Un évènement.

Lequel devrais-je prendre ?
- Emmett, hélais-je.
- Quoi, s'enquit-il en s'asseyant sur l'un des tabourets du bar de la cuisine.
- Jus de pomme ou jus d'orange ?
Il réfléchit quelques secondes avec le plus grand sérieux, pesant le pour et le contre.
- Tu n'as qu'à prendre les deux.
Je hoche la tête devant son bon résonnement et sort les deux briques de jus miniature du réfrigérateur.
- Mais, je bois lequel en premier, lui demandais-je en souriant.
Il reprend un air très sérieux et regarde tour à tour les deux briques.
- Je n'y crois pas, s'écria Alice en faisant son entrée. Meika arrête de poser des questions inutiles pour gagner du temps. Et toi Emmett n'entre pas dans son jeu.
- Mais c'était une question importante, me défendis-je.
- Et un choix cornélien, renchéri-t-il prêt à me soutenir jusqu'au bout.
- Tu veux peut-être venir avec nous, lui demanda Alice avec un sourire sournois.
- Bois le jus de pomme avant, se défila Emmett.
Je le regarde me trahir, outrée. Il s'en va avec un regard d'excuse et Alice me pousse à avancer. Je la suis jusqu'à la voiture en boudant. J'entre à l'arrière alors qu'elle s'assoit à l'avant du côté passager.
- Nous allons nous amuser, m'assura Alice. N'est-ce pas Rose ?
La conductrice tourne la tête vers sa sœur et devant son enthousiasme qui ne diminue pas, me regarde dans le rétroviseur et se force à sourire :
- Bien évidemment.
Chouette, cette matinée va être d'enfer ! Et par enfer, je parle bien évidemment d'une horrible matinée. Dans de bonnes circonstances, j'aurais adoré faire des essayages pour un mariage somptueux. Mais voilà, il n'y avait pas de bonne circonstance. La mariée déteste s'habiller et jouer son rôle, c'est-à-dire être au cœur des préparatifs de son mariage. Et pour ne rien arranger, Rosalie joue à la méchante belle-soeur et n'hésite pas à mettre Bella mal à l'aise à chaque occasion. Bien qu'elle a promis de faire un effort, je n'étais pas totalement convaincue qu'elle y arriverait.
Je soupire et plante la paille dans mon jus de pomme, prête à relativiser et à apprécier mon petit-déjeuner. Si Esmée savait que mon petit-déjeuner ne se résume qu'aux jus ! Je pourrais peut-être me plaindre à Alice devant elle, ainsi elle sermonnerai sa fille de ne pas m'avoir laissé tranquille. Je ne le ferais pas - j'ai décidé que je ne ferais plus l'enfant -, mais rêvasser ne fait de mal à personne.
La voiture s'arrête devant la maison de la future mariée, Alice s'empresse de sortir et d'un seul coup ouvre la portière sur laquelle j'étais avachi, me faisant perdre l'équilibre. Le sol se rapproche dangereusement et alors que j'allais faire intervenir mes super réflexes, un mouvement à la fenêtre de la maison m'en empêche. Il s'agit peut-être de Bella, mais dans le doute je m'abstiens. Je tombe sur le trottoir gelé dans un bruit douloureux.
- Tu as voulu me tuer, m'insurgeais-je.
Je me relève sous les rires de Rosalie et de la meurtrière. Un bruit de pas rapide se fait entendre de la maison.
- Pourquoi tu as fait ça, lui demandais-je - certaine que son geste avait été prémédité.
- Tu allais mentir à Esmée, m'accusa-t-elle.
- Ce n'était qu'une pensée, affirmais-je. Tu savais qu'à peine a-t-elle traversé mon esprit que j'ai changé d'avis.
- Je l'ai vue au moment où j'ai ouvert la portière, s'excusa-t-elle. Je n'ai pas pu te rattraper, parce qu'il y avait quelqu'un à l'étage qui voyait la scène. Mais pour me faire pardonner, je t'offrirais quelque chose.
Je voulais répliquer, mais un bruit fracassant remplace les pas précités à l'intérieur de la maison.
Une voix paniqué s'élève derrière la porte d'entrée :
- Bella, tu vas bien ?
- Ce n'est rien papa, rassura Bella d'une voix essoufflée. J'ai juste trébuché dans les escaliers.
Rosalie rigole - sans doute en imaginant la scène - et le peu d'espoir que j'avais eu concernant ces essayages s'envole.
- Dis-moi pourquoi tu t'es mise à courir dans les escaliers, lui morigéna son père. Ne me dis pas qu'aujourd'hui, tu as un sens de l'équilibre meilleur que les autres jours, je ne te croirais pas.
Cette fois, j'accompagne Rosalie dans son rire suite aux paroles du chef.
- J'ai vu quelqu'un tombé sur le trottoir et je voulais aller voir si tout aller bien, se défendit Bella.
- Tu ne l'as pas vue venir celle-là, me moquais-je d'Alice.
Elle se tourne vers moi avec une moue contrarié et je détourne la tête d'un air triomphant vers la porte d'entrée qui s'ouvre. On s'avance toutes les deux alors que Rosalie reste au chaud dans la voiture. Pourquoi elle n'est pas sortie de la voiture elle, c'est injuste !
- Alice, souris le chef Swan en reconnaissant la vampirette.
- Comment allez-vous, s'écria-t-elle d'une voix enjoué.
- Je vais bien, merci ! Meika, s'étonna-t-il en me reconnaissant derrière Alice.
- Charlie, m'écriais-je à mon tour d'une voie moins enjoué qu'Alice, mais tout aussi chaleureuse.
- Je ne savais pas que vous vous connaissiez, nous dit-il en s'effaçant pour nous laisser entrer.
- C'est une vielle amie, lui mentis-je. Nous étions dans la même école avant.
Bella se frotte le coude - douleur due à sa récente chute, je présume - et souris en nous voyant :
- Salut !
- Tu es prête, j'espère, lui lançais-je avec un gigantesque sourire.
Elle grimace et je me retiens de rigoler. Elle a dû prier tous les dieux pour ne pas avoir à passer ce moment accompagné de Rosalie, de qui elle avait une peur bleue.
- Billy va mieux, s'enquit Charlie.
- Il va mieux, l'informais-je. Même si ça fais deux jours que je ne l'ai pas vue, je suis sûr qu'il va bien.
- Je ne l'ai pas encore revue, également. Bella, non plus d'ailleurs.
- Je vais lui rendre visite cette après-midi. Tu n'as qu'à venir avec moi, proposais-je à Bella.
- Je veux bien, se précipitai d'acquiescer l'intéressée.
Elle se referme aussitôt, plus très sûr et tout le visage rouge.
- Tu parlais de Meika, hier ! C'est ça, demanda Charlie après un moment à sa fille.
- Exactement, acquiesça-t-elle. La cousine qui est venue pour le mariage.
À ces mots Alice et moi, retenons notre souffle. Ce n'était pas la même version, on aurait peut-être dû se concerter ! Alice se tend et me lance un regard.
- Leur cousine, répéta son père. Je croyais que vous étiez ami.
- C'est le cas, lui souris-je gentiment. Mais ça fait tellement d'années que je connais Alice qu'elle fait maintenant partie de ma famille. Et vous connaissez mon histoire Charlie, les liens du cœur sont aussi important pour moi que les liens du sang.
Il hoche la tête avec un sourire rassurant et nous souhaite une bonne journée. En soufflant, nous regagnons la voiture sous les excuses de Bella.

- Pourquoi on fait encore semblant de chercher sa robe, se plaignit Rosalie. On sait tous que c'est toi qui vas la choisir Alice et que tu sais déjà laquelle.
- Bella a son mot à dire, s'exaspéra Alice. Je ne peux pas voir ce qu'elle n'a pas encore accepter.
Trois heures dans la même boutique et aucune bonne réaction de la part de Rosalie, ni de Bella. La première ne fait que râler et la seconde n'aime rien et si jamais elle aime quelque chose, rien ne lui va. Elle rends la plus merveilleuse des robes, banales - selon ses dires. Confiance en elle : zéro ! Elle devrait en emprunter à Rosalie, ainsi elle seront au même niveau et s'entendraient peut-être un peu mieux.
Alice avait décidé que Bella devait choisir trois robes pour l'instant et qu'au jour J, elle choisirait celle qu'elle préfère pour que le mystère reste total pour Edward. J'étais d'accord avec son idée, même Rosalie avait été enthousiasmé par elle. Si au début Bella avait protesté, à cause de l'investissement qu'allait engendrer l'achat de trois coûteuses robes de mariée - comme si l'argent pouvait être un problème dans cette famille ! -, sous l'insistance d'Alice et surtout l'agacement de Rosalie, elle avait fini par céder.
Après avoir choisi les deux première robes, l'atmosphère se fait plus détendue et sous les rires nous parcourons les rues à la recherche de la dernière robe. Pas beaucoup bavarde, Bella, c'est quand même intéressait à nos conversations et est parfois même intervenu. Nous étions encore loin du grand amour entre Bella et Rosalie, mais cette dernière ne s'est plus montré aussi hautaine envers sa future belle-sœur et à arrêté de se plaindre.

C'est les bras chargés de sacs, pour la plupart plein d'accessoires - dont certains se révéleront sûrement inutile le jour du mariage - que nous rejoignons Esmée dans le salon.
- Alors cette journée, nous demanda la maîtresse de maison.
- Magnifique, s'exclama Alice rayonnante. Nous avons trouvé ce que nous voulions et Bella a essayé de magnifiques robes.
- Je peux voir sa robe, lança Emmett en me poussant presque pour atteindre les sacs au pied du canapé.
Plus rapide que lui, Alice attrape tous nos achats en rigolant :
- Tu ne verras rien avant le jour du mariage et c'est la même chose pour toi Edward !
- Ce n'est pas grave, souffla Edward en arrivant dans le dos de sa fiancée. Seul Bella m'importe.
Rosalie lève les yeux au ciel - tiens, ça m'avais manquer ! Cependant, je ne pouvais pas lui en vouloir, c'était trop mielleux.
- Aujourd'hui et pour l'éternité, continua-t-il en faisant face à une Bella plus rouge que d'habitude.
Aidez-moi, je crois que je fais une overdose ! Si mon corps réagissait comme celui de n'importe quel humain, j'aurais eu du diabète face à tant de douceur. Il aurait dû garder cette déclaration pour ces vœux.
- Tu n'as pas quelque chose à faire, s'agaça Edward en se tournant vers moi.
- Ce n'est pas ma faute si tu lis dans les pensées, lui rétorquais-je.
- Tu as pensé à quoi, sourit Emmett en se matérialisant entre moi et son frère.
Je tourne la tête et ne fais pas attention à lui, me souvenant qu'il a déserté la bataille avec Alice ce matin.
- Tu me fais la tête à cause de ce matin, me demanda-t-il avec une moue d'excuse.
Je ne fais toujours pas attention à lui et m'adresse à Bella :
- Tu es prête, je ne veux pas arriver trop tard chez Billy.
D'un air embrasser, elle regarde son fiancé qui s'est transformé en statue à côté d'elle.
- Euh... Je ne sais pas si c'est une bonne idée, bégaya-t-elle.
- Pourquoi ne serait-ce pas une bonne idée, lui demandais-je - étonné de ce changement.
Ce matin, elle avait pourtant eu l'air enthousiasmée par cette idée, plus que pour sa matinée shopping.
- Je ne pense pas que Jacob soit ravi de me voir débarqué chez lui, souffla-t-elle tristement.
- Je ne pense pas qu'il soit ravi de me voir aussi, répliquais-je. Et alors ! Premièrement, c'est la maison de son père et Billy est ravi de nous recevoir. Deuxièmement, peut importe ce que Jake pense de nous.
Je pense que j'essaye moi-même de m'en convaincre, mais je ne laisserais pas sa réaction me priver de rendre visite à mon parrain.
- Faudrait déjà qu'Edward lui donne l'autorisation d'y aller, rigola Rosalie - mauvaise.
Je pensais qu'elle plaisanter, mais devant la contrariété d'Edward, j'ai un moment de doute. Il décide pour sa fiancée, je n'y crois pas !
- Ce n'est pas ce que tu penses, intervient Edward en soutenant mon regard. C'est juste que tes amis peuvent perdre le contrôle en une seconde.
- Comme les vampires devant du sang, rétorquais-je - offusqué plus que de raison par le manque de confiance qu'il accordait aux quileutes.
D'un air torturé, il secoue la tête. Je comprends qu'il ne voulait blesser personne, mais qu'il est vraiment inquiet pour Bella. Je prends sur moi et me calme en reprenant :
- Je t'assure qu'elle ne craint rien, je serais là. Elle est en sécurité avec moi. Et puis, peut-être qu'on ne croisera personne de la meute.
- Si tu veux y aller, je ne t'empêcherais pas, murmura Edward à Bella. Je t'ai déjà dit que tu pouvais y aller et j'ai confiance en Meika.

Je me gare devant la petite maison et regarde les litres d'eau qui tombent du ciel. Il n'y avait pas eu vraiment de pluie depuis que j'étais revenue, j'allais presque me plaindre. La tenue qu'Alice m'avait offerte aujourd'hui pour se faire pardonner et que je m'étais empressé de porter, allait être trempée. Avec ma robe fourreau d'un rose vif et mon magnifique manteau d'un rose beaucoup plus pâle, on pourrait me remarquer à des dizaines de kilomètres sous cette pluie battante et ce temps grisâtre. Il ne manque que quelques touches de blanc et j'aurais l'impression d'être dans ma chambre.
Je tourne la tête vers Bella et découvre sur son visage un air de nostalgie.
- Tu venais souvent ici, lui demandais-je.
- Avant, après qu'Edward soit parti, souffla-t-elle le regard voilée.
Je hoche la tête et m'oblige à sourire :
- J'espère que tu n'as pas peur de la pluie.
- J'étais terrifiait par le temps pluvieux de Forks avant de venir m'installer avec mon père, rigola-t-elle. J'ai fini par m'habituer.
Je rigole à mon tour et nous sortons sous la pluie. À peine ai-je refermé la portière que je me mets à courir derrière Bella jusqu'à la porte d'entrée.
Billy nous ouvre la porte, il a dû guetter notre arrivée pour savoir que nous étions déjà arrivées. Je laisse Bella entrée en première et je referme la porte derrière moi.
- Bella, ça fait longtemps, s'exclama-t-il. Tu as l'air en forme ! Comment se porte Charlie ?
- Il va très bien, sourit-elle. Il vous passe le bonjour.
- Jacob et les autres sont impatients de vous revoir, nous sourit le vieil Indien.
Bella rougit aussitôt et me lance un regard angoissé, ou était-ce mon angoisse qui se reflète dans ses yeux ?
- Nous n'allons pas nous éterniser, Bella est très fatiguée.
Billy me regarde dans les yeux, ne croyant pas une seule seconde à cette excuse.
- Je sais, mais vous avez quand même le temps de faire un coucou à tout le monde. Emily sera déçue si elle ne vous voit pas. Bella tu es si fatigué que ça ?
- On peut rester toute l'après-midi, céda Bella.
Quel manipulateur, il veut la faire culpabiliser et le pire, c'est que ça marche. Et pourquoi a-t-elle précisé "toute l'après-midi" ! Ils se tournent vers moi, comme si j'avais encore voie au chapitre, je ne pouvais qu'acquiesçais maintenant.
- Moi ça ne me dérange pas, mentis-je en me servant du café.
- À la bonne heure, rigola le vieux renard. Ils nous attendent tous chez Emily. C'est son anniversaire aujourd'hui.
- Tu ne m'as pas dit, m'écriais-je. Je ne vais pas aller chez elle sans cadeau.
- Ne cherche pas d'excuse pour te défiler, me prévient-il.
Je marmonne dans mon coin, bien sûr que j'aimerais avoir une excuse autre que le rejet de Jacob pour ne pas y aller. Cependant, l'anniversaire d'Emily n'était pas une excuse en soi. Il m'accuse sans véritable preuve ! Je trouve réellement mal-élevé de venir à une fête sans cadeaux.
- On y va en voiture alors, préférais-je dire.
- Tu as peur d'une petite marche, se moqua Billy.
- Pas du tout, mais Bella est fatiguée. Donc, si elle veut rester toute l'après-midi, répliquais-je en insistant bien sur "toute l'après-midi", elle doit ménager ces forces.
De plus, j'étais responsable d'elle et de sa maladresse. Si elle n'avait qu'une seule égratignure, Edward m'en voudrait à vie - pour un bon moment, du moins.
Nous sortons de la maison et découvrons que la pluie s'est calmée. Du ciel ne tombe que de fine gouttelette comme des milliers de petits diamants.
Je retrouve facilement le chemin vers chez Emily, bien que je n'y suis allé qu'une seule fois en voiture. Je me gare à la même place que l'autre fois, j'aide Billy à sortir et le laisse avec Bella.
- Je reviens, leur informais-je en démarrant la voiture sans leur laisser le temps de réagir.
Je culpabilise de laisser Bella seul, mais je suis convaincue qu'elle ne risque rien. Elle devra affronter Jacob comme une grande. Non, je ne m'enfuis pas ! Je vais juste voir ce que je peux trouver comme cadeau pour Emily dans cette minuscule réserve indienne.

Je m'arrête sur le parking du Lonesome Creek store, une des seules supérettes du coin où j'espère trouver quelque chose.
Je flâne entre les rayons et me fais la moral. Sérieusement Meika, que voulais-tu trouver comme cadeau dans une supérette. Honnêtement, j'avais eu l'espoir d'avoir une inspiration devant les étagères pleins de produits, mais rien.
Un frisson me parcourt lentement l'échine. Je me tends, quelqu'un m'observe ! Pas de paranoïa Meika, c'est sûrement parce qu'on ne t'a jamais vue ici ou alors parce que tu es planté dans une allée en regardant dans le vide. Doucement, je relève la tête et observe autour de moi.
- Bouh, cria une voix grave dans mon dos.
Je sursaute et fais un grand effort pour ne pas briser les deux mains qui se sont posé sur mes hanches. Reprenant mon souffle, je me tourne et découvre Paul avec un sourire moqueur sur le visage.
- Tu es fou, lui hurlais-je presque dessus. J'aurais pu te faire très mal.
Devant mon air choqué, son hilarité ne diminue pas et c'est en rigolant qu'il s'excuse. Je continue mon chemin en l'ignorant.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il plus sincèrement en me suivant. Pour aujourd'hui... Et pour mon comportement d'avant-hier.
Je souris sans qu'il me voie et en redressant les épaules, je lance :
- J'accepte tes excuses.
- Tu cherches quelque chose, changea-t-il de sujet.
- Un cadeau pour Emily, soupirais-je.
- Tu ne trouveras rien ici, se crut-il obligé de m'informer.
Je m'arrête et me tourne vers lui.
- Je ne l'avais pas remarqué. Si au moins je savais ce qu'elle aime.
- Emily aime les livres, commença Paul. Surtout les vieux livres qui parlent de légendes. Elle connaît tous les légendes quileutes et elle veut étendre ces connaissances sur les autres peuples. Elle aime aussi...
- Mais bien sûr, le coupais-je.
Il vient de me donner une idée. J'ai bien fait de venir dans cette supérette.
- Merci, lui dis-je en lui sautant dessus.
Je prends son visage des deux mains et l'embrasse à pleine bouche. Depuis le temps que j'attendais ça !
Je me souviens tout à coup du lieu où nous sommes et mon geste me revient en pleine face.
Il me regarde surpris et mon sang se glace. Je retiens ma respiration et espère qu'il ne le prend pas mal.
- Je suis désolé, soufflais-je.
Il rigole et je recommence à respirer. Il se reprend, se mord les lèvres et rigole de nouveau.
- J'ai été surpris, mais j'ai adoré, susurra-t-il avec un clin d'œil.
Je souris, toujours un peu gêné et propose de faire le chemin avec moi. Oh, j'ai embrassé Paul Lahote !

Je gare ma voiture - je l'ai garé au moins quatre fois aujourd'hui - devant la maison de Paul qui ressemble à celle des Clearwater. Il avait quelque chose à faire. Avant de sortir, je verse la valise sur la banquette arrière sous le regard surpris du beau brun.
- Petite pijiw, tu fais quoi, me demanda Paul.
- Moi aussi, je vais te trouver un surnom, lui informais-je. Je cherche mon cadeau.
En dessous de plusieurs couche de vêtement, je trouve enfin ce que je cherche. Un livre aux bords jaunis et à la couverture marron, lui donnant l'air d'un livre très ancien. Il n'a pourtant que quelques années. Je lui montre ma trouvaille avec un sourire de victoire.
Il sourit et m'invite à entrer. Après avoir déclinais son offre pour un café, je m'assois dans le sombre salon et attends son retour. Quelques minutes passent, et je remarque la cheminée recouverte de cadres photo, je voulais les voir de plus près, mais ça aurait été impolie de le faire sans son accord.
- Tu veux regarder, me fit-il sursauter une fois de plus.
- Je suis curieuse de voir a quoi tu ressemblais lorsque tu étais petit, lui dis-je en me tournant vers lui.
Je retiens mon souffle, il a dû en profiter pour se doucher. Ces cheveux mouillés, dont les gouttes dégoulinent sur sa nuque et continuent leur route sur son torse musclé, lui donnent un air encore plus sexy qu'avant. Détourne les yeux, Meika !
Dans ma précipitation à regarder ailleurs que ses pectoraux saillants, je me prends les pieds dans la moquette. Et alors que je pouvais très bien reprendre seule mon équilibre, tel un chevalier servant, Paul viens me sauver et me colle à lui. Oh non, quel cliché !
Mais contrairement au cliché - où j'imaginais deux personnages, les yeux dans les yeux, avec des mots d'amour échangé et un doux baiser amoureux -, une vague de réaction autant spontanée qu'instinctif me secoue dans un grognement silencieux. Répondant à mon envie, Paul me colle un peu plus à lui et m'embrasse fougueusement. Comme si le temps nous échappe dans une course tourbillonnante, je m'empresse de lui rendre son baiser. Les mains dans ses cheveux, je sens mon corps bouillonnait sous ses caresses. J'enlève la serviette de son épaule et alors que mes mains parcourent son torse, il m'interrompt :
- Attends !
Il souffle, comme pour remettre de l'ordre dans ses pensées et lève un regard d'excuse vers moi.
- Désolé, je ne peux pas faire ça. Je n'ai... Je suis...
Sa peau prend une teinte légèrement plus hâlée, il est embrassé ! Y a-t-il eue erreur sur la personne ? M'étais-je trompé sur sa personnalité ? Comment allais-je formuler ma demande ?!
- Dis-moi, commençais-je gênée de devoir lui posé la question. Serais-tu novice dans les relations sexuelles ?
Je ferme les yeux, j'ai osé lui demandais ça avec ces termes. Je voudrais être n'importe où, sauf ici, dans cette pièce avec lui. Il y a une heure de cela, j'aurais pourtant tout donner pour me retrouver seul dans une pièce avec lui.
Paul me regarde, saisissant enfin le sens de ma question.
- Non, s'offusqua l'Indien. C'est juste que ça fait longtemps que je...
- Oh, m'exclamais-je en devinant la fin de sa phrase. Et tu as peur de ne plus savoir comment faire ?
- Je sais très bien comment faire, s'énerva-t-il. C'est juste que je me suis transformée entre temps et...
La sonnerie de mon téléphone le coupe dans sa déclaration un peu spéciale, le numéro de Billy s'affiche et je me sens obligé de prendre l'appel. Je m'excuse auprès de Paul et réponds :
- J'arrive, je suis en chemin.
- Jeune fille, s'éleva la voix Billy. J'espère que tu ne me mens pas.
- Non, je ne te mens pas. À tout de suite.
Je raccroche et me tourne vers Paul :
- Ils nous attendent.
Il hoche la tête et se penche pour ramasser le livre que j'avais négligemment laissé tomber. Il me le tend et murmure :
- Je ne contrôle pas ma force dans ses moments-là.

- Tu penses que quelqu'un nous à vue nous embrasser à la supérette, me demanda Paul.
Nous étions presque arrivés à la plage et j'avais réussi durant tout le trajet à ne penser à rien d'autre que ce qu'il y avait dans le livre. Et voilà qu'il remet tout ça sur le tapis !
- Je ne crois pas, lui dis-je sincèrement. Sauf si quelqu'un observe la supérette derrière les caméras de sécurité.
- Y a pas de caméra, là-bas, rigola-t-il.
- Ca t'aurait gêné si quelqu'un nous avait vus, m'enquis-je.
- Pas vraiment, mais j'en connais à qui ça aurait gêné de le savoir, dit-il en montrant d'un mouvement tête mes amis.
- Ce ne sont pas leurs oignons, répliquais-je.
Il sourit et je repense à ce qu'il m'a dit avant de sortir de chez lui. Il avait peur de ne pas pouvoir se contrôler et de blesser sa partenaire de "jeu".
- Tu sais, murmurais-je très bas pour ne pas être entendue par l'ouïe très développé des quileutes. Je ne suis pas fragile, j'ai beaucoup plus de force que la plupart des filles.
Sans attendre de réponse de sa part, je cours rejoindre Embry sur la plage.
- Meika, s'écria mon ami en me serrant dans ses bras.
Je lui rends son étreinte avant d'être étouffé par les bras de Leah
- Mademoiselle se fait attendre, souffla-t-elle à mon oreille.
À peine m'a-t-elle lâchait que d'autres bras remplacent les siens.
- Je suis heureuse que tu sois venu, me dit Emily.
- Et moi d'être venue, rigolais-je. Tiens, joyeux anniversaire.
Je lui tends le petit sachet où j'ai mis le livre. Elle me remercie et le pose sur la petite montagne de cadeaux.
Je parcours la plage des yeux et après quelques minutes d'examens, j'aperçois celle que je chercher. Je fais signe à Bella et la rejoins après avoir salué Sue et son fils.
- Alors, tu as survécu, souris-je.
- Oui, j'ai même parlé à Jacob. Il voulait te parler d'ailleurs.
Je la scrute suspicieusement, elle est bizarre. Elle ne me regarde pas et s'oblige à regarder Quil et sa sœur. Je mets mes sens en alertes et entends un léger bruit de pas qui fait grincer les grains de sable. Je n'ai pas encore de repère avec les quileutes et ne peux donc pas identifié ses pas, alors je me retourne et voie Jacob. Bella est une traite qui s'est allié à l'ennemi de son fiancé. Elle m'avait pourtant informé qu'il voulait me parler et lui savait qu'il faudrait me forcer à l'écouter. Grâce au ciel, leur plan à été déjoué. Je m'éloigne lentement de Jacob et de sa complice.
- Meika, commença Jacob en me suivant d'un même rythme de pas. Je veux te parler.
Sans savoir pourquoi, je me mets à courir pour ne plus l'entendre. Il y a d'autre façon de faire pour ne pas l'entendre, alors pourquoi je continue de courir !
- Meika, répéta Jacob en essayant de me rattraper.
- Laisse-moi tranquille, lui intimais-je en accélérant.
Dans notre dos, certains ce sont arrêté dans leurs activités pour nous regarder, je pouvais les entendre. J'entends certains rire, certains soupirer, d'autres encore s'autoriser à commenter avec des phrases parfaitement inutiles comme : "Ils sont fous !" " Je parie sur Jacob ", ou " Qu'est-ce qu'ils font ?".
Vraiment, ne voyaient-ils pas que nous courrons ! J'aimerais savoir qui à parier contre Jacob.
Ce dernier ralentit, jusqu'à s'arrêter complètement. Je cours encore un peu et après avoir laissé quelques mètres entre lui et moi, je l'imite. Nous avions parcouru un assez long parcours puisque je n'entendais que des murmures incompréhensibles venant de notre groupe.
- Je suis désolé pour hier, commença Jacob. J'aurais dû te dire que je t'accepte comme tu es et que rien de tout ça n'allais changer notre relation, mais j'étais trop en colère.
- Je ne suis fautive de rien, m'énervais-je en continuant ma route en marchant. Tu n'as pas le droit d'être en colère après moi.
- Ce n'est pas après toi que je suis en colère, souffla-t-il tristement. C'est après moi, parce que tout est de ma faute.
Je m'arrête, de marcher, de respirer, de penser.
- Si ce jour-là, je ne m'étais pas enfui, continua-t-il, rien de tout cela ne serait arrivé.
Je précipite dans ces bras alors qu'un sanglot s'échappe de sa gorge. Je relève sa tête et secoue la mienne.
- Ce n'est pas vrai Jacob. Jake, regarde moi ! Ce n'est pas de ta faute. Je t'ai suivi, c'est vrai, mais je savais très bien que tu étais resté au abord de la forêt. Moi par contre j'ai continué d'avancer, alors que je savais que tu n'y étais pas. C'est à cause de ma bêtise et de ce vampire qui a osé de s'attaquer à une enfant, mais sûrement pas de ta faute.
Il me serre contre lui et laisse échapper un second sanglot.

- Tu peux dire à tout le monde que j'ai réussi à t'attraper, me demanda-t-il après plusieurs minutes.
Me sentant plus légère sans ces secrets et ses non-dits, je le frappe doucement à la tête et rigole. Je saute sur son dos et lui intime d'avancer s'il veut que je mente à ses amis.
- C'est Jake qui a gagné, demanda Jared en nous voyant arrivé.
Je descends avec précaution du dos de Jacob et en m'éloignant un peu, je me gratte la gorge et annonce :
- Bien sûr que non, il s'est arrêtais en premier.
- On s'était mis d'accord, me rappela Jacob. Tu devais dire que c'était moi qui avais gagné.
Je hausse les épaules d'un air détendue, puis lui souris de toutes mes dents. Il secoue la tête, dégoûté de s'être fait arnaquer.
- Qui a misé sur Meika, grinça Jacob.
- C'est Paul, intervient Sam.
Je me tourne vers Paul, heureuse que ce soit lui qui ai parier contre Jacob. Je me mords les lèvres avec un mouvement de sourcils suggestifs. Il détourne les yeux en rigolant :
- Elle veut ma mort !
Nous rejoignons tous Emily autour de sa petite montagne. Cédant à la demande de la petite Claire, qui voulait que sa tante découvre le magnifique présent qu'elle avait fabriquait avec Quil, elle allait ouvrir tout ces cadeaux. En toute logique, elle ouvre celui de Claire en premier. De jolies pierres plates couvertes de peinture, avaient en leur centre chacune une lettre. Dans le bon ordre, le prénom d'Emily apparaissait en rouge flamboyant. Après les avoir remerciés comme il se doit, elle s'attaque aux autres cadeaux. Toutes sortes de cadeaux défilent sous nos yeux, allant du joli collier que Sue lui avait offert à l'attrape rêves qu'avait fabriquer Collin. Celui qui l'avait cependant le plus touché, au point de lui faire monter les larmes aux yeux, fut celui de Leah. Cette dernière avait fait encadrait une photo d'eux deux plus petites. Autant dire que l'émotion été au rendez-vous. Nous arrivons au dernier cadeau, le sac en papier cadeau - dans lequel ce matin encore, se trouvait ma robe rose - et je prie pour que mon cadeaux ne face pas tâche face aux autres.
- C'est toi qui me l'as offert, se rappela-t-elle en me pointant du doigt.
Je hoche la tête en me forçant à sourire. Elle sort le livre de son emballage et le feuillette.
- Ce sont les légendes de la réserve Makah, lui expliquais-je. Il y a tout ce qu'il faut savoir. J'ai cru que ça te ferais plaisir, puisque tu aimes les légendes indiennes.
- C'est super, me remercia-t-elle en me serrant dans ses bras. Où as-tu trouvais ça ? C'est très rare de connaître les légendes de cette réserve. Même moi qui suis née là-bas, je n'en connais qu'une ou deux.
Je ne savais pas qu'elle été née dans la même réserve indienne que moi, peut-être que sa mère connaissait la mienne.
- C'est moi qui l'ai écrit, lui expliquais-je. J'ai fait énormément de recherche et je les ai tous regrouper à l'intérieur. Je ne sais pas si elles sont toutes vraies, mais je sais qu'au moins une de ses légendes l'est.
- Comment tu peux être sûr qu'elle soit vrai, brailla Quil.
- J'en suis la preuve, affirmais-je avec un sourire en coin.

Les derniers rayons du soleil disparaissent à l'horizon comme les derniers quileutes qui rentrent chez eux après cette après-midi festive. Charlie était venue faire un tour et Bella était repartie avec lui. Billy et Sue étaient partis depuis longtemps aussi fatigué l'un que l'autre. Jacob, Leah et Embry étaient de service pour protégé les pauvres humains des bêtes sanguinaires. Tous les autres ont accompagné Emily et Sam chez eux pour prolonger la fête. Sur la plage, il ne rester que moi et Paul qui s'était portait volontaire pour me raccompagner à ma voiture.
Bercée par les vagues, je sens mes paupières lourdes de fatigue se ferme toutes seules. Paul s'assoit près de moi et me demande :
- Tu peux marcher ou je dois te porter.
- Porte-moi, plaisantais-je d'une voie endormi.
Le support confortable que le sable froid m'offrait, est remplacé par les bras chaud de Paul. J'ouvre les yeux et l'observe, soudain beaucoup moins fatigué. Je peux voir mon visage - qui est à la même hauteur que le sien - dans ses yeux aussi noir qu'une nuit sans lune.
Je sens son torse le long de mon corps et pour plus de confort - et surtout parce que j'en ai envie - je passe mes bras autour de son cou.
- On est arrivé, m'annonça-t-il en me déposant par terre.
Pas déjà ! C'est passé tellement vite, je voulais encore sentir ses muscles sous mes mains et mon corps sous les siennes.
- Tu sais, lui susurrais-je à l'oreille. Je ne plaisantais pas tout à l'heure. Je suis aussi forte et résistante que toi. Tu n'auras pas à te contrôler avec moi.
Je termine ma phrase en lui mordillant l'oreille. Avec un grognement bestial, il nous pousse vers la porte de la maison. Il me soulève par la taille et comme plus tôt, m'embrasse fougueusement. Il ouvre la porte en reprenant son souffle et me regarde avec envie. Je suis presque en extase, cette nuit va être d'enfer !