Bonsoir

Et voilà le chapitre ! Je stress à mort !

Déjà merci à Beatris pour son adorable message d'il y a quelque minutes.

Je n'ai trouvé aucun moyen de te répondre, puisque c'est en guest, mais pas de panique je publie toutes les semaines tous les dimanches. Si par malheur je ne peu pas je préviens en général, en fin de chapitre.

Merci aussi donc à Mamanlily de m'avoir conseillé =)

Merci aussi à toute celle qui mon laissé des reviews

Merci à ma Lydie pour la correction.

Sinon je stress à cause de la révélation qui va suivre.

Est-ce trop tôt ? Est-ce pas trop décevant ?

Je vous laisse juger.

Bonne lecture.


Il était midi quand je me levais pour la deuxième fois ce samedi matin. Comme chaque nuit, j'avais ouvert un œil vers 3h du matin, j'étais restée éveillée jusqu'à 8h pour me recoucher ensuite. Je m'offris une bonne douche, retardant le moment où je devrais repenser à ma soirée d'hier soir. La douche finie, je donnai à manger à Brad Pitt, me nourris moi aussi, d'un plateau petit-déjeuner devant la télé en regardant Remember me, un film de Robert Pattinson, à lui je dirais oui, s'il me demandait de me toucher ! Je soupirai rien qu'en y pensant. Le film terminé, je séchai mes larmes, pourquoi fallait-il toujours qu'il meurt dans ses films ? Je rangeai mes affaires de la veille, j'étais vraiment triste de devoir rendre ma robe.

À 16h, je descendis l'étage qui me séparait de l'appartement d'Alice et sonnai chez elle. C'est Jasper qui ouvrit. C'était un bel homme, grand, blond, le regard bleu et un visage paisible. Il me sourit et appela Alice pour prévenir de mon arrivée.

- Bonjour Isabella, entrez, elle arrive.

- Merci.

- Je vous en prie. Merci à vous pour m'avoir quasiment offert le dossier Cullen... Alice a craché le morceau. Ne lui en voulez pas.

- Pas du tout. Je suis contente pour vous.

- Isabella ! Tu as une petite mine, la nuit a été dure ?

- Non, pas vraiment.

Alice avait débarqué en sautillant puis m'invita à la suivre dans le salon.

- Tiens, je t'ai ramené la robe. Merci encore.

- De rien. Alors tu as fait sensation ?

- On m'a beaucoup regardée oui.

- Et il y a ça aussi ! Je te laisse le lire, je vais suspendre la robe.

Je pris le journal plié en deux qu'elle me tendait et l'ouvris et fus stupéfaite d'y voir une photo de la famille Cullen mais aussi une photo d'Edward et moi lors d'une de nos danses. Nous étions proches l'un de l'autre et nos regards accrochés l'un à l'autre. On aurait dit... un couple sur le point de s'embrasser. Hors, nous n'étions pas un couple et encore moins sur le point de s'embrasser ! L'article ne disait rien, ils se demandaient juste qui j'étais et ce que j'étais pour lui. On ne parlait même pas de Laurel, du moins aucune attaque, il était juste dit que le monde avait fait la connaissance de cette jeune fille. C'était nul, le monde n'a pas besoin de savoir ça, ce n'était pas la famille présidentielle !

- Alors ?

- L'article n'est pas génial... mais au moins, il n'y a pas mon nom.

- La photo est sublime ! Il t'a embrassée ?

- C'est mon patron Alice. Bien sûr que non, nous parlions. Ah et Esmée et Rosalie Cullen veulent ton numéro ! J'ai bien bossé non ?

- Super oui ! Je suis trop contente ! Merci !

- Je t'en prie.

- Alors la soirée ? Il était drôlement impressionné ton patron ! Je suis certaine que tu lui plaîs.

- Mais non. Il n'a juste pas l'habitude de me voir comme ça. Au boulot, c'est tenue noire et queue de cheval. Tout le temps. Donc là... robe rouge et chignon, ça choque !

- Probablement oui. Tu as vu des gens célèbres ?

- Hum... aucun que j'ai reconnu non. Je ne suis pas trop branchée dans ce domaine. Tu n'en vois pas toi des célébrités ?

- Pas encore ! Mais c'est mon but... tu veux boire un truc ? Manger ?

- Je veux bien oui. Un truc frais.

- Coca ?

- Ok.

Elle partit dans la cuisine et revint quelques minutes plus tard avec un plateau contenant notre goûter.

- Merci.

- Je t'en prie. Alors tu pars à New York ?

- Oui quatre jours. De mardi soir à samedi. Ça ne t'ennuie pas pour mon chat ?

- Non, bien sûr que non ! On lui trouvera bien une place ici. Tu me diras quoi faire.

- Il aime manger et les câlins, c'est pas compliqué. Je te le donnerai mardi avant de partir, j'aurai le temps de venir ici.

- Ok, ça marche.

Je souris et nous parlâmes un peu de tout et surtout de rien. Alice avait le talent de me rendre à l'aise, je contrôlais quand même ce que je disais et quand le sujet me déplaisait, je la conduisais gentiment ailleurs. Une heure et demie plus tard, je rentrais chez moi, contente de ma visite chez Alice. Le reste de mon après-midi fut consacré aux courses, il fallait que je me nourrisse et que je fasse des provisions pour mon chat. En bref, rien de stimulant.

Dimanche, je m'occupai de ma valise pour mon départ mardi soir, je pris soin de sélectionner chacun de mes vêtements, de mes tailleurs jusqu'à ma lingerie. Je pris un jean et deux t-shirts simples et deux robes de soirée, on ne sait jamais, je n'avais plus qu'à rajouter des produits de toilette, et mon maquillage. Le tout rentrait dans une petite valise qui ferait office de bagage à main, nous n'aurions pas de temps à perdre pour faire enregistrer nos valises. Il était 18h quand on sonna chez moi. Je décrochai l'interphone.

- Oui ?

- Isabella Swan ? J'ai un colis pour vous.

- Euh... je vous ouvre.

J'attendis qu'il frappe à la porte pour regarder dans le judas, c'était bien un coursier. J'ouvris méfiante, il avait une longue boite rouge avec un nœud sur le dessus.

- Pouvez-vous signer ?

- Oui... Merci.

- Bonne soirée.

- Vous de même.

Il me laissa avec ce cadeau. Aucun indice sur la boite. Je secouai, aucun bruit, rien ne bougeait, c'était léger. J'allai m'asseoir sur le canapé et posai la boite sur la table basse. Brad Pitt vint se mettre sur la table face à moi.

- C'est toi qui m'offre un cadeau ?

Il miaula et j'ouvris la boite. Ce fut le choc. Je sus aussitôt ce que c'était. Je pris le mot posé sur le dessus, je reconnus vite l'écriture.

Ouvrons une parenthèse

Savoir que vous deviez rendre cette robe me rendait fou

Elle est faite pour vous.

Elle est pour vous.

Prenez-la pour NY.

Fermons la parenthèse.

Edward.

Je dépliai alors la robe, celle que j'avais portée vendredi, la Valentino. Il était fou ! Il m'offrait une robe de couturier, elle devait coûter extrêmement cher ! Je n'en revenais pas. Je pris mon téléphone et écrivis sous l'impulsion du moment.

Rouvrons votre parenthèse

Vous êtes fou.

Elle doit coûter une fortune

je ne peux me résigner à la refuser

J'accepte, je l'aime bien trop pour la rendre.

Merci Edward.

Bella.

Parenthèse définitivement fermée.

Je plaquai la robe contre moi et m'observai dans un miroir. Edward ne pouvait pas me faire plus plaisir. Après de longues minutes à admirer mon reflet, je repliai la robe pour la ranger dans ma valise comme Edward me l'avait demandé. J'allai ensuite prendre une douche et en sortant, la première chose que je fis, fut de vérifier si je n'avais pas rêvé, non, ma robe et le mot étaient bien là. Un repas léger avalé, j'allai me coucher, un sourire niais aux lèvres. Je ne m'étais pas sentie heureuse depuis des mois.

À 9h le lendemain matin, j'étais déjà installée et occupée à trier le courrier quand Edward arriva. Il était au téléphone et hocha simplement la tête en passant près de moi. Il avait retenu le fait que nos parenthèses du week-end étaient bel et bien refermées. À 10h, mon patron m'appela sur le téléphone.

- Bonjour Isabella. Je voudrais qu'on voit ensemble le séjour à New York, vous pouvez venir dans mon bureau ?

- J'arrive oui.

Je raccrochai, pris ma tablette, frappai avant d'entrer et m'installai face à lui. Il me sourit et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil.

- Donc à quelle heure partons-nous ?

- Demain à 21h58 de Seattle, nous arrivons à 6h07, heure de New York mercredi. Sans escale.

- Parfait. Nous quitterons le bureau à 16h demain, je passerai vous chercher à 18h précises. Bagage léger Isabella.

- Oui, c'est déjà fait. J'ai pris la liberté de nous réserver une voiture avec chauffeur pour nous conduire à l'hôtel.

- Parfait oui. Ensuite ?

- Jeudi à 16h, vous rencontrerez les investisseurs et actionnaires en téléconférence avec les bureaux de Seattle, donc votre mère et votre frère. Il s'agit juste d'une formalité, l'enjeu du voyage n'est pas lors de ce rendez-vous. Vendredi vous ferez la présentation auprès de ce même public, investisseurs et actionnaires. C'est là que tout se jouera.

- Quelle heure ?

- 10h. Nous devrions avoir la réponse rapidement. Si elle est positive, vous pourrez commencer les démarches auprès d'éventuels clients après, bien sûr, être passé par la case signature de contrat. Si la réponse est négative, il faudra alors opter pour un plan B.

- Mais ça n'arrivera pas. Vous savez pourquoi ?

- Non monsieur.

- Je n'ai pas de plan B. Alors je mise tout sur le plan A.

- Ce n'est pas trop risqué ?

- Si, mais nous avons toujours fonctionné comme ça. De plus, Emmett a dit qu'ils étaient déjà conquis, je n'ai plus qu'à les cueillir.

- Très bien. Nous partons samedi à 12h53, heure de New York pour arriver samedi à 15h58, heure de Seattle.

- Parfait, quelle compagnie ?

- Delta, elle a la wifi dans ses cabines, on ne sait jamais.

- Vous pensez à tout.

- J'essaye.

- Et l'hôtel ?

- Euh... le Ritz Carlton à Central Pak.

- Excellent choix ! Vous ne serez pas déçue du panorama. On peut rajouter quelques petites choses ?

- Bien sûr. Je vous écoute.

- Réservez une table au '' The River Café '' pour jeudi soir. Demandez une table près des fenêtres.

- Pour combien de personnes ?

- Deux Isabella.

- Mais...

-Situé près du pont de Brooklyn et avec vue sur tout New York et la statue de la liberté. Vous devez voir ça, Isabella.

- Je... très bien. Merci.

- C'est un endroit très chic, je suppose que vous savez quelle robe il vous faudra mettre.

- J'ai une robe beige absolument remarquable que je n'ai jamais l'occasion de porter, je crois que pour une fois, elle sortira du placard.

Il posa ses coudes sur les accoudoirs de son fauteuil et croisa ses doigts au niveau de son torse tout en me regardant dans les yeux. Il m'étudia un moment, je voyais de l'amusement dans son regard. Il finit par sourire en faisant retomber ses bras.

- Je crois que nous en avons fini Mademoiselle Swan.

- D'accord. Je m'occupe de la réservation.

- Faites donc oui.

- N'hésitez pas... si vous avez besoin de moi.

- Je vous appellerai, soyez en certaine.

Je me levai en souriant et sortis du bureau en me donnant un gifle mentale. Je venais de flirter, ou essayer de flirter avec mon patron ! En colère contre moi même, je me remis au travail et m'occupai de la réservation dans ce restaurant de Brooklyn.

À 13h, Edward m'autorisa à prendre ma pause déjeuner, j'allai dans la salle de repos faire réchauffer mon plat préparé la veille et mangeai en jetant un œil sur mes mails personnels. Un message de mon avocate en Floride m'interpella et je pris le temps de la joindre.

- Bureau de Maître Hawkins, Penny Joris, j'écoute.

- Bonjour Penny. C'est Isabella.

- Oh comment ça va ? Et la vie à Seattle ? La pluie, tu gères ?

- Oui je gère, c'est moins pénible que prévu. Tu vas bien aussi ?

- Super oui ! Même si tu nous manques ici !

- Vous me manquez aussi. J'ai eu un mail de Jenna...

- Oui. Je vais voir si elle est dispo. Ne quitte pas... rappelle-moi un de ces quatre, on a un paquet de trucs à se dire !

- Promis !

Penny était une de mes meilleures amies en Floride mais comme avec toutes les autres personnes de mon ancienne vie, j'avais créé un barrage entre elle et moi. Juste quelques messages pour demander si ça allait. Pas plus. La voix très cérémonieuse de mon avocate retentit alors dans l'appareil. C'était une bonne avocate, très pro qui ne se laissait pas marcher sur les pieds.

- Isabella ?

- Bonjour Jenna.

- Bonjour. Je n'ai pas beaucoup de temps alors n'en perdons pas avec les formalités.

- Je t'écoute.

- Ils veulent le débrancher. Les médecins disent qu'il n'y a plus d'espoir alors sa famille a décidé de le débrancher.

J'avais laissé tomber ma tasse, elle se fracassa en mille morceaux, un peu comme moi après avoir entendu ça.

- Quoi ? Non ! Ils n'ont pas le droit ! Ils ne peuvent pas le tuer !

- Il est déjà mort Isabella... je suis désolée.

- Non ! Non ! Je refuse ! Ils ne peuvent pas ! Il peut encore se réveiller ! Il peut se battre ! Je le connais !

Mon avocate prit alors un ton plus doux, presque maternel, je savais qu'elle compatissait sincèrement.

- Bella, c'est leur droit. Il vaux mieux pour lui qu'il s'en aille.

- Je ne peux pas laisser faire ça. Que puis-je faire ?

- Rien Bella. Tu as renoncé à tous tes droits. Son père est son seul tuteur légal désormais.

- Jenna...

- On peut demander un délai... c'est tout ce que je peux t'offrir. Trois semaines, un mois pas plus. Et on peut nous le refuser.

- Mais ça fera retarder le moment si on demande ça, non ?

- Oui, quelques jours.

- Est-ce que si... si nous n'y arrivons pas. S'il le débranche... Je pourrais être là ?

- Je demanderai à l'avocat de son père. Bella autre chose...

- Pire ?

- D'après ce que j'ai entendu, ils vont donner l'autorisation de prélever les organes.

- Ils vont le tuer et le découper !?

- Il peut sauver beaucoup de vies grâce à ça. Il ne sera pas mort pour rien.

- Je ne peux pas croire en tout ça !

- Bella, il faut que tu commences à préparer ton deuil ma chérie. Je vais prévenir tes parents pour qu'ils t'accompagnent dans cette nouvelle épreuve.

- Non... je les appellerai moi-même. Jenna s'il te plaît, fais tout ce que tu peux pour lui laisser du temps ! Je t'en supplie, laisse-lui une chance de se réveiller.

- Je vais essayer Bella, je te le promets. Mais toi, promets-moi que tu vas te préparer au pire.

- Oui.

- Je dois te laisser. Appelle-moi si besoin, n'hésite pas. Je sais que tu as fait le vide autour de toi mais beaucoup sont encore là pour toi.

- Merci.

- Je te tiens au courant de l'évolution des choses. Courage Bella.

- Merci Jenna.

Elle raccrocha et je me laissai tomber sur une chaise, totalement interdite, choquée et accablée par cette nouvelle. Les larmes coulèrent en silence sur mes joues, je n'arrivais pas à les retenir mais je ne laissais échapper aucun sanglot. Je fixais un point sur le mur, essayant de me rendre mais ma gorge me faisait mal à cause de retenir mes pleurs, mes yeux me brûlaient, ma vue était brouillée.

- Isabella ?

Je ne bougeais toujours pas, c'était la voix d'Esmée, je serrai les points, plus déterminée que jamais à ne pas craquer.

- Isabella que se passe-t-il ? Vous pleurez... Isabella...

Elle effleura mon bras et je ne pus me retenir. Je lâchai un énorme sanglot et me voilà partie dans un chagrin qui me semblait inconsolable. J'entendais Esmée me parler mais je n'arrivais pas à l'entendre distinctement, mon sang pulsait dans mes oreilles, mes yeux ne voyaient plus rien, mon ventre se contactait jusqu'à en être douloureux. J'étais si faible à cet instant...

Je sentis soudain des mains sur moi, je ne protestai pas. Qu'ils fassent ce qu'ils voulaient de moi, je n'en avais plus rien à faire. On essayait de me parler mais je n'arrivais à rien, je n'arrivais pas à arrêter de pleurer. Je sentis qu'on me portait et c'est seulement là, que je reconnus l'odeur et la voix d'Edward. Il me chuchotait que tout irai bien. Je m'accrochai à lui alors qu'il me transportait je ne sais où. Je me retrouvai rapidement assise de nouveau, dans un canapé je dirais. Edward dit quelque chose à quelqu'un avant de me prendre contre lui. Je me laissais aller, je pleurais et il me réconfortait.

J'étais morte de chagrin, depuis que j'étais partie de Floride, depuis ce jour où une partie de moi était comme morte, je m'étais rattachée à l'espoir de le voir se réveiller. Ça ne pouvait pas finir comme ça, il ne méritait pas ça. Peu à peu, mon corps se calma, j'étais vidée... vidée de larmes, vidée de forces, vidée de pensées. Edward se redressa un peu et me tendit une boite de mouchoirs. Je la saisis, me mouchai et essuyai mes yeux.

- Je suis... terriblement désolée Edward... ce n'est... ce n'est pas... professionnel.

- Je m'en moque. Que se passe-t-il Bella ?

- Je... ça va aller. Pardon, je suis faible.

- Vous n'êtes pas une machine, vous n'êtes pas faible. C'est Tanya ?

- Non... oh non... j'aurais préféré. Je... ça va aller. Retournons travailler.

Je me levai mais Edward tendit le bras vers moi, il me saisit le coude et m'obligea à me rasseoir. Je regardai autour de moi, nous étions seuls dans le bureau d'Esmée. Il avait l'air déterminé mais aussi très inquiet. Ses yeux, son regard me poussait à parler, son silence m'incitait à débuter mon récit, il patientait. Je poussai un soupir.

- Mon ami dans le coma... il va être débranché et ses organes seront donnés. Mon avocate m'a appelée pendant la pause pour me l'annoncer.

- Oh Bella... je suis désolé. C'était quelqu'un que vous connaissiez depuis longtemps ?

- C'est... mon ex-mari.

Je regardai en coin la réaction d'Edward, il ne put s'empêcher de marquer sa surprise, il écarquilla les yeux, ses sourcils se froncèrent et sa bouche s'ouvrit. Il se reprit rapidement en secouant la tête et parla d'une voix hésitante.

- Vous étiez mariée ? Je... ne savais pas.

- Je me suis mariée à 18 ans. Jacob et moi sortions ensemble depuis un an. J'étais convaincue qu'il était l'homme de ma vie. Nous nous sommes mariés après le lycée, nous avons géré nos études et un petit appartement. On sortait, on avait des tas d'amis, j'étais heureuse... Puis nous avons travaillé, j'étais souvent absente, Jacob était toujours là pour moi. Mais nos habitudes étaient plus devenues celles d'amis que de couple. C'était devenu mon meilleur ami, mon confident... j'étais la sienne. On a alors décidé de divorcer. Ça a été rapide, nous étions d'accord sur tout. Il y a six mois, notre divorce a été prononcé et... nous avions décidé de fêter ça. Nous sommes sortis. J'étais fatiguée, je suis partie la première. Et puis...

Je fis une pause pour réunir tout mon courage. Edward prit alors ma main qu'il serra, lui parler me faisait du bien.

- Je suis là Bella... je vous écoute.

- Je... après quelques mètres à pieds, une femme m'a abordée, prétextant avoir perdu son chemin. Naïvement, je me suis arrêtée pour l'aider mais deux hommes sont arrivés, ils ont pris mon sac, mon téléphone, mon argent. Je pensais que ça s'arrêterait à un simple vol. Mais la femme a proposé à l'un des hommes de... de se faire plaisir avec moi. Un des types me tenait, l'autre enlevait mes collants et mon sous-vêtement...

La main d'Edward serra encore plus la mienne, il ne me quittait pas du regard. Il paraissait calme et serein mais il respirait vite, je sentais son pouls s'accélérer. Je pris une grande bouffée d'air, serrai à mon tour la main de mon patron avant de continuer.

- La femme m'insultait, elle disait que je l'avais cherché, que je n'étais qu'une traînée... elle riait, elle encourageait l'homme à me violer. Dévêtue et apeurée, je continuais d'appeler à l'aide. L'homme qui me maintenait m'avait allongée par terre et l'autre s'était couché sur moi. J'ai senti son sexe à l'entrée du mien, j'ai fermé les yeux très fort et puis plus rien... il était parti, il n'avait pas eu le temps de me pénétrer... Jacob était arrivé à temps. J'ai réussi à me relever, Jacob se battait contre les deux types. Il n'était pas assez fort pour les battre tous les deux et moi, j'étais impuissante. Jacob a fini par s'écrouler et le trio est parti, laissant mon sauveur pour mort. Je me suis précipitée sur lui mais il ne réagissait déjà plus. La police est arrivée peu de temps après, Jacob avait eu le temps de les appeler... Depuis ce soir-là, il est dans le coma.

Je me mis alors à fixer la table basse, je sentais le regard d'Edward sur moi, il ne dit rien pendant un moment, je n'avais pas la force de parler non plus. Puis il se leva, il marcha jusqu'à se poster devant les grandes fenêtres du bureau, les mains dans les poches, il fixa l'horizon.

- Où sont-ils ?

- Qui ?

- Ces deux hommes et cette femme. Ils ont été attrapés ? Jugés et emprisonnés ?

- Non... on ne les a jamais retrouvé.

- Mais enfin Bella ! Pourquoi ?

- La description que j'ai faite d'eux est très floue, je ne me souviens pas leurs visages, il faisait sombre, j'avais peur, je pleurais... je ne sais pas... je ne me rappelle pas.

- Oh Bella... pardon.

Il revint vers moi. Il s'assit sur la table basse, face à moi, et prit mes mains dans les siennes.

- Ce n'est pas de votre faute. Vous le savez, n'est-ce pas ?

- Je n'arrive pas à faire autrement que de me sentir coupable. Débrancher Jacob serait... serait comme si c'est moi qui le tuait !

- Vous êtes une victime vous aussi...

- La famille de Jacob me tient responsable. Je suis partie de Floride pour... les fuir. Ils m'interdisent de le voir, de prendre de ses nouvelles, ils m'ont accusée... insultée... même mes parents ont interdiction de l'approcher. Si je suis au courant de la situation maintenant, c'est grâce à mon avocate...

- Ils n'ont pas le droit.

- Si... je ne suis plus de la famille, j'ai renoncé à tous mes droits, nous n'avons plus rien en commun Jacob et moi. Ils ont obtenu du juge une interdiction d'approcher Jacob. Je ne suis plus rien.

- Chut Bella... Hey, écoutez-moi... regardez-moi Bella. Vous n'êtes responsable de rien ! On vous a agressée, volée et presque violée. Personne n'a forcé Jacob à vous défendre et à se battre. Il l'a fait de son plein gré, en tant qu'adulte responsable. Vous êtes une victime Bella, pas la fautive. La famille de votre ex-mari a besoin d'un responsable, ils s'en prennent à vous, c'est injuste et stupide ! Ils devraient pousser la police à chercher les vrais coupables ! Mais vous n'y êtes pour rien ! Vous êtes quelqu'un de bien. Jacob le savait, il vous a épousée et défendue. Je vous défendrai Bella, je ferai la même chose que lui.

- Pourquoi ?

- Ce n'est pas le moment de parler de ça. Mais croyez-moi quand je vous dis que je suis là pour vous et que je veillerai sur vous. Vous pouvez me faire confiance.

Je me contentai de hocher la tête. Il pressa alors mes mains et chercha mon regard. Je respirai un grand coup avant de me perdre dans l'émeraude de ses yeux.

- Rentrez chez vous Bella... je vais demander à Paul de venir vous chercher.

- Non. Je préfère travailler, ça évitera que je rumine tout ça. S'il vous plaît... il ne faut pas que je sois seule et que je ne pense qu'à ça.

- D'accord.

- Merci Edward. Je suis désolée...

- Non, non, non... vous êtes juste humaine.

- Vous feriez quelque chose pour moi...?

- Oui. Dites-moi.

- Pouvez-vous me prendre dans vos bras quelques secondes ?

- Bien sûr.

Il se leva en m'entraînant avec lui. Il ouvrit ses bras et je me glissai entre eux. Une fois contre son torse, je fermai les yeux et calai ma respiration sur le rythme des battements de son cœur. J'avais besoin d'un soutien, besoin d'un minimum d'affection, de réconfort, si court soit-il. Je me reculai doucement de lui, lissai ma jupe et repris mon rôle d'assistante.

- Edward... je crois que nous pouvons fermer cette nouvelle parenthèse.

- Bien mademoiselle Swan. Je vais travailler avec ma mère et mon frère sur la présentation de New York. En attendant, je veux que vous classiez les dossiers dans mon bureau et que vous prépariez le rendez-vous avec le directeur des Four Seasons. Je veux conclure cette affaire.

- Je m'en occupe. Et n'oubliez pas que vous avez rendez-vous avec votre coach à la salle de sport à 18h pour une séance de musculation.

- J'avais oublié... merci Isabella.

Nous sortîmes du bureau, je filai directement à mon poste de travail, j'ignorai au passage le regard des autres employés. Je me plongeai dans le travail, quand je croisais Edward, il s'assurait toujours que j'allais bien. Je le rassurais. Pourtant, je n'arrivais pas à me faire à l'idée que Jacob allait peut-être mourir... Je ne voulais pas. Je l'aimais, pas d'amour mais d'une profonde affection, d'une amitié sincère. Le perdre serait insurmontable pour moi.

Le soir arrivé, Edward m'accompagna jusqu'à chez moi, il insista même pour monter. Après s'être assuré que tout allait bien, il me quitta. Une fois seule, je m'offris une douche puis sans manger, j'allai dans ma chambre. Je tirai sur le tiroir de ma table de nuit et pris une boite de somnifères. J'hésitais. Je n'en avais pas pris depuis longtemps, préférant les cauchemars à une nuit paisible.. sauf que ce soir, je refusais de penser. Je voulais oublier.

Les médicaments pris, je m'allongeai sur mon lit, mon chat vint se mettre contre moi. Je le caressai distraitement, quelques larmes roulèrent sur mes joues et lentement, doucement, mes paupières se fermèrent, m'entraînant dans un sommeil sans rêves et sans peine.


Et voilà...

Alors alors ?

Déçu ? J'espère pas...

Ce n'est pas parce que la révélation est sortie que tous les problèmes sont résolu et que Bella va bien et qu'elle va changer.

Voilà voilà

à la semaine prochaine.

Bise

Lexi