Disclaimer : Merci à JKR de me permettre de profiter de ses personnages.
Avertissement : attention, ceci est un slash : lemon à venir.
Mood : protège-moi de Placebo
11. Protège moi.
Cette fois, dans son rêve, il était dans un couloir de Poudlard, c'était la nuit, et il avançait tenant une bougie du bout des doigts. Tout était sombre, il faisait froid. Les portraits le dévisageaient avec réprobation. Il ne reconnaissait pas exactement les lieux, mais il était sûr d'être à Poudlard.
Il y avait une silhouette qui avançait devant lui, relativement loin. Il la suivait, se fiant à la faible lumière de sa lampe, sans bien savoir pourquoi. Il sentait qu'il n'avait pas le choix.
Au bout d'un temps qui lui parut infini, la silhouette ouvrit une porte et entra. Harry resta quelques instants immobile devant cette porte, à l'observer. Il était déjà venu ici, il en était sûr, mais quand ?
Finalement, il entra, et reconnut les appartements de Rogue. Ce dernier l'attendait, l'air sombre, assis sur un fauteuil, près de son lit, et lui fit signe d'entrer.
Harry fit un pas, comme hypnotisé, et avança jusqu'au lit. Il y avait une forme allongée sous les draps. Une odeur entêtante flottait dans l'air : l'eucalyptus. Rogue montra le lit avec sa main.
Lorsqu'il souleva le drap, Harry frémit : c'était lui-même qui était couché, atrocement mutilé par des dizaines de plaies. Il avait été soumis au Sectumsempra, apparemment. Il semblait inconscient.
Rogue lui dit :
« Désolé, Potter, mais j'ignore qui vous a blessé. Il n'y a que vous à le savoir. Personne d'autre ne peut vous guérir…Je vous avais pourtant prévenu. Il faut vous débrouiller seul.»
Il lui fit signe de s'allonger. Harry obéit, incapable de résister. Dès qu'il toucha l'oreiller avec sa tête, il sentit une chaleur intense s'emparer de lui. En même temps, il était assailli par la sensation de coupures glaciales sur son visage et sa poitrine, qui le firent frissonner.
Les plaies étaient purulentes, brûlantes. Sa tête tournait, ses idées s'embrouillaient. Il sentait son sang s'écouler, lentement. Il ne pouvait pas se soigner seul, c'était impossible. Il allait mourir, s'il ne faisait rien. Il fallait que quelqu'un l'aide…
Alors il appela : « viens…aide-moi ». Mais personne ne venait. Il ne pouvait presque plus bouger, ni ouvrir les yeux. Il était aspiré dans un tourbillon noir. Ses larmes se mêlaient au sang qui coulait sur son visage. Des milliers d'aiguilles cisaillaient son corps. Il allait mourir.
Cà ne pouvait finir comme çà. Pas maintenant. Il avait encore tant de choses à faire, tant de luttes à mener. Dans un dernier effort, il se concentra et appela au secours de toute son âme, sans pouvoir articuler un mot. Un cri étouffé sortit de sa gorge.
Enfin, il sentit une présence. Des mains sur son visage.
Un chuchotement : « Chut, Harry.…C'est un rêve, ne t'inquiètes pas. »
- Aide-moi…par pitié.
- Mais non, c'est juste un cauchemar…. Cà va passer. Respire.
- Mais je ne peux pas, je ne peux pas ouvrir les yeux…je vais mourir…gémit-il. Soigne-moi.
- Tu n'es pas blessé, Harry. Tu rêves. Détends –toi, souffla la voix.
Il secouait sa tête, essayant de chasser son malaise. Il avait toujours atrocement chaud. Il passa sa main sur son visage, et sentit qu'il était couvert de sueur. Heureusement, il ne détectait aucune coupure sous ses doigts. Le malaise commençait à se dissiper.
Il se dégagea de ses draps et couvertures difficilement. Il n'arrivait toujours pas à ouvrir les yeux. Toujours cette maudite potion. Il essayait désespérément de reprendre ses esprits. Qui était avec lui ? Il ne reconnaissait pas cette voix, pourtant vaguement familière.
Il demanda doucement :
- Qui es tu ?
- Tu te sens mieux ?
- Oui. Qui es tu ?
- Alors je dois partir…désolé…murmura l'autre en se relevant.
Soudain Harry eut la sensation d'une perte, d'un vide en lui. Il ne voulait pas rester seul et replonger dans son cauchemar. Tout sauf çà…Il attrapa le bras de son visiteur.
- Non, reste…reste. Ne me laisse pas seul. Viens. Viens à côté de moi, chuchota Harry.
- Non, non…Je ne peux pas. Il ne faut pas.
- Viens juste quelques minutes dans mon lit, insista Harry d'une voix pressante. S'il te plaît…je me sens si mal…juste deux minutes.
- Ne me demande pas çà…demain, on le regrettera.
- Viens, répéta Harry en frissonnant.
- Non…s'il te plaît. Pas cette fois.
- Viens, insista Harry en le saisissant par le bras et en le tirant vers lui.
Finalement il sentit que son visiteur se couchait à côté de lui, évitant soigneusement de le toucher. Mais lui avait chaud, très chaud, et il voulait partager cette envie. Il se sentait embrouillé : il avait cru mourir, quelques minutes avant, et maintenant il brûlait de vivre, de profiter de cette sensation ardente.
- Pourquoi tu ne viens pas contre moi ?
- Si on nous surprend…Dumbledore nous surveille…
- Chut ! Ne dis rien….murmura Harry en se lovant contre le corps chaud contre lui.
Il ressentait de la gêne et de la réticence chez l'autre garçon. Pourquoi n'était-il pas tendre, comme la veille ?
Il approcha son visage du cou de l'inconnu et respira à nouveau une subtile odeur de vanille. Il sourit…il reconnaissait cette odeur, il reconnaissait cette peau, il avait envie de l'embrasser, la lécher, la mordiller.
Il avait envie des caresses de la veille, et de beaucoup plus…il avait une faim terrible de cette chair tendre, d'un coup. Son corps criait de désir.
Il posa ses lèvres délicatement à la base du cou et aspira la peau avidement, afin de la marquer. L'autre secouait la tête, essayant de se dégager, sans beaucoup de réussite.
Puis sa bouche chercha dans l'obscurité celle de son partenaire, et il la prit avec vigueur. Il entendit un gémissement étouffé lorsque l'autre garçon amorça un mouvement de recul.
Mais Harry était bien décidé à assouvir son désir et l'emprisonna de ses jambes. Il l'attrapa en même temps par les poignets pour l'empêcher de bouger et eut une brutale flambée de désir. Ce geste lui rappelait tellement de choses ! Le corps offert de Drago, la première fois….
Il savait maintenant qu'il ne rêvait pas. Certes son esprit flottait toujours dans un brouillard épais, sans reconnaître son partenaire, mais çà n'avait plus d'importance. Son corps était bien réveillé, et plein de vigueur. Et il savait exactement de quoi il avait envie, même si c'était totalement interdit. Il ne se maîtrisait plus, de toute façon.
Son corps maltraité réclamait sa revanche, et il sentait une force brutale, irrépressible l'envahir.
Tous ses muscles étaient tendus vers un seul objectif : se repaître de la chair de son visiteur, et pourquoi pas de son âme…
Son sexe était tellement tendu que c'en était douloureux. Il se frottait sans retenue contre le ventre du garçon qui essayait de se libérer, mais ne restait pas insensible aux assauts d'Harry. Une bosse prometteuse se formait sous le pyjama.
Sa bouche affamée dévorait sans retenue le cou et les épaules, puis agaça les tétons dressés. L'autre hoqueta, puis gémit à son tour lorsqu'Harry les pinça. Il le sentait perdre la tête à son tour, et continua son exploration du corps captif sous lui.
Sa main glissa rapidement sur le ventre et les hanches, s'engouffra sous la fine barrière du pyjama et saisit fermement le sexe dressé. Le garçon ainsi emprisonné sursauta et poussa une plainte rauque : « Non. Pas comme çà. ». Mais Harry n'écoutait rien, que son corps affamé.
Il entreprit des gestes de va et vient soutenus sur la verge dressée, presque brutaux, tout en passant son autre main sous les bourses du garçon, qu'il malaxa et serra. La réaction fut immédiate, et une décharge électrique vint secouer le bassin sous lui. Il sentit des doigts se crisper violemment sur ses épaules.
Ce corps à corps intense lui donnait l'impression de vivre, enfin, d'être le plus fort. Plus la victime. Il tenait sa revanche.
Il voulait tout, tout…l'aimer, le faire jouir, le faire pleurer de plaisir. Il voulait rattraper tous ces jours de frustration, d'indifférence.
Tandis que sa bouche descendait sur le corps allongé sous lui, avide, impatiente, il sentit des mains dans ses cheveux, et un soupir :
« Doucement… s'il te plaît… ». Mais Harry était trop pressé pour écouter. Il voulait tout, tout de suite. Il se passerait de toute autorisation. Il en avait trop envie, depuis trop longtemps.
Goulûment, il prit le sexe dans sa bouche. Encore un gémissement : « Doucement… ».
Il s'acharna sur la verge longuement, avec ses mains, sa langue, se laissant guider par son instinct. Il se rappelait intuitivement le sort qu'il avait lui-même subi quelques jours auparavant, et reproduisait ces gestes, en décuplant d'ardeur. Il le suçait avidement, puis laissait sa langue courir tout le long du membre avant de remonter sur le gland écarlate. Son propre sexe était également gonflé de désir, et il devait faire attention de ne pas se frotter à l'autre car il aurait joui immédiatement, et il ne voulait pas. Pas de cette manière.
Encouragé par les gémissements de plaisir de son partenaire, trempé de sueur, tenaillé par l'envie de le posséder enfin, de jouir en lui, enfin, il fit glisser sa main entre ses fesses. L'autre se crispa et s'immobilisa.
Harry humidifia rapidement ses doigts en les glissant dans la bouche de son amant, qui lui souffla :
« Non. Pas comme çà, pas maintenant. S'il te plaît. Je ne veux pas. ». Mais Harry ne voulait rien savoir. Il introduisit un doigt en lui, et l'autre gémit douloureusement : « Non, non. je t'en supplie, Harry ».
Dérangé par cette nuance de douleur dans la voix, il hésita. Il le sentait tendu à l'extrême, réellement apeuré. Une petite voix dans sa tête lui soufflait qu'il ne devait pas aller trop loin, que ce serait mal. Mais il en avait tellement envie…
L'autre profita alors de cette hésitation pour reprendre l'avantage. Il se pencha, attrapa rapidement la verge d'Harry dans sa main humide et il commença à le masturber. Puis il approcha ses hanches et saisit dans sa main son propre sexe et celui d'Harry, les serrant fermement l'un contre l'autre, tout en continuant ses mouvements lascifs.
La sensation d'un autre sexe gonflé contre le sien, intimement comprimé dans une main ferme et habile amena Harry aux portes de la jouissance. Encore une sensation inédite et bouleversante. L'autre main du garçon rejoignit la première, augmenta encore sa pression autour de leurs verges, et Harry gémit sourdement. Il n'avait jamais été maltraité comme çà, mais c'était divinement bon.
Lorsque leurs glands échauffés, humides, se frottèrent l'un à l'autre sous la caresse vigoureuse de son amant, Harry sentit le plaisir exploser en lui. Il jouit à longs jets brûlants, inondant les mains jointes. Les spasmes de l'autre lui indiquèrent que son partenaire en faisait autant, en silence.
Il n'eut pas le temps de se remettre de ses émotions que déjà il était à nouveau seul dans son lit. Son visiteur avait fui rapidement, sans un mot, sans un geste. Les draps étaient sales, son ventre poisseux et il avait l'impression d'émerger d'un brouillard.
Etait-ce lui qui s'était jeté sur le corps de ce garçon ? Une fois de plus, il maudit l'effet de la potion, qui l'avait entraîné dans un autre délire.
Et il n'était même pas sûr que c'était Drago…si, il en était sûr, tout au fond de son cœur. Il sourit doucement. Cette peau veloutée, ces cheveux fins, ce parfum raffiné, çà ne pouvait être que lui. Quoique…il décida de ne plus s'interroger. Trop tard, de toute façon.
Sous l'effet de toutes ces sensations positives, il se sentait enfin bien, physiquement. Soulagé.
Mais il rougit au souvenir de ce qu'il avait voulu faire. D'où lui venait une telle idée ? Rétrospectivement, il avait honte de sa brutalité, de la violence de ses désirs. Evidemment, il y avait la potion, mais quand même…Il n'avait jamais pensé à çà, avant.
Est-ce qu'il était en train de devenir fou ? Il y a quelques semaines il n'aurait même jamais soupçonné qu'il pouvait être attiré par un garçon. Qu'est-ce qui s'était passé ? Qui l'avait envoûté ?
Il soupira et mit ses bras autour de son oreiller. Une délicate odeur de vanille subsistait. Il s'endormit, le nez enfoui dans l'oreiller.
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Le lendemain il retourna en cours, relativement tranquille. Il ne s'attendait pas à ce que Malefoy réagisse à son retour, et d'ailleurs, il ne le fit pas.
« Tout va bien, pensa Harry avec une certaine philosophie. La nuit on se saute dessus et le jour on s'ignore. Normal… ».
Neville, en revanche, paraissait nerveux et mécontent. Il ne vint pas le saluer, et Harry ne le fit pas non plus, légèrement inquiet. Et si ..? Il chassa cette idée.
Il avait également l'impression que Rogue le dévisageait bizarrement. Etait-il au courant, ou Harry devenait-il paranoïaque ?
Il fut heureux de constater que Ron et Hermione, eux, étaient vraiment contents de le revoir. Ils reprirent leurs habitudes comme si rien ne s'était passé.
Mais comment croire que rien ne s'était passé alors que Malefoy semblait perdu sans ses deux acolytes, et que Neville lui faisait la tête ?
Il apprit que Crabbe et Goyle avaient finalement été exclus de Poudlard, mais que Malefoy, lui, avait été épargné, faute de preuves et grâce à l'intervention de son père.
A la sortie du dernier cours, il le vit se diriger vers la bibliothèque. Sans prendre le temps de réfléchir, il le suivit. Maintenant que les deux idiots étaient partis, il pourrait lui parler, seul à seul.
Il avait besoin de savoir, absolument. Savoir si c'était lui son visiteur. Savoir ce qu'il avait voulu lui dire par « Faut arrêter. »
Le coeur battant, il le dépassa en courant, et se dissimula dans un virage.
Lorsque Drago passa, il l'attrapa par le bras et le tira à lui sans ménagement, dans un coin sombre.
« Maintenant, il faut qu'on parle, Malefoy » dit-il, en le fixant intensément.
A suivre….
Merci de m'avoir lue, et merci à tous ceux qui m'ont laissé une review…
Merci d'avance à tous ceux qui m'en enverront une…
