Bonjour chers lecteurs !
J'introduis enfin Thor dans cette histoire, car mine de rien, il est le premier concerné en ce qui concerne le bannissement de Loki…
Cette fiction se poursuit et se terminera bientôt, je pense clore à une quinzaine de chapitres, ou moins, nous verrons selon mon inspiration… Premier essai d'un POV Loki aussi, ce qui ne fut pas une mince à faire tant c'est un personnage contradictoire et inconstant…
Oui le Jotun est une définition même du mot « paradoxe ».
Ce chapitre a été écrit sous fond de la musique d'Emilie Autumn, l'album « Laced/Unlaced » en titre qui est une pure merveille, si l'on supporte la musique classique bien entendu… Bref, si ça vous tente, Deezer est mon ami.
Bon week end à vous !
Asgard
D'ordinaire, les années humaines n'étaient rien pour les Asgardiens, une unité si infime et éphémère qu'elles n'effleuraient même pas leur esprit… Cependant, un an sur Mignard en ce qui concerne Loki était chose terriblement insupportable pour Thor. Désormais roi, il était nanti du respect et de l'approbation de tous mais ne pouvait, même à ce titre, ignorer les prérogatives dictées par Odin, à son grand désespoir.
Il restait le père de toute chose, un antique souverain désormais dans la force de l'âge, qui avait pourtant montré courage et honneur lors de nombreuses batailles.
Les souvenirs ne tarissent jamais, tous les souvenirs, si bien que le Dieu de la foudre ne pouvait faire une croix sur celui qui partagea son enfance, toujours à ses côtés, comme une ombre sinueuse.
Thor n'avait prit en épousailles aucune Asgardienne et le trône était absent d'une reine et surtout d'un héritier, même si Odin ne cessait de lui faire pression. Il ne pouvait décemment pas se marier avec une humaine, pas avec Jane Foster, tout cela était incompatible avec leur culture et ils risquaient, qui plus est, de ne pas engendrer un immortel.
Il y avait une chance sur deux et le paris était bien trop risqué bien que le risque que deux gènes exceptionnels s'annulent, ne créant qu'un âtre lambda, existe aussi, pourtant, ceci ne s'était que rarement vu à Asgard.
La source de leur pouvoir résidait surtout dans des pommes d'Or de l »arbre sacré, source de force et de jouvence, de manière relative bien entendu, le sommeil éternel finissait toujours par reprendre ses droits.
Bref, le royaume était sans descendance, mais vu la « jeunesse » de Thor, les habitants ne s'en inquiétaient pas outre mesure, d'autant plus que le guerrier dirigeait le pays avec bien plus de brio que tous n'auraient imaginés. Depuis l'exil de son petit frère, le Dieu au marteau avait gagné en humilité ce qu'il avait perdu en joie de vivre. En effet, le voir sérieux et sombre était tellement contre-nature…
Mais il fallait être aveugle pour ne pas comprendre à quel point cette séparation le meurtrissait. Sif était bien la première à le comprendre et avait depuis fort longtemps, brûler tout espoir de devenir reine un jour. Que ce soit Loki ou Foster, tout d'eux avaient une place de choix dans le cœur du blond qu'elle ne pourrait jamais égaler, voir même atteindre.
Ainsi coulaient les jours. Depuis la mort de leur souverain et la disparition de son héritier respectif qui l'eut lui-même assassiné, les Jotuns étaient fort peu belliqueux. Le fils ainé de Laufey avait repris le trône, pourtant il préférait faire profil bas, las des conflits et de la famine incessante qui ne cessait de tuer à petit feu son peuple.
Si jadis, les avortons étaient chose exceptionnelle, ils arrivaient aujourd'hui bien plus souvent avec la malnutrition, si bien que les géants du froid, hermaphrodites, se gardaient bien de procréer, de peur de voir mourir bien trop tôt leurs progénitures, l'inceste était également devenue chose courante, si bien que consanguins, soit certains enfants étaient à moitié fous, soit ils avaient hérité de tares physiques, ce qui minimisait encore plus leur hypothétique survie.
L'espèce s'éteignait peu à peu, sous le désespoir du roi et du reste de la fratrie de Laufey. Depuis que leur petit prince cadet leur avait été enlevé et élevé de force à Asgard, depuis leur défaite contre Odin, les catastrophes ne cessaient de se multiplier, ne faisant d'eux qu'une bande de pauvres hères, à la puissance infime. Thor avait bien changé depuis et la détresse des géants de glace le touchait en plein cœur, cependant…
Il ne pouvait faire table rase sur le passé et par conséquent ne s'abaissait pas à leur apporter quelconque aide même s'ils étaient le véritable peuple de Loki.
Sans son frère, les jours étaient sans saveur et ce même alors que plus jeune, il n'avait cessé de chérir le désir de devenir roi.
Les choses n'étaient absolument pas comme il les avait imaginé, mais difficiles… Extrêmement difficiles. En collaboration avec les souverains des autres royaumes il tentait, tant bien que mal de maintenir une paix, aussi fragile soit-elle, tout en regardant, de loin, les hommes se déchirer sur Mignard.
La terre… Là où le Dieu de la malice devait se repentir, là où il devait changer, absoudre ses pêchés et devenir meilleur. Soit… La chose était risquée mais Thor ne cessait de croire farouchement qu'elle restait possible, ne cessait de croire en celui qui resterait, pour lui, à jamais son petit frère.
Il le ramènera sur Asgard et pourra enfin veiller sur lui, pour ne plus qu'aucun déshonneur ne vienne le souiller comme jadis. L'Asgardien, prenait aussi soin, du moins autant qu'il le pouvait, de son neveu Sleipnir.
Des choses simples mais essentielles. Donner des ordres, afin que les palefreniers s'occupent correctement de lui, le nourrissent suffisamment, l'entretiennent, lui pose des fers, que de la paille fraîche se trouve dans son box…
Depuis la passation des pouvoirs, par respect envers son cadet, il avait abandonné le fait que Sleipnir était la monture de guerre royale, pour ne pas prendre le risque qu'il soit blessé au combat, bien qu'Odin utilisait encore l'équidé comme cheval de guerre lors de ses participations aux batailles, mais ce n'était pas le cas de Thor, qui gardait son habituel étalon. Pour les autres enfants de son frère il ne pouvait pas faire grand-chose…
Ne pouvant se résoudre à braver le Père de toutes choses. Spleinir résidait dans les écuries royales, Hella était souveraine du royaume des morts, Fenrir enchainé et séquestré au fin fond d'une caverne sordide et Jomurgand… Tout simplement bannit et introuvable, dans l'une des mers de Mignard.
Bien entendu, il fut convenu que le prince cadet ne tente en aucun cas de retrouver son enfant reptile sur terre…
Odin avait fait de son mieux pour tous les éloignés les uns des autres, craignant bien évidemment une alliance entre la fratrie. Loki était certes dangereux, mais cela additionné à la force de ses enfants en soutien, était une chose redoutable qu'il fallait à tout prix empêcher.
Pourtant, connaissant le dieu de la malice, il est aisé de songer qu'un jour ou l'autre la situation sera inversée, et ce, surement avant Ragnarok et ses stupides prophéties., indéniablement…
POV'S Loki
Qui me parle d'honneur ? Tout ce que j'ai toujours fait dans ma jeunesse n'était que pour d'impressionner, les impressionner, tous, enfin exister. Alors certes, ce n'était pas les plus glorieuses des actions mais vaut mieux être reconnu, même par sa fourberie, que tout bonnement ignoré n'est-ce pas ? Je ne veux plus être un fantôme...
Je marchais toujours derrière toi lors de notre enfance, peu sure de moi cependant, craintif avec cette peur insatiable qui me labourait les entrailles, peur d'être rejeté, que je ne sois pour toi qu'un passe temps dont tu te lasseras bien plus tôt que prévu. Je n'avais raison qu'à moitié Thor…
Tu passais dès lors un temps fou avec tes amis, tentant tant bien que mal d'essayer de m'intégrer au groupuscule, des amis qui ne m'appréciaient guère, cela en était évident. Les regards que te portaient Sif m'écœureraient, bien évidemment, mais que pouvais-je y faire ?
Ainsi devaient aller les choses, les choses « normales ». Cependant, je gardais ma fierté encore brûlante au creux de mon cœur quand je repensais à toutes les nuits, enfants, où nous dormions ensembles, où ton seul souhait était que mes craintes s'estompent et que je cesse d'être farouche, et ce même quand nous nous sommes unis...
Aujourd'hui tout a changé, tout a éclaté depuis longtemps. Plus tu t'approche, plus je fuis, mon seul souhait et de te heurter, te meurtrir, mais plus que tout, te faire réagir. Ne m'ignore pas, cela se finira indéniablement dans le sang, pour mon plus grand plaisir je ne cesse de clamer.
Te tuer… C'est ce que je désire le plus et en même temps redoute. Nous sommes toujours intimement liés dans cette haine brûlante, nos destins enchainés, oui toujours… Car si je tombe, tu ne cesseras de me rattraper, et lorsque tu comprendras que cela est vain tu n'auras pas la force de l'accepter, tu ne l'a jamais eu.
Je fuirais, te trahirais, tu souffriras de miles tourments mon frère, toutes mes manœuvres orchestrés, mais bien moins que moi évidemment. Car tout ce que je possède, je finis toujours par le détruire, l'émietter, tout me pousse à opter toujours pour les pires choix et ce peu importe ce qui en découle.
Et je sais qu'au fil des temps je suis devenue complètement fou, que cette démence ne cesse de me dévorer. C'est quelque chose de tellement ridicule la folie… Ridicule et incontrôlable. Lorsque je finis par réaliser la portée de mes actes, il est à chaque fois trop tard.
J'ai connu la torture, les sévices physiques, plus que personne ne l'aurait imaginé, le viol, le fouet, les coups… Combien de fois me suis-je écroulé baignant dans la répugnante odeur de ma propre sueur et celle du sang ? Poisseux, les articulations blanches, plus misérable que la plus immonde des vermines, souillé, à m'en faire vomir...
Mais cela, crois-moi, cela n'est rien face à un mental déficient, une raison qui décroit, rien du tout!
Tout a commencé il y a bien longtemps, à l'aube de nos existences, je le nie pas, mais je crois que j'ai indéniablement chuté lors de la conception de Sleipnir, c'est là que le carrousel a vraiment débuté.
Je suis tombé malade, un premier temps, refusant de m'alimenter ce fut le corps, mais ce ne fut pas longtemps, et absolument rien face à l'esprit…
C'est là que j'ai vraiment tout eut en horreur, et particulièrement toi, ta réussite, ta force, le favoritisme de père et le respect de tous, oui… Depuis l'adolescence je n'ai jamais accepté mon corps, moi le frêle, l'inutile, les os près à se briser en un coup de vent… Toi le puissant guerrier et moi tel une donzelle seulement bonne à broder au coin du feu, là est la vision des Asgardiens.
Pourtant, je me suis jeté à corps perdu dans l'étude, la magie et les sciences. Ce que tu avais gagné de la nature, j'essayais tant bien que mal de l'égaler sur un tout autre plan aux fruits de mes efforts. Je ne serais pas un valeureux combattant certes, mais le stratège, celui qui réfléchit avant d'agir, manipule. Les rumeurs n'ont encore une fois, absolument pas cessé de croître sur mon compte et s'accroissaient.
Il était difficile de faire croire que cela ne m'atteignait pas, tellement difficile, mais pourtant je ne pouvais que m'y résoudre.
Alors Odin, las, a décidé de me marier de force, face à mon refus et mon abnégation il a du redoubler d'efforts et d'inventivité afin de me courber l'échine.
Je n'ai aimé aucune de mes épouses bien entendu, et je pense que cela était réciproque, mais je restais près d'elles, dociles à toutes leurs envies intimes sous les draps, de peur qu'elles me fuient aussi, me trompent et me trahissent, chose qui s'en nul doute a du se faire plus d'une fois mais je préfère en rester stupide ignorant.
Ainsi, j'ai eu d'autres enfants, que j'aurais pu chérir de toute mon âme si seulement j'en avais eu le choix… Et puis, dès que l'occasion était là j'ai tenté de te tuer, de m'emparer du trône. Je venais d'être séparé d'Hella il y peu … Si peu.
J'avais portant réussi à la sauvé de la mort, pour qu'elle finisse par l'épouser. Odin a apparemment trouvé cela parfaitement adapté, et stupidement ironique. Alors oui… Ma fourberie c'est transformé en complot et j'ai été banni. Loin de toi, loin de tout, de ma magie, transformé en stupide d'insecte, errant, sur cette planète inutile que tu porte tellement aux nues.
Mais si tu crois que je vais rester docile, c'est mal me connaître ! Attends, attends que je renaisse de mes cendres avant de te préparer au pire mon frère...
