V'la la suite .(-). Pfiou, je me suis dépêchée pour que Mlle Sashcka l'ait avant son départ en vacances samedi. Hum, vous y trouverez un peu de Johnny, de Carsoninouchet, de Roro et d'Evan (que de la bonne quoi, LOL). Voualaaaa, à la semaine prochaine !

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11 – Le pilote fixait la cible juste en dessous de lui. C'allait être du gâteau ! La route était pratiquement déserte et les occupants de la voiture ne semblaient pas s'être rendus compte de leur présence. Parfait, il serait de retour pour le dîner. Un charmant petit dîner aux chandelles avec Elaine, ou bien était-ce Carmen ? Ouais, qui se préoccupe du prénom lorsque la fille affiche une paire d'airbags à faire pâlir Lolo Ferrari ? Hu, temps de contacter Control.

« Control ? Ici, Spywack 1, nous avons la cible en vue et sommes prêts, Roger. »

//Spywack, ici Control. Exécutez opération de récupération. En douceur … il nous les faut vivants.//

Ouais, ouais … vivants, mais pas nécessairement en très bon état. De toute manière, l'autre folle, Mlle Docteur Mengele, se chargera de les abîmer tellement vite que les pauvres types souhaiteront que lui, les ait tués ! Cette fille lui fichait les jetons …

Il réprima un frisson et se allait répondre à Control lorsque l'improbable se produisit.

« MERDE ! » cria t-il.

//Spywack ! Que se passe t-il ?//

Merde, merde, merde pensa t-il. Il connaissait quelqu'un qui n'allait pas être très content de la tournure des évènements, pas content du tout même.

Sa radio commençait à donner des signes de franche impatience.

//SPYWACK ! Ici Control, répondez merde !//

« Euh, la cible … le véhicule vient de faire une embardée et elle est dans le décor ! Peut-être qu'un pneu a explosé … » Il ne voyait vraiment pas ce qui avait pu être à l'origine de l'accident. Le temps était clair et ces types étaient tous seuls sur la route bon sang !

//QUOI ! Quel est l'abruti qui a tiré ?//

« Personne ! Ils ont juste perdu le contrôle du véhicule. Le conducteur a peut-être eu un problème cardiaque ?» Il était un peu à court d'idée sur le pourquoi et le comment.

Sa radio soupira.

//Ok Spywack, vous descendez nous récupérer ce qui peut l'être. Terminé.//

Traduction : si y'en a qui est en vie vous nous le ramener, illico presto !

« Bien reçu Control. Over. »

La seule chose positive dans cette affaire c'était que maintenant, il était sûr qu'il allait être à l'heure pour son dîner romantique avec Miss Big Tits (17).

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« Est-ce que je vous ai dit combien je pense que cette idée est stupide ? » marmonna Carson en serrant la barre de verrouillage se trouvant dans ses mains. Ils n'avaient pas franchement eu le temps de réfléchir à ce qu'ils allaient utiliser comme arme et ils avaient donc improvisé. La barre de fer était de toute manière aussi maniable qu'un pied de biche, sauf que pied de biche contre arme à feu, ça faisait un peu juste. Voir kamikaze.

Sheppard soupira. « Oui, Carson, une bonne demie douzaine de fois, mais --»

« … et dangereuse. Une idée stupide et dangereuse, » continua Carson. Sa voix était légèrement étouffée par l'air bag. « Jamais ça ne va marcher ! » dit-il sur un ton plaintif.

« Carson, » cette fois, la voix de Sheppard s'était durcie. « Un peu d'optimisme et de confiance seraient les bienvenus. Ca-va-marcher. »

« Humpf … » fut la réponse de Carson. Après quelques secondes de silence, il reprit. « Non mais franchement, qui pourrait croire que nous sommes blessés ? Ces gens sont des professionnels, c'est vous qui l'avez dit. Des professionnels ne se laisseront pas avoir par … par ça ! » Il joignit le geste à la parole en portant la main à son front. Beurk. C'était tout gluant et --

« Hey, n'y touchez pas, vous allez tout gâcher ! »

Carson aurait volontiers levé les yeux au ciel s'il avait pu parce que petit a) sa tête reposait sur le volant, enfin, sur la partie qui n'avait pas été soulevée par l'air bag et petit b) ses yeux étaient couverts de … ketchup ! Sheppard avait utilisé ce qu'il avait trouvé dans le doggie bag qu'ils avaient pris avec eux en quittant le restaurant.

« Au fait, j'ignorais que vous étiez aussi bon pilote Carson, cette petite cascade était digne d'un pro. » fit la voix de Sheppard juste en dessous de lui … enfin plus exactement entre ses jambes (18).

Le militaire s'était affaissé sur Carson, une main sous son estomac et une derrière son dos, ce qui ne devait pas être très confortable mais cachait efficacement son 9 mn ainsi que le détecteur d'énergie. Il avait lui aussi joué au maquilleur fou et du ketchup dégoulinait dans ses cheveux.

Carson eut soudain une vision de Rodney, mains sur les hanches, demandant à son amant ce qu'il avait fait à ses cheveux cette fois ! Les cheveux de Sheppard exerçaient une véritable fascination sur Rodney. Le militaire avait un jour émis l'hypothèse – qui lui avait valu un regard noir et quelques jours de douches glacées – que Rodney « compensait ». Ses cheveux se raréfiaient en effet un peu, le pauvre.

« Euh, qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? » demanda Sheppard.

« Rien, rien, je pensais juste à Rodney et à ce qu'il dirait s'ils nous voyaient barbouillés de sauce tomate jouant les morts dans le but de subtiliser un hélicoptère, » répondit Carson sur un ton amusé.

Le silence qui suivi lui fit immédiatement regretté d'avoir parlé de Rodney.

« Colonel … je suis désolé. »

Sheppard soupira. « Je sais Carson, je sais … c'est juste que … » sa voix se brisa soudain. « Il me manque tant … »

Cette fois Carson ne dit rien. Qui y'avait–il à dire ? Bloody Hell ! Mais qu'avaient donc fait ces deux là dans leur vie antérieure pour mériter ça ? C'était comme s'ils enchaînaient crises sur crises, sans jamais avoir le temps de … de s'aimer ! C'était si injuste ! Carson soupira. Il avait toujours été un peu fleur bleue. Bien sûr, il savait que le monde n'était pas « juste » mais il aurai aimer qu'une fois, rien qu'une fois, l'histoire se termine par un « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » … encore que la partie « beaucoup d'enfants » serait certainement vue par Rodney comme la pire des catastrophes qu'il ait eu à affronter.

« Moi aussi John, moi aussi … » murmura t-il. Il sentit soudain John se raidir.

« Tenez vous prêts, ils arrivent.»

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Evan descendit prudemment les marches. La pièce dans laquelle il avait laissé son exécuteur se trouvait être une des chambres situées au dernier étage, près du grenier. Certainement des chambres de bonnes. Ses pas étaient encore hésitants et il avait l'impression que quelque chose avait eu la drôle d'idée de venir mourir dans sa bouche. Saleté de drogue …

Un, deux, trois partons dans les bois, chantonnait la petite voix.

Oh et il était certainement bon pour l'enfermement ! Un plus, non ?

Le domaine était immense. Des dizaines de chambres, toutes inutilisées, réparties sur trois étages. Même lorsque McKay avait été « l'invité » de Merryweather, il avait été gardé dans les sous-sols. C'était là qu'ils conduisaient leurs petites expériences. Juste une dizaine de scientifiques et une trentaine de gardes. Des marines pour la plupart, persuadés de travailler pour la raison d'Etat ou tout simplement pas très regardant. Il ne faisait confiance à aucun d'entre eux et se demandait souvent pourquoi il avait été choisi pour cette « affectation » : avait-il donné l'impression de se préoccuper si peu de la vie humaine qu'ils avaient jugé qu'il ne poserait aucun problème ?

Quatre, cinq, six cueillir des ceriiiiiiiiiiiiiiiiiises !

Ouais, ouais, c'est ça ! En fait de cerises, il aimerait des bottes. Ces abrutis l'avaient déshabillé : il était en boxer et en marcel. Pas franchement l'uniforme rêvé pour une évasion.

Evan jeta un coup d'œil à ses bras. De superbes ecchymoses et des traces de piqûres. Il soupira. Il aurait dû écouter sa Tante Mildred et devenir acteur. Elle disait toujours qu'il avait « une belle gueule » … ouais, si elle pouvait voir sa gueule là tout de suite, elle ne dirait sans doute pas la même chose, en fait, Evan doutait même qu'elle le reconnaisse. Ces petites ordures n'y étaient pas allées de main morte.

Le Beretta bien en main – les deux mains en fait, il tremblait comme un petit vieux atteint de parkinson – Evan arriva enfin au rez-de-chaussée. Un sourire se dessina sur son visage. Parfait. Un petit détour par les vestiaires allait régler la question de sa quasi nudité. Après …

Sept, huit, neuf dans mon panier neuf, neufneufneuf !

Marre … Il en avait marre d'entendre cette foutue voix intérieure !

Hého, qui t'a sauvé la vie y'a pas deux minutes de ça, hein ? Un peu de gratitude c'est trop demander, se lamenta la dite voix.

Evan posa son front sur le mur froid de l'entrée. Il se serait volontiers taper la tête contre le dit mur en fait. Il soupira. S'il s'en sortait, il était bon pour une jolie petite cellule blanche capitonnée et une veste assortie. Le genre dont les manches servent de menottes …

Blanches ? Nan, moi, je préférerais … Dix, onze, douze elles seront toute ROUGES !

Evan poussa un énième soupir et laissa sa petite voix continuer son récital de comptines enfantines tout en se dirigeant cahin-cahan, vers le vestiaire.

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Rodney fixait le manteau qu'Elie lui avait posé sur les genoux. Celui que lui avait donné l'homme, son mystérieux sauveur. En fait, il osait à peine y toucher. Il venait de là-bas … Il ferma les yeux puis les rouvrit lorsqu'il sentit une main se poser sur la sienne.

« Tout va bien Rodney. Ils ne peuvent rien vous faire ici. » Elie avait l'air si sûre d'elle comme si elle savait de quoi elle parlait mais elle ne les connaissait pas, elle ne savait pas de quoi ils étaient capables. Il ne lui avait pas tout raconté.

Il ne lui avait pas raconté les longues heures passées dans le tank, drogué, perdant tous ses repères les uns après les autres – d'abord l'ouie et la vue, puis le toucher et l'odorat … - de longues heures à hurler sans entendre le son de sa voix, sans que personne ne l'entende. De longues heures pendant lesquelles il avait cru perdre la tête. Il ne lui avait pas non plus raconté les longues séances de « questions-réponses » qui suivaient ses séjours dans le tank. Il était à peine revenu à la vie, agressé de toutes parts par une myriade de sensations, que ces gens le harcelaient, le soumettant à un autre genre de torture. En fait, plus il y réfléchissait et plus il se demandait s'il n'était pas devenu fou en fin de compte. Son amnésie avait certainement été causée par … tout ça.

Mais surtout, il ne lui avait pas raconté ce qu'il pouvait faire avec ses mains, ses mêmes mains qu'Elie tapotait gentiment.

Il pouvait tuer avec ses mains.

Rodney soupira. Il leva les yeux vers Elie et lui rendit son sourire.

Il lui avait menti … en partie.

Il lui avait dit qu'il avait été maintenu prisonnier, avait été soumis à des expériences médicales et que l'homme qui lui avait donné le manteau l'avait libéré puis amené ici, à Halcyon. Il lui avait dit que l'homme avait promis de revenir mais Rodney n'était plus très sûr que ce serait le cas.

Et Elie l'avait cru.

Elle avait posé des questions bien sûr et il avait répondu le plus honnêtement possible, enfin, suffisamment compte tenu des circonstances. Il pouvait difficilement lui dire que son fils avait raison et qu'il était effectivement doté de super pouvoirs. Elle aurait immédiatement rappelé le médecin. Voir pire, le shérif du Comté. Et là, il se retrouverait définitivement à l'asile.

Le fait qu'Elie accepte tout ce qu'il lui avait dit était pour le moins surprenant, comme si elle savait qu'il ne mentait pas d'une certaine manière. Elle n'était pas surprise qu'un être humain puisse faire ça à un autre. Rodney commençait à suspecter qu'Elie cachait elle aussi quelque chose, qu'elle aussi avait vécu quelque chose de terrible.

Et bien sûr, il avait aussi omis de lui parler de l'Homme.

L'Homme … Si on pouvait dire. En fait, Rodney ne voyait jamais son corps, ou même son visage. Juste ses yeux, verts, son sourire, tour à tour charmeur et désarmant. Et surtout, surtout il y avait sa voix, cette voix qui lui avait redonné une partie de son humanité en prononçant son nom.

Je t'aime Rodney.

Ces quelques mots flottaient dans sa tête, comme imprimés là au fer rouge.

Je t'aime Rodney.

Il y avait quelqu'un qui l'aimait, qui l'aimait lui, Rodney. Et cette pensée plus que tout le reste, était ce qui l'aidait à tenir.

Rodney avait évoqué ses flash-back et Elie avait été extatique en découvrant qu'il avait recouvré son vrai prénom, lui demandant comment elle pouvait l'aider.

« Si nous pouvons recréer les conditions de ces flash-back, vous retrouverez rapidement la mémoire ! » avait-elle annoncé avant de le questionner pour en savoir plus.

C'était amusant. Les Breckenridge, mère et fils, avaient tous les deux une mission : Elie voulait retrouver la mémoire de ce fameux Rodney et Léo, ses ailes ! Il avait trouvé lui aussi ses héros.

Ce qu'il n'avait pas non plus dit à Elie, c'était que cette voix qui lui parlait d'amour, ces yeux qui le fixaient comme on fixe un amant, ce sourire qui lui chavirait l'âme, il les retrouvait dans cette famille pas comme les autres.

TBC …

(17) Argot américain : il s'agit de nichons (hey, je viens d'apprendre qu'on dit les boules (gné !) au Québec, LOL).

(18) NON, pas à cet endroit, bande de petites perverses ! LOL.