Hum, oui, je sais, je suis encore en retard ! Mais j'ai une bonne excuse : c'est Noël ! Je ne sais même pas quel jour on est, je sais juste que jeudi est passé ! Sérieux, pardon ! Avec Noël et tout, j'ai carrément oublié mais bon mieux vaut tard que jamais et qu'est-ce que deux petits jours, hein ? Surtout que la fin du monde n'a pas eu lieu – ouf ! Et que vous devez vous aussi être fort occupé ! Alors, le papa noël vous a gâté ? Moi, je suis plutôt contente, oui ! Allez, je vous laisse lire…

Juls : et oui, pauvre Laura, mais c'était nécessaire ! Contente que ça te plaise, c'est vrai que je ne voulais pas que du sombre et les ados mettent une bonne douche de fraicheur ! Merci beaucoup !

Bonne lecture !

Chapitre 11

Encore dans son lit, Victoire prit son téléphone portable, ce petit bijou moldu pouvait envoyer des messages sans qu'elle ne se lève. Avec le sourire, elle vit les sms envoyés hier soir par Katie. Dès qu'elle était rentrée chez elle, elle lui avait envoyé un message :

« Dsl pour tal. Parlé à Teddy. M'a dit qu'il m'aimait et m'a embrassé ! »

« Whaaaaaaaaaaaaaaat ? »

« Ouiiiiiiii ! Me l'a dit en me disputant… encore dsl »

« Tkt je comprends. Racontes-moi tout viiiiiite »

Victoire laissa tomber son portable, rassurée que Katie ne lui en veuille plus, sur un petit nuage après le – ou plutôt les – baisers de Teddy. Elle n'arrivait pas à croire que c'était enfin arrivé. De son souvenir, elle avait toujours été amoureuse de lui. Et dire que sa mère avait retardé ce moment… Entendant du bruit dans la cuisine, elle se leva et se glissa hors de sa chambre. Sa mère venait de se lever et préparait le petit déjeuner pour elle et son père, Dominique et Louis étant resté chez ses grands-parents.

-Salut !

-Salut chérie, bien dormi ?

-Ça fait un bien fou de retrouver son lit.

-Comment va Katie ?

-Une histoire de mecs. Tu m'en veux pas d'être rentrer plus tôt ?

-Katie et un mec, je veux savoir. Et non je ne t'en veux pas.

-Plus tard peut-être. Maman…

-Hum ?

-Je suis passée voir Teddy hier. On s'est embrassé.

Victoire analysa les expressions de sa mère quand elle se tourna vers elle, bien décidée à la piéger. Mais celle-ci ne dit rien, attendant visiblement qu'elle en dise plus.

-Tu lui as dit de ne pas sortir avec moi avant que je ne sorte de Poudlard. Pourquoi tu souris comme ça ?!

-Je me demandais quand il allait te le dire. Tu sais, quand je lui ai dit, tu avais juste 13 ans et vous deveniez vraiment plus proche puisque vous étiez toujours ensemble à Poudlard. C'est l'année où, surtout pour lui, les hormones allaient commencer à le travailler. Je ne voulais pas que vous vous perdiez. Je ne pensais pas qu'il allait attendre quatre ans après mon discours. Je pensais retarder le moment d'un an ou deux.

-Vraiment ?

-Vraiment, il a toujours été tellement fougueux tu sais, il n'écoute pas trop ce qu'on lui dit, de comment faire sa vie. Et…

-Tu lui as fait peur.

-Je le crois. Et d'un côté, j'en suis désolée.

-Et de l'autre ?

-Je me dis que l'attente a fortifié ce que vous ressentez l'un pour l'autre. Il n'est jamais sorti avec une autre fille, c'est plutôt touchant.

-J'arrive pas à croire que tu lui ais dit ça.

-J'arrive pas à croire qu'il ait attendu quatre ans.

Mère et fille rigolèrent, dans un moment de complicité parfait. Fleur repoussa une mèche sur le front de sa fille.

-Tu l'aimes ?

-Oh oui. Il m'a dit qu'il m'aimait aussi.

-Ça, c'est du rapide. N'allez pas trop vite quand même.

-Maman ! Tu as épousé papa genre un an après que tu l'ai rencontré. Je connais Teddy depuis toujours et il a toujours été parfait avec moi.

-Je sais, je sais. C'est ton père qui va être content.

-Papa adore Teddy.

-Oui, Teddy l'ami. C'est dur pour un père de voir sa fille…

-Ne tombons pas dans le mélo, s'il te plait.

-D'accord, dis-moi plutôt comment vous allez vous y prendre alors que vous n'allez pas vous voir pendant un an ?

Victoire fusilla sa mère du regard. Cette question la taraudait déjà bien avant que Teddy et elle ne s'embrassent. Elle n'avait jamais passé plus de trois semaines loin de lui, au moins du temps qu'elle s'en souvienne. Ils n'allaient pas se voir pendant des mois. Bien sûr, il y aurait les vacances, les lettres mais ce ne serait pas pareil. Ce serait qu'une année…

.

Après une nuit sans dormir où Ron avait retourné le problème dans sa tête, il réveilla Pansy pour lui dire qu'il partait et transplana directement chez Harry. Il était 6h du matin et même si Harry était un lève-tôt et un travailleur, il devait être en train de dormir. Il prépara un café à son ami qui se leva à l'odeur.

-Je ne pensais pas te voir pendant un certain temps, fit l'ancien héros le regard fatigué.

-J'ai pris mes précautions.

-J'imagine.

-Laura ?

-Je suis désolé Ron, je sais que tu l'aimais beaucoup. Elle a été…

-Torturée, je sais. Par Carl, j'ai fait un Mortum Memorentum, expliqua Ron, avant d'aller chez Parkinson pour changer de lieu.

-Ron, tu sais que tu n'as pas le droit sans mon autorisation.

-Tu me la donnes, non ? Demanda rhétoriquement Ron.

-Vous êtes en sécurité ?

-On l'est. Maintenant deux choses. Je veux la baguette de Pansy.

-Quoi ? Ron, non je ne peux pas…

-Ou une autre baguette, enlèves la possibilité des sorts d'attaques. Juste défensifs et de conforts. Plus une autre baguette, ce sera plus sûr.

-Ron…

-Si on est attaqué, il le faut pour les enfants, elle ne fera rien, j'ai confiance en elle. Aies confiance en moi, ok ?

-Ok. La deuxième chose ?

-Qu'est-ce que je fais ? Sois je disparais de la circulation, on se rencontre là où tu sais une fois par semaine voir toutes les deux semaines. Soit je fais comme si de rien n'était. Fin de la mission, à savoir combien de personnes sont au courant de l'existence de la mission Parkinson, ce qu'on peut leur dire.

-Ok, faisons un plan. Tu penses quoi ?

-Je sais pas. Si je vais au boulot tous les jours, on peut me suivre plus facilement malgré mes précautions. Si je n'y vais pas, mes proches seront possiblement en danger.

-Tu crois vraiment en la sincérité de Parkinson ?

-Oui. Je sais que ça parait dur à croire, continua Ron en voyant l'expression de scepticisme de son ami, mais j'apprends à la connaitre, c'est encore une peste, je te l'accorde mais elle aime sincèrement ses enfants et tout ce qu'elle fait, c'est pour eux. Elle ne peut être si bonne actrice, crois-moi.

-Ok, j'ai une idée. Laura a été tuée hier soir, peu de gens sont au courant. J'attendais de te voir. Franck est au courant, deux gars de Sainte-Mangouste, Kingsley et moi. On peut facilement dire que tu es blessé gravement… disparu ou mort. Tu restes avec Parkinson. Venir tous les jours au ministère, c'est trop risqué. Ou tu te retires de l'affaire et on lui donne un garde du corps.

-Non, je n'ai confiance en personne. J'aime ton idée. Organise ça avec Kingsley.

-Mort ou disparu ?

-Que va dire ma famille ?

-Disparu alors, c'est mieux.

-Sauf que les autres personnes sauront qu'ils ne m'ont pas enlevé. Ni tué.

Un silence tendu se fit entre les deux, réfléchissant à la meilleure possibilité pour que Ron disparaisse de la circulation un moment.

-Ou alors tu m'évinces.

-C'est une idée, fit Harry, comprenant de suite. Tu as fait une erreur, l'une de tes équipières est morte. Viens tout à l'heure, je te passe un blâme et tu décides de partir.

-Tu…

-Je ne crois pas que ce soit ta faute, elle était depuis longtemps avec lui non ? Il est dans notre fichier je crois, on n'a jamais rien soupçonné. Personne ne sait que tu as été là bas. Vas voir ta famille, dis leur que tu pars quelques temps. Ne leur parles pas de la mission, ok ?

-Ils ne vont pas comprendre.

-Je leur expliquerais plus tard, au moins à tes parents, à Ginny et Hermione. Les autres comprendront à demi-mots. Ils connaissent ton métier. On se rencontrera toutes les semaines mais on va attendre deux semaines pour la première, ok ? Et si tu as un souci, tu sais comment me contacter. On fait comme ça ?

-On fait comme ça.

.

Avec un soupir, Hermione poussa le battant des portes de la cafétéria de l'hôpital. Elle venait d'avoir un cas qu'elle détestait avoir. Une jeune fille enceinte qui lui demandait de mettre fin à la grossesse. Elle avait été envoyée de Poudlard à cause de vomissements. Elle avait tenté de prendre une potion mais celle-ci n'avait pas marché. Il n'y avait pas vraiment de lois chez les sorciers pour ou contre l'avortement. Ça ne se disait pas. Des jeunes enceintes ? Hors de question. Poudlard était respectable et les jeunes aussi. Pourtant, Hermione savait que les potions de contraception et d'avortement courraient entre les jeunes. Se libérant de ses pensées qui la rattraperaient tôt ou tard quand elle prendrait – ou non – la décision d'en parler aux parents de la jeune fille, elle choisit son repas du midi. Elle fit un tour rapide de la cafétéria du regard avant d'aller à la table qu'elle partageait désormais avec Malefoy. Depuis une semaine maintenant, elle avait pris l'habitude d'aller manger avec lui. Au début, il avait été un peu froid mais il se dégelait de plus en plus. Hermione ne comprenait pas bien ses propres motivations néanmoins elle ne voulait pas réfléchir et continuait à vernir manger avec lui. Ils ne parlaient pas toujours, Malefoy était toujours si peu causant mais parfois c'est lui qui commençait une conversation.

-Salut, fit-elle en s'asseyant.

Drago lui répondit, analysant son regard fatigué. Elle repoussa ses cheveux en arrière et lui fit un sourire forcé. Il se demandait toujours pourquoi elle prenait la peine de venir manger avec lui alors qu'elle aurait pu manger avec ses collègues néanmoins il devait avouer que cela lui faisait passer le temps et que sa compagnie n'était pas si désagréable que ça. Bien sûr, il ne l'aurait avoué à personne.

-Tu sais que je commence à connaitre les ragots de l'hôpital ?

-Ah oui ? Racontes, demanda Hermione en souriant.

-Je ne te pensais pas friandes de ragots.

-Ça dépend lesquels, bien sûr. Certains sont plutôt marrants et ne font de mal à personne.

-Si tu le dis. Alors l'infirmière Pumkin sortirait avec le docteur Bernardo.

-Quoi ? Tu rigoles.

-Je t'assure que non, c'est Jack qui me l'a dit.

-Tu t'entends bien finalement avec ce petit jeune.

-Peut-être bien.

-Et comment l'a-t-il su ?

-Il est sorti ce week-end dans un bar le soir sur le chemin de traverse et il les a vus sortir d'un restaurant. Main dans la main et se dirigeant vers un hôtel.

-Non !

-Si, si. Et le mieux, c'est que quand il est reparti d'une boite de nuit, il les a vu sortir de ce même hôtel, disons vers le 5h du matin !

-Par Merlin. Je ne les aurais jamais imaginés ensemble.

-Apparemment, il a divorcé il y a peu.

-Oui, sa femme venait lui faire des scènes en plein hôpital.

-Vraiment ?

-Oui, j'ai assisté à une, j'aurais voulu me cacher dans un trou de souris.

-J'aurais voulu voir ça.

-Elle l'accusait d'avoir une maitresse et de toujours rester dans cet hôpital et de ne pas s'occuper d'elle et de leurs enfants. Et blablabla.

-Je n'aurais pas vu le docteur Bernardo supporter une scène comme ça devant tout le monde.

-Moi non plus, je…

-Bonjour.

D'un même mouvement, Hermione et Drago se retournèrent vers celui qui les avait interpellés : Blaise Zabini, accompagné de Milicent Bulstrode.

-Blaise, qu'est-ce que vous faites là ? Demanda Drago, manifestement mal à l'aise.

-Et bien on s'est dit que tu devais t'ennuyer à manger tout seul mais on voit que non.

-On peut s'asseoir quand même ? demanda Millie d'une voix enthousiaste qui contrastait avec le visage sérieux de Blaise.

Drago accepta mais Hermione le sentit gêné par la situation. Elle n'avait pas du tout reconnu Milicent et s'en étonna :

-Je sais, j'ai changé, avoua-t-elle, finie les rondeurs d'adolescente, bienvenue à la vie d'adultes !

-Tu étais dans le coin ces dernières années ?

-Non, j'étais en Australie. Je suis rentrée il y a quelques mois.

-Waouh l'Australie, j'adore.

-Tu y es déjà allée ?

-Oui, j'avais envoyé mes parents là-bas… tu sais, pendant la guerre.

-Oh, ok. J'ai adoré vivre là-bas, ça m'a grandement ouvert l'esprit. Les paysages sont magnifiques et il y fait bon vivre.

-Pas trop dur de retrouver la grisaille d'Angleterre ?

-Un peu, mais ça fait du bien de retrouver ses amis.

-J'imagine !

Les filles continuèrent à discuter. Blaise essaya vainement d'attraper le regard de Drago mais celui-ci faisait tout pour l'éviter, il le sentait bien. Depuis quand mangeait-il avec Granger ? Ça n'avait pas l'air d'être la première fois et il avait rarement vu son ami aussi gêné.

-D'ailleurs, en parlant d'ami, vous devinerez jamais qui est venu sonner à ma porte, fit Millie, j'ai oublié de te le dire Blaise, Jason Diggs !

-Enfoiré, souffla Blaise, il est aussi venu chez moi.

-Moi aussi, renchérit Drago.

-Comme si on allait lui dire où se trouvait Pansy si on le savait, crétin, s'énerva Blaise.

Hermione faillit s'étouffer. Pansy Parkinson ? Vite, son cerveau se mit en marche. Il fallait qu'elle parle à Harry ou à Ron, ou aux deux. La veille, Harry était venu lui demander de faire une promenade avec lui. Ça l'avait fortement étonné. Il lui avait alors dit que Laura était morte, que Ron devait disparaitre un moment pour protéger Pansy, bien sur il ne l'avait pas nommée mais Hermione connaissait sa mission puisqu'il lui en avait déjà parlé. Elle s'inquiétait d'ailleurs beaucoup pour Ron. La mission semblait bien plus dangereuse que toutes celles que lui et Harry avaient connu dans leur carrière.

-Je crois qu'il me fait suivre, déclara Drago.

-Tiens, c'est ce que je disais à Blaise ce matin, j'avais l'impression qu'on était suivi ! Tu t'es moquée de moi.

-Mais non chérie.

Hermione failli s'étouffer de nouveau. Chérie ? Ils sortaient ensemble ? Drago lui lança un regard bizarre et elle toussa, pour faire croire qu'elle était un peu malade et s'excusa platement. Ils continuèrent à parler un instant de Pansy et son mari avant d'embrayer sur un autre sujet à savoir comment allait Chloé puis de ce meurtre horrible qui s'était produit tout près de chez elle.

.

Ça y est, il y était. L'équipe nationale d'Angleterre allait en finale. Théo ne pouvait être plus heureux. Les critiques avaient été assez dures envers lui au début mais maintenant, il était acclamé autant que les autres membres de l'équipe. L'été arrivait bientôt à sa fin et il espérait battre la Finlande, pays accueillant de la coupe d'Europe. Ils avaient donc un avantage, avoir un maximum de supporters mais Théo avait confiance en son équipe : la victoire était à portée de main. L'équipe serait alors l'un des favoris pour la coupe du monde de Quidditch.

-Besoin de compagnie ?

Théo sursauta entièrement plongé dans ses pensées, il ne l'avait pas entendu arriver. Il sourit mais pas assez pour que Crystal se doute qu'il aurait aimé voir quelqu'un d'autre.

-La compagnie fait toujours plaisir.

-Prêt pour samedi ?

-C'est plutôt à moi de te le demander.

-Je suis prête ! Je pense que toute l'équipe l'est. Plus que deux jours. Théo, je peux te parler franchement ? Reprit Crystal. Tomber amoureux d'une femme mariée, ce n'est pas une bonne idée.

Théo maintint son regard, impassible – du moins le croyait-il, mais il eu l'impression d'avoir reçu un uppercut dans l'estomac. Ses sentiments étaient-ils aussi évident ?

-Je ne t'aurais jamais dit ça à toi ou à qui que ce soit si je ne t'aimais pas, si Ginny n'était pas une de mes meilleures amies et si nous n'avions pas une autre importante compétition l'année prochaine. C'est une mauvaise idée. Tu as surement compris que son mariage ne va pas bien et…

-Crystal, je t'arrête, je ne ress…

-Ne me mens pas. Je suis très observatrice et…

-Qu'est-ce que tu veux que je fasse Crystal ? Demanda finalement Théo d'une voix cassée. Je peux pas effacer mes sentiments comme ça et je vais pas me retirer de la compétition.

-Je te demande juste de prendre tes distances, Ginny semble forte mais elle est super fragile et toutes vos discussions ou soirées, ça ne va rien arranger, ni pour elle, ni pour toi.

-Tu, tu comprends pas. Je.

-J'ai pas besoin de justification, Théo, je ne te juge pas. Juste que j'ai pas envie de vous voir souffrir.

Théo ne répondit pas, sa joie de la victoire toute envolée. Crystal retenta de parler mais elle finit par partir devant son silence. La tristesse et la culpabilité, qui l'habitaient depuis quelques semaines, depuis qu'il avait compris la consistance des sentiments qu'il avait pour Ginny, s'étaient envolées à cause des paroles de Crystal. Comment osait-elle venir lui dire ça ? Comme s'il ne savait pas que ce n'était pas une bonne idée ! Comme s'il ne souffrait pas de la savoir marié, de la savoir en ce moment-même avec son mari ? Comme si ce n'était pas difficile de rien tenter alors qu'il la savait très bien troublée par lui. La colère monta en lui et pour l'oublier, il se mit à courir autour du stade. Rien de mieux qu'un tour de stade – voir dix – pour lui changer les idées.

Quand il remonta dans sa chambre, il était épuisé mais se sentait bien mieux. Pour son grand malheur – ou bonheur, c'était selon – il croisa Ginny dans le hall. Elle venait probablement de raccompagner son mari.

-T'es allé courir… en pleine nuit ?

-Il n'est jamais trop tard pour courir. Ou trop tôt.

-Si tu le dis, ça va ?

-Oui, oui. Potter est parti ?

-Oui.

-Toute ta famille pourra être là pour la finale ?

-Oui, quasiment, je suis contente. J'espère qu'ils seront venus pour une bonne raison.

-Même si on perd, on sera quand même deuxième.

-Pas de défaitisme, coach.

Théo sourit et baissa la tête, évitant son regard. Ginny sentit son évitement et se demanda pourquoi il agissait ainsi. Ce n'était pas du tout son genre. D'habitude, il plongeait son regard dans le sien et c'est elle qui n'arrivait pas à le regarder en face.

-Je, je vais y aller, bafouilla-t-il, bonne nuit.

Théo se sauva, laissant une Ginny perplexe. Elle rentra dans sa chambre, repensant à ce qu' Harry lui avait dit sur Ron, sa mission qui avait raté, sa décision de prendre le large. Ginny savait bien qu'il n'avait pu tout lui dire mais ses regards en avaient dit long et ils se connaissaient assez pour pouvoir se comprendre sans se parler. Ron était donc toujours en mission et donc potentiellement en danger. Bien sûr, de par leur métier, ils étaient toujours en danger mais elle avait senti Harry vraiment inquiet, ce qui ne présageait rien de bon. En attendant, elle devait rester concentrée sur le tournoi et elle savait que Ron aurait voulu qu'elle gagne. Il devait déjà être furieux de ne pas pouvoir assister au match…

.

L'air concerné, Tyler soupira pourtant intérieurement. Si Drago continuait comme ça, il allait commettre un meurtre. Ou disons qu'il allait l'assommer ou transplaner. Il ne voulait quand même pas aller à Azkaban pour si peu, ne plus voir sa famille, ne plus voir Katie. Même si Katie ne lui avait pas répondu depuis quatre jours qu'il avait envoyé son message. L'après-midi qu'ils avaient passé ne lui avait-il pas plu ? Il avait cru que oui mais il s'était vraisemblablement trompé. Un peu angoissé par cette pensée, il essaya de reprendre le cours de ce que lui disait Drago : mille et un conseils avant de pouvoir voir Chloé qui avait enfin accepté de le voir.

-Drago, stop, j'ai compris, ça fait trois fois que tu me le dis. Je te promets que ça va bien se passer, d'accord ?

-Oui, oui, je sais, je veux juste que tu ne sois pas surpris ou choqué et qu'elle ne perçoive rien de négatif, elle est fragile, il ne faut pas...

-Drago, tu recommences, bon j'y vais et toi tu restes là, déclara-t-il comme s'il parlait à un enfant.

Drago le fusilla du regard mais lui fit un geste pour qu'il sorte du salon dans lequel ils se trouvaient. Tyler laissa échapper un petit rire et se dirigea vers la chambre de Chloé. C'était étonnant de voir Drago si vulnérable, lui si fort. L'accident de Chloé l'avait vraiment remué. Il avait un peu peur de mal réagir face à Chloé, ce qu'il aurait avoué pour rien au monde à Drago. Les brûlures l'avaient défigurée, Drago l'avait bien prévenu et Katie lui en avait parlé. Refusant de penser à Katie, Tyler toqua et entra :

-Salut citrouille, fit-il en s'avançant vers le lit.

Le regard qu'elle lui lança et ses brulures lui brisèrent le cœur. Il connaissait Chloé depuis sa naissance, elle était comme sa petite sœur. C'est avec elle qui passait la plupart de ses vacances, Blaise, Théo et Drago étant inséparables, c'est elle qu'il taquinait lorsqu'ils étaient tous les deux, c'est elle qu'il protégeait si d'autres enfants étaient méchants avec elle. Son regard était plein d'attente : d'attente qu'il s'effondre, qu'il montre un visage dégouté. Mais il n'était pas Serpentard et sang pur pour rien, il masqua ses sentiments de tristesse pour elle, et s'assit en souriant.

-M'appelle pas citrouille, répondit-elle d'une petite voix, alors comme ils le faisaient chaque fois qu'ils se voyaient pour débuter leur conversation.

-T'as voulu essayé de dominer ton père en potions à 8 ans à peine ?

-Pas drôle.

-Mais si. J'en avais une autre, tu veux l'entendre ?

-Dis toujours.

-T'as voulu réglé ton problème d'acné avant l'heure ?

-C'est nul, riposta Chloé. J'attendais mieux.

-Je dois pas être en forme.

-A cause de Katie ? Demanda sournoisement Chloé.

-Sale serpentard que tu es, riposta Tyler. Qu'est-ce que tu sais à propos de ça ?

-Seulement ce qu'elle m'a dit.

-Et qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

-Je ne te dirais rien. Mais tu peux la remercier, c'est elle qui m'a convaincue de te voir… avec Hermione.

-Je leur dirais merci. Dis-moi ce qu'elle t'a dit.

-Non.

-Je suis ton ami depuis plus longtemps qu'elle.

-Non.

-Si.

-Oui d'accord mais je ne te dirais rien. Fais pas ta tête de chien battu.

-Elle ne m'a pas répondu. Ça fait quatre jours.

-Sois patient, je crois qu'elle devait voir ses parents.

-Tu l'aimes bien, hein ?

-Elle est gentille, même papa l'aime bien alors que c'est une moldue. Elle le fait rire et tu sais comment il est.

-Elle le fait rire ? Demanda Tyler, détachant bien chaque syllabe, abasourdie. Ok, je suis choqué. Et toi, comment vas-tu ?

-Pas envie. Fini Poudlard ?

-Et oui, je commence médicomagie, peut être que je serais avec le docteur Granger. La classe. Elle est comment ?

-Elle est géniale et super jolie. Elle est toute douce et super gentille.

-Pas trop dur avec ton père ? Sachant qu'ils ne s'apprécient pas trop.

-Non, ça va. Enfin parfois y a des étincelles. Blaise est passé et je les ai entendu parler… ils mangent ensemble le midi à l'hôpital, papa fait les potions pour mes brulures et ils mangent tous les deux.

-Ah oui ? S'étonna Tyler, ils ont muri, normal. Comment va, euh, Astoria ?

-T'es au courant…

-Oui, elle vient te voir quand même ?

-Pas souvent. Elle me regarde pas…

-Tu sais comment elle est. Elle t'aime.

Chloé haussa les épaules, aussi, Tyler changea de sujet. Il n'avait jamais trop accroché avec Astoria. Il la fréquentait depuis des années mais leur relation en était restée très superficielle. Ils passèrent l'après-midi à parler, à jouer, comme ils leur étaient arrivés de le faire. Tyler finit par partir quand Chloé s'endormit. Drago l'avait prévenu qu'elle s'épuisait vite. Il quitta doucement la chambre et retrouva Drago dans le salon en train de travailler.

-Je suppose que ça c'est bien passé ?

-Oui, très bien.

-Merci Tyler, vraiment.

-C'est normal, je t'en prie. Ça va toi ?

-Hein, oh oui, ça va. Et toi ?

-Ouais, j'ai hâte de commencer mon stage en médicomagie. Je te verrais surement là-bas.

-Oui, c'est vrai, c'est bien que tu te lances là-dedans.

-Tu viens samedi ?

-Ouais… je voulais rester avec Chloé mais bon ma mère va rester puisqu'elle n'aime pas le Quidditch et c'est la finale. Je peux pas laisser tomber Théo. On s'y verra.

-Tu sais si… le docteur Granger vient ? Avec sa sœur ?

-Oui surement. C'est vrai que tu connais Katie ?

-Ouais, elle me plait pas mal, avoua Tyler, se sentant un peu rougir, mais après un aprem passé ensemble, je lui ai renvoyé une lettre tu vois et elle m'a pas répondu encore. J'en aurais bien parlé à Théo mais il est pas trop joignable là, je sais pas quoi faire.

-Oh. Toi et Katie.

-Quoi, tu trouves ça…

-Bizarre, je l'admets.

-Chloé m'a dit que tu l'aimais bien.

-Oui, je l'aime bien, c'est une gentille fille et elle me sauve la vie avec Chloé.

-Mais ?

-Mais rien, alors comme ça elle et toi… elle t'a pas répondu ? Ça c'est mal passé l'après-midi ?

-Non, c'était super. J'ai eu l'impression que pour elle aussi, tu vois.

-Il s'est passé un truc de spécial ?

-Non… à part qu'on a croisé des copains de Poudlard. Enfin y avait Adam, tu vois, deux autres copains et deux copines.

-Tu sais, peut être elle réfléchit, tu es sorcier, elle est moldue, je suis pas sûre que ce soit une chose facile.

-Je m'en fiche qu'elle soit moldue. Et ce n'est pas comme si elle ne connaissait pas mon monde, tu vois ! Tu crois que je dois la…

-Surtout pas. Attends, c'est dur mais qu'elle ne prenne pas l'avantage. Peut-être qu'il lui est arrivé un truc ou qu'elle a peur ou qu'elle te fait patienter. Les femmes sont des sournoises.

-Tu m'aides beaucoup là.

-Attends, elle finira par te répondre.

-Ouais… à samedi alors ?

-A samedi et encore merci Ty. Pour Chloé.

Tyler esquissa un sourire et transplana chez lui, dans son manoir du nord de l'Angleterre. Il avait hâte de déménager dans son nouvel appartement de Londres parce que même s'il aimait son manoir, il s'y sentait un peu seul. Avec plaisir, il découvrit que Drago avait raison : Katie avait enfin répondu.

Voili, voilou ! Alors, alors ? J'attends vos avis avec impatience !

Bon réveillon et à l'année prochaine xD

Bisous, bisous