N/A : Nous sommes le 25 juin, et c'est officiel, la suite est belle et bien publiée (je précise qu'il est 21:51 et que le site ne me laisse pas poster sans se battre). Je sais que j'avais promis une reprise mi-janvier, mais comme toujours la vie a pris le dessus sur l'art… Je m'excuse donc pour ça - "ça" étant le retard inimaginable, mais ceux me suivant depuis longtemps commencent à comprendre que les délais ne me réussissent pas. Je tenais ensuite à préciser que oui, je connais la continuité et la fin de cette histoire. J'ai toute la trame en tête, mais comme certains auteurs de ce site le savent également, parfois le souci est de réussir à transcrire ce qu'on veut réellement ! Je n'ai cependant aucune idée de combien de chapitres il y aura, vous le découvrirez en même temps que moi. Et enfin, vous en avez rêvé… le voici dans toute sa splendeur. Mesdames, mesdemoiselles - messieurs ? - je vous présente Edward Anthony Cullen, pour vos beaux yeux.


FLASH (Minuit)

"Tu passes ce soir ?" - Eleazar

"Tu me manques." - Tanya

"Appelle-moi quand tu peux, on doit parler des vacances. Bisous." - Maman

"Merci pr la der fois on remet qd tu veux ;)" - Bree

"Appelle ta mère fils, elle s'inquiète." - Papa

"Besoin de 3. Apl." - John

"Gk,ngIO" - Grand-père

Je ricanais en lisant le dernier SMS que j'avais reçu. Visiblement, grand-père Garrett n'avait toujours pas réussi à maîtriser la technologie avancée de son smartphone.

Je décidais de répondre à mes messages un peu plus tard et balançais mon portable sur le siège passager avant de démarrer ma voiture. Le bruit du moteur me fit esquisser un sourire: s'il y avait bien un son qui me mettait toujours de bonne humeur, c'était celui de la Vanquish.

Je quittais le parking de l'hôpital où je venais de passer quelques heures, et roulais vers le centre ville. Même si la fin de l'été approchait à grands pas, la température était toujours agréable et le beau temps au rendez-vous. Je profitais d'un feu rouge pour attraper mes lunettes de soleil dans la boite à gant et les enfilais. Lorsque je me redressais, deux filles dans le cabriolet d'à côté me firent de grands sourires que je leur rendis poliment, plus par habitude que par envie. Puis le feu passa au vert et j'accélérais brusquement, les laissant devenir un point insignifiant dans mon rétroviseur.

Une dizaine de minutes plus tard, je me garais devant le manoir de mon grand-père paternel et coupais le moteur. Je rangeais mes lunettes de soleil et répondis à certains messages avant de soupirer en composant le numéro de ma mère.

- "Chéri, enfin ! J'essaie de t'appeler depuis au moins 3h."

- Désolé maman, j'étais à l'hôpital. Tu sais bien que je ne peux pas répondre à mon portable à moins que ce ne soit une urgence.

- "Mais c'était une urgence !" J'arquais un sourcil en me demandant bien ce qui pouvait être qualifié d'urgent dans la bouche de ma mère, me doutant cependant que je n'aimerai pas la réponse. "La soirée de gala du 22, tu ne m'as pas confirmé ta présence et je dois terminer la commande auprès du traiteur dans dix minutes."

Qu'est-ce que je disais.

Elizabeth Cullen était une femme intelligente, passionnée et charitable. Suite à des ébats avec Edward Cullen Senior vingt-deux ans plus tôt, elle se trouvait aussi être ma mère. Cependant à certaines occasions, il était flagrant de voir à quel point nos esprits ne s'accordaient pas.

- Écoute, je ne sais pas si…

- "Tu seras rentré pourtant non ? Tu reprends l'université dans une semaine, Edward. N'essaies pas de me faire croire que tu n'as déjà pas le temps pour un petit gala ! À moins que tu ne tentes juste de trouver une excuse pour éviter ta pauvre mère."

Je roulais des yeux à son flagrant chantage affectif mais abdiquais néanmoins en soufflant.

- Je serai là.

- "Vraiment ? C'est parfait, je suis vraiment heureuse Edward. Ton père sera ravi aussi. Oh, tu sais que la petite Denali sera là également ? Il paraît qu'elle ne cesse de parler de toi."

- Ouais… elle cesse pas de m'envoyer des messages aussi.

- "Elle "ne cesse pas" Edward, n'avale pas tes négations trésor. Et puis c'est tellement charmant. Elle est très jolie en plus, et sa famille est adorable."

- Je t'ai déjà expliqué qu'elle n'était pas mon genre, maman… soupirais-je en me pinçant l'arrête du nez. Je n'aurais pas dû appeler ma mère en sortant d'une garde de 15 heures erratiques, mais dans le cas où je l'aurais ignoré elle aurait été capable d'envoyer un jet privé juste pour prendre de mes nouvelles et je me passais bien de l'attention.

- "Je sais, je sais…" Je l'entendis soupirer mais sentis tout de même son sourire affectueux dans sa phrase suivante. "Tu sais bien que je m'inquiète juste pour toi, je n'aime pas te voir seul."

- Pour ça il faudrait déjà qu'on se voit un peu plus souvent non ? répliquais-je amèrement avant de m'en vouloir immédiatement. Excuse-moi, je suis juste fatigué. Je viens d'arriver chez grand-père, je vais aller dormir et je t'appelle demain, ok ? Mon vol est à 9h donc je t'appellerai en fin de journée. Dis bonjour à papa.

- "Bien sûr Edward. Je t'aime."

- Je t'aime aussi m'man.

Je raccrochais finalement avec l'impression d'être encore plus fatigué qu'avant. J'adorais ma mère, mais elle pouvait se montrer très envahissante. Sans doute sa façon paradoxale de compenser tous les moments où elle n'avait pas été là et continuait de briller par son absence; ce qui faisait beaucoup de temps à rattraper.

Je sortis finalement de la voiture et entrais dans le manoir, me dirigeant vers le bureau où je savais que mon grand-père serait encore en train de travailler. Il me salua d'ailleurs dès qu'il me vit, relevant la tête de l'appareil qu'il tenait entre les mains.

- Ah Edward tu tombes bien, j'essaie d'envoyer un email depuis tout à l'heure. Je ne comprends pas ce qui ne va pas.

Je m'approchais et regardais alors le téléphone, comprenant qu'il ne s'était pas connecté à son compte et y remédiais. Puis je m'assis sur le siège en face de son bureau et il me regarda en souriant de cet air chaleureux qui m'avait toujours mis en confiance. À croire que mon père n'avait pas eu pour père l'homme qui se tenait en face de moi, tellement leurs comportements divergeaient.

- Alors, es-tu prêt à retourner aux États-Unis ? Je suppose que tous tes sacs sont terminés.

- Tout est fait, acquiesçais-je. J'ai hâte de reprendre l'université, même si c'est fatiguant. J'ai envie de me rendre vraiment utile, tu sais ?

- Je comprends. Bien que je sois navré de te voir partir, je suis fier de ton chemin et surtout, que tu aies choisi de ne pas te servir de ton nom pour arriver à tes fins. Continues comme ça Edward. Il m'adressa un sourire que je lui rendis brièvement. Je dois me remettre au travail, on se voit au diner.

J'acquiesçais en comprenant qu'il s'agissait de la fin de la conversation et me retirais dans l'aile sud, vers ma chambre. Je m'assurais une dernière fois que mes affaires étaient effectivement prêtes avant de regarder par la fenêtre les champs entourant le manoir et la Tamise non loin, réfléchissant aux propos de grand-père Garrett.

Dans l'univers où j'étais né, le nom Cullen ouvrait beaucoup de portes. Il était facile de se laisser prendre au jeu et de s'y perdre. Heureusement pour moi, mon grand-père, à défaut de mes parents toujours bien trop occupés, m'avait pris sous son aile. Ça ne voulait pas dire que je n'avais pas dérapé, mais je veillais à ne pas - plus - aller trop loin.

Pour éviter les tentations j'avais donc choisi, loin des universités de l'Ivy League où chacun de mes ancêtres étaient tristement célèbres, la faculté de médecine de Pennsylvanie pour faire de moi un docteur. J'y étais depuis trois ans déjà et j'allais maintenant entamer ma quatrième année. Je m'étais fait des amis, avais accumulé les conquêtes, m'étais intégré dans une équipe de sport et même une fraternité. Pour un natif anglais, j'avais pourtant accompli tous les rites américains avec brio et ce, sans jamais une fois utiliser mon nom comme carte échappatoire.

Mes doigts tapotèrent distraitement le manche de ma guitare, et je m'en saisis en m'asseyant sur mon lit, jouant quelques accords tout en laissant mon esprit s'évader quant aux possibilités de l'année qui allait suivre. J'avais finalement décroché le Saint des saints, l'autorisation de vivre dans une Maison. Je savais avoir la chance de vivre avec mon meilleur ami Jasper, mais les trois autres colocataires étaient une surprise totale.

J'espérais juste qu'ils n'allaient pas trop bouleverser mon train-train quotidien.


- ALLEZ ! Ed, une dernière !

- Si tu comptes me convaincre en me perçant un tympan, revois ta stratégie, ris-je en me levant, secouant la tête devant l'air ridicule de mon meilleur ami.

Jasper n'était jamais vraiment apprêté, ayant toujours l'air de sortir du lit ou de finir de surfer, mais là c'en était comique. Il avait largement bu la bouteille de trop.

- Mais j'ai pas fini de te parler de cette brune… le coup de foudre je te dis ! BAM ! Elle m'est…

- Rentré dedans, oui je sais. Tu me l'as répété au moins cinq fois.

Je roulais des yeux alors qu'il grognait et buvait une nouvelle gorgée de sa bière, l'air totalement à côté de la plaque. Je fis signe au barman de le couper après et une fois qu'il eut acquiescé je regardais mon ami.

- Em veut que l'équipe arrive deux heures avant le match demain, je dois rentrer dormir un peu. Je crois que je suis encore sous le coup du décalage horaire, grimaçais-je après avoir constaté qu'il était seulement 19h.

J'étais pourtant rentré à Philadelphie depuis quatre jours, mais je n'avais pas vraiment eu l'occasion de me reposer. Je créchais dans une des résidences secondaires de mes parents en attendant que le logement de l'université soit prêt, donc ce n'était pas vraiment le confort qui manquait, mais plutôt le temps. Comme promis j'avais assisté au gala donné par ma mère, ce qui n'avait clairement pas été de tout repos puisque j'avais dû faire l'allez-retour New-York - Philadelphie dans la journée; et j'avais repris le volontariat à l'hôpital le lendemain, essayant d'accumuler le plus d'heures possibles pour enjoliver mon CV. Et à côté, Emmett Masen, capitaine de l'équipe de football, nous entraînait assez violemment pour que tous les mecs de l'équipe soient aussi frais que des zombies.

- Je sais… je devrais aller me reposer aussi, match de baseball demain. Tu crois… Tu crois qu'elle sera là ?

- Bordel arrêtes de te languir boucle d'or. Ce n'était pas que je n'étais pas content pour mon ami, tout le monde avait le droit de trouver "sa personne" et d'être heureux mais… Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il éprouvait, m'étant toujours contenté de coucheries sans engagement ou de petites-amies passagères. Je n'avais ni le temps, ni l'envie, de m'investir dans une vraie relation. Les filles étaient trop prise de tête. Je me levais du tabouret et grimaçais en le voyant tanguer sur le sien. Allez j'y vais, on se voit demain gros tas.

Sur ce, je tournais les talons et sortis du bar de Ric, relativement vide vue l'heure. Je repérais rapidement ma Volvo, me désolant comme chaque année de ne pouvoir emmener la Vanquish avec moi, et pris rapidement la route de ma demeure provisoire sans pouvoir m'empêcher de ressasser l'histoire bizarre de Jasper à propos d'une naine brune.

Le lendemain et ce malgré une nuit de sommeil agitée de nains, d'ours et de lits, ma concentration était à son maximum. En ce jour de pré-rentrée, les sportifs devaient faire leur show et n'avaient pas exactement le droit à l'erreur. Les matchs étaient supposés donner le coup d'envoi de la saison et il valait mieux gagner, aussi bien pour la chance que pour les investisseurs qui venaient nous voir.

J'allais courir pour terminer de me réveiller et me mettre en condition pour la journée, puis terminais de me préparer avant de me rendre au stade, où les fans déjà présents ainsi que les ordres d'Emmett pour la dernière session me permirent de me centrer sur mon objectif et me vider l'esprit. L'entraînement commença une fois tout le monde équipé, et nous enchainions les figures quand j'aperçus Emmett visiblement en galère. Je trottais tranquillement vers lui et lui tendis la main pour l'aider à se redresser.

- Hey capitaine, tout roule ? Je remarquais alors qu'il peinait à se tenir sur sa jambe droite.

- Ouais je… j'ai fais une mauvaise chute au ski. Mais ça va, j'assurerai quand même aujourd'hui.

- T'es sûr ? Faudrait pas te blesser davantage.

- Ed, t'inquiètes pas. Il m'adressa un de ses regards sérieux, ce qui venant d'Emmett était assez exceptionnel. Je le connaissais depuis trois ans, trois années durant lesquelles nous avions toujours été dans la même équipe de foot et également dans la même fraternité. Je le connaissais joueur, stratège, blagueur, dragueur, mais rarement sérieux.

- Très bien. Mais au cas où ça ne va pas, t'en fais pas, je te couvre, déclarais-je en acquiesçant. Il m'adressa un sourire reconnaissant et nous retournâmes rapidement à l'entrainement avant que les autres joueurs aient des soupçons. Même s'il était le capitaine, et probablement surtout à cause de ça, Emmett devait faire attention au moindre de ses faits et gestes quand il était sur le terrain. Qui ne voulait pas prendre sa place ? Il était celui vers qui le regard des recruteurs pour les équipes professionnelles se dirigeait en premier après tout.

- Ça marche. Et… merci. Puis il lança un peu plus fort. Bougez vous le fion les filles, il nous reste pas tant de temps que ça ! Et non Edward, tu ne peux pas aller t'acheter une glace, ajouta-t-il en guise de prétexte quant à notre conversation en aparté.

Je souris en coin et secouais la tête avec amusement avant de repartir "bouger mon fion" sous les ricanements de mes coéquipiers.


"Mesdames, mesdemoiselles, messieurs ! En cette magnifique journée de pré-rentrée l'Université de Pennsylvanie est fière de vous présenter, pour ouvrir la saison de sport, les Quakers de Penn !"

Je souris en entendant la clameur de la foule. Ils étaient chaque année au rendez-vous et c'était grisant de se faire saluer par la foule de cette façon, de pouvoir ne faire qu'un avec elle pendant un jeu, de ressentir tout ce qu'elle ressentait et leur procurer des sensations inoubliables. C'était comme être dans le noir en ayant perdu ses repères, avant de parvenir à courir vers la lumière et s'y fondre. Notre corps ne devait pas s'endormir, on devait sortir les griffes et avoir les sens à vif, excités par la fumée bleu et les néons rouges explosant autour du stade.

Les cris redoublèrent quand les joueurs firent un par un leur entrée, et je souris amusé en voyant Emmett parader comme un roi. Il s'arrêta près du gradin réservé aux familles et mon sourire se figea légèrement en remarquant que, bien entendu, elle était là.

Bella Swan.

Ou autrement dit, la fille la plus intouchable de la chrétienté. Toujours entourée de sa bande de glousseuses ou occupée à un de ses milliards d'activités. Cette fille ne semblait jamais prendre de repos. Et quand elle le faisait, c'était en très bonne compagnie: nul autre qu'Emmett, mon capitaine. Au début, je n'avais pas trouvé Bella plus intéressante que ça. Elle était certes jolie, il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir, mais pas exceptionnelle non plus. C'est au fil du temps que j'avais appris des petits détails; qui une fois additionnés, faisaient d'elle une des rares filles que j'aurais aimé connaitre un peu mieux.

Mais que je ne pouvais pas approcher, pour une longue liste de raisons.

Mon nom scandé par la foule me fit momentanément perdre le cours de mes pensées, mais elles revinrent bien vite quand quelques instants plus tard, assis sur le banc des joueurs pour m'assurer que mon équipement était bien en place, j'entendis une conversation d'ordre privé entre Emmett et Bella.

- Emmett, la façon dont tu joues… je peux te dire que ça vient naturellement. Tu suis ce que tu ressens au plus profond de ton être, c'est… intuitif. Je risquais un coup d'oeil vers eux et me rendis compte qu'elle tenait son visage entre ses mains d'un air tendre. Tu n'as même pas besoin d'essayer, ça te vient naturellement. Tu es comme le tonnerre! Quand tu gagnes tes matchs, pour moi c'est excitant parce que je sais que c'était écrit. Tu es une force de la nature, ton énergie me coupe le souffle à chaque fois que je te vois. Quand tu joues et que tu marques, des papillons volent dans mon estomac. Et quand tu regardes dans mes yeux pour y lire la victoire, c'est parce que tu as une manière de me connaître, tu sais que je te l'avais dit et tu sais que c'était écrit. Le football et la danse c'est le même jeu.

Il déposa un baiser sur sa joue pendant que je méditais sur ses paroles. Est-ce que je me sentais agacé parce que j'aurais aimé, moi aussi, avoir quelqu'un pour m'encourager avec autant de conviction ? Après tout j'avais grand-père Garrett, mais ce n'était certainement pas la même chose. Il était moins sexy en tout cas, ça c'était certain.

Je secouais la tête et me levais afin d'aller faire ce pour quoi j'étais là: gagner le match, tout en cochant une case dans ma tête.

Raison 1 pour ne pas approcher Bella Swan: sort avec Emmett Masen, ton capitaine et le mec capable de te virer de l'équipe de foot s'il le veut.

Une fois le match terminé - et bien entendu, gagné - j'entendis les gars discuter de leurs projets et acceptais avec enthousiasme d'aller boire un verre après le match de baseball. Jasper allait y jouer, donc je pourrais l'encourager - ou me foutre de sa gueule pour son histoire de lutin aux cheveux noirs, du moins s'il s'en souvenait vu son état de la veille. Pourtant, mes plans furent rapidement déjoués quand l'hôpital me proposa une garde. Je ne mis que quelques secondes avant de réaliser que j'allais avoir besoin de faire le plein et acceptais tandis qu'on sortait tous des vestiaires.

- J'ai entendu dire que l'équipe de baseball était superbe cette année, entendis-je une voix féminine assez familière déclarer. Je relevais la tête et assez certainement, Bella adressait un sourire à Emmett qui la tenait dans une étreinte serrée.

- Cool. Avec les gars on pensait y aller aussi.

Je sautais sur l'occasion pour intervenir.

- Em, je suis désolé mais je dois filer.

- L'hôpital ?

- Ouais, comme d'hab. À plus tout le monde !

Je partis rapidement sans me retourner, ayant peur de changer d'avis. Je ne savais pas ce qui était si spécial à propos de Bella Swan pour qu'elle croise sans cesse mon chemin, et surtout pour que je pense tant à elle - était-ce le frisson de l'interdit ? - mais je n'étais pas prêt de risquer ma place dans l'équipe de foot pour le découvrir.

Raison 2 pour ne pas approcher Bella Swan: elle est bien trop tentante pour son propre bien.

La journée du lendemain consista à me remettre de la folie du match et de l'hôpital. Parfois je me demandais pourquoi je faisais ce que je faisais, avant de me rappeler que si j'avais un putain de choix, j'avais fait le mauvais il y a bien longtemps déjà. Je pris des nouvelles de Jasper puis constatais que l'université nous avait envoyé un mail pour nous dire que notre Maison était prête.

Jasper et moi allâmes récupérer les clés dès l'ouverture du bâtiment administratif et passâmes la matinée à ramener nos affaires et à ranger un minimum - ou plutôt je rangeais, pendant que Jasper me bassinait avec le lutin qu'il avait à priori revu le jour de la pré-rentrée. J'écoutais d'une oreille distraite après m'être rendu compte qu'elle s'appelait Alice, était la soeur d'Emmett et bien entendu, la meilleure amie de Bella. On aurait dit que le destin voulait vraiment me pousser à faire une connerie.

- C'est vous qui allez vivre ici, après tout. Moi je ne serais qu'une invitée passagère dans votre demeure, mes seigneurs.

Jasper et moi nous immobilisâmes en entendant des voix en provenance de l'extérieur de la Maison. Je terminais de poser quelques classeurs de révision dans une des bibliothèques avant de me tourner vers ce que je supposais être nos colocataires.

- Comme si t'allais pas venir sans arrêt ici.

- Tu déconnes ? fit Jasper en se tournant vers moi, ayant lui aussi reconnu la voix d'Emmett. Je secouais la tête en riant, rire qui ne fit qu'augmenter lorsqu'une petite tornade brune que je supposais être Alice, écarquilla les yeux.

- Je… Ja… Tu… Hein ?

- Hey mec, qu'est-ce que tu fous là ? s'étonna Emmett en regardant Jasper tandis que j'étais plus ou moins dissimulé par un pan du mur du salon.

- Emmett ? Bah j'habite ici. Ne me dis pas que toi aussi ?

- Ouais !

Emmett s'approcha de Jasper et le prit dans une étreinte masculine, tandis que je les regardais faire en riant sous cape, attendant qu'il se rende compte de ma présence. Lorsque je vis les trois filles se diriger vers l'étage et monter sans même s'être rendu compte de ma présence, je décidais tout de même d'avancer dans l'entrée avant qu'on ne me prenne pour un rôdeur.

- Edward ! Décidément le monde est petit, s'amusa Emmett en m'apercevant alors. Tu l'aides à s'installer ou comme je le pense, tu es le dernier coloc ?

- Ça va, ton cerveau a reçu moins de coups que ce que je croyais ! ricanais-je en recevant à mon tour une accolade. Je vis là aussi, Jazz et moi on a postulé ensemble pour la Maison.

- Ah cool, moi avec les filles. Eh bah mes cochons, on va bien s'amuser cette année je vous le dis ! À nous les fiestas d'enfer et les-

- Salut Jasper, désolée j'avais un truc à régler, l'interrompit Bella en redescendant les escaliers. Je tournais la tête vers elle en même temps qu'Emmett et Jasper, mais elle s'immobilisa brusquement et je fronçais les sourcils en voyant son amie blonde la prendre par les épaules et lui faire faire demi-tour vers l'étage.

- J'ai loupé un épisode ? demanda Jasper en m'évitant l'embarras de poser moi-même la question.

Emmett haussa les épaules à la fois l'air amusé et détenteur d'un grand secret de l'univers.

- Bah, c'est Bella. Elle est bizarre parfois mais hey, c'est comme ça que je l'aime !

Il rit doucement et Jasper haussa les épaules, clairement amusé. Je fis de même et on se mit finalement tous les trois à bouger quelques meubles et affaires, faisant un semblant de rangement. Seulement au bout de quelques minutes à peine, plusieurs bruits sourds nous parvinrent de l'étage, suivis d'un cri. Emmett enjamba les escaliers rapidement et Jasper et moi nous regardâmes avant de le suivre plus tranquillement.

- C'était quoi ce cri ? s'inquiétait Emmett. Bella ! hurla-t-il et Jasper et moi nous stoppâmes dans l'escalier sous la surprise. Bon sang il se passe quoi ici ? Ça fait deux fois qu'on entend quelqu'un tomber ! EDWARD VIENS !

Je repris mon ascension et entendis Alice demander pourquoi il m'appelait, ainsi qu'Emmett répondre que j'étais étudiant en médecine. Puis il demanda pourquoi elle était tombée alors que j'essayais de savoir où ils étaient tous. Je les trouvais dans la première chambre, soit celle que j'avais élue comme la mienne en arrivant dans la matinée.

- Elle a… entendu une mauvaise nouvelle, expliqua la grande blonde.

- Certaines personnes qui ont des antécédents d'épreuves difficiles ont tendance à s'évanouir pour bloquer les émotions trop fortes que leur cerveau ne peut gérer sur le champ, déclarais-je alors en entrant dans la pièce, ressortant par automatisme l'une des raisons possibles à un évanouissement.

- Elle a perdu sa mère il y a deux ans... commença Emmett avant de se faire interrompre par la blonde à nouveau.

- EMMETT ! s'indignait-elle. Elle te tuerait si elle savait que tu parles de ça.

- Peut-être que c'est utile au Doc !

- Il ne l'est pas encore je te signale, il ne fait que suivre des études de médecine, c'est un larbin en gros…

- Merci de ta confiance blondie, rétorquais-je avec calme malgré mon agacement montant. Je me plaçais près de Bella après avoir manoeuvré auprès d'Emmett qui la tenait contre lui, et pris son pouls. Mais mon père est médecin, je sais ce que je fais. Après quelques minutes j'ajoutais. Il lui faudrait un peu d'eau pour son réveil. Elle est évanouie depuis quand ?

Je relevais les yeux vers les deux filles en n'obtenant pas de réponse, et réitérais la question avant de comprendre que je n'en tirerai rien. Je remerciais Jasper qui se proposa alors pour l'eau et entrepris de secouer légèrement Bella pour la réveiller, ce qui fonctionna heureusement. La suite aurait été de lui donner une gifle, et je n'en avais pas le coeur.

Ses joues étaient rouges et ses grands yeux marrons fixés sur moi tentaient d'analyser la situation. Ses paupières battaient rapidement et sa petite bouche en cœur se tordit dans une moue d'incompréhension totale quand elle regarda autour d'elle. Je n'avais jamais qualifié une fille d'adorable auparavant, mais c'était véritablement ce qu'elle était.

- Mon Dieu Bella, tu vas bien ? gémissait presque Alice en se penchant sur elle, me barrant le chemin.

- Je… Elle attrapa le verre d'eau que Jasper, qui venait de revenir, lui tendait, et le vida rapidement. Oui… Juste un peu mal à la tête.

Je fronçais les sourcils et poussais gentiment Alice afin de mieux voir Bella, préférant m'assurer qu'elle n'était pas sur le point de faire un accident médical plus grave qu'un petit évanouissement.

- C'est certainement dû à l'évanouissement, mais tu as pu te faire une commotion cérébrale en tombant. Tu devrais aller passer un scanner à l'hôpital.

- C'est ridicule… contra-t-elle en tentant de se redresser. J'ai l'habitude de ce genre de trucs et je-awhh.

Mon inquiétude augmenta d'un cran quand je la vis incapable de finir sa phrase, et m'approchais en posant ma main sur son front. Je la trouvais un peu chaude, mais rien de bien inquiétant. J'entrepris ensuite de faire glisser ma main jusqu'à l'arrière de son crâne pour le palper et vérifier l'absence ou la présence de bosse, notant distraitement la douceur de ses cheveux.

J'étais tellement concentré que je ne vis qu'après quelques secondes que ses joues avaient considérablement rougies. Je me demandais ce à quoi elle pensait, surtout que sa respiration s'était accélérée. La dernière fille que j'avais vu dans un état similaire, c'était deux jours plus tôt dans mon lit. Et il ne fallait surtout pas que je pense à ça maintenant, alors que tant de paire d'yeux étaient fixés sur moi. Mais c'était plus fort que moi, je me demandais maintenant à quoi aurait ressemblé Bella, nue sous moi, dans mon lit.

- Bella a l'air d'avoir besoin de glace, articulais-je avec ce qui me semblait être la plus grande difficulté au monde.

J'en aurais bien besoin aussi.

- Super, et si vous alliez en chercher ? suggéra Alice en me donnant l'occasion parfaite de me dérober, son regard allant de moi à Jasper et Emmett.

Je me levais rapidement alors qu'elle nous poussait presque en dehors de la pièce. J'entrepris ma descente, seulement Emmett resta et en l'entendant distraitement prononcer les mots "sentiments", et surtout, "épouser", je faillis louper une marche et me rattrapais de justesse. Jasper m'adressa un regard curieux, que je balayais d'un haussement d'épaules désinvolte. Il venait de la demander en mariage, et alors ? Pas mon problème. Je leur souhaitais beaucoup de bonheur dans leur futur divorce.

Nous fîmes notre retour dans la chambre avec des glaçons et je m'enquis de l'état de Bella, qui m'assura qu'elle se sentait mieux avant d'ajouter.

- Tu es doué avec tes mains visiblement. Bordel, elle me cherchait vraiment. Je veux dire… euh… par rapport à la médecine… enfin, quand quelqu'un m'ausculte en général je hurle à la mort… et là rien… tu vois quoi.

Je lui adressais un sourire en coin, car sincèrement, je ne savais pas quoi faire d'autre. Ses mots avaient éveillés des pensées pas très catholiques et je commençais à comprendre qu'il serait dur de vivre avec Bella. Sans mauvais jeu de mots.

- Tu es marrante, répondis-je alors simplement, amusé car elle ne devait même pas se douter de la tentation qu'elle était.

Je fus heureusement distrait de cette discussion embarrassante par la demande d'Emmett concernant l'attribution des chambres. J'expliquais que Jasper et moi avion déjà choisi les nôtres pour des raisons pratiques, ce qui sembla ne gêner personne et me rassura. Changer m'aurait profondément agacé.

Alors que nous étions retournés déballer nos affaires, la tornade Alice fit encore des siennes. Visiblement elle avait - enfin - reçu le message que Jasper m'avait fait relire au moins 5 fois pour s'assurer qu'il était bien avant de lui envoyer, et acceptait de sortir avec lui. Je tombais sur eux en train de s'enlacer à l'étage et souris, heureux pour mon meilleur ami. Cependant ce n'était visiblement pas le cas de tout le monde, puisque l'asperge blonde se permit de maugréer.

- Elle a un problème blondie ? demandais-je à personne en particulier, et ce fut Bella qui répondit.

- Hey, n'insulte pas ma cousine. Elle… vit une période difficile. Elle n'a pas besoin de ce genre de commentaires, s'il-te-plait.

- Désolé, je ne disais pas ça méchamment, lui assurais-je en comprenant que blondie… enfin, "Rosalie", était un terrain miné. Je levais un peu plus haut le carton que je portais afin de faire un signe d'excuse improvisé. J'appelle juste toutes les blondes comme ça, elles… Elles ne sont pas vraiment ma tasse de thé.

Je me demandais pourquoi je venais juste de lui avouer mes préférences, mais après tout s'agissant de Bella, je n'étais pas plus étonné que ça. Il y avait quelque chose à propos de cette fille…

- Oh, alors tu es plus du genre brunes ?

- Totalement du genre brunes, répondis-je en souriant en coin à son air curieux.

- Oh.

"Oh" en effet. J'entrais dans ma chambre en soupirant.

Raison 3 pour ne pas approcher Bella Swan: c'est ta putain de voisine de couloir.


N/A : Vous voyez, Edward aussi a une petite liste. ;) Voilà une des raisons pour lesquelles j'ai mis tant de temps à pondre ce chapitre, je voulais vous surprendre avec son PDV puisque je sais qu'il vous a beaucoup manqué dans les premiers chapitres, mais je ne voulais pas non plus faire n'importe quoi (ou trop vous en dévoiler). J'espère que ça aura satisfait une partie de votre curiosité. Pour le fameux baiser du chapitre 10… eh oui, vous devrez encore attendre le chapitre 12 pour avoir la réponse ! Des théories en attendant ?