Chapitre 11 - A court de mots
Jack passa le reste de la matinée à essayer de trouver la position du tireur ainsi que des indices sur son identité. Tony avait pris de nouvelles photos pendant que Ziva collectait des indices, pour Abby. Gibbs mit fin à leurs recherches et proposa d'aller déjeuner. Jack refusa car il devait aller voir Carter, puis prendre des nouvelles de Daniel. Rendez-vous fut pris pour la fin d'après-midi, dans les locaux du NCIS.
Ziva attrapa Tony doucement par le bras.
-"Ça va Tony ?" demanda-t-elle.
Elle avait surpris le geste de Tony quand il avait voulu s'avancer vers Sam, pendant la petite scène du colonel. Elle se sentait mal pour la jeune femme.
-"Oui, merci. Et toi ?" demanda Tony, surpris.
-"Tu sembles beaucoup tenir à elle..."
-"Ziva, ce n'est pas ce que tu crois" soupira Tony.
Lui-même partageait une drôle de relation avec sa collègue. Il ne savait pas non plus sur quel pied danser, tout comme sa sœur et son colonel.
-"Ta vie privée ne me regarde pas, mais fais attention. Son supérieur ne semble pas être un homme facile. Il est à la fois surprotecteur avec elle et très sévère. J'ignore ce qui se passe entre eux mais il risque de ne pas voir ton intrusion d'un bon œil."
Ziva avait visé juste mais elle se trompait sur la nature de sa relation avec Sam. Tony lui fit son sourire ravageur.
Jack entra dans sa chambre d'hôtel et frappa à la porte de séparation. Sam ouvrit après quelques instants et Jack remarqua ses yeux rouges et sa tenue propre.
-"Mon colonel" salua-t-elle, au garde-à-vous.
-"Repos Carter" dit Jack, en soupirant, s'en voulant à lui-même.
-"Merci, monsieur" répondit-elle, en tournant les talons.
Jack la suivit et la regarda entrer dans la salle de bain, pour rincer son chemisier blanc.
-"Pourquoi ne le donnez-vous pas à la blanchisserie de l'hôtel ?"
-"Le sang se lave à l'eau froide, donc je le rince avant de leur donner."
-"Carter, vous n'êtes pas responsable pour Daniel. Je n'aurais pas dû insinuer que c'était votre faute."
Sam ne dit rien et ne se tourna pas non plus. Le silence s'installa alors que Sam lavait toujours ses affaires. Jack semblait vouloir parler mais Sam n'était pas décidée à lui pardonner si facilement son comportement. Elle ne pouvait pas lui faire de reproches directs car il restait son supérieur mais elle savait comment lui faire payer.
-"Carter, est-ce que je vous en demande trop ?"
-"Pardon, monsieur ?"
Cette fois, Sam se retourna, laissant tremper sa chemise dans le lavabo. Elle attrapa une serviette pour se sécher les mains.
-"C'est quelque chose que Teal'c a dit. Ça et aussi que je ne vous remerciais jamais. C'est vrai ?"
-"Vous n'avez pas à le faire, je suis votre subordonnée. J'obéis aux ordres, je n'ai pas à attendre de remerciements."
-"Et pour le reste ?"
-"Monsieur, permission de parler franchement ?"
-"Carter, pas la peine de demander."
-"Tout le monde semble penser que j'ai des solutions à tout, le général Hammond et vous y compris. Quand la Porte ne fonctionne pas, tout le monde est en effervescence, jusqu'à ce que j'arrive et là, tout le monde déserte, comme si j'avais une solution miracle à chaque chose. Alors oui, je suis obligée de repousser mes propres limites toujours plus loin, pour vous satisfaire. De quoi aurions-nous l'air ?"
-"Que voulez-vous dire ?"
-"Mon colonel, vous avez mis la barre tellement haut que je ne veux pas vous décevoir et encore moins faillir à notre réputation. SG1 est portée en haute estime par nos pairs mais aussi par d'autres civilisations. Ne pas vous satisfaire, vous, reviendrait à admettre que nous sommes faibles... Que je suis faible."
-"Quoi ? Mais..."
Pour la première fois depuis longtemps, Sam avait coupé la parole de Jack, sans l'interrompre. Il était littéralement à court de mots et même de pensées. Sam savait qu'il ne s'excuserait pas, il n'avait pas à le faire étant colonel de l'Air Force mais les expressions qui passaient sur son visage, et qu'il n'arrivait à pas à cacher, étaient sans prix. Il réussit finalement à dompter ses émotions et à prendre une voix calme et détachée.
-"Vous êtes le meilleur second que je n'ai jamais eu. Vous avez une grande carrière devant vous et même si je ne le dis pas assez souvent à votre goût, je suis fier de vous."
Ce fut au tour de Sam de rester sans voix.
-"Merci monsieur" finit-elle par dire.
-"On va voir Daniel ?" proposa le colonel, pour changer de sujet.
Sam se demanda comment Jack était rentré à l'hôtel mais ne lui posa pas la question, elle lui donna les clefs de leur voiture de location. La jeune femme était ballottée entre des sentiments contradictoires et devait les classer dans son esprit afin d'y voir plus clair. Jack comprenait son esprit analytique, à défaut de le percer à jour, et la laissa réfléchir en silence.
