The Originals

Chapitre 10 : « Fire with Fire »

Auteur : Lovy-San

Genre : Yaoi, OOC, UA, Lemon&Lime, Drame, Romance et Humour

Disclaimer : Je bataille actuellement avec mon avocat. Inventer des personnages inexistants en leur donnant le nom de personnages d'une histoire, c'est du plagiat ? Au cas où, on va dire qu'ils appartiennent à J.K.R :)

Mot de l'auteur : Tadam ! Désolé du retard mais ne me tapez pas (du moins pas cette fois...) ! Le site avait buggé hier et toute cette journée, je suis donc désolée de ce retard Ce chapitre est beaucoup plus longs que les autres pour une raison expliquée plus bas (no spoil :P), il fait donc 11519 modestes mots, soit 18 pages OpenOffice, je crois que c'est le plus long que j'ai écris jusqu'ici ! J'espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire ! Bonne lecture à tous ! :)


La frustration de Marcus commençait à atteindre des sommets. L'ambiance dans la maison des Originels était au plus bas possible. Adrian restait encore alité, donc tout n'était pas perdu. Marcus avait le sentiment que si Adrian sortait de sa chambre, il allait le tuer dès qu'il ouvrirait la bouche. Adrian se foutait toujours de tout et adorait remuer les couteaux dans les plaies. Pansy aidait Blaise-Lavande à chercher Oliver, et Marcus se faisait un plaisir de les embrouiller à chaque fois qu'il en avant l'occasion en utilisant des citadins hypnotisés. Pour l'instant, ils n'avaient pas fait le rapprochement mais Marcus savait qu'il n'en aurait pas pour longtemps avant que Pansy ne lui tombe dessus et exige des explications.

Il n'avait plus de contact avec Theodore-Blaise. Il avait laissé l'autre s'en occuper pour montrer qu'il lui faisait confiance mais il commençait doucement à arriver à saturation. Il n'avait jamais supporté que l'on fasse du mal aux personnes qu'il estimait, bien qu'elles soient rares. Et il détestait encore plus être prit pour un con. Parce que c'était ce qu'il sentait. Blaise-Lavande faisait comme si de rien n'était, essayant de manière habile de leur tirer les vers du nez. Comme si cela ne suffisait pas, il faisait de plus en plus de rêves étranges. Ça avait commencé quand il avait rêvé de l'autre guignole de loup qui avait essayé de coucher avec Oliver. Il rêvait qu'il était prit par lui dans une sorte de cabane en bois, ce qui était totalement absurde parce qu'il était toujours dominant. Même ses nuits le rendaient d'humeur massacrante. Alors il passait son temps libre à l'extérieur de la ville à planifier ses prochaines actions.

Récemment, il avait fait l'acquisition d'un centre équestre au bord de la faillite. L'homme qui le gérait à l'origine était à deux doigts de mettre la clé sous la porte faute de moyens, alors Marcus avait fait une offre impossible à refuser. Il avait aussitôt fait le tri des chevaux présents et choisi ceux qui lui plaisaient. Son choix s'était porté sur une magnifique jument pur-sang arabe noire et un de ses rejetons isolé dans un box. Il n'avait pas de nom et Marcus était sûr que le propriétaire l'avait gardé uniquement à cause de sa race. L'animal était agressif et avait tenté de lui mordre la main quand il avait voulut le caresser, puis il s'était cambré en arrière et avait tenté de lui donner un coup de sabot. A partir de ce jour, Marcus s'était mit en tête de le dresser.

L'hybride avait toujours été fasciné par les chevaux. C'était une des rares choses qui lui permettait d'être proche de son père quand il était enfant. A l'époque, Lucius ne savait pas qu'il était un bâtard mais Marcus était souvent corrigé à cause de sa maladresse. Là où Terence et Draco étaient de magnifiques bretteurs, Marcus n'avait pas assez de force pour tenir une épée ou l'agilité pour chasser le gibier. Lucius n'était pas un homme patient et ce garçon qui lui ressemblait en rien était devenu sa bête noire. Draco était assez malin et vicieux pour se cacher quand il avait fait des bêtises mais Marcus n'avait échappé à rien. La tradition familiale voulait que le chef de famille apprenne l'équitation à ses enfants. Draco n'aimait pas les chevaux mais il avait appris comme l'ainé modèle qu'il était après Terence. En revanche, Marcus qui était déjà fasciné par les chevaux avait vite appris à monter. Lucius le prenait avec lui sur les grands chevaux qu'ils avaient depuis qu'il était en âge de marcher et l'enfant avait toujours réclamé plus de promenade. Marcus n'oublierait jamais la fois où les yeux de Lucius brillaient de fierté en le regardant.

Il avait alors seize ans et c'était la fête du village où ils vivaient. Les jeunes filles dansaient dans des robes cousues par leurs mères autour de grands brasiers qui éclairaient la forêt, devant le regard appréciateur des jeunes garçons. Certains aidaient les hommes à trainer les carcasses des animaux pour que les femmes les préparent pour le repas, d'autres leur faisaient des avances. Deux d'entre eux étaient ivres et ils avaient par erreur ouvert l'enclot des chevaux pour y vomir. Leur arrivée brutale avait effrayé les bêtes qui s'en étaient échappées, traversant le lieu de la fête. Il y avait un grand étalon alezan qui était paniqué et, dans le but de se défendre contre les hommes qui tentaient de le faire revenir à l'enclot, commençait à taper du sabot en soufflant. Ses oreilles étaient agitées et il avait hennit plusieurs fois avant de commencer à galoper hors du camps. C'était un animal magnifique et puissant, la perle du troupeau. Dans sa fuite, il avait foncé dans la direction de Marcus qui s'était mit en position, un genoux plié en calculant la vitesse de l'animal. Quand le cheval était passé à côté de lui, il avait donné une impulsion sur ses jambes en saisissant sa crinière. Son saut et son élan calculé, il fut aisément sur le dos de l'animal et l'obligea à faire demi-tour. Le cheval avait hennit plusieurs fois et était retourné au campement en galopant. Marcus avait resserré ses jambes sur ses flancs et s'était couché sur lui, lui parlant doucement en le flattant. Il avait fait trotter sa monture loin du brasier et l'avait fait tourner en rond jusqu'à ce que l'animal se calme totalement. Les hommes du village l'avait félicité quand il était descendu pour ramener le cheval dans l'enclot et, en passant, il avait vu les gris qui, habituellement durs, le regardaient avec fierté. La chevauchée à cru lui avait laissé un souvenir assez douloureux, mais l'adolescent avait gravé ce moment dans sa mémoire.

Marcus avait perfectionné sa technique jusqu'à devenir un fabuleux cavalier. C'était sa première victoire, sa première fierté et il avait tout fait pour s'améliorer un peu plus chaque fois. Les chevaux étaient sa passion et il en avait possédé des centaines au fil des siècles, alors posséder un centre équestre dans sa ville était juste la cerise sur le gâteau.

Il était tendu et à fleur de peau quand il passa le portail du centre équestre. Les nouveaux palefreniers qu'il avait engagé s'affairaient déjà alors que le soleil était à peine levé. Marcus se dirigea immédiatement vers le box où il avait déplacé le cheval. Sa mère était une bonne monture donc le problème de son opposition ne venait pas de l'hérédité. Les chevaux avaient plusieurs raisons de devenir rebelles. La plus courante était le manque d'éducation mais Marcus savait que ce n'était pas ça, car le cheval n'avait pas été éduqué justement à cause de son tempérament. Il s'agissait sûrement de son caractère fougueux. Depuis qu'il était petit, Marcus avait appris à ne jamais utiliser le fouet ou la cravache. Lucius lui avait montré comment tisser les liens avec les chevaux, en leur parlant et en les flattant. Il lui avait aussi montré comment exprimer sa domination sans utiliser la violence.

Marcus s'approcha de la porte du box regarda l'animal. Il n'avait toujours pas de nom et c'était ennuyant pour l'appeler. Le domptage s'était passé aisément. Marcus s'était attendu à ce qu'il soit plus résistant mais le cheval s'était vite habitué à lui. Il avait tenté un moment de le désarçonner mais sans réussite, alors il avait abdiqué et Marcus était devenu son maitre.

Marcus passa sa matinée à prendre soin de lui. Il le brossa, s'occupa de ses sabots puis il le sella il l'amena dehors. L'animal résista un peu mais quelques caresses et un morceau de sucre eurent raison de lui. Il ne portait aucune protection car il n'en avait pas besoin. Son attirail se résumait uniquement à une paire de bottes d'équitations qu'il avait faites faire sur mesure. Marcus resta à pied, debout face au cheval. Lucius lui avait apprit qu'un bon cheval ne pouvait pas respecter un cavalier sur son dos s'il ne respectait pas déjà son cavalier à pied. Il continua de le flatter et utilisa la longe pour lui faire faire des exercices simple avant de le monter. L'animal était puissant et Marcus pouvait sentir ses muscles rouler sur sa peau. Le trot se passa calmement mais le brun sentait une frustration de la part de sa monture, alors il monta le niveau petit à petit. Quand il le lança au galop, le cheval partit comme une fusée et Marcus sentit une poussée d'adrénaline fuser dans ses veines. L'animal était fait pour la vitesse et le brun goûta chaque moment, adaptant son corps à celui de sa monture comme s'ils ne faisaient plus qu'un. Pour lui, c'était un plaisir sauvage encore meilleur qu'une partie de jambes en l'air et le vent lui fouettant le visage renforçait son sentiment de liberté.

Il le monta pendant deux heures, alternant les rythmes et continuant de tisser un lien avec sa monture. Quand il mit de nouveau pied à terre, il le flatta et le récompensa avec un morceau de sucre.

- C'est bien, mon beau. Tu apprends vite.

Il le guida ensuite vers le box où il le brossa à nouveau. Des bruits de pas se firent entendre dans la salle isolée et Marcus continua son travail sans s'en soucier. Pas léger et mesuré, poids équilibré qui rendait le bruit régulier, il n'y avait que son frère pour marcher comme un prince où qu'il aille ; même dans une écurie.

- Tu n'étais pas monté depuis un moment, releva Draco en prenant appui contre le mur face à Marcus. Quand nous étions gosse, tu montais quand tu étais contrarié. Tu passais des journées entières à t'occuper de nos chevaux.

- C'est ça ou je décime la moitié de la ville, répondit Marcus en tapotant la cuisse droite du cheval qui plia la jambe pour qu'il puisse nettoyer ses sabots.

Draco s'approcha de l'écriteau.

- Il n'a pas de nom ?

- Non, c'est un isolé. Il n'avait pas été dompté à cause de son caractère fougueux et agressif.

- Mais toi tu l'a dressé, sourit Draco.

- Pas totalement. C'est un animal robuste et il est fait pour l'action. Tout ce qu'il veut c'est galoper en liberté. Je vais le garder un moment dans le box pour terminer son dressage puis je le laisserai vagabonder dans le pré.

- Vous n'êtes pas différent, en somme. Tu ne supportes pas de te poser cinq minutes, tu es toujours en mouvement. Et dieu sait que tu as un caractère de merde, termina Draco en dévoilant ses dents blanches d'un sourire rayonnant.

Marcus brossa la crinière noire de l'étalon, un sourire naissant aussi sur ses lèvres.

- Du nouveau au fort ?

Draco hocha la tête et répondit qu'Hermione s'était définitivement fait la malle. Pansy lui avait dit qu'elle pouvait aller où elle le souhaitait si elle le voulait mais elle s'était tout simplement volatilisée. Marcus l'avait complètement oubliée, celle-là ; il fallait dire qu'elle avait été très discrète. Marcus lança que c'était de la faute de leur sœur.

- Elle aurait dû être ferme avec elle.

- La sorcière avait une dette envers Pansy, qu'elle a remboursé en sauvant Oliver. Il nous faut quelqu'un d'autre pour que Blaise revienne dans son corps.

- J'ai remarqué que tu passais beaucoup de temps dans le bayou, lança Marcus, guettant le visage de son ainé.

Draco resta droit et son visage était le même, sauf quand il leva un sourcil pâle.

- Ce n'est pas le sujet. Je fais le boulot dont tu ne veux pas.

- Et quel boulot, ironisa Marcus en quittant le box. Il si beau que ça, le jeune alpha ? Je t'ai connu de meilleurs goûts. D'ailleurs, aucunes nouvelles de ton petit ami épistolaire ?

- Je t'ai déjà dit que ma vie privée ne te regardes pas.

- Alors c'est Oliver, c'est ça ? sourit Marcus.

- Tu me fatigues, revenons au sujet de départ.

- Châtain, plutôt pas mal foutu, continua l'hybride. Quoique un peu maigrichon quand même mais il a une belle gueule.

- Marcus tu commences vraiment à me casser les couilles, lâcha Draco avec une lueur dangereuse dans le regard.

L'hybride prit un air faussement choqué. Il aimait bien quand Draco pétait les plombs, même s'il n'en était qu'au langage ; c'était toujours amusant. Draco était calme de nature mais son esprit était trop fourbe pour être aussi pur à l'intérieur qu'il était élégant à l'extérieur. Même après presque mille ans, Marcus gardait l'image du sale gamin narcissique et manipulateur qu'il était enfant. La tendance s'était beaucoup calmée, mais elle n'était jamais vraiment loin.

- Ce n'est pas Oliver alors je te prie de fermer ta sale gueule et revenir au sujet de départ.

- Avoues que tu étais dans le bayou, ce matin.

Le poing partit tout seul. Draco avait une stature qui laissait entendre qu'il était presque fragile mais il possédait une musculature fine et savait l'utiliser. La tête de Marcus partit sur le côté mais le blond vit tout de même son sourire narquois.

- Je te laisse chercher la sorcière, déclara Draco.

Avec un regard haineux, il arrangea sa veste marron et fila en un coup de vent. Marcus souriait toujours quand il s'adossa à la porte en bois du box, penchant la tête en arrière pour regarder le cheval. Il avait encore gagné. C'était risible mais bon sang, il se sentait mieux et leur dispute avait au moins calmé Draco, quoi qu'il puisse en dire. Le blond était trop tendu depuis qu'ils savaient que la voyageuse avait échangé son corps avec celui de Blaise. Il faisait sans cesse des allers-retours dans le bayou alors Marcus avait joint l'utile à l'agréable.

Au fond de lui, il souhaitait vraiment savoir qui allait voir Draco. Parce qu'il était sûr que c'était bien qui, et non quoi. Il savait qu'il était trop protecteur avec Oliver et il ne pouvait pas l'en blâmer. En plus d'être assez agréable à regarder, le jeune homme était le portrait craché d'Astoria, l'ancien grand amour de Draco. Ou alors c'était le loup qui intéressait son frère, mais Marcus en doutait vraiment. Dans tous les cas, il adorait voir Draco agir comme un titan dès qu'il essayait de s'introduire dans sa vie privée.

Marcus redressa vivement la tête. C'était ça en fait... Marcus se dirigea vers la petite salle où était stocké l'équipement et revint avec un marqueur noir. En prenant la pancarte, il inscrivit le nom qu'il avait choisit pour son cheval. Titan.


Draco erra dans la ville, sourd au bruit bourdonnant tout autour de lui. Il marchait droit dans son costume marron à chemise beige. La ligne de ses épaules était tendue et il pouvait sentir le sang battre furieusement dans ses veines. Marcus lui avait transmit son irritation. C'était toujours pareil quand le brun était à deux doigts de craquer, il fallait qu'il partage toute sa rancœur avec les autres, en les mettant en colère pour d'autres raison, mais ça revenait toujours au même point. Il traversa la rue, passant devant une voiture qui le klaxonna et qu'il ignora superbement.

Son téléphone vibra dans sa poche et il le sortit, glissant son index pour déverrouiller l'écran tactile. Il avait une nouvelle notification de son application. Le garçon avec qui il conversait lui envoyait souvent des messages auxquels il ne répondait que rarement désormais, à cause de son emploi du temps de ministre. Il n'avait jamais rencontré Scar07, il ne savait pas non plus à quoi il ressemblait même si au fur et à mesure du temps, il s'en faisait une petite idée.

Le jeune homme voulait à tout pris le rencontrer mais Draco mettait un point d'honneur à reculer l'échéance, parce qu'il n'avait tout simplement pas le temps de se laisser aller en de pareils moments.

La veille il était allé voir Theodore-Blaise, ou Blaise-Theodore – il ne savait plus trop comment l'appeler... –. Il était totalement éreinté et n'avait même pas la force de parler. Draco avait utilisé ses pouvoirs d'Originel et était directement rentré dans sa tête pour lui parler. Ils avaient eu une courte conversation car le Noir était fatigué mais Blaise lui avait transmit l'image de l'entrepôt vers lequel il se dirigeait à grand pas. Blaise lui avait aussi donné la poignée de cheveux qu'il avait arraché à Theodore, insistant quand même pour qu'il fasse un tour à l'entrepôt. Il ne risquait pas d'y croiser la voyageuse ni Pansy car ils avaient quitté la ville pour sillonner la campagne à la recherche d'Oliver. Il trouva l'entrepôt désert et sale ; tout ce dont il avait horreur. Les mains dans les poches de son costume, il n'eut aucune difficulté à entrer et il laissa son regard courir sur les étagères. C'était déjà plus que ce qu'ils avaient avant, mais terriblement peu considérant le danger qui les menaçait tous. L'endroit appartenait à Theodore à la base mais la voyageuse pouvait y avoir laissé quelques affaires à elle. Le regard acier de Draco dériva sur les étagères remplies d'objets divers. Il attrapa quelques grimoires mais il n'y avait rien d'intéressant dedans, que des descriptions des créatures magiques dont la plupart étaient fausses.

En se rapprochant du fond de l'allée, il capta une odeur qu'il connaissait bien. Sa tête se tourna lentement vers un objet couvert d'un bâche blanche. Il sentit ses pupilles se dilater et un picotement familier parcourir sa mâchoire en reconnaissant l'odeur du sang. Et pas n'importe lequel, celui d'Oliver, d'après l'odeur enivrante et un soupçon piquante. Il souleva la bâche. L'odeur était bien là mais il n'y avait aucune trace de sang présente. Draco sentit une pointe d'agacement naitre en lui car l'odeur venait bel et bien du bénitier alors s'il ne voyait pas d'où elle venait, c'était parce qu'elle était cachée à sa vue. Pourtant son corps ne ressentait aucune vibration magique pour le moment, tout était calme autour de lui. Il se retourna quand l'odeur sembla provenir d'ailleurs. Elle se déplaçait ? Impossible...

Draco resta sur ses réserves, ses yeux plissés sur un miroir brisé suspendu à une des étagères. Il lui sembla un moment que le regard s'y reflétant n'était pas le sien. Il battit des paupières plusieurs fois et une vive douleur s'installa dans son crâne. Son corps se plia en deux, sa bouche ouverte en un cri muet alors qu'il sentait une intrusion en lui. Sa mère lui avait apprit à fermer son esprit et c'est ce qu'il fit immédiatement. La sensation disparu et il respira à nouveau convenablement. Il recula jusqu'au bénitier de pierre et s'appuya contre lui, ses yeux fouillant l'entrepôt désert. Il sentit comme deux mains pressées sur ses épaules, une présence contre lui. Un bourdonnement parvint à ses oreilles, comme plusieurs chuchotement en écho, mais ils provenaient de la même voix.

- Tu résistes aux intrusions mentales. Je n'avais pas le choix car le temps presse pour moi, lança une voix qu'il mit un moment à reconnaitre. Mon esprit s'affaiblit si loin de mon corps.

- Tu es Theodore Nott. Le vrai, répondit Draco encore déboussolé.

- Je le jure sur la Terre-Mère.

Draco hocha la tête. Aucun esprit ne pouvait mentir en jurant sur la Terre-Mère. La voix de Theodore était basse, comme soufflée à son oreille.

- Je n'ai que peu de temps. La voyageuse reviendra ici, et elle cherche une arme que je cache depuis plus de deux semaines. Je vais te la révéler mais il faudra que tu l'emportes et qu'elle ne puisse jamais la retrouver. Il s'agit de la dague avec laquelle elle prélevait le sang d'Oliver. Si elle utilise cette arme sur la poupée vaudou, Oliver et ton frère n'auront aucune chance de survie. Laisse-moi ton corps pour une minute à peine, je repartirai aussitôt.

Draco hocha de nouveau la tête ; le message était clair. La présence invisible contre lui se fit moins pressante. Ce n'était pas physique, Draco savait que c'était son propre esprit qui percevait la proximité de celui de Theodore. Il abaissa lentement ses barrière mentales et sentit le sorcier couler en lui. Theodore ne chercha pas à le chasser de son corps, il le commanda avec lui. Draco vit sa vision se troubler un instant, puis elle fut comme plus nette. Il remarqua des dizaines d'objets supplémentaires sur les étagères, comme s'ils venaient d'apparaitre. Draco compris que Theodore avait ensorcelé son entrepôt afin que lui seul puisse trouver certains artefacts importants. Ou dangereux, se dit aussi Draco en apercevant une boite noire qui semblait suinter de malice. Theodore le fit pivoter face au bénitier dans lequel se tenait un couteau à la lame légèrement incurvée. La poignée était d'un rouge sombre et la lame argentée était dangereusement acérée et polie. Elle brillait et semblait faite de fumée mais quand Draco la saisit, elle était aussi froide que n'importe quelle autre arme.

L'esprit de Theodore se détacha lentement et Draco capta sa présence invisible contre lui. Les étranges objets sur les étagères avaient de nouveau disparu, confirmant l'hypothèse de Draco.

- Tu l'as touchée grâce à moi. La lame t'obéiras et tu seras le seul à la voir mais sa présence peut être détectée par Lavande car le sang d'Oliver l'imprègne et elle le sentira, surtout si elle possède un corps de vampire. Tu dois absolument la cacher. Cette lame est extrêmement dangereuse pour vous tous. Ne touches jamais la lame.

- Je le jure sur la Terre-Mère.

- Je t'en remercie.

La tête de Draco tourna un moment et la sensation contre lui disparu totalement. Draco leva le bras et fixa la lame argentée. C'était un objet qui émettait des vibrations malsaines, encore plus que le pieu en chêne blanc que Marcus avait caché. En faisant tourner la lame, le blond remarqua un reflet du même bordeaux que la garde de l'arme. Theodore lui avait dit de ne pas toucher la lame mais il n'avait rien pour la transporter. Son regard se posa sur la bâche qu'il entreprit de déchirer avec la lame. Il s'était attendu à ce que déchirer le tissu ne soit pas simple, mais la lame le découpa comme si c'était du beurre, avec une précision et une facilité qui firent rapidement comprendre à Draco à quel point elle était dangereuse. Il l'enveloppa dans le tissu et la cala contre lui, dans la doublure interne de sa veste et quitta l'entrepôt en vitesse, sachant déjà où il allait la cacher.


Lavande était sur le point de jubiler. Le corps qu'elle avait emprunté était bloqué à la magie mais il possédait une force appréciable et une robustesse à toute épreuve. L'Originelle n'avait même pas vu le coup venir. Ils fouillaient aux alentours du fleuve quand elle l'avait attrapée et plaquée contre le mur de brique, sous un pont qui enjambait le Mississippi. De loin, les passants avaient du croire à un élan amoureux, mais elle en avait profité pour lui enfoncer un pieu en bois dans le coeur. La vampire brune s'était tout de suite évanouie et Lavande avait attendu un moment avant de disparaitre pour rentrer au fort. La demeure était vide de présence et le moment était idéal pour mettre son plan en action. Ses mains noires tenaient la poupée vaudou. Il lui fallait une arme magique pour pouvoir l'endommager, ou un élément naturel tel que l'eau, le feu ou même la terre. Le feu était trop imprévisible et si cela échouait, elle ne pourrait plus réutiliser la poupée par la suite. La terre était trop longue à agir. Un sourire étira les lèvres du corps qu'elle possédait et elle se dirigea vers la cuisine d'un pas léger.

Après avoir fouillé un moment, elle sortit une casserole et se mit à siffloter un air enfantin.


Oliver était assez heureux, d'une certaine manière. Son enthousiasme était remonté en flèche mais il gardait tout de même en tête qu'il n'était pas en vacances. Draco était passé le matin pour leur faire part des évènements au fort et Ron parlait souvent des tensions parmi les voyageurs. Quand Cedric partait travailler à mi-temps, Oliver passait ses journées avec Harry et Ron, puis il rejoignait Cedric le soir, dans son lit. Oliver avait trouvé un moyen de s'occuper tout en étant utile au clan qui l'accueillait. Cela faisait deux jours qu'il s'entrainait à pécher avec Ron et Harry.

Le brun à lunettes était très calme et très discret sur sa vie privée mais il passait souvent son temps sur son téléphone. Oliver savait qu'il faisait un compte-rendu régulier à Draco, mais il pensait qu'il n'y avait pas que ça. Draco était très détendu avec lui, presque naturel et souvent souriant. Harry restait méfiant mais il lui arrivait aussi de plaisanter avec lui, bien que son humour ne soit pas aussi fin que celui de l'Originel. Oliver ne savait pas trop ce qu'ils se disaient, parce qu'ils discutaient souvent à part. Ces deux derniers jours, Draco avait perdu son sourire et sa mine grave laissait entendre que tout ne se passait pas très bien au fort. A ce qu'il avait compris, la sorcière qui l'avait sauvé de Theodore s'était enfuie.

Oliver s'essuya le front d'un revers de main. Cela faisait une heure qu'il pêchait aux abords du cabanon de Cedric avec Ron et Harry et rien ne mordait vraiment. Pour un début d'après-midi, la chaleur était assez supportable, à l'abri des arbres mais il avait quand même opté pour une tenue légère : un débardeur noir, un pantacourt beige et une paire de tongs, car la pêche ne demandait pas une tenue très sophistiquée. A côté de lui, Ron était carrément torse nu, son jean retroussé au niveau de ses genoux pour laisser ses pieds tremper dans l'eau. Harry portait une de ses inséparables chemise à carreau marron et rouge qu'il avait également ouverte. Il était assit en tailleur, pieds nus, mâchant un chewing-gum tout en fixant l'horizon.

- Sinon, comment s'organise la vie dans le bayou ? demanda finalement Oliver pour rompre le silence.

- En général ? Comme dans toutes les villes, répondit Harry en s'étirant. Les jeunes vont à l'université ou au travail, les gosses sont scolarisés. On est pas des hommes sauvages, si c'est ce que tu veux savoir.

- J'ai jamais pensé ça, sourit Oliver en quittant finalement ses chaussures pour imiter Ron. (Il soupira de bien-être au contact de l'eau) Mais pourquoi le bayou ?

- C'est plus calme comme endroit. Toutes les nuits de pleines lunes, les loups porteurs de la malédiction se transforment, et ils sont parfois incontrôlables. Ils savent qui ils sont et qui sont les autres, mais l'instinct animal prend souvent le dessus. C'est comme ça qu'il y a des combats pour élire de nouveaux Alphas. Ce serait dangereux pour les autres humains si ça se passait en ville. Et depuis les querelles avec les vampires, c'est plus simple pour nous, et on a notre territoire.

Ron s'étira à son tour, faisant bouger ses pieds dans l'eau. Oliver sourit et se retint de rire. C'était sûrement à cause de ces mouvements que rien ne mordait depuis un moment, mais l'activité restait reposante malgré tout.

- Depuis combien de temps dure cette guerre froide ? demanda le roux après un moment.

- Elle a commencé depuis un plus de vingt-deux ans, répondit Harry.

- Comment ça se fait que ce soit aussi long ? interrogea Oliver, curieux.

Harry haussa les épaules.

- Ici, on dit que c'est un sorcier qui a initié la querelle en tuant un vampire en se faisant passer pour un loup. Son but était que les espèces s'entretuent mais c'est resté en guerre froide, comme tu dis. Après, la version change selon les clans et les opposants. On sait pas vraiment, finit Harry en haussant les épaules.

Ron s'étira à nouveau, et Oliver s'éventa avec ses mains. Un goutte de sueur ruissela le long de sa nuque.

- Putain j'ai vraiment chaud, là.

Harry se tourna vers lui, un sourire amusé éclairant son visage.

- Tu supportes pas la chaleur ? Pourtant les températures sont loin d'être maximales.

Oliver lui fit une grimace en quittant son débardeur qu'il roula en boule et jeta vers les marches de la cabane.

- Non sérieux, je tiens la chaleur d'habitude, mais là je sais pas.

- C'est vrai que tu transpires pas mal de puis tout à l'heure, releva Ron.

- Si tu parles de l'odeur, je t'emmerdes.

- Non, je parles pas de ça, se justifia Ron. Mais je te vois t'essuyer le front depuis un moment.

Oliver se leva.

- Je crois que je vais prendre une douche pour me rafraichir, lança-t-il en rentrant dans la cabane.

Harry le suivit du regard et Ron haussa les épaules en s'allongeant sur le dos pour profiter d'une brise fraiche.

Oliver quitta rapidement son bermuda et son boxer et se glissa sans préparation sous le jet froid de la douche. Il commençait à transpirer de plus en plus, c'était la première fois que ça lui arrivait. L'eau glacée lui provoqua la chair de poule mais c'était dérisoire comparé au bien que ça lui procurait. Il en profita pour se relaver au passage et quitta la douche un quart d'heure après, un peu plus frais. Il se rhabilla en ne mettant que son boxer et son bermuda et il partit chercher une bouteille d'eau fraiche qu'il bu avidement. Quand il retourna avec les deux garçons, il avait à nouveau chaud.

- La vache t'es rouge, mon gars ! lança Ron.

- Ça doit être le choc thermique, j'ai pris une douche glacée, répondit Oliver en se rasseyant auprès d'eux.

Il sentait sa gorge s'assécher et une goutte de sueur ruissela à nouveau sur sa nuque. Harry fronça les sourcil et lui toucha le bras avant de ramener sa propre main contre lui, comme s'il s'était brûlé.

- Putain mais t'es bouillant ! T'es sûr que ça va ?

- T'as tes chaleurs ? plaisanta Ron.

- Déconnes pas avec ça, rit quand même Harry. Les loups dominants sont en pleines périodes en plus.

Oliver sourit malgré lui et se retint de dire que c'était en effet le cas avec Cedric. En fait, ça lui faisait vraiment bizarre, toute cette histoire.

- Ouais, mais moi je suis pas un loup, dit-il quand même. Et je vous jure que je me sens pas bien du tout...

Harry scruta son visage et fronça les sourcils. Les joues d'Oliver étaient écarlates et ses yeux devenaient fiévreux. Même sa peau était brûlante, comme s'il avait attrapé un grand coup de chaud mais il n'avait pas été exposé au soleil, donc l'insolation était à écarter. Ron lui conseilla de rentrer au frais dans la cabane de Cedric et quand Oliver se leva, Harry l'imita à son tour quand il le vit tanguer dangereusement suite à un vertige. Ron bondit aussi vite pour le soutenir et le guida à la chambre alors que l'Alpha appelait Draco en urgence.

Ron soutint le châtain et l'aida à s'allonger. Il fila dans la salle de bain et revint avec une serviette trempée qu'il posa sur Oliver. Il s'assit à côté de lui et posa sa main sur son front. Il était brûlant et il ne transpirait plus, ce qui devenait inquiétant car son corps ne pouvait plus se réguler.

- Harry, ça va pas mieux ici ! lança-t-il au brun toujours au téléphone.

L'Alpha hocha la tête, attendant toujours que Draco décroche. Dès qu'il entendit sa voix, il raconta tout d'une traite, sans souffler entre temps.

- Une insolation ? suggéra Draco, une pointe d'inquiétude dans la voix.

- On sait pas trop, c'est arrivé très vite. Il se plaignait d'avoir chaud et en l'espace de même pas une demi-heure il a eut un vertige et on arrive pas à faire redescendre sa température.

Il y eut un court silence, mais Harry eut l'impression d'être resté en apnée jusqu'à ce que Draco parle de nouveau.

- Alors c'est magique. La voyageuse a dû passer à l'action. Empêchez-le de se déshydrater. Faites-le boire autant que possible, mettez-le dans la douche. S'il s'endort, réveillez-le. Vous devez impérativement le maintenir éveillé parce qu'il risque de faire un coma. J'envoie Pansy vous aider.

- Tu crois que ce sera suffisant pour lui ?

- Il est lié à Marcus. S'il a ses capacités, il résistera un bon moment mais surtout, empêchez-le de s'endormir. On part sur le principe d'une insolation, d'accord, faites ce qu'il faut pour le maintenir conscient et hydraté. Qu'il mange léger, mais qu'il mange. Appelles-moi à nouveau si ça s'aggrave.

Harry ne put rien ajouter car il raccrocha, sûrement pour agir vite. Le jeune Alpha rangea son téléphone dans la poche arrière de son bermuda et se précipita vers la chambre d'Oliver. Oliver était couché sur le côté. Il était totalement écarlate, ses yeux brillaient et il tremblait.

- Son corps ne se régule plus, lança le roux. Même avec la magie j'arrive pas à baisser sa température.

- Aide-moi, Ron, on va l'amener à la douche. Oliver tu peux te lever ?

Le châtain essaya de se lever mais les vertiges le prenaient et il tremblait trop. Harry passa une main derrière ses épaules et l'aida à se diriger lentement vers la cabine de douche où il l'assit contre le mur. Ron actionna le jet d'eau glacée sur eux mais se fit vite réprimander.

- Jamais de l'eau froide ! s'exclama Harry. C'est pas bon pour son coeur, mets de l'eau tiède.

Harry resta sous la douche avec Oliver, lui parlant constamment alors que les paupières du châtain se fermaient toutes seules. A un moment, Harry fut contraint de le gifler pour être sûr qu'il ne s'endormait pas.

- Ron, il a la langue sèche, tu peux prendre une bouteille d'eau ?

Le voyageur se précipita dans le salon pendant qu'Harry s'asseyait avec le châtain, le maintenant contre lui.

- T'endors pas, ok ?

Oliver essaya de murmurer une parole incompréhensible. Harry surveilla son pouls et l'aida à boire quand Ron revint avec la bouteille d'eau. Le brun se débarrassa de ses lunettes pleines de gouttes d'eau et secoua sa chevelure trempée pour dégager les mèches qui lui tombaient dans les yeux. Il envoya le roux attendre Pansy dehors, continuant de parler pour maintenir Oliver conscient et le faire boire.


Pansy ne répondait toujours pas et Draco était trop loin du bayou. Au choix, soit il fonçait vers le fort où il était sûr de trouver la voyageuse, soit il allait au bayou pour aider Oliver, mais il prenait le risque de laisser Lavande aller jusqu'au bout de sa manœuvre. Il réfléchit à toute allure, pesant le pour et le contre. Il venait de cacher le couteau ensorcelé et quittait juste le cimetière quand Harry l'avait appelé.

Ses doigts fins composèrent rapidement le numéro de Marcus qui était aussi injoignable, alors il lui laissa un message. Il fut tenté de broyer son téléphone dans sa main mais il se contenta de pincer les lèvres. En un coup de vent, il prit la direction du fort, priant pour que son choix soit le bon.


Ron était tendu au possible. Il commençait à faire les cent pas sur le perron du cabanon et passait régulièrement ses mains dans ses cheveux. Il détestait se sentir inutile, surtout dans ce genre de situation où sa magie était impuissante. Quelque chose était en train de tuer Oliver mais il n'arrivait pas à savoir quoi, ni comment c'était possible. Il n'y avait aucun sorcier dans les environs alors comment Oliver se transformait-il en poulet rôti ? Il se tendit en observant du mouvement entre les arbres. C'était une silhouette noire qui bougeait rapidement. Ron se prépara et tendit une main, un sort prêt à jaillir de ses lèvres. Quand un coup de vent brusque se rapprocha, il commença à incanter rapidement mais une main puissante se saisit de son cou et il se retrouva en un battement de cil plaqué contre le mur extérieur du cabanon, à trente centimètres du sol. Il commença à s'agiter, ses mains griffant le poignet de Marcus qui le fixait de ses yeux jaunes. Ron pouvait sentir sa peau brûlante et voir ses joues rouges et ses yeux brillants.

- Tu attendais quelqu'un peut-être ? siffla Marcus.

- Je suis désolé, s'exclama Ron, son visage rougissant aussi comme il étouffait. Je croyais que c'était quelqu'un qui voulait nous menacer...

- Où est Oliver ? demanda immédiatement Marcus en le lâchant Ron alors que ses yeux reprenaient leur teinte noire habituelle.

- Dans la douche avec Harry. Il...

Ron ne put terminer sa phrase car Marcus ouvrit en grand la porte et se retrouva heurté à une barrière invisible. Ron eut un mouvement de la main pour l'inviter à entrer et Marcus fila en un coup de vent dans la salle de bain. Les deux jeunes hommes étaient assis dans la douche, le jet sur eux. Oliver était à peine conscient contre Harry.

- Toi, fit-il en pointant Harry du doigt. Dégages. Je reste avec lui.

- Même pas en rêve. Draco m'a dit de rester avec lui.

- Oui mais maintenant je suis là, alors casses-toi. Je le répèterai pas, menaça Marcus.

Harry lui lança un regard noir et s'exécuta, quittant la douche en essorant son short ruisselant. Marcus retira rapidement sa chemise noire et ses chaussures pus entra dans la cabine à son tour. Il prit le visage d'Oliver qu'il maintint à sa hauteur. Le jeune humain était dans un état pire que le sien. Il s'agenouilla face à lui et l'aida à boire.

- Wood, commença-t-il d'une voix calme et mesurée. Restes avec moi. Si tu me clamses dans les bras, je te tues, tu as pigé ?

Il le regardait sérieusement mais sa phrase arracha un sourire fatigué à Oliver. Marcus fut même sûr d'avoir entendu un léger "sale con". Le brun retira sa chemise noire et ses chaussures et se glissa avec lui dans la douche. Il en profita pour boire aussi car il commençait à avoir des vertiges et un mal de tête pointait dans son crâne. L'eau coulait toujours régulièrement sur eux mais Marcus sentait la fatigue et la chaleur augmenter. Oliver était au bord du malaise mais il posa une main sur son épaule et le serra fermement, comme s'il l'ancrait avec lui.

- Restes avec moi, continua Marcus, sa voix calme mais puissante couvrant le bruit du jet d'eau.

Oliver commença à convulser juste après et Marcus sentit que la situation s'aggravait en crescendo alors il changea de position et s'adossa contre le mur de la douche, les jambes écartées. Il attrapa Oliver qu'il mit dans la même position entre ses cuisses et enserra contre lui. Il sentait le dos du jeune homme trembler contre son torse mais il passa un bras autour de lui pour le maintenir. Une nausée secoua le châtain et Marcus se redressa pour le pencher en avant avec lui. Oliver s'agrippa à ses mollets quand il fut saisit par un autre haut-le-cœur. Marcus lui saisit le menton et lui ouvrit la bouche. Il y glissa deux doigts et se retint de grimacer quand le jeune homme le mordit sans faire exprès, suite à une nouvelle nausée.

- Vomis si tu veux, mais n'avales pas ta langue, tu m'entends ? murmura Marcus, faisant un effort surhumain pour garder sa voix contrôlée et stable. Je suis avec toi, ça va aller.

Oliver était en proie à la panique, comme dans le caveau. Marcus savait qu'il avait besoin d'être rassuré. Dans cette position, il montrait qu'il le protégeait et gardait un contact physique avec lui. Le jeune homme ne devait pas se sentir abandonné. Marcus resserra sa prise quand Oliver fut secoué en avant.

- Vais... mourir, laissa échapper Oliver, gêné par les doigts de Marcus dans sa bouche.

- Tais-toi, répondit l'autre en lui attrapant la langue quand il convulsa à nouveau. (Il eut une grimace quand les yeux d'Oliver se révulsèrent un instant) Tu vas pas mourir parce qu'on va résister jusqu'au bout. Y a pas que toi là, il y a moi aussi. Je suis résistant, ça va aller, mais on doit résister ensemble. Aucun de nous deux n'a le droit de flancher, tu m'entends ?

Oliver ne répondit pas et ne bougea pas, mais Marcus savait qu'il avait compris. Il sentit l'humain se blottir un peu plus contre son torse et resserrer sa prise sur ses mollets. Le sang semblait cogner dans son crâne alors que sa tête le lançait atrocement. La chaleur en eux semblait grimper encore plus, si c'était possible et le jet d'eau ne parvenait plus à les rafraichir. Leur position collé l'un à l'autre n'arrangeait pas les choses mais Marcus savait que ce serait pire s'il lâchait Oliver, car il ferait vraiment une crise de panique. Tant que l'hybride n'était pas sûr qu'il n'avalerait pas sa langue, il préférait le garder contre lui. En attendant, Oliver convulsait trop et c'était en général les signes avant-coureurs d'un évanouissement dû aux coups de chaleurs.

Marcus lui caressa le ventre pour le détendre, le maintenant collé à lui. Oliver avait la tête penché en avant entre ses jambes écartées, et Marcus posa son menton sur son épaule droite. Il lui parlait toujours régulièrement et secouait Oliver quand il sentait qu'il commençait à partir. Lui-même se sentait de plus en plus mal, il avait l'impression que son crâne allait exploser. Mais la rage qu'il ressentait envers la voyageuse le maintenait éveillé.

Il était en train de monter un autre cheval quand le coup de chaud s'était manifesté chez lui. D'ordinaire, il supportait assez bien les températures extrêmes mais le mal de tête avait suivi ainsi que les premiers vertiges. Il s'était tout de suite arrêté et, en ramenant le cheval à son box, il avait vu l'appel manqué de Draco et s'était dirigé vers le bayou immédiatement après avoir écouté le message. Pansy n'était toujours pas là et comme elle faisait équipe avec la voyageuse, elle avait dû être neutralisée juste avant. Marcus espérait que Draco allait trouver un moyen de stopper cette chienne.


Draco rentra au fort avec Adrian qu'il récupéré en chemin. Même si ce dernier était en froid avec Marcus, il avait comprit l'urgence. Sa haine envers lui était forte, mais il ne méritait pas de mourir pour autant. Enfin, tant qu'à faire, Adrian préférait qu'il souffre de sa propre main. Draco rappela leur plan une dernière fois et, les grilles passées, il se dirigea immédiatement vers le petit salon alors qu'Adrian prenait le chemin de la cave. Blaise-Lavande était assit sur le canapé, les jambes croisées en train de lire un livre, adossé nonchalamment contre les oreillers. Draco resta naturel bien que ses yeux balayaient la pièce à la recherche de la poupée vaudou. Il était sûr à cent pour cent que c'était de là que venait le coup de chaleur d'Oliver et Marcus. Cependant, il n'y avait aucune trace de l'immonde fétiche. La pièce était silencieuse et Blaise-Lavande leva la tête vers lui, fermant son livre.

- Tu cherches quelque chose ?

Draco haussa les épaules, éludant que Pansy ne répondait pas et qu'il s'inquiétait. Le Noir leva un sourcil, répondant qu'ils s'étaient séparés pour couvrir plus de territoire en cherchant Oliver. Draco l'insulta dans son esprit ; cette salope mentait trop bien. Il mit les mains dans les poches et ne manqua pas la façon dont le regard de l'autre changea quand il se dirigea vers la cuisine pour aller chercher une pochette de sang au frigo. Il remarqua qu'une casserole était en train de bouillir sur le feu.

- Tu fais une tisane ? demanda Draco, de dos mais avec un regard méfiant vers le récipient.

- Oh, répondit l'autre en le scrutant. Oui, j'en avais envie.

Draco le vit se lever dans le reflet d'une louche qu'il avait face à lui. Il laissa tomber son projet de se nourrir et il se dirigea vers la casserole qui fumait. Quand sa main se tendit pour ôter le couvercle, un courant d'air dans son dos le fit se retourner immédiatement, mais pas assez vite. Blaise-Lavande l'envoya voltiger à l'autre bout de la cuisine d'un coup de poing dans le ventre. Draco se redressa vite et haussa la voix pour appeler Adrian.

En attendant, la manière dont la voyageuse protégeait la casserole laissait entendre qu'elle était bel et bien en train d'ébouillanter la poupée vaudou. Draco avait la nausée, c'était vraiment horrible comme méthode. Blaise possédait une musculature assez développée à la base mais Draco remarqua qu'elle ne semblait pas être totalement à l'aise dans son corps car ses gestes étaient souvent incontrôlés. Le vampire Originel la fixa d'un regard noir et bougea rapidement mais le corps vampire face à lui l'était aussi alors il ne réussi pas à l'éloigner suffisamment de la casserole. Adrian arrive vite, tenant ce qui ressemblait à une poche mauve reliée à une perfusion. Draco se tourna vers lui.

- La casserole ! lança-t-il à son cadet.

Le regard d'Adrian se posa immédiatement sur le récipient, mais Blaise-Lavande le vit et recula devant les plaques à induction pour les cacher. Sans regarder, elle monta la température à fond et ouvrit un tiroir duquel elle sortit un long couteau. Draco recula au niveau d'Adrian, les mains derrière le dos. Son cadet lui glissa un pieu en bois dans les mains avant de bondir sur le Noir. D'un geste calculé, et avant que l'autre ne puisse esquisser le moindre geste, il sortit un flacon de parfum de la poche de sa veste et le vaporisa sur le visage du vampire noir. Blaise-Lavande hurla en portant les mains sur ses yeux et ses joues, la verveine lui brûlant la peau. Draco en profita pour lui enfoncer le pieu en bois dans le ventre mais dans un dernier geste, elle lui enfonça aussi le couteau jusqu'à la garde dans l'abdomen. Draco siffla de douleur, sa chemise se teintant rapidement mais il enfonça plus profondément le pieu en bois, arrachant un autre cri à la voyeuse. Il n'avait pas touché le coeur pour ne pas détruire le corps de Blaise, mais le bois l'affaiblirait considérablement. La voyageuse s'écroula au sol, une main essayant de retirer l'arme. Adrian lui brisa directement la nuque, et elle cessa de bouger. Draco retira le couteau d'un mouvement sec en sifflant de douleur. Le picotement de la cicatrisation se fit ressentir. Il devait vraiment se nourrir, par ailleurs.

- Blaise va nous tuer, commenta Adrian en ramenant la poche mauve qu'il avait amené. On a massacré son corps...

- La fin justifie les moyens, répondit l'ainé. Avec un peu de chance, son corps sera déjà régénéré quand il le retrouvera.

Draco vida la casserole dans l'évier et siffla quand la poupée lui brûla les doigts puis il ouvrit le frigo et prit une poche de sang qu'il vida d'un trait. Un soupir de bien-être l'envahit alors qu'il sentait l'énergie se propager dans ses veines et sa soif s'atténuer.

Après un moment d'hésitation, Draco mit la poupée vaudou dans le frigo. Le frais devrait l'aider à faire baisser la température de Marcus et Oliver rapidement. Il appela directement Harry pendant qu'Adrian installait la perfusion sur le corps de Blaise. La verveine mélangée au sang permettrait de garder la voyageuse affaiblie tout en maintenant le corps en bon état, le temps que la fratrie trouve un ou une sorcière pour remettre Blaise dans son corps d'origine. Une fois la perfusion bien installée, Adrian hissa le corps sur son épaule et alla le descendre dans la cave maudite où était le corps du sorcier mais il l'installa à l'opposé. De toute façon, elle serait trop faible pour bouger, mais ils préféraient limiter les dégâts, sachant que le risque zéro n'existait pas dans ce cas.

Après avoir rassuré Harry, Draco lui dit qu'il passerait le voir plus tard pour voir comment allait Oliver, et peut-être le rappeler. Il sorti la poupée vaudou du frigo et la passa sous l'eau froide pour accélérer son retour à une température normale. Il avait pensé un moment la mettre directement dans le congélateur, mais il préférait ne pas trouver deux blocs de glace humanoïdes plus tard, alors il resta un moment à rincer la poupée dans l'évier avant de la mettre dans sa poche. Il fit un détour à la cave et attrapa deux pochettes de sang, avant de partir en direction du bayou.


Quand Oliver se calma enfin, Marcus retira ses doigts de sa bouche et se laissa aller contre le mur. Il secoua sa tête aux cheveux trempés mais laissa quand même le jet continuer de les arroser. Tant pis pour Diggory, il paierait sa facture d'eau pour lui s'il le fallait.

Oliver hésita un moment entre rester assit entre les jambes de l'hybride ou se laisser aller lui aussi. Il était trop épuisé pour bouger et il avait horriblement mal à la tête. Sa gorge et sa bouche étaient sèche et il n'avait toujours pas envie d'aller aux toilettes, même après avoir bu plusieurs bouteilles d'eau. Il avait encore horriblement chaud mais les convulsions étaient parties petit à petit. Oliver ne savait pas si c'était parce qu'il savait que Marcus prenait soin de lui ou parce que son corps avait réussi à surpasser cette étape. Pourtant, hormis les convulsions, il se sentait toujours aussi mal et son corps était lourd. Il résista à l'envie de se laisser contre l'hybride derrière lui. Pourtant, c'était si simple, il avait juste à se laisser tomber arrière et s'appuyer contre lui. Intérieurement, il avait terriblement envie mais son orgueil lui soufflait qu'il le regretterait s'il avait ce geste de faiblesse envers Marcus. Il gardait en tête les évènements dans le caveau et comment l'hybride l'avait manipulé. Oliver se mordit la lèvre inférieure. Il avait vraiment envie de croire que la façon dont il l'avait prit contre lui dans le caveau était parce qu'il se souciait sincèrement de lui. Il avait envie de croire que si Marcus était venu tout à l'heure et l'avait à nouveau prit contre lui, c'était aussi par inquiétude. Une autre partie de lui lui soufflait que l'hybride n'était qu'un égoïste, incapable de compassion. Mais alors pourquoi il avait été si attentionné ? Il l'avait même empêché de s'étouffer avec sa propre langue. Il ferma les yeux obstinément et s'il n'était pas déjà écarlate, Oliver aurait sûrement rougit au souvenir des doigts de Marcus dans sa bouche. Il ne devait pas y penser. D'ailleurs, pourquoi y pensait-il ? La chaleur devait le faire halluciner...

Alors il choisit de rester assit, restant tout de même entre les jambes de Marcus parce que le contact le rassurait. Marcus était la personne qu'il craignait le plus car il était imprévisible et Oliver ne se souvenait pas avoir connu une personne aussi dangereuse et violente, mais le fait de savoir que c'était justement cet être dangereux qui le protégeait suffisait à le rassurer. Oliver était sûr qu'il valait mieux avoir l'hybride dans son camps que dans celui de ses ennemis. Et voilà qu'il divaguait encore... Tiens, d'ailleurs, où était Davin ? Il était toujours présent quand il était en danger, mais il ne se manifestait pas quand Marcus était avec lui, comme dans le caveau. Il faisait confiance à Marcus, alors ? Peut-être que si un esprit faisait confiance au brun, il devait le faire aussi ? Non, Oliver était trop résigné. Sa vue se troubla et son mal de tête s'accentua. Il se sentit partir en avant mais un bras passa autour de son torse et le ramena contre celui, musclé, de Marcus.

- Non, non, non. Tu restes avec moi, Wood. Ne t'endors pas. Je sais que c'est tentant, mais ne ferme pas les yeux.

- Je suis fatigué, gémit l'autre. J'en peux plus... j'ai mal...

Marcus ne répondit pas, lui aussi était à bout de force. Il se redressa, maintenant Oliver contre lui. Le jeune homme se laissait tellement aller qu'il avait l'impression de tenir une poupée inanimée dans ses bras. Il haussa la voix et appela Harry. Son ouïe avait identifié sa présence aux alentours de la salle de bain. Comme il l'avait espéré, le brun à lunettes entra rapidement dans la salle. Ses cheveux étaient encore trempés ainsi que son short et ivit un de ses sourcils se lever à la vue de leur position, mais il prit la sage décision de ne pas le relever.

- Il me faut du sang, lança Marcus. Je peux tenir plus longtemps si c'est du sang humain, de préférence.

Malgré les mèches brune humides collant à son front, Marcus put lire une méfiance justifiée derrière les lunettes rondes. Le regard de l'Alpha passa rapidement d'Oliver à Marcus.

- N'importe quel sang ? demanda-t-il.

- Je suis un hybride, rappela Marcus, un pointe d'exaspération dans la voix. Je supporte aussi celui des loups.

Harry hocha la tête et s'approcha de la douche. Il se mit accroupit et tendit son poignet au brun qui le saisit. L'Alpha s'était attendu à ce qu'il lui demande s'il était vraiment sûr, mais il vit les yeux sombres virer au jaune-doré. Ses lèvres s'ouvrirent et Harry tourna la tête en voyant les longues dents pousser. Il ne voulait pas voir ça, il détestait assez les prises de sang à la base. Puis il trouvait les dents des vampires juste contre nature. Il serra son autre poignet quand la douleur l'envahit suite à la morsure. Marcus bu sans remords mais le relâcha pus vite que ce à quoi s'était attendu Harry.

- Ce sera suffisant ? demanda-t-il pendant que l'autre se léchait les lèvres.

- Ça suffira jusqu'à ce que Draco arrive. Je l'entends.

L'Alpha hocha la tête en se détournant et quitta la pièce pour rejoindre l'entrée. Draco fit son apparition entre les arbres, tenant deux poches écarlates dans la main. Harry se décala en l'invitant à entrer, ses yeux écarquillés fixant la large tache écarlate sur la chemise de l'Originel. Il lui indiqua le chemin de la salle de bain, où Draco leva un superbe sourcil pâle en voyant Marcus enlacer Oliver.

Le brun releva la tête, ses yeux fixé sur les pochettes de sang que lui lança Draco. Malgré sa fatigue, Marcus l'attrapa vivement et la déboucha, en avalant le contenu avec avidité. Il demanda ce qu'il s'était passé à Draco avant d'entamer la deuxième pochette, qu'il prit le temps de savourer cette fois. Oliver était immobile contre lui, mais Draco perçu ses battements de coeurs réguliers et il comprit qu'il était juste endormit.

- La voyageuse a essayé de vous ébouillanter vivants. Elle s'est trouvé seule dans la maison et a mit la poupée vaudou dans une casserole qu'elle a fait chauffer petit à petit.

- Vous l'avez anéantie ?

- Adrian lui a mis la perfusion de verveine et de sang. Il l'a déposée avec le corps de Theodore en attendant qu'on les intervertisse. Tu te sens mieux ?

Marcus grogna qu'il avait mal au crâne et encore chaud. Quand il remua pour se redresser, la tête d'Oliver roula sur son épaule. Draco lui demanda s'il se sentait de bouger pour rentrer au fort et le brun répondit qu'il allait attendre d'avoir récupéré toutes ses forces avant de ramener Oliver avec lui.

- Bien je te retrouve au fort, répondit le blond en quittant la pièce après un dernier coup d'œil aux deux hommes.

- Un commentaire sur ça et je te casses les dents, siffla Marcus.

Draco ricana dans le couloir et Marcus le traita de connard. Le blond s'apprêta à repartir quand il vit la trace de morsure sur le poignet de Harry qui discutait avec Ron sur le porche. Le voyageur examinait la blessure d'un air soucieux. Draco s'approcha et Ron s'éloigna en lui lançant un regard noir. Draco se plaça face à Harry et lui prit délicatement le poignet. Il lui lança un regard interrogateur.

- Ton frère avait besoin de sang pour tenir. Il m'en a pas pris beaucoup, ajouta-t-il.

Draco verrouilla ses yeux perlés dans ceux du brun qui esquissa un sourire gêné. Il n'était pas habitué au regard droit de l'autre. Le blond lui lâcha le poignet et retourna dans la maison en lui faisant signe de le suivre. Il fouilla les placards de la cuisine sans gêne et saisit un verre qu'il posa sur le plan de travail. Il retroussa la manche de sa chemise à la hauteur de son coude et mordit son poignet avant de le tendre au-dessus du verre. Harry regarda les gouttes carmin perler le long du poignet blanc pour remplir le récipient. Draco attendit qu'il soit juste remplit de quelques millimètres avant de le lui tendre.

- Un prêté pour un rendu.

Il désigna la blessure.

- Ça t'aidera à guérir plus rapidement. Je sais que la cicatrisation des loups est plus longue, et les morsures de Marcus sont assez mauvaises en général, ajouta-t-il.

Harry fixait le contenu d'un air incertain.

- Et ça, ça va pas me transformer ?

- Il faudrait que tu meurs pour être en transition. Mais vu ta condition de loup, ce ne sera pas possible. Il faut plus que du sang de vampire pour faire de toi un hybride, éluda Draco, ne souhaitant pas s'attarder sur le sujet. Bois cul-sec si tu as peur du goût.

Le brun ferma les yeux et avala le contenu d'un trait, grimaçant au goût de fer qui se répandit dans sa gorge. Il n'y avait vraiment que les vampires pour pouvoir trouver ça bon...

Il s'essuya maladroitement et désigna la chemise de l'Originel.

- Toi aussi tu es blessé.

Draco lui sourit et souleva le vêtement, révélant une peau lisse et pâle sur les flancs, dépourvue de cicatrice.

- Ma cicatrisation est déjà terminée, répondit-il devant l'air abasourdi de l'autre.

Harry hocha la tête et se détourna pour laver le verre, conscient du regard sur sa nuque. Toute cette situation était bizarre, pensait-il. Il parlait avec le vampire comme s'ils se connaissaient depuis longtemps. Bien sûr, il leur arrivait souvent de se retrouver tous les deux. Draco lui faisait part de ce qu'il savait sur Barty Croupton Junior et des corps des voyageurs qu'il trouvait et Harry l'aidait à mieux comprendre la guerre entre les loups et les vampires, bien que l'Originel se doutait qu'il ne disait pas tout.

Un silence confortable s'était installé entre eux. Ron arriva pour leur dire qu'il rentrait à son campement et les laissa à nouveau. Harry s'adossa à l'évier, Draco au frigo, les bras croisés sur son torse tout en parlant, ses yeux gris le détaillant en permanence. Aucun d'eux ne chercha à partir car ils se sentaient bien ainsi. Draco tendit l'oreille quand il entendit Marcus partir, emportant Oliver avec lui. Harry s'étira et lança qu'il allait devoir y aller aussi. Draco se redressa et le suivit et, avant qu'ils atteignent la porte d'entrée, il lui saisit doucement son poignet valide et tira dessus pour tourner l'Alpha vers lui. Avant que l'autre ne puisse bouger, il se pencha légèrement et posa chastement ses lèvres sur celles du brun qui posa une main sur son épaule, sans pour autant le repousser. Quand Draco se recula, Harry saisit l'encolure de sa chemise, sans tirer dessus. Son regard fixait un point à côté de l'Originel et ses joues avaient prit une légère teinte rose. Il demanda au blond pourquoi il avait ça, chuchotant comme s'il craignait qu'on les entende, bien qu'ils soient seuls.

- Un auteur français à dit : "Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout"*, répondit simplement Draco en fixant la main qui tenait son col.

- C'est ta façon de dire merci pour avoir aidé ton frère ?

- C'est ma façon de dire beaucoup de choses. A toi de choisir la signification que tu veux donner à cette citation.

Draco vit les yeux émeraude le fixer derrière les lunettes rondes et un sourire timide étirer les lèvres pleines de son vis-à-vis.

- C'est que... J'ai déjà quelqu'un, répondit Harry, mal a l'aise.

- Officiellement ? demanda l'autre.

Harry ne manqua pas la façon dont les sourcils pâles se froncèrent légèrement.

- Disons que c'est... compliqué en ce moment.

- Ton secret sera gardé, promit le blond.

Il se pencha à nouveau en avant pour cueillir ses lèvres et le brun se laissa faire, l'attirant même contre lui. Draco laissa sa main parcourir la joue hâlée, la frôlant dans une douce caresse. Derrière ses lunettes, Harry pouvait voir les yeux perlés de Draco le dévisager, emplis de désirs. Ses lèvres étaient douces et le corps pressant contre lui était trop accueillant pour qu'il le repousse. Sa main droite était toujours accrochée au col de l'Originel, comme une invitation silencieuse à rester.

Draco se redressa en percevant du bruit plus loin. Ils quittèrent la maison de Cedric et fermèrent prudemment la porte.

- On va chez moi, murmura Harry.

- Vers où ?

- La cabane à la façade rouge, un peu plus au nord.

Draco se rapprocha et l'enlaça. Il le souleva légèrement.

- Accroches-toi, murmura le blond à son oreille.

Harry ferma les yeux. Il le sentit à peine bouger, tant c'était rapide. Il n'avait pour indication de leur mouvement que le vent dans son dos, son nez étant enfoui dans le cou du blond, respirant l'odeur de sa peau tendre. Harry se redressa de surprise quand Draco le plaqua contre la porte en bois et reprit ses activités, dévorant son cou hâlé alors que ses mains aux longs doigts mettaient un peu plus de désordre dans la chevelure rebelle de son vis-à-vis.

Harry s'arqua, collant son corps à celui du blond alors qu'il cherchait ses clés dans la poche de son bermuda. Draco posa ses mains sur ses hanches et inversa leur position de façon à se retrouver lui-même dos à la porte. Il se détacha des lèvres rosies et offrit un sourire narquois au jeune Alpha.

- Tu permets ?

Juste après il donna un violent coup de talon dans la porte qui trembla et s'ouvrit. Il suivit le mouvement, entrainant Harry avec lui.

- Je t'en ferais installer une nouvelle demain, lança-t-il en goûtant une nouvelle fois ses lèvres.

Harry se retint de rouler des yeux. Draco desserra sa prise sur ses cuisses et lui prit le poignet, l'entrainant dans la cabane jusqu'à sa chambre. Draco le coinça à nouveau contre un mur, ses mains pressant les poignets de l'autre. Le blond glissa une jambe entre celles du brun et ondula lascivement contre lui alors que sa bouche retraçait la courbe de la mâchoire de Harry. Draco l'embrassa à nouveau et Harry sentit de délicieux frissons l'envahir. Il avait l'impression de flirter avec le danger et ça l'excitait au plus haut point. Les mouvements sensuels du blond contre lui rendaient son caleçon et son bermuda trop étroits pour lui. Il sentait ses entrailles supplier pour que l'Originel continue sa progression.

Draco remua son genoux, provoquant un long geignement de la part de Harry alors qu'il mordillait ses lèvres, quémandant un passage pour sa langue. Harry se colla un peu plus. Draco lâcha ses poignets et Harry entreprit de déboutonner sa chemise.

Draco le saisit par l'arrière des cuisses et le transporta dans la chambre. Ses prunelles grises scrutèrent la pièce et il le déposa sur le lit en le faisant basculer sur le dos. Harry se tortilla pour retirer son bermuda, Draco faisant de même avec son pantalon.

Quand ils furent tout deux en boxer, le blond s'allongea sur lui, continuant ses attentions. Harry se redressa sur ses coudes, ses lèvres rosies quémandant un nouveau baiser qui lui fut accordé sans attendre. L'Originel prenait beaucoup de plaisir à découvrir la peau hâlée du bout des doigts. Sa bouche semblait attirée comme un aimant à celle de l'Alpha. Le contact, doux au début, devint plus fougueux au fur et à mesure que le désir les envahissait. Draco sentait le sexe de Harry durcir contre le sien, uniquement séparés par la barrière de tissus de leur boxer que l'Originel leur retira vite. Une de ses mains caressait le flanc de l'Alpha, l'autre remonta sur son torse pour taquiner les boutons de chairs qu'il fit rouler entre ses doigts. Harry n'était plus que gémissements et désirs, il se sentait comme un instrument de musique entre les mains de l'Originel qui le faisait résonner de la plus merveilleuse et la plus sensuelle des mélodies. Son instinct de domination reprit quand même le dessus et il tenta de faire basculer l'autre sur le dos, sans succès. A la place, Draco se mit aisément en tailleur et, d'une main dans le creux des hanches, il fit asseoir Harry sur ses cuisses fermes.

Le brun passa ses bras autour de son cou et dérangea la chevelure blond impeccablement coiffée. Il se redressa un peu et se pencha pour un baiser encore plus passionné que les précédents. A un moment, leurs dents s'entrechoquèrent mais il n'y prêta pas attention. Il avait tellement envie de lui qu'il ne souhaitait plus qu'une chose : qu'il le prenne intensément – et ce n'était pas qu'à cause des chaleurs, il en était sûr. Certaines personnes créaient des merveilles du bout des doigts ; l'Originel blond créait le désir au creux de ses reins ; désir qu'il attisa jusqu'au point de non-retour. Draco saisit leurs verges palpitantes et entreprit de les masser toutes les deux, arrachant un gémissement peu catholique à l'Alpha qui bougea des reins contre lui en rythme, ses dents mordillant les lèvres du vampire pour rester silencieux. Draco esquissa un sourire et fit descendre une main le long de son dos. Son index taquina l'entrée du brun avant d'y pénétrer. Il sentit Harry grimacer contre lui suite à l'intrusion d'un second doigt qui se fit un honneur de le préparer au mieux.

Quand ils furent prêts, Draco posa ses mains sur les hanches de l'Alpha et le souleva sans aucune difficulté pour l'empaler lentement sur lui. Harry rejeta la tête en arrière, les yeux fermés et la lèvre inférieure mordue pour retenir un gémissement de douleur et d'inconfort.

Harry laissa son front reposer contre celui du vampire, le temps de s'habituer à sa présence. Le silence de la chambre était seulement entrecoupé par le bruit de leur respirations. Draco lui remonta le menton pour l'embrasser à nouveau, plus tendrement cette fois alors qu'il remuait lentement, rallumant le brasier entre les reins de Harry qui ondulait aussi à sa rencontre. L'Alpha noua ses mains derrière la nuque de Draco qui, lui, gardait les siennes sur les hanches musclées, caressant du bout des pouces le V qu'elle formaient. Il accompagnait et guidait Harry sans efforts apparents, alors que sa verge s'appropriait l'étau de chair de son amant. Draco laissa un soupir de bien-être quitter ses lèvres quand les vas-et-viens devinrent plus réguliers, mais horriblement longs pour Harry qui prenait son pied tout en s'impatientant, les joues rougies et la bouche entrouverte. Leurs baisers reprenaient leur fougue et Draco laissa une de ses mains caresser la colonne vertébrale de l'autre. Harry réclamait toujours plus sa bouche, et ses mains mettaient plus de désordre dans les mèches blondes.

Draco adorait le sexe parce que c'était pour lui une manière d'être au plus près des gens, de s'unir plus qu'intimement à eux. Plus jeune, il courait après les corps des femmes, qu'il jugeait plus délicats entre ses doigts, mais il restait quand même plus à l'aise avec les hommes, car il savait plus exactement quoi faire. Pourtant, le résultat était toujours le même avec les deux sexes : il trouvait toujours comment leur faire perdre la raison et les garder entre ses bras.

Mais ça semblait différent cette fois, parce que Harry savait quand même garder un peu de contrôle. Il savait ce qu'il faisait même s'il essayait de ne pas penser aux conséquences qui en découleraient après. Les yeux entrouverts, le brun intimait son rythme en tirant sur les mèches pâles. Draco lui lécha les lèvres et Harry encadra son visage de ses mains, tournant un peu le visage pour l'embrasser plus langoureusement. Harry poussa un gémissement, invitant à plus et Draco eut un léger gloussement en augmentant la cadence de ses vas-et-viens. Ils était étroitement unis, lovés l'un contre l'autre, l'un dans l'autre. Les gémissements de Harry et les râles de Draco emplirent vite la pièce et le blond laissa ses mains quitter les hanches du brun pour lui saisir fermement les cuisses. D'un coup de rein puissant, il se mit à genoux et fit basculer l'autre sur le dos. Ses coups de reins se firent plus profonds et un sourire naquit sur les lèvres quand il toucha la prostate de Harry dont le dos s'arqua contre les draps. Le brun se mordit les lèvres à sang pour ne pas mordre celles de Draco. Ses gémissements redoublèrent quand le blond donna plusieurs coups de reins puissants contre sa prostate, les noyant tous les deux dans des vagues de plaisir intenses.

Draco sentit la jouissance arriver et il rejeta en arrière une mèche blonde qui collait à son front. Une de ses mains quitta la cuisse de Harry pour en enserrer le sexe palpitant qu'il masturba en rythme avec ses vas-et-viens. Draco jouit en premier, sa main serra fort la cuisse qui en conserverait certainement une marque violacée plus tard. Harry suivit juste après, se cambrant contre lui une dernière fois et se libérant dans la main aux longs doigts de l'Originel. Il se laissa retomber sur le dos contre les draps défaits, invitant le blond à se coucher sur lui, entre ses jambes. Draco se retira mais s'allongea de tout son long sur lui, appuyé sur ses coudes de part et d'autre du visage du brun qui avait les yeux clos, savourant les dernières sensations de son orgasme. Leurs torses se touchaient quand ils respiraient et Draco posa son nez contre celui de Harry et le poussa gentiment. Harry rouvrit ses yeux verts encore voilés par le plaisir et Draco cueillit ses lèvres tendrement. Il ne put s'empêcher de passer une main dans la chevelure rebelle pour y mettre un semblant d'ordre.

Ils restèrent un moment allongés dans cette position, profitant de la chaleur de l'autre.

- Et maintenant ? demanda Harry après un long moment de silence, ses yeux verts absorbés par les prunelles grises.

- Je ne sais pas, répondit Draco.


*Il s'agit bien sur de notre cher et tendre Maupassant. Vive la France :)


Je m'excuse aussi pour la longueur de ce chapitre, je ne crois pas que les prochains seront aussi longs...

A la base, le lemon était prévu pour le début du chapitre d'après mais ma bêta m'a clairement fait comprendre que je ne lui survivrai pas si je le faisais. Menaces, menaces... Donc encore une fois, ce chapitre lui est dédié pour me supporter à chaque chapitre de plus :)

Comme toujours, j'espère que l'histoire vous a plu, autant au point de vue des rapprochements que de l'action !

J'espère que vous avez passé une bonne rentrée ! Personnellement, j'ai eu mon premier jour de job d'étudiant cet après-midi, ça fait un peu bizarre :) Et bonne future rentrée pour ceux qui comme moi ont la rentrée étudiante (le 21 septembre pour moi, et vous ?)

Enjoy !