Salutagrou, bonjour, bonsoir, bonne nuit, et bon appétit !

J'espère que le chapitre précédent ne vous a pas découragé ^^ Il y a un peu plus d'action dans celui-ci XD

Bonne lecture !


Elle fit plusieurs mouvements avec son épaule, et essaya de contorsionner son buste. Cochonnerie de roi Faucon... Elle en avait assez de devoir se ménager. Elle ne supportait pas de rester tranquille la journée alors que les autres se battaient dehors. Russia était dans le même cas, cependant plus proche de la guérison totale qu'elle. A tous les deux, pour éviter qu'ils ne pètent un câble, on leur confiait les petites missions. Si ça ne diminuait pas leur mauvaise humeur, mais ça les tenait en patience. Enfin bon, l'avantage, cette fois, c'est qu'elle était obligée de participer. Une grande bataille allait avoir lieu, entre toutes les puissances de ce monde. Il y avait même quelques Dragons. Malheureusement, ils allaient devoir se tenir à l'écart du combat, comme renforts de secours si ça se passait mal pour Naesala. Il allait avoir à veiller sur l'Apôtre de Begnion, Sanaki. En s'approchant du champ de bataille, Tatu avait senti comme un léger et familier malaise monter en elle. En voyant les armées se faire face, elle eut peur d'en comprendre l'origine. Ils savaient que les membres de la famille royale du clan Héron étaient tous réunis. Ce qui voulait dire que le Médaillon n'était pas loin. La légende raconte que si par malheur tout le continent entrait en guerre, alors le Dieu maléfique enfermé dedans se réveillerait. Des représentants de toutes les Nations étaient là, s'ils n'avaient pas amené d'armée avec eux. Elle se souvint alors où et quand elle avait déjà ressenti ce malaise. Elle avait eut une fois l'occasion de plus ou moins s'approcher du médaillon. Elle n'avait aucun rapport avec, mais il se trouvait là à ce moment là, avec les descendant Hérons. Les autres ne l'avaient pas senti, et elle avait comprit que c'était une faculté supplémentaire qu'elle avait hérité de son père.

Silva : qu'est-ce que c'est que ça ?

Russia : hum ?

Silva : j'ai une drôle d'impression. Une puissante aura négative flotte dans les airs.

Tatu : ah, vous parvenez à la sentir cette fois ?

Junko : cette fois ?

Tatu : c'est l'aura du Médaillon, je la reconnais. Le fait que vous puissiez la sentir n'est pas bon signe. Ça doit vouloir dire que le pouvoir du Dieu Maléfique filtre au travers de ce qui l'emprisonne.

Net : qu'est-ce qu'il va se passer ?

Tatu : je ne sais pas.

Mallo : la légende veut que si tous les royaumes de Tellius entre simultanément en guerre, le Dieu Maléfique sera réveillé.

Net : vous y croyez ?

Silva : Rend et Jillian ont déjà eut l'occasion de le voir. Etant donné la description qu'ils en ont faite, je pense que l'on peut prendre ça au sérieux.

Russia : tu l'as vu, Tatu ?

Tatu : pas vraiment non. Je suis passée devant la salle où il était entreposé, et j'en ai senti l'aura. Par chance, quelqu'un a ouvert la porte, et j'ai pu voir une lumière bleutée. J'ai ensuite apprit que c'était là qu'était le Médaillon, mais c'est tout.

Mallo : Rend et Jillian parlaient également de flammes bleues.

Net : bon... en somme, avec la situation qu'on a sous les yeux, on est dans le pétrin.

Silva : hum...

Junko : mais comment réagir ?

Russia : c'est pas ma fierté qui va me donner la force d'arrêter un Dieu Maléfique.

Mallo : personne d'entre nous ici n'en a le pouvoir, pas même en unissant nos forces. J'espère qu'ils ont une solution en face.

Net : alors on ne peut rien faire d'autre qu'attendre ?

Junko : c'est assez déplaisant.

Silva : il faut savoir rester à sa place. Nous sommes parvenus à faire bon nombre de choses jusque là pour aider Kilvas, je pense que l'on peut l'affirmer. Cependant, il y a aussi des choses qui nous dépassent. Cette affaire là est d'un tout autre niveau.

Un lourd silence s'installa. Ils n'aimaient pas spécialement se battre. Mais se sentir inutiles, ça les mettait en rogne.

Silva : tout ce que l'on peut faire, c'est rester ici, observer, et intervenir si la situation l'exige.

Et c'est ce qu'ils firent. Ils virent les armées charger, les peuples se mélanger, puis s'entre-tuer. Le visage se Junko se tordit en une grimace.

Junko : cette bataille est particulièrement meurtrière. Regardez un peu le nombre de morts depuis tout à l'heure.

Russia : en effet. C'est assez... impressionnant. Dans le mauvais sens.

Net : et j'ai comme l'impression que le Dieu Maléfique s'énerve.

Depuis le début de la bataille, l'agressive aura qui planait sur le lieu avait gagné en intensité.

Junko : Tatu ?

Celle-ci c'était appuyée sur une des deux parois qui bordaient la route. Ses yeux fixaient un point invisible, et elle respirait assez fort.

Tatu : ça... il faut que ça s'arrête... S'ils continuent comme ça ils vont...

Elle déglutit et essaya de formuler des phrases correctes.

Tatu : au plus le nombre de morts dans cette bataille augmentera, au plus le Dieu Maléfique s'approchera de l'éveil... Depuis tout à l'heure, l'aura maléfique ne cesse de gagner en puissance...

Russia : et on ne peut rien faire contre ça, je te rappelle. Tout ce qu'on peut faire, c'est regarder.

Tatu : non...

Les regards retournèrent à elle.

Tatu : je peux peut être essayer quelque chose. Je dois essayer de faire quelque chose.

Elle s'avança jusqu'à l'a-pic où se finissait la route. La masse grouillante, aussi bien dans le ciel que sur la terre, des combattants, était tout à fait monstrueuse. Une forme sans couleur définie, un amalgame de races... qui ne cessaient de faire des morts dans les rangs pour ensuite combler les trous avec d'autres soldats. Cette forme mouvante qui occupait tout l'espace, elle la rendait malade. Elle prit une profonde inspiration, et se mit à chanter. Les notes, cristallines, s'élevaient vers l'ironique azur que le ciel avait ce jour là. Elles semblaient vouloir occuper le plus d'espace possible, s'insinuer dans la moindre petite faille, pour rejaillir éclatantes de l'autre côté de chacun des murs qui se présentaient à elles. C'était un chant mélodieux, doux, apaisant comme une berceuse. Il incitait au calme et à la paix, au repos mental et physique. Elle chantait à pleine voix, au plus fort qu'elle pouvait. Il fallait qu'un maximum de personnes l'entendent. Il le fallait... Il fallait qu'elle puisse assurer l'équitable utilisation de ses dons, ce qu'elle seule pouvait faire. Elle avait reçu la faculté de papa à créer des effets sur les autres avec les notes sortant de sa gorge. Un Héron ne pouvait utiliser cette particularité qu'à des fins dénuées de toute agressivité. Mais un Héron-Corbeau ? Au début, elle se contentait de chantonner comme n'importe quel enfant, et on la complimentait un peu trop souvent sur l'effet apaisant qu'avaient ces jolis gazouillements. Petit à petit, l'effet s'était amplifié, et Naesala avait fini par officialiser le fait qu'elle avait également hérité de cela, en tant que fille de Héron seulement, cela ne s'arrêta pas là. Si le côté pacifique des Hérons ne se trouvait qu'en nuance chez elle, une autre utilité se développa pleinement dans son corps métisse. La petite Tatu, fidèle à son âme de justicière, se retrouvait assez régulièrement à vouloir empêcher des brimades ou des bagarres. Des fois, elle insistait longtemps sans que ça ne fasse aucun effet, alors elle finissait par se mettre en colère. En général, elle criait que ça suffisait maintenant, et qu'il fallait qu'ils arrêtent. Tout le monde se tournait vers elle, et les échauffés réagissaient comme s'ils venaient de se prendre un coup. Il fallut que plusieurs situations de se genre se présentent pour qu'elle se rende compte qu'à l'endroit où elle imaginait un instant les frapper et projetait sa voix, des bleus apparaissaient, sans que personne ne se soit forcément battu. Elle en parla aux autres, et on émit assez rapidement cette hypothèse : elle avait en effet hérité du pouvoir de la race Héron, mais elle était déchargée de cette obligation de faire le bien. Dès lors, le perfectionnement de son art du chant occupa une part importante de ses journées. Petit à petit, elle apprit à choisir à sa guise l'utilisation qu'elle en faisait, à moduler sa puissance, et devint plus précise. Cependant, il parut aussi évident que cela lui pompait énormément d'énergie. Elle chantait avec son cœur, y mettait tellement du sien que cela la vidait comme beaucoup de Hérons après un puissant Galdrar par exemple. A propos des Galdrars, elle ne fut jamais capable d'en interpréter un seul. La capacité offensive qui lui a été offert l'avait privée de la puissance du pacifisme profond qui imprègne ces chants sacrés. Elle apprit à ne pas se reposer que sur ces chants. Il fallait privilégier ses capacités physiques et intellectuelles. Moins de personnes y goûtaient, mieux c'était. D'autant plus qu'elle ne pouvait plus rien faire après avoir interprété un chant trop puissant. La majeure partie du temps, elle endormait des gardes, détournait leur attention, les blessait légèrement. Ce n'est qu'acculée face à un ennemi trop puissant qu'elle se permettait de chanter à pleine puissance agressive. C'était comme ça qu'elle avait pu s'en sortir au guet de la Ribahn. Après ça, elle s'était traînée à demi-consciente sur des kilomètres, pour finalement s'écrouler. Et là, elle chantait avec toute la conviction de son être afin de calmer cette immonde mêlée qui mettait le monde en péril. Ses sentiments étaient plus forts et en parfait accord avec ce qu'elle souhaitait, la puissance de son chant en fut considérablement augmentée. Elle n'atteignait cependant pas le niveau d'un Héron de pure souche. D'ailleurs, même un des membres de la famille royale, comme Reyson, Rafiel ou Leanne n'auraient pu arrêter cela. A trois... peut être... et peut être pas. Elle fini par s'écrouler, exténuée. Elle avait tout juste la force de garder les yeux ouverts. Son chant avait été une goutte d'eau dans un océan. Les larmes surgirent de ses yeux, tels deux torrents. Sa gorge semblait être sur le point de se déchirer. Les autres étaient groupés autour d'elle. Silva et Mallo l'avaient prise dans leur bras. Net se jeta à son cou, bientôt suivit de l'étreinte plus douce de Junko, puis de Russia.

Silva : tu as été merveilleuse...

Tatu : mais... j'ai échoué.

Sa voix était tellement brisée qu'elle en était à peine audible.

Silva : c'est que ce n'était pas à toi d'intervenir. Tu as fais de ton mieux, et c'est déjà énorme. Pour cette fois... Nous allons nous tenir à l'écart des affaires de ce monde, jusqu'à ce que l'on parvienne à s'y mêler à nouveau.

Le sanglot qui l'étranglait depuis tout à l'heure relâcha soudainement son étreinte, et elle hurla. De chagrin, de désespoir, d'impuissance. Elle avait échoué. Elle avait échoué. Elle avait échoué. En quoi avait-elle sut se montrer utile ? En quoi ? EN QUOI ? A quoi lui avait servit son sang mêlé mis à part à perdre sa famille ? A quoi lui avait-il servit si elle ne pouvait pas stopper la haine du bataillon juste en bas de la falaise ? A quoi lui avait servit son existence, si elle n'avait pas sur faire ses preuves au moment où elle pouvait se rendre utile au monde ? Elle pleura longtemps, très longtemps dans les bras de tout le monde. Net et Silva pleurèrent avec elle. Aucun d'entre eux n'avaient la moindre idée de ce qu'il allait advenir, et la peur les tenait tous au creux d'une même poigne de fer.

Presque simultanément, les généraux des différentes armées se retirèrent. Les les suivirent de loin, pour finalement arriver jusqu'à un bâtiment de pierre grise. Ils sentirent que là-dedans était entreposé le Médaillon. Ils voulurent s'approcher plus, mais au même moment Nealuchi vint à leur rencontre. Il volait au plus vite qu'il pouvait pour lui aussi entrer dans le bâtiment. Il se posa à leurs côtés, et leur demanda de ne pas entrer dans le bâtiment.

Net : Mais... Le roi est là-dedans ! Si les autres chefs se décidaient à l'attaquer tous en même temps hein ?

Nealuchi : Je sais que vous voulez bien faire, mais moins il aura d'alliés à ses côtés au moment de discuter, moins il apparaîtra comme une menace pour les autres. D'autant plus qu'ils ne vous aiment pas non plus. S'il vous plaît, restez là.

Silva : … Nous tenions à nous excusez.

Nealuchi : en quoi ?

Silva : nous ne vous avons été d'aucune aide.

Nealuchi : et c'est tant mieux. Votre rôle était de venir en renfort à notre Roi si jamais il se retrouvait être attaqué. Si vous n'avez pas eu à intervenir, c'est qu'il va bien.

Il se tourna ensuite vers Tatu, soutenue par Mallo, et lui fit un sourire réconfortant.

Nealuchi : j'ai entendu ton chant. Il était vraiment magnifique, presque aussi pur que celui des Hérons.

Elle se remit à pleurer, émue, son visage tordu dans une drôle de grimace.

Tatu : … merci...

Il commença à s'éloigner de quelques pas.

Nealuchi : si la situation s'envenime, je vous appellerai. Tenez-vous prêts.

Tous : bien.

Les Déesses Jumelles furent libérées. Ashera, incarnation de l'Ordre, choisit d'immobiliser le monde, afin de mettre fin à toute forme de chaos. Animaux, Laguz et Beorcs furent changés en pierre, et le petit groupe de Corbeaux n'y échappa pas. Ils furent figés tous ensemble, et les rescapés les découvrirent. Ce fut Nealuchi qui les retrouva en premier, un peu plus tard suivit de Naesala. Celui-ci resta quelques secondes à les regarder. Tibarn posant trop de questions et ayant peur de laisser paraître quoi que ce soit, il se détourna plus vite qu'il ne l'aurait souhaité. Peu de temps après, la Déesse du Chaos, Yune, se présenta à eux ils se rendirent ensuite à Sienne, la capitale de Begnion, dans le but d'y affronter Ashera et rendre son monde son état originel. La Déesse fut vaincue, et le monde redevint vivant. Lorsqu'ils rouvrirent les yeux, le bleu du ciel leur paru plus pur et plus limpide que jamais.


Ladies ang Gentleman, je vous rassure (ou vous inquiète), ce n'est pas tout à fait fini !

J'espère que ça vous a plut =)

Avis et impressions sont les bienvenues ! Même celles qu'on pas d'papiers d'identité !