Résilience (POV Bella)

Je n'aimais pas échouer, pensais je alors que je parcourais le chemin qui me ramenait dans mon petit appartement. Je m'étais lancée à coeur perdu dans les études, et je n'avais pas réussi. J'aurais dû écouter Carlisle, je n'avais pas encore assez de contrôle pour pouvoir supporter l'odeur du sang, confinée dans une salle de cours.

Si je voulais continuer à étudier cette année, il allait falloir que je prenne des cours par correspondance.

Il était difficile de ne pas contrôler mon instinct aussi bien que je l'aurais pensé. J'étais dangereuse pour les autres, et du coup, isolée. La seule note optimiste de cette année écoulée était la couleur de mes yeux, qui avait enfin trouvé une belle teinte dorée désormais.

J'étais presque arrivée. La silhouette d'un homme devant l'entrée de l'immeuble me paralysa un court instant, je le reconnu d'abord pour ce qu'il était, un vampire. Était-ce mon imagination qui me jouait des tours ? J'aurais pu jurer que c'était Edward. Quelques pas supplémentaires en sa direction me confirmèrent ce fait.

"Bonsoir Bella."

Le son de sa voix fit remonter un flot de souvenirs en moi, que j'avais enterré depuis longtemps.

"Edward", répondis-je, hésitante. Il n'avait pas l'air aussi hostile que la dernière fois que je l'avais vu, et cela faisait des mois. Sa posture, appuyée contre le mur, me rappela le temps du lycée, à l'époque où je commençais à peine à le connaitre.

"Je pensais qu'on aurait pu... Juste parler."

"Bien sûr. Viens."

Je l'entrainais dans l'appartement, allumais la lumière du salon. J'attendais qu'il parle, mais il se contenta de m'observer un moment. Quelque chose de différent dans son attitude me troubla, visiblement il n'était pas venu jusqu'ici pour m'affronter.

"Carlisle m'a dit que tu étais là. Comment ça se passe ?" Me demanda t-il enfin.

"Carlisle ? Tu es allé le voir ?"

"Oui. Il m'a vaguement expliqué."

Je n'avais jamais revu Carlisle depuis que je l'avais quitté. Nous gardions contact par téléphone uniquement, et ce contact se faisait de plus en plus rare. Aux dernières nouvelles, il avait finalement avoué notre liaison à Esmé, n'en pouvant plus de garder ce secret sur lui. J'étais sûre qu'elle pardonnerait à Carlisle, mais sûrement pas à moi.

"Je suis contente que tu ais décidé de le voir à nouveau. Je ne voulais pas vous séparer tous les deux."

Ses yeux dorés vinrent se fixer sur moi, comme s'il s'autorisait à me dévisager pour la première fois depuis si longtemps.

"Est-ce que tu regrettes ? D'être ainsi ?" Me demanda t-il.

Je compris le sens de question pour ce qu'elle était.

"Non, je ne regrette rien. C'est ce que je voulais. Tu ne devrais pas en vouloir à Carlisle, c'est moi qui ai voulu que ça se passe ainsi."

"Est-ce que tu l'aime ?"

"Je t'ai aimé, Edward, tellement. Mais tu es parti, sans aucune intention de revenir. Tu ne peux pas me reprocher que mes sentiments aient changé."

"Je sais. Mais ça ne répond pas à ma question."

«Oui. Je l'aime. Il me manque.» Et c'était la vérité.

Edward soupira. Il essayait visiblement de comprendre quelque chose qui lui échappait, comme un adulte essaye de comprendre le dessin d'un enfant.

"Tu voulais mourir. Pour moi. Tes sentiments n'ont pas pu changer à ce point."

"Parce que ça aurait de l'importance ?"

"Je ne sais pas. Peut-être pas. Ou peut-être que si. Au fond de moi, malgré tout ce qui s'est passé, je pense que je pourrais arriver à..."

"Ne dis pas ça !"

"Tu as quitté Carlisle, alors que tu l'aimais. Tu l'as fait juste après que tu m'ais vu."

"Je ne l'ai pas fait pour toi. Je n'avais pas ma place dans la vie de Carlisle."

"Tout est de ma faute. Rien de tout cela ne serait arrivé si je n'avais pas choisi de fuir. Si j'étais resté, tu m'aurais convaincu de te transformer, à la longue. Les choses n'auraient pas pris cette ampleur. J'ai eu tort."

Ses mots m'atteignirent en plein coeur. Il admettait avoir tord, pour tout ce qu'il avait fait. Aussi douloureuses que furent toutes les épreuves que j'eu à traverser, le fait qu'il accepte sa pleine responsabilité me soulagea d'un poids énorme.

"Je sais tout ce que tu as enduré", continua-t-il. "Et je te demande pardon. Je sais que cela ne change rien, mais je veux que tu ais un autre souvenir de moi que celui que je t'ai laissé la dernière fois."

Il franchit la dernière distance qui nous séparait pour m'enlacer, et bien que je ne fis pas d'effort pour me dégager de son étreinte, je n'y répondis pas non plus, laissant mes bras alignés le long de mon corps.

Quelque chose l'amusa et pour la première fois depuis tant de temps, je le vis sourire. Je dû faire des efforts pour me souvenir à quand remontait la dernière fois que je l'avais vu sourire ainsi. C'était pour mon anniversaire d'humaine, juste avant que Jasper ne perde contrôle. Il était tellement heureux alors. "Mon Edward", pensais-je. L'Edward d'avant. Celui qui ne m'avait pas encore arraché le coeur.

"Qu'est-ce qui t'amuse ?"

"Tu es plus solide qu'avant", constata-t-il en relâchant son étreinte.

J'aurais voulu lui répondre, mais il ne m'en laissa pas l'opportunité. Il partit précipitamment et je ne pu que le regarder s'éloigner dans la rue.


Désolée pour ce délai inexcusable, j'ai préparé quelques excuses qui me semblent correctes pour justifier ce retard, à vous de voir laquelle vous préférez :

1)J'ai été dévorée vivante par un raton laveur

2)J'ai rencontré Gandhi

3)La mort de Peter Steel a ébranlé mes certitudes sur ce triste monde tragique