Et non vous ne rêvez pas, il s'en est fallu de peu mais je suis toujours vivante !
Je m'excuse pour cette super méga longue attente, j'étais persuadée d'avoir tout posté...
Bref, voilà le dernier chapitre, l'épilogue arrive dans la foulée!
Bonne soirée
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Chapitre 11
Alice arriva à cet instant avec la trousse de Carlisle. Ce dernier me regarda et voyant que je n'étais pas rassuré, il commença à m'expliquer ce qu'il allait faire :
- Je vais lui donner un calmant pour la douleur. J'ai besoin de faire des points de sutures sur son bras et je n'ai pas envie qu'elle se réveille avant d'avoir fini. Peux-tu m'aider à la porter sur le canapé Jasper ?
Je savais qu'il faisait ça uniquement dans le but de m'occuper l'esprit car il était capable de porter ce petit bout de femme sur dix mètres sans mon aide mais je le fis tout de même. La sentir dans mes bras, même si elle n'en avait pas conscience, était une bénédiction et je me pris à lui sourire tendrement.
Comment avais-je fait pour la tenir éloignée de moi ?
Pourquoi n'avais-je pas tout avoué à ma famille ?
Pourquoi avais-je laissé les choses se faire avec Edward ?
Nous aurions dû partir lorsqu'elle ne savait rien de notre existence…
- Ne commence pas avec tes regrets Jasper ! Tu sais que tu es exaspérant quand tu t'y mets ?
Je posai Bella sur le canapé. D'un geste tendre, je caressai sa joue. Elle frissonna et j'en souris.
- Vous voulez bien m'expliquer pendant que je la soigne, demanda Carlisle tandis que je reculai pour lui laisser le champ libre.
J'aurais été bien incapable de mettre les bons mots sur tout ce qui me liait à Bella alors je laissais Alice tout lui expliquer dans les moindres détails.
Elle lui raconta que j'avais rencontré Bella peu avant d'être transformé. Que nous avions eu un coup de foudre en quelque sorte. Enfin, de mon côté, ce fut le cas. Du côté de Bella, j'avais pu sentir quelques réserves jusqu'à ce que mes lèvres se posent sur les siennes. A ce moment-là, j'avais senti toutes ses barrières se briser unes à unes pour se laisser aller dans l'instant. Ce fut même elle qui me supplia de l'aimer cette nuit-là. Je souriais comme un benêt en entendant les paroles d'Alice. Cette nuit, notre nuit, la première d'une longue série, était gravée à tout jamais dans ma mémoire. Je pouvais encore sentir son odeur, la texture soyeuse de sa peau, son abandon total entre mes bras. Je pouvais encore entendre ses soupirs, ses gémissements et sa respiration haletante sous le plaisir.
Alice poursuivit avec notre mariage qui n'avait duré que quelques heures vu que nous avions rencontré Maria sur notre chemin. Elle lui exposa comment Bella m'avait donné un sursis de quelques minutes avant ma transformation en sacrifiant sa propre vie pour tenter de sauver la mienne.
Ce fut à ce moment-là que tout pris un sens nouveau pour moi.
Je me rappelais qu'elle avait été effrayée par Maria et ses consœurs à l'époque. Au départ, j'avais mis ça sur le compte de son instinct de survie mais maintenant que je savais qu'elle n'en avait aucun, je pouvais affirmer que sa crainte n'était due qu'au fait qu'elle savait ce qu'elles étaient.
Elle connaissait déjà notre existence.
Hors, Edward avait été catégorique sur ce point, elle ne savait rien de nous lorsqu'elle était arrivée à Forks.
Ce qui m'amenait à me dire qu'elle avait fait ce bond dans le passé après nous avoir rencontrés.
Ca concordait aussi avec le fait qu'elle ne m'ait pas reconnu et ça expliquait également les réserves qu'elle avait eues lors de notre rencontre.
Je me demandais bien à quel moment elle ferait ce voyage et ce qui en découlerait pour nous.
Allait-elle me pardonner de l'avoir laissée dans l'ignorance ?
Me laisserait-elle une seconde chance de l'aimer ?
J'étais effrayé de sa réaction et en même temps, il me tardait de la confronter une fois qu'elle saurait enfin qui nous étions l'un pour l'autre dans notre passé.
Peut-être était-elle en train de le vivre maintenant ?
Je secouais la tête, il était inutile que je me donne de faux espoirs. Je devais arrêter de baser la suite de ma vie sur des suppositions tirées par les cheveux.
Carlisle continuait de coudre le bras de Bella et Alice poursuivait son histoire.
Elle en était rendue à notre rencontre dans un bar miteux de Philadelphia.
Flashback
Un verre plein posé sur la table devant moi, j'attendais patiemment que le jour se couche. Il avait fait mauvais ce matin et j'avais stupidement pensé que je pourrai profiter de sortir toute la journée. Malheureusement, sur le coup de midi, le soleil était sorti et je n'avais pas eu le temps de me mettre à l'abri ailleurs que dans ce bar afin de ne pas alerter la population avec ma surbrillance vampirique.
Quelle idée j'avais eu de vouloir sortir et paraître un peu normal...
Ma non vie m'exaspérait. Ma femme me manquait. Il ne se passait pas un seul jour sans que je ne pense à elle. Elle était morte dans mes bras et chaque jour de mon existence, je les passerais à regretter sa présence. J'en voulais à tous les vampires de la terre de me l'avoir enlevée et j'avais profité de mes capacités et de mon statut de Dieu de la guerre pour en exterminer le plus possible. J'étais un être assoiffé de vengeance qui ne trouverait la rédemption que le jour où Maria mourrait de mes mains dans d'atroces souffrances. Malheureusement pour moi, cette dernière était toujours sous bonne protection mais je savais que je ne serais en paix que lorsqu'il en sera fini d'elle pour de bon.
Un courant d'air frais me fit relever la tête. Une minuscule petite chose brune se trouvait devant moi et me souriait. Je scannais ses émotions et ne vis aucun danger immédiat. J'aurais presque pu répondre à son sourire si je n'avais pas été cet être froid sans sentiment que j'étais alors.
- Je suis Alice et toi et moi allons devenir de grands amis, s'exclama-t-elle enjouée.
Je lui avais ri au nez. Un rire franc et sincère, chose qui ne m'était pas arrivé depuis la mort de mon Isabella. Elle s'était vexée avant de rajouter :
- Grâce à moi, tu vas retrouver Bella. Ce qui fait que tu ne vas pas me quitter pendant plusieurs décennies à compter d'aujourd'hui.
Mon rire s'était stoppé net. Elle m'avait souri et m'avait expliqué le fonctionnement de ses visions, comment elle m'avait trouvé et surtout comment, grâce à elle, j'allais retrouver celle qui m'était destinée.
Et je l'avais suivie sans me poser plus de questions. De toute façon, que pouvait-il m'arriver de pire que ce que j'avais déjà vécu ?
Fin du flashback .
Je sortis de mes pensées au moment où Alice nous annonçait que Bella allait se réveiller. Les autres rentrèrent à ce moment-là. Je scannais leurs émotions et j'étais rassuré de sentir qu'aucun d'eux ne souffrait de la soif. Ils avaient dû aller chasser avant de revenir.
Je m'écartais un peu, attendant comme les autres que Bella se réveille.
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, ils se portèrent automatiquement sur moi et je sus qu'elle savait bien avant que ses sentiments ne m'atteignent. Je pouvais dire avec certitude qu'elle ressentait exactement le même amour que je lui portais, aussi déraisonnable, aussi puissant, aussi dévastateur que le mien.
Ses émotions changèrent en un éclair et ce fut un tumulte pour moi. Elle passa de l'inquiétude à l'incertitude, de la peine à la peur, de l'amour à la colère, de la paix à la culpabilité. Elle ne savait plus sur quel pied danser et j'avoue que j'étais moi-même perdu.
Elle ne voulait pas qu'Edward la touche et je jubilais tellement que j'en oubliais de lui cacher mes pensées.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? hurla-t-il.
J'essayais de le calmer mais il voulait une explication. Bella tenta de se lever et chancela, ce qui calma les esprits et notre attention se porta sur elle. Elle rougit, c'était juste merveilleux de la voir s'empourprer ainsi et maintenant que j'étais sûr qu'elle savait pour nous deux, je n'avais plus l'intention de me taire.
Alice fut cependant plus rapide que moi et remit Edward à sa place. Bien vite, ils sortirent tous et je me retrouvais seul face à la femme de ma vie et de ma mort. J'appréhendais, elle était en colère, très en colère et lorsque je tentais de la calmer, elle s'enragea encore plus.
Je m'attendais à ce qu'elle me hurle dessus, à ce qu'elle m'insulte, à ce qu'elle me crie qu'elle ne voulait plus de moi. Je m'attendais à tout venant d'elle mais sûrement pas à ressentir sa profonde culpabilité et ses remords.
Regrettait-elle d'avoir vécu nos moments ?
Avait-elle des remords par rapport à Edward ?
- Je t'ai trompé… murmura-t-elle. Tu n'as rien dit et je t'ai trompé !
La colère reprit ses droits dans son être. Je m'en voulais de la faire souffrir ainsi. De l'avoir laissée se berner dans ses sentiments pour mon frère.
- Nous aurions dû partir avant que tu n'arrives.
La phrase m'échappa. Elle s'écroula au sol. Je l'aurais poignardée moi-même, j'aurais eu le même effet sur ses émotions.
- Tu regrettes…
Ses yeux s'embuèrent et les larmes coulèrent librement le long de ses joues rosies par l'émotion. Oui je regrettais. Je regrettais de ne pouvoir rester loin d'elle. Je regrettais de n'avoir pas su la garder plus longtemps près de moi. Je regrettais d'être ce que j'étais. Je regrettais de ne plus être celui qu'elle avait aimé.
- Je te l'ai dit avant de mourir. Je t'aime, pour la vie et même dans la mort !
- je sais beauté… répondis-je par automatisme avant de me rendre compte de ce que je disais.
Je sentis l'espoir s'insinuer sournoisement en elle. Elle était heureuse en cet instant. Comment pourrais-je m'éloigner maintenant, je n'en avais plus la force. Je ne voulais plus lutter contre mes sentiments, je ne pouvais plus.
Lorsqu'elle me toucha, j'eu l'impression que mon cœur se remettait à battre. Je fermais les yeux, c'était bon, tellement bon. Mais j'avais peur…
- Je ne veux pas te faire de mal…
- Tu m'en feras si tu me rejettes, répliqua-t-elle dans un souffle.
Je lui souris. Comment lui refuser quoi que ce soit ? Je l'embrassais à perdre haleine, y mettant tous mes sentiments, tout mon amour et elle me rendit tout ce qu'elle avait. C'était merveilleux. Jamais je n'avais été aussi heureux de posséder le don de sentir les émotions.
J'étais tellement embarqué dans l'instant que je ne pris pas garde à mes mots et je frôlais l'incident diplomatique sans m'en rendre compte. Une bague au doigt plus tard, elle était de nouveau apaisée.
Elle vibrait sous mes doigts, sous mon regard. Ses caresses étaient quasiment imperceptibles pour moi mais elle n'avait pas besoin de me toucher pour faire de moi un homme heureux. Ce qu'elle ressentait me suffisait largement et me comblait plus que de raison.
Elle s'abandonna totalement à moi, gémissante et haletante, elle était magnifique. Encore plus que dans mes souvenirs.
Lorsque je fus en elle, ma décision était prise. Je ferai d'elle mon éternelle. Maintenant que je l'avais retrouvée, rien ne pourrait se mettre en travers de notre chemin.
J'extériorisais alors tous mes sentiments et ses yeux se troublèrent. J'avais la sensation qu'elle se noyait dans l'amour, qu'elle nageait dans le bonheur et lorsqu'elle atteignit son point culminant et qu'elle hurla son plaisir, je ne pus que la rejoindre.
D'instinct, mes canines transpercèrent la peau délicate de son cou et je lui injectais mon venin. Lorsqu'elle eut les premiers prémices de la douleur, je lui prenais tout. Je ne voulais pas qu'elle souffre, je ne voulais plus qu'elle souffre.
Je voulais son bonheur et le reste de mon existence avec elle à mes côtés. J'espérais qu'elle était prête pour ça et qu'elle ne m'en voudrait pas à son réveil.
Je culpabilisais, c'était certain mais nous deux, c'était au-delà de la mort.
De toute façon, c'était déjà trop tard. Elle allait bientôt se réveiller pour ne plus jamais se rendormir.
