Chapitre 11 : Le serpent et le blaireau

- Prêt pour demain ?

Regulus soupira et il referma son livre d'un coup sec. Cela faisait une heure qu'il lisait Les reflets de l'ombre.

- Quoi ? s'étonna Aurore. Ce livre est si barbant que ça ? Pourtant le titre avait l'air prenant. En tout cas, il ne pouvait pas être pire que La miroiterie au fil des siècles. De quoi se pendre.

- Une corde ? proposa Regulus.

- Qu'est-ce que tu as ? Arrête de lire si ça te met autant en rogne.

- C'est ta question qui m'a exaspéré ! Prêt pour demain ? On me l'a posée 20 fois aujourd'hui !

- Des Serpentard, devina-t-elle. Puisque vous ne parlez qu'entre vous.

Il lui lança un regard noir et elle dit plus sérieusement :

- Tu as quelque chose sur le cœur ? Je t'écoute.

- Je n'ai pas besoin de confidente. Et sûrement pas une Gryffondor !

- Évidemment que non. Mais tu peux parler à ce miroir, dit-elle en désignant celui qui se trouvait juste en face d'eux. Je doute qu'il te réponde mais il t'écoutera avec attention. Et moi aussi. Par inadvertance, bien sûr.

-...

- Marlene ? Tu te bouches les oreilles ? Notre supérieur sanguin va se confier au miroir.

- Tu as dit quelque chose ? demanda Marlene en tournant la page de Réflexion et enchantements.

- Tu peux y aller, Regulus, l'encouragea Aurore. Le miroir t'écoute.

Et elle fit semblant de reprendre sa lecture. Regulus resta un moment silencieux. Et observant son propre reflet dans le miroir, il soupira avant de dire :

- J'en ai plus qu'assez.

Aurore ne fit aucun commentaire et elle tourna sa page. Elle faisait la sourde en attendant qu'il continue.

- On n'est pas nommé champion pour rien, non ? Le directeur a bien dit : Seuls les plus aptes seront choisis. Alors je suis le plus apte de Serpentard ! Dans ce cas, pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'aucun d'eux ne croit en moi ? Parce que je ne suis qu'un 5e année ? Parce que je suis trop stupide ? Pour la première épreuve, ils m'ont tout de suite poussé vers Severus. Comme si je n'étais pas capable de me préparer seul. Bien sûr qu'il m'a grandement aidé, je ne dis pas le contraire. Mais je me sentais capable de m'en sortir seul. Et pour le match... bon sang ! Oui, je suis prêt ! Je le suis depuis 3 ans ! 3 ans que je suis dans l'équipe ! À cause de cette stupide règle, j'ai dû attendre ma deuxième année pour prouver mes talents d'attrapeur. J'ai fait gagner Serpentard de nombreuses fois. Et même contre Potter ! D'ailleurs, qui a gagné la coupe l'année dernière ? Serpentard ! Grâce à qui ? Moi ! Mais ils ne me font toujours pas confiance ? Je suis un excellent attrapeur et je n'ai pas à avoir peur des blaireaux ! Je suis peut-être le plus jeune, mais je suis autant apte que toi, Amos ou Lian ! Et je ne devrais pas être autant sous pression... Qui doit me soutenir si ce n'est pas ma propre maison ?

Il soupira en s'adossant à son dossier. Soulagé d'avoir vidé son sac. Mais en même temps, tellement frustré ! Pendant son monologue, Marlene l'avait observé du coin de l'œil. Et lorsqu'elle se rendit compte qu'il l'avait remarqué, elle reporta rapidement son attention sur sa lecture. Quant à Aurore, elle n'avait pas relevé la tête, feignant toujours la surdité.

- Rien à dire, Devan ? lança Regulus. Pour une fois...

- J'attendais l'invitation, dit-elle en levant enfin les yeux. Ça y est ? Fini de parler au miroir ? Il ne t'a pas répondu, hein ?

-...

- Alors il est temps que je la ramène. Regulus, tu t'en fiches sûrement, mais moi je crois en tes capacités. Sinon je ne t'aurais pas fait cette proposition. À toi, un Serpentard. C'est donc que je te considère comme bien plus intelligent que Lian et bien plus digne de confiance qu'Amos. Pourquoi, alors qu'on ne se connait pas ? Ça n'a pas d'importance, ne te soucies pas des détails. Disons seulement que j'ai un très bon instinct. Par contre... si tu t'étonnes seulement maintenant du manque d'esprit d'équipe de tes camarades Serpentard, c'est que tu as vécu dans un jolie petite bulle pendant les 4 dernières années. Le monde des Bisounours ne se trouve pas au fond des cachots.

- Des quoi ?

Marlene pouffa de rire.

- Et c'est un peu arrogant de ta part d'insinuer que tu es le seul responsable de la victoire de Serpentard l'année dernière, continua Aurore. Mais bon, arrogance = Serpentard. Tu n'as pas été envoyé là-bas seulement parce que tu as supplié le Choixpeau.

Regulus écarquilla les yeux. Et Marlene releva à nouveau la tête, stupéfaite. Pourquoi le Serpentard restait-il silencieux ?

- J'en étais sûre, dit Aurore satisfaite. Chapeau flou, n'est-ce pas ? Dans quelle autre maison as-tu failli te retrouver ? Peut-être... Gryffondor ?

Regulus se leva d'un bond. Et Marlene crut qu'il allait se jeter sur Aurore pour la rouer de coups. Mais il n'en fit rien et préféra hurler :

- RETIRE ÇA !

- Non, refusa Aurore. Pas envie.

- Je te préviens, Devan...

- Je t'en prie, Reg. Tu viens de te confier à moi. Autant aller jusqu'au bout.

- Je me suis adressé à cette saleté de miroir ! Certainement pas à toi !

- Excuse-moi, j'avais oublié que tu étais animiste, se moqua-t-elle.

- Aurore, la prévint Marlene.

- Quoi ? répliqua son amie. Ça ne t'intrigue pas de savoir si le petit frère a un jour pensé suivre le grand ? Et briser les règles de ses parents ? Est-ce que Regulus a souhaité au plus profond de lui rejoindre Sirius à Gryffondor ? Mais ne l'a finalement pas fait à cause de la peur que lui inspiraient ses parents ?

- Aurore ! s'exclama Marlene.

Trop tard. Cette fois, Regulus s'était jeté sur elle. Et ils tombèrent au sol, le Serpentard sur Aurore, la tenant fermement par le devant de sa robe.

- Devan, je vais...

- Tu comptes me tabasser ? proposa Aurore. Me tuer ? Pourquoi, si ce que je viens de dire n'est pas vrai ?

- BOUCLE-LA ! cria-t-il en la secouant.

- Frappe, Regulus, tu te sentiras mieux, lui conseilla-t-elle.

- Arrêtez ! intervint Marlene en essayant de les séparer.

Mais Regulus la repoussa d'un coup sec et elle tomba contre le miroir qui se brisa. Marlene poussa un gémissement lorsque le verre la blessa. Ses bras et ses jambes avaient été entaillées en plusieurs endroits.

- Marlene ! s'exclama Aurore en poussant Regulus pour se relever.

- C'est bon, dit la brune en tendant les bras pour l'empêcher d'approcher. Ne viens pas là, tu vas te couper.

- Qu'est-ce que j'en ai à faire ? demanda Aurore en s'approchant tout de même pour l'aider à se relever.

Lorsque Marlene fut assise sur sa chaise, Aurore demanda inquiète :

- Tu as très mal ? Je suis désolée, c'est de ma faute.

- Mais non.

- Il faut que tu ailles à l'infirmerie.

- J'ai dit que ça allait. Ce ne sont que des égratignures.

- Arrête, regarde-toi. Je t'emmène tout de suite. Aide-moi, Regulus.

-...

Aurore tourna la tête vers lui en ne le voyant pas réagir. Il observait Marlene bouche bée.

- Secoue-toi ! s'exclama Aurore.

- Ou... ouais, dit-il en se précipitant.

Mais alors qu'il allait passer l'un des bras de Marlene autour de ses épaules, celle-ci le repoussa.

- Non... c'est bon. Je vais y aller seule.

- Mais...

- Tu ne dois pas être vu dans les couloirs avec des Gryffondor. Tu te souviens ?

Il ouvrit plusieurs fois la bouche tandis que Marlene se levait seule de la chaise. Mais Aurore la soutint tout de même.

- Moi je peux t'accompagner. Regulus, on se voit demain.

- D'accord...

Alors que les deux jeunes filles sortaient, le Serpentard jeta un œil au miroir brisé. Le sang de Marlene tâchait encore certains bouts de verre. Aurore l'avait rendu tellement furieux qu'il n'avait pas réfléchi au danger que représentait le miroir. Les mots d'Aurore étaient vrais. Mais cela... il ne l'avouerait jamais.

Mrs Pomfresh guérit Marlene en un clin d'œil. Mais lorsqu'elle leur demanda comment c'était arrivé, les filles répondirent : explosion de fioles. L'infirmière n'en crut pas un mot. Mais les filles s'obstinèrent dans leur mensonge et Pomfresh les laissa partir avec réticence. L'incident les avait fait rentrer avant le couvre-feu. Et cela plut beaucoup à Lily.

- Vous avez enfin compris. Mes efforts ne sont pas inutiles.

- Tu es très persuasive, dit Aurore avec un petit sourire alors qu'elles rejoignaient leur chambre.

Après s'être douchée et changée, Aurore s'enferma derrière ses rideaux comme à son habitude. Et elle exécuta un autre de ses rituels. Essayer de retirer le sablier. Toujours impossible à faire. Il refusait de quitter son cou. "Mais bon... ça devrait aller. Le sable est toujours là". Elle espérait vraiment pouvoir retirer le sablier une fois rentrée à son époque. Mais pour ça... elle devait attendre la fin de la coupe. "Du moment que je peux rentrer chez moi à la fin de l'année. Je comptais rester à peu près un mois ici. Pas un an... J'aurai 19 ans quand je reverrai ma famille. Mais pour eux, je n'en aurai que 18. Heureusement qu'une si petite différence d'âge ne se remarque pas. Mais moi, je le saurai. Si les gens d'ici savaient que je suis majeure depuis déjà un an... j'aimerais bien voir leur tête. Et surtout celles de Reg et Sirius. Mais... je me demande ce qu'ils penseraient tous s'ils savaient d'où je viens vraiment. Et qui je suis..." Aurore espérait ne jamais avoir à le leur révéler. Ils lui demanderaient pourquoi elle était venue ici. Et elle ne pouvait s'imaginer leur répondre : Parce que vous êtes tous morts. "Ils ne doivent jamais savoir".

- Mais moi, dit-elle en fixant la mystérieuse gravure sur le sablier, je veux savoir. Il est plus que temps de faire appel à Miss Alice Gamp, l'experte en runes.

Aussi, dès le lendemain, Aurore s'arrangea pour parler seule à Alice. Celle-ci était toujours la première levée. Et elle attendait Mary comme à son habitude dans la salle commune.

- Bonjour Alice, la salua Aurore.

- Bonjour.

- Comment ça va ce matin ? dit-elle en s'asseyant à côté.

- Tu as une question à me poser ?

Le sourire d'Aurore se crispa. "Ah... elle a compris que j'avais besoin d'elle".

- Oui, avoua donc Aurore sans chercher à feindre le contraire ce qui était totalement inutile face à Alice.

- Je t'écoute.

- Eh bien... dit-elle gênée. J'ai un problème. J'aimerais que tu m'aides à le résoudre.

- Quel genre de problème ?

- Du genre qui se déchiffre, dit Aurore en sortant un petit morceau de papier de sa poche qu'elle mit dans la main d'Alice.

- Qui se déchiffre ? s'enquit Alice intéressée en ouvrant immédiatement le papier.

Aurore y avait copié l'inscription du sablier. Et Alice écarquilla les yeux en la voyant.

- Aurore... où as-tu trouvé ça ?

- Heu... je suis tombée dessus pendant mes recherches sur les miroirs. Pourquoi ?

- C'est un langage très ancien. L'un des plus ancien !

- Tu crois que tu réussiras à le traduire ?

- Dis-moi d'abord dans quel livre tu as trouvé ça, insista Alice.

- Ah... hésita Aurore plus que gênée. Je... je ne sais plus. J'en ai lu tellement.

- C'est pas possible, soupira-t-elle déçue.

- Désolée. Mais alors ? Tu pourras traduire ça ?

- Bien sûr. Laisse-moi juste un peu de temps.

- Merci ! Mais... n'en parle à personne, insista Aurore. Peu importe la signification, je ne voudrais pas que l'info arrive aux oreilles des autres champions.

- Pas de problème. Je te le ferai savoir dès que je l'aurai traduit.

Alice se leva avec enthousiasme avant de sortir de la salle commune. Elle allait sûrement se mettre immédiatement au travail. "C'est rare de la voir aussi excitée" pensa Aurore amusée. "J'espère juste que l'inscription ne me trahira pas. Alice est assez perspicace pour comprendre un sens caché relatif au voyage dans le temps".

- Ben alors ? s'étonna Mary en descendant avec Lily. Où est Alice ?

- Sûrement à la bibliothèque. "Même si j'ai déjà épluché pas mal de livres sur les runes. Mais ça ne m'étonnerait pas qu'elle ait un accès à la réserve"

- D'habitude elle m'attend toujours, bouda Mary.

- En parlant d'attendre, où est Marlene ? s'enquit Aurore.

- Elle a dit qu'on pouvait partir devant, dit Lily. Elle doit passer à la volière. Elle est en train d'écrire sa lettre.

- D'accord. "J'espère qu'elle sera là avant la fin du petit déjeuner. Je voulais qu'on fasse un petit signe d'encouragement à Reg. On ne s'est pas quittés dans de très bonnes circonstances hier".

Dans la grande salle, Aurore s'assit à table et quelques minutes plus tard, Regulus fit son entrée. Lian et lui étaient les principaux acteurs du match qui se jouerait dans moins d'une heure. Et la plupart des Serpentard suivaient Regulus du regard tandis qu'une masse de Serdaigle était rassemblée autour de Lian. L'un recevait des regards lourds d'attentes et l'autre de chaleureux encouragements. "Regulus avait raison... Au lieu de l'encourager, ils lui mettent tous la pression en le fixant ainsi". Aurore le vit soudainement lever les yeux vers la table des Gryffondor. Il tendit le cou et lorsqu'il la repéra, elle fut étonnée de le voir regarder les gens assis autour d'elle. Il fronça les sourcils avant de reporter son attention sur elle. Du bout des lèvres, elle forma le mot : Quoi ? Il n'eut pas le temps de répondre qu'il sursauta en tournant le regard vers la personne assise en face de lui. Aurore le vit secouer la tête avant d'entamer son petit déjeuner du bout des lèvres. Puis elle vit Severus Rogue se retourner et elle détourna les yeux. Il avait compris que Regulus avait eu un échange avec quelqu'un. "Mais qu'est-ce qui te prends Reg ? Ce n'est pas ton genre d'être aussi imprudent. Et qu'est-ce que tu cherchais ?" Finalement Severus se tourna de nouveau vers Regulus. Et ils discutèrent un moment avant que l'heure du match arrive. Pendant tout ce temps, Aurore avait essayé de capter le regard de Regulus pour comprendre ce qui n'allait pas. Mais il ne prit pas le risque de croiser de nouveau son regard.

- Ha... celui-là, soupira-t-elle alors qu'ils venaient de s'installer dans les gradins. Maintenant, je me pose des questions.

- Qu'est-ce que tu dis ? demanda Remus à côté d'elle.

- Rien. Où est Marlene ? Elle devrait avoir fini d'envoyer son message.

- Elle ne va pas tarder, répondit Lily. Elle a besoin de temps pour écrire sa lettre. Elle fait attention à ce que... ses parents ne s'inquiètent pas.

- Hum... "Je comprends. Ma mère aussi insistait pour que je lui écrive au moins tous les mois après... ce qui s'est passé. Mais ne tarde pas trop, Marlene. Le match commence".

En effet, les joueurs venaient d'entrer sur le terrain. Et ils s'activèrent dès que le coup de sifflet retentit. Aurore observait Regulus avec attention. "Allez... vas-y, Reg. Prouve-leur que t'en es capable" l'encouragea-t-elle mentalement. Mais elle avait beau encourager le Serpentard, il n'avait pas du tout l'air dans le match. Plutôt que de chercher le vif d'or, les yeux de Regulus s'égaraient souvent du côté des gradins. Les gradins de Gryffondor. "Mais qu'est-ce qu'il fabrique ? Oh ! Reg ! Attrape cette fichue balle dorée au lieu de rêver ! Tu veux te faire assassiner par les Serpentard ? C'est ce qui va arriver si tu ne te concentre pas ! Je vous jure..." Mais plus le temps passait, plus la situation empirait. Et Regulus faillit même percuter un membre de son équipe. Cela déclencha pas mal de rires. Surtout chez les Griffondor. Quant aux Serpentard... leurs visages étaient fermés.

- Il va se faire tuer... soupira Aurore en se prenant la tête dans les mains.

- Regulus joue très mal... non ? dit Lily perplexe.

- Ça ne lui ressemble pas, approuva James. D'habitude, il est très concentré et il se donne à fond. Surtout quand il joue contre moi.

- Ne ramène pas tout à toi, Potter, soupira Lily.

- C'est sûrement le stress de l'enjeu, dit Remus. C'est un match spécial.

- Je ne l'imaginais pas du genre nerveux, dit Mary perplexe. Tu dois le savoir Sir... hum !

James venait de plaquer une main sur sa bouche.

- Mary... Mary... soupira-t-il. Quand retiendras-tu la leçon ? Réfléchis avant de parler.

En effet, Sirius avait lancé un regard noir à la jeune fille. Signifiant : Pose-moi une question sur lui et je te tue. Autour d'eux, tout un tas de filles gloussèrent. Sirius n'avait pas décroché un mot. Mais il avait suffit d'un de ses regards ténébreux pour les faire fondre. "Bande de greluches..." pensa Aurore dépitée. "C'est vraiment chiant d'entendre glousser à chacun de nos gestes. Je n'avais pas fait attention mais... Sirius en bave aussi. Moi qui pensais qu'il exagérait... Mais bon, j'ai connu pire". Soudain, le jeune homme frissonna et il resserra les pans de sa cape.

- Ça va ? demanda James.

- Non... je ne sais pas où j'ai foutu mon écharpe.

Et en un quart de seconde, une dizaine de filles lui proposèrent de prendre la leur. "J'y crois pas..." pensa Aurore. "Finalement..." Elle réfléchit un instant avant de décider : "Non. Moi c'était encore pire". Exaspéré, Sirius les refusa toutes. Puis il tira sur l'écharpe de James pour le forcer à la partager avec lui.

- Ce n'est pas avec toi que je devrais faire ça, marmonna James dépité en fixant Lily.

- Boucle-la, répliqua Sirius. J'ai froid.

- Ah ! Marlene ! s'exclama soudain Lily en agitant la main.

Celle-ci essayait de se frayer un chemin jusqu'à eux. Une fois qu'elle y fut parvenue, elle se laissa tomber sur le banc entre Aurore et Lily.

- Ha... soupira-t-elle. Pourquoi y a-t-il autant de marches pour monter jusqu'ici ?

- Tu es en retard ! la gronda gentiment Aurore. Ne reporte pas la faute sur les marches.

- Ok, c'est pas comme si Gryffondor jouait.

- Mais Reg joue ! lui murmura Aurore tout bas. Et ça ne va pas du tout !

- Hein ?

- L'attrapeur de Serpentard n'en mène pas large, expliqua Alice derrière elles.

"Elle m'a entendue l'appeler Reg ?" s'inquiéta Aurore en se retournant vivement.

- Mais je ne vois pas ce qu'un désert de pierres viens faire là dedans, ajouta-t-elle.

"Elle n'a pas compris !" hurla presque Aurore de joie. "Merci Merlin d'avoir fait naître Alice aussi pragmatique !"

- C'est quoi cette histoire de pierres ? demanda Mary perplexe.

- Rien du tout ! s'exclama Marlene un peu trop fort.

"Marlene !" pensa Aurore en lui donnant des coups de coude. "Ne gâche pas tout !"

- Arrête, marmonna Marlene en se défendant et lui rendant ses coups.

- Calmez-vous et regardez ce qui se passe ! intervint James mécontent.

- Quoi ? dit Aurore inquiète. "Reg ne serait quand même pas tombé de son balais ?"

Heureusement ce n'était pas le cas. Mais tous les joueurs s'étaient immobilisés. Un coup sifflet venait de retentir.

- Un temps-mort, dit Frank perplexe. Ça n'arrive pas souvent.

- Mais là, Serpentard en a besoin, dit James. Je plains leur attrapeur. Regardez-le... il est complètement perdu.

En effet. Alors que les équipes rejoignaient le sol, Regulus avait encore cet air hagard. Et il cherchait toujours quelque chose dans les gradins de Gryffondor. Serpentard perdait 120 à 170.

- Mais qu'est-ce qu'il fait ? marmonna Aurore frustrée.

- Ce qui est sûr, c'est qu'il ne cherche pas le vif d'or, remarqua Marlene. Mais quoi d'autre ?

- Je ne sais p...

Aurore se tut un instant. Et elle se mit à réfléchir rapidement. Ce que Regulus cherchait dans la grande salle... ce qu'il cherchait en ce moment... ça ne pouvait être qu'un seule et même chose. Il l'avait cherché autour d'elle et il n'avait pas trouvé. Que ce soit au petit déjeuner où au début du match.

- Pas quoi... mais qui ! s'exclama-t-elle en faisant sursauter tout le monde.

- Qu'est-ce qui te prends ? demanda Lily.

- Toilettes ! dit-elle en attrapant Marlene par le bras avant de la traîner vers les escaliers.

- Hey ! se plaignit son amie en se cognant contre la plupart des élèves.

- Sacré Reg, pouffa Aurore. Le méchant Serpentard vient de prouver qu'il n'a pas un cœur de pierre.

- Aurore ! s'exclama Marlene essoufflée alors qu'elle la forçait à dévaler les marches.

- Aujourd'hui est un grand jour, Marlene. Tu vas recevoir des excuses de la part d'un Serpentard. Et pas n'importe lequel. Un Black ! C'est sûrement les pires, rit-elle.

- Hein ? Tu perds la tête ? Aucune chance que ça arrive.

- Pessimiste ! C'est ce qu'on va voir !

Aurore ne s'arrêta que lorsqu'elles furent dans le couloir des vestiaires de Serpentard. Elles pouvaient entendre les cris furieux du capitaine de l'équipe. Evan Rosier.

- Qu'est-ce que tu fabriques, Black ?!

- Désolé... entendirent-elles Regulus répondre. Je ne sais pas pourquoi je...

- Tu ne sais pas ? le coupa Rosier. Tu es désolé ? Tu te moques de nous ! Ce n'est pas un match comme les autres, on ne peut pas se permettre de perdre. Et c'est ce qui arrivera si tu continues comme ça !

- Je vais me reprendre. J'attraperai le vif d'or.

- Tu as intérêt. Parce que tu sais ce qui arrivera dans le cas contraire ?

Le silence se fit pendant plusieurs secondes avant que Regulus réponde :

- Oui... je sais.

- De quoi ils parlent ? murmura Marlene d'une voix blanche. Qu'est-ce que Rosier fera si Serpentard perd le match ?

- Aucune idée. Mais qui a eu l'idée de le nommer capitaine ?

- Les gens comme lui... ils ont beaucoup de relations.

- Tu veux dire, les Mangemorts ? devina Aurore.

- Ne parle pas de ça aussi facilement, murmura vivement Marlene. S'ils nous surprennent à écouter aux portes...

- Rosier, Avery, Mulciber, Macnair, Travers, Nott... énuméra Aurore. Tous des futurs Mangemorts. Tous dans l'équipe de Serpentard.

- Comment tu peux être sûre qu'ils deviendront tous Mangemorts ?

- Parce que tu en doutes ? Toute cette bande de faux amis avec qui Reg traîne... ça ne m'étonnerait pas que Rosier porte déjà la marque.

- Tu crois ? dit Marlene effrayée. Tu penses que c'est ce qu'il vient de montrer à Regulus ? Il voulait dire que Tu-Sais-Qui le punirait ?

- Comme tu l'as dit... ils ont de très bonnes relations. Ou des mauvaises. Ça dépend du point de vue.

- Regulus est aussi dans l'équipe, lui fit remarquer Marlene. Tu crois qu'il a envie de se joindre à lui ? Ou qu'il l'a déjà fait ?

- Il ne l'a pas fait, insista Aurore. Mais je crois que même s'il n'en a pas envie... il le fera.

- Hein ?

- Si tu sais, Black, continua soudainement Rosier. Alors tu vas nous faire gagner ce match. Tu es un Serpentard, non ? Tu ne te feras pas ridiculiser par un Poufsouffle. Tu ne nous ridiculiseras pas. Tu sais qu'il n'y a que sur nous que tu peux compter ? Que tu ne peux pas nous trahir ?

- Ne sois pas idiot, Reg, marmonna Aurore pour elle-même. Ne les écoute pas.

- Tu comprends ce que je dis ? demanda sévèrement Rosier.

-... oui, répondit Regulus.

- Je ne pensais pas qu'il se faisait autant harceler, murmura Marlene. Il est comme... piégé.

- Je sais, dit-elle les dents serrées. "Et ça me rend furieuse. Je ne veux pas qu'il devienne Mangemort".

- Aurore ? s'inquiéta Marlene en la voyant trembler de fureur.

Soudain, Mme Bibine apparut dans le couloir et les jeunes filles remontèrent quelques marches pour échapper à sa vue. Le professeur frappa à la porte du vestiaire des Serpentard et annonça :

- Le temps-mort est terminé. Veuillez rejoindre le terrain. Où vous serez disqualifiés.

- Nous sommes prêts, dit Rosier en ouvrant la porte.

Et avant de sortir, il tourna la tête vers l'intérieur en demandant :

- N'est-ce pas ?

Regulus avait sûrement acquiescé, car toute l'équipe sortit. L'attrapeur apparut en dernier, la mine basse. Alors qu'il fermait la porte derrière lui et que les autres joueurs s'éloignaient dans le couloir, Aurore sauta d'un bond les marches en forçant Marlene à en faire de même.

- Hé ! murmura celle-ci paniquée en fixant le dos des Serpentard.

Heureusement, aucun d'eux ne se retourna et Aurora fonça sur Regulus. Surpris, il retint une exclamation avant qu'elle ne l'oblige à entrer de nouveau dans le vestiaire.

- Mais qu'est-ce que vous fichez là ? demanda-t-il alors qu'elle refermait discrètement la porte.

- On est venues t'encourager, bien sûr, répondit-elle en souriant. Même Marlene.

Regulus observa un instant la brune. Plusieurs expressions passèrent sur son visage. Surprise, soulagement, gêne... avant de dire en poussant Aurore :

- Il faut que j'aille sur le terrain. On va se faire disqualifier.

- Attends, le retint-elle. J'ai quelque chose à te dire.

- Quoi ?

- Je te l'ai déjà dit hier mais... je crois en toi, Reg. Tu es très fort. Et tu es libre de faire ce qu'il te plait. N'écoute pas ceux qui te disent le contraire.

-... pourquoi tu me dis ça ? Est-ce que par hasard vous... avez entendu ?

- Entendu quoi ? dit innocemment Aurore.

Il tourna les yeux vers Marlene qui secoua vivement là tête. Trop évident. Regulus soupira de frustration et il ouvrit la porte d'un coup sec.

- Hé ! J'ai pas fini ! lui fit remarquer Aurore en le suivant dehors.

- Je m'en fou, dit-il en commençant à s'éloigner.

- S'il te plait, s'amusa-t-elle en lui attrapant le bras. Je voulais aussi m'excuser.

- T'excuser ?

- Pour notre dispute d'hier. Même si je le pense, je n'aurais pas dû le dire. Je savais que ça te mettrait en colère. Ton frère aussi pète un câble dès qu'on parle de toi.

Regulus leva le poing pour la menacer et elle ajouta aussitôt :

- Pardon. Je suis désolée. On se voit ce soir au 7e étage ?

Il soupira de nouveau. Elle avait un don pour le vider de ses forces.

- Ouais...

- Génial, dit-elle en serrant le poing en signe de victoire. Maintenant, va gagner ce match. C'est toi le meilleur.

Elle lui tapota affectueusement l'épaule avant de se retourner. Il la regarda partir en sautillant et secoua la tête dépité. "Elle me prend vraiment pour son meilleur ami ou quoi ?" Puis ses yeux se posèrent sur Marlene. Elle semblait fixer quelque chose sur lui, d'un air effrayé. "Mon bras gauche..."

- Hé, dit-il soudainement.

Marlene sursauta et s'excusa avant de se retourner rapidement pour rejoindre Aurore. Mais d'un mouvement vif, il la retint par la capuche de sa cape. Il n'était pas attrapeur pour rien. De tous les joueurs de Serpentard, il était le seul à avoir mérité sa place. Il n'était pas dans l'équipe parce qu'il s'appelait Black. Ou parce qu'il allait devenir Mangemort. Son entrée dans l'équipe... il l'avait choisie. Regulus vit la jeune fille trembler légèrement avant de se retourner vers lui très lentement. On aurait dit qu'elle voyait sa dernière heure arriver. "Elle a un an de plus que moi et pourtant je lui fais peur à ce point ?"

- Oui ? dit-elle d'une voix tremblante.

- Détends-toi, j'ai juste un mot à te dire.

Elle acquiesça avec nervosité et il se sentit soudainement gêné. Il lâcha rapidement sa capuche avant de mettre ses mains dans ses poches. Puis il s'éclaircit la gorge avant de lever enfin les yeux vers elle. Et il dit :

- Je suis peut-être un Serpentard... et tu es une Gryffondor. Mais peu importe le contexte, blesser une fille c'est vraiment minable. Alors... désolé.

-...

-...

-...

- C'est tout, dit-il en se retournant brusquement.

- D'accord, dit-elle en faisant de même.

Lequel des deux était le plus gêné ? Difficile de répondre. Sûrement Regulus car il passa sa main dans ses cheveux en se parlant à lui-même tout bas. Jusqu'à ce que la voix de Rosier se fasse entendre :

- BLACK !

- J'arrive ! s'exclama-t-il en se mettant à courir.

Alors qu'il disparaissait à l'angle du couloir, Marlene se retourna. "Il s'est excusé..." pensa-t-elle en n'arrivant toujours pas à y croire.

- Tu vois ? dit Aurore en s'appuyant sur son épaule. C'est un bon gars, notre Reg. S'il a joué aussi mal le début de la partie... c'est parce qu'il s'inquiétait pour toi.

- N'importe quoi.

- Il s'en voulait en tout cas.

- Juste parce qu'il a brisé son code de conduite. À cause de toi, soit dit en passant.

- Ne pas blesser les filles. Beau code de conduite. Je ne pense pas que beaucoup de Serpentard aient ce genre de scrupules. Et toi ?

- Comment je le saurais ? On y va ? dit Marlene gênée en se retournant pour partir.

- Oui, s'amusa son amie en allant rejoindre les autres.

Aurore eut la confirmation de ce qu'elle avançait. La suite du match vit apparaître un retournement de situation. L'attrapeur de Serpentard arbora un visage fermé, concentré. Et il attrapa le vif d'or seulement quelques minutes après la reprise. Serpentard gagna donc 270 contre 180 pour Poufsouffle. Ce qui plaçait les vert et argent à la première place du classement provisoire. Jusqu'au match de Serdaigle et Gryffondor.

- Bon ! dit James alors qu'ils étaient sur le point de sortir du terrain au sein de la foule. Si je compte bien, on devra gagner contre Serdaigle avec au minimum 230 point pour avoir la première place. Ce qui veut dire, au moins 8 buts à marquer avant que je n'attrape le vif d'or.

- Wow, dit Lily. Tu sais faire une addition ? Tu m'impressionnes, Potter.

- Ah oui ? dit-il en souriant comme un idiot.

- Elle se moque de toi, lui fit remarquer Remus.

- Je sais, acquiesça-t-il sans toutefois perdre son sourire.

Cela fit rire Aurore. Mais elle se marra moins quand elle se sentit poussée par derrière avant de s'étaler à plat ventre dans la boue. Furieuse, elle se redressa en s'essuyant le visage du mieux qu'elle put.

- Qui a fait ça ! cria-t-elle.

- Oups, répondit Lian Chang en passant à côté d'elle. Vraiment désolée.

- Vraiment désolée ? dit Sirius en la regardant s'éloigner. Elle l'a fait exprès.

- Tu vas bien ? demanda Remus en aidant Aurore à se relever.

- Oui et non... bon sang, regardez-moi. J'en ai partout.

En effet. Et les gens qui passaient à côté d'elle ne se privaient pas pour s'en moquer. Elle était devenue une véritable bête de foire. "Et c'est reparti... je suis encore le centre de l'attention".

- Je vais me doucher dans les vestiaires, marmonna-t-elle en s'éloignant pour rejoindre la partie du stade réservée aux Gryffondor.

- Tu veux que je vienne avec toi ? demanda Marlene.

- Non, merci.

Aurore ne pouvait pas retirer ses vêtements devant qui que ce soit. Fille ou pas. Elle portait toujours le sablier impossible à retirer. "Pourvu qu'Alice trouve rapidement la solution" pensa-t-elle en retirant ses vêtements sales qu'elle nettoya d'un coup de baguette. Elle s'arrangeait toujours pour prendre discrètement sa douche dans le dortoir des filles. "Et c'est pas simple".

Elle entra donc dans la cabine de douche et alluma l'eau. Elle était froide. Aurore frissonna. "Bientôt l'hiver. J'ai horreur du froid. Presque autant que de l'eau". Elle se débarrassa avec soulagement de toute la boue qui lui collait à la peau et aux cheveux. Quand soudainement, elle crut entendre un bruit derrière elle.

- Il y a quelqu'un ? appela-t-elle en se retournant.

Pas de réponse. Elle frotta la vitre de la cabine d'une main pour effacer la buée tout en tournant le robinet de l'autre. Elle entendrait mieux sans le bruit de l'eau.

- Ohé ! Il y a...?

Aurore fronça les sourcils. Elle venait de tourner à fond le robinet. Et pourtant l'eau coulait toujours. "Je ne me suis quand même pas trompée de sens ?" Elle essaya donc de tourner de l'autre côté, mais cela n'eut pour résultat que de faire couler l'eau en grands jets. "Je savais bien que ce n'était pas ce côté. Je ne suis pas bête quand même". Se protégeant de l'eau d'une main, elle tourna à nouveau le robinet dans le bon sens. Seulement... cela n'eut aucun effet. L'eau continuait de couler. Et au maximum !

- C'est pas vrai... je l'ai cassé ?!

Quand elle vit que l'eau lui arrivait déjà au niveau des chevilles, elle se retourna pour ouvrir la porte de la cabine. Elle actionna la poignée et poussa. La porte ne bougea pas. Elle recommença avec plus de force. Toujours rien ! "Je... je ne suis quand même pas bloquée. Hein ?" C'était impossible. Impossible de rester coincée dans cette cabine de douche avec l'eau qui refusait de s'arrêter de couler.

- Impossible, murmura-t-elle paniquée en pesant de tout son poids sur la porte. C'est pas possible... pas ça... je veux sortir !

Elle frappa contre la vitre dans l'espoir de la casser mais il s'agissait de verre renforcé. Puis elle repensa au bruit. Quelqu'un devait se trouver là.

- Hé ! appela-t-elle. Il y a quelqu'un ? Venez m'ouvrir !

Pas de réponse. L'eau lui arrivait aux genoux.

- Je sais qu'il y a quelqu'un ! cria-t-elle effrayée. Aidez-moi ! Ne me laissez pas enfermée là dedans ! Oh ? Vous m'entendez ? Ce n'est pas drôle !

Mais il n'y avait que le bruit de l'eau et l'écho de sa voix pour lui répondre.

- Bon sang ! Et il a fallu que j'ouvre un peu plus le robinet, marmonna-t-elle en pressant avec ses mains sur la sortie d'eau afin de limiter le débit.

Cela ne servit à rien. L'eau continuait de monter. Mortifiée, elle jeta un œil à sa baguette posée sur ses vêtements. Impossible de l'atteindre. "La prochaine fois, je me douche avec !"

- Je veux sortir ! cria-t-elle en tambourinant contre la vitre. Laissez-moi sortir !

Elle sauta pour essayer d'atteindre le haut de la cabine et se hisser à l'extérieur. Mais elle n'y parvint pas. Elle était soit trop petite, soit beaucoup trop paniquée. Ses gestes s'étaient faits maladroits, ses mains glissaient.

- Je veux sortir... murmura-t-elle les larmes aux yeux plaquant son front contre la vitre et frappant régulièrement du poing contre elle. Ne me laissez pas avec elle...!

Par elle, Aurore entendait l'eau. Cette eau qui ne voulait pas s'arrêter de couler et qui avait déjà noyé son nombril. Déjà noyé son frère. Déjà faillit la noyer elle.

- Pitié... pleura-t-elle. Aidez-moi...

Sirius referma derrière lui la porte du vestiaire des garçons.

- Enfin retrouvée, dit-il en faisant sauter son écharpe dans sa main. Je savais bien qu'elle n'était pas loin.

Il l'avait cherchée dans tous les recoins du vestiaire. Pour finalement la retrouver coincée derrière le placard à balais.

- Qu'est-ce que tu faisais là-bas derrière ? demanda-t-il en la tapotant pour retirer la poussière. Hein ?

Il releva soudainement la tête en entendant des bruits de pas précipités. Et il vit disparaître deux personnes à l'angle du couloir. Sirius fronça les sourcils. Il avait cru voir du bleu autour de leur cou. "Des Serdaigle ? Je crois que c'étaient des filles... qu'est-ce qu'elle fichaient ici ?" Il jeta un œil à la porte du vestiaire des filles qui était entrouverte. D'ici, il pouvait entendre l'eau qui coulait. "C'est vrai qu'elle est là". En repensant à la tête qu'avait Aurore après être tombée tête la première dans la boue, Sirius ne put s'empêcher de pouffer de rire.

- Lian n'y est pas allée de main morte, s'amusa-t-il en reprenant son chemin.

Mais alors qu'il passait devant la porte du vestiaire des filles, Sirius crut entendre un bruit sourd et le son de l'eau fut soudainement étouffé. Il s'arrêta. Un autre bruit sourd se fit entendre. Que se passait-il ? "Qu'est-ce qu'elle fabrique là dedans ?" Sirius ne pouvait décemment pas entrer. C'était le vestiaire des filles. Et Aurore se douchait à l'intérieur. "Pourtant, je n'entends plus l'eau". Mais quand le bruit étrange se reproduisit, il décida d'appeler :

- Hé ! Devan... tout va bien ?

Soudainement, le bruit se répéta plusieurs fois. C'était définitivement bizarre. Alors il posa la main sur la porte en disant :

- Bon... je vais entrer.

Pas de réponse. Et il poussa doucement la porte. Ce qu'il vit de l'autre côté... Sirius en resta glacé. Il en lâcha même son écharpe qui tomba sur le sol trempé avec un bruit d'éclaboussure. Aurore était là, dans la douche. Elle flottait dans l'eau qui débordait de la cabine et ruisselait sur les parois jusqu'au sol. La sortie d'eau était immergée. Voilà pourquoi le son avait été étouffé. Et le bruit sourd ? Seigneur... c'était Aurore qui frappait désespérément contre la vitre. Elle frappait ? Non... elle s'était arrêtée. Et elle le fixait. Un regard suppliant. Et lorsqu'elle ouvrit la bouche, libérant ainsi le peu d'air qu'il lui restait encore, Sirius compris qu'il devait bouger. Faire quelque chose pour elle. Et il se jeta en avant, se précipita vers Aurore en sortit sa baguette.

- ALOHOMORA ! cria-t-il.

La porte de la douche s'ouvrit en claquant. Et l'eau se déversa au sol et sur lui. Il recula d'un pas sous la force de la masse aqueuse. Et il vit Aurore glisser au sol jusqu'à ses pieds.

- Aurore ! s'exclama-t-il en s'agenouillant près d'elle pour la secouer par les épaules.

Le simple fait de la bouger ainsi, et la jeune fille recracha toute l'eau qui l'avait étouffée. Toussant et prenant de grandes respirations à la fois, elle s'agrippa à lui. Jusqu'à ce que ses sanglots remplacent ses suffocations et qu'elle se jette contre lui, enfouissant son visage contre son torse.

- S... Sirius... pleura-t-elle.

- Je suis là, dit-il gêné sans oser la regarder.

Elle était nue contre lui. Bien sûr c'était, pour l'instant, la dernière préoccupation d'Aurore. Mais pas de Sirius. Il ne savait pas trop quoi faire. La serrer dans ses bras ? "...non" La repousser ? "Ce serait un peu cruel là..." Finalement, il opta pour lui tapoter doucement l'arrière de la tête, les yeux fixés sur l'eau qui continuait de couler de la douche.

- L'eau... gémit Aurore. Je ne veux plus... l'entendre...

Sirius leva sa baguette et murmura :

- Finite incantatem.

Enfin, l'eau s'arrêta. Et le silence se fit, entrecoupé par les sanglots d'Aurore.

- Voilà. C'est fini, dit-il.

- Elle a encore faillit me tuer...

- Qui ? Tu sais qui a fait ça ?

- L'eau...

- Ah... dit-il en comprenant de quoi elle parlait. Oui, mais tu es vivante. Calme-toi.

- C'est trop difficile... j'ai vraiment cru que... personne ne viendrait m'aider.

- Ben... je suis venu.

- Oui... merci Sirius.

Elle se serra un peu plus contre lui et le jeune homme se raidit. Il cessa instantanément de lui caresser la tête et leva les bras en l'air.

- Heu... dit-il le rouge aux joues en luttant pour ne pas baisser les yeux. Aurore ?

- Oui ?

- Tu pourrais... t'éloigner ? dit-il sans trop savoir comment il devait le formuler. Je suis un homme, tu sais ?

Aurore arrêta soudainement de pleurer. Et elle se figea contre lui. "Ça y est ? Elle se rappelle qu'elle prenait une douche ?" Mais elle ne semblait pas oser se reculer pour autant. Elle mettrait vraiment son corps à nu. "Même si j'ai déjà tout vu" pensa-t-il en soupirant.

- Je ferme les yeux, dit-il en dégrafant sa cape. Mets ça.

Dès que ses paupières furent closes, il sentit Aurore le relâcher enfin. Et elle attrapa vivement la cape.

- C... C'est bon, dit-elle morte de honte.

En ouvrant les yeux, il put voir qu'elle était devenue écarlate.

- Tu... tu n'as rien vu ? Pas vrai ?

-... non. Rien, répondit-il en détournant les yeux.

- C'est pas vrai... soupira-t-elle en baissant la tête. Je te conseille d'oublier ce que tu as pu voir.

- Je te dis que je n'ai rien vu.

Elle releva la tête en levant un sourcil entendu. Et il détourna les yeux à nouveau.

- Comme si je voulais m'en souvenir, marmonna-t-il.

Aurore soupira de frustration. Au moins, sa peur s'en était allée. Ce n'était pas le meilleur moyen, mais Sirius lui avait fait oublier l'eau. Et celui-ci lui jeta un regard du coin de l'œil alors qu'elle s'assurait que la cape cachait entièrement son corps. Il remarqua soudainement un scintillement doré au cou d'Aurore et demanda en avançant sa main :

- Qu'est-ce que c'est ?

Aurore lui donna une petite tape sur la main et s'exclama :

- Rien du tout ! N'y touche pas...

- Calme-toi, se vexa-t-il. Je ne compte rien te voler.

- Et il n'y a rien à voir non plus.

- Mais qu'est-ce que c'est ? demanda Sirius curieux.

Aurore soupira. "Qu'est-ce qu'il peut être têtu !"

- Un souvenir de ma mère, répondit-elle finalement.

- Un souvenir ? Est-ce qu'elle est...

- Ma mère va très bien, merci.

- Mais alors...

- Oublie ça, s'agaça-t-elle. Et oublie le reste. Je ne veux plus jamais entendre parler de ce qui s'est passé ici. D'accord ?

Sirius fronça les sourcils. Pourquoi tenait-elle tant à lui cacher ce qu'elle portait autour du cou ? Maintenant, il était vraiment curieux. "J'aurais dû mieux regarder tout à l'heure quand j'en avais l'occasion..." Puis il se donna des claques mentales alors que des images furtives du corps d'Aurore lui passaient en tête. Non, il ne devait pas. "Oublie ça... oublie..." Finalement, il répondit :

- Ouais. Mais il faudrait qu'on sache qui est derrière tout ça. J'ai vu deux Serdaigle s'enfuir tout à l'heure.

- Alors c'est Lian. Elle m'a poussée dans la boue exprès... pour que j'aille me doucher ici. Tu as dû apercevoir ses amies. Elles n'étaient pas avec elle.

- Aller aussi loin alors qu'elle sait que tu ne sais pas nager...

- Je sais nager, lui fit-elle remarquer vexée.

- Que tu as peur de l'eau, rectifia-t-il. C'était vraiment un coup digne d'un Serpentard.

- Sauf que c'est une Serdaigle qui a mijoté ce coup. On dirait qu'une vraie guerre s'est installée à Poudlard.

- Tu dois te méfier des autres champions. Amos ou... quelqu'un d'autre pourrait aussi tenter sa chance contre toi, termina Sirius.

"Je n'ai rien à craindre de Regulus. Je lui fais confiance" songea Aurore en levant les yeux au ciel.

- Je ferai plus attention, promit-elle tout de même. Mais au sujet des... détails... sur ce qui vient de se passer...

- On n'en parle pas.

- On n'en parle pas, acquiesça-t-elle.

- Bon... je te laisse t'habiller, dit-il gêné en se levant rapidement.

- Ok, répondit-elle en le regardant s'éloigner.

Une fois qu'il fut sortit, Aurore soupira de nouveau. "Pourquoi lui ?"

Comme décidé, ils ne parlèrent que d'un minimum d'éléments sur ce qui venait de se passer. Leurs amis savaient juste que Lian avait comploté pour qu'Aurore se retrouve bloquée dans la douche. Ils n'arrivaient pas à le croire. Que Lian en soit venue à de telles méthodes... c'était effrayant. Et peu encourageant pour la suite. Bien sûr, tout le monde la mit en garde contre Regulus. Et elle fut obligée d'acquiescer, à contre cœur. Mais maintenant, aucun d'eux ne verrait plus Lian du même œil. Ni d'ailleurs... aucun des élèves de Poudlard. Car lors du repas du soir, Aurore eut la surprise de voir trois jeunes filles de Serdaigle se lever d'un bond de leur banc en hurlant. Hurlant ? Non, en grognant. Leurs nez s'étaient transformés en groins !

- Regardez les trois petites cochonnes, rit James.

- Tu t'es vraiment mis aux contes Moldus ? s'étonna Lily entre deux rires.

- Tout pour te plaire, sourit-il.

- Merci les garçons, dit Aurore en regardant Lian et ses amies sortir précipitamment de la grande salle sous une salve de rires. C'est une belle vengeance.

- Merci ? Dit James innocemment. Mais nous n'y sommes pour rien. Pas vrai, les gars ?

- Ouaip, acquiesça Sirius.

- Absolument rien, renchérit Remus.

- Rien du tout, affirma Peter.

- Merci quand même, rit-elle alors que James lui faisait un clin d'œil.

Et la joie d'Aurore fut totale lorsque le lendemain matin, elle lut le titre du nouvel article du Petit Lardon de John. Le serpent mange le blaireau et l'aigle parle aux cochons. Avec en prime, des photos de Regulus saisissant le vif d'or et des Serdaigle en train de s'agiter.

- John Crivey, appela Aurore en tournant la tête vers lui.

- Oui ? dit-il anxieux.

- Tu es officiellement pardonné.


Classement provisoire : Quidditch+Épreuves
1er Serpentard : 320 pts (270Q+50E)
2e Poufsouffle : 190 pts (180Q+10E)
3e Gryffondor : 100 pts (E)
4e Serdaigle : 10 pts (E)

et cela sans compter les points gagnés ou perdus en cours. je ferai souvent ces petits classements pour que vous sachiez où en sont les maisons dans la coupe.

Réponse aux reviews :

Lila de Jarjayes : c'est vrai que Lian a été très cruelle sur ce coup là. (j'aime pas sa fille, je vois pas pourquoi je devrais aimer la mère lol) c'est vrai qu'Aurore ne se conduit pas de la même manière avec Reg et Sirius. c'est important. je voulais faire une différence entre les deux frères. c'est vrai que le résumé n'est pas très encourageant. Mais pour être franche, je me tâte encore pour la fin. J'ai un cruel dilemme. c'est un drame et la fin ne sera pas ce qu'il y a de plus heureuse. mais est-ce que je fais vraiment ma sadique ? ou je fais une fin mitigée ? (pour l'instant je pars plutôt là dessus. Quand je pense à ma fin "cruelle", je me dis : non je peux pas leur faire ça. Même moi je serai trop dégoûtée) enfin, je continuerai d'y réfléchir jusqu'à la fin. je pourrai changer d'avis au dernier moment s'il le faut. Bon, je n'aurais pas dû vous dévoiler tout ça mais je me suis encore laissée emporter (*doigt sur le bouton supprimer*) Ok... je laisse lol (*lève son doigt*) Allez ! bisous et merci ;)

Git : Aurore n'a pas réussi à le retirer avant d'être liée au château. Donc ça n'a rien à voir avec le sort de Dumbledore ^^ t'en fait pas, Alice travaille sur les runes. On aura la réponse bientôt. c'est vrai que ce n'est pas le genre de Reg de se confier (même à un miroir xD) mais il fallait que les filles sachent ce qu'il ressentait et subissait. je crois qu'on va monter un club anti-Lian mdr. merci beaucoup et à bientôt !

Nayla-HP : et oui, c'est fini pour aujourd'hui. à bientôt pour la suite ;) bisous !

brilou : aurore trop futée ^^ je suis sûre que c'était un chapeau flou ! je le sens ! xD Moi aussi, Cho j'ai jamais pu me l'encadrer. alors je me venge sur Lian (qui n'a rien à voir dans l'histoire, on est d'accord mdr) les trois petites cochonnes c'était du pur délire lol. Merci et à bientôt ;) biz

Uma to Hebi : merci ^^ toi aussi tu t'es prises d'affection pour Marlene ? c'est vraiment une bonne fille :D c'est vrai que l'alliance entre Reg et Aurore est farfelue. mais elle est nécessaire pour que Reg soit intégré à l'histoire ;) je suis tout à fait d'accord. Tous les serpentards ne sont pas mauvais. reg et severus par exemple. à bientôt pour la suite ! biz

Edwina Malefoy : ah ! te revoilà ^^ bon goûter ;) alors bien sûr que non, il n'est pas tombé amoureux d'un coup. Il regrettait juste d'avoir blessé une fille au point de lui laisser peut-être des cicatrices (en fait c'es pour ça qu'il la cherchait du regard. Pour voir si elle garderait la marque de sa dispute stupide avec Aurore). Reg a des principes vois-tu. Il est peut-être Serpentard, mais pas sans coeur (même si il veut le faire croire) et amorphe ? parce qu'il ne s'est pas défendu face à Rosier ? c'était difficile d'envoyer bouler le capitaine de l'équipe qui en plus de ça (annonce exclusive) porte déjà la marque des ténèbres. (pour info, Rosier est en 7e année et il mesure sûrement deux têtes de plus que Reg qui est le plus jeune de l'équipe). en plus il ne pouvait pas se rebeller face à 6 futurs mangemorts. sinon je le trouve plutôt virulent dans ses disputes avec Aurore lol. Si un autre paramètre le rend amorphe, dis-le moi. pour Marlene, peut-être que oui. Ou que non. Nous verrons quel destin je lui réserve. à elle et Reg ) merci pour to soutien ! à très bientôt ^^ biz

MaliceM : ce hors-sujet me plait bien xD de grosses surprises en prévision ;) merci et bisous !