Posté le : 4 Octobre 2009


Chapitre 11

Aperto libro. À livre ouvert ; à première vue

Ægroto dum anima est, spes est. Tant que le malade a un souffle, il y a de l'espoir

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« Qui suis-je ?

Pour le savoir il faut revenir sur qui j'ai été, afin de prendre connaissance de qui je serai. Une activité de la conscience effectuée avec une rigueur scientifique. Ma conscience se manifeste par mon imagination dont découlent mes écrits. Je ne mentirai point par omission et je n'enjoliverai pas la réalité. Je m'appliquerai juste à dissimuler le banal derrière le voile de la richesse de vocabulaire. Je veux rendre les lettres de noblesses au quotidien ; celui qui fait ce que l'on est. Je n'établirai aucunement mes confessions. Je tenterai juste de savoir qui je suis ; d'apprendre à me connaître sans évoquer de souvenirs ce qui revient à exploiter ma connaissance immédiate.

Entre ces pages il n'y aura que moi ainsi que mes pensées. Hélas, Trop de « moi » ! Je concède au téméraire lecteur qu'il s'agit véritablement d'une démarche bien orgueilleuse. Mais le nombriliste que je suis en a besoin. La connaissance débute avec celle de soi. Je ne puis continuer à m'exposer de la sorte si je ne sais plus qui je suis et donc, où je vais. C'est une nécessité.

Car il me faut être autre. Voici la réponse que j'apporterai à tous ces fâcheux qui me demanderont de faire tomber le masque. Cependant, je ne peux me résoudre à effectuer cette périlleuse entreprise. Cela reviendrait à mettre mon âme à nue. Si cela se produit, ma mince protection contre tous les intrus sera vaine. Alors mon authentique moi surgit qu'à la nuit tombée ; Quand, une fois toutes les lumières éteintes, vous vous laissez sombrer. Je suis Nocturne et mon autre est Diurne. Impossible de les confondre. Comme l'éclipse, on s'aperçoit de leur ressemblance uniquement côte à côte.

Nocturne avait un visage anguleux, nimbé d'une chevelure noire corbeau. Ses iris d'un vert étonnement vif tel de l'aigue-marine hélaient tous ceux qu'ils croisaient. A l'instar des garçons de son âge, il possédait une taille moyenne malgré sa silhouette filiforme. Une probité incontestable émanait de sa personne. Nocturne incarnait la pomme de discorde visée par plusieurs Guillaume Tell. Il se vit attribuer ce rôle auguste peu après l'arrivée de Diurne ce qui fit ombrage à son Jardin d'Eden, qui n'était qu'un Enfer chargé d'artifices.

Une belle plume lui permit néanmoins de s'envoler au-delà des nuages cotonneux de la réalité afin d'échapper aux profondeurs abyssales du mal-être. En fait, son univers était illusoire, insipide et trouble. Il s'agissait d'un magnifique imbroglio. Dans son esprit tout était aussi confus. Nocturne désirait ardemment cesser de tâter dans l'obscurité de l'ignorance. Il serait prêt à imiter Prométhée sur le champ si cela lui aurait permis d'écrire quelque chose de moderne et d'ennoblir son style. Il se sentait comme un dilettante dans ce vaste monde littéraire. Peut-être sera-t-il voleur de feu.
Néanmoins, il espérait avant tout qu'on le mène vers la lumière…

Diurne possédait un physique plus qu'avantageux. En dépit de sa figure sculptée dans de l'argile céleste, des traits – dont un nez pointu – laissaient suggérer un caractère hautain. De sa défaillance en mélanine résultait sa peau diaphane. Diurne était connu dans son cercle pour son oisiveté. Mais il faisait preuve d'une inexorable exaltation lors de ses harangues afin de prouver la véracité de son verbiage. Bien que prolixe, il n'en n'était pas moins perspicace et idolâtré par sa fidèle cour. Souvent, il se complaisait à utiliser les commérages de seconde main comme base de son discours.

Nocturne, lui, ne faisait que de brèves homélies qui n'avaient que très peu d'impact sur ce public déjà restreint. Pour Diurne, l'honneur valait bien plus qu'une myriade de récompenses. Jamais il ne s'aventura à railler son front blanc d'abomination. Il était cet homme idoine dont on rêvait. Nonobstant, l'Adonis n'en n'était qu'un que sur sa figure. Il pouvait se montrer aussi brillant que sombre. Diurne était en quelque sorte un démon séraphique. Malgré toutes ces circonstances, Nocturne ne vivait que pour le croiser même s'il fallait attendre l'éclipse...

Verra-t-on un jour poindre dans le ciel ce Soleil de Minuit ? »

Draco referma le cahier qu'il tenait entre ces mains lorsqu'il eut achevé sa lecture. C'était celui d'Harry. Pétunia Dursley l'avait laissé sur la table de son chevet durant sa visite, le mettant bien en évidence afin que le brun l'aperçoive dès son réveil. Le jeune français avait été curieux de voir ce que cet ouvrage renfermait. Des secrets, ou plutôt ses pensées...

Draco leva son regard anthracite sur la silhouette d'Harry qui était enveloppée sous un drap d'hôpital. A la vue de l'encre d'un bleu indigo encore soutenu, Harry avait dû l'écrire il y a peu de temps. Peut-être même durant la matinée qui précéda son agression. En lisant ce court passage, il avait l'étrange impression que l'autre dont Harry parlait lui ressemblait ; ou peut être même que c'était… Non, impossible. Cela était juste le fruit du hasard.

Depuis plusieurs heures Draco lisait cette sorte de livre, repassant parfois sur des passages pour mieux s'en imprégner. En fait, il n'avait pas vraiment l'impression de violer l'intimité de qui que ce soit. Au contraire, il sentait qu'il était sur le point de le connaître. A ses yeux, il avait l'âme d'Harry entre ses mains. En quelques pages seulement, il avait été renversé, ému comme il ne l'avait sûrement jamais été et surpris. Surpris d'apprendre qu'Harry maniait les mots avec virtuosité afin de faire partager ses émotions. C'était idiot mais…Mais l'individu qu'il venait de découvrir ne le laissait pas insensible. Outre le fait qu'Harry soit un garçon, il possédait quelque chose de bien particulier qui le rendait si... Draco avait du mal à trouver un adjectif correct.

Il allait redéposer le carnet de notes sur la table de chevet du malade lorsqu'une lettre pliée en trois tomba sur le sol aussi impeccable que celui de Mrs Dursley. Draco hésita d'abord à la lire. Puis il se lança finalement. Il comprit vite qui était l'expéditeur et quel était son but. Lorsqu'il eut terminé, il replia doucement le papier avec un goût amer qui glissait le long de sa gorge. Du dégoût.

Il éprouvait une aversion profonde pour ce Cédric. Pas qu'il soit jaloux. Non. Mais il était certain que la relation qu'il entretenait avec Harry était malsaine sans qu'il puisse dire pourquoi. A présent, il hésitait à remettre cet épître à sa place. Ainsi, il pouvait éviter à Harry une nouvelle déception amoureuse. Cela serait si simple ! Il n'avait qu'à déchirer cette lettre ; ou la jeter dans une des nombreuses poubelles de l'hôpital ; la brûler.

Cependant, cela n'était pas correct. Au-delà de sa malveillance naturelle, on lui avait inculqué quelques principes de bases durant son enfance. Et il savait une chose importante : le mensonge n'engendrait que malheur. A contre-cœur, il déposa la missive entre les pages du cahier qui n'avait plus de secret pour lui et se leva en s'étirant comme un fauve.

Dehors, il faisait une chaleur quasi caniculaire. Draco pouvait voir par la fenêtre des employés hospitaliers fumer en débardeur durant leur pause. Il déposa ses orbes métalliques sur le corps inanimé d'Harry et pensa avec amertume « Tout ça pour une cigarette. » Il sortit de la chambre d'hôpital en se sentant soudainement oppressé.

Ron et Hermione avaient passé toute la soirée ici. Mr Weasley était venu les chercher au petit matin accompagné par la plus jeune de la famille, Ginny. Les Dursley n'étaient restés qu'une heure, juste le temps d'en apprendre un peu plus sur l'état d'Harry et donner quelques affaires. Draco, lui, avait insisté pour rester. De toute manière, il ne connaissait personne d'autre qu'Harry ici. Le brun avait été un peu sa bouée de secours.

Draco déambulait le long du couloir, qui s'étirait de part et autre de l'étage, en ne prêtant pas attention à ce qui l'entourait. Il glissa une pièce de monnaie dans la machine à café et attendit que son gobelet en plastique se remplisse de nectar parfumé.

Il saisit son verre et but quelques gorgées alors que son téléphone portable se mit à vibrer dans la poche de son pantalon. C'était la première fois qu'on l'appelait depuis son arrivée en Angleterre. Il détestait parler au téléphone alors son entourage s'abstenait de passer tout coup de fil. Draco sortit son cellulaire de son triste logis et vérifia l'identité de son interlocuteur avant de répondre :

- Allô Maman.

- Ici Bébé.

- Ce n'était pas vraiment drôle. Dit-il d'une voix sombre.

- Il faudrait apprendre à te dérider un peu Draco. Prononça sa mère sur un ton empli de reproches. Comment tu vas sinon ?

- Bien…Mentit-il. Et toi ?

- Pareil. Ton père et moi sommes impatients de te revoir à la maison. Ajouta-t-elle. C'est vrai qu'ici sans toi j'ai l'impression que Paris n'a plus le même charme.

- Je reviendrai vite, promis. Assura Draco. Le billet retour est valable pour dans deux semaines à peine. Alors tu m'auras sur le dos dès mon retour.

- Je t'attendrai à la Gare du Nord sur la bordure du quai du TGV.

- Comme d'habitude ? Charria le jeune homme.

- Comme d'habitude. Confirma-t-elle. Au fait, comment se passe ton séjour ? Ta famille d'accueil te plaît ?

- Oui, ça va. Dit-il en pensant surtout à Harry. Ce sont des gens charmants. D'ailleurs je m'y suis fait un ami.

- Vraiment ? S'étonna la mère de Draco. Et quel est son nom ?

- Harry. Répondit ce dernier. Harry Potter.

- Dommage que je ne puisse faire sa connaissance.

- Ca tu l'as dit. Renchérit-il tristement en se souvenant que le brun était cloué sur un lit d'hôpital.

- Au fait, j'allais complètement oublier ! Je dois te communiquer tes résultats du Bac. Tu as eu la Mention Bien avec 15.35 de moyenne. Ton père était littéralement aux anges quand il a vu que tu avais décroché un dix-huit en physique-chimie, même s'il ne te le dira jamais en face. Tu sais comment il est…. Nous sommes déjà allés chercher ton dossier d'inscription pour ton Ecole de Parfumerie.

- Tu lui diras merci de ma part…

- Très bien. Bon je te laisse mon chéri, j'ai quelques courses à faire.

- Comme faire du shopping aux Galerie Lafayette. Maugréa-t-il.

- Qu'est-ce que tu as dit ? S'interrogea sa mère.

- Non rien. Amusez-vous bien.

- A bientôt.

Draco raccrocha, finit son verre de café et se dirigea vers la base informatique de l'hôpital. Il savait qu'on pouvait avoir accès à internet gratuitement là-bas. Cela allait lui permettre de s'évader – ou du moins, de penser à autre chose pendant un bref laps de temps. Il poussa les portes de la pièce informatique et se posta face à un des ordinateurs. Au moment où il allait se connecter à sa messagerie une petite quinte de toux vint troubler le silence de la pièce. Il se retourna à moitié et se retrouva face à une jeune fille d'environ son âge tout aussi blonde que lui.

Ses cheveux étaient légèrement ondulés et elle les avait laissés lâcher sur son dos. Elle portait d'énormes lunettes multicolores qui auraient fait pâlir l'étoile montante de la pop anglaise et une tenue tout aussi extravagante. Draco fut même surpris de voir que ses bijoux étaient un collier de bouchons en lièges et des boucles d'oreilles en radis. Il arqua un sourcil et la toisa d'un air dédaigneux.

- C'est toi Draco ?

- Et toi, qui es-tu ? Questionna-t-il immédiatement.

- Luna Lovegood. Répondit-elle d'une voix rêveuse. Je suis la voisine de Mrs Figg à Little Whinging. Je vis seule avec mon père Xénopholius. Tu dois sûrement le connaître. C'est le célèbre rédacteur-en-chef du Chicaneur, c'est un périodique publié dans tout le Surrey.

- Et… qu'est-ce qui te mène ici ? Demanda le blond sur un ton méfiant.

- J'ai appris ce matin qu'Harry avait eu un accident. J'ai été affreusement peinée et je voulais savoir s'il allait s'en remettre.

- Nous ne savons pas encore. Mais, j'espère. Déclara Draco en se levant finalement.

- Harry devait venir voir Papa aujourd'hui. Informa Luna en changeant complètement de sujet. Il devait travailler pour lui cet été au journal. Il était chargé d'écrire quelques articles concernant le débarquement imminent des extra-terrestres dans le Kent. Mon père et moi avons prévu de faire du camping là-bas au mois d'août pour être les premiers à les accueillir. Il ne faudrait pas qu'ils se fassent une mauvaise opinion des humains en tombant sur n'importe qui.

La première impression que Draco eût de Luna c'était qu'elle faisait parti d'une secte ou quelque chose du genre. Il éteignit finalement l'ordinateur sans y avoir touché et sortit de la salle informatique, Luna sur ses talons. En temps normal, il lui aurait dit –dans un langage plus ou moins vulgaire- qu'il fallait qu'elle s'en aille. En fait, il se demandait ce que pensaient d'eux les gens qu'il croisait. Peut-être –à cause de leur couleur de cheveux- on les imaginait frère et sœur. Il eut une légère accélération cardiaque lorsque cette idée vint germer dans son esprit. Au bout d'un moment, il se retourna brusquement ce qui ne fit pas ciller pour autant la jeune fille. Draco se demandait sérieusement de quelle maladie elle était atteinte pour être autant dans la Lune.

- Je peux savoir pourquoi tu me suis. Persifla-t-il.

- Et bien, je me demandais si tu voudrais bien venir à la maison. Puisque Harry n'est pas en état de faire cet article de presse il me faut trouver un remplaçant et je me demandais si…

- N'y pense même pas. Coupa Draco. Tu n'as qu'à aller voir son meilleur ami, Ralph Weasley…

- Ron. Rectifia-t-elle.

- Ouais, peu importe. Randi se fera un plaisir de vous aider toi et ton père. Excuse-moi mais j'ai d'autres choses à faire.

- Je sais pourquoi tu es de si mauvais humeur : tu as tes règles. Déclara Luna d'un air sérieux. Quand j'ai les miennes, j'ai une carence en jus de citrouille et il faut que je m'en barbouille sur le visage pour enlever mes maux de ventre. Termina-t-elle.

Draco fit quelques pas en arrière avec un visage imprégné d'horreur et hurla en s'éloignant :

- Ne t'approche plus de moi espèce de sorcière !

Avant qu'il puisse disparaître au coin du couloir, Luna lança :

- Au fait, Joyeux Septembre !

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Dans la chambre d'hôpital on n'entendait plus que le bruit du respirateur et de l'oscilloscope. Ces deux appareils ainsi que de nombreux autres permettaient de connaître l'état de santé d'Harry. Depuis le début de l'après-midi, le malade avait montré quelques signes encourageant. Cette nouvelle avait redonné de l'espoir à Draco. Ce dernier était rentré à Little Whinging histoire de se reposer et de se laver convenablement. Hermione et Ron avaient pris le relais durant toute la soirée.

A présent, Hermione était assise sur ce lit d'hôpital passant et repassant sa main sur le front d'Harry. Parfois, elle lui chuchotait quelques paroles dans l'espoir vain qu'il l'entende. Ron était resté au près d'elle, la main sur son épaule ou dans le bas de son dos, la réconfortant à son tour. Ils n'avaient pas beaucoup parlé entre eux depuis leur arrivée. Mais ils se comprenaient sans le faire. C'était un peu ça l'amitié.

- Arrête de pleurer Hermione... Je suis sûr et certain qu'il va s'en sortir. Tu as entendu ce qu'a dit le médecin ? Il est sur la voie de la guérison.

- Les médecins sont tous de beaux menteurs. Répliqua la jeune fille. Ils nous disent seulement ce que l'on veut entendre, quitte à atténuer la réalité. Il gardera cette cicatrice toute sa vie. Prononça-t-elle en passant son index sur l'estafilade qui parcourait le cou d'Harry.

- Et si tu arrêtais d'être pessimiste pendant cinq minutes ? Proposa Ronald. Même s'il arrive quelque chose à Harry, je serai toujours là pour toi. Ok, ça ne sera plus le fameux trio d'or. Mais nous serons deux devant l'adversité. C'est mieux que d'être seule Hermione. Je t'en prie écoute moi : Harry est un battant. Ce n'est pas son genre d'abandonner lâchement ses amis. Il a toujours été là pour nous et…

- J'ai affreusement peur qu'il… qu'il…enfin, ça ne sera plus pareil sans lui. Entre nous trois, il a toujours été le plus raisonnable. Il savait nous tempérer lors de nos fameuses disputes et il a toujours écouté nos petits problèmes. Cette année, ça a changé depuis que Cédric est arrivé dans sa vie. Mais, il avait besoin qu'on l'écoute. Nous avons été trop souvent égoïstes. Tu sais, je n'ai jamais été confrontée à la mort d'un être cher et…

- Quoi qu'il arrive, je serai là Hermione. Rassura Ron en la serrant dans ses bras. Je serai là chaque jour de ta vie si nécessaire. Il te suffira juste de m'appeler et j'arriverai sur le champs… Même si Cormac fait un barrage humain entre nous deux.
Hermione gloussa faiblement et caressa les cheveux roux de Ron dans son étreinte.

- Tu sais, Cormac n'est pas si terrible qu'il en a l'air. Finit-elle par dire. Il est un peu collant. Mais c'est sa manière de prouver son affection. La soirée que nous avons passés au Chaudron Baveur m'a permis de me rapprocher de lui.

- Oui, je vous ai vus. Souffla Ronald en se détachant d'Hermione. D'ailleurs, il te dévorait du regard !

- En parlant des amours, qui y'a-t-il de ton côté ? Demanda-t-elle avec curiosité. Depuis quelques mois tu n'aborde plus trop le sujet.

- Et bien, il n'y avait pas grand-chose, c'est pour ça. Enfin, si. Il y avait bien un truc mais…

- Dis-moi tout ! S'exclama-t-elle comme une enfant devant ses cadeaux de Noël.

- C'est Luna. Annonça-t-il. Elle me court après depuis le mois de Mai. Au début, je croyais qu'elle rigolait. Mais en fait c'est vachement sérieux. Par exemple, avec Ginny elles n'arrêtent pas d'organiser des pyjamas party ce qui fait que je me retrouve souvent sous le même toit qu'elle. Luna n'arrêtait pas de me regarder sans aucun complexe comme si j'étais une bête de foire. Alors je suis allé demander à ma sœur ce que son amie ressentait à mon égard et Ginny m'a dit qu'elle était amoureuse. Au début j'ai franchement rigolé. Puis quand j'ai vu qu'elle était sérieuse, je me suis tout de suite calmé.

Pendant des semaines j'ai évité Luna comme la peste. Mais cette après-midi elle est venue à la maison. Au début je croyais que c'était pour Ginny pourtant elle a foncé sur moi. Elle m'a dit que Draco lui avait conseillé de venir me voir pour un job d'été au service de son père. Tu sais le fou qui habite près de chez la veille Figgy. Tu vois de qui je parle, non ? Celui qui porte toujours des tenues plus excentriques les unes que les autres avec un énorme médaillon triangulaire sur la poitrine ; Celui qui passe son hiver à camper sur le toit de sa maison en écoutant de la musique de chambre…

- En bref, le père de Luna… Conclue Hermione.

- Oui, ce bon vieux Xéno. Alors elle m'a expliqué qu'au départ c'était Harry qui devait s'en occuper. Mais étant donné qu'il n'est pas en état de le faire il fallait quelqu'un pour prendre la relève. Et tu sais quoi ? J'ai accepté ! Le salaire que je recevrai nous permettra d'organiser une fête d'anniversaire pour Harry. On fera venir un groupe pour la musique et on invitera tous nos bons amis. On lui offrira une collection complète des livres qu'il préfère et on pourra toujours l'inscrire à un prix pour jeune écrivain.

Ma mère s'occupera du gâteau. Harry adore sa cuisine. Fred et George pourront faire un feu d'artifice : ils en ont acheté pas mal pendant nos vacances en Irlande. Bien sûr on a dû les cacher dans la remise. Mais mon père ne dira rien. Il a même promis de nous faire faire un tour dans sa voiture si on ne faisait pas de bêtises jusqu'à la fin du mois. J'ai aussi pensé qu'on pourrait inviter Neville et Seamus. Ca fait longtemps qu'on ne les a pas vus et…

- Ron ! S'exclama-t-elle. Calme-toi. C'est bien beau tout ça mais notre meilleur ami est en ce moment dans le coma. Alors la petite fête d'anniversaire, je crois que tu peux oublier…

Ron se leva un peu excédé par la réaction de sa meilleure amie et déclara sur un ton de reproche :

- Un peu d'espoir ça ne fait pas de mal Hermione.

Quelques larmes commençaient à poindre aux coins de ses yeux quand la porte de la chambre s'ouvrit sur Draco. Hermione les essuya discrètement pendant que le blond s'approchait des deux amis.

- Du nouveau ? Demanda-t-il.

Ron secoua sa tête en signe de négation en évitant de croiser le regard d'Hermione. Cette dernière se félicita intérieurement d'avoir cerné ses yeux d'un mascara à l'épreuve de ses chagrins. Draco s'approcha un peu plus des autres adolescents. Il devina aisément qu'il y avait un malaise. Cependant, il n'osa pas demander ce qu'il pouvait bien se passer.

- Bon et bien nous allons rentrer. Prévint Ronald. Je crois que la mère d'Hermione nous attend dans le Hall. Tu viens Hermione ?

Cette dernière se leva sans un mot et referma la porte derrière elle. Une fois seul, Draco prit un siège se trouvant dans un coin de la pièce et s'assit en faisant le moins de bruit possible. Dans la journée, il s'était fortement demandé ce qui le poussait ainsi à revenir au près d'Harry. Après tout, ils ne se connaissaient pas si bien que ça. Ils s'étaient embrassés à cause d'un fâcheux concours de circonstances ; ils avaient plaisanté ensemble à propos de Dudley ; ils avaient peut être ressentis des choses en discutant ensemble mais…

- Ce n'était pas si important que ça. Se rassura Draco.

Le temps passa. La Lune s'étira dans le ciel devenu d'un noir d'encre. Draco commençait à sentir ses membres alanguis par le fait de rester dans la même position. Puis la fatigue l'emporta. Il commença par somnoler. Sa tête s'affaissa et retomba mollement sur les couvertures du lit d'hôpital…

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Un bruit régulier. Une respiration rauque. Un respirateur. Des fils. Le noir puis le floue. Un battement de cœur coordonné avec celui de ses paupières. Une lumière. Une odeur. Son odeur…

Harry sentit sa cage thoracique se soulever à grand peine. Il essaya de se souvenir de ce qu'il s'était passé peu après son agression. Mais ce fut le trou noir. Il tenta de bouger ses doigts et de serrer les poings ce qu'il arriva qu'après de multiples efforts. Il avait du mal à bouger son cou et quelque chose le démangeait à ce niveau là. Il se sentait désespérément faible et un peu démuni. Auparavant, il n'avait jamais mis les pieds dans un hôpital. Il avait deviné qu'il s'y trouvait d'après cette fameuse odeur de médicaments et de produits stérilisant. Harry essaya de bouger sa jambe gauche puis celle de droite. Quelque chose l'en empêcha comme si un poids l'écrasait. Soudain, Harry prit peur en s'imaginant qu'il avait perdu l'usage de son membre inférieur.

Il haussa son cou douloureux pour voir la chose par lui-même et un sourire se grava sur son visage meurtri. Draco était là, endormi sur ce lit. Harry se remémora le jour où il l'avait vu dormir dans la chambre d'ami. C'était au tout début. Le premier jour de son arrivée au 4 Privet Drive. Comment pouvait-il oublier cet ange dans un costume de démon ? Harry se rendit compte à ce moment précis qu'il éprouvait quelque chose de fort pour ce garçon ; quelque chose qu'il ne connaissait pas. Et c'est avec une heureuse appréhension qu'il se demanda si cela pouvait s'apparenter à de l'amour. Il déposa sa main tremblante dans les cheveux peroxydés de l'autre garçon et fit bouger quelques mèches. Draco ouvrit doucement les yeux et leurs regards se rencontrèrent. Un franc sourire s'ajouta au visage blême de ce dernier.

- Tu nous as foutu une sacrée frayeur sale con.

Harry eut envie d'éclater de rire. Mais tout ce qui en résultat fut une sorte de râle qui lui brûla la gorge. Draco se redressa et fut pris d'un certain fou rire en voyant le malade essayer tant bien que mal de garder son sérieux.

- Promet-moi de claquer seulement quand tu m'auras vu étrangler ton cousin de mes propres mains. Plaisanta Draco. Et pas avant !

Harry acquiesça faiblement et pensa qu'il était heureux d'avoir dans sa vie un peu plus qu'un ami et un peu moins qu'un amant. Draco était un juste milieu de Ron et Cédric. Ou peut être même plus…

A suivre


Après avoir dissipé tout mal entendu avec les plagieurs, me voilà de retour avec un énième chapitre. Je sais que certains d'entre vous avaient peur de voir Harry mourir ou s'en sortir avec de graves séquelles. Mais rien de tout cela ! Rassuez-vous. J'espère que l'extrait écrit par Harry en début de chapitre vous a plut. C'est un qui m'a donné le plus de fil à retordre avec la seconde partie du texte sur l'amour. Donc bon... Je suis en pleine écriture de la seconde partie de la fic. Et je suis vraiment absorbée malgré le manque de temps pour écrire comme bon me semble. Enfin bref, j'espère que vous suivrez toujours cette histoire avec autant de passion. A bientôt, Dairy22.