"-On sait où il est ?

-Prison de l'est, sous la surveillance d'une dizaines de soldats. Pas de fenêtres, une seule porte en plein milieu de la garnison. Impossible à atteindre.

-Merde...

-Ils veulent en faire un exemple, prononça Patrick appuyé sur la table en observant le plan. Ils veulent le torturer sur la grande place avant de l'exécuter. Pour mater la rébellion.

-Qu'est-ce qu'on peut faire... Ça va être bourré de soldats.

Thomas restait silencieux, planté derrière son écran le casque vissé sur les oreilles et l'air sombre. Des heures qu'ils cherchaient la position de Raphaël Descraques, et maintenant que l'information leur était parvenue, ils ne pouvaient toujours rien faire. Son frère s'était finalement endormi, épuisé, et personne n'avait osé le réveiller pour lui annoncer l'horrible nouvelle.

Les yeux étaient cernés, et même les tasses de café qui traînaient un peu partout ne semblaient pas être capable de les tirer de la torpeur dans laquelle ils étaient tous tombés. Dans un coin de la pièce, Justine et deux de ses amis, Mathieu et Florent, qui n'avaient été que légèrement blessés, discutaient à voix basse. Autour les autres restaient mutiques, réagissant à peine lorsque quelqu'un parlait.

-On peut pas l'abandonner comme ça...

-Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?! Tu vas aller le chercher avec tes pouvoirs magiques ?!

-Non, mais...

-Si t'as pas de solution, alors ça sert à rien de parler !

Alors que la salle commençait à s'échauffer, toutes les personnes présentes prêtes à se battre, une voix autoritaire les coupa dans leur élan:

-Du calme ! Fermez tous vos gueules!

-Fab ? s'étonna Thomas. Qu'est-ce que tu fais là ? C'est pas une bonne idée, si on te vois à proximité, tu va griller ta couverture.

-Je sais. Je suis venu voir comment ça allait, par rapport à Raph.

-Mal. On sait pas quoi faire.

-Je vois ça. gronda-t-il en jetant un regard aux fautifs. Comment c'est arrivé ? s'enquit-il en s'adressant à la rousse.

Justine se leva, la tête basse, refoulant un l'alcool et pas très droite sur ses pompes. Elle prit néanmoins la parole d'une voix assurée:

-On a été séparés du reste du groupe, du coup on a volé une bagnole. On l'a abandonnée à environ cinq kilomètres de la porte nord et on a contourné pour passer par la porte nord-ouest.

-C'est à l'opposée d'ici...

-On voulait pas attirer l'attention. Et on plutôt bien réussi. On s'était planqués dans une maison abandonnée le temps que Raph soigne sa jambe, il avait reçu un débris qui lui était rentré dans la cuisse. Il boitait beaucoup, je crois que la blessure était profonde. Mais je pourrais pas en jurer, il faisait trop sombre. On était crevés, et on se croyait en sécurité à l'intérieur... Après tout est confus. Raph m'a réveillée, il m'a dit de m'enfuir. J'ai voulu l'aider à marcher, mais il m'a envoyé bouler, j'ai erré un peu dans la ville avant de me réfugier chez Buscaron. Et maintenant je suis là."