désolé pour le retard. Je n'abandonne pas. la vraie vie est juste compliquée. Tous les auteurs savent qu'elle est une experte pour ce qui est des bâtons dans les roues...donc je me suis vautrée, désolée, mais je m'y remet ! en passant, pour ceux et celles qui lisent l'anglais, je vous conseille les histoires fantastiques de la talentueuse Wyrdsmith. un vrai délice!


suite à une review, voilà un petit résumé de l'histoire jusqu'ici :

Suite aux machinations d'Albus, Harry se retrouve coincé au Square Grimaud avec Severus Snape. Ils soignent en secret Lucius Malefoy, qui a été torturé lors de la Bataille Finale dans des conséquences mystérieuses. il a apparemment sortit Sirius Black du voile. Ce dernier est retenu en otage par un elfe dans la Forêt Interdite, sûrement sur l'ordre d'Albus.

La famille Malefoy a disparut, tout comme Remus, qui a décidé de pourchasser les Mangemorts encore en liberté. Le Ministère ayant déclaré qu'il les a tous capturés et tués.

Harry sort doucement de sa dépression et commence à prendre soin de lui avec l'aide de Dobby et Winky. Mais le monde sorcier a à nouveau tourné le dos au jeune homme. Le Ministère réclame tout le crédit de la défaite de Voldemort et tente de faire passer Harry pour le nouveau Mage Noir pour pouvoir persécuter tranquillement les sorciers sombres, les serpentards et les créatures magiques.

Au début de l'histoire, quelques mois après la Bataille Finale, Harry sort enfin chez lui et se fait kidnapper par un étrange et ancien Elfe de Maison et par Fawkes qui effectuent sur lui un rituel d'Ancienne Magie aux conséquences inconnues. Harry a été transformé sur l'ordre de la "Maîtresse".

Qui est cette fameuse "Maîtresse" ? Est-il encore humain ?


RAPPEL : fin du chapitre 10 : Les retrouvailles :

Le jeune sorcier prépara calmement une liste d'instructions pour la semaine à venir : monter le plus vite possible le projet de refuges pour les créatures magiques, trouver les terrains appropriés et les aménager, continuer ses recherches, mettre au point un moyen de communication instantané et sûr (les gallions de l'A.D. ne comblaient pas leurs besoins actuels), achever au plus vite les protections dans tous ses commerces, organiser les bureaux de la fondations, les meubler et commencer à rechercher des employés appropriés, réfléchir à la formulation des contrats d'embauche, penser aux mesures de confidentialité qu'il allait exiger d'eux...

Ils ne pouvaient pas se permettre de voir leurs travaux pervertis par le Ministère ou le premier mage Noir venu. Harry frissonna de terreur en pensant à ce que Voldemort aurait pu accomplir avec des connaissances en génétique ou en médecine moldue.

Il faudra aussi que je rencontre tout le monde à nouveau, par petits groupes, pour être plus efficace, se dit-il.

Puis une réunion tous ensemble dans une semaine maximum. Pour faire le point. Je ne pense pas qu'on puisse se permettre d'aller plus lentement.

Il faut que je reprenne les plans de la Maison des Lochs. Je me demande si nous aurons assez de place pour tous nous retrouver là bas.

Est ce que sera une bonne solution ?

Je ne veux pas impliquer Sirius et Remus sans leur accord, mais malgré tous mes efforts, les protections et les ressources de la Maison n'ont rien à voir avec ce que la Demeure des Black peut nous fournir.

D'un autre côté, je doute que de simples invités puissent accéder à la bibliothèque de la Demeure, encore moins au laboratoire de potions.

Non, il vaudrait sans doute mieux que je me penche sur les sorts de transformation des dimensions de l'espace. Je me demande s'ils fragilisent la structure des bâtiments et s'ils interagissent avec les protections magiques. Il serait sans doute utile de les utiliser dans les locaux de la fondation, mais si c'est pour que tout explose au premier chaudron fondu...

Et bien, ça va être une autre semaine chargée.

J'espère que j'aurai quand même le temps de dormir.


Chapitre 11 : L'état-major potterien


«Je ne peux pas te laisser un mois sans que tu nous mijotes des embrouilles comme tu en as le secret, n'est-ce-pas Harry ? Non, mais, franchement ! Une révolution ? L'Apocalypse ? À quoi tu pensais ? Comment as-tu osé commencer sans nous ? Je me suis inquiétée !»

«Mais, Her...Hermione...»

Harry hésitait entre le rire et les larmes et ne réussit donc qu'à bafouiller misérablement pendant que son amie continuait sa diatribe, hurlant d'une voix stridente.

Ils furent interrompus quelques minutes plus tard par les éclats de rire de moins en moins discrets de Ron, qui finit par s'effondrer sur le sol en se tenant les côtes. Malheureusement pour son postérieur, il avait manqué le siège du canapé de quelques centimètres seulement.

Le comportement hystérique de Ron les fit réfléchir à la scène qu'ils venaient de faire et aux reproches d'Hermione en particulier.

Bientôt, deux jeunes sorciers prometteurs et une brillante jeune sorcière convulsaient dans le salon de la Demeure des Black, en proie à un fou-rire contagieux.


Toute catharsis a un prix, c'est bien connu. Le leur fut heureusement réduit à de sérieuses crampes abdominales quand ils réussirent enfin à calmer leurs éclats de rire nerveux. Le tas de jeunes sorciers formé par l'empilement du célèbre trio de Gryffondor savoura la chaleur de leur étreinte.

C'était l'une des premières depuis la fin de la guerre. Leur soulagement mutuel était palpable.

Hermione avait enfin vidé son sac et expulsé quelques-unes de ses émotions négatives.

Ron était soulagé. Il n'aimait pas voir son amante troublée ou inquiète. Il n'avait que peu profité de la relaxation qui aurait dû suivre la disparition de Voldemort, trop occupé à s'inquiéter pour la survie de son meilleur ami et l'état d'esprit de son amante. Il avait prit sur lui, il avait été fort. Mais c'était finit maintenant, il n'avait plus à porter ces amis à bout de bras, il pouvait lâcher prise et laisser sortir tous les sentiments qui étouffaient son cœur depuis des mois.

Hermione avait légèrement honte de toutes les crises de nerfs qu'elle avait piqué depuis qu'elle avait revu Harry, mais ses émotions avaient momentanément balayées sa raison.

Oh, ça ne lui arrivait pas souvent, mais, elle le savait, Harry et Ron avaient le chic pour provoquer ce genre de réaction en elle.

La jeune fille sentit confusément ses yeux déborder de larmes, elle perçut les tremblements de ses meilleurs amis et resserra ses bras sur eux.

Ils étaient vivants. Ils étaient ensembles. Ils pouvaient commencer à guérir.

Elle entendit une musique d'une pureté incroyable commencer à résonner dans le salon et se laissa aller complètement.


Dix minutes plus tard, un elfe de maison plein de sollicitude lévita les deux amis de son maître, qui ronflaient paisiblement, roulés en boule l'un contre l'autre, vers l'une des chambres d'amis. Maître Harry était très occupé : il fouillait frénétiquement dans les papiers de Gringotts, griffonnant de temps à autre une annotation dans un des carnets qu'il avait éparpillés sur sa table de travail, au chevet de Lucius.

Après une après-midi agitée, la routine reprenait ses droits dans la maison des Black.


La semaine de Harry se déroula au même rythme effréné que la précédente. La seule différence (notable cependant) consistait en la présence plus ou moins constante d'invités dans la Demeure des Black.

Hermione et Ron avaient pris l'habitude de venir déjeuner avec lui, voire de rester certains soirs. Hermione voulait profiter de ses parents et Ron de sa famille, maintenant que leurs inquiétudes au sujet de Harry avaient presque disparu, mais l'absence de leur moitié se faisait rapidement sentir et ils profitaient de l'hospitalité de Harry pour passer des soirées en amoureux.

Le jeune Lord Potter continuait à prendre son petit déjeuner avec Severus à des heures indues de la matinée. Ses habitudes n'avaient pas vraiment changées si on occultait le fait qu'il devait à présent réserver plusieurs heures chaque après-midi à des réunions sérieuses dans lesquelles il discutait de leurs projets avec ses amis.

Chacun d'entre eux avait accepté de relever le défi qu'il leur lançait. Harry était extatique et proposait son aide à tous. Sans mesurer ses efforts et son temps un seul instant. Il avait toujours donné sans compter, pourquoi changer maintenant ?

La plupart de ses amis en étaient toutefois toujours à l'étape des recherches préliminaires. Il leur fallait des informations plus précises pour pouvoir monter des entreprises viables. Le jeune homme n'avait donc plus vraiment son mot à dire. Il avait expliqué son projet au mieux de ses capacités dans les dossiers qu'il leur avait fournis et se contentait donc de revoir les plans de leurs nouveaux locaux pour de dernières améliorations et de faire la liaison entre les différents projets.

Il avait fourni à chacun une lettre attestant auprès de Gringotts qu'il fournissait les fonds de l'entreprise présentée et demandant humblement l'aide et les conseils des Gobelins.

Ron prenait son futur rôle de stratège très au sérieux et se tenait au courant de chaque progrès, de chaque changement. Il s'était jeté sur les numéros du Prophète et du Chicaneur et passait désormais presque autant de temps à lire qu'Hermione, au grand délice de celle-ci.


Leurs réunions étaient parfois compliquées.

Harry se rappela avec quel désespoir il avait supporté des heures de discussions avec Pansy et Théo sur les corpus et codex contenant les lois sorcières et la façon dont elles étaient appliquées. Pansy voulait se concentrer sur le conseil aux sorcières qui voulaient se marier, ainsi qu'aux Sang-Pures qui cherchaient du travail.

Dans les familles traditionnelles, les femmes n'étaient pas émancipées. Toutes leurs décisions étaient soumises à l'approbation du Chef de Famille et cette autorité se transmettait souvent au mari après leur mariage.

Selon Pansy, on pouvait avancer leur indépendance en surveillant avec attention la rédaction du contrat de mariage, notamment en ajoutant des clauses autorisant leur indépendance financière et favorisant le divorce sous certaines conditions.

Théo était entièrement d'accord sur le fond, mais craignait que ce genre de travail ne leur donne mauvaise réputation auprès des nobles et anciennes familles et ne les fasse boycotter.

Autant dire que le débat avait été sanglant. Pansy était directement concernée, même si ses parents étaient actuellement emprisonnés à Azkaban.

Harry avait finit par leur rappeler que leur firme n'était pour l'instant pas montée et qu'avant de se préoccuper de leur éventuelle clientèle, ils devraient peut-être commencer par recruter une équipe et se pencher sur leurs futures ressources et autres nécessités.

A son grand soulagement, il avait réussit à ajourner temporairement le débat.


Harry avait rencontré tous les Weasley et fait des propositions à chacun des membres de la famille : Une garderie pour Madame Weasley, des places dans les équipes de chercheurs de la fondation pour Bill et Fleur, un poste d'assistant administratif pour Percy qui allait devoir travailler en étroite collaboration avec Ron et les Slytherins de la nouvelle firme de droit. A terme, il allait sûrement avoir besoin d'un employé sachant gérer ces différents aspects à la tête de l'une ou l'autre de ses fondations. Ces possibilités d'avancement satisfaisaient les ambitions de Percy. Les Jumeaux, tout comme Charlie avaient reçus plusieurs propositions.

Harry attendait leurs réponses, mais il était confiant. Le jeune homme était donc libre de se concentrer sur le plus urgent : la mise en place des refuges pour Êtres magiques et la création de la fondation Ouroboros.

Severus avait accepté d'y participer à condition d'être en charge du département de recherche magique pour les potions. Il avait compilé une liste de candidats potentiels et s'occupait de recruter du personnel pour son département. Harry et lui avaient de longues discussions sur les objectifs à long et court termes de la fondation.

Ragnock continuait ses efforts : certains Gobelins étaient intéressés, mais restaient réticent à l'idée de travailler pour et avec des sorciers. Harry avait également obtenu la participation de Charlie et Bill Weasley au recrutement. Le jeune homme disposait d'un diplôme de Magizoologie et d'un réseau de connaissances étendu qu'il avait mis à profit pour recruter pour la fondation.

Harry attendait le retour de Remus pour le reste.

Il ignorait comment contacter les meutes de Loups-Garous et savait qu'il ne le prendraient pas au sérieux s'il leur présentait sa proposition seul : il était jeune, il avait mauvaise réputation grâce au Ministère, et c'était un sorcier qui ignorait pratiquement tout de la culture et des usages des lycanthropes. Remus était connu et pourrait au moins lui donner les conseils à suivre pour ne pas se mettre les meutes à dos.

Le jeune homme repoussait régulièrement son inquiétude pour son presque-parrain. Il savait que la chasse au Mangemort était une activité délicate et de longue haleine. Il tentait de se persuader que le loup-garou allait bientôt faire une apparence, ou qu'il était déjà au chevet de son compagnon, mais que, plein d'inquiétude et d'anticipation, il avait oublié de lui faire part de son retour en Angleterre.


Au-delà de tous ces projets, Harry était émotionnellement et physiquement épuisé. Il avait fait des efforts et il avait pris sur lui, mais il avait des limites. Et, maintenant que les personnes en qui il avait le plus confiance étaient à nouveau à ses côtés, son corps et sa magie devaient avoir décidé, à son insu, qu'ils pouvaient lâcher la bride à ses émotions.

Le premier signe avait été évident. Les cauchemars étaient revenus.


Il savait que les bouleversements qu'il avait subi récemment allaient forcément déclencher le retour de ses cauchemars. Il savait que, plus ses émotions étaient violentes, plus ses nuits étaient agitées.

Entre l'après-midi épuisante du début de la semaine où il avait brusquement été confronté au jugement de tous les amis qui lui restaient, les crises de larmes d'Hermione et le doute affreux que Severus avait jeté dans son esprit le soir où il lui avait parlé de ses projets, il était convaincu que les cauchemars étaient imminents.

Balloté dans la tourmente qu'il avait lui-même en partie créée, l'esprit de Harry ne parvenait pas à s'organiser, malgré ses séances quotidiennes de méditations. Le rituel d'Ancienne Magie qui l'avait changé au plus profond de son être ne lui facilitait pas les choses.

Mis à part son chant de Phénix, il n'avait remarqué aucune autre capacité magique et cela l'inquiétait. Il savait qu'un rituel aussi puissant, impliquant plusieurs créatures magiques, avait des conséquences complexes : chaque créature laissait un peu d'elle-même et, en échange, l'hôte (en l'occurrence, lui) manifestait des caractéristiques de chacune d'elles.

Il se demandait quelle sorte de caractéristique avait besoin d'autant de temps pour se mettre en place. Le bouquin des Blacks précisait bien que plus l'aptitude gagnée était puissante et complexe, plus elle était longue à se manifester.

Harry était mort de peur. Et son imagination qui avait toujours été particulièrement fertile, ne l'aidait pas.

Oh, il avait bien remarqué, que, surtout dans le monde moldu, chacune des personnes qu'il croisait était entourée ou suivies d'ombres plus ou moins sombres de formes étranges et variables.

Il avait cru au début à un amoindrissement de sa vision, mais il avait remarqué les formes. L'hôtesse d'accueil du gymnase par exemple, avait systématiquement une carpe flottant derrière son oreille gauche. Harry l'avait remarqué parce qu'elle s'assombrissait de jour en jour, devenant pratiquement opaque. Il avait pensé que peut-être il possédait une capacité révélant les points forts d'une personne, mais après avoir discuté avec la jeune femme, il s'avérait qu'elle ne savait pas nager même si elle habitait au bord de la Tamise.

Plusieurs de ses collèges moldus le prenaient pour un fou ou un drogué depuis qu'il avait pris l'habitude de détailler les ombres qui les entouraient. Il donnait l'impression de contempler le vide. Il comprenait beaucoup mieux Luna maintenant.

Et ce n'était pas toujours une sensation agréable. C'était incroyablement déprimant de voir des choses qu'on était le seul à distinguer.

Lui-même n'avait pas d'ombre (DU TOUT. Il ignorait s'il devait s'en inquiéter ou pas.)et la plupart des sorciers n'avait pour l'instant que des étincelles, des liquides ou deséclairs d'ombres autour d'eux.

Cette découverte avait accentué sa déprime et celle-ci rendait sa magie difficile à contrôler en amplifiant ses cauchemars.

Harry n'osait en parler à personne et ses cernes se creusaient à nouveau, doucement. Il n'avait aucune idée de ce que les formes indiquaient et n'avait pas le temps de faire des recherches.

Les seuls moments qu'il s'accordait étaient consacré aux soins de Lucius et à son entraînement magique et physique.

L'aristocrate allait de mieux en mieux. Harry avait profité de ses insomnies pour réapprovisionner tout le monde en potions cosmétiques. Les cicatrices de Lucius s'étaient presque totalement estompées et ses blessures les plus graves étaient en voie de guérison. Severus estimait son réveil à un mois ou deux. La chambre du malade était devenu le havre de paix de Harry.

Personne ne le dérangeait dans la chambre de Lucius. Il pouvait chantonner tout son saoul. Il se concentrait sur ses lectures pour éviter à sa dépression de déborder dans son chant. Il ne voulait pas retarder la guérison de Lucius.


Ses recherches du moment portait sur les contrats d'embauche qu'il allait devoir rédiger pour les employés de la fondation et les diverses entreprises en gestation. Il s'était fait une liste de problèmes à considérer. Il poursuivait la construction des refuges pour les Créatures Magiques que le Ministère ostracisait de plus en plus, suivait l'aménagement de la Maison des Lochs et le recrutement des futurs employés.

La question de la sécurité allait se poser. Comment garantir que personne ne dévoierait les recherches qu'ils effectuaient à leur propres comptes ?

Il se demandait si un serment inviolable serait suffisamment efficace. Il fallait qu'il permette la publicité de la recherche, mais dans des conditions permettant de contrôler cette publicité.

L'obligation de jurer un serment inviolable était-elle légale ? N'allait-elle pas décourager tous les candidats potentiels ?

Il y avait une autre série de problèmes, tout aussi pressants.

Comment communiquer de façon sécurisée avec ses amis ? Bientôt, ils rendraient publique la fondation Ouroboros et ses objectifs. Elle serait sans doute aussitôt une épine dans le pied du Ministère. Ils allaient devoir résister aux persécutions, aux Aurors, aux Langues-de-Plombs et à la presse. Ils allaient avoir besoin d'un moyen de communiquer qui ne puisse pas être intercepté comme les chouettes, bloqué comme la cheminette ou à sens unique comme le miroir de Sirius. La sécurité des employés et des locaux allait être un enfer, du moins au début. Ils ne pouvaient pas non plus se réfugier dans le secret comme l'avait fait l'Ordre du Phénix. Le but était de réformer la société, pas de la prendre par surprise.


Ces pensées et bien d'autres tourbillonnaient dans la tête de Harry lorsqu'il se résolu enfin à aller se coucher se soir-là. Trop submergé par ses inquiétudes, il oublia de lancer ses sorts de silence habituels en s'enfouissant dans ses couvertures violettes.

Au moins, les elfes de maisons étaient plus heureux que jamais.

Il pourrait sans doute cesser de leur donner des leçons dans quelques semaines, à moins qu'ils n'en réclament davantage. Calmant sa respiration, le jeune sorcier se concentra sur ses exercices d'Occlumencie. Avec un peu de chance, il parviendrait peut-être à dormir quelques heures.

Quelques minutes plus tard, Harry sombrait dans l'inconscience.


Et se réveilla, hurlant, un instant plus tard.

Il se laissa retomber sur ses oreillers et leva un œil fatigué vers son réveil. Il avait réussit à dormir quatre heures avant de se noyer dans ses souvenirs de la guerre. Il avait rêvé des murs de Poudlard s'écroulant sous les coups des géants, ensevelissant élèves et professeurs.

Il reprit ses esprits lentement. Il avait du mal à sortir du rêve. Les coups continuaient contre sa porte.

Il mit un certain temps à sortir du lit. Ses couvertures l'enserraient dans une étreinte étouffante dont il n'arrivait pas à se délivrer.

Entre-temps, les coups sur la porte s'étaient mêlés de cris. Harry commençait à s'inquiéter.

Pourvu qu'il ne soit rien arrivé à Lucius ou aux Serpentards... A moins que Sirius n'ait été découvert ?...

Harry arracha presque la porte, plongé dans sa panique et encore en proie aux émotions chaotiques du rêve.

Il se retrouva aussitôt enserré dans une étreinte puissante, piégé entre des bandes d'acier déguisées en bras noueux et un torse musclé dans lequel un cœur battait au rythme affolé d'un oiseau en cage.

Le nez plongé dans les replis soyeux d'un pyjamas aubergine, Harry mis un moment à réaliser qu'il se faisait bercer par les bras de Severus.


Severus était inquiet.

Depuis une semaine, le mioche avait mauvaise mine : il avait beau manger et conserver un rythme de vie sain, son visage se creusait à nouveau et ses cernes s'assombrissaient avec vengeance.

Il se levait toujours aussi tôt, mais le Maître des Potions était persuadé qu'il se couchait plus en plus tard.

Quelque chose le tourmentait, vraisemblablement.

Le problème, c'était que les possibilités étaient trop nombreuses pour que Severus puisse cerner une cause avec certitude. Il avait remarqué l'urgence presque maniaque que le jeune sorcier mettait à la tâche, plus particulièrement lorsqu'il s'agissait d'établir les refuges pour créatures magiques et de progresser dans son projet secret.

Il aurait bien accusé le jeune homme d'être retombé dans sa dépression, mais les cauchemars qui avaient caractérisés la première étaient absents. Il s'autorisait donc une lueur d'espoir.

Jusqu'à ce soir.

Il avait été réveillé à quatre heures du matin par un cri atroce, un cri douloureux qui avait résonné dans toute la maison. Il s'était précipité dans le couloir, mais la porte de la chambre de Harry refusait de s'ouvrir. Paniqué, il avait tambouriné un long moment avant que le jeune homme n'ouvre, tremblant, l'air hagard, la sueur et les larmes mouillant son visage.


Severus n'était pas un homme tactile, mais il avait acquis suffisamment d'expérience avec les jeunes Serpentards de première année pour savoir comment réconforter une âme en peine.

Et puis, c'était Harry, l'impossible gamin qui avait survécu au pire du monde magique, de sa mauvaise humeur, de sa mauvaise foi et qui prenait soin de lui quand même.

Il l'avait pris dans ses bras sans hésiter et la seule chose dont il était absolument sûr à ce moment, c'est qu'il ne le relâcherait pas tant qu'un peu de paix ne serait pas revenu dans son regard. Il le berça doucement pendant de longues minutes, tout en réfléchissant à la situation. Son cerveau s'éclaircissait rapidement des brumes du sommeil et il parvint à plusieurs conclusions :

Premièrement, les cauchemars du jeune homme avait dû reprendre depuis au moins une semaine (ce qui signifiait qu'il avait replongé dans la dépression), mais il avait posé des sorts de silence qu'il avait dû oublier ce soir. Par habitude ? Pour garder le secret ?

Deuxièmement, ils ne pouvaient pas rester dans les couloirs glacials du Square Grimaud : Harry avait besoin d'un bain chaud et de changer de vêtements.

Troisièmement, la chambre du gamin devait être charmée pour empêcher toute autre personne que lui d'entrer. La sienne était charmée de la même façon. Il ne restait donc que la chambre de Lucius comme solution de repli acceptable.

Severus continua à bercer Harry presque tendrement et appela doucement Winky.

Quelques minutes plus tard, il entraînait sa charge vers la salle de bain de Lucius. Harry était presque catatonique. Il tremblait et pleurait doucement, frissonnait sans sembler se rendre compte de ce qui se passait autour de lui.

Tremblements, mauvaise coordination, non-réactif : trop de fatigue, diagnostiqua un coin du cerveaux de Severus, état de choc.

Sans hésiter plus longtemps et à demi-étonné par le degré d'inquiétude qu'il ressentait pour le gamin, Severus Snape souleva le corps frêle du morveux comme une mariée. Une masse de cheveux rebelles et bouclés se cala spontanément dans son cou et l'homme frissonna en sentant les larmes du jeune homme couler sur son torse.


Il l'amena rapidement dans la salle de bain et le dévêtit avec quelques difficultés avant de plonger le corps tremblant dans l'eau chaude du bain.

«Merci Salazar pour les Elfes de Maison.» marmonna Severus.

Il maintint tant bien que mal la tête du jeune homme hors de l'eau de son bras gauche, utilisant sa main droite pour frictionner et masser ses membres.

Un long moment plus tard, Harry semblait s'être calmé quelque peu. Severus s'inquiétait de plus en plus. Non seulement l'intolérable gamin n'arrêtait pas de pleurer, mais il n'était pas plus cohérent qu'il y a dix minutes.

La déshydratation va devenir un problème sérieux s'il n'arrête pas de pleurer...mais que faire ?

En désespoir de cause, le maître des potions hissa le corps inerte du Sauveur du Monde Sorcier hors de l'eau, l'enroulant dans une des serviettes moelleuses de Lucius avant de l'asseoir sur ses genoux et de le frictionner énergiquement.

«Winky ! J'ai besoin d'un chocolat chaud. Tout de suite !»

L'elfe était au moins aussi inquiète que lui : son ordre fut instantanément obéit. Du coin de l'œil, il pouvait la voir se tordre les mains.

«Merci. Élargit l'assise du sofa de la chambre de Lucius et apporte des couvertures. Apporte-moi aussi ma robe de chambre et pose un sort de réchauffe dessus. Tu nous laisseras également une bouteille d'eau et un thermos de chocolat à portée de main avant de retourner te coucher. Je m'occupe de Maître Harry, ne t'inquiète pas.»

Winky hocha frénétiquement la tête avant de disparaître dans un pop discret. Une seconde plus tard, la robe de chambre à col haut, d'un velours violet si profond qu'il semblait noir apparut à ses côtés, dégageant une chaleur palpable contre sa cuisse. Il déplia la serviette qui lui avait servi à momifier Potter avant de l'essuyer soigneusement.

Severus n'en profita pas pour examiner le corps nu de son ancien élève.

C'était un examen purement médical : après tout, il avait besoin de savoir s'il avait réussit à conserver les quelques kilos qu'il avait pris ces dernières semaines. Il était un Serpentard avant tout que diable ! Et Harry était si frêle dans ses bras lorsqu'il l'avait porté dans la salle de bain...

En l'habillant lentement de sa robe de chambre, le maître des potions réalisa que si le jeune homme était vraiment très mince, il était sorti de la maigreur cadavérique qu'il avait devinée sous ses robes il y a deux semaines, dans son laboratoire de Poudlard. Il était juste délicat et fragile, rendu encore plus vulnérable et touchant par les larmes qui redessinaient ses pommettes.


Severus emporta le jeune Gryffondor dans la chambre où il lui fit avaler le bol de chocolat. Le jeune homme se comportait comme un oisillon auquel il aurait donné la becquée. Il se sentait manifestement en confiance : il se laissait complètement aller dans ses bras, obéissant à ses ordres sans discuter. Ses larmes se calmèrent progressivement et il finit par se pelotonner dans un nid de couverture, calé entre le dossier du canapé et le corps de Severus fermement enroulé autour de lui.

«Demain, Monsieur Potter, nous aurons une petite discussion, vous et moi...» murmura Severus de sa voix de velours avant de se rendormir, fatigué.