Salut vous!

Nous espérons que la semaine a été bonne et sommes toujours aussi contents d'être lundi pour procéder à la publication d'un nouveau chapitre. Comme toujours il y a un peu d'appréhension, est-ce que vous allez aimer? Et toujours une dose d'adrénaline quand on découvre les reviews.

En tout cas nous prenons toujours autant de plaisir à partager cette histoire et vos retours n'y sont pas étrangers.

Alors nous profitons de cette note d'auteur pour vous remercier chaleureusement. Vous gérez totalement^^

Solealuna : On essaie d'être fidèles à la Beckett de Marlowe dont cela peut être un long processus^^ Après on verra dans quel ordre tout ce que tu as cité va arriver^^ Si tu avais fouillé où serait le plaisir de la découverte du lundi? C'est un peu comme aller lire la fin d'un roman policier pour savoir la fin (Castle). Une fois encore merci d'être là toutes les semaines.

Manooon : Le personnage de Lanie est un réel régal à manier. Pour ce qui est de la destination de Kate tu vas le savoir très très vite^^

Sandtoul : Oui ça serait très bien de voir plus de Lanie/Kate dans la série. En tout cas merci pour tes compliments si chaleureux. Pour les réconciliations tu verras mais ce n'est peut être pas pour tout de suite...Spoiler alert!

nero94 : On est vraiment ravis que tu adhères toujours à notre histoire. Pour la confrontation elle viendra ne t'en fais pas. Merci en tout cas.

Stanathan38 : Bien le bonjour à toi^^ Pour nous aussi la rencontre Lanie/Kate est un peu une pièce manquante. Et c'est aussi à ça que servent les fics, essayer d'imaginer ce qui a pu se passer. On est vraiment contents si les personnages te semblent fidèles à ceux de la série, c'est réellement important pour nous que de lire ça dans les commentaires. Pour le POV tu vas le savoir très vite, mais il se pourrait que tu aies raison^^ Au plaisir de te lire.

SeriesAddict76 : Hey! Oui la réaction de Kate peut se comprendre tout à fait, c'est tout de même un sacré choc. Pour les différentes confrontations ne t'en fais pas elles viendront^^ On espère d'ailleurs que ça te plaira. Merci de ta fidélité sur cette histoire en tout cas.

Lucie.M : L'attente est toujours difficile, mais parfois ça sublime certaines choses aussi^^ Ce ne sont pas Castle et Beckett qui vont dire le contraire. Quatre ans quand même, on espère que ça a été bon^^ Plaisanterie à part on est super contents que ça te plaise toujours et nous souhaitons que cela continue.

Pandora60 : Et nous nous sommes ravis de te retrouver une fois de plus cette semaine :) Oui le personnage de Lanie est une merveille et l'écrire est très satisfaisant. Et nous aimons Lanie pour les mêmes raisons que toi, notamment car elle n'hésite pas à dire des choses à Kate. Et on a totalement pensé aux différentes scènes du 4x20 dans lesquelles elle la pousse un peu. Pour la réaction de Kate oui c'est tout à fait ça. Concernant le prochain point de vue, la réponse va venir très vite^^ Et on adore toujours tes pavés, nous sommes ravis que notre histoire t'inspire au point de nous faire part de tes pensées chaque semaine.

Audrey 1986 : Super merci :)

Ewilan : La réponse vient très vite. Même si ce n'était pas Jim on est contents que tu aies aimé ce point de vue aussi. Pour l'évolution il faudra encore attendre un peu mais on n'en dit pas plus. Merci beaucoup.

Castlefan : Merci beaucoup. Il faut tout de même nous laisser le temps d'écrire la suite^^

Thigui : Merci mais il faut dire que nous avons une super série aussi à la base donc ça peut aider. Lanie est juste merveilleuse on est d'accord!

Saluki8 : On ne voyait pas Kate réagir calmement en fait! On aime beaucoup tenter de trouver des références à chaque chapitre même si ce n'est pas non plus une obligation. Merci pour ton commentaire en tout cas.

angelye : Merci beaucoup. L'écriture à deux peut être parfois délicate mais c'est aussi plus stimulant car on se motive l'un l'autre quand on a un coup de plus "mou" dans notre inspiration. Et avant de se lancer dans cette fic on échangeait déjà beaucoup sur nos écrits respectifs, du coup c'est assez naturel que de faire ce quatre mains.

adrian009 : Et merci encore pour tes appréciations. En espérant que la suite te séduise aussi.

LilyPierce : Oui un réel sacrilège. Le jury examinera si on te pardonne ou pas^^ Si on te fait rire c'est vraiment super! Nous sommes toujours ravis de lire tes reviews (quelque soit leur jour d'arrivée) car comme d'autres tu détailles beaucoup. Par contre ce n'est pas toujours facile d'y répondre vu le contenu :p Et c'est nous qui te remercions pour ton support sur cette histoire.

Sans laisser de traces...

Chapitre 11, Jim Beckett.

Je posais ma tasse encore fumante sur le comptoir de ma cuisine tout en m'emparant du journal en papier qui trainait encore quelques secondes auparavant sur le meuble. Le dépliant d'une main distraite, l'autre toujours accrochée à l'anse de mon mug, je parcourus rapidement les pages sportives qui ne m'intéressaient pas outre mesure. Pourtant j'étais un amateur de baseball et il y avait une compétition en ce moment. Mais les évènements récents faisaient que je les passais très rapidement avant de m'arrêter plus particulièrement sur la rubrique criminelle.

Ma fille avait été retrouvée après son kidnapping depuis plusieurs heures maintenant, pourtant je continuais sans réellement savoir pourquoi à lire les nouvelles. Peut-être était-ce ma déception face à la non-arrestation du kidnappeur de Kate? Certes elle avait été retrouvée et grâce à Dieu vivante mais qu'en était-il des personnes responsables de son enlèvement? Ainsi c'était une forme de réconfort que je cherchais désespérément entre les lignes. Le fait que Rick et les collègues et amis de ma fille aient été silencieux sur l'enquête lorsqu'ils m'avaient téléphoné quelques heures auparavant pour me dire qu'ils l'avaient enfin retrouvée me troublait encore plus.

Je savais qu'ils étaient voués à une certaine discrétion cependant je n'avais eu réellement d'informations entre le moment où elle avait quitté l'immeuble de son fiancé et lorsqu'ils l'avaient enfin retrouvée dans une cabane abandonnée au fin fond des bois à deux heures de route de New York. Entre ces deux moments, aucune information ne m'avait été délivrée ni sur l'avancée de l'enquête ni sur le suspect qu'ils avaient bien du découvrir pourtant pour avoir une idée de l'endroit où Kate était retenue. Pourtant j'étais son père et j'estimais avoir le droit d'être informé.

Reposant le journal avec une certaine colère je portais la tasse à ma bouche pour avaler une petite rasade de café chaud qui avait toujours pour particularité de me changer les idées et pour le coup de me calmer légèrement. J'avais tellement eu peur lorsque Kate avait disparu de la perdre à jamais comme j'avais perdu ma Johanna. Cela m'avait littéralement empêché de dormir ou même de me mettre à quelque chose pendant les longues journées qu'avaient duré sa disparition. Je téléphonais régulièrement à Rick qui n'avait pas plus de nouvelles que moi, même si je le soupçonnais de savoir quelque chose qu'il me cachait obstinément malgré les perches que je lui tendais. Lui qui d'ordinaire était toujours courtois et avenant, m'avait semblé à chacun de mes appels pressé de raccrocher. Au départ j'avais mis ce changement d'attitude sur l'empressement de reprendre les recherches, mais à force je m'étais mis à douter. Une énorme peur m'avait pris : Rick trompait-il ma fille ? J'avouais que cette réaction était exagérée et peut-être un peu trop tyrannique mais ma petite fille était tout ce qu'il me restait et je n'avais en aucun cas envie qu'elle souffre.

Pourtant je m'étais rappelé la demande en mariage que mon futur gendre avait faite à ma fille et à cet instant mon inquiétude et mes sens s'étaient calmés. Je savais depuis le temps que ma fille fréquentait cet homme qu'il était sincère autant au travers de ses livres qu'auprès de ma fille. Après tout il l'avait suivie pendant 4 ans avant qu'enfin elle ne lui avoue son amour réciproque. Je souris à ces souvenirs, je me rappelais encore de cet instant où Kate m'avait annoncé qu'ils étaient enfin ensemble tel une petite fille timide qui annonçait sa première relation à son père inquiet. J'avais déjà rencontré Rick maintes fois avant, donc la rencontre « officielle » avait été évitée (ce qui était loin d'avoir déplu à Kate) mais nous avions organisé un dîner chez moi pour annoncer officiellement leur relation.

Bien entendu le dîner s'était bien passé et j'avais été agréablement surpris de voir que ma fille resplendissait aux côtés de son petit ami qui semblait lui avoir redonné une bouffée d'air frais. Depuis la mort de sa mère je ne l'avais jamais vue sourire autant en une soirée complète. Même si depuis l'apparition de Rick dans sa vie elle semblait de nouveau s'épanouir –elle s'était laissé repousser les cheveux, faisait plus attention à son apparence– leur mise en couple avait été pour moi comme un coup de fouet. Je retrouvais ma Katie de ses 17 ans, celle qui me faisait m'arracher les cheveux lorsqu'elle revenait avec des garçons plus ou moins respectables ou qu'elle tenait absolument à s'acheter une moto.

Alors lorsqu'elle m'avait téléphoné, inquiète quant au poste qu'elle avait obtenu à DC pour me parler à cœur ouvert dans ce restaurant, je m'étais jeté sur l'occasion. Pour la première fois, j'avais fait face à ma fille qui ne savait pas quelle décision prendre. Et cet aveu m'avait surpris venant d'elle. J'avais eu envie de me lever de la banquette et d'aller la prendre dans mes bras, tellement elle me semblait fragile à cet instant. Mais elle ne m'avait pas appelé pour cela, alors je m'efforçais de l'aider. D'un côté elle avait une opportunité de travail qui ne se présenterait certainement pas une autre fois, c'était un peu la concrétisation d'un rêve inavoué. Mais de l'autre, il y avait cette relation. Je savais ma Katie fidèle. Elle n'était pas du genre à tromper, bien trop intègre pour cela et par conséquent une relation à distance pouvait marcher entre eux.

J'essayais de lui faire entrevoir les choses sous un angle différent, mais elle m'avouait ce qui la tracassait le plus. Malgré leur relation qui allait très bien, elle ne savait pas si c'était réel. Quel que soit son choix, elle ne devait pas le faire dans la peur car elle finirait par le regretter. Cette relation était une nouveauté pour Katie. Elle n'était jamais allée aussi loin avec un homme auparavant. D'ailleurs, elle n'était jamais allée aussi loin dans l'intensité avant même qu'ils soient ensemble. Kate avait toujours mis un terme à ses relations quand elles devenaient trop compliquées ou trop impliquées. Mais là c'était différent. Après tout, elle n'avait déjà pas réussi à mettre un terme à leur relation de partenariat au bout de plusieurs mois alors que Castle avait ressorti l'affaire de l'assassinat de Johanna en dépit des mises en garde de ma fille.

Après qu'elle ait mis sur la table ce qui la tiraillait, je m'efforçais de lui faire entendre que tout n'était pas noir ou blanc. Katie était une jeune femme brillante, mais peut-être un peu trop radicale. Connaissant Castle et l'importance que ma fille avait pour lui je ne l'imaginais pas mettre un terme à leur relation si jamais elle acceptait le poste à Washington. Bien évidemment il serait peiné, mais il comprendrait car il l'avait toujours mieux compris que quiconque. Je me rappelais de la fois où j'étais allé chez lui pour lui demander de convaincre ma fille d'arrêter son investigation avant qu'elle ne se fasse tirer dessus. A l'époque ils n'étaient pas ensemble, Kate sortait avec Josh. Mais c'était tout naturellement vers l'écrivain que je m'étais tourné. Car des deux hommes c'est lui qui était le plus dans la vie de ma fille. Je n'avais rien contre le chirurgien, néanmoins ce n'était pas le bon pour ma fille et elle le savait parfaitement.

C'est bien simple même durant les mois où ils avaient été ensemble, à chaque fois que je voyais Katie ou que nous nous appelions elle me parlait beaucoup plus de Castle que de son petit ami. Je remarquais que ses joies et ses tristesses étaient rythmées par la relation avec son écrivain et non par celle avec Josh. Je ne doutais donc pas de l'écrivain et de sa fidélité quelle que soit la décision de ma fille. Elle me laissait quelques minutes après m'avoir dit que ce poste était ce qu'elle voulait. Notre discussion avait été interrompue par un message du commissariat, elle devait retourner boucler l'affaire.

Le soir même, j'avais reçu un coup de fil de ma fille. Lorsqu'elle m'avait dit "papa j'ai quelque chose à t'annoncer", mon cœur avait manqué un battement. A son intonation de voix, il m'avait été impossible de deviner si la nouvelle était bonne ou mauvaise. Mais après avoir pris une inspiration, elle m'avait appris que Rick lui avait demandé sa main. J'avais d'abord dû m'asseoir sur une chaise et calmer mon cœur avant de sauter de joie. Je m'étais bien sûr enquis de savoir sa réponse et d'autant plus content d'apprendre qu'elle avait dit oui. Connaissant ma Katie j'avais tout de suite eu peur que sa réponse fusse négative. Elle était du genre à avoir peur très facilement de l'engagement mais son oui m'avait prouvé à quel point sa relation avec Rick était sérieuse et importante à ses yeux. Ainsi elle avait choisi le gris en acceptant aussi bien la demande en mariage que le poste à Washington.

Lorsqu'elle était partie à DC je voyais souvent Rick et il me rendait d'ailleurs visite régulièrement, nous parlions de tout et de rien mais avant tout de Katie qui je le constatais à sa perte de poids importante et ses yeux fatigués lui manquait énormément. Il ne disait rien car il acceptait son choix malgré l'ultimatum qu'il lui avait posé en premier lieu mais je savais très bien que cette situation ne lui convenait pas. Mais "parfois les choses les plus dures dans la vie sont les choses qui valent le plus la peine d'être faites1". Et pour mon plus grand bonheur, je n'avais pas eu à l'apprendre au fiancé de ma fille.

Quant à Kate je l'avais parfois eue au téléphone les rares fois où elle avait du temps libre et je pouvais affirmer qu'au même titre que son fiancé elle vivait mal la distance qui les séparait. Elle semblait aimer son job pourtant lorsqu'elle revint à New York pour réintégrer le NYPD je sus qu'elle tenait bien trop à sa vie, ses amis et son amour pour lui pour vivre une vie comme celle-là. En reprenant ses propres mots, c'était son « but », pourtant elle s'était rendue compte que son but n'était peut-être pas celui qu'elle pensait. Cette relation sérieuse et durable avec Castle lui avait ouvert les yeux sur le fait que le travail n'était pas forcément le plus important dans la vie et qu'il fallait apprécier les choses qu'elle avait et qui pouvaient disparaître à tout moment comme sa mère des années plus tôt.

D'ailleurs depuis son retour elle me passait des coups de fil plus régulièrement qu'avant et semblait vouloir que Rick et moi ayons une relation solide et positive. Je savais très bien pourquoi, elle m'avait maintes et maintes fois souligné qu'à l'instar d'elle qui n'avait plus sa mère Rick n'avait jamais eu de père et que cela lui manquait énormément. Martha, la mère de Rick, semblait très proche de ma fille ce que j'appréciais beaucoup car Kate depuis ses 19 ans n'avait jamais plus parlé à une femme que ce soit en tant que conseillère ou même pour ses émotions. Plongée dans le boulot elle n'en était sortie que quand Rick était apparu dans sa vie et le fait que le facteur Martha soit arrivée presqu'en même temps m'enchantait. J'avais appris à connaître et apprécier Martha, même si nous étions diamétralement opposés. Néanmoins, nos différences étaient futiles face à la force de notre amour pour nos enfants respectifs. Nous l'avions découvert alors que nous étions au commissariat, le soir du dîner de présentation, attendant d'avoir des nouvelles de Richard et Katie qui étaient partis depuis plusieurs heures sur une affaire et dont nous n'avions plus de signe de vie. Alors ce bonheur que je devais à la famille Rodgers-Castle j'étais prêt à le rendre sans hésiter surtout lorsqu'il s'agissait de l'homme qui faisait rire ma petite fille et la rendait plus heureuse que jamais.

Parti dans mes divagations je ne m'étais même pas rendu compte que mon café était à présent froid, c'est pourquoi je grimaçais en avalant une première gorgée. Autant cette boisson était la meilleure à mes yeux autant lorsqu'elle était froide le goût me paraissait infâme et restait dans la bouche d'une façon très désagréable. Me levant pour aller vider ma tasse dans l'évier j'entendis trois petits coups secs frappés à ma porte et me figeais. Lorsque ce genre de coups étaient portés contre le bois c'était forcément Kate, et à en juger par l'urgence du mouvement elle semblait être en colère, ce qui n'amenait rien de bon. Comme si mes pensées à propos du couple parfait qu'elle formait avec Rick avaient pu amener des tensions entre eux, pensais-je en frissonnant.

Je posais la tasse à présent vide dans l'évier pour la laver plus tard je m'essuyais les mains sur un torchon en me précipitant à la porte pour l'ouvrir. Bien entendu je tombais sur la personne que j'attendais et son regard empli de colère ne me rassura pas quant à sa présence devant ma porte à cette heure avancée de la soirée. En premier lieu je fus choqué par son visage fatigué qui fut la première chose qui me frappa lorsqu'elle posa ses yeux dans les miens. Rick m'avait bien dit qu'il ne serait pas possible de voir Kate ce soir car elle resterait soit à l'hôpital soit chez Lanie pour se reposer, ce qui m'avait bien entendu frustré et ce qui expliquait surtout mon insomnie. Sinon pourquoi diable est-ce que je me trouverais à lire les journaux à près de 23 heures en sirotant du café froid, à part le fait que l'on m'empêchait de voir ma fille disparue depuis 5 jours ?

- Katie ! M'exclamais-je aussitôt en lâchant la porte pour fondre dans ses bras, la serrant contre mon torse.

- Papa, ça fait du bien de te voir.

- Si tu savais comme je suis heureux ma Katie, soufflais-je contre ses cheveux fraîchement lavés qui sentaient la vanille et la noix de coco. J'ai cru que je ne pourrais plus jamais te serrer dans mes bras.

Elle me repoussa gentiment, passant une main dans mes cheveux avec un petit sourire aux lèvres.

- Come on papa, tu sais très bien que tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça.

Embrassant sa joue gauche je m'effaçais pour la laisser rentrer et elle ne se fit pas prier. Je vis qu'elle se frottait les épaules semblant avoir froid aussi après avoir refermé la porte je me précipitais sur une couverture pour la passer sur ses épaules. Elle me remercia du regard et s'assit sans rien dire sur le canapé, fixant ses mains avec lesquelles elle jouait nerveusement.

- Kate, pourquoi es-tu là ? Demandais-je ne semblant pas comprendre la raison de sa visite impromptue.

- Papa, je dois te dire quelque chose mais d'abord j'aimerais que tu t'assoies d'accord ?

Pris de panique cette fois-ci aux paroles de ma fille je m'imaginais le pire tout en m'asseyant.

- Kate que se passe-t-il ? Est-ce qu'il s'est passé quelque chose en captivité, est-ce que tu …

- Papa, ça n'a rien à voir avec ma captivité. Rassure-toi. En fait je voudrais te parler de quelque chose de plus… hum…

Elle soupira, relevant les yeux pour que ses pupilles rencontrent les miennes.

- Tu te souviens du soir où on a appris que Maman était morte ? De la peine qu'on a ressenti ?

Sentant mon cœur se serrer à ces souvenirs douloureux je hochais la tête, me sentant incapable de parler. La mort de ma femme avait été l'expérience la plus douloureuse de ma vie et j'en vivais encore les séquelles parfois le soir. Me coucher dans un lit froid avait été très dur pendant quelques années, à présent j'étais plus serein avec l'idée mais aux dates importantes comme notre anniversaire de mariage ou l'anniversaire de Johanna je sentais une vague de peine me submerger et j'étais généralement prostré dans mon lit pendant la journée. Kate le savait très bien, l'avait compris et ne me dérangeait pas dans ces jours-là même si les premières années après mon sevrage d'alcool elle avait bien viellé à retirer les bouteilles que je possédais. D'ailleurs je faisais attention à présent, je n'achetais plus jamais de vin pour ne pas en avoir chez moi et ainsi ne jamais être tenté, et je n'en buvais que lors des grandes occasions quand Katie en apportait tel à Noel ou aux dîners en famille.

- Je me souviens comment ça m'a fait mal quand ce policier nous attendait à la porte… Continua Kate d'une voix plus rauque.

- Kate la coupais-je en levant la main, ces souvenirs sont trop douloureux pour que tu m'en parles même maintenant. Pourquoi est-ce que tu remues ainsi le passé ? Pourquoi est-ce que tu débarques à 23 heures dans mon appartement et que tu me parles de ta mère soudainement?

J'avais conscience d'être un peu sur la défensive mais j'avais tellement mal à l'évocation de ces souvenirs que je voulais à tout prix que cela cesse. Si je ne m'étais jamais remis en couple après le décès de ma femme c'était tout simplement que j'en étais incapable. Pour moi la seule et unique avait toujours été Johanna et me remettre en couple aurait été à mes yeux comme commettre un adultère. Kate avait plusieurs fois tenté de parler de ça avec moi mais cela n'avait servi à rien et j'étais resté campé sur mes positions. En me mariant avec Johanna nous nous étions promis « jusqu'à ce que la mort nous sépare » et même si la mort m'avait pris ma femme je lui restais fidèle car pour moi elle était la seule, l'unique et donc devait être la dernière à franchir la barrière de mon cœur.

- Car je ne veux pas que ces moments soient passés aux oubliettes par ce qui risque d'arriver, papa ! S'écria ma fille en serrant les poings.

- Comment est-ce que je pourrais oublier cette peine, Katherine ?

J'avais utilisé son prénom pour lui signifier qu'elle allait trop loin et que son discours me causait de la peine, ce qui ne sembla pas la percuter car elle continua.

- Parce que les moments heureux peuvent facilement faire oublier les moments de doutes, et je veux qu'on se rappelle tous les deux de cette peine qu'on a ressenti !

- Je ne pourrais jamais oublier cette peine car je ne reverrais jamais plus la femme que j'aime, Kate ! Grondais-je. Et quoi qu'il en soit ton discours est trop moralisateur, tu ne peux pas te résoudre à souffrir jusqu'à la fin de ta vie. Si un jour cette peine s'efface ne serait-ce qu'un peu ce sera un soulagement pourquoi ne comprends-tu pas ça ? Les souvenirs de cette nuit resteront à jamais gravés dans mon cœur mais ne plus ressentir cette douleur aigue me soulagerait à un point, je pense que seule toi est capable d'imaginer. Je n'oublierais jamais ta mère, Kate, mais j'aimerais pouvoir penser à elle avec uniquement cette nostalgie et ce sourire aux lèvres en pensant à tous ces moments merveilleux qu'on a passés tous les deux et avec toi.

Ma réponse sembla avoir ébranlé quelque chose en elle car elle resta quelques secondes interdite.

- Papa…

- Pourquoi est-ce que tu remontes tout ça, Kate ? Pourquoi ?

Elle secoua la tête de droite à gauche, semblant refuser mes paroles avec ce geste si typique du « non ». Elle reprit la parole d'une voix plus douce et moins agressive que précédemment.

- Papa… Mam…

Elle marqua une pause et se reprit.

- Johanna est vivante, papa.

Je me figeais à ces mots et une sonnerie semblable à celle d'une alarme retentit dans mon esprit. Quelque chose en moi hurlait, un cri de douleur déchirant qui semblait ne pas se taire et une autre partie de mon esprit, la plus rationnelle, me chuchotait que Kate blasphémait et que rien de tout ceci n'était possible.

- Impossible, soufflais-je tandis que mes yeux scrutaient le visage de ma fille, cherchant une faille ou un signe que tout ceci n'était qu'une blague très déplacée.

- Je suis désolée papa.

Je vis que les yeux de Kate brillaient et ne pouvant plus me retenir je me levais, chassant d'une main ses paroles qui semblaient flotter tel de la fumée devant mes yeux.

- Kate, ce n'est pas drôle !

- Je te dis la vérité papa, je te jure, elle a aidé Rick à me retrouver et…

- Rick est au courant ? Fis-je en m'arrêtant net.

- Oui, mais…

- Pourquoi est-ce qu'avec tous les coups de téléphone que je lui passais lorsque tu n'étais pas là il ne me l'a pas dit ?

Je me raccrochais à l'agressivité comme première réaction et j'avais bien conscience que Kate n'y était pour rien là-dedans mais étant la seule personne présente c'était sur elle que tombait ma frustration et ma peine mélangées.

- Papa, Rick voulait à tout prix me retrouver et l'aide de Johanna n'était pas négligeable ! Ne le blâme pas pour ses actes à elle, ce n'est pas lui qui a décidé de disparaître pendant 15 ans et de réapparaitre soudainement pour chambouler plusieurs vies !

Je serrais la mâchoire à ses paroles. Je comprenais le fait qu'elle défende son fiancé mais il l'avait trahi tout comme Johanna m'avait trahi. Ces deux-là à mes yeux étaient à mettre dans le même panier mais Kate ne semblait pas de mon avis.

- Kate, si tu perdais Rick et que tu souffrais autant que j'ai souffert avant d'apprendre que ta mère cachait son existence ne réagirais-tu pas comme moi ?

Elle secoua la tête.

- Bien sûr que si je réagirais comme toi. Mais je ne veux pas que tu prennes Rick comme responsable dans tout cela alors qu'il n'a découvert l'existence de Johanna que très récemment. Qu'est-ce que tu aurais fait toi à sa place ? S'il avait pu te permettre de retrouver celle que tu aimes ?

Elle m'avait encore une fois eu là où ça faisait mal et la raison et mes sentiments se battaient dans un duel acharné que chacun tentait à gagner.

- Bien sûr que j'aurais fait tout ce qui était en mon pouvoir, murmurais-je en baissant les yeux.

- Alors n'accable pas Rick pour ça papa. Bien sûr que je lui en veux mais je ne peux m'empêcher de comprendre ses actions, il a fait ça pour me retrouver et j'aurais été prête à sacrifier n'importe quoi pour le retrouver s'il avait été à ma place.

- Je sais Kate…

Je soupirais en passant mes mains sur mon visage, m'asseyant sur le canapé à côté de ma fille qui passa ses bras autour de mes épaules.

- Papa, je ne sais pas quoi faire. Je suis perdue, je l'ai vue et j'ai fui je n'avais tellement pas envie de l'affronter, toute cette colère m'a prise et Lanie m'a tirée de là pour ne pas que je dise des choses que j'aurais finalement regrettées après. Je ne savais pas comment réagir face à elle, c'était comme si face à moi j'avais une étrangère. Elle n'a pas changée pourtant en 15 ans, j'avais l'impression de retrouver celle que j'ai perdue comme si quelques secondes seulement s'étaient passées depuis sa disparition.

Sans réellement s'en rendre compte cette phrase avait tiré en moi des frissons et des souvenirs qui remontaient à la surface telles de vielles photos jaunies par le temps. Je me souvenais de ce sourire que j'aimais tant, le sourire de la femme que j'aimais qui avait à jamais été gravé dans ma mémoire. Ce sourire que j'avais perdu des années auparavant, effacé par la dernière image de Johanna morte dans cette ruelle sombre. Je me souvenais de son visage à la perfection, tellement que j'aurais pu le dessiner les yeux fermés sans aucun soucis. Savoir qu'elle n'avait pas changé et que malgré les 15 années son visage restait celui que j'avais connu m'émouvait d'une façon étrange. Comme si rien n'avait changé, c'était les mots de Kate, et cela résonnait d'une façon agréable à mes oreilles. Car pour moi cela signifiait qu'elle m'avait en quelque sorte attendu depuis le début.

Mais à cette nouvelle pensée, mon cœur se serra de nouveau tel un ouragan d'émotions alternant bonnes et mauvaises nouvelles. Et si elle avait refait sa vie ? Et si elle avait une nouvelle famille ? En la perdant je n'avais jamais eu à me faire pour cela car à mes yeux elle était décédée mais si elle vivait depuis 15 ans dans une autre ville à l'autre bout du pays rien n'était moins sûr et surtout moins normal aux yeux de tous. Pourtant je n'avais pas pu refaire ma vie, et apprendre qu'elle l'avait fait elle m'aurait percé le cœur.

- Je ne sais pas si je veux l'affronter, murmurais-je à l'intention de ma fille qui releva ses yeux verts semblables à l'objet de mes pensées pour les laisser tomber dans les miens.

- Tu as peur ?

Sa voix était à présent plus calme, tel un murmure semblable à un baume apaisant une plaie à vif.

- En quelque sorte. J'ai peur de savoir qu'elle a refait sa vie, qu'elle nous a oubliés. J'ai peur d'apprendre qu'elle n'a pas pensé à nous chaque seconde de chaque journée comme nous l'avons fait, j'ai peur de me rendre compte que les choses que nous avons endurées suite à sa mort n'étaient pas partagées.

Kate resta pensive quelques instants avant de hocher la tête assez lentement ce qui contrastait avec la pression que nous ressentions tous deux.

- Je comprends ce que tu ressens, papa. C'est ma mère, je l'ai pleurée pendant des années et il y a quelques jours encore je priais pour que rien de tout cela ne soit arrivé dans cette ruelle il y a 15 ans. Pourtant lorsque je l'ai vue ce n'était pas la joie contrairement à ce que je pensais qui a prédominé dans mes émotions mais bien la haine face à tous ces mensonges. Je me sentais trahie, bafouée…

- Pourtant moi je ne pourrais pas rester de marbre Kate et tu le sais la coupais-je en me détachant légèrement d'elle. Tu sais bien que même malgré la colère que je ressens en ce moment en la voyant je ne pourrais qu'être heureux d'avoir retrouvé l'amour que j'avais perdu.

- Mais papa ! S'insurgea ma fille. Tu ne te souviens pas de tout ce qu'on a enduré à sa mort ? Notre peine, nos…

- Kate, fis-je d'une voix douce. Comment réagirais-tu si Rick disparaissait, que tu priais tous les soirs pour qu'on te le rende et qu'enfin 15 ans après ton vœu soit exaucé ? Malgré tous ces mensonges, je ne vois que le fait d'avoir enfin la chance de la revoir.

Visiblement mes paroles ne plurent pas à ma fille car elle se leva aussitôt, poings fermés et lèvres pincées.

- Je croyais que toi tu comprendrais papa !

J'avais l'impression de retrouver la jeune adolescente que j'avais à la maison lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle commençait sa crise d'adolescence, nous en faisant voir des vertes et des pas mûres avec sa mère. Sa voix était dure mais je sentais une tristesse dans le fond de ses paroles qui me tirèrent un pincement au cœur.

- Je comprends ta colère Katie, mais pose toi cette question : Est-ce qu'il vaut mieux rester en colère et ruminer le passé plutôt que de profiter de cette seconde chance exceptionnelle que l'on nous offre ? Combien de personnes peuvent se vanter d'avoir ce cadeau inouï ?

Elle marqua une pause, ses yeux se plissant et je sus qu'elle réfléchissait à toute vitesse. Métaphoriquement j'entendais pratiquement son cerveau tourner à plein régime en pesant le pour et le contre de la situation et du dilemme face à elle dont elle était la seule à avoir les clefs. Je savais de par ses mots que ses amis devaient lui avoir servi le même discours et que c'était d'ailleurs la raison de sa présence ici. Elle avait sûrement voulu partager sa colère avec moi et voir que je prenais la défense de ma femme l'irritait au plus haut point.

- Je ne comprends pas comment tu peux passer l'éponge sur 15 ans de souffrance papa, murmura ma fille en fronçant les sourcils. Moi je me souviens de ton état lorsqu'elle est morte, et voir que tu lui pardonnes tout ça alors qu'elle revient la bouche en cœur …

Elle ne termina pas sa phrase et tourna les talons sûrement de peur d'être submergée par les émotions, abandonnant le plaid que j'avais passé sur ses épaules sur le canapé et se dirigeant à grandes enjambées vers la porte d'entrée.

- Kate ! M'exclamais-je en tentant de la retenir de par mon ton suppliant qui appelait au dialogue.

Ce fut le claquement de la porte qui me répondit et il me fit l'effet d'une gifle que l'on m'aurait donné avec une ardeur étonnante et je poussais un soupir, me laissant aller dans les coussins moelleux du canapé pour tenter de rassembler mes pensées qui étaient encore embrouillées par toutes ces nouvelles.

Pour une soirée pleine d'émotions s'en était une. D'abord ma fille était retrouvée après 5 jours de détention, ce qui était plutôt rare dans les cas comme ceux-là, et puis ensuite j'apprenais de la bouche de cette dernière que ma femme morte depuis 15 ans était miraculeusement réapparue. Cette nouvelle sonnait encore très étrangement sur mes lèvres et dans mon esprit, je ne pouvais me résoudre à croire que Johanna était de retour à New York. Que j'allais pouvoir la prendre dans mes bras de nouveau après avoir passé toutes ces années à serrer désespérément un oreiller duquel l'odeur de ma femme s'était depuis longtemps évaporée, que j'allais pouvoir regarder son visage qui tentait de s'effacer petit à petit de mes souvenirs et me créer de nouveaux moments de bonheur avec elle.

Pourtant une ombre planait toujours sur le tableau, cette incertitude qui me tuait à présent à petit feu. Est-ce que celle qui était toujours ma femme aux yeux de la loi avait envie de reprendre sa vie là où elle l'avait laissée ? Avait-elle une nouvelle vie autre part, est-ce que cette ancienne existence était réellement et uniquement un souvenir classé pour elle ? L'idée de la voir repartir comme elle était réapparue m'était insupportable et tout en fermant les yeux je priais de toute mes forces pour que ce bonheur retrouvé ne s'envole pas une nouvelle fois car j'étais certain que je n'y survivrai pas une seconde fois.

Référence utilisée :

Richard Castle, Episode 2 saison 6

A la semaine prochaine!

1 Richard Castle, Episode 2 saison 6