, calmer le jeu.
_ Oui, une de raison Gale. Je ne t'ai pas quitté pour lui, je ne le connaissais même pas à ce moment-là. Mais le rencontrer a renforcé ma résolution.
_ Ok.
_ Ok ?
Je m'étais attendu à plus de discussions, à des mots plus durs voire carrément à une bonne dispute devant sa porte, ça n'aurait pas été la première. Mais ce « Ok » me laissait perplexe. Ses iris étaient devenues plus clair, de ce bleu délavée qui faisais souvent pensés aux gens que nous étions cousins voire frère et sœur. Son regard se dirigea vers ma porte d'entrée.
_ Je ne t'avais jamais vu comme ça avant. Je veux dire... quand il a filé et que tu as essayé de le retenir. Plus rien n'existait autour de toi à part lui et...
Il ne fini pas sa phrase.
_ Je suis désolée Gale.
Et je l'étais vraiment, je n'aimais pas faire souffrir les autres encore moins lorsqu'ils m'étaient proche. Son regard se verrouilla à nouveau au mien :
_ Faut pas, je m'en remettrais.
Il me fit un faible sourire et referma la porte. Je restais quelques secondes immobile avant de me faire demi-tour et de remonter à bord du van en silence. C'était bizarre comme sensation. Je venais de rompre avec Gale ? C'était la première fois que nous faisions les choses de cette façon et je comprenais maintenant pourquoi toutes nos autres ruptures nous avaient ramenées l'un vers l'autre. Nous n'avions jamais eu ce genre de discussion avant, tout avait toujours eu un gout d'inachevé. Pas aujourd'hui. Je sentis Haymitch se redresser à côté de moi et mettre le contact. Le moteur ronronna et il se mit en route. Au bout dix minutes d'un silence de plomb, un petit mot passa mes lèvres : merci.
On roulait depuis un petit moment et Haymitch n'était pas envahissant comme partenaire de voyage. Apres m'avoir laissé méditer de mon côté et après avoir accepté mon « merci » sans commentaire, il avait mis un peu de musique et entamer la conversation de façon subtile. Haymitch et subtile dans la même phrase ! Décidément mon monde ne tournait plus rond du tout. Je sortis mon plan pour voir où nous en étions et je notais qu'il nous faudrait prendre la prochaine bifurcation à droite par contre j'espérais qu'il y aurait un hôtel pas trop sordide sur la route pour qu'on puisse se reposer un peu pour la nuit qui était déjà bien avancée. Le plus gros serait fait demain après tout. Haymitch pris la jonction que je lui indiquais et nous roulâmes un peu moins de deux heures encore avant de nous arrêter dans une petite ville et d'y chercher un endroit pour dormir. On nous indiqua un hôtel qui pourrait nous convenir. Un bed & breakast appelé le Caesar Place. Je trouvais l'allusion au célèbre hôtel de las Vegas complètement nulle mais bon tant, que la literie était propre et qu'ils avaient de l'eau chaude, ils pouvaient bien s'appeler comme ils le voulaient. Haymitch gara la camionnette sur l'un des emplacements réservés à la clientèle et attrapa nos sacs. A la réception, une femme rondelette, imitation grandeur nature d'une poupée de porcelaine à la couleur de cheveux improbable nous reçut avec une joie non feinte.
_ Bonjour, bonjour et bienvenue au Caesar place. Je m'appelle Octavia et serait à votre service durant tout votre séjour. Que faudrat-t il a ses messieurs, dames ?
Ses bouclettes roses bonbons frétillaient en rythme avec son phrasé et je me demandais si elle était une sorte de curiosité parmi les gens de cette ville aussi ou juste pour les touristes de passage comme nous. Je trouvais d'ailleurs étrange qu'Haymitch n'ai rien dit jusqu'à maintenant. Je me tournais vers lui et le vis sortir quelques billets et les poser sur le comptoir en demandant une chambre avec deux lits en appuyant bien sur le deux. Elle m'avait déconcentré avec ses boucles et Haymitch avait payé avant moi. Par contre j'aurais pris deux chambre pas une, je me fis la réflexion que c'était peut-être une des demandes de ma mère, histoire d'assurer ma sécurité. La réceptionniste/poupée de porcelaine ne me laissa pas le temps de cogiter plus avant et enchaîna rapidement :
_ Bien bien bien, nous avons ça en réserve bien sûr. Il me faudra une pièce d'identité pour vous enregistrer, surtout pour vous jeune fille. Nous ne voudrions pas avoir de problème avec la justice n'est-ce pas ? Et mon collègue vous indiquera votre chambre.
Pourquoi montait-elle ainsi dans les aigues en chaque fin de phrase et qu'avait-elle insinué avec son histoire de justice. Haymitch et moi ? Non mais oh ! Je lui tendis ma pièce d'identité en tentant de rester le plus calme possible fasse à ses allusions déplacées. Après nous avoir fait signer je ne sais quoi et nous avoir précisé les heures de service du petit déjeuner, elle appuya bruyamment et de façons répétées sur une petite cloche devant elle. Un homme apparu comme un pantin sorti de sa boite pour nous conduire à notre chambre. Il se présenta, prit mon sac et se tourna vers Haymitch pour prendre le sien mais le regard de ce dernier le fit rapidement changer d'avis. Sans se départir de son sourire et de ses politesses excessives, il nous accompagna au second étage et nous souhaita un agréable séjour au Caesar place. Une fois dans la chambre – tout à fait correcte soit dit en passant- je me tournais vers Haymitch curieuse face à son manque de réaction face à ses deux clowns ambulants. Ma phrase n'eut pas le temps de se former dans mon cerveau qu'Haymitch s'était littéralement laissé tomber sur le lit le plus proche de lui en proie à un fou rire incroyable.
_ Oh mais ce n'est pas vrai ! Il ne manquait que le chapelier fou et on était bon. Mais qu'est-ce que c'était que ça : la reine de cœur version candy shop et son valet ? Le personnel a des promos sur les colorations dans cet hôtel. Je n'imagine même pas la tête de l'énergumène à la tête de cet endroit. Oh bon sang ! Comment il a dit qu'il s'appelait déjà le petit frère du joker ?
Il riait de plus belle et moi aussi. J'eus du mal à répondre à sa question.
_ Flavius. Il a dit qu'il s'appelait Flavius.
_ Ah oui, Flavius et Octavia, dit-il en grimpant dans les aigues en imitation parfaite de notre hôte. Bienvenue dans le monde de Tim Burton les amis!
Il nous fallut un moment pour reprendre notre souffle et remettre nos idées en place puis Haymitch fit rapidement le tour de la chambre qu'il jugea lui aussi tout à fait correcte et il me proposa d'utiliser la salle de bain en premier pour me rafraîchir avant d'aller manger un bout.
_Ok. Par contre c'est moi qui paie le repas.
Je ne voulais pas qu'il paie tout à nouveau. C'était déjà beaucoup qu'il soit là avec moi. Il fit un vague mouvement d'épaules que je pris comme un « oui » avant de se mettre devant le poste de télévision à la recherche de quelque chose d'intéressant.
Moins d'une demi-heure plus tard nous étions dehors à la recherche de quelque chose d'ouvert malgré l'heure tardive. Il faisait bon et la marche après tout ce temps passé en voiture, me faisait personnellement le plus grand bien. A la démarche décontractée d'Haymitch, je supposais que c'était pareil pour lui.
_ Tu as essayé de le joindre.
Sa voix brisa le silence confortable qui s'était installé entre nous.
_ Oui mais il ne décroche pas. J'ai même essayé de l'hôtel, ça n'a pas marché.
_ Je vois. Il est bien accroché ce petit.
Je tournais mon visage vers lui, pas certaine d'avoir bien suivi le cheminement de sa pensée. Un léger sourire flottait sur son visage.
_ Ah vous trouvez vous ?
Le ton de ma voix était un brin cassant.
_ Comment tu appellerais un gars qui parcourt des kilomètres pour revoir une fille qu'il n'a croisé que deux jours et qui réagit aussi durement quand il croit qu'elle s'est foutu de lui ? Moi j'appelle ça un gars bien accroché.
Vu comme ça, il n'avait peut-être pas tort mais je ne le croirais vraiment que lorsque que Peeta me le dirait lui-même.
Nous entrâmes dans un petit bar qui précisait « service non-stop » pour prendre place au comptoir.
_ Bonsoir messieurs, dames et bienvenue chez Riper. Qu'est-ce que je vous sers ?
_ Votre meilleur hamburger pour moi et pour la demoiselle…
_ … la même chose, merci.
_ Ça roule mes poussins. Cinna ! Deux patriotes pour le comptoir.
J'entendis vaguement quelqu'un acquiescer par la porte entrouverte de ce qui devait être la cuisine. J'aimais bien cette femme. Elle avait les manières de quelqu'un qui sait tenir un commerce et à qui on ne la fait pas. Elle se serait bien entendu avec Saé, je crois.
_ Et vous nous prendrez bien quelque chose pour faire descendre tout ça.
_ Une bière pour moi et…
_ … la même chose.
Deux regards se bloquèrent sur moi en un timing parfait.
_ Ou plutôt un soda… bien frais.
Riper me sourit et se retourna pour nous préparer nos boissons. Haymitch me regardait toujours.
_ Bah quoi ? J'ai déjà bu de la bière.
_ Oh, je n'en doute pas un instant mais pas tant que tu seras sous ma responsabilité. J'ai trop lutté pour approcher ta mère, tu ne vas pas ruiner tous mes efforts avec une foutue bière.
_ Qui lui dira ? Tentais-je.
_ Moi, je le saurais.
Riper posa nos boissons devant nous et s'éloigna vers d'autres clients qui réclamaient son attention. Je bus tranquillement mon soda sans faire attention à Haymitch qui semblait marmonner dans sa barbe quelque chose qui ressemblait fortement à « foutu gamine ». Je commençais à bien le cerner alors je ne relevais pas. Un homme vint déposer deux assiettes devant nous, ce devait être le fameux Cinna. Il me fit un clin d'œil et repartir aussi sec. L'odeur me chatouilla les narines, ça sentais divinement bon et je me mis à saliver. Je croquais à pleine dents dans mon sandwich, c'était vraiment succulent. Haymitch tout aussi occupé que moi ne dis plus rien avant d'avoir englouti son repas, frites comprises. Moi, je n'avais plus de place pour ces dernières. J'en mangeais deux, trois pour la forme et tendait mon plat à Haymitch qui l'accepta surpris que je ne mange pas plus.
_ Impossible d'en avaler plus ! Faites-vous plaisir. Je vais aux toilettes, je reviens.
J'avais remarqué un écriteau dans le fond et me dirigeait vers la porte. Un groupe d'hommes jouait aux fléchettes et me regarda passer. Je n'y prêtais pas plus attention. Mais en ressortant, l'un d'eux me barra le passage.
_ Salut, ça te dirais une partie avec nous ?
_ Non, merci pas trop envie ce soir.
_ Ah, non et qu'est ce qui te ferai plaisir ma mignonne ?
Quelque chose dans sa voix et son regard alluma une alarme dans ma tête. Ses amis souriaient bêtement et vu le nombre de bouteilles vides posées devant eux, la discussion ne serait pas évidente. Je tournais le regard vers le comptoir mais aucune trace d'Haymitch, est-ce qu'il était sorti fumer ? Maintenant ?!
_ Rien, laissez-moi passer s'il vous plait.
_ Ooh mais c'est qu'elle est polie et tout. Une vraie dame. Pas vrai que t'es une vraie dame ?
Sa main qui ne me barrait pas la route fit un mouvement vers mon visage et je reculais instinctivement, me retrouvant contre la porte des toilettes. Pas sûr que battre en retraite à l'intérieur avec ce gars en face de moi soit une bonne idée. Il approcha un peu plus sa main et je me mis en tête de hurler quand un souffle passa non loin de mon visage. Une fléchette venait de passer à quelques centimètres de ma joue et encore plus près de la main du gros nul en face de moi.
_ La jeune fille a dit: non.
Haymitch. Je poussais un soupir de soulagement.
Je ne sais pas par où commencer.
Sans doute par m'excuser auprès des lecteurs de cette fic pour cette longue attente.
Il m'est arrivée pas mal de choses ces derniers temps, certaines dont j'aurais pu me passer. Je n'étais pas disponible, pas intéresser par l'écriture. Peu à peu j'ai recommencé à lire mais impossible d'écrire, rien ne venait et je ne voulais pas faire n'importe quoi. Je ne dis pas que ce chapitre fera l'unanimité parmi vous mais au moins ça correspond à mon impulsion de départ concernant cette histoire. J'espère que mes sensations vont revenir mais au moins j'irais au bout de cette histoire, promis.
Merci à tous et à très bientôt j'espère.
PS : Il y a surement tout plein de fautes et je m'en excuse.
Lumi.
