Merci à tous, particulièrement aux multiples reviewers anonymes. Merci aussi de votre patience. Je sais que les délais sont bien plus long que ce que je vous avais promis et je m'en excuse. J'espère que la suite vous plaira.


Chapitre 11

Harry s'étira dans son lit, se tournant pour valider l'heure sur son cadran. 8h10. Dix minutes passées huit heures. Il repoussa brusquement les couvertures et se leva d'un bond, complètement réveillé. Snape allait l'assassiner. Il se précipita dans la salle de bain, saisissant sa tenue de sport au vol. Se brossant les dents d'une main, il enfila sans grâce ses vêtements de l'autre. Il passa la main dans ses cheveux, mordillant légèrement sa lèvre inférieure. Ses chaussures lacées, il se dirigea vers la cuisine à grande enjambées.

Snape c'était toujours montré particulièrement intransigeant envers les retardataires. S'il distribuait normalement les retenues avec abus, l'adolescent préférait ne pas penser à ce qui l'attendait à Hope Cove. Seul avec le Maître des potions, il ne doutait pas un seul instant que l'adulte allait trouver une façon tout à fait originale de lui faire payer son manque de ponctualité. Il observa l'enseignant avec appréhension alors qu'il entrait dans la pièce.

- Je suis vraiment désolé monsieur, je ne me suis pas réveillé, s'excusa-t-il d'entrée de jeu, baissant les yeux. Inutile de blâmer son cadran, il savait que l'excuse ne tiendrait pas la route.

- Monsieur Potter, que c'est gentil de vous joindre à nous ce matin.

Le ton était doucereux, ironique. Aucun doute, l'enseignant n'appréciait pas son retard. Harry hésita un moment, debout devant sa chaise, mal à l'aise.

- On peut y aller tout de suite monsieur, proposa-t-il, je mangerai plus tard.

- Ne soyez pas ridicule M. Potter, trancha la voix du Maître des potions. Je n'ai pas l'intention de mettre fin à l'entraînement parce que vous avez été trop sot pour déjeuner convenablement.

L'adolescent s'assit mollement à la table et engouffra deux barres d'énergie sans grande conviction. Fidèles à leurs habitudes, ils se dirigèrent ensuite vers le sous-sol où l'échauffement débuta par 20 minutes de jogging sans rythme imposé. Concentré, le Gryffondor se fiait aux sensations qu'il ressentait pour moduler sa vitesse. Snape nota d'un coup de baguette magique le programme d'entraînement physique du jour au tableau.

- M. Potter, alors voyons voir, votre retard de ce matin vous vaudra 40 push-ups, 40 squats et… 15 burpies, annonça l'enseignant avec un léger rictus. En plus du reste des exercices, évidemment.

C'était fort cher payé, songea Harry alors qu'il se penchait pour débuter les exercices. Il savait toutefois que la négociation ne lui apporterait rien sinon davantage de répétitions et il n'en avait définitivement pas envie. Il entama sa première série de push-ups, remarquant quelques tensions dans son corps en raison des duels de la veille mais rien qui ne se comparait aux courbatures associées avec le début de la préparation physique imposée par le Maître des potions, bientôt deux semaines auparavant.

- Qu'attendez-vous, demanda subitement Snape d'une voix agacée.

Incertain, Harry s'interrompit, relevant la tête. N'avait-il pas débuté, conformément aux instructions de Snape ? Il nota que le regard de l'enseignant était dirigé vers Malfoy.

- J'étais à l'heure moi, monsieur, répondit le blond d'un ton dédaigneux.

En effet, M. Malfoy, répondit Snape, son ton devenant dangereusement bas. Pourquoi ne pas avoir avisé M. Potter de l'heure ? Vous occupez pourtant des chambres au même étage.

- Je ne suis pas sa babysitter, rétorqua le jeune Serpentard en croisant les bras, sur la défensive. Il…

- Assez, coupa Snape en haussant très légèrement la voix, faisant sursauter le jeune homme. Au sol MAINTENANT. Je vois qu'il n'y a pas que M. Potter qui a un problème d'attitude ici. Heureusement, ajouta-t-il d'une voix pleine de promesses, nous avons tout notre temps pour y remédier.

Incrédule, le Gryffondor reprit ses push-ups avant d'être réprimandé à son tour. Jamais il n'aurait pensé que le Maître des potions puisse reprendre Malfoy de la sorte, lui qui avait toujours été si partial envers ses Serpentard chéris et celui-là en particulier. Il se promit de mettre deux alarmes pour le lendemain matin alors qu'il entamait ses burpies, sentant chanceler ses bras et ses jambes. Il ne souhaitait pas revivre cette situation trop vite. Une fois sa série terminée, il prit quelques secondes de repos, agenouillé au sol, avant de jeter un regard au tableau. Il entreprit en silence les exercices suivants sans un regard pour son homologue.

En nage, il remarqua avec soulagement que le Maître des potions avait ajouté à la liste une méditation de 10 minutes. Il prit un tapis et s'y coucha. Fermant les yeux, il se concentra sur sa respiration. L'exercice se révéla plus difficile qu'à l'habitude, les bruits de pas et la respiration saccadée de Malfoy lui rappelant qu'il n'était pas seul en compagnie de Snape. Il ne s'était pas encore habitué à cette situation. Les derniers jours avec l'enseignant avaient été très tolérables. Il s'était impliqué du mieux qu'il pouvait dans ses apprentissages et l'adulte s'était, de son côté, montré plus juste et patient à son égard que lors des 5 années de cours précédentes qu'ils avaient eu ensemble.

- Comment expliquez-vous votre retard, M. Potter ?

Harry sursauta, se tournant brusquement. Il n'avait pas entendu Snape s'approcher. Il mit quelques secondes à répondre.

- Je ne me suis pas réveillé, monsieur, déclara prudemment le Gryffondor.

- Savez-vous pourquoi nous sommes ici M. Potter ? demanda l'adulte à voix basse.

- Oui monsieur.

- Pourquoi donc ?

- Pour m'offrir la chance d'approfondir mon éducation et pour ma protection, professeur, récita l'adolescent, se remémorant les paroles de Dumbledore lorsqu'il lui avait expliqué comment se déroulerait la suite de son été.

- Dans quel but M. Potter ?

- Parce qu'un fou furieux veut dominer le monde et souhaite ma mort, rétorqua impulsivement Harry d'un ton acerbe, ne remarquant pas le sourcil que Snape avait levé à ces propos ni son regard sombre.

- Il vous faudra plus que du talent et votre témérité légendaire pour le vaincre, déclara le Maître des potions, ayant décidé de ne pas relever l'affront précédent ni le vocabulaire du brun.

- J'en suis conscient monsieur, soupira-t-il, baissant les yeux.

- Qu'aurez-vous besoin pour y parvenir ? interrogea l'enseignant.

- De la technique, des habiletés et… de la maîtrise monsieur, répondit Harry d'une voix faible.

- Je m'attends à plus d'investissement de votre part Potter.

- Je suis désolé, monsieur.

- Poursuivez votre relaxation M. Potter, dirigea Snape avant de jeter un coup d'œil à Malfoy qui déroulait son tapis à bonne distance.

Harry ferma les yeux. Les sarcasmes et le dégoût de l'enseignant étaient faciles à supporter – il en avait l'habitude, même si cela le choquait chaque fois. Cette nouvelle attitude était plus insidieuse. Elle ne déclenchait pas, chez lui, de la frustration mais plutôt un vague sentiment de culpabilité.


- Approchez-vous M. Malfoy, exigea le Maître des potions.

L'adolescent vint se placer à côté de Potter. Choix intéressant, nota l'adulte. Le matin même, il aurait juré que dans une pareille situation, le jeune Serpentard se serait placé de manière à ce que l'enseignant soit entre lui et son homologue. Pourtant, après sa réprimande somme toute assez cinglante, son choix avait été différent. S'il savait que la situation avait surpris l'adolescent, elle avait surtout eu le mérite de lui rappeler que son comportement ne serait pas toléré cet été. Il n'avait ni le temps, ni l'envie de gérer ces enfantillages. Il décida de leur accorder 15 minutes de méditation – 5 minutes supplémentaires pour calmer leurs jeunes esprits échauffés.

Il avait choisi de débuter l'apprentissage du judo, ne pouvant le reporter indéfiniment. Il savait que ce ne serait pas chose aisée pour Malfoy puisque cela allait à l'encontre de tous les préceptes selon lesquels il avait été éduqué – un sport d'origine moldue, des contacts physiques, l'absence de magie. Néanmoins, Severus était convaincu que cette pratique serait bénéfique pour tous les deux. Pour vaincre – et les deux gamins étaient assez compétitifs pour en avoir envie – Potter devrait se poser, analyser la situation sans se précipiter dans l'action tête baissée et Malfoy devrait passer outre ses préjugés mais surtout, aller au bout de ses idées et décisions, chose qui n'était pas forcément aisée lorsque toutes les décisions majeures de sa vie lui avaient été imposées, son parcours ayant été tracé bien avant sa naissance.

Il entreprit d'expliquer au jeune Serpentard l'art martial millénaire qu'il avait appris plusieurs dizaines d'années auparavant. Plus ses explications avançaient, plus les yeux du jeune homme s'agrandissaient d'horreur et de dégoût. D'un coup de baguette magique, il fit apparaître deux silhouettes sur le tableau se trouvant au fond de la pièce, les animant afin d'illustrer ses propos.

- Une question, M. Malfoy ? demanda-t-il en voyant que l'adolescent semblait au bord de la crise.

- Une seule, est-ce une blague ? répliqua le jeune homme, visiblement de mauvaise humeur.

- Non, ça n'en est pas une. Auriez-vous d'autres remarques plus pertinentes à formuler ?

- Vous pouvez revêtir vos judogis. Potter, vous prendrez le blanc, ajouta-t-il, sentant l'argument venir, alors qu'il faisait apparaître deux tenus d'un geste nonchalant de la main. Il leur montra ensuite comment attacher leur ceinture.

- Excellent. Mettez-vous face à face. M. Malfoy saisissez le col du judogi de M. Potter.

- Parce qu'en plus je dois lui toucher ? se plaignit le blond avec une moue dégoutée.

Le visage de Potter s'assombrit dangereusement. Le sentant près à exploser, il passa le bras devant le torse du jeune homme qui s'était avancé vers le Serpentard, le faisant reculer d'un pas.

- Du calme Potter. Vous aurez tout le temps de vous défouler sur M. Malfoy dans quelques minutes.

Il regarda le fils de son vieil ami, qui semblait décidé à le faire sortir de ses gonds.

- M. Malfoy, mettez-vous à genoux, commanda-t-il d'une voix doucereuse.

En voyant que l'adolescent mettait un moment à s'exécuter, il décida de l'aider d'un mouvement souple de sa baguette, matérialisant une force considérable contre le dos de l'adolescent, le forçant à se baisser.

- Vous venez de gagner l'opportunité de faire la planche pendant 1 minute. M. Potter, vous êtes malheureusement touché par le manque de retenu de M. Malfoy.

- Débutez.

Après une trentaine de secondes, les corps du Serpentard était secoué de spasmes. Aux environs de 50 secondes, ses genoux touchèrent le sol.

- Oups ! M. Malfoy., vous manquez de tonus. Nous reprendrons donc depuis le début, déclara-t-il d'une voix sarcastique.

40 secondes plus tard, le Serpentard s'effondrait à nouveau.

- Eh bien M. Malfoy ? Vous sembliez bien enclin à distribuer votre opinion il y a quelques minutes. Auriez-vous de la difficulté à en assumer les conséquences ?

- Je suis désolé monsieur, répondit le blond du bout des lèvres en gardant la tête basse.

- Vos actes ont des conséquences M. Malfoy. J'ose espérer que vos courbatures vous serviront de rappel. Vous me devez toujours cette minute complète. Allez-y.

Le troisième essai fut le bon et les adolescents poussèrent à l'unisson un soupir de soulagement.

- Veuillez pardonner mon impolitesse monsieur, s'excusa à nouveau le jeune homme d'une voix contrite.

- Il n'y a pas qu'à moi que vous devez des excuses M. Malfoy, répondit doucement Severus en inclinant la tête vers Potter.

L'adolescent resta silencieux pendant quelques secondes, pensif. Plus calme, son regard c'était adouci, étant presque apaisé. Puis, semblant arriver à la conclusion que la requête de l'enseignant était légitime et qu'il ne pouvait s'y dérober, il se tourna vers le brun, qui les regardait sans un mot.

- Je suis désolé Potter. Pour mes paroles… et mon comportement, ajouta-t-il après une courte pause.

Le Gryffondor hocha simplement la tête. Severus entreprit donc de poursuivre sa leçon de judo là où ils l'avaient interrompu quelques minutes auparavant. L'enseignant nota distraitement que le jeune Serpentard était mal à l'aise face à la proximité physique qu'impliquait le judo, non pas que cette information soit surprenante. Se gardant d'en faire mention, il s'attaqua aux projections de base lorsque l'apprentissage des techniques de chutes fut bien assimilé.

L'excès de testostérone des adolescent temporairement apaisé, Snape poursuivit l'avant-midi avec des principes de base de la métamorphose de combat. Très utile lors de combat, la métamorphose pouvait être employée de manière offensive ou défensive lors de duels ou d'attaque. Magie toutefois très complexe, il était nécessaire d'en connaître les principes de base et d'en avoir une maîtrise impeccable pour pouvoir l'employer de façon efficace.

- Je vous conseille vivement de prendre des notes, déclara Snape d'une voix froide, alors qu'il matérialisait une table et des chaises.

- Certains principes de basent doivent être connus avant d'employer la métamorphose lors de duels ou en situation de combats. Évidemment vos capacités en matière de métamorphose sont bien loin d'être suffisantes pour que vous puissiez prétendre employer cette forme de magie convenablement. Nous verrons si nous pouvons remédier à cette situation au cours des semaines à venir.

- Malfoy quelle est la matière à privilégier pour dévier des maléfices mineurs ?

- La pierre monsieur ?

- En effet. Pouvez-vous me dire pourquoi ?

- C'est une matière poreuse qui peut absorber une certaine charge de magie. Elle est très abondante dans la nature donc probablement plus facile à métamorphoser.

- Bien. Toutefois la pierre ne sera pas capable de contenir une grande concentration de magie. Elle n'est pas non plus efficace pour la dévier, ayant plutôt tendance à exploser lorsqu'elle ne peut plus contenir l'énergie. Nous verrons donc aujourd'hui quelles sont les matières à privilégier en fonction des sortilèges, des lieux dans lesquels vous vous trouvez et des situations.

S'en suivi une longue dissertation pendant laquelle seul le grattement des plumes venait troubler le silence. Il avait souhaité les initier à la possibilité d'employer la métamorphose le plus tôt possible puisqu'il ne s'agissait pas d'une matière dans laquelle les 2 adolescents étaient particulièrement performants.


La matinée passa rapidement. Harry n'était pas particulièrement batailleur mais le judo lui plaisait. Il le voyait comme une technique pour rediriger l'énergie de son adversaire, anticiper les mouvements à venir et prendre le dessus, plutôt que comme une agression. S'il avait été choqué – mais pas étonné – des vives réactions de Malfoy et de l'attitude qu'il osait employer face à Snape, les réactions de ce dernier l'avaient tout aussi déstabilisé. Ainsi ils étaient ici ensemble lui et l'infâme blondinet. Ensembles. Responsables mais aussi redevables face à leur propre réaction mais également face à l'attitude de l'autre. Pour une fois, le Maître des potions ne semblait pas vouloir faire de favoritisme et souhaitait même aller loin en termes de discipline. Harry se demanda furtivement si Malfoy avait accès à un baume contre les courbatures. Il doutait que le sien soit assez puissant pour qu'il puisse être confortable demain matin.

Ils se douchèrent, s'évitant soigneusement et dinèrent en silence.

Snape le congédia pour la première partie de l'après-midi, souhaitant travailler avec Malfoy uniquement. Il retrouva donc l'enseignant vers 15h, après avoir soigneusement étudié les leçons des derniers jours. Ils consacrèrent deux heures à la pratique de l'Occlumancie. Il comprenait enfin où voulait en venir le Serpentard et commençait à entrevoir des brides de stratégies. Ils avaient passé un moment à discuter de l'importance de l'observation et de psychologie. Bien saisir son adversaire, ce qu'il cherchait et ce qui le déstabiliserait pour pouvoir agir convenablement. L'Occlumancie n'était pas simplement la défense de l'esprit, il était aussi possible de manipuler non pas ses propres souvenirs, mais ceux auquel l'adversaire aurait accès, en moduler l'intensité, la vitesse, la manière dont le souvenir était présenté. Cette optique de la magie de l'esprit était beaucoup plus intéressante pour le Gryffondor qu'il était.

Difficilement contentable, Harry dut employer toutes ses ressources pour ne pas perdre patience face aux demandes de l'enseignant, qui ne cessait de lui répéter d'être plus précis et de faire attention aux détails.

Le repas du soir se passa également en silence et l'adolescent remarqua que la situation commençait à lui peser. Non pas qu'il lui était désagréable de manger en silence – il préférait cela aux piques constantes des Serpentard. Mais il s'ennuyait de ses amis, de Poudlard. Il chassa ses pensées sombres en se concentrant sur la chance qu'il avait de pouvoir employer la magie cet été et d'apprendre davantage. Apprendre. Il en était définitivement reconnaissant suite au fiasco d'Ombrage.


Le Maître des potions choisit de travailler avec Malfoy seul pour débuter l'après-midi. Il avait besoin de vérifier ses aptitudes en matière d'Occlumancie et il se doutait bien que ce serait impossible avec Potter dans les pattes. L'attitude qu'avait eu le jeune homme était à la fois négative – il avait passé l'âge des jérémiades de gamins, ce n'était certainement pas ce qui allait le garder en vie – et positive – au moins le jeune homme était assez à l'aise pour exprimer ce qu'il ressentait.

- M. Malfoy, je voulais vous voir afin de valider votre maîtrise de l'Occlumancie. L'avez-vous déjà pratiqué.

- Ma tante de l'a enseigné Professeur, répondit l'adolescent en ne pouvait réprimer un frisson.

- Bellatrix ? Intéressant… répondit-il d'une voix trainante. En jugez-vous votre maîtrise satisfaisante ?

- Oui.

- Bien, nous testerons donc vos défenses, décida-t-il nonchalamment. Legilimens, lança-t-il sans plus de préambules.

Il fut accueilli par un mur de glace immaculée. Lisse, elle réfléchissait la lumière de belle façon. Si l'environnement dans lequel il se trouvait était sombre, il semblait y avoir de la lumière derrière le mur de glace. Il s'en approcha. D'un pas délibérément lent, il parcourut le mur, observateur. Rendu au bout, il fit une courte pause. Il releva sa manche, fit demi-tour et reparti en sens inverse, grattant la glace avec un ongle, arrachant de tout petits éclats de glace accompagnés d'un léger sillement désagréable. Quelques secondes de ce traitement suffirent avant que la lumière derrière le mur de glace ne vacille. Un léger rictus naquit sur ses lèvres, joueur. Employant son esprit, il poussa en direction de l'endroit où s'étaient détachés les fragments. Une force légère, douce, chaleureuse, presque enjoleuse. Il sentit l'énergie de l'adolescent pousser contre lui et en réaction, il se retira légèrement. Peu méfiant, l'adolescent diminua lui aussi son niveau d'énergie. Ce fut le moment que choisit Snape pour projeter toute son énergie. Le mur se fissura, certaines parties explosant, révélant des brides de souvenir à toute vitesse. Il mit fin au sortilège.

Malfoy lui lança un regard furieux.

- Cessez vos enfantillages. Ils ne vous maintiendront pas en vie, déclara-t-il d'une voix basse.

- Peut-être le ferez-vous ? rétorqua le blond, insolent.

- Je vous apprendrez à le faire pour vous-même M. Malfoy. Vous êtes responsable de votre propre vie. Mais l'impact de chacune de vos décisions va plus loin que votre petite personne. Chacune de vos décisions peut causer votre perte. Ni votre nom, ni votre argent ne vous tiendront en vie. Ceux qu'il est possible d'influencer grâce à ces attributs chercheront toujours plus de prestige, plus de richesse. Ils ne vous seront ni loyaux ni fiables.

Il fit une courte pause.

- Comprenez-vous ce que je veux dire ?

Le jeune homme hocha sèchement la tête.

- Qu'avez-vous appris ?

- Que voulez-vous dire ? demanda l'adolescent, dubitatif.

- Qu'avez-vous appris de la présente tentative M. Malfoy ? s'impatienta Snape.

- Je ne croyais pas qu'il était possible d'agir de la sorte. Je ne dois pas me laisser déstabiliser.

- Non seulement vous ne devez pas vous laisser déstabiliser mais vous devez aussi renforcer vos défenses. Elles tromperont peut-être un sorcier médiocre, si vous êtes chanceux.

Le jeune homme pencha pensivement la tête.

- D'accord

Ils discutèrent un moment du choix qu'avait fait le blond d'employer la glace. Le Maître des potions proposant plusieurs alternatives pour renforcer ses défenses. Malfoy choisit de rester avec les éléments et particulièrement l'eau, ce qu'approuva Severus. Ils travaillèrent donc à l'élaboration de plusieurs couches de défenses. Il congédia finalement l'adolescent en lui laissant quelques exercices à faire avant son sommeil et en lui demandant d'avertir Potter s'il n'était pas prêt.

Alors que le gamin quittait, il se fit la réflexion que si ses protégés avaient certains points en communs, leurs différences étaient bien mises en lumière par leur différent style d'apprentissage et de magie. Deux futus Occlumens et deux approches complètement différentes.


Alors qu'ils débarrassaient la table, une alarme retentit. Harry sursauta, jetant un coup d'œil à Snape qui agita sa baguette, s'approchant de la porte d'entrée. L'enseignant semblait calme, peu alarmé par la situation. Il remarqua vaguement que Malfoy s'était avancé vers le salon. Quelques secondes plus tard, il entendit la porte s'ouvrir dans une multitude d'étincelles pour révéler la silhouette d'un homme à la longue barbe. Il s'approcha de Snape, lui serrant le bras. C'est à ce moment que le Gryffondor nota la présence d'une femme près de lui.

- Bonsoir Albus.

- Bonsoir Severus. Tel que convenu, voici Miss Granger.

Snape inclina la tête en direction de la jeune femme.

- Bonsoir Professeur, répondit doucement la brunette, regardant autour d'elle.

- Oh génial, rétorquèrent Malfoy et Harry en même temps, l'un avec un air de dégoût et l'autre ravi, s'avançant vers le salon.


Je ne peux malheureusement être précise quant à la date de publication du prochain chapitre. J'ai hâte de lire vos avis sur l'arrivée de 'Mione et l'évolution de l'histoire.