Coucou tout le monde ! Voici avec un peu de retard (hum...) le chapitre 9 !
Je pars en vacances dès lundi, jusqu'à la rentrée. Je ne sais pas si j'aurais le temps de commencer le chapitre 10, mais en tout cas, la publication sera de plus en plus espacée, étant donné que je pars en internat ... Je ne sais vraiment pas quand j'aurais le temps d'écrire et de publier, mais en tout cas, je n'oublie pas The Hands of Power. J'essayerais d'écrire dès que je le pourrais.
Merci pour les reviews ! ça fait plaisir de voir qu'il en reste qui suive la fic, même après un moment d'absence !
Enjoy !
La porte claqua un grand coup et la haute silhouette de Sirius courut jusqu'au salon où ils déjeunaient tous, ayant décidés après l'attaque de Peter de revenir manger chaque midi. Lily était terrifiée à l'idée de rester seule trop longtemps maintenant.
« Vous avez vu ça ?! » Il tenait à la main l'édition du jour de la Gazette.
Calyssa prit le temps de finir son verre avant de demander de quoi il s'agissait.
« Ils connaissent l'existence de Lily ! Écoutez : De source sûre, l'une d'entre elles résiderait en plein Londres, rue Whitehall. »
Lily gémit « Oui, j'ai vu des journalistes par la fenêtre hier… Si je trouve celui qui a parlé de moi à un journal, je le tue ! »
Remus demanda le courrier à Sirius qui le lui tendit. James, lui, se taisait, réfléchissant à toute allure. En les envoyant balader hier, il n'avait pas pensé à qui aurait pu vendre la mèche. « C'est Masha »
« PARDON ? » S'écria Lily. « Mais comment as-tu pu lui en parler ? Tu es inconscient ou quoi ?! »
« Je n'ai pas réfléchi, jamais je n'aurais pensé qu'elle le répèterait à quelqu'un ! » Il se prit la tête dans les mains. « Je suis désolé, Lily ! »
Elle lui jeta un regard noir. « Là, tu peux vraiment l'être ! » Elle arrivait à être en colère contre lui. Elle était d'ailleurs dans une colère noire. Les conséquences de cette médiatisation seraient désastreuses. Si tout le monde savait, Voldemort apprendrait l'existence des enchanteresses et il n'aura qu'une hâte, les exterminer.
« Tu crois vraiment que Masha aurait été à la gazette pour ça ? Ça ne lui ressemble pas » Dit Sirius, gêné pour son meilleur ami. « Elle est maladroite, mais elle ne cherche pas la célébrité, et elle ne veut pas nuire aux gens, surtout que Lily ne lui a rien fait »
« Qui sait, elle a peut être vu une rivale en Lily » Commenta Calyssa. « Les femmes jalouses voit souvent des signes là où il n'y en a pas. Et si tu lui as parlé d'elle juste après que vous vous soyez envoyés en l'air »
La jolie rousse rougit violemment. Elle allait étrangler cet imbécile.
« C'est elle qui m'a demandé qui elle était, je n'ai fait que lui répondre »
« Pauvre crétin bourré d'hormones ! » Siffla Lily.
La sonnette retentit, et Remus alla ouvrir. Le concierge se tenait, blasé, au pas de la porte.
« Des journalistes sont dans le hall, paraitrait qu'il y a une enchanteresse dans l'immeuble. Avec la description qu'il y a dans le journal, j'ai tout de suite pensé à la petite rousse qui a emménagé chez vous, vous savez »
« Dites leur de déguerpir. » S'énerva James en arrivant aux côtés de Remus.
« J'aimerais bien, mais ils ne veulent rien entendre. »
Le brun à lunettes poussa son ami « Attendez, je vais voir ça. » Il soupira « Encore un fois. » C'était la même scène qu'hier, sauf qu'ils savaient maintenant pourquoi, et qu'ils avaient l'article sous les yeux.
Il disparut dans l'escalier avec le concierge et Lily s'insurgea. « S'il croit se faire pardonner en faisant fuir des journalistes, il se fourre le doigt dans l'œil. Et très profondément ! »
« Attendez, Masha est venue dimanche, soit il y a deux jours. A ton avis, combien de temps une personne compétente peu écrire un article comme celui là ? » Demanda Remus.
« Une journée, le temps de tout mettre en place, de faire les recherches nécessaires » Répondit Calyssa.
« Donc, le journaliste » il jeta un coup d'œil au papier « Rita Skeeter, n'a eu qu'hier pour l'écrire, pour qu'il paraisse aujourd'hui. Cette femme a surement dû rencontrer Masha dimanche, ou lundi matin. Peut être que Masha a parlé à James de sa journée ? »
« Merde, Moony, j'ai toujours dis que tu devrais faire parti de la Brigade des Enquêtes magiques au lieu de t'enterrer dans une licence de Psychomagie. » S'exclama Sirius en se rasseyant.
« Ce n'est pas le problème. Je me fiche de savoir quand Masha a pu dire à cette Steeker » « Skeeter » la corrigea Sirius « Ferme-la. Donc, je me fiche de savoir quand Masha a dit à cette Skeeter ce que j'étais. Je veux juste revenir en arrière et que plus personne ne connaisse mon existence ! » Elle se lova dans le chandail que Calyssa lui avait prêté et jeta des regards noirs dans le vide. La jolie blonde se leva pour débarrasser.
« Je ne veux pas laisser Lily seule ici, je sèche, j'ai seulement un cours sur les phénomènes magiques et leur évolutions au fil des années. »
« Comme les crues subites ou les éclairs de chaleur ? » Remus fit mine de s'intéresser puis rit devant la mine surprise de sa petite-amie. « Je ne deviendrais Historien pour rien au monde. » Elle lui jeta une petite cuillère. « Je vais t'accompagner dans ta débauche, on a encore trois heures de cette thérapie de groupe. »
Sirius leur jeta un regard noir. « Vous savez que vous me tentez là ? » Il regarda Lily, lui sourit. « Je vais bien rester pour toi »
La jeune enchanteresse eut un rire ironique. « J'imagine que c'est seulement pour moi, bien sûr. »
Le brun se passa la main dans les cheveux après un sourire et après un silence, lança à la cantonade : « Je vote pour la rupture au téléphone. »
« Non, James a plus de classe que ça. Il va aller la voir à l'infirmerie. »
« Ou il ne va pas la larguer du tout » Interrompit Calyssa, ils lui jetèrent tous les deux un regard exaspéré. « Quoi ? C'est vrai, elle a révélé l'existence de la presse à Lily, ça n'interfère pas leur relation ! »
Remus se souvint, elle n'était pas au courant du baiser. Bien sûr, c'était presque rien, ils paraissaient regretter tous les deux, mais ça restait tout de même un baiser.
Lily restait assise sans bouger. Sa colère contre James la broyait de l'intérieur. C'était irrationnel, elle aurait dû être en colère contre cette fille qui l'avait vendue mais non, le brun à lunettes était la cible de tout son courroux. Ce n'était pas seulement parce qu'il l'énervait, ça, elle le gérait. Là, il n'était pas juste question d'eux deux. Les enchanteresses allaient être affectées par tout ça. Heureusement que personne ne connaissait l'emplacement de leur camp.
La clope au bec, il tritura le cache de son appareil photo en soufflant sa fumée par le nez. Remettant la lanière autour de son cou, il saisit sa cigarette entre ses deux doigts et toussa trois fois.
« Wolfman ! Tu n'as aperçu personne à la fenêtre de l'immeuble aujourd'hui ? »
Son patron l'apostropha, tapant sur la vitre fermée de sa voiture. La graisse de son cou bougeait quand il parlait.
Il prit le temps de souffler sa fumée avant de rétorquer : « Le concierge et un des gars sont sortis pour me dire de dégager, mais personne à la fenêtre, patron. »
« Bien, surveille-moi ça, c'est le scoop du mois. Une enchanteresse en plein Londres, on en aura vu des trucs »
Il acquiesça.
« Tu fais du bon boulot, Ryan. Je ne serais pas étonné que tu montes un peu en grade d'ici quelques temps » Il lui tapota maladroitement l'épaule à travers la vitre.
Le dénommé Ryan grogna un remerciement en tentant de sourire sans faire tomber sa cigarette. Il hésitait à lui dire qu'il ne voulait pour rien au monde devenir un vieux bedonnant comme lui, avec des cheveux gras ré-étalés en mèche sur sa calvitie. Mais sa mère l'avait trop bien élevé pour ça.
Lorsque son patron partit, Ryan dégourdit sa grande carcasse dans sa voiture, étala ses pieds de part et d'autre du volant, et se mit à l'aise, les yeux fixés sur la fenêtre des Maraudeurs. La radio diffusait un tube d'ABBA, ses orteils cognaient contre le pare-brise au rythme de la mélodie.
Laisserait-elle au moins un mot ? Non, il serait capable de venir la chercher et de la tirer par les cheveux jusqu'à la maison.
Sauf que c'était le premier soir de Pleine Lune. Il serait bien trop occupé pour s'intéresser à elle, et il aimait la savoir éloignée lors de ses soirées.
Finalement, elle ne laisserait pas de mot.
Sa natte balançait dans son dos, demi-défaite. Son jogging gris souris découpé en short pendait lamentablement sur ses cuisses et le t-shirt des Bizarr's Sister que Remus lui avait acheté pour ses dix-huit ans était tout froissé – elle avait fait un nœud parce que le vêtement était trop grand et l'avait défait parce qu'il lui faisait mal quand elle s'allongeait comme une loque dans le canapé.
Elle s'essaya à une tresse plus sophistiquée, sans mèches folles et qui ne pendouillait plus, mais qui reposait joliment sur son épaule. Le résultat était plutôt réussi, et elle s'autorisa une moue satisfaite devant le miroir. Sa coiffure avait pourtant bien le temps de s'emmêler, vu qu'il était à peine deux heures de l'après-midi et qu'elle rejoignait Matt devant l'université à sept heures. Elle ouvrit sa penderie et mit un jean qui la collait comme une seconde peau, s'évasant seulement aux chevilles. Puis elle enfila son pull en cachemire vert forêt, élégant et confortable. En remettant ses chaussons licorne qu'elle avait depuis ses quinze ans, elle se figea, embarrassée.
Pourquoi se préoccupait-elle autant de son apparence, alors qu'elle allait simplement récupérer un héritage familial avec un ami ?
La réponse vint d'elle-même, après quelques secondes de réflexion. Matt ne l'avait jamais vu en dehors des cours, où elle était toujours bien habillée, bien coiffée et maquillée. Elle ne voulait seulement pas passer pour une fille négligée. C'est tout.
Elle secoua la tête devant son reflet dans le miroir.
« « Calyssa, tu n'as pas trouvé mes chaussettes en laine ? J'ai dû les abandonner dans la chambre, mais je suis incapable de mettre la main dessus ! » Lily apparut au pas de la porte, les chaussons Sinistros de Sirius au pied.
La jolie rousse avait un style bien à elle. En fait, étant donné qu'elle ne sortait pas, elle empruntait les vêtements de tout le monde, et les habits de Calyssa, superposés sur ceux de Sirius faisaient légèrement dépareillé. La seule chose qu'elle possédait vraiment était la robe dans laquelle elle avait atterri à Poudlard.
Maintenant, Lily était vêtue du vieux short d'entrainement de Quidditch rouge et or de Sirius et d'un débardeur bleu que Calyssa avait gagné en faisant du bénévolat pour la Société de Soutien aux Cracmols.
« Non » Elle suivit Lily hors de la chambre. « Mais peut être qu'un des garçons les ont mises à laver, ils ont des pulsions de rangement quelques fois »
« Ils sont tous les trois en train de faire une espèce de conseil de guerre dans la chambre de James. Je crois qu'ils parlent de la Pleine Lune, je n'ose pas les déranger, et je n'ai pas envie de voir James. »
Les trois garçons entendirent Lily demander ses chaussettes à Calyssa. Sirius regarda ses pieds d'un air coupable. Les chaussettes disparues étaient ici.
« James, il y avait beaucoup de journalistes dehors ? » demanda Remus en enlevant les chaussons cerfs du brun à lunettes qu'il lui avait emprunté.
« Pas tellement, une demi-douzaine qui sont parti dès que je suis arrivé. Mais ils vont sûrement revenir. Tu sais comment ils sont à la Gazette. »
« J'espère qu'ils ne resteront pas à la tombée de la nuit. Sinon j'ai peur de l'article qui suivra s'ils nous découvrent en train de s'échapper… »
« Et ils nous suivront sûrement en pensant qu'on tente de cacher Lily » Dit Sirius.
« On peut partir séparément ? » Suggéra James.
« Non, il suffit que l'un de nous soit en retard et que je me transforme pour qu'on ne puisse plus me maitriser. Ce serait trop dangereux. »
L'ombre de Peter planait au dessus d'eux. C'était lui qui avait découvert leur nouvel endroit après la Cabane Hurlante. Ça avait signifié beaucoup de chose, il avait réfléchi tout le mois.
Il avait trouvé sur la côte du Pays de Galle, des falaises parsemées de grottes profondes. Dans l'une de ses grottes Peter avait accidentellement ouvert un passage, qui conduisait à une forêt vraisemblablement magique. On ne croisait pas tous les jours, sous les roches, un cours d'eau, une variété impressionnante d'arbre, d'animaux sauvages et de plantes de toutes sortes. Après s'être assuré que l'endroit était inhabité, aussi bien par des sorciers que par des créatures peu recommandables, le Maraudeurs prévint ses compagnons qu'il était tombé sur la cachette. Ils l'adoptèrent tous les quatre immédiatement, s'extasiant devant la découverte de Peter. Après la Cabane Hurlante et la Forêt Interdite lors de leur année à Poudlard, ils se rendaient à chaque Pleine Lune dans ses falaises galloises et ce bois qu'ils avaient renommé Witchwood.
La porte s'ouvrit et fit s'évaporer les souvenirs qu'ils ressassaient.
« Dumbledore vient d'envoyer un Patronus, il nous demande d'aller à Poudlard à propos de l'Ordre du Phénix. » Lily s'efforçait de regarder seulement Remus et Sirius. « Eh ! Mais c'est mes chaussettes ! »
« Non » répondit puérilement Sirius « maintenant c'est les miennes. »
Elle lui tira la langue.
« Bon les gars, on n'a pas que ça à faire ! » S'écria Calyssa du couloir.
Après avoir tous mis des chaussures convenables au lieu de leur cadeau de Noël qui représentait chacun de leur animaux favoris (et Animagus) en chaussons, ils prirent les cheminées pour Poudlard. Dumbledore les attendait dans son bureau, assis sur son fauteuil en chintz.
Après quelques formalités d'usage, ils en vinrent au vif du sujet.
« Je vous ai fait venir car j'ai une mission qui pourrait convenir à l'un d'entre vous. Il s'agirait de s'infiltrer à Pré-au-Lard, et de faire un tour à la Tête de Sanglier. Il paraitrait que des gens louches s'y retrouvent. Il me faut un informateur pour savoir si ce sont des Mangemorts. S'il apparait qu'effectivement, ils en sont, j'ai prévu qu'Alberforth, mon frère, reprenne l'échoppe. Le gérant croule sous les dettes et laisse n'importe qui entrer dans son bar. Ce pourrait être un nid d'information concernant Voldemort. »
Calyssa retint difficilement son frisson.
« Je pourrais le faire » s'exclama Sirius. « Personne ne se méfit d'un chien, et je connais Pré-au-Lard comme ma poche. » (1)
« Un chien errant ? Vous croyez qu'il l'accepterait dans le bar ?! » Remarqua Remus.
« Je n'ai qu'à me rapprocher d'un des clients pour me faire passer pour son chien. » Il se tourna vers le directeur. « Vous avez dit vous-même que le gérant fait entrer n'importe quoi »
Dumbledore réfléchit un instant. « Ça me parait être une bonne idée. »
« Quand ma mission aura-t-elle lieu ? »
« Dès demain, le Ministère organise un gala pour célébrer l'union des sorciers et des moldus le 21 décembre, pour le solstice d'hiver. Nous avons deux mois pour nous organiser au cas où Voldemort tenterait quelque chose. »
« Vous pensez qu'il est au courant ? » Demanda Calyssa.
« Il a des informateurs au Ministère, que nous n'avons pas encore identifiés. Mais nous connaissons leur existence, c'est certain. »
« Ce gala est ouvert à tous ? Ce serait une erreur de laisser n'importe qui entrer » Remarqua James.
« Il est organisé pour fêter l'abolition des préjugés des moldus envers les sorciers et vice-versa. C'est un gage de tolérance, alors oui, il est ouvert à tous. Même si des protections seront certainement mise en place, j'en parlerais à Cornelius. »
Lily ouvrit grand les yeux en apprenant qu'il connaissait personnellement le Ministre de la Magie.
Ils parlèrent encore un moment de Voldemort et des attentats qui avaient lieu puis Dumbledore voulut parler à Lily, seul à seul.
Les Maraudeurs et Calyssa sortirent un instant, profitant de l'entrevue entre le directeur et Lily pour retrouver un peu Poudlard.
Pendant ce temps, Dumbledore s'excusait. « Je suis navré Lily, par ma faute les enchanteresses sont dans les journaux, on recherche où elles se cachent … »
« Moi qui voulait les laisser en dehors de ça, c'est raté … Mais ce n'est pas votre faute, c'est moi qui suis partie, qui me suis fait remarquer par les journalistes. » et qui n'a pas satisfait les hormones d'un crétin, qui a donc jeté son dévolu sur une abrutie congénitale doublé d'une balance.
Il eut un éclair de malice dans les yeux. Comme si elle avait parlé à voix haute. Mais elle savait que ce n'était pas le cas.
« Pourriez-vous, s'il vous plait, arrêtez de lire dans mes pensées ?! »
« Si vous le désirez, vous pouvez venir vivre ici, à Poudlard, au moins le temps que l'histoire se tasse. » Sous-entendu, vous pourrez ainsi éviter James.
Lily ne prit qu'un instant pour réfléchir et accepta derechef.
« Alors tout est réglé. » Il lui sourit.
Ils venaient de rentrer à l'appartement, l'après midi était déjà bien avancée. Lily ne leur avait pas encore parlé de sa décision, et attendait le bon moment pour le faire. De toute façon, qui cela dérangerait ? Ils étaient tous occupés en journée, et elle prenait beaucoup de place dans l'appartement. Tandis qu'ils vaquaient tous à leur occupation, Lily se rapprocha de Sirius. C'était celui, selon elle, qui le prendrait le moins mal, parce qu'il savait qu'elle voulait détruire Voldemort, et se rapprocher de Dumbledore était l'un des meilleurs moyens.
« Sirius ? » Elle se tripotait les doigts en le regardant ranger partiellement sa chambre en faisant un tas de linge sale. Tas de linge sale qui allait bientôt faire la taille de Lily.
« Y a quelqu'un ? T'es cachée sous les fringues c'est ça ? »
« Haha. »
« Qu'est ce qu'il y a Lily ? » Dit-il en redevenant sérieux. Il voyait bien l'air préoccupé de la jeune femme.
« Dumbledore m'a proposé de m'installer à Poudlard quelques temps. Pour m'éloigner des journalistes et tout ça … » elle n'allait pas non plus lui dire que c'était pour éviter James. Il était son meilleur ami.
Il se retourna vers elle les yeux ronds, un caleçon orné de vif d'or dans la main. « Par pitié, enlève ce truc de ma vue avant que mes yeux ne brûlent. » Supplia-t-elle.
« Tu t'en vas ? »
« Pour quelques jours, le temps que ça se tasse. Mais ne t'inquiètes pas, je te rendrais ton short hideux » Elle rit.
« On n'insulte pas le short du plus puissant Batteur que l'équipe de Gryffondor ait jamais connu ! Je t'en prie »
« Excusez-moi, mon seigneur. » Elle s'inclina.
« Je viendrais te voir à Poudlard, pour te surveiller. Je connais ces petits cons de septième année, ils vont tous te courir après. »
Lorsqu'elle émit un bruit étranglé, il se rattrapa vite. « Au sens figuré bien sûr, ils vont juste te draguer un peu ! » La voyant aussi peu rassurée, il continua : « Non mais non, t'es trop vieille. »
Ça la fit rire. Sirius se pencha derrière la pile de linge, de sorte qu'elle ne le voyait plus. « Je vais te faire un cadeau alors. Que je suis généreux ! » Il brandit les chaussettes qu'il lui avait volée.
Lily leva les yeux au ciel lorsqu'il lui jeta au visage. Un sourire s'épanouit alors qu'il la serrait dans ses bras en déposant un baiser au sommet de son crâne. Elle n'avait jamais eu de grand frère. Seulement une grande sœur un peu névrosée.
Quelques minutes plus tard elle annonçait son départ à Calyssa et Remus qui se trouvait dans la chambre de ce dernier. La jolie blonde suggéra alors une visite sur le Chemin de Traverse pour la garde robe inexistante de Lily. Surmontant ses craintes, elle accepta avec un sourire.
Elle alla dans la chambre qu'elle partageait avec Calyssa, et s'étala sur le lit.
« C'est quoi cette histoire ?! » Une voix masculine s'éleva soudain près de la porte. Un claquement suivit et elle se retrouva bloquée dans sa chambre en compagnie de James Potter qui empêchait l'accès au couloir.
« Je vais à Poudlard. » Elle ne voulait même pas le regarder. D'abord, par peur, puis parce que si elle voyait son visage, elle voudrait lui cracher tout un tas d'insultes. Par sa faute, tout son peuple était en danger.
« Et pourquoi ? » Sa voix restait étrangement calme, ça lui faisait presque peur.
OK, ça lui faisait peur.
Elle se releva violemment, avec un rebondissement imprévu sur le matelas qui lui donna l'air un peu ridicule. « Ça ne te regarde pas ! » et ajouté à cette réplique, ça avait un air enfantin.
Malgré lui, James la trouva adorable, avec son espèce de boule au sommet du crâne qui remuait lorsqu'elle parlait en secouant la tête et sa moue énervée. Mais sa colère surpassait la tendresse.
« Si c'est à cause de moi, ça me regarde ! »
« Le monde ne tourne pas autour de toi, James Potter, il faudrait te rentrer ça dans le crâne ! » Lily avait une fâcheuse tendance à monter dans les aigus quand elle s'énervait.
« Alors dis-moi pourquoi. » Elle se rallongea en soupirant bruyamment comme une adolescente rebelle.
« Merde Lily dis-moi pourquoi ! »
La jeune femme se mit à bafouiller devant le regard inquisiteur de James qui bouillait de rage. « Parce qu- que, les journalistes. Par ta faute ! »
« Donc c'est bien de moi qu'il s'agit » Triompha-t-il amèrement.
« Non ! Enfin oui ! Tu ne te rends pas compte de ce que tu as engendré, tous ces journalistes, ces reportages aux sujets des enchanteresses, elles sont en danger ! »
« Je suis désolé Lily »
« Et tu crois que ça va tout réparer ?! »
« Mais merde ! Quand comprendras-tu que je ne l'ai pas fait EXPRÈS ! »
« PARCE QUE ÇA N'A AUCUNE IMPORTANCE QUE TU L'ES FAIT EXPRÈS OU NON ! » Elle s'était levé et lui faisait face, assez loin de lui pour ne pas avoir à se tordre le coup pour le regarder. « Si tu l'as fais accidentellement tu n'es qu'un abruti fini qui est mené par ses hormones, si tu l'as fait exprès tu es un connard égoïste ! Qu'est ce que tu préfères ? Ça ne change rien au fait que je te déteste. »
« Finalement, vas-y, pars à Poudlard. Je n'aurais plus à me torturer l'esprit pour te dire à quel point je suis désolé alors que tu n'en as strictement rien à foutre. » Et il sortit en coup de vent, laissant une Lily sonnée, et les trois autres colocataires gênés dans le couloir, devant la porte.
La jolie rousse marmonna de furieux jurons dans sa barbe et se calma enfin pour dire au revoir aux trois espions, avant de partir rejoindre Poudlard.
James était resté dans sa chambre depuis le départ de Lily il y a deux heures. Remus était occupé à ruminer, comme il le faisait toujours avant chaque Pleine Lune et Sirius tentait de décrypter du couloir ce que James grognait. Calyssa s'impatientait. La nuit était presque tombée, les garçons ne devraient pas tarder à s'en aller.
« Mon cœur, je vais y aller, je vais voir maman. » Elle lui embrassa le front et lui sourit. « Bonne chance pour ce soir »
Quand il lui grogna un je t'aime, elle s'en voulut atrocement. Bien sûr, elle allait juste récupérer des vieux tableaux, mais elle lui avait menti sur l'origine de sa sortie. C'était la première fois. Elle récupéra sa baguette, regarda sa tresse encore défaite dans le miroir et la défit en soupirant, elle ne serait jamais satisfaite alors autant y aller au naturel. De toute façon, ce n'était qu'une visite dans son ancienne maison avec un ami. Un ami.
Elle fouilla dans son sac à main et trouva l'adresse que Matt lui avait donnée pour le réseau de cheminée. Après avoir tourbillonné quelques instants dans les airs, elle se retrouva dans une cheminée étroite, face à un Matt ravi. Elle lui sourit en retour, et se passa une main nerveuse dans les cheveux.
En lui prenant la main, il s'exclama « Allez, allons transplaner jusqu'à chez toi ! »
Calyssa rougit légèrement en sentant sa main dans la sienne. Ils transplanèrent devant la bâtisse brûlée. L'air près de la maison sentait encore la fumée, et la jeune femme se mit à trembler en pensant aux corps de son père et de sa jumelle calcinés. Elle retint ses sanglots quand Matt lui jeta un regard compatissant. Lorsqu'elle voulut pousser la porte en plastique à moitié fondue. Celle-ci grinça et tomba dans un fracas épouvantable. L'air était à peine respirable à l'intérieur, et il faisait très sombre. Le verre des fenêtres était noirci et des ombres inquiétantes se reflétaient sur le sol. Mais le pire, c'était la sensation qu'un drame était arrivé ici. Un drame auquel elle avait participé. Ils se jetèrent un sortilège de Têtenbulle avant d'avancer dans les décombres. L'étage avait été à peu près épargné, car les fondations ne s'étaient pas encore écroulées. Le grenier aussi, à l'évidence.
Calyssa prit son courage à deux mains et respira un bon coup avant de se diriger dans le salon, où était l'escalier. Il y eut un éclair vert et elle se vit projeter contre le mur en voulant sauver son père. Elle était étendue sur le sol, sans vie. Carmen. Tout se brouilla, elle sentit le sol se dérober sous ses pieds.
« Calyssa, ça ne va pas ?! »
Il la releva en la prenant par la taille et l'appuya contre lui. La proximité qu'ils avaient ne la gêna même tant elle était troublée. Elle s'était retrouvée à la place de Carmen ce fameux soir. Elle sentait leur présence à tous les deux dans cette pièce. Elle eut envie de pleurer.
« Oui, ça va. Allons dans le grenier maintenant. »
L'escalier était à demi en ruine, il fallait le monter très précautionneusement. Calyssa serait la main de Matt qui était devant elle pour lui indiquer le chemin à prendre. Elle se raccrochait à cette main comme elle s'était raccrochée à celle de Remus le soir de l'incendie. Ils arrivèrent à l'étage et à la trappe qui menait au grenier. Il hissa Calyssa à l'intérieur et elle réussit à déplier l'échelle pour qu'il la rejoigne. À chaque pas, des nuages de poussières se soulevaient du sol. Elle entendit quelques rongeurs courir sur le plancher et se rapprocha un peu plus de Matt.
« Attends que je me souvienne, le coffre était par là » Elle se dirigea dans la direction qu'elle venait de pointer du doigt et lança un cri de joie. « Là, il est là, intact ! »
Un vieux coffre ouvragé était posé sur un tapis persan couvert de poussière.
« On en voit rien ici, il vaudrait mieux qu'on sorte, tu ne crois pas ? »
« Allons dans le jardin » proposa-t-elle en prenant le coffre, lourd, dans ses bras.
Une fois installés sur la balançoire au fin fond du jardin, Calyssa posa la malle sur le sol et l'ouvrit en un tourbillon de poussière.
Il commençait à geler dans cette voiture. Il mit ses mains à la hauteur de sa bouche et souffla dessus pour se réchauffer. Si seulement ses collègues n'étaient pas parti comme une volée de mouches, il aurait eu un peu de distraction et aurait eu moins froid. La nuit tombait, et il était sûr que personne n'allait sortir de l'immeuble. Il soupira longuement et s'amusa à appuyer sur l'allume-cigare pour passer le temps. De toute façon il avait fini son paquet de clope.
La lumière du hall prit un nouvel éclat et Ryan tourna la tête prestement. Trois grandes silhouettes en sortaient et ils se figèrent en voyant l'obscurité de la rue. Le jeune homme plissa les yeux, essayant de mieux les voir à travers la vitre pleine de buée de sa voiture. Il entendait comme des éclats de voix, à propos du temps. Le ciel était clair mais parsemé de nuage qui cachait la lumière de la Lune.
Il se cogna dans son volant et lâcha l'allume-cigare qu'il tenait dans la main. Un filet de fumée apparut aussitôt. « Merde, merde, merde ! » Il ne voyait rien dans le noir. Le nuage qui couvrait la Lune s'éloigna et une clarté suffisante revint.
Il se releva d'un bond en entendant des bruits de lutte, l'allume-cigare dans la main. Un des hommes paraissait se battre avec les deux autres. Ne voulant pas être accusé de non-assistance en personne en danger, et pouvant peut-être glaner quelques scoops, il sortit de sa voiture.
« Non ! Rentrez là-dedans ! Enfermez-vous ! » L'apostropha l'un des agresseurs.
Il grogna et s'approcha tout de même. Un long cri sortit de l'homme à terre, et il se cambra sur le sol. Les deux autres hommes se transformèrent en des animaux qu'il ne put reconnaitre dans le noir. Il sentit qu'on le poussait mais ses jambes n'obéissaient plus. Il tomba à terre.
Quelque chose de lourd sauta sur lui, et se fût comme si on lui arrachait le bras, avant qu'il ne s'évanouisse de douleur.
Calyssa retint son souffle en sortant le premier tableau de la malle. C'était un tableau changeant, comme un miroir. Il fallait avoir un niveau de peinture très élevé pour pouvoir faire cette sorte d'art. Le décor de la scène restait toujours le même, seul les protagonistes changeaient en fonction de celui qui le regardait.
La jeune femme comprit pourquoi sa mère lui avait toujours interdit de le voir. Il aurait été très dérangeant de se voir dans une scène érotique avec sa propre génitrice.
Mais c'était aussi très dérangeant de se voir se faire caresser avec autant d'ardeur par son camarade de classe assis juste à côté d'elle.
Il lui jeta un coup d'œil amusé, sans n'être aucunement dérangé par la situation.
« Ta grand-mère était vraiment un grand peintre. Ça parait très réel » Son ton déplut à Calyssa. On aurait dit qu'il la caressait avec le timbre de sa voix. Et elle s'en voulait d'apprécier ça.
Elle remit brusquement le tableau dans le coffre. « Un peu trop réel. »
« Calyssa, je » Elle l'interrompit en se levant. Son bas-ventre s'était contracté en entendant son prénom murmuré de cette façon, et elle s'était redressée comme un ressort.
Il se leva à son tour, peu perturbé par la réaction de la jolie blonde. Il lui saisit la main, la tint contre sa poitrine. « Tu dois être aveugle pour ne pas avoir remarqué que tu me plaisais »
Elle sentit son visage prendre feu. Lorsqu'il voulut saisir ses lèvres, elle dégagea sa main et transplana dans un pop retentissant.
Remus se frotta les yeux avant de s'étirer. Il grimaça de douleur en sentant de nombreuses courbatures lui tirailler le corps. La lumière du soleil inondait le canapé sur lequel il était couché, il devait donc être environ neuf heures du matin. Il n'avait aucun souvenir de cette nuit.
Seulement la sensation d'avoir fait quelque chose de terrible.
Horrifié, il se précipita dans le couloir pour aller dans la chambre de Sirius où de James. Encore à moitié ensommeillé, il entra dans l'ancienne chambre de Peter. Banco, il tomba sur ses deux amis. Ses deux amis penchés sur le corps inanimé d'un grand gaillard blond.
Peter lança rageusement une pierre dans le cours d'eau sous les yeux fatigués des hommes qui l'accompagnait. Pour la première fois depuis qu'il avait trouvé Witchwood, les Maraudeurs avaient manqué leur Pleine Lune.
« On s'est peut être trompé de jour ? » Demanda timidement Regulus Black, en frottant les mêmes yeux gris inondables que son frère. Il en était presque soulagé. Tuer Sirius n'était pas sa priorité, il préférait éviter tout contact avec l'apprenti Auror.
« Abruti » Siffla un autre Mangemort « Regarde la Lune, elle est Pleine, les Loups-garous ne choisissent pas le moment où ils se transforment. Enfin » Il jeta un regard à Greyback qui s'était stoppé en pleine étranglement d'un lapin blanc. Celui-ci eut un sourire sardonique, dévoilant ses dents jaunes. Le Mangemort continua en évitant le regard moqueur du Loup-garou : « Wormtail aura sûrement sous-estimé ses petits-copains, ils auront flairé le piège. »
Ils sortirent tous, laissant Peter seul avec ses pensées. Il avait été tellement persuadé qu'ils allaient venir. Ce fut comme une trahison pour lui.
Il cessa enfin de contempler le paysage enchanteur, et suivit ses acolytes. Il murmura comme pour lui-même « Morgane » et le passage qui reliait la grotte à Witchwood se ferma. Comme le cœur de Peter.
14/10/80 Rubrique vie et habitat.
LA QUESTION DE LA DISPARITION DES ENCHANTERESSES
En partie à cause des évènements récents, les Historiens du Ministère se sont penchés sur la question des enchanteresses. Les archives confirment qu'elles vivaient bien en société avant la Grande Révolte et qu'elles ont disparu de la surface du monde peu après cette page de l'histoire magique. « Grâce aux cartes de l'Écosse datant de cette époque, nous avons pu constater qu'il y a quelques décennies, les enchanteresses ne s'étaient pas encore établies dans le territoire. Avec l'aide de cartes plus récentes, il s'est avéré qu'un grand flou domine sur certains territoires de l'Écosse rurale. Nous pouvons donc à peu près situer leur habitat. » Nous a raconté un membre du Confrérie des Archivistes et Conteurs de l'Histoire de la Magie du Ministère (CACHMM).
La question qui persiste est où les enchanteresses se cachaient-elles avant de s'installer sur le territoire écossais ?
OoO
1 : on va dire que vu que c'est un UA, Dumbledore sait que les trois Maraudeurs sont des Animagus … ^^
Voilà, j'espère que ça vous a plut ! Malheureusement j'ai pas trop le temps de faire un long bla bla, donc je vous dis à la prochaine !
Bisous.
