Appartement d'Henry Fitzroy. 18h30.
Coreen avait frappé et avait attendu qu'on lui ouvre la porte mais dès que Henry l'avait fait elle était entré dans l'appartement comme une tornade au plus grand déplaisir du vampire qui s'apprêtait à sortir chasser avant de partir à la recherche de Vicki.
Coreen : Où est Vicki ???
Henry : Pas ici.
Il n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet, pas envie d'exposer à Coreen ses problèmes avec sa compagne.
Coreen : Il faut absolument que je lui parle.
Henry : Et bien tu devrais attendre qu'elle rentre.
Coreen : J'ai l'impression de déranger.
Henry : J'allais sortir.
Coreen : Oh ! Je vois. Je vais te laisser. Donne ça à Vicki.
Elle lui tendit un dossier et quitta l'appartement en coup de vent.
Black Creek Pioneer Village. 20h45.
La porte s'ouvrit et Abby accueilli son mari, Robert Payton. Fatigué, il l'embrassa, avant de se diriger vers la salle à manger pour l'heure du repas.
Abby : Vicki est ici.
Bob : Qu'est ce que ta fille fait là ?
Abby : Je t'en prie ne fait pas d'histoire. Elle ne va pas rester longtemps.
Bob : Où est-elle ?
Abby : Dans sa chambre, en bas. Elle dort depuis des heures.
Bob : Tu es sûr qu'elle est encore en vie ???
Abby : Robert ! C'est de ma fille que tu parles.
Dans sa chambre, Vicki s'éveilla brusquement. La voix de son beau père lui fit remonter en surface des souvenirs terribles. Elle essaya de calmer sa respiration saccadée, elle avait peur et elle se sentait idiote, elle l'ex flic, détective privé, avait combattue des démons mais elle avait peur d'affronter son beau père. Elle était déboussolée, désorientée, elle ne savait pas quelle heure il était. Elle avait faim et elle avait besoin d'aller aux toilettes. Elle sortie de son lit et se recoiffa un peu devant le miroir avant d'attraper sa canne blanche et de monter à l'étage.
Vicki : Bonjour Robert.
Bob : Refais tes lunettes, Victoria, il fait nuit.
Vicki : (cynique) Je n'ai plus vraiment besoin de lunettes, Robert. Je suis aveugle.
En réalité, elle le voyait très bien, mais elle aurait eu du mal à leur expliquer comment elle faisait pour voir la nuit et pas la journée alors que plusieurs mois auparavant elle voyait pratiquement plus en étant aveugle de nuit. Abbygail ne savait pas quoi faire, elle se retrouvait aux prises entre son mari et sa fille.
Abby : Et si nous passions à table ? Le repas va être froid.
Mais alors qu'Abby et Robert se dirigeaient le salon, Vicki partit dans la direction opposée.
Abby : Où vas-tu ???
Vicki : Le bébé appuie sur ma vessie.
Elle disparu à l'angle du couloir.
Bob : A parce qu'elle est enceinte aussi.
Abby : D'accord on a compris, tu n'as jamais aimé Vicki, mais fous lui la paix. Elle ne va pas très bien et tu lui as assez pourri la vie par le passé.
Bob : J'ai fait quoi ??? Je me suis occupé d'elle toutes ses années.
Abby : Tu l'as relégué à la cave !!!
Bob : Elle voulait sa chambre.
Abby : Oh et puis j'abandonne. Tu lui as toujours reproché ce que tu reprochais à Jake mais elle n'est pas son père mais toi bien ça dans le crane.
Vicki revint rapidement, elle avait entendu la conversation de sa mère et son beau père mais elle s'abstint de tout commentaire. Elle ne voulait pas créer des tensions, ce n'était pas dans son attention, elle voulait juste rentrer chez elle même si sa foutue fierté lui criait de ne pas faire le premier pas. Ils passèrent à table et commencèrent à dîner. Vicki ne dit pas un mot préférant manger en silence. Soudain on frappa à la porte. Abbygail se leva et prit la direction de la porte. Un charmant jeune homme se trouvait derrière la porte.
Abby : Que puis-je faire pour vous ?
Homme : Madame Payton, est ce que Vicki est là ?
Abby : Qui la demande ?
Vicki : (depuis l'intérieur) Laisse le entrer maman.
Abby : Je vois vous devez être Henry.
Henry : Henry Fitzroy pour vous servir, madame.
Henry dans sa galanterie d'un autre age, fit un baise-main à la mère de Vicki, au plus grand plaisir de celle ci. Le jeune âge de l'homme qui se trouvait devant elle la choquait, il devait avoir à peine la vingtaine et cela lui faisait bizarre. Elle pensait que ce n'était pas le genre de sa fille de les prendre au berceau. Et voilà qu'elle se retrouvait enceinte de cet homme tout juste sorti de l'adolescence. Abby pourtant ne dit rien, mais elle savait qu'elle devrait parler à Vicki plus tard. La femme se décala d'un pas, laissant ainsi la permission à Henry d'entrer dans son domicile. Vicki se leva de table et d'un pas hésitant s'avança vers lui. Henry parcoura le reste du chemin et la prit dans ses bras. Amoureusement il lui caressa le visage.
Henry : Tu n'aurais pas dû partir.
Vicki : Et tu n'aurais pas dû me demander de partir.
Henry : Je suis désolé.
Elle mourrait d'envie de l'embrasser mais la présence de son beau père et de sa mère l'en empêchait.
Abby : Vous voulez dîner, monsieur Fitzroy ?
Henry : J'ai déjà dîné, mais merci pour l'invitation, madame Payton.
Abby : Je vous en prie appelez-moi Abby.
Henry observait la mère de sa compagne pendant que cette dernière enfouissait son visage dans les cheveux bouclés de son amant. Elle avait besoin de le sentir près de lui, qu'il l'a réconforte même si elle se garderait toujours de le dire.
Bob : Vicki ton dîner va être froid !
Sa voix avait été sèche et cassant, jusqu'à en être humiliante. Vicki ne savait pas quoi faire, elle avait vraiment la sensation d'être la petite fille qu'elle avait été. Elle sentait les mâchoires d'Henry se contracter et elle l'obligea à reculer d'un pas sans quitter ses bras. Elle ne voulait pas de problèmes avec son beau père par égard pour sa mère. Elles n'avaient que trop de fois été en conflit.
Abby : Robert !
Abbygail défia son mari du regard, elle n'avait pas envie de voir sa fille partir sur l'instant, elle avait envie de faire connaissance avec ce jeune homme.
Bob : Puisque je dérange, je vais aller me coucher.
Robert laissa tomber bruyamment ses couverts dans son assiette et monta à l'étage. Les trois autres occupants de la maison entendirent une porte claquer violemment à l'étage.
Abby : Je suis sincèrement désolé, pour mon mari.
Henry : Vous n'avez pas à l'être, Abby. Je peux comprendre. Il est tard et…
Abby : Ne vous en faites pas, voir un sourire sur le visage de ma fille est grandement suffisant.
Vicki : Maman !
Mais cette dernière ne voulait pas s'arrêter en si bon chemin et entraîna le couple en direction du salon. Les deux amants s'installèrent dans le canapé et Henry attira la jeune femme contre lui. Vicki esquissa un sourire à sa mère. Mais elle se rappela que sa mère la croyait aveugle, elle ferma donc les yeux et laissa sa tête reposé sur l'épaule d'Henry.
Abby : Quelqu'un veut du thé ??
Henry : Non merci.
Vicki : Ca ira merci, maman.
Abby s'installa dans le fauteuil et les regarda. Vicki savait que sa mère avait des milliers de questions à poser, mais elle ne voulait pas paraître trop curieuse.
Abby : Alors monsieur Fitzroy…
Henry : Henry.
Abby : Henry. Ma fille m'a dit que vous étiez écrivain.
Henry : Très juste.
Abby : Je serais intéressée de savoir où vous vous êtes rencontrer, vous ne devez pas vraiment fréquenter les mêmes cercles.
Vicki : Nous nous sommes rencontré alors que j'enquêtais sur une affaire.
Henry : La premier fois elle m'a menacé de me casser le bras, la seconde fois de me casser les dents alors que je venais de lui sauver la vie.
Vicki : C'est toi qui m'as mis K.O.
Henry : Pour nous protéger.
Abby souriait de voir sa fille se chamailler avec ce jeune homme, il y avait tellement de douceur dans ses gestes, on pouvait presque toucher les sentiments du bout des doigts si cela avait été quelque chose de palpable. Henry lui posa un baiser sur le front, emporté par son amour pour elle. Il avait passé la journée à se faire du souci. Peur qu'il lui arrive quelque chose, qu'un démon l'attaque ou autre chose peu importe. Ils étaient sa famille, lui qui pensait ne jamais en avoir une après celle qui l'avait mis au monde. Parfois ses traits s'effaçait de sa mémoire, pourtant il ne pouvait oublier l'amour que sa mère lui portait durant son enfance. La douleur qu'il avait ressentit quand son père l'avait obligé à vivre sous sa croupe.
**FLASHBACK**
Elle avait la peau douce et la voix comme du miel. C'était tout ce que se souvenait le petit Henry de sa mère, il avait 8ans maintenant et vivait à la cour du grand roi Henry VIII, son père. On l'avait arraché à sa mère il y a un peu plus d'un an maintenant. La femme de son père, Catherine d'Aragon était gentille avec lui tout comme sa demi-sœur Marie, âgée de 18ans. Il n'y avait pas toutes ses frivolités concernant le pouvoir. Il ne voulait qu'une chose, retrouver sa mère. Son père lui avait dit qu'il ne pouvait pas rester avec elle, sa place était à la cour, mais ici tout le monde le regardait comme si ce n'était pas sa place, comme si il était un cheveu dans la soupe. Sa mère n'était qu'une courtisane, c'est ce que son père n'arrêtait pas de lui répéter mais le petit Henry ne savait pas ce que ça signifiait. Lui savait qu'elle avait refusé de le laisser à une nourrice, qu'elle avait voulu le garder avec elle. Oui sa mère l'aimait, il pouvait encore entendre dans ses souvenirs, sa voix le lui répéter.
Voix : Henry, viens.
Le jeune Henry quitta le bassin des yeux pour se retourner, Marie était là, non loin dans sa jolie robe et l'appelait. Il s'arrêta brusquement juste devant elle. Il aimait bien Marie mais les protocoles de la cour… Arg, trop de choses à apprendre pour quoi finalement ??? Vivre avec des gens qui ne l'aimaient pas vraiment. Le petit Henry voulait rentrer chez lui, et chez lui ce n'était pas ici.
Henry : Princesse Marie.
Marie : Comment allez vous, mon cher duc ?
Henry : Arrêtez de m'appeler Duc. Mon nom c'est Henry.
Marie : Un nom que vous portez à merveille, mon cher Henry. Vous avez pratiquement autant de prestance que votre père. Allez, venez. Vous devez vous préparer pour le dîner de ce soir.
Henry : Je n'ai pas très envie…
Marie : De vous à moi je n'aime pas vraiment non plus ce genre de dîner, mais voyez vous, nous sommes tenu de respecter nos devoirs, pour le bien du peuple d'Angleterre.
Henry : Ma maman fait partie du peuple d'Angleterre ?
Marie : Bien sûr.
Henry : Et vous avez connue ma maman ?
Marie : Il m'est arrivé de la rencontrer en effet. C'est une très belle femme et extrêmement gentille.
Henry : Oh oui elle l'est. Elle me manque. Ce n'est pas que la reine Catherine ne soit pas gentille, mais elle n'est pas ma maman.
Marie : Je comprends. Allez, venez, jeune duc.
Le jeune Henry esquissa un sourire et s'inclina devant sa sœur aînée la laissant passer pour rejoindre le château.
**FLASHBACK**
Perdu dans ses pensées, Henry n'entendit pas la question de la mère de sa compagne. Et à vrai dire c'était bien la première fois qu'il était présenté à une belle famille.
Henry : Excusez-moi, Abby. Je dois reconnaître que j'avais l'esprit ailleurs.
Abby : Il n'y a pas de mal, il est tard et je crois qu'on devrait aller se coucher. Vous allez rester dormir, avec toute cette neige, il serait dangereux de prendre la route.
Henry : Nous ne voudrions pas déranger.
Abby : Mais vous ne dérangez absolument pas.
Henry : Votre mari ne serait pas vraiment d'accord.
Abby : Peu importe, mon mari est un râleur.
Vicki : (soufflant à l'oreille d'Henry) Ne t'inquiète pas pour le soleil.
Henry : Alors j'accepte.
Abby : Bien bien. Sur ce, je vous dis bonne nuit.
Tout trois se levèrent et pendant qu'Abby montait à l'étage, Vicki et Henry descendaient à la cave.
Vicki : Ce n'est pas le grand luxe dont tu as été habitué mais tu seras à l'abri de la lumière du soleil.
Arrivés en bas, Vicki alluma une petite lampe de chevet près de son lit.
Henry : C'est ta chambre d'enfant ?
Vicki : Plutôt ma chambre d'ado, c'est là que j'ai migré un peu malgré moi quand ma mère s'est remarié.
Henry : Une cave…
Vicki : Oui.
Henry : Tu n'as pas l'air de très bien t'entendre avec ton beau père.
Vicki : Je le déteste.
Henry : Tu n'as pas une très haute estime des figures paternelles qui sont passé dans ta vie.
Vicki : On peut parler d'autres choses.
Henry s'assit sur le lit de Vicki et observa la jeune femme arpenter la pièce de l'on en large. Puis il observa la pièce, elle ressemblait particulièrement à Vicki, pas de poupée, ni de rose comme les chambres des adolescentes, non. Au fond de la pièce, une bibliothèque pleine de livres d'histoire européenne, américaine, canadienne… faisant comprendre à Henry pourquoi elle avait choisit de faire une licence d'histoire. Sur un bureau, encore des livres, et quelques magazines sur les armes à feu. Par ci par là, quelques peluches. Un sac de sable et des gants de boxe accrochés à une poutre. Mais ce qui le surprit fut de voir accroché sur le mur du fond, une cible où était planté quelques fléchettes dont plusieurs transperçaient le visage d'un homme dont les traits étaient quelques peu semblable à ceux de Vicki.
Henry : C'est ton père ?
Vicki regarda avec dédain la photo avant de s'en détourner.
Vicki : Oui c'est lui, tiens j'aurais juré qu'il y avait aussi une photo de Bob. Il a du passer par ici.
Vicki posa sa main libre sur son ventre et s'arrêta de bouger avant de finalement se remettre à arpenter la pièce.
Henry : Vicki, tu es sûr que ça va ?
Elle releva les yeux sur lui. Il lui souriait assis, sur son lit.
Vicki : Oui je vais bien. Je suis juste mal à l'aise d'être ici. Je n'aurais jamais dû venir c'était une mauvaise idée.
Henry : On rentrera demain soir dès que le soleil sera couché.
Vicki : Ca me ferait pas de mal. J'ai réagit comme une idiote et quand je suis partie, je ne savais plus où aller.
Elle était une véritable boule de nerfs, et cela s'en ressentait sur le bébé. Son jeune cœur s'accélérait de manière conséquente, Vicki était stressée et le bébé aussi par la même occasion.
Henry : Vicki arrête une minute tu veux bien.
Henry retira ses chaussures.
Vicki : Qu'est ce que tu fais ?
Il repoussa les draps et s'allongea sur le lit.
Vicki : Qu'est ce que tu fais ???
Henry : Tu as besoin de dormir.
Vicki : Mais toi pas.
Henry : Ne fais pas d'histoire. Viens.
Elle hésita, encore une fois son ego lui jouait des tours mais finalement elle retira ses chaussures et s'allongea à coté de lui se lovant dans ses bras. Henry l'observait, elle plongea rapidement dans le sommeil, mais pour lui il n'était pas l'heure de dormir. Quand il fut sûr qu'elle dormait profondément, il quitta ses bras, et quitta la maison pour faire un tour.
TBC.
