Chapitre 10 :
Les deux jeunes filles se mettent dos à dos pour pouvoir assurer les arrières de l'autre en cas d'attaque.
Quelques instants plus tard, un coup de feu se fait entendre dans l'immeuble d'Uriah.
Mais les filles sont dans l'incapacité de bouger : elles sont encerclées.
Le corps d'un des traîtres Audacieux s'effondre au sol. Immédiatement, nous armons tous nos armes.
-On encercle l'immeuble,j'entends à travers mon oreillette. Et deux filles.
-Ok, je réponds simplement.
Tout de suite après la bagarre commence entre mes hommes et ceux de Max.
-Vous savez vos ordres, appliqué les ! je crie à mes hommes.
Les adversaires commencent à tomber un à un sous nos balles.
Je me cours vers Max pour l'empêcher de fuir, en esquivant les coups ennemis.
Du coin de l'œil, je vois un Convergent en difficulté, je m'arrête, je vise et je tire sur son adversaire à l'épaule. Pas assez près du cœur pour le tuer mais assez inattendu pour que le Convergent reprenne l'avantage. Sans même regarder la suite du combat, je reprends ma course vers le leader de mon ancienne faction. J'arrive derrière lui et je le braque avec mon arme.
-Max !
Il se retourne et s'approche.
-Oh… Tris. Tu es encore en vie. C'est embêtant.
-Et que devrais-je dire du fait de Jeanine existe ? je lui rétorque.
Il grimace.
-Elle n'est pas Divergente elle au moins. Elle n'est pas une imperfection du monde.
Cette insulte… Je ne dois l'écouter, pourtant ma rage enfle d'un coup, je range mon arme et balance un poing dans le visage de Max qui l'esquive en reculant. Sans suivi un combat assez mémorable. Alors qu'autour de nous les coups de feu résonnent, nous commençons à nous battre. Il s'approche et met tout son élan dans un coup de poing. Au moment où son corps part en avant, je me baisse et je le frappe à l'estomac, juste au-dessus du nombril. Sans lui laisser le temps de me toucher, je me glisse de côté, les poings relevés, prête pour sa prochaine attaque.
Il ne parle plus. Il me fonce dessus comme pour me renverser et je l'évite d'un bond. J'entends la voix de Quatre dans ma tête, qui me dit que mon arme la plus puissante est mon coude la voix de Steve, qui me dit que je suis forte les voix de Thomas et d'Éric, qui plaisante tout le temps avec mes techniques de combat. Je n'ai plus qu'à m'en servir aujourd'hui. Je pare le coup suivant avec l'avant-bras. Ça fait mal, mais je n'y pense pas. Il serre les dents et lâche un grognement de frustration, plus bestial qu'humain. Il essaie sans conviction de me balancer un coup de pied dans les côtes. J'esquive, et avant qu'il ait retrouvé l'équilibre, je me jette sur lui en visant son visage avec mon coude. Il recule juste à temps et je ne l'atteins qu'au menton. Il me laboure le thorax et je me dégage sur le côté en reprenant mon souffle. Il y a forcément une faille dans sa garde. Je cherche à le frapper au visage, mais ce n'est pas la bonne tactique. Je l'observe pendant quelques secondes. Il tient ses poings trop hauts ; ils lui protègent le nez et les joues, mais laissent son ventre et ses côtes exposés. Max a le même défaut que j'avais après l'initiation.
Nos yeux se croisent l'espace d'une seconde.
Go. Je lance un uppercut au-dessus de son nombril. Mon poing s'enfonce et je l'entends expulser l'air en un bloc compact. J'en profite pour lui faucher les jambes et il tombe lourdement en faisant voler la poussière.
-Six ! crie un Convergent.
Cette intervention me distrait du combat. Je relève brusquement la tête et cherche celui qui m'a appelé.
C'est Akim qui est à l'étage avec un arc. Il me désigne un coin de la pièce. Uriah. Je sens mes yeux s'écarquillés.
Du coup mes jambes se dérobent sous moi et mon dos touche le sol dans un bruit mat. Je tourne ma tête à droite et je vois Max s'approcher.
-Un conseil ne baisse jamais ta garde.
-Monsieur ! crie un traître Audacieux à l'intention de Max.
Il me jette un dernier regard et cours vers cinq de ses hommes qui l'attendent.
Doucement, je me lève mon dos me fait souffrir.
Uriah.
Je relève brusquement la tête vers l'endroit qu'Akim m'a désigné auparavant. Des traîtres encerclent Uriah et se battent contre des Convergents mais aucun n'arrive à entrer dans leur cercle. L'Audacieux traître le plus en centre du cercle sort son arme et tire sur le Convergent qui s'effondre au sol. Le rang de traître se resserre lorsque celui qui vient de tirer recule et se tourne vers Uriah pour le braqué de son arme.
Ce mouvement me ramène les pieds sur terre. Je m'élance vers eux en ignorant la douleur de mon dos où je sens un liquide coulé. Je m'arrête à mis parcoure avant de reprendre ma course… en faisant trois roue et, arrivant juste devant le groupe des traître Audacieux, j'exécute un magnifique salto pour atterrir sur les épaules de l'homme, qui, il y a une seconde, braquait Uriah que j'évite d'ailleurs de regarder.
De surprise, l'homme lâche son arme et essaye de se débarrasser de moi. Ce qui ne marche pas, c'est comme faire du rodéo avec une sensu. Je sers mes cuisses pour serrer son cou, donne un coup dans son bas ventre avec mes talons pour ensuite les crocheter autour de sa taille et partir en avant, faisant une roulade. L'homme, quelque peu surpris, me suis dans ma roulade. J'entends l'air sortir de ses poumons lors de sa chute. Je me retourne pour être à califourchon sur lui et lui bloque l'artère qui amène le sang vers la tête et sa respiration grâce à des mouvements rapides avec les mains. Dans une minute, il sera mort.
Je me relève sans faire attention à Uriah et regarde autour de moi. Il reste seulement quelques Audacieux, les autres peuvent s'en charger. Je vais vers le Convergent toucher par balle juste avant mais ne le trouve pas. Je tourne sur moi-même, ne faisant pas attention au chaos, et le voit ramper vers un mur.
Je souffle de soulagement, il n'est pas mort. Je coure vers lui et lui touche l'épaule. Il tourne la tête, les yeux écarquillés. Il souffle mon surnom et se retourne.
-Où es-tu blessé ? je lui demande.
Il grimace en amenant sa main droite à l'épaule gauche.
-L'épaule gauche.
J'examine vite sa blessure.
-Elle n'est pas mortel, mais tu as perdu du sang. Tu peux te lever ?
-Oui… Je crois si tu m'aides.
Je l'aide difficilement à se lever et l'amène vers les escaliers où deux autres Convergents le prennent en charge.
Lorsque je me retourne les derniers Audacieux traîtres courent vers la sortie. Je souffle puis dis dans mon oreillette :
-Ennemis voyant neutralisé. Equipes deux restez dehors avec les inconnues en attente de confirmation.
-Ok, Six. T'es vachement sérieuse, me fais remarquer Steve.
Je soupire.
-Mon passé me rattrape, je lui confie. On vérifie qu'on est seul à l'intérieur avant que vous entreriez.
-Ok, me répond-il.
-Éric, Leyl, on est tous dans au rez-de-chaussée, vous pouvez faire un contrôle pour vérifier que nous sommes les seuls dans le bâtiment ?
-Oui, répondent-ils en cœur.
-Six, on a réussi à ce branché sur la fréquence radio des Erudits, faut que t'écoutes ça, j'ai fait un enregistrement.
Il lance l'enregistrement :
-Les résistants ont pris le bâtiment, et ils ont éliminé les trois quarts de l'équipe que j'avais avec moi.
C'est la voix de Max. Alors comme ça il croit que nous sommes des résistants ? Intéressant.
-Hum, hum. C'est embêtant, en effet.
Cette voix… Brrrr, c'est Jeanine, rien que de l'entendre, mes poils s'hérissent.
-Connaissons-nous certains résistants qui y étaient ? demande-t-elle.
-Oui. Beatrice Prior était présente. C'est d'ailleurs la seule que j'ai reconnu, confirme Max.
Un grésillement termine l'enregistrement d'Éric.
Je souffle.
-On dirait bien que notre chère Jeanine sait que je ne suis pas morte.
Je jette un coup d'œil à Uriah qui me fixe depuis un moment déjà, la bouche grande ouverte.
-Ferme ta bouche, tu vas gober les mouches, je lui lance.
Il ferme la bouche. Je souris intérieurement mais ne le montre pas, je dois lui faire croire que j'ai changé. Dans le mauvais sens.
-Détaches le, j'ordonne à un de mes hommes.
Il hoche la tête.
Une fois détacher mon ancien ami court vers moi. Les Convergents à mes côtés se raidissent et se prépare à réagir.
A quelques mètres de moi, il s'arrête de courir et marche vers moi écartant les bras. Il veut me serrer dans ses bras.
Il doit me haïr. Je hausse un sourcil et l'arrête en tendant ma main en avant pour qu'il s'arrête.
-Dispersez-vous ! j'ordonne aux Convergents.
En quelques secondes plus aucun de mes hommes n'est visibles.
-Tris… murmure le jeune homme n'y croyant pas.
-C'est Six maintenant, lui répond-elle froidement.
Il est surpris du ton employé par son ancienne amie.
-Au revoir, lui dit-elle avant de se retourner pour partir.
-Qu'est-ce que tu fais ?! Où vas-tu aller ?! Et… Et qui sont ces gens ?! Pourquoi ils t'obéissent ?! crie Uriah.
La jeune fille s'arrête de marcher et rigole d'un rire… Méchant ?
Son rire s'estompe brusquement.
-Je n'ai pas à répondre à tes questions, mais… Je vais rentrer chez moi, avec mon peuple.
-Qu… Quoi ? bégaie Uriah.
Elle baisse la tête puis décide d'arrêter la comédie.
-Ecoute Uriah, je ne viendrais pas avec toi. Des personnes sur moi là-bas et je ne peux pas les laisser.
-Mais… commence-t-il.
-Non ! Je ne veux pas savoir ! Fais comme si tu ne m'avais jamais revu et tout reviendra à la normale ! Je ne peux pas me permettre de rêver alors ne me donnes pas de faux espoirs s'il-te-plaît.
Uriah est un peu perturbé par ce changement d'attitude de la part de Tris mais ne dit rien.
La jeune fille, quant à elle, sort discrètement une seringue remplis de somnifère liquide et avance prendre Uriah dans ses bras, cachant la seringue dans sa manche.
Le jeune homme répond à son câlin ce qui provoque un sentiment de culpabilité dans le cœur de la jeune fille.
-Promet moi… commence-t-elle. Promet-moi de ne dire à personne que tu m'as vu… S'il-te-plaît, je ne veux pas leur faire de peine. Même si je ne sais pas qui a survécu, et je ne veux pas le savoir.
Uriah rompt l'étreinte pour regarder Tris, qui a le visage entre les deux mains de son ami. Le jeune homme plonge ses yeux bruns dans les yeux bleus de Tris.
-Si c'est ce que tu veux, je te le promets.
Et il la reprend dans ses bras.
-Merci, murmure-t-elle.
Six s'abandonne quelques secondes dans les bras d'Uriah, fermant les yeux et respirant son parfum. Elle sent les larmes lui monté aux yeux mais n'écoute pas son cœur en injectant le produit dans les veines de son ami. Le somnifère agis immédiatement, et le corps d'Uriah glisse sur le sol à l'aide de Tris qui tiens son visage entre ses mains.
Elle embrasse le front de son ami puis se relève en essayant ses larmes d'un geste de la main.
-Résistant neutralisé dans le bâtiment, dit-elle dans l'oreillette.
-Résistantes neutralisées à l'extérieur du bâtiment, l'informe Steve quelques secondes plus tard.
Au même moment, à l'extérieur :
-Qui êtes-vous ? lance Marlene après quelques minutes d'observation, toujours sur ces gardes.
-Pourquoi tu poses la question ? C'est sûrement des soldats de Jeanine, expose Lynn.
L'homme du milieu, leur chef (Steve) rigole.
-De un nous haïssons Jeanine de deux nous ne vous voulons aucun mal, alors poser vos armes, dit-il.
-Et tu veux un câlin aussi ? lui rétorque ironiquement Lynn.
-Comme vous voulez, dit le leader.
Il fait un signe et une fléchette remplie de somnifère atterrit dans le cou de chacune des deux jeunes filles.-Résistant neutralisé dans le bâtiment, dit la voix de Six dans l'oreillette de Steve.
-Résistantes neutralisées à l'extérieur du bâtiment, dit-il à son tour dans l'oreillette.
Quand l'équipe de Steve entre dans l'immeuble je suis en train de soigner Uriah des quelques blessures qu'il a.
Je sens Steve me dévisager quelques instants avant de faire signe à ses hommes de poser Lynn et Marlene à côté d'Uriah.
Après avoir soigné Uriah, je vérifie l'état de Lynn puis de Marlene qui n'ont rien.
Je m'en veux… J'ai dû neutralisée Uriah… J'aurai voulu lui parlé, lui raconter tout ce qui c'était passé depuis la simulation, lui dire j'avais une sœur, lui parler d'Elena, de Jennifer, de Clara, de Thomas, d'Éric, de Minho, en bref de mes amis. J'aurai voulu rester avec lui, pas lui dire adieu, j'aurai voulu rire avec lui, j'aurai voulu l'aimer comme le frère que je vois en lui. Mais en ce moment, j'ai envie de pleurer et d'oublier. D'oublier... Essayer d'oublier une personne que tu aimes, c'est comme essayer de te rappeler une personne que tu n'as jamais rencontrée, je pense amèrement.
-Je renvois une des équipe à la base ? me demande Steve, me faisant sursauter.
-Hein ? Euh oui, s'il-te-plaît.
Je jette un coup d'œil à Uriah et aux filles avant de me lever en prenant le sac de premiers secours.
-Je reviens, j'en ai pour deux minutes, dis à la deuxième équipe de se préparer à partir, je lâche à Steve.
Il fronce les sourcils avant d'acquiescer.
Sans un mot de plus, je me dirige vers la pièce secrète, la déverrouille grâce au code, au scanner biométrique et au scanner rétinien. J'entre dans la pièce puis range le sac de premiers secours dans la petite pharmacie puis je vais m'asseoir sur la chaise devant le bureau. Je sors une feuille blanche d'un tiroir, prend un stylo et commence à écrire : « Mon cher Uriah… »
ᘛᘚ
Après avoir pris à manger, les trois amis se dirigent vers un banc pour discuter.
Après un moment à se remémoré de nombreux souvenirs communs, un silence détendu s'installe.
-Alors ? demande Shauna en brisant ce silence.
Les deux garçons la regarde perplexe.
-Ce que tu as dit à Christina, tu le penses vraiment ? Si elle n'arrête pas tu la largue, pour de vrai ?
Quatre regarde ses deux amis puis acquiesce.
Zeke se lève avec les deux mains en l'air, les doigts faisant un V et commence à faire une petite danse sous les regards désespéré de son meilleur ami et de sa petite-amie.
-Tu me désespère par moment Zeke, lui avoue celle-ci lors le jeune homme se rassoit.
-Je sais, dit-il avec un grand sourire.
Les deux autres se regardent et éclatent de rire.
ᘛᘚ
On est en route pour rentrer au QG, Steve à côté de moi. Tout le monde parle joyeusement derrière et devant moi, alors que moi je réfléchis et ressens du vide en moi.
En voyant Uriah puis Lynn et Marlene, j'ai comme… je me suis sentie entière, comme si tout mon être était enfin réuni… J'ai envie de retourner là-bas, de leurs dire que je ne les ai jamais oublié et que je ne les oublierai jamais mais que la vie est faite de tempête et de naufrage qui m'ont entraîner loin de ceux que j'aime pour m'amener sur un rivage remplis de personnes merveilleuses avec qui le mot impossible est à bannir du vocabulaire et où, sur ce rivage, la plus belle des chose est l'amitié et l'unité.
Mais je sais qu'un jour je les retrouverai. Je les retrouverai, j'ai l'espoir, et l'espoir c'est vouloir quelque chose.
Sauf que l'espoir est un rêve éveillé. Et je ne peux pas me permettre de rêver, je pense amèrement.
Je soupire puis redresse la tête pour regarder devant moi.
Un jour je les retrouverai. Ce n'ai pas un adieu, mais un au revoir. Ce n'ai pas être d'un côté d'un gouffre alors qu'ils sont de l'autre. Ce n'est qu'une rupture à laquelle l'issue ne sera pas celle attendue.
« Une rupture est comme un miroir brisé. Il vaut mieux le laisser briser que de se blesser en tentant de le réparer. »
