Avertissements : Cette fanfic ne respecte pas la fin du tome 6 ni le tome 7. Elle contient des scènes de violence et de sexe explicites ; elle est donc destinée à un public averti.
Disclaimer : L'univers et les personnages de cette fanfic appartiennent à J.K. Rowling.
Si je vous dis que j'ai fini d'écrire ce chapitre il y a plus d'un mois, mais qu'à cause d'une succession ahurissante de problèmes techniques, il n'est toujours pas revenu de chez ma bêta-reader, vous me croyez ? Ceci est la version non corrigée, mais Dauphin Noire et moi ne désespérons pas tout à fait de réussir à faire atterrir la version révisée dans ma boîte email un jour...
En attendant... bonne lecture !
[MAJ : l'ancienne version a maintenant été remplacée par le chapitre corrigé. Merci à ma chère bêta, on en est enfin venues à bout xD]
Chapitre 10 - Au-delà des apparences
Le lendemain, Hermione ne fit pas son apparition à l'heure du dîner. Drago n'en fut pas particulièrement surpris, bien que quelque peu irrité. Il y avait plusieurs jours qu'il ne lui ordonnait plus explicitement de le rejoindre dans la salle à manger, mais elle continuait de venir. Ce soir-là, elle avait profité du fait que cela ne constituait pas vraiment une désobéissance pour montrer son ressentiment en restant dans sa chambre. Il pensa d'abord aller la trouver pour lui signifier qu'il ne tolérerait pas une telle insubordination, mais il se ravisa. Il était déjà content qu'elle n'ait pas cherché à protester la veille quand il lui avait annoncé la suite de ses plans. Il n'aurait qu'à lui envoyer un mot lui commandant de venir la prochaine fois, et elle n'aurait pas d'autre choix que d'obéir. Mais il n'avait pas besoin d'une dispute, pas avec tous les autres soucis qui l'assaillaient.
Ses pensées se portèrent sur les soucis en question, et son visage s'assombrit un peu plus. Il se leva de table et se dirigea vers son bureau. Une fois de plus, une grosse partie de ses problèmes étaient de la faute de Rogue. Ce dernier avait promis au Seigneur des Ténèbres de l'aider à capturer Harry grâce aux informations qu'il parvenait à obtenir sur l'Ordre du Phénix, ce qui était déjà assez étonnant en soi étant donné qu'il n'y avait plus ses entrées depuis qu'il avait montré son vrai visage pendant l'invasion de Poudlard. Mais le pire était qu'il y parvenait, tandis que Drago n'avait toujours rien de consistant à offrir. Bien entendu, il aurait pu faire part des conclusions auxquelles il était parvenues avec l'aide d'Hermione, mais sans plan pour les accompagner elles ne feraient qu'aider Rogue en lui donnant plus d'éléments sur lesquels baser son propre plan. Or, il était inadmissible que Rogue réussisse avant lui. Il fallait passer à l'étape suivante, et vite.
Il entra dans son bureau et alla s'asseoir à sa place habituelle en poussant un soupir. Il n'était pas simple de travailler avec quelqu'un qui n'agissait que sous la contrainte, et exécutait chaque action avec la plus grande répugnance. Il avait vu la lueur dans les yeux d'Hermione, la veille avant qu'elle ne s'en aille : elle était pleine de souffrance et de haine. Il se dit qu'il ressentirait probablement la même chose s'il était forcé de travailler à la perte d'un être cher. En fait, il avait une assez bonne idée de ce qu'elle devait ressentir, mais il ne pouvait pas se laisser émouvoir : la vie était ainsi. Les plus forts l'emportaient sur les plus faibles, et, à l'heure actuelle, c'était lui le plus fort. Et à choisir entre la vie de Potter et... Il ne parvint pas à formuler la pensée. Elle était trop terrible à imaginer. Quoi qu'il en soit, il ne regrettait pas un instant ce qu'il était en train de faire. S'il avait eu le choix, bien sûr, il ne l'aurait certainement pas prise, elle, pour l'aider à accomplir son objectif, et les choses auraient été beaucoup plus simples. Malheureusement pour elle et pour lui, il n'avait pas eu le loisir de choisir.
Il sortit une bouteille de whisky Pur Feu déjà bien entamée d'un tiroir, et la déboucha d'un mouvement de sa baguette. La bouteille s'éleva dans les airs et alla d'elle-même remplir le verre qui était posé sur la table devant lui. Il avala son contenu d'un trait, grimaçant un peu au contact de la boisson forte.
- Désolé, Granger, murmura-t-il en reposant le récipient. Tu es la seule qui puisse m'aider et j'ai besoin de toi.
Il agita sa baguette et le verre se remplit de nouveau.
***
Dans sa chambre, Hermione hésitait. Devait-elle y aller ? Rien ne l'obligeait à le faire, à proprement parler, mais elle savait qu'au fond, elle n'avait pas vraiment le choix. Si elle n'y allait pas ce soir, Malefoy lui ordonnerait de le faire le lendemain, et elle serait bien obligée d'obéir. Et aucune de ses réflexions de la journée ne resteraient cachées bien longtemps : elle les lui communiquerait simplement avec un jour de retard. Non, il n'y avait aucun avantage à rester, sauf peut-être celui d'éviter sa colère due au fait qu'elle avait déjà manqué le dîner. Elle regarda nerveusement l'horloge accrochée au mur à côté de la porte de la salle de bain. L'heure où il se levait habituellement de table était déjà passée. Si elle comptait se rendre dans son bureau, elle ne pouvait pas attendre beaucoup plus longtemps. Elle prit une grande inspiration et rassembla tout son courage. Elle irait. Elle commencerait à l'aider à élaborer son plan cruel, dès ce soir.
Elle quitta la chambre et marcha comme un automate vers la pièce où elle faisait son rapport à Malefoy tous les soirs. Elle s'efforçait de ne pas penser à ce qu'elle était sur le point de faire, pour éviter de tourner les talons sur-le-champ. Cela n'aurait apporté que des complications en plus, et n'aurait probablement été d'aucune aide à Harry. Or, elle devait concentrer ses pensées sur lui : trouver un moyen de s'échapper d'ici, de le prévenir. Peut-être que lorsque ses projets avanceraient, Malefoy se détendrait et lui donnerait plus d'occasions d'échapper à sa vigilance. Elle ne savait pas exactement comment c'était possible, étant donné qu'elle était liée par le sort qu'il lui avait jeté le premier soir, mais il devait y avoir une solution. Elle ne voulait pas croire que tout était perdu, c'était contraire à sa nature.
Lorsqu'elle arriva devant le bureau, la porte était entrebâillée, comme d'habitude. Elle frappa donc puis entra. Malefoy était derrière sa table, comme les autres soirs, mais quelque chose était différent. En s'approchant de lui, elle en détecta aussitôt les premiers indices : il était avachi sur son siège plutôt qu'assis comme à l'ordinaire, sa respiration était irrégulière, et une indubitable odeur d'alcool flottait dans l'air. Elle repéra la bouteille vide gisant sur le sol à côté de lui, et confirma ses soupçons : il avait bu. La constatation la surprit quelque peu, car elle n'avait jamais imaginé Malefoy se soûler. Cela correspondait bien peu à l'image de dignité hautaine qu'il cherchait à donner de lui. Il n'y avait cependant pas de doute.
Lorsqu'il la vit entrer, il se redressa, ses yeux rougis se fixant sur elle.
- Alors, Granger, tu es venue finalement, dit-il d'une voix plus forte qu'il n'était nécessaire. Qu'est-ce que tu as pour moi, aujourd'hui ?
Elle hésita à répondre, ne sachant pas comment se comporter avec lui alors qu'il était dans un tel état. Son instinct lui disait qu'elle devait trouver un moyen de le dessouler. Sa raison lui murmurait qu'elle n'avait pas à s'en soucier, et que la situation était à son avantage. Si Malefoy était affaibli, elle avait plus de chances de s'en sortir. Celui-ci, entre-temps, s'impatientait. Il se leva et contourna le bureau pour se rapprocher d'elle, mais trébucha sur la bouteille de whisky vide et perdit l'équilibre. Il se raccrocha au bras d'Hermione de justesse, et elle ne put se résoudre à le laisser tomber. Elle l'aida à retrouver appui sur ses jambes, et dit d'une voix hésitante :
- Tu devrais aller te coucher, Malefoy. Nous pourrons continuer cette discussion demain.
Il secoua violemment la tête, et manqua de perdre l'équilibre de nouveau.
- Non, je n'ai pas le temps d'attendre ! grogna-t-il en s'appuyant sur le rebord de la table. Demain, ça sera peut-être trop tard. Ça sera trop tard, tu comprends ?
Il avait élevé le ton et faisait face à Hermione, qui pouvait sentir l'alcool dans son haleine et voir distinctement ses yeux injectés de sang, où brillait une émotion inhabituelle. Oubliant instantanément sa rancune, elle n'écouta plus que la compassion qu'elle avait toujours éprouvé si facilement pour tout le monde, et lui parla comme elle l'aurait fait avec un petit enfant qui avait peur de l'orage.
- Je comprends, dit-elle d'une voix apaisante. Je comprends. Mais tout ira mieux après une bonne nuit de sommeil. Les choses s'arrangeront.
Il la fixait avec une expression vaguement hébétée. Elle tenta un sourire et le prit doucement par le bras, décidée à trouver l'endroit où il dormait. A cet instant, il jeta un coup d'œil révélateur à une porte à côté de son bureau, et elle devina qu'elle menait à sa chambre. Elle s'efforça donc de le guider dans cette direction. Il protesta.
- Pas encore, se récria-t-il en tentant de se dégager d'elle. Tu as des choses à me dire. Je veux que tu me dises ce que tu as découvert aujourd'hui.
Elle le laissa retirer son bras avec un soupir. La chose n'allait pas être facile.
- Demain, je te dirai, répondit-elle doucement en allant ouvrir la porte de communication.
Elle jeta un regard derrière et découvrit le couloir au bout duquel s'ouvraient deux autres portes. C'était probablement bien là. En revenant vers Malefoy, elle s'aperçut que sa marque n'avait pas montré de signes de mécontentement. Pourtant, elle avait deux fois refusé de lui répondre au cours des quelques dernières minutes, ce qui en temps normal aurait dû déclencher de la douleur et la forcer à parler malgré elle. Peut-être était-ce à cause de son était d'ivresse. Elle comprit soudain que d'après le contrat qui avait été scellé entre eux, elle devait avant tout agir dans l'intérêt de Malefoy, et ce qu'elle était en train de faire était probablement dans son intérêt. Cette pensée réveilla son envie de s'en aller en l'abandonnant à son sort, mais elle ne put se résoudre à le faire. De plus, elle avait déjà commencé, alors autant aller jusqu'au bout.
Malefoy la regarda revenir vers lui avec une certaine méfiance, mais l'emprise de l'alcool l'empêchait d'opposer une véritable résistance. Elle reprit son bras, et cette fois, il la laissa faire.
- Je te dirai tout ce que tu voudras savoir demain, je te le promets, dit-elle pour achever de le convaincre.
Elle le guida dans le couloir, lui servant d'appui lorsque ses jambes flageolaient, et ouvrit la première porte. Elle fut soulagée de voir qu'elle ne s'était pas trompée : la chambre à coucher de Malefoy était bien là. Elle le laissa s'asseoir sur son lit, puis se creusa les méninges pour trouver un moyen de l'aider à dormir. L'idéal aurait été un sortilège, mais elle n'avait pas de baguette magique, et elle ne voulait pas prendre le risque de s'emparer de celle qui était dans la poche de Malefoy. Il pouvait très bien réagir de manière violente, et sachant qu'il n'avait pas le plein contrôle de ses actes, il n'était pas très sage de le provoquer.
Elle ouvrit les tiroirs des commodes les uns après les autres, et trouva finalement quelque chose d'intéressant : de petites fioles étiquetées remplies chacune d'une potion différente. Elle les examina et en sélectionna une sur laquelle il était écrit : Philtre de Paix. Elle remarqua que la fiole n'était plus qu'à moitié pleine. Lorsqu'elle regarda de nouveau dans la direction de Malefoy, il s'était levé et venait de sortir une autre bouteille de whisky Pur Feu d'une commode. Elle le rejoignit en quelques enjambées et lui prit la bouteille des mains.
- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée.
- Mais j'ai soif ! protesta-t-il en tentant de la récupérer.
La situation aurait été risible en d'autres circonstances, mais Hermione n'avait pas le cœur à rire.
- Très bien, je vais te verser un verre, dit-elle d'un ton conciliant.
Elle trouva des verres à côté de la réserve de whisky et en remplit un à moitié, ajoutant quelques gouttes de la potion qu'elle avait toujours à la main.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il d'un air soupçonneux.
- C'est pour donner un meilleur goût, assura-t-elle en lui tendant le verre.
Il ne semblait pas totalement convaincu, mais y réfléchir lui demandait trop d'effort et il finit par vider le verre sans discuter.
- Le goût n'était pas vraiment meilleur, remarqua-t-il avec une grimace.
- Mais ça te fera beaucoup de bien, promit Hermione en le guidant de nouveau vers son lit.
Il s'y allongea et prit une mine de plus en plus détendue à mesure que la potion faisait son effet.
- C'est vrai que je me sens bien, marmonna-t-il avec un soupir.
Hermione eut un hochement de tête las et le regarda fermer les yeux puis sombrer dans le sommeil. Bientôt, il ronflait bruyamment. Elle remonta la couverture jusqu'à ses épaules puis quitta la pièce sans bruit.
***
Lorsqu'elle fut de retour dans la chambre bleue, elle se laissa tomber sur son lit avec un soupir. Il lui semblait que sa vie devenait de plus en plus compliquée chaque jour. Et voilà qu'elle venait de secourir et apaiser la personne qu'elle haïssait le plus au monde, alors qu'elle ne désirait qu'une chose : qu'il disparaisse afin qu'elle soit de nouveau libre. Elle se changea et se mit au lit, repensant sans cesse aux évènements de la soirée. Elle ne pouvait chasser de son esprit la lueur saisissante qu'elle avait aperçue dans le regard de Malefoy. A quoi correspondait-elle, exactement ? Elle chercha pendant quelques instants puis mit le doigt dessus : c'était le désespoir. Il avait eu le regard d'un homme tellement désespéré qu'il étaitprobablement prêt à tout pour... Pour quoi ? Elle n'en avait aucune idée, mais elle réalisait qu'il y avait derrière tout cela quelque chose qu'elle ne soupçonnait pas.
NdA : Je voulais aussi rajouter une petite explication que j'ai donnée en réponse à une review sur un autre site. La question concernait la scène dans le chapitre 9 où Hermione répond, contre sa volonté, aux questions de Drago à propos de Harry :
"Lorsqu'elle a annoncé tout haut cette possibilité par rapport à Harry (qu'il parte de chez son oncle et sa tante...), l'a-t-elle fait consciemment, craignant de souffrir de sa marque ou c'est la marque qui l'a faite parler sans même qu'elle ne puisse le contrôler ?"
Voici ma réponse :
"Disons que c'est un peu des deux. Elle a fait le serment de toujours lui obéir et de servir de son mieux ses intérêts. Il y a un sortilège, matérialisé par sa marque, qui la lie à ce serment et la force à le respecter. Ainsi, lorsqu'il lui donne un ordre, elle y obéit automatiquement à cause de ce sortilège. Un peu comme avec un Imperius, à la différence qu'elle est parfaitement consciente de ce qu'elle est en train de faire, tandis que la victime de l'Imperius ne comprend pas ce qui lui arrive.
Et puisqu'elle est consciente, elle est aussi capable de résister à l'ordre si elle le veut. C'est alors sa volonté contre celle du sort, et il s'engage une sorte de bataille. C'est cette bataille intérieure qui provoque la douleur de sa marque. Plus elle résiste, et plus la douleur augmente, jusqu'à ce qu'elle soit obligée de renoncer et de laisser le sortilège l'emporter sur sa propre volonté.
Donc, dans ce cas précis, c'est les deux dans le sens où le sortilège (la marque) l'a forcée à donner la réponse qu'elle avait en tête, et elle n'a pas cherché à lutter sachant par expérience que ça ne ferait que la faire souffrir avant qu'elle soit finalement obligée de parler de toute façon."
En espérant que ça vous soit utile ^^
