La silhouette, aussi vaporeuse que celle d'un fantôme, de Voldemort, arriva à hauteur des jeunes mangemorts, Malefoy et Zabini. Ceux-ci ne bougeaient pas, ne se regardaient pas, mais avaient la même expression figée sur le visage. Le maître des Ténèbres les contempla, leur tourna autour, comme s'il cherchait quelque chose.

«La trahison est très répandue dans nos rangs de nos jours, siffla-t-il doucement. C'est ce que j'ai eu le malheur de remarquer, ajouta-t-il en se plaçant à nouveau devant eux.

«Nous trahisons les faibles, maître.

«Chut! Souffla Voldemort en levant sa baguette. Ne m'interrompt pas!

Dans geste sec, il fit jaillir un éclair de sa baguette. Blaise voulait l'éviter, s'enfuir, disparaître, mais il ne bougea pas, comme l'aurait fait son ami. Il encaissa le sort, supporta la douleur. Seuls les traits crispés de son visage sombre montraient sa souffrance. Lorsque le Doloris s'évapora, Blaise baissa la tête en signe d'excuse et recula d'un pas. Le jeune Malefoy ravala sa salive et priait intérieurement pour que cette entre-vue finisse au plus vite.

«Tu as infiltré l'Ordre? Reprit le sorcier noir à l'adresse de Draco.

«Cela doit seCONFIRMER. Ils n'ont pas encore pris leur décision.

«Ce n'est pas suffisant! Trancha le maître. Penses-tu les avoir convaincus?

«Oui, maître, répondit calmement l'interrogé. Ils sont faibles, ils craignent la Guerre et votre victoire imminente.

«Ont-ils des informations sur le garçon? Sans lui, je n'aurais pas ma victoire! S'écria Voldemort en reprenant les cents pas.

C'était la première fois que le blondinet voyait le plus grand sorcier de leur temps aussi agacé. L'espace d'une seconde, il crut apercevoir un petit enfant capricieux qui, sans son joué préféré, se mettrait à pleurer. Il tenta d'effacer cette image au plus vite et de répondre avant qu'il ne s'impatiente.

«Aucune nouvelle. L'élu reste dans l'ombre depuis la dernière attaque à Paris.

Le mangemort survivant à cette attaque avait eu tout juste le temps de faire son récit que Voldemort l'avait abattu par un excès de rage. A force d'échecs, Voldemort allait décimer sa propre armée. Il semblait maîtriser de moins en moins sa colère et ses pouvoirs. Il se laissait emporter très vite et Draco entrevoyait là sa faiblesse.

«Tu n'as aucune nouvelle intéressante? Insista le sorcier d'un ton vif.

«Je pense qu'ils veulent se réunir. Ils voudront forcément se rassembler pour parler de notre adhésion et de ce qui pourra en résulter.

«Il sera donc présent?

«Je le crois, maître.

«Assure-toi s'en! Ordonna Voldemort.

«Bien.

«Maître, j'ai..., essaya le jeune Zabini.

«Endoloris! S'écria Voldemort.

Blaise fut à nouveau touché. Il résista autant qu'il le pouvait. Draco l'attrapa par le col et l'entraîna hors de la pièce après avoir aperçu le regard du seigneur des Ténèbres qui le sommait de partir.

«Il est le fils de Lucius Malefoy. Il a été formé pour être un mangemort depuis sa naissance, expliqua Lupin appuyé sur le dossier du fauteuil dans lequel sa bien-aimée étaitINSTALLÉE.

Celle-ci se retourna doucement vers lui et lui lança un sourire amusé.

«Ce n'est pas qu'un Malefoy, remarqua-t-elle. Il est Black, tout comme moi. Mes deux tantes sont devenues mangemorts mais ma mère non. Pourquoi mon cousin ne pourrait-il pas avoir changé d'avis? On ne choisit pas sa famille, ajouta-t-elle, le regard posé sur la main abîmée de son amour.

«Ich weiß nicht warum, aber es gibt mir Vertrauen, intervint Otto.

Tonks et Rémus se lançèrent un regard interrogatif et firent comprendre à leur camarade qu'ils ne comprenaient pas vraiment l'allemand.

«Oh... Euh, il m'inspireuh Kônfianceuh. Mêmeuh si che ne le Konnais pah.

«C'est gens-là ont le don pour vous inspirer confiance. Le problème c'est qu'après, ils n'hésitent pas à vous trahir.

«Il n'a pah l'hair dangereux, insista l'allemand.

«Il ne l'est pas. C'était à lui de tuer Dumbledore mais il ne l'a pas fait. Il n'a, jusqu'à lors, rien fait contre nous.

«Mais il sait faire semblant...

«Je lui fait confiance, moi aussi, coupa la jeune femme en se levant. Libre à toi de penser ce que tu veux, ajouta-t-elle avant de s'avancer vers la porte. Gute nacht, Otto.

«Oh! Gute nacht, Tonks, répondit celui-ci, amusé par l'accent de la sorcière.

Tonks sortit de la petite pièce et alla rejoindre sa chambre. Otto en fit de même après avoir saluer Lupin, le regard fixé sur les flammes qui bougeaient encore dans l'âtre de la cheminée. Autrefois, Sirius, son meilleur ami, communiquait avec lui grâce à ses flammes. C'était un champion pour ce qui était de trouver des moyens de se parler même en temps de guerre où tout moyen était surveillé.

Il lui manquait terriblement. Son humour manquait en ces jours difficiles. Harry ferma les yeux pour revoir son visage et son fameux sourire légèrement caché par une moustache sombre. Il aurait voulu le connaître jeune, à Poudlard. Il aurait voulu vivre de folles aventures avec lui.
Il rouvrit presque aussitôt les yeux. Le jeune Potter ne pouvait pas s'attarder avec ces vieux souvenirs. Il avait des Horcruxes à détruire. Il avait un monde à sauver... L'élu se mit à sourire bêtement. "Moi, sauver le monde? N'importe quoi!", pensa-t-il en se redressant dans le lit. Il se sentait incapable de quoi que ce soit. Il ne voyait pas en quoi il pourrait tous les sauver. Il regarda Ron qui ronflait bruyamment et sourit à nouveau. Ils n'avaient les étoffes de héros. Un filet de bave qui coulait doucement de la bouche de son ami le poussa à détourner le regard. La faible lumière qui filtrait à travers le vieux rideau jauni l'attira. Il le souleva légèrement et jeta un coup d'œil au dehors. Rien. Juste le silence.

Un bruit sourd venant du plus profond de ses entrailles rappela à Harry que ça faisait longtemps qu'il n'avait pas mangé. Mangé un vrai repas, quelque chose de consistant et de bon. Il se souvint des bons petits plats de Mrs Weasley. N'y tenant plus, le jeune homme attrapa son pantalon, l'enfila et sortit de la chambre. L'hôtel était vraiment miteux. Les murs étaient sales, la rampe d'escalier cassée par endroit. Il voulu descendre quand une femme à moitié dénudée et un homme ivre lui coupèrent le chemin. Le moldu chantonnait à tue tête une vieille chanson paillarde et sa compagne totalement hilare n'arrivait pas à marcher droit. Bousculant le sorcier, la jeune femme tomba sur les fesses, l'air abruti.

«Oh, ça va? demanda-t-il tout en se retenant d'exploser de rire.

L'interrogée ne répondit rien et regarda son compagnon, soudain anxieuse. Harry se retourna vers lui et compris très vite d'où venait cette anxiété.

«T'as bousculé ma poupée!? Beugla-t-il tout en titubant. Hein! Espèce de...

«Non, je suis désolé...

Le jeune Potter ne put finir sa phrase car il esquiva le coup de poing du moldu. Entraîné par son élan, celui-ci alla s'étaler contre le mur d'en face. Le rire tant retenu de Harry éclata finalement. Des larmes coulaient de ses yeux verts tant il riait. Il préféra poursuivre son chemin et les laisser, de peur de les irriter encore. Arrivé en bas, une nouvelle personne lui fonça dedans mais cette fois, il s'agissait de sa meilleure amie.

«Harry! S'écria-t-elle, surprise. Tu... Qu'est-ce que t'as? Se reprit-elle en voyant les traces de larmes et son sourire.

«J'ai croisé un couple dans un état pitoyable là-haut, répondit-il en riant à nouveau.

Les sourcils froncés d'Hermione le poussèrent à lui raconter mais sa faible réaction le calma aussi tôt.

«Ca ne va pas?

«Si! Lança la belle. Je te raconterais demain, en présence de Ron. Ça m'évitera de répéter.

«Mais de quoi tu parles? Insista le beau brun.

«J'ai... euh..., les yeux de la belle ne cessaient de voyager entre tout ce qu'il y avait autour du jeune homme et son torse nu.

Il était légèrement musclé, un peu comme... Malefoy... La brunette ferma fermement les yeux pour chasser ce souvenir et les rouvrit pour intercepter ceux de son ami. Celui-ci avait l'air troublé, il fallait qu'elle trouve une parade.

«Gin a pris contact avec moi. Avec le téléphone. Je crois qu'elle a été découverte par un professeur. J'espère que c'était MacGonagale, ajouta-t-elle, l'air géné.

«Oui, moi aussi, dis Harry, incertain. Et, elle va bien?

«Oui.

L'élu n'insista pas sur la question et laissa la Gryffondore rejoindre son lit. Il ne pouvait pas l'empêcher de dormir sous prétexte qu'il avait des questions, même s'il savait très bien qu'il ne dormirait pas. Il s'installa au bar restaurant et commanda un hamburger et des frites. Quelques minutes plus tard, il dévorait son repas.
Une heure passée à réfléchir et demain n'était plus demain mais aujourd'hui. Harry ne savait par où commencer. Il n'avait encore rien commencé. Trop d'éléments arrivaient en même temps. trop de changements. Pas d'Horcruxes. Pas de pistes. Rien. Ce mot revenait sans cesse et troublait son sommeil. Il devait les trouvait et les détruire, il devait accomplir sa mission. Mais comment?
Et les autres? Les membres de l'Ordre? Quelles actions menaient-ils?
Trop de questions envahissaient la matière grise du héro tant attendu et l'absence de réponses l'abattait toujours un peu plus.
Puis Ginny, sa source de joie. Le seul être dans ce monde qui savait l'apaiser, le faire sourire d'un simple regard, l'émouvoir avec un "je t'aime". Oui, elle lui disait qu'elle l'aimait. Mais était-ce suffisant pour croire en ce monde, pour croire en la paix?
Maintenant, de cela aussi le jeune homme doutait.

Sa main grasse, ses doigts disgracieux, lui encerclée le cou avec force. Dans les couloirs sombre de l'école de sorcellerie la plus célèbre, la mangemort marchait à pas vifs et obligeait la Gryffondore à en faire de même. La belle essaya d'échapper plusieurs fois à sa poigne, mais en vain. Cerise sur le gâteau, la sœur Carrow avait sa baguette. La jeune Weasley, désarmée et désœuvrée, se demandait comment allait-elle sortir de cette impasse.
La lueur d'espoir vint d'une personne inattendue. Blaise Zabini, appuyé contre le mur, au bout du couloir, attendait tranquillement que les sorcières arrivent à sa hauteur.

«Zabini.

«Carrow, répondit Blaise en guise de salut. C'est quoi ça?

«Une saloperie qui a osé faire mumuse avec un appareil interdit, expliqua la professeure.

«Et, où est cet objet?

«Je l'ai détruit, bien sûr! On sait jamais ce que ça peut faire avec ces espèces de vermines!

«Oh, je vois. Bien je vous félicite! Comme ça, on a aucune preuve de la faute et en plus on a plus de quoi analyser. C'est une copine de Potter! Elle était surement en contacte avec! Et toi tu trouves judicieux de détruire l'objet qui le lui permet!? Tu es aussi stupide que ton frère!

«Je ne te permets pas de me parler comme ça! Sale gamin!

La mangemort poussa violemment Ginny contre le mur et sortit sa baguette. La belle heurta la paroi de plein fouet et tomba au sol dans un râle de douleur. Les pupilles noires de Blaise s'agrandirent en la voyant dans un tel état et il ne put éviter le Doloris de Carrow. Mais rien. Il ne sentit qu'un léger pic à l'intérieur. Il avait tenu contre la torture de Voldemort, ce n'était celle d'une pauvre mangemort qui allait le mettre à terre. Il releva les yeux vers elle et sourit, amusé.

«Tu crois franchement que ça me fait quelque chose? Tu crois que je vais me plier devant toi? Ton Doloris me chatouille!

«Espèce de...

«Os obtusum! S'écria le serpentard tout en faisant un geste vif en diagonale avec sa baguette.

La sorcière, touchée par jet bleu flamboyant, se stoppa net, la voix coupée. Seul le craquement de ses os, à l'intérieur de son corps, résonna dans le couloir. Le corps gras de la femme s'étala sur le marbre sombre du sol dans un silence ténébreux.
La seule spectatrice de la scène n'en revenait pas du spectacle et ravala sa salive lorsqu'elle entendit les os se briser. Elle allait se relever quand Zabini lui attrapa le bras et la souleva.

«Et, je m'occupe d'elle! Lança-t-il à l'adresse de la professeure toujours par-terre. Je suis l'un des bras droit du Lord. Je me dois de faire mes preuves et de m'occuper du danger à Poudlard.

Il entraîna la rouquine avec lui sans même la regarder. Celle-ci le suivit sans se débattre, toujours sans baguette. Elle lança un dernier regard vers la mangemort, priant pour que son arme magique ne soit pas elle aussi brisée et tourna à un angle, le sorcier la tenant toujours fermement.
Au bout de quelques minutes et de beaucoup de pas, la belle s'agaça.

«Bon! Tu me lâche!

«Mais t'es débile! Cracha-t-il en la plaquant contre un mur. Tu te fais prendre comme une première année de Poufsouffle, je te sauve la mise et c'est comme ça que tu me remercie?

La jeune femme le repoussa avec force et s'avança vers lui. Leur nez se touchaient presque.

«Je ne suis pas débile, répliqua-t-elle, les dents serrées.

«Mais tu t'es faite prendre!

«Mais j'ai eu le temps de dire ce que j'avais à dire à la personne à qui je devais le dire et à qui j'avais besoin de parler! Peu importe le résultat!

«J'men fou de ton baratin de fille, soupira Blaise en reculant un peu. Fallait que tu parles à ton Potter chéri, grand bien te fasse. C'est pas vraiment mon problème, ajouta-t-il calmement, comme s'il cherchait à l'énerver.

«Ce n'était pas... Oui, ça ne te concerne pas! Reprit la jeune femme, irritée.

«Ouh! Une personne à qui tu avais besoin de parler mais qui n'est pas ton balafré d'amour?! …trange..., renchérit le beau métisse, de plus en plus enjoué par la situation.

«Si tu recherches une pauvre fille désespérée, tu te trompe de cible.

«Moi, je ne cherche rien. Mais j'adore les tigresses et j'ai l'impression d'en avoir trouvé une.

La belle rousse ne répondit rien mais resta de marbre. Elle rougissait rarement aux flatteries. Elle savait qu'elle avait du charme mais elle n'en jouait jamais. Elle restait simple sans être effacée. La jeune Weasley savait d'où elle venait et qui elle était. Personne ne la menait à la baguette. Elle faisait ses choix, que ça plaise ou non. Jamais elle n'avait ressentit la honte parce qu'elle faisait toujours tout pour être fidèle à elle-même.
Le jeune Zabini était complètement ébloui par une telle force de caractère.

«Va falloir que je rende un rapport. Je n'ai pas brisé la mâchoire de Carrow et elle va parler. On va monter au bureau directorial.

«Pardon?

«C'est une sécurité, rassura Blaise. Il m'aidera et m'appuiera.

La jeune femme ne savait pas pourquoi mais elle se sentait en confiance avec lui. Une certaine sérénité émanait de lui. Elle n'y était pas habitué. Avec Harry, ce n'était que stress et tension. Soudain, Gin se rendit compte qu'elle faisait des comparaisons entre son copain et un futur ancien ennemi. Elle trouvait ça tellement bizarre qu'elle préféra ne plus y penser et suivre le préfet en chef de serpentard.

Le soleil brillait en ce début de septembre. Ron bailla longuement tout en s'étirant, vêtu d'un simple boxer blanc. Il regarda autour de lui, Harry n'était pas là. Il se dirigeait vers la salle d'eau quand la porte s'ouvrit doucement. Une magnifique chevelure blonde apparu au seuil. Elle salua le rouquin d'une main légère et lui sourit. Le jeune homme écarquilla les yeux et s'élança vers elle.

«Tu te souviens! Lança-t-il en lui tendant les bras pour la serrer.

Mais la jeune fille recula, légèrement effrayée.

«Non, je... Non...

Le sorcier se stoppa dans son élan, déçu mais aussi apeuré. Il ne voulait pas qu'elle est peur et qu'elle s'en veuille de ne pas se souvenir.

«Désolé, dit-il. Je ne voulais pas te brusquer. Mais ce geste doux de la main, ce sourire. Tu avais les même gestes délicats le soir où on s'est retrouvé ensemble.

«Je ne sais pas ce qui s'est passé ce soir-là. Je ne me rappelle pas. J'aimerais savoir parce que ça à l'air d'être un souvenir fantastique et...

«Vous êtes levés? Coupa Harry en passant derrière Gabrielle. Tu vas bien? Demanda-t-il à son adresse.

«Oui.

«Tu n'as pas dormis, lança le rouquin en attrapant son jean noir et l'enfila, le regard toujours tourné vers son meilleur ami dans l'attente d'une réponse.

Mais le jeune Potter ne lui offrit qu'un faible signe de tête. Il ne voulais pas s'expliquer. Il n'avait pas besoin de ça. Il avait besoin de réponses à ses questions. Peut-être alors trouverait-il le sommeil.

«Hermione a quelque chose à nous dire et après on s'en va au Square.

«Herm... Tu sais qu'elle a déjà...? C'est fou!

«Elle a déjà...? Quoi?

«Mais, tu sais! Elle a déjà... Le jeune homme faisait de drôle de gestes pour traduire ce qu'il avait sur le bout des lèvres. Gabrielle en était complètement hilare même si elle ne comprenait pas non plus ce qu'il cherchait à dire.

«Mais quoi? S'agaçait Harry, les sourcils froncés.

«Eh mec, faudrait qu'on s'invente un code pour ça. Le genre de code que personne d'autre ne comprend. Un truc de mec, quoi.

«Si tu le dis, soupira Harry. C'est vrai que ce serait plus simple que tes: "elle a déjà..."

«Mais t'es au courant?! S'écria Ron en écarquillant ses yeux bleus clairs. J'y crois pas! Elle a vraiment... Avec qui? Quand? Comment?

«Mais j'en sais rien, elle n'est pas rentrée dans les détails!

«Quand vous aurez fini de discuter de ma vie intime on pourra discuter de ce qui importe vraiment? Questionna la concernée.

Elle jeta littéralement son sac sur la vieilleTABLE EN BOIS de la chambre et se laissa tomber sur le seul fauteuil disponible. Elle n'attendit pas qu'il y ait une réponse et commença à raconter saDISCUSSION AVEC Ginny. Elle évita de parler de Zabini, hormis le fait qu'il voulait, lui aussi, intégrer l'Ordre.

«Ils seront tous deux présents à une réunion organisée par les membres. Il n'y a pas de date précise. Nous devons être présents pour...

«Nous devons trouver les objets surtout! Coupa Harry. Si les membres ont décider d'intégrer deux jeunes mangemorts dans nos rangs c'est leur problème. On a une mission...

«Harry, désolé mais ça aussi c'est important. Ils peuvent être d'une aide précieuse.

«Alors toi, tu y crois? S'étrangla Ronald, désabusé. Hermione Jean Granger qui fait confiance à la fouine?! Par Merlin! Tu ne cesseras de m'étonner!

«Ronald Bilius Weasley! Tu la fermes ou je te colle au mur jusqu'à ce que vous ne fassiez qu'un! Menaça la sorcière, le regard noir.

Le menacé déglutit difficilement et s'éloigna le plus possible de son amie. Elle avait beau être une fille, elle était capable de prouesses.

«On va au Square et on continue les recherches. Les membres pourront surement nous transmettre des informations sans savoir que ça pourra nous aider. Et... On fêtera ton anniversaire, ajouta l'élu, avec un premier sourire.

La jeune femme le lui rendit simplement et acquiesça, même si elle n'aimait pas sa dernière proposition.
Ils ne tardèrent pas à s'en aller de l'horrible hôtel et rejoindre l'ancienne maison des Black.

Une odeur de lilas effleura ses narines fines et aiguisées. Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que sa mère venait d'entrer dans la pièce. Le stress émanait d'elle et remplissait la bibliothèque toute entière. L'unique fils Malefoy aimait la sérénité de cette partie du manoir, mais avec Narcissa dans les parages, la sérénité avait vite fait de disparaître.

«Qu'avez-vous? Demanda Draco, légèrement irrité pour la respiration accélérée de sa mère.

«Je... Je voulais savoir si tu allais bien... Si tu voulais...

«Je vais bien, coupa froidement le jeune homme avant de se tourner vers elle. Je n'ai besoin que de calme. Vous me stressez à être toujours derrière moi.

«Je suis ta mère, Draco! S'écria-t-elle. Bien sûr que je m'inquiète pour toi!

«C'est un peu tard, non? Répliqua le blondinet. Vous étiez où quand votre cher mari lançait des Doloris à votre fils chéri dés qu'il lui désobéissait? Une mère qui préfère risquer la vie de son fils que de se faire taper sur les doigts?! Vous pouvez vous en vouloir, ça c'est sûr! Mais ne venez pas me jeter votre semblant d'amour maternel au visage! Ça me donne envie de vomir! Cracha-t-il sombrement avant de sortir à grandes enjambées de la salle.

La sorcière, complètement abattue, n'eut même pas la force de marcher jusqu'à une chaise et se laissa tomber sur la moquette, les larmes noyant ses joues livides. Elle avait perdu toute sa famille. Elle avait échoué.

Draco rejoigna la grande salle de séjour et s'avança vers le maître des Ténèbres, toujours énervé.

«La réunion aura lieu dans l'un de leur meilleur QG, annonça-t-il. L'ancienne maison des Black.

«Crois-tu être le premier à me l'annoncer? Tu crois pouvoir te permettre beaucoup de choses? Tu es trop impudent! Siffla Voldemort en levant sa baguette.

Draco ne bougea pas, attendant le coup. Mais aucune douleur ne parvint jusqu'à lui et le Lord baissa son bras.

«Tu as de la chance, reprit celui-ci. J'étais à peu près pareil à ton âge.

«Je ferais en sorte d'ouvrir l'accès, maître. Les mangemorts auront alors la possibilité d'entrer et d'attaquer. Vous aurez un avantage considérable.

«Rogue! Appela Voldemort, les dents serrées. Penses-tu que les attaquer au Square est une bonne idée?

«C'est un endroit clos et petit. Il est très protégé.

«Par le sort Fidelitas, supposa le mage. J'ai déjà vaincu ce sort par le passé. Lilly et James Potter en ont fait les frais.

«Je suis sûr de pouvoir obtenir le secret.

«Draco, intervint son parrain. Cesses de t'avancer comme ça! Ça fait des années que je tente de...

«Seul Dumbledore te faisait confiance. Jamais ils ne te l'auraient cédé. Ils sont faibles mais pas stupides! Maître, reprit le beau blond, j'ai leur âge et je les connais. Je vous demande de me faire confiance.

Le seigneur des Ténèbres ne dit rien. Il avait l'air impressionné par autant d'audace et le jeune sorcier craignait des représailles. Mais rien ne se passa. Un simple signe de tête fit comprendre au garçon qu'il avait son accord.

«Mais maître...

Rogue, lui, ne reçut pas autant d'indulgence. L'éclair rouge le transperça dans un bruit sec et froid. L'homme se plia légèrement en avant sous le choc me ne sourcilla pas. Draco déglutit difficilement mais ce genre de scène était habituelle.

Le jeune Malefoy rassembla des affaire dans un sac et se dirigea vers la sortie. Il ne voulait plus rester là. Il ne supportait plus cette ambiance, cette atmosphère sombre et glacial. Il se sentait malade ici. Ce n'était plus sa maison, mais un lieu de terreur.

La jolie blondinette était en train de jouer avec un petit lapin de lumière bleuâtre quand Otto Schwartzwein entra.

«Alo, hübsches mädchen*!

«Bonjour Otto! Lança doucement la jeune Lovegood avant de lui faire un grand sourire.

«Hen foilà ein joli lapineuh! Dit-il amusé. Alles gut?

«Pardon? Oh... euh... Oui, répondit-elle, plus vraiment sûr de ce que voulais dire sa question.

L'aurore avait tenter de nombreuses fois de lui apprendre quelques notions d'allemand et bien que la jeune femme appréciait, elle avait des difficultées à e comprendre.

«Enfin... Ja, ajouta-t-elle avec un nouveau sourire.

«Tu ha l'hai mélhancoliqueuh.

«Je repense à mon enfance, quand ma mère était encore vivante, expliqua Luna, le regard toujours un peu dans le vide. En ce temps là, nous étions en paix et heureux.

«Tu n'es plus gücklich? Heureuse? Traduit-il en voyant qu'elle ne comprenait pas ce mot-là.

«J'ai encore mon père mais il est affaibli depuis la mort de ma mère. Il a beaucoup de mal avec tout ce qui s'est passé. Il a cru qu'il allait me perdre moi aussi.

«Ich verstehe*, soupira Otto en hochant de la tête. Comment est-helle morte?

La serdaigle lui raconta brièvement l'accident que sa mère avait subit.

«C'était pourtant une sorcière brillante, affirma-t-elle.

«Meine Mutter était haussi eine grosse Hexe, commeuh votre Mutter. Helle ha subi la World War zwein, la deuxièmeuh guerrrrre möndialeuh. Mêmeuh chez les moldus hil hy havait ein Führer. Sein Name hétait Hitler. Hil voulait zestören, détruire le peuple Juif, das jüdische Volk. Les sorciers ne pouvaient pas vraiment se mêler des histoires moldus pour protéger le secret de la magie, das Geheimnis der Magie. Aber es war ein Weltkrieg, il fallait réagir und les sorciers se sont unis et on décider d'aider, helfen, les moldus dans leur guerrre. Meine Mutter havait grand coeur und sie wollte um Juden zu retten, sauver des juifs. Helle s'est faite tuer par les Nazzis, partisans du Fürher. Certains étaient sorciers aussi. Gemein und grausam Zauberer, vils et cruels comme les mangemorts haujourd'hui.

«Gemein... und...

«Grausam, finit Otto.

«Vils et cruels? C'est ça?

«Ja, affirma-t-il, l'air maussade.

«Alors votre maman est morte en héroïne. Une héroïne de guerre.

«Genau!* Ch'aurais voulu la connaître, avoua l'homme, une moue attristée au visage.

«Elle est morte juste après votre naissance? Vous êtes né pendant cette guerre? Questionna Luna, abasourdie.

«Hà sa toute fin. En 1945.

«C'est étonnant! Lança la jeune sorcière. On ne nous à jamais appris ça à l'école. On nous apprend l'Histoire de la magie mais pas du monde Moldu et de l'implication des sorciers dans celui-ci.

«Es ist wahr, du hast Recht! Tu has raison!

«Il existe un cours sur les moldus mais il n'a jamais été vu d'un bon œil. La plupart des sorciers ne porte pas d'importance à ceux qui n'ont pas de pouvoirs magiques. Ça me rend triste quand j'entends que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom tue des familles entières pour son bon plaisir et imposer ainsi la puissance des sorciers sur les moldus.

«Le monde ha son lot de chagrin. Hil faut se battreuh pourrr rétablir l'ordreuh, Frieden.

Sa main effleura le bas de ses hanches. Son désir pouvait se lire dans son regard tant il la voulait. La peau douce de la belle se mit à frémir au contact de ses doigts. N'y tenant plus, il lui dégrippa sous soutien-gorge de dentelle qui glissa, dévoilant alors sa petite poitrine ferme et juvénile. Il s'empressa d'aller dévorer ses lèvres tout en glissant sa main entre ses cuisses. Il sentit l'humidité de sa féminité et perdit totalement le contrôle. Il devint soudain brusque, presque brutal. Du bout des doigts, il commença à malaxer le bout de ses seins, allant de plus en plus vite, de plus en plus fort. La partenaire gémissait, ce qui le rendait encore plus fou et plus dur. L'excitation étant à son apogée, il lui déchira sa petite culotte d'un geste vif de la main. Son caleçon baissé, sa virilité dévoilée, il entra en elle. Un cri s'échappa de sa gorge en feu. Elle tremblait de plaisir à chacun de ses à-coups. Des soupires rauques jaillirent de sa bouche. A chaque coups de reins, les ongles de son amante s'enfonçaient dans la peau de son dos. A l'explosion du plaisir, le jeune homme, esoufflé, murmura:

«Ginny...

Son corps entier était en sueur lorsque Blaise se réveilla. Il regarda l'heure, il était trop tôt. Il décida d'aller prendre une douche pour se remettre de son rêve tumultueux. Avait-il un réel sens? Non, la vraie question était: la désirait-il vraiment? Il laissa l'eau chaude glisser sur sa peau, la tête baissée. Soudain ses yeux remarquèrent un mouvement entre ses jambes... "Arrêtes de penser à elle!", s'ordonna-t-il, agacé par ses propres réactions.
Il n'avait pas besoin de ce genre d'ambiguïté, surtout dans sa situation. Dans quelques jours, ils allaient se retrouver. Il ne pouvait pas se permettre de penser à ça alors que son Potter allait lui aussi être présent.

Devant la porte noire de l'ancienne maison des Black, le jeune Malefoy avait l'air de regretter déjà son manoir. Luna lui ouvrit, enjouée.

«Salut, dit-il, pas aussi enjoué qu'elle.

«Heureuse de te revoir, Draco.

Le fait qu'elle l'appelle par son prénom ne le choquait pas vraiment. Il l'aurait été venant de la part de Weasmoch' ou de Granger.

«Il y a des aurooooo...?

Draco ne put finir sa question car un énorme chat roux lui sauta devant les pieds et se mit à lui cracher dessus avec dédain. Il avait ses poils épais hérissés et grognait dangereusement. Sous le choc, le jeune Malefoy s'était reculé derrière Luna. La jeune fille fit un simple geste de la main et le chat s'en alla après avoir sifflé une dernière fois. Il bondit sur les marches des escaliers poussiéreux et disparu à l'étage.

«Mais c'est quoi ce monstre!? S'écria le blondinet en se tenant la poitrine.

Luna le regarda attentivement et se mit à rire.

«Tu lui as fais peur, voilà tout.

«JE lui ai fait peur!? C'est plutôt lui, ouais!

«Chut, coupa Tonks, au bout du couloir. Vous allez énerver Mrs Black à chahuter comme ça dans son couloir.

«Mrs...

«Oui. Son portrait est installé au première étage. Elle ne supporte pas beaucoup les étrangers. Peut-être que toi elle t'appréciera, ajouta la blondinette avant de s'avancer vers l'aurore aux cheveux bleus turquoise.

«Un sang pur, descendant des black et serpentard qui plus est. Je crois que tu as raison Luna.

La cousine de Draco lui sourit puis l'invita à s'installer dans le petit salon où il y avait Lupin et...

«Maleufoyeuh! S'écria le seul germaniqueDE LA MAISON. Il lui tendit une grosse main potelée. Schön dich zu sehen!

Le concerné regarda tout le monde, une grimace au visage, ne comprenant qui était cet homme.

«Vous avez l'habitude de sauter sur les gens comme ça? C'est très énervant si vous voulez mon avis! Et mon nom c'est Malefoy!

«Maleuh...Mal...Maleufoy? Maleuhfoy...

La jolie Luna riait, amusé par l'expression crispée sur le visage de l'aurore qui faisait un effort considérable pour ne pas écorcher le nom. Le serpentard la regarda un instant et sourit à son tour. Ce petit détail n'échappa pas à l'ancien professeur de défense contre les forces du mal.

«Ce sera Draco! Coupa-t-il en serrant la main toujours tendue de Otto.

Lupin explosa littéralement de rire. Le caractère du jeune homme était impressionnant. Il était loin d'être l'homme froid qu'avait été Lucius. Finalement, il avait peut-être au tort de ne pas avoir confiance. Son sourire, son rire, ils n'avaient pas l'air faux.

Le trio, accompagné de la jeune sœur de Fleur Delacour, entrèrent au Square Grimmaurd en fin de soirée. Il ne restait plus que Otto, Luna et l'intrus, comme l'appelait le jeune Weasley, présents. Tonks et Rémus étaient partis en mission, une nouvelle famille avait été attaqué par des mangemorts.
Tous dans la cuisine, une tasse fumante devant chacun d'eux et... le silence. Des regards fusaient de toutes parts mais aucun son ne franchissait leur lèvres.
Les yeux que Malefoy fuyait le plus, il les croisa. Ceux-ci étaient froids, suspicieux. Harry soutenu ce regard débordant de questions.

«Pourquoi maintenant?

Première question.

«Mieux vaut tard que jamais.

«Qu'attends-tu de nous?

Deuxième question.

«Que tu tues face de serpent. Je crois que je ne suis pas le seul à attendre ça.

Hermione, prise d'un fou rire nerveux manqua de s'étouffer avec son thé. Elle s'en renversa la moitié dessus. Tous les regards se posèrent sur elle mais celle-ci ne releva pas.

«Désolé, dit-elle simplement avant de se lever pour aller se changer.

Elle était vraiment habillait comme un elfe de maison, pensa l'intrus en la regardant partir.

«Tu comptes participer? Reprit Harry, toujours aussi sérieux, quant à lui.

Troisième question.

«J'ai déjà donné je crois, répondit Draco en s'affalant un peu plus sur sa chaise, les bras croisés. J'ai sauvé ta chère et tendre, l'autre miss-je-sais-tout et Luna. Elle est d'ailleurs là pour en témoigner, dit-il en la pointant du doigt.

«Ce qui revient à la question: Pourquoi? Lança le rouquin.

La petite blondinette, assise à côté du beau blond, posa sa main sur son bras, l'incitant à parler franchement.

«J'ai décidé de prendre ma vie en main, de ne plus être un pantin qu'on manipule à sa guise. Je n'ai jamais choisis de grandir dans une famille de mangemorts. Au début, je croyais que c'était la vie que je voulais mais c'est parce que je ne voyais pas d'autre horizon. Mon père est mooo...

Il s'arrêta dans son explication en voyant revenir une jolie brune vêtue d'un short en jeans et d'un top blanc près du corps. Mais cette brune n'était autre que Granger. Comment arrivait-elle à passer de dépareillée à magnifique. Comment ce faisait-il qu'il ne l'ait jamais remarqué?
"Magnifique?!". Draco se gifla mentalement et voulut reprendre comme si de rien était, mais Harry et Ron s'étaient lancés un regard plein de sous entendus en voyant cette réaction.

«Mon père est mort et j'ai pris conscience de ce que je voulais vraiment. Etre libre et mener ma vie telle que je l'entends. Le regard que je posait sur le monde a changé. Je n'ai jamais vraiment adhéré aux idées de mon père et à celles de Voldemort. Je ne crois pas à la supériorité du sang, ajouta-t-il en jetant un regard vers la Gryffondor.

«C'est un très beau discours mais qu'est-ce qui nous permet de croire qu'il est vrai? Poursuivit Harry.

Cinquième question. Hermione soupira, agacée par le comportement de Harry.

«Rien ne prouve que je dis la vérité mais rien ne prouve que je mens. Tu le verras par toi-même.

«Je suis sûre qu'il pourra nous être d'une grande aide. Il est en contact direct avec vous-savez-qui, expliqua Luna. Il n'est pas si méchant que ça! Et en plus il est mignon.

La tête de Draco se tourna en un quart de seconde vers la jeune fille, horrifié et Ron éclata d'un grand rire rauque qui anima la maison entière et déclencha des hurlements au première étage.

«Sang de Bourbe! Traîtres à leur sang! Vous salissez ma maison! Aaaahhhhh! Vils créatures!

«En parlant de créatures, où est Kreattur? Demanda Hermione, ses deux mains plaquées sur ses oreilles. Il faut la calmer avant qu'elle nous rende tous dingues!

L'elfe apparu et s'empressa d'aller sur le palier du premier étage pour parler à sa maîtresse. Les cris s'atténuèrent peu à peu et la maison redevint silencieuse. Peut-être trop silencieuse...

«Vous ne voulez pas manger? Demanda une petite voix alors que tout le monde commençait à sortir de la cuisine. Moi, j'ai faim!

La jeune Granger se retourna vers Gabrielle et l'attrapa par un bras en souriant.

«On va faire à manger, rassura-t-elle.

«Je veux bien...

«Hors de question! Trancha Hermione alors que Ron se proposer pour aider. Tu as déjà failli faire exploser le four de ta mère alors ça ira!

"y a pas des elfes de maison pour ça?", se demanda le prince de serpentard.

«Mais..., insista le rouquin.

«Ronald Bilius, hors de cette foutue cuisine!

A cette phrase, le blond explosa de rire.

«Bilius! S'exclama-t-il en pointant Ron du doigt. Bilius!

«C'est bon, ça va! Grommela celui-ci, devenu rouge comme une pivoine.

La jolie brune contempla la scène depuis le fond de la cuisine et ne put s'empêcher de poser ses yeux sur son futur ancien ennemi. Aussi improbable que cela pouvait paraître, il avait de l'humour et il était charmant quand il n'avait pas son masque d'indifférence.
"Charmant!?", Hermione se sermonna intérieurement avant de reprendre le court de ce qu'elle faisait.

La cohabitation avec un serpentard n'était pas de tout repos.
Le deuxième jour, il avait eu le don de faire sortir Hermione Granger de ses gonds avec ses réflexions sur tout et n'importe quoi. Il n'aimait pas la chambre qu'on lui avait assigné, la trouvant trop petite, même si elle avait appartenu à un serpentard. Il n'aimait pas la nourriture et détestait, par dessus tout, le chat infernal de celle-ci.

Alors qu'il venait de prendre une douche, le jeune homme alla chercher sa chemise posée sur son lit. Il traversa les deux mètres qui le séparait du lit et vit, non sans stupeur, cette immonde boule de poils se prélasser sur la dit-chemise.

«GRrranGErrr! Hurla-t-il à travers toute la bâtisse, fou de rage.

L'appelée venait de finir de se lisser les cheveux et tenta de se contenir tant cette voix l'irritait. Elle gravit les quelques marches qui la menaient au troisième étage et entraDANS LA CHAMBRE.

«Quoi? S'écria-t-elle en arrivant.

Le temps d'observer la situation et le degrés de tension, elle attrapa son chat et le serra contre elle. Celui-ci écrasait doucement sa poitrine légèrement dévoilé dans le décolleté de sa chemise. Le serpentard ne manqua pas le spectacle et la jeune femme le remarqua.

«Mais va s'y! Te gènes pas! Cracha-t-elle, désabusée.

«Pour une fois qu'il y a quelque chose de potable à regarder chez toi! Répliqua-t-il avec son fameux sourire en coin.

«Serait-ce un compliment, Malefoy?

«Pas le moins du monde, potable pour toi c'est suffisant.

La jeune femme tapa du pied et fit volte face, folle de rage.

Avec Ron non plus, ce n'était pas facile. Les deux sorciers n'arrivaient pas à se supporter. Dans l'après-midi du quatrième jour, Ils se retrouvèrent seuls avec Gabrielle dans le petit salon. Sur une petite table en bois était posée une coupe dans laquelle il y avait des bonbons, mais cet après-midi là, il n'en restait qu'un. Draco l'attrapa et le jeune Weasley ne put s'empêcher de râler.

«Qu'est-ce qui va pas Bilius? Interrogea le serpentard. Tu le voulais pour la gamine que tu surveilles? D'ailleurs, c'est qui elle? Hein, t'es qui? Insista-t-il en se retournant vers la concernée.

«Je..., euh. Je ne sais pas. Je ne sais plus! S'écria-t-elle avant de sortir en courant.

Ron se leva en une seconde, pris au dépourvu.

«C'est tout ce que t'es trouvé? Renchérit Draco.

Ronald se rassit et lui répondit avec un regard de dédain.

«Une vraie hystérique celle-là! T'es pas capable de te taper de vraies femmes Bilius?

«J't'emmerde la fouine! Je crois m'en être tapé bien plus que toi! Pendant que tu jouais le bras droit de la face de serpent moi je m'amusais!

Le jeune Malefoy esquissa un sourire.

«Je...

«Faut que Fleur et Bill viennent pour Gab'. Elle a besoin de soutien, coupa le rouquin, plus pour lui même.

Il se leva du fauteuil pour la deuxième fois et s'avança vers le couloir.

«Cool, Fleur. J'ai toujours eu envie de me la faire.

Ron se stoppa net dans son élan et se tourna à nouveau vers l'intrus.

«C'est ma belle sœur, sale blondasse! Mon frère te brisera en deux si tu oses la toucher!

La présence du nouveau ne gênait pas Harry autant qu'elle gênait les autres occupants mais quand ils se mettaient à parler Quidditch, pour parler d'autre chose, la discussion avait tendance à s'envenimer.
Tout comme son meilleur ami, Harry supportait l'équipe des Canons, ce qui avait le don de faire ricaner le serpentard.

«Ils n'ont jamais gagné!

«21 fois! Pour être exact! Rectifia l'attrapeur de Gryffondor.

«Ouais, au 19ème siècle! T'es surement allais fêter la victoire avec eux! Les Pies! Ca c'est une vraie équipe!

«Oh, c'est vrai, excuses-moi, tu t'y connais au Quidditch! Combien de fois as-tu apporté la victoire à serpentard contre moi?

«La plupart du temps tu pouvais pas jouer! Fallait toujours que tu trouves quelque chose d'improbable.

«T'étais plus souvent par terre sur le cul que moi! Renvoya Harry. Et je n'ai pas payé pour rentrer dans l'équipe, moi!

«Je me serais bien passé de ça vu qu'à chacun de mes faux pas j'avais droit à un doloris de mon paternel.

Cette révélation jeta un froid dans la pièce. Hermione leva les yeux de son livre et trouva ceux de son meilleur ami. Un silence troublant remplit le salon. Seul le crépitement du feu atténuait l'ambiance pesante.

Jamais la maison des Black n'avait eu autant d'émotions à la fois. Le portrait de Mrs Black ne cessait de donner de la voix, parfois même en pleine nuit, pour réveiller tout le monde. Au cinquième jour, le tableau se vit brûler par Harry, n'y tenant plus.
Ses réactions étaient devenues brutales et surprenaient beaucoup ses amis qui, eux, tentaient de rester calmes. C'était assez dur comme ça pour se laisser en plus emporter.