Fandom : Kuroko no basuke
Titre : Les lapins pas si crétins
Disclaimer : Les personnages de Kuroko no basuke ne m'appartiennent pas et je sais que menacer IG Prod' et Tadatoshi Fujimaki n'y changera rien. L'illustration utilisée pour cette fanfic appartient à la fabuleuse artiste 3ternal-star, dont certains fanarts sont postés sur DeviantArt. Aussi, je ne fais pas du tout d'argent avec cette fanfic.
Rating : M. Obligé.
Genre : Arf...
Pairing : Midorima x Takao, Akashi x Kuroko
Note de l'auteur : J'étais malade hier et aujourd'hui, mais j'ai réussi à réécrire ce chapitre à temps pour le poster ! Vive les weekends prolongés !
Chapitre 11: On a les amis qu'on mérite (1ère partie)
Se défaire de l'étreinte de Shintarô après l'amour était un défi nécessitant de la prouesse, de l'agilité et de la souplesse, ainsi qu'une bonne dose de savoir-faire que l'on ne pouvait acquérir qu'après beaucoup de pratique.
Takao Kazunari, épuisé par la nuit sans sommeil qu'il avait passée auprès de cet homme dont il partageait la vie, n'avait pas réagi quand ce dernier, en s'endormant, l'avait piégé comme un poulpe, entre ses longs membres. Patient, le brun avait attendu les ronflements de son bien-aimé avant de se saisir du bras droit de celui-ci qui lui pesait sur les côtes, pour le repousser le plus lentement possible afin de ne pas réveiller son propriétaire. Cette étape était de loin la plus simple, car le pire restait à venir : retirer de sa hanche la lourde cuisse qui y était posée. D'expérience, Kazunari savait qu'il devrait s'y prendre à deux fois et il attendit quelques minutes pour s'assurer que Midorima dormait toujours aussi profondément. Avec précaution, il se saisit de cette fameuse cuisse, qu'il voulut déplacer, mais il se heurta à une forte résistance de la part de celle-ci et il laissa tomber quelques instants. La seconde fois fut la bonne car quand il retenta sa chance, il parvint à ses fins. Cependant, alors qu'il jubilait déjà, en se disant qu'il n'avait plus qu'à se lever du bras gauche de son compagnon qui devait être engourdi, Midorima se tourna encore plus vers lui et rabattit et son bras et sa jambe droites sur son faucon, d'un coup, sans crier gare.
Pris au piège une seconde fois, exactement dans la même position, Kazunari soupira, un brin amusé de constater que Shintarô était un pot de colle insoupçonné après l'amour, contrairement à d'habitude où les deux tourtereaux s'endormaient sans se toucher. Toujours allongé sur le flanc, prisonnier du poulpe géant dans son dos qui n'en démordait pas, le brun attendit, encore, en regardant leur reflet à tous les deux dans la vitre du dressing.
Elle était d'ailleurs un peu sale avec ce qu'ils avaient fait face à elle. Le soleil était déjà levé sur la capitale et maintenant que la chambre était éclairée, Kazunari pouvait constater avec plus d'acuité le sacré bazar qu'ils avaient fichu : ce n'était pas à leur avantage. Il voulait y mettre un peu d'ordre pendant que dormait son cher et tendre, puis prendre une bonne douche. La nuit avait été chaude dans tous les sens du terme et il était poisseux de sueur. Shintarô glué à lui n'arrangeait pas les choses, de sorte que le brun avait l'impression d'être dans un sauna et il détestait dormir comme cela. Shintarô le savait aussi mais il ne contrôlait pas ses mouvements quand il cédait à la fatigue, repu après une belle partie de jambes en l'air et il terminait systématiquement sa course contre Kazunari.
« Tu sais que tu me colles quand tu t'endors ?
-Je ne le fais pas exprès !
-Je sais bien, mais même… C'est marrant, en fait... Surtout quand je veux me lever. Tu sais que t'es lourd, quand tu m'écrases à moitié ?
-Mais puisque je te dis que…
-En fait, tu tiens plus du poulpe que du crabe… Quoique ça se discute, en fait. Le poulpe, c'est seulement après l'amour. Le crabe, c'est tout le temps.
-Je t'ai déjà dit d'arrêter de faire des blagues pourries avec mon signe astrologique !
-C'est pas des blagues, ça te ressemble tellement ! Tu vois, les crabes araignée géants ? Avec leurs pattes interminables… Ils vivent dans les profondeurs, il faut nager longtemps pour les apercevoir… Et une fois qu'on les a péchés, on peut se repaître de leur chair sans se lasser… N'est-ce pas ? Shin-chan… Si tu rougis, je te saute dessus, t'es prévenu…
-Je ne rougis pas ! Lâche-moi !
-T'énerve pas, tu me donnes encore plus envie de toi !
-SI cette nuit ne t'a pas suffi, ce n'est pas mon problème, alors du vent ! »
Ricanant à ces souvenirs fugaces qui commençaient à dater, Kazunari décida d'essayer à nouveau de s'extirper du corps de son petit ami. Il recommença la procédure en faisant attention à ne pas réveiller Midorima et une fois libre, il s'empressa de sortir du lit… en rampant, ce qui le fit atterrir par terre, mais au moins, la réussite était au bout : Shintarô bougea un peu, reprit sa posture initiale mais sur le matelas cette fois-ci et après lui avoir décerné un sourire attendri, le brun se releva.
Il était toujours habillé de la même manière, le serre-tête et les chaussures en moins. Les bas de soie n'avaient même pas été abîmés avec leur gymnastique nocturne, en revanche, ils lui collaient à la peau à cause de la transpiration. Il s'étira longuement et vit par terre, pêle-mêle, les vêtements de Midorima, la paire d'escarpins à talons hauts, la chaise face au miroir de l'armoire sur laquelle ils avaient commencé, la bassine d'eau dans laquelle trempait le pénis en silicone, les bougies d'huile à la vanille éteintes sur la table de chevet et la commode, le vibro…
En bref, un beau bordel.
Dans son recensement, il lui manquait encore une chose et il retourna en direction du lit : dans le dos de Shin-chan il trouva son serre-tête ainsi que le cadeau du cerisier en fleurs…
Un beau bordel, donc.
Mais qui avait largement valu le coup. Requinqué en pensant à la soirée qu'il avait passée, le brun se dirigea vers le dernier tiroir de la commode et l'ouvrit, pour en sortir un grand sac de sport dans lequel il avait trimballé tout son attirail olé-olé. Mais également de l'alcool médical et du savon antibactérien pour nettoyer leurs "joujoux", des serviettes en plus, leurs téléphones portables respectifs, l'étui à lunettes de Shintarô…
Il ramassa tous les gadgets intimes qu'ils avaient utilisés durant la nuit, y compris le bijou d'émeraude, lava soigneusement le bel ensemble dans le lavabo de la salle de bains, avant de les mettre à sécher sur une petite serviette posée à côté. Il rigola en avisant le dessin fait sur le miroir la veille, au rouge à lèvres pailleté, puis il prit une douche froide afin de bien se rafraîchir.
Et qu'est-ce que ça faisait du bien, après ces dernières semaines de folie !
Tout avait commencé quand il avait entamé ses réflexions sur l'organisation de l'anniversaire de Midorima. Ce dernier n'aimant pas spécialement faire la fête, ils faisaient cela en petit, très petit comité composé uniquement d'eux deux. Mais cette année n'était pas comme les autres : ils se devaient de célébrer en bonne et due forme leurs sept ans de vie commune. Sept ans, ce n'était pas rien et même si des obstacles s'étaient présentés à eux, leur couple avait tenu bon. Certes, des sacrifices avaient été nécessaires, des larmes avaient été versées, mais il ne regrettait rien et surtout, lui et Midorima n'étaient pas prêts de se lâcher.
Au Japon, le sept était un chiffre porte-bonheur, et pour cette raison, Kazunari avait voulu faire quelque chose de spécial. Cela était d'autant plus drôle que Shin-chan était né un sept Juillet, soit le septième jour du septième mois de l'année calendaire. Pas étonnant qu'il soit aussi chanceux, le veinard ! Même s'il la boostait grâce à l'horoscope d'Oha Asa, dont il était le plus fidèle auditeur, et en faisant tous les efforts nécessaires pour accomplir ses rêves. Sa détermination et son abnégation avaient toujours fasciné le brun depuis leur rencontre au lycée de Shûtoku. Midorima n'était pas seulement bon parce qu'il était né sous une bonne étoile. Sa chance, il la provoquait en travaillant plus dur que quiconque, avec sérieux, droiture et humilité, sans jamais se décourager. Il était admirable. Il était la personne la plus chère aux yeux de Kazunari, assurément.
Ce fut en pensant à tout cela que l'ancien point guard de Shûtoku avait voulu concocter quelque chose de particulier pour son cher et tendre, afin de marquer le coup. Sur le thème de l'horoscope et des astres, des étoiles et de la chance, lui était venue l'idée de reprendre le conte de Tsuki no Usagi-san, très populaire en Asie et décliné en plusieurs versions. Celle que préféra Kazunari, sans surprise, fut la Japonaise qui parlait de sacrifice pour un dieu déguisé en vieillard misérable, mais surtout de mochi (1), qui s'accompagnaient parfaitement de shiruko (2), le dessert préféré de Midorima.
Avec ces petites boules blanches et sucrées ainsi que la soupe de haricots rouges, il avait pensé à un costume de lapin blanc, au départ très coquin. Il avait songé à mettre en place tout cela chez lui, dans leur petit appartement et s'était entraîné en douce à cuisiner. Lui était ensuite venu en tête l'idée du kimuchi en guise de plat principal, de préférence sous une forme inédite pour Shin-chan, sinon, ça n'aurait pas été drôle. Des ramen. Par la combinaison de ce plat de résistance épicé suivi de ce dessert si sucré, Kazunari avait souhaité transmettre ces mots à son amour : "Toi et moi. Ensemble. Différents, mais complémentaires. C'est le destin, na no da yo !".
Pour des conseils en cuisine, il avait pu compter sur le soutien de Himuro (à distance depuis Akita où il était établi), mais aussi de Kagami quand il était arrivé pour passer ses vacances dans la fournaise tokyoïte avec Havana, sa petite amie basketteuse comme lui; et même de Murasakibara, qui vivait lui aussi dans la capitale depuis peu de temps et qui lui avait filé un coup de main à la demande de son "grand frère".
Evidemment, tout ce remue-ménage était tombé dans les oreilles des amants terribles les plus en vue du Japon, à savoir Kuroko et Akashi. Ce qui n'était pas plus mal puisque Kazunari, qui voyait les choses en grand, se disait que justement, son appartement était trop petit et banal pour toutes les facéties qui lui venaient en tête au fur et à mesure. Ils y avaient fêté tous leurs précédents anniversaires, à lui et Shin-chan, sans exception depuis qu'ils vivaient sous le même toit. Il était temps que ça change en donnant un petit coup de balai ! Un gramme de folie dans un monde sage et rangé, ça ne pouvait nuire à personne, et surtout pas à Midorima !
Takao avait parlé de son projet à Kuroko. Qui, intrigué et intéressé, en avait parlé à l'héritier des Akashi. Ce dernier avait trouvé l'idée succulente, au point de se l'approprier partiellement, avec d'autres codes, pour lui et l'homme de sa vie dans le seul intérêt de se délecter d'un Lapin Blanc aux yeux bleus de bébé. Sans difficulté aucune, il avait donc proposé son aide à Takao en échange. Après tout, Midorima avait toujours été son plus proche ami et tendre la main à Takao était un moyen de le remercier tout en lui offrant un cadeau d'anniversaire, mais sans l'exprimer ouvertement.
Oui, Seijûro avait toujours été un peu tordu et depuis le temps, plus personne ne s'en formalisait.
Kise avait été sollicité pour les costumes, ainsi que pour le maquillage. Mais non, malgré le fait qu'il restait familier du milieu de la mode, il n'avait jamais pris la peine de copier les techniques sophistiquées de celles et ceux qui mettaient son beau visage en valeur avant chaque séance photo. Néanmoins, il avait pu diriger Kazunari vers un ami qui maquillait, mais réalisait également de jolies peintures sur le corps, à la demande ou parfois, pour les besoins de films, de séries ou de défilés traditionnels.
Akashi lui avait mis à disposition une suite dans son hôtel de luxe et avait fait aménager une partie de la salle de réception privée, qu'il utilisait d'ordinaire pour recevoir ses invités de marque. Kuroko avait aidé à choisir le costume à faire porter à Midorima. Momoi, ainsi que son patron, avaient assuré à Takao qu'ils arriveraient à traîner Midorima dans ce palace sans qu'il ne se doute de quoi que ce soit.
Les méthodes musclées (pour ne pas dire mafieuses) d'Aomine (à l'insu de sa femme et pour les beaux yeux de sa fille adorée), de Murasakibara (qui était indispensable car seul lui était plus grand et plus fort que le futur médecin), de Kagami (qui n'avait rien à faire là) et de Kise (parce qu'il fallait bien une roue de secours) furent certes un peu brutales, mais l'objectif avait été atteint : servir Shin-chan à Takao sur un plateau d'argent.
Par chance, l'anniversaire tombait cette année un samedi. Mais Kazunari voulait faire la fête toute la nuit et Shintarô reprenait son internat à l'hôpital dimanche matin... Il avait donc pris le parti d'avancer d'un jour sa petite surprise, qu'elle commence le six au soir et qu'elle se termine le sept.
La veille au matin, il avait guetté mine de rien chaque mouvement de Midorima. Celui-ci avait mis son téléphone portable dans la poche de sa veste, suspendue à l'entrée de leur appartement. Pendant qu'il avait eu le dos tourné, le faucon aussi filou qu'un renard le lui avait subtilisé et l'avait planqué, de sorte que l'étudiant en médecine était finalement parti sans son cellulaire, mais en étant persuadé d'être toujours en sa possession.
Ainsi, Midorima n'aurait pas eu le loisir d'appeler à l'aide et de contrarier le plan de kidnapping soigneusement mis en place par Akashi et Kuroko.
Kazunari était ensuite parti travailler. Il était rentré plus tôt pour cuisiner l'entrée et le dessert chez lui, préparer tout ce qu'il fallait pour les kimuchi ramen afin de terminer à l'hôtel, faute de temps. Mais heureusement, niveau logistique, Satsuki avait assuré !
Quand il avait appelé Kuroko pour connaître l'avancée de Midorima, il avait eu la surprise de lui parler directement. Il l'avait induit en erreur pour le faire tourner en bourrique, en laissant sous-entendre qu'il l'attendait chez eux tandis qu'en réalité, il sortait d'une douche rapide et était en train de se faire maquiller par le pote de Kise. Le visage pailleté d'argent et de pierres brillantes, les lèvres carmin, il avait couru pour arriver à temps dans la salle de réception, avec Shin-chan qui commençait à s'impatienter ! Il ne s'était pas attendu à voir Akashi déguisé en Reine de Cœur, ni Kuroko en Lapin Blanc, mais il avait dû admettre que ça leur convenait parfaitement. Ces deux-là, habitués à faire des blagues sans en avoir l'air, avaient parfaitement joué leurs rôles et improvisé des répliques dignes d'un film comique.
Qu'est-ce que ça avait été drôle ! Kazunari ne s'était jamais autant éclaté de sa vie que pendant ce dîner, quand il jouait les lapins lunaires face à Midorima. Conserver son calme avait été une épreuve de tous les instants, mais il ne l'avait pas regretté. Il avait été surpris par la déclaration d'amour de Midorima débordante d'une sincérité purement authentique. Et son homme avait tout apprécié : l'ambiance, sa tenue, les plats… Lorsque le brun lui avait servi le dessert, il avait bien vu que son compagnon flottait sur un petit nuage nocturne, près de la Lune.
Et sa déception, quand Kazunari lui avait annoncé qu'il devait s'en aller ! Il savait qu'il avait plongé son homme dans une intense confusion, dans la crainte sourde de le perdre. Car oui, malgré les apparences, Midorima s'inquiétait très vite et sous sa carapace de crabe araignée… Pardon, de tsundere, il était très protecteur envers ceux qu'il aimait.
Mais Takao s'en était allé pour la bonne cause. Car la soirée n'en était alors qu'à ses débuts, pour lui et son chéri ! Il avait dû se changer en lapin noir démoniaque et possédé par des forces obscures. L'idée d'origine était venue de Kise, qui lui avait d'ailleurs donné des conseils, tant pour la tenue sexy et androgyne que pour jouer son rôle : Kazunari avait dû se laisser emplir par le désir charnel et par son envie d'avoir Midorima rien qu'à lui. Jouer les fous dangereux lui avait plu, au point de dessiner des dessins enfantins sur la glace de la salle de bains de la suite dans laquelle il avait mis toutes ses affaires pendant que Shin-chan était en train de finir son dessert. Kagami l'avait bien aidé sur ce coup-là. Et tandis que Kazunari se débattait avec le serre-taille et le porte-jarretelles, le basketteur venu des Etats-Unis avait, à la demande d'Akashi et de Kuroko, planqué toutes les horloges dans les tiroirs de la suite.
Abolir le temps, pour une nuit… L'idée était séduisante en plus d'être drôle.
Havana avait bien fait tourner en rond l'étudiant en médecine, Kagami avait râlé parce qu'elle l'avait quitté sans crier gare alors qu'il ignorait que sa petite amie aussi s'était fait réquisitionner et Kazunari, amusé, avait tout simplement conseillé au grand rouquin d'attendre devant la suite : sa tigresse viendrait l'y trouver sans faute.
Quant à la suite de l'histoire…
Soupirant de satisfaction en repensant à la nuit merveilleuse, drôle, pleine de passion et d'amour qu'il avait passée, le brun s'étira longuement les bras, puis le dos, avant de fermer le robinet d'eau froide et de sortir de la douche. Il se jura, en fixant la grande baignoire tandis qu'il s'essuyait, de convaincre Shintarô de faire l'amour plus tard dans un bon bain chaud, rempli de bulles savonneuses et odorantes.
Il rejoignit la chambre et se vêtit d'un simple boxer propre et au premier bâillement, il se dit qu'il devait peut-être dormir, enfin… Car il considérait avoir mérité un peu de repos. Alors d'un pas lent, il se rendit dans le salon et il s'affala sans aucune grâce sur le dos, dans le canapé qui devait coûter bonbon tant il était grand et moelleux. Un pied au sol, la jambe opposée contre le dossier, il ferma les yeux et se repassa en boucle les semaines de folie qu'il avait passées, entouré de pleins de gens qu'il aimait, à commencer par ceux qui s'étaient fait appelés un jour la Génération des Miracles. Il grimaça en se rappelant comment sa petite sœur avait débarqué un soir, profitant de l'absence de Shintarô, pour épiler à la cire ses jambes, ses cuisses et son maillot. Il rigola à la mémoire de Momoi lui montrant comment marcher avec des talons hauts. Il sourit en revoyant Murasakibara engloutir de l'oshiruko par bols entiers, sous prétexte de "goûter". Et que dire du message d'Akashi, dont Kazunari n'avait pas su décider s'il devait s'inquiéter ou être rassuré : « Takao, je te garantis que Tetsuya et moi-même mettrons tout en œuvre pour que Midorima t'appartienne entièrement »? Il se rappela comment il avait été gêné au possible et comment son cœur avait foncé à cent à l'heure quand il avait dû réceptionner le fameux bijou anal…
Mais surtout, il repassa dans ses esprits les mots d'amour qu'il avait reçus de son cher et tendre. Il les récita en boucle dans sa tête, jusqu'à ce qu'il tombe dans un sommeil réparateur.
Quand Akashi se réveilla, il se sentit en pleine forme, preuve qu'il avait dormi comme un loir. Comment aurait-il pu en être autrement, quand il était blotti contre son…
« Bouh. »
Le richissime héritier ne frissonna pas de surprise. Promis, même s'il prit quelques secondes de trop pour se retourner et aviser son amoureux qui était visiblement réveillé bien avant lui et le regardait de son air indifférent.
« Tu as mis tes chaussettes sales dans le pot à fleurs du couloir, l'informa platement Kuroko Tetsuya.
-Vraiment ?
-Vraiment. Et il n'y a pas que cela, tu as semé toutes tes affaires aux quatre vents. Ça va mieux ? Tu as bien dormi ?
-A poings fermés. J'étais mort, hier soir. Cependant, j'ai l'impression d'avoir fait un rêve très plaisant, même si je ne me souviens plus lequel…
-A tout hasard, tu n'y coupais pas des têtes ?
-Mmm… Avec les événements d'hier soir, cela ne m'étonne pas.
-Tu t'es bien amusé, n'est-ce-pas ?
-Absolument. Et te voir déguisé en lapin blanc… Je m'en suis délecté toute la soirée.
-Tu m'en vois ravi. Ca ne te dispensera pas de ranger ton bazar qui traîne.
-Tu sais bien que je n'y manquerai pas, Tetsuya. Même si avant, je demande une petite faveur… Suggéra Akashi, avec ce sourire séducteur qu'il travaillait sans cesse depuis son adolescence.
-Le petit déjeuner est déjà servi, j'ai demandé à ce qu'on nous l'amène ici.
-Je ne parlais pas de ce genre de faveur.
-Ah ? Je pensais… » Fit valoir Kuroko, de son air le plus innocent de la Terre.
Seijurô, sans crier gare, l'enlaça d'un bras et le ramena vers lui, dos contre sa poitrine, s'assurant ainsi que son homme de l'ombre, son ancien joueur fantôme ne lui filerait pas entre les pattes comme il savait si bien le faire. Il posa un doux baiser dans sa nuque couverte de petits cheveux bleutés et lui murmura :
« Toi, tu as mal dormi. Tu es bien trop acide avec moi, que t'arrive-t-il ? Qu'est-ce qui te tracasse ? »
Pour l'encourager à parler, le rouquin déposa d'autres baisers dans son cou et dans ses cheveux, mais Tetsuya demeura muet comme une carpe et cela commença à l'inquiéter. Depuis le temps, il connaissait son amant. Quelque chose lui pesait, c'était évident. Il ne se montrait pas d'aussi mauvais poil au réveil, alors qu'ils avaient l'occasion, rare, de partager un weekend en amoureux à deux. Encore moins après avoir passé une soirée à s'envoyer en l'air dans le grand bureau jouxtant la suite dans laquelle vivait Akashi de manière permanente, puis à s'amuser comme des petits fous au détriment de ce pauvre Midorima.
« Qu'est-ce que tu as ? Insista-t-il patiemment.
-J'ai… mal dormi, répondit évasivement Tetsuya.
-Pourquoi cela ?
-Je réfléchissais. A nous. Et… à ta famille. »
La fin se fit hésitante, les yeux bleus se baissèrent, comme honteux d'avouer une faute commise. Akashi n'eut pas besoin de le voir en face pour le deviner et pour rassurer son amant, il continua à flatter son cou de ses lèvres.
« Il est vrai que je dois rencontrer certains d'entre eux la semaine prochaine, dit-il entre deux baisers. Mais il y a le temps. A chaque jour suffit sa peine et je ne veux pas y penser alors que je suis avec toi. Nous sommes ensemble, profitons simplement du temps qui nous est accordé. Tu as toujours raisonné comme cela depuis le début de notre relation et je n'ai jamais réussi à te faire penser autrement, alors…
-Justement, si, le coupa son ancien passeur et actuel amant. Hier soir, j'ai bien entendu ton message, celui… De la Reine de Cœur. »
Les petits bisous anodins et spontanés stoppèrent net.
« Vraiment ? »
Sa voix ne fut pas enjouée ou excitée, Akashi était quelqu'un de prudent et il ne pouvait décemment pas se réjouir quand le ton grave de l'homme qu'il aimait lui répondit :
« Vraiment.
-Tetsuya, retourne-toi et regarde-moi », ordonna-t-il après un silence et il retira son bras du corps, légèrement plus petit, de son amant.
Celui-ci obéit après quelques instants de latence. Il se retrouva face à l'homme d'affaires, les yeux dans les yeux, côte à côte dans ce lit si grand, même pour deux.
« Je t'écoute. »
(1) Les mochi sont des petites boules de riz gluant pouvant être saupoudrées de noix de coco râpées, servies à température ambiante ou glacées
(2) L'oshiruko, ou simplement shiruko, est la soupe de haricots rouges sucrée que Midorima aime boire en canette
