Bonsoir me revoilà avec ce nouveau chapitre, je tiens à remercier ma bêta nana10320 sans qui ce chapitre aurait sûrement mis bien plus de temps à être publié.

Aline : Merci d'avoir pris le temps de me laisser un commentaire, je suis heureuse que ma fiction te plaise et je te remercie pour tous ces compliments cela me touche beaucoup. J'espère que la suite te plaira !

Sur ces quelques mots je vous souhaite une bonne lecture !

Oo¤oO

_ Paul arrête s'il te plaît, suppliais-je presque.

Je le sentis continuer d'embrasser langoureusement mon ventre encore un moment avant de cesser tout mouvement, son bras droit lui servant d'appui tandis qu'il me regardait de ses yeux chocolat.

_ On n'aurait jamais dû aller jusque là, fis-je en me relevant brusquement.

_ Lyria… commença-t-il.

_ Non Paul… Je suis désolée, je ne peux pas,dis-je avant de courir m'enfermer dans la salle de bain.

Je me laissais glisser derrière la porte, les larmes s'écoulant librement sur mes joues. Je me rhabillais maladroitement, peinant à attacher mon soutien-gorge. J'entendis Paul frapper timidement contre la porte, et je ramenais instinctivement mes jambes contre ma poitrine.

_ Lyria, ouvre-moi s'il-te-plaît, l'entendis-je gémir dans le couloir.

Pour toute réponse, j'éclatais en sanglot. Ces larmes, je les avais retenues depuis si longtemps, mon cœur était si lourd de cette peine enfouie au plus profond de mon être. Non je ne pouvais pas me donner à lui, je ne voulais plus jamais me donner ainsi à un homme comme celui que j'avais aimé. Cet homme, je l'aimais et le haïssais à la fois, j'aurai voulu le tuer pour m'avoir tant fait souffrir. Si j'apprenais qu'il respirait encore, j'irai le traquer et lui arracherai de mes mains son dernier souffle. J'avais terré cette haine et ces souvenirs au plus profond de mon être, cachés derrière la souffrance que j'éprouvais à la perte de ma sœur. Mais maintenant, tous ces efforts pour l'oublier semblaient avoir volé en éclats après quelques doux baisers.

_ Lyria… entendis-je de nouveau.

D'un geste brusque, j'essuyais mes larmes et me relevais avant d'ouvrir la porte. Je contournais Paul sans un regard et allais récupérer mon sac dans sa chambre avant de me diriger à nouveau vers le couloir.

_ Illyria, qu'est-ce que tu fais ? Me demanda-t-il en me barrant le passage.

_ Paul, laisse-moi passer, répondis-je froidement.

_ Illyria, regarde-moi ! Fit-il durement.

Je levais la tête lentement, quittant la vue de son torse maintenant vêtu d'un tee-shirt noir et plantais mon regard dans le sien. Ce que j'y vis me vrilla le cœur, il y a avait à la fois de l'inquiétude et de la tristesse et je pouvais le ressentir comme s'il s'agissait de mes propres sentiments.

_ Je t'aime, ne me quitte pas, déclara-t-il à voix basse.

Je poussais un profond soupir et me laissais tomber à même le sol. Je sentis les bras de Paul m'enlacer d'abord timidement puis avec plus d'assurance lorsque je posais ma tête contre son torse. J'étais passée de la peur à la colère et à présent je n'éprouvais plus rien, si ce n'était une grande lassitude. J'aimais Paul, que ce soit ou non à cause de l'imprégnation, mes sentiments étaient bien présents et cela m'effrayait. Je tentais encore vainement de lutter contre ce que je ressentais, sachant très bien que je ne survivrais pas à un nouvel abandon. J'étais déjà l'ombre de moi-même et je semblais avoir récupéré un semblant de celle que j'étais depuis que je l'avais rencontré. Mais je ne voulais plus vivre, c'était bien trop difficile, surtout après avoir passé des siècles à errer sans but réel.

_ Tu finiras par me laisser toi aussi, soufflais-je amère.

_ Je continuerai à vivre pour toi jusqu'à ce que mon cœur cesse de battre, déclara-t-il en prenant mon visage en coupe. Je t'en fais la promesse Illyria.

Il me regardait de ses yeux chocolat si déterminés et je fondais à nouveau en larmes. Comment pouvait-il me promettre une telle chose alors que je ne pouvais lui offrir le quart de ce qu'il attendait sûrement d'une femme ? Comment pouvait-il être si sûr de lui tandis que j'hésitais tant ?

_ Ne pleure pas mon amour, tu es si belle lorsque tu souris, murmura-t-il dans un sourire qui n'atteignait pas ses yeux.

_ Tu mérites tellement mieux que moi, pensais-je à voix haute.

_ Je t'interdis de dire ça Illyria, c'est toi que j'aime, me reprit-il sévèrement.

_ Je suis une femme brisée Paul, je ne sais pas t'aimer sans te blesser, avouais-je.

_ Je saurais t'attendre, affirma-t-il en déposant un chaste baiser sur mon front.

_ Merci, dis-je en fermant les yeux.

Je me sentis soulevée mais je ne bronchais pas, je l'aurai suivi les yeux fermés. J'ouvrais les yeux lorsqu'il me déposa doucement sur le lit et je le retenais par le bras tandis qu'il s'apprêtait à partir.

_ Non, reste, ordonnais-je à mi-voix.

Pour toute réponse, il vint s'allonger près de moi et je posais ma tête contre son torse, passant mes mains froides sous son tee-shirt tandis que ses muscles se contractaient au contact de ma peau. Je fermais les yeux, bercée par le son délicat de la pluie contre le toit, déposant les armes face aux doux baisers de Paul parsemant mes cheveux. J'étais fatiguée de lutter, je m'étais battue pour rester seule, croyant me préserver de toute souffrance, mais loin de lui je me sentais encore plus mal. Alors je lui laisserai sa chance, ou plutôt notre chance.

Lorsque j'ouvrais les yeux, la timide clarté du jour avait laissé place à l'obscurité. Je balayais la pièce des yeux, et me relevais d'un mouvement brusque.

_ Hé ! Qu'est-ce qu'il y a ? me demanda la voix de Paul derrière moi.

Je me retournais et le fixais sans mot dire. Il semblait qu'il soit resté auprès de moi pendant tout le temps où je m'étais assoupie, et ce simple fait me touchait sans que je ne sache vraiment pourquoi. Je laissais mes yeux s'habituer à la pénombre et tentais d'accrocher son regard, un long frisson me parcourut l'échine bien que je n'avais pas froid. Je semblais avoir tant d'importance pour lui, mais saurais-je être à la hauteur de ses attentes ? D'ailleurs je ne savais pas ce qu'il attendait précisément de moi. Je m'étais battue pour qu'il renonce à moi, mais il s'était accroché presque désespérément et je n'avais plus la force de le repousser. Bien que j'étais parfaitement incapable de le lui dire maintenant, je l'aimais. Malgré son caractère impulsif et colérique, je ne pouvais que l'aimer, car il était Paul, tout simplement, un homme entier qui ne m'avait jamais ménagée et qui en même temps avait toujours été présent depuis l'instant où nos regards s'étaient croisés.

_ Paul ! Me fit sursauter une voix depuis l'extérieur.

Nous nous regardâmes un bref instant et nous nous levâmes tandis que la personne martelait la porte d'entrée de coups impatients.

_ Paul putain ! S'écria la voix à nouveau.

Je mis un certain temps à me rendre compte qu'il s'agissait de la voix de Léah et je me précipitais vers la porte d'entrée, emboîtant le pas de Paul.

_ Quoi ? Demanda celui-ci d'un ton agressif en ouvrant la porte.

_ Lyria tu es là ! J'ai besoin de te parler ! Dit-elle visiblement paniquée.

_ Et ça ne pouvait pas attendre demain… râla Paul.

_ Mêle-toi de ce qui te regarde, toi ! Réagit-elle au quart de tour.

_ Tu te présentes chez moi, tu frappes comme une folle contre ma porte et tu insinues que ça ne me regarde pas ! S'énerva-t-il à son tour.

_ Ça suffit vous deux ! Ordonnais-je comme à deux gamins. Léah, qu'est-ce qu'il se passe ?

_ J'aimerais t'en parler en privé, si c'est possible, dit-elle en jetant un regard froid à Paul.

_ Bien, je viens avec toi. Paul, on se voit demain ? Lui demandais-je avec douceur.

_ Okey, fit-il visiblement agacé.

J'amorçais un pas puis me retenais avant de me tourner vers Paul. Je le regardais un moment avant de me mettre sur la pointe des pieds et de déposer un baiser sur sa joue. Je le vis fermer les yeux avant que je ne me détache de lui et ne m'éloigne pour de bon. Je rejoignais Léah qui m'attendait près des arbres, visiblement gênée par la situation.

_ Désolée de te déranger, commença-t-elle. Tu es la seule personne à qui j'ai envie d'en parler.

_ Ne t'en fais pas. Tu m'expliques ? Lui demandais-je tandis que nous avancions déjà.

_ Je ne sais pas trop par quoi commencer, dit-elle nerveusement.

_ Léah ? Tu sais bien que tu peux tout me dire, tentais-je de la rassurer.

_ Eh bien voilà, c'est Joey, fit-elle avant de faire une courte pause. Après que nous nous sommes rencontrés, il a voulu qu'on fasse un peu connaissance, alors au début j'étais méfiante mais il a su gagner ma confiance et au fil du temps on est passé de l'amitié à disons autre chose.

_ Autre chose ? Relevais-je.

_ Écoute Illyria, je crois que j'ai des sentiments pour lui et ça me fout la trouille parce que pour lui je sais que je ne suis qu'une amie. Putain que je suis bête ! J'aurai jamais dû le laisser entrer dans ma vie ! Siffla-t-elle rageusement.

_ Hé ! Redescends d'un cran ! Criais-je tandis qu'elle martelait un tronc d'arbre de coups de pieds.

_ Mais tu veux savoir ce qu'il y a de pire ? Dit-elle en se laissant tomber contre le tronc d'arbre. Il sera à Washington à la fin de la semaine, il a voulu me faire une surprise mais il a fini par cracher le morceau.

_ Léah ! Mais c'est génial ! Tu penses vraiment qu'il viendrait te voir s'il te considérait vraiment comme une simple amie ? Lui fis-je remarquer calmement en m'asseyant face à elle.

_ Il est juste impossible qu'il m'aime Lyria, regarde-moi ! Je n'ai rien de féminin, j'ai un sale caractère et je passe mon temps à me battre et à jurer, m'énuméra-t-elle ses défauts.

_ Léah… pouffais-je. Il t'a vue la première fois, tu étais toute trempée, les cheveux emmêlés et épuisée par notre traque. Puis il était présent lorsque tu t'es transformée en louve et arracher la tête d'un vampire psychopathe mais il a quand même voulu avoir ton numéro.

_ Je ne sais plus, soupira-t-elle.

_ Profite seulement de sa présence lorsqu'il sera là , les choses se feront d'elles-même, la conseillais-je.

_ Mais ça me fout les jetons ! Pleurnicha-t-elle.

_ Depuis quand un mec arrive à faire peur à Léah Clearwater ? Plaisantais-je.

_ Depuis qu'il s'appelle Joey Delacroix, soupira-t-elle.

_ Tout ce que tu demandais avant c'était de tomber amoureuse d'un autre homme que Sam, tu as eu ce que tu voulais, dis-je sans la ménager.

_ Mais Lyria, c'est compliqué ! Déjà il habite en France et je ne parle même pas sa langue et ensuite je ne suis même pas imprégnée ! Se plaignit-elle.

_ Qui a dit que vivre une histoire d'amour était simple ? Et imprégnée ou pas, tu n'as pas rencontré cet homme par hasard, rétorquais-je.

_ Tu viendras avec moi à l'aéroport ? Couina-t-elle.

_ Bien sûr ! Clamais-je en lui tendant les mains. Mais maintenant debout ! Je ne suis pas une louve et je commence à avoir froid.

Pour toute réponse, elle se mit à rire et se leva paresseusement avant de se remettre à marcher en direction de sa maison. En moins d'un an, les choses avaient totalement évolué, la si farouche Léah était tombée amoureuse et moi je laissais enfin le bonheur entrer dans ma vie. Seul quelque chose ma manquait pour être vraiment heureuse, le retour de ma sœur. Ma vie sans elle ne méritait pas d'être vécue et j'avais beau avoir d'autres raisons de vivre à présent, notamment Paul, je ne parvenais à les accepter que parce que j'espérais que bientôt elle ferait à nouveau partie de ma vie.

Lindarwë… Depuis la fois où elle m'avait prévenue de son retour, elle ne s'était plus manifestée, ni dans en rêve, ni en vision, plus rien. J'espérais que notre dernière conversation n'était pas qu'un rêve, autrement je ne sais si je parviendrais à me relever.

Nous arrivions finalement devant la maison des Clearwater, et je restais un moment immobile avant de suivre Léah à l'intérieur. J'avais beau avoir été intégrée aux membres de la meute, je ne me sentais pas moins comme si je profitais de leur hospitalité. Il fallait vraiment que je pense à l'avenir et que je cesse de vivre au jour le jour, car c'était exactement ce que je faisais.

_ Maman n'est pas là, me prévint Léah tout en s'affalant sur le canapé.

_ Et Seth ? Lui demandais-je en m'asseyant près d'elle.

_ Chez les sangsues, fit-elle avec agacement.

_ Tu ne les aimes vraiment pas hein ? Remarquais-je.

_ Ceux sont des vampires, qu'ils boivent ou non du sang humain, et en plus ils ont une odeur pestilentielle pour nous autres les loups, lâcha-t-elle en haussant les épaules.

_ Vraiment ? Fis-je surprise.

_ Ouais, et apparemment c'est réciproque. Normal, on est des ennemis naturels, me précisa-t-elle.

_ Eh bah, soufflais-je.

J'avais bien vu que les vampires se tenaient à distance le plus possible des membres de la meute et vice versa et j'en venais à me demander comment ils étaient parvenus à une telle entente. Je chassais ces pensées de mon esprit et rejoignais Léah dans la cuisine, qui visiblement, cherchait quelque chose à dîner. Ainsi je l'aidais à préparer des pâtes en une quantité affolante pour seulement deux personnes mais me gardais de tout commentaire.

_ T'as décidé de laisser sa chance à Paul ? Me demanda-t-elle entre deux bouchées.

_ Oui, mais une partie de moi cherche encore à fuir, répondis-je pensivement

_ Franchement Lyria, elle prit une pause pour avaler une autre bouchée de pâte, je ne connais aucune femme d'aussi courageuse que toi, tu n'as plus besoin de fuir.

_ J'ai peur de ne pas être à la hauteur de ses attentes, soupirais-je.

_ La pire chose que tu puisses faire c'est de l'abandonner comme la dernière fois, souligna-t-elle.

_ Tu as sûrement raison, conclus-je avant de repousser mon assiette devant moi.

Paul s'était attaché à moi depuis le soir où nos regards s'étaient croisés, nos vies se liant insidieusement sans que je ne parvienne à comprendre cette magie puissante qui nous unissait. L'imprégnation… Si cette magie Quileute n'avait pas existé, mon existence aurait été tout autre aujourd'hui. Paul connaissait une partie de mon passé, si ce n'est ma vie sentimentale que j'avais préféré passer sous silence. Mais qu'en était-il de sa vie sentimentale ? Le simple fait d'avoir rencontré Rachel avait suffit à me faire renoncer à savoir. Et s'il avait été un goujat, un coureur de jupons comme toutes les femmes en avaient horreur ? Au fond qu'est-ce que cela changerait ? Mon passé était des plus chargés, j'avais dû tuer plus de créatures que la meute ne le ferait jamais en une vie. Et s'il découvrait enfin les côtés les plus obscures de ma vie, ne me fuirait-il pas ?

Je poussais un long soupir tandis que Léah s'installait devant la télévision. Je voulais envisager ma vie avec Paul à présent, mais le voudrait-il toujours après qu'il ait découvert tout ce qu'il y avait à savoir sur moi ? Et moi, étais-je prête à en savoir plus sur lui ? J'étais totalement effrayée à l'idée que nos secrets devraient être partagés un jour et l'idée de fuir à nouveau me tentait. Non, je ne devais pas, je me devais de vivre et non de survivre. J'eus un sourire amer à l'idée que Paul se soit imprégné de moi. J'étais tellement loin de ressembler à Emily ou à Kim, elles étaient si parfaites, et moi j'étais tellement… moi. Au fond qu'aurait-il pu trouver d'attrayant chez moi sans ce lien ? Mes hanches et ma poitrine trop développées étaient loin de correspondre aux critères de beauté actuelle, de même que mes cheveux seraient jugés trop longs, mes muscles devaient être bien trop saillant. Si ma grande taille ne lui pose pas de problèmes, elle faisait l'objet d'une curiosité malsaine voir d'un rejet violent il y a de cela quelques siècles. Quel homme voudrait d'une femme elle-même bâtie comme tel ? Car oui, à l'époque être une grande femme me reléguait à la place d'homme, de sorcière, et d'autres surnoms pas plus élogieux.

J'allais finalement me coucher, ne trouvant le repos qu'après avoir remué sans cesse ces sombres idées dans ma tête. Paul méritait tellement mieux que moi, ni mon physique ni ma personnalité ne pouvait s'accorder avec un homme tel que lui.

Lorsque j'ouvrais les yeux, je découvrais Léah, une jambe passée à l'extérieur de la petite fenêtre.

_ Léah, qu'est-ce que tu fais ? Demandais-je d'une voix rauque.

_ Je me donne du mal pour rien ! Se mit-elle à râler. Je voulais pas te réveiller alors j'allais passer par la fenêtre. Ce matin c'est mon tour de garde.

_ La prochaine fois passe par la porte, dis-je en souriant.

_ Au fait, Paul a dormi devant chez moi toute la nuit. Apparemment tu lui manquais trop, fit-elle en roulant des yeux.

Je me levais précipitamment et m'arrêtais près d'elle à la fenêtre, jetant un coup d'œil circulaire à la forêt mais ne vis rien.

_ À mon avis, ça ne lui a pas plu que je le dise haut et fort, pouffa-t-elle. On se voit plus tard Lyria.

Et sur ces mots elle sauta et atterrit gracieusement sur ses jambes avant de se mettre à courir vers les arbres.

Je m'éloignais de la fenêtre et rangeais nos lits avant de fouiller dans l'armoire de Léah. À force de vivre chez les Clearwater, j'avais fini par y laisser quelques affaires que Sue rangeait précautionneusement dans l'armoire de sa fille en mon absence.L'affection qu'elle me portait me touchait, elle m'avait accueillie chez elle comme si j'avais été de son sang, me traitant à l'égal de ses enfants. Je retirais de l'armoire des vêtements propres et filais dans la salle de bain prendre une douche rapide avant de me vêtir chaudement d'une veste beige sur la robe blanche avec laquelle j'étais venue en ces lieux.

Je sortais de la maison, passant devant la chambre de Seth sur la pointe des pieds tandis qu'il ronflait encore. Une fois dehors, j'entrepris de prendre le chemin de la plage. La végétation alentour m'était devenue familière, le chant des oiseaux une mélodie à laquelle je m'étais accoutumée, je me sentais presque chez moi à la Push. Il y avait de cela tellement longtemps que je ne m'y était pas aventurée qu'elle en était presque venue à me manquer. Je levais la tête et me délectais de ce ciel gris, m'ayant paru autrefois si accordé à mon état d'esprit.

J'appréciais le contact de l'herbe humide sous mes pieds et frissonnais tandis qu'une bourrasque de vent vint gifler mon visage de sa fraîcheur. Je touchais du bout des doigts la mousse humide qui ornait les arbres de sa douce verdure, appréciant la caresse des premières gouttes de pluie sur ma peau. Pour la première fois depuis que j'avais perdu ma sœur, je parvenais à sourire face aux simplicités de la vie. Je pressais le pas tandis que le ressac des vagues puissantes m'atteignait déjà et sortis de la forêt après quelques pas. Je traversais la terre rocailleuse avant d'atteindre la grève mouillée et de laisser les vagues me lécher les pieds.

_ J'espérais te trouver ici, reconnus-je la voix de Paul derrière moi.

Je fixais les vagues déferlantes un moment avant de me retourner et de lui faire face. Comme à son habitude, il était seulement vêtu d'un jean découpé. Son torse ruisselait de quelques gouttes de pluie venues épouser sa peau caramel, désordonnant ses cheveux noirs de la plus délicieuse des manières. Je lui adressais un vague sourire tandis que nos regards s'accrochaient pour la énième fois.

_ Ça me fait bizarre de te voir porter cette robe, ça me rappelle la première fois que je t'ai vue, dit-il en me détaillant des pieds à la tête.

_ Arrêtes de me regarder comme ça, ça en devient gênant, m'empourprais-je.

_ Cet instant me semble tellement lointain, poursuivit-il en s'approchant doucement.

Instinctivement je reculais et il se figea sur place à mon geste, son regard s'obscurcissant autant que le permettaient ses yeux déjà sombres.

_ Tu n'as pas l'intention de partir, n'est-ce pas ? Demanda-t-il éteint.

_ Partir ? Relevais-je. Non ! Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

_ Illyria, je ne veux pas te perdre, souffla-t-il.

_ Paul qu'est-ce qui se passe ? L'interrogeais-je ne comprenant pas ses réactions.

_ J'ai pensé à la discussion que nous avons eu avant de revenir à la Push. Tu disais ne pas savoir ce qu'il se passerait pour nous une fois que tu aurais retrouvé ta sœur. Ça me hante tu sais, j'arrête pas d'y penser. J'ai peur que tu t'en ailles, et que tu ne reviennes jamais, m'expliqua-t-il en mordant son poing.

_ Paul ! M'offusquais-je. Tout était si soudain, je n'étais pas apte à te donner une réponse concrète à ce moment là, tentais-je de le rassurer.

_ Je ne peux plus vivre sans toi, souffla-t-il d'une voix rauque.

_ J'aurai à partir mais je reviendrai, dis-je en lui tenant la main.

Je m'approchais doucement avant de l'enlacer, calant ma tête contre son torse chaud. Je le sentis se contracter un moment avant de m'entourer de ses bras, m'enlaçant si fort que c'en était presque douloureux. Je me détachais de lui sans pour autant m'éloigner et levais la tête pour accrocher son regard. Je me sentis délicieusement électrisée tandis qu'il me faisait passer mille émotions à la fois.

Il approcha sa tête de la mienne et instinctivement je me mis sur la pointe des pieds, nos visages étaient désormais si près l'un de l'autre que je pouvais sentir son souffle chaud sur ma peau.

_ Lyria ! Retentit un cri d'enfant.

J'accordais un bref sourire à Paul avant de me retourner sans pour autant me détacher de ses bras. Je vis Claire courir à toutes jambes dans notre direction, Quil à ses trousses. Je ne pus que sourire face à cette vision touchante et après un dernier regard vers Paul, je m'accroupis, ouvrant les bras pour la réceptionner. Au bout de quelques secondes, elle se jeta littéralement sur moi et je basculais en arrière tandis que son rire d'enfant faisait écho au mien. Je m'attendais à rencontrer le sable humide, mais ne sentis que les mains chaudes de Paul contre mon dos.

Serrant l'enfant contre moi, je me levais tandis qu'elle se calait plus confortablement dans mes bras. Je la détaillais un moment tandis qu'elle jouait avec une mèche de mes cheveux. Elle avait grandi, ses yeux d'habitude si brillants avaient perdu un certain éclat, ce qui me peina. Je constatais qu'elle portait toujours à son cou la bague que je lui avais donnée. Je lui souriais tandis qu'elle levait la tête et me regardait comme si elle m'avait toujours connue.

_ Tu m'as manquée, dit-elle avant d'enrouler ses petits bras à mon cou.

_ Toi aussi tu m'a manquée ma puce, répondis-je en l'embrassant sur le nez.

J'obtins un rire de sa part et je me retournais tandis que quelqu'un se raclait la gorge près de moi. Je vis Quil attendre patiemment près de Paul et je captais dans le regard de ce dernier une lueur indéchiffrable. Je reportais finalement mon attention sur Quil et vis qu'il me souriait de toutes ses dents.

_ T'en as mis du temps, déclara-t-il avant de s'approcher.

_ Ne me dis pas que je t'ai manqué à toi aussi, plaisantais-je.

_ Oh mais c'est qu'elle a de l'humour en fait, ria-t-il avant de tendre ses bras à Claire.

_ Je veux rester avec elle ! Bouda cette dernière.

_ Je sais bien ma chérie, mais Illyria doit partir et moi aussi, je te dépose chez ta mère et je reviendrai te voir ensuite, c'est promis, expliqua-t-il à l'enfant.

_ Au revoir Lyria, se résigna Claire au bout d'un moment.

Je la remettais aux bras de Quil après qu'elle ait déposé un bisou sur ma joue. J'avais eu un bref moment de répit concernant les problèmes auxquels je me devais de faire face, mais à présent ma condition d'enchanteresse me rappelait à l'ordre. Encore une fois.

_ Tu es prête à y aller ? Me demanda Paul tout en prenant ma main au creux de la sienne.

_ Il le faut bien, soupirais-je.

_ Je vais me transformer, dit-il avant de déposer un baiser sur mon front.

Pour toute réponse, je hochais la tête avant de regarder ailleurs. Je regardais le ciel gris d'où s'échappaient toujours quelques gouttes de pluie. Il y a encore peu de temps, je souhaitais ne plus jamais m'attacher à personne et à présent voilà que je souhaitais ardemment vivre une vie paisible en ces lieux auprès de gens que j'aimais. Mais la vie était cruelle, la sécurité des gens auxquels je tenais dépendrait de mes capacités à me battre encore une fois, non plus contre une armée de sorcières mais de vampires. Je frissonnais à cette idée, j'avais peut être des pouvoirs, mais mon corps n'en restait pas moins aussi fragile que celui d'un simple être humain. Et cette fois-ci, je ne comptais pas m'engager dans ce combat à corps perdu, comme je l'avais fait tant de fois auparavant, agissant comme si la vie ne m'importait plus.

Je me retournais tandis que je me sentais légèrement bousculée. Je vis l'imposant loup gris tranquillement assis, feignant l'innocence. Je souriais face à son comportement et m'approchais pour le caresser. Il se mit debout, me surplombant de toute sa hauteur et s'approcha si près que je pouvais l'entendre respirer. Je lui caressais l'échine, appréciant la douceur de son pelage tandis qu'il se mit à grogner gentiment. Puis d'un mouvement rapide, il me lécha la joue avant de sautiller sur place, faisant trembler le sol.

_ Oh Paul ! M'écriais-je en essuyant ma joue.

Il s'approcha, visiblement fier de lui avant de se baisser pour me laisser monter sur son dos. Une fois installée, j'enroulais mes bras autour de son cou, frissonnant au contact de la chaleur qu'il dégageait. Je fermais les yeux tandis que le vent me frappait déjà, couvrant le bruit des vagues. J'ouvrais un œil et le vis slalomer entre les arbres à une vitesse folle, et cette vision m'effraya tant que je décidais de ne plus regarder. Comment faisait-il pour ne pas foncer dans un tronc d'arbre à cette vitesse ? Si la magie n'avait pour moi plus rien d'impressionnant, le surnaturel des loups et des vampires demeurait tout à fait captivant à mes yeux.

Je me redressais tandis que je le sentais ralentir après un moment, la villa des Cullen se dressant sous mes yeux. J'étais déjà venue en ces lieux pas plus tard qu'hier, mais elle me faisait toujours le même effet de par sa prestance. Je pouvais apercevoir Alice et Edward devant l'entrée, impassibles. Si les vampires avaient conservé forme humaine, leurs expressions et mimiques n'avaient plus rien de tel. Je descendais de ma monture une fois devant l'entrée et attendis qu'il reprenne forme humaine, toujours en prenant bien soin de regarder ailleurs, me gardant également de ne pas croiser le regard de l'un de ces vampires aux yeux dorés.

_ On y va ? Me demanda Paul tout en prenant ma main dans la sienne.

_ Oui, fis-je, lasse.

Je laissais Paul ouvrir le chemin et lui emboîtais le pas. Il salua les deux vampires présents d'un formel hochement de tête et j'en fis de même avant de pénétrer dans le salon.

_ Bonjour, soyez les bienvenus, s'exclama la femme de Carlisle de sa voix si douce.

_ Merci, répondis-je en lui adressant un timide sourire.

Je prenais place tout au bout du canapé d'angle, et regardais les membres de la meute rentrer l'un après l'autre. Je fus surprise de voir Sue faire son entrée à la suite de Léah, suivie de près par le grand-père de Quil. Elle m'adressa un chaleureux sourire avant de prendre place près de Seth. Je sentais peser sur moi un regard gênant et en cherchais le responsable. Je vis que Rosalie me fixait depuis un coin de la pièce et je lui adressais un vague hochement de tête en guise de salut. Je n'attendais pas de réponse mais elle en fit de même avant de se concentrer sur Carlisle. Je supposais que la proposition que je lui avais faite lui demandait une constante réflexion. Comment pourrait-elle accepter de redevenir humaine après avoir passé autant de temps dans la peau d'un vampire, et qui plus est, entourée de ses semblables ? Je ne pouvais savoir ce qu'elle finirait par décider, mais je savais que j'aurai aimé que l'on me donne la possibilité de n'être qu'une simple humaine.

_ Bien, maintenant que vous êtes tous là, je pense qu'il est grand temps de vous faire part de ce que nous avons décidé, commença Carlisle.

_ On vous écoute, rétorqua Sam.

_ Vous savez maintenant que cela fait plusieurs siècles que les Volturis sont au pouvoir de la communauté vampirique. Et cela ressemble bien plus à une monarchie qu'à une démocratie, poursuivit-il.

_ Où est-ce que tu veux en venir ? Demanda Sam.

_ Ce que je veux dire par là, c'est que bon nombre de vampires aimeraient que le règne des Volturis prenne fin, précisa Carlisle.

_ Ça veut dire que tu veux les rallier à notre cause ? L'interrogea Quil à son tour.

_ C'est exactement cela, mais nous devons agir vite et dans la plus grande discrétion, reprit Carlisle gravement.

_ Tu es sûr qu'ils viendront pour nous soutenir ? Souleva Paul, impassible.

_ Beaucoup attendaient un combat lorsque nous avons fait appel à leur soutien pour Renesmée, se justifia le vampire.

_ Combien de temps il nous reste ? Demanda Sam.

_ Les visions d'Alice ne sont pas très claires, c'est pourquoi nous devons agir au plus vite, annonça Carlisle sur le même ton.

_ Comment peut-on vous être utiles ? L'interrogea Sam, la mâchoire crispée.

_ Il faut les convaincre que nous avons une chance de remporter la bataille, s'exprima le vampire blond aux côtés d'Alice.

_ Qu'est-ce que tu entends par là ? S'enquit Seth.

_ Ils devront apprendre l'existence des loups et d'Illyria, lâcha Carlisle en conservant son sérieux.

_ Il n'est pas question que je laisse des yeux rouges l'approcher ! S'écria Paul en se levant.

_ Paul, assieds-toi, tentais-je de le calmer.

_ L'idée ne nous plaît pas plus qu'à toi, se justifia Carlisle, mais il faut qu'ils comprennent qui se battra à nos côtés.

_ Il a raison Paul, et tu n'auras qu'à m'accompagner, dis-je calmement en prenant sa main.

_ Nous allons former des groupes, on ne peut attendre plus longtemps, reprit le chef des vampires.

Je regardais les groupes se former autour de moi sans réagir. Le vampire dénommé Jasper ainsi que sa compagne Alice nous accompagneraient pour cette nouvelle quête. Il avait été décidé que nous partirions en Amazonie pour tenter de convaincre les Amazones de rejoindre ce sanglant combat. Finalement je ne serai pas séparée de Paul, mais je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter pour tous les autres membres de la meute. Maintenant que les pièces de l'échiquier se mettaient en place, je savais qu'il y aurait des pertes si nous voulions la victoire, mais cette simple pensée réveillait une peur incommensurable au plus profond de mon être. Je venais de retrouver un peu de joie, et voilà que la vie me mettait à nouveau à l'épreuve. Quoi qu'il puisse en dire, je me sacrifierai pour que Paul puisse continuer de vivre, car sans lui mon existence n'avait plus aucun sens.

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C'est la fin de ce chapitre, je vous dis à bientôt pour la suite. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, un commentaire est toujours la bienvenue. Bises,

Ortancya.