Résumé : Après tous les événements qui se sont déroulés pendant la quatrième année d'Harry, entre le tournoi et le retour de Voldemort, Severus et Cassandre parviennent à trouver le temps de penser à eux pendant au moins une journée. On en apprend d'ailleurs un peu plus sur la relation qui les unit.
NA 1 : Ce chapitre est très court mais le prochain est assez long, j'ai hésité à les mettre ensemble mais il y a une autre scène qui va avec le prochain chapitre et mettre ces trois scènes ensemble aurait donné un trop long chapitre.
NA 2 : Une référence musicale dans ce chapitre. Je vous met l'url de la musique utilisée.
Una Mattina - Ludovico Einaudi : watch?v=j1Ck42-_btY
NA 3 : J'ai, enfin, réussi à rattraper AO3. Onze chapitres sont postés sur les deux sites.
Je me réveillais dans un lit inconnu, dans une chambre que je ne reconnaissais pas. J'étais en sous-vêtements. Je me levais et attrapais le premier vêtement à ma portée. Une chemise blanche aux manches bouffantes. Étrangement, ça me rappelait quelque chose mais j'étais encore dans les vapes, je n'arrivais pas à réfléchir correctement. Je l'enfilais et quittais la chambre. Je descendais un grand escalier en bois, guidée par l'odeur de nourriture et par les voix que j'entendais. L'escalier déboucha sur un salon puis sur une grande cuisine. Je rentrais dans la pièce et découvris Severus en train de faire à manger et mes deux enfants attendant leur repas en parlant dans un langage incompréhensible pour tout ceux qui n'étaient pas des bébés. Je souriais, appuyée contre la chambranle de la porte.
- Si j'avais su qu'un jour je verrais Severus Snape préparer un repas pour mes enfants, j'aurai choisi un autre compagnon. Enfin, tu me diras, j'ai changé de compagnon. Sinon je ne serais pas là en train de porter une chemise à toi.
Severus sursauta et se tourna vers moi. Il ne m'avait pas entendu entrer.
- Si j'avais su qu'un jour devrais m'occuper de deux monstres pendant trois jours alors que leur mère dort, je serais parti vivre loin de l'Écosse.
- J'ai dormi pendant trois jours ?
- Oui, tu as dû utilisé beaucoup de magie la dernière fois, avec Sirius.
- Les enfants ne t'ont pas posé trop de problèmes ?
- Non, ils ont été assez sages. Même si au départ ils n'arrêtaient pas de pleurer et qu'ils ne m'aimaient pas tellement. Surtout Lysandra.
- Elle doit tenir ça de son père.
Je m'approchais et embrassais mes enfants sur le crâne. Je rejoignais ensuite Severus et l'embrassais rapidement sur les lèvres.
- Peut-être mais physiquement, elle te ressemble trait pour trait.
- Espérons qu'elle n'ai pas mon caractère. Ni celui de son père d'ailleurs.
Severus esquissa un sourire.
- Je suppose que si tu es là, ce n'est pas juste pour discuter.
- Non, je meurs de faim !
Quelque minutes plus tard, nous étions tout les deux en train d'essayer de faire manger les jumeaux et surtout en train d'essayer d'éviter la purée qui volait un peu partout. A la fin, on en avait même dans les cheveux. Après les avoir couché, nous avions mangé. Sans incidents cette fois. Nous fîmes la vaisselle ensemble et en silence. Severus me guida ensuite jusqu'à la salle de bain. Je me déshabillais et me glissais sous l'eau froide de la douche. Je fermais les yeux, laissant le jet d'eau rafraîchir mon corps. Peu de temps après, j'entendis Severus entrer dans la cabine de douche derrière moi. Sans utiliser de magie, je le forçais à s'asseoir sur un tabouret devant moi. Je lui lavais les cheveux en faisant attention à ce qu'il n'ai pas de shampooing dans les yeux. Il râla un moment avant de se laisser faire. Lorsque nous vîmes que nous commencions à trembler à cause de la fraîcheur de l'eau, nous sortîmes de la douche. Il posa un peignoir sur mes épaules et déposa un baiser sur ma nuque qui me fit frissonner. Nous retournâmes dans le salon, chacun vêtu d'un peignoir. Je vis que celui-ci comportait un magnifique piano droit. Je me tournais vers Severus.
- Je peux ?
- Bien sûr, il n'a pas été accordé pour rien.
Severus alla chercher une bouteille de vin tandis que je m'installais au piano. Il s'assit ensuite près de moi.
- Ça t'embête si je joue avec toi ?
Non, pas du tout. Tu te souviens de cette musique qu'on jouait souvent ensemble à Poudlard ?
- Je ne sais pas. On en a joué tellement.
J'entamais le morceau et je vis dans son regard qu'il l'avait reconnu.
- Una Mattina de Ludovico Einaudi. C'est le premier morceau que je t'ai entendu jouer.
Je lui souriais et ses doigts rejoignirent les miens sur les touches du clavier. Je fermais les yeux, laissant mes souvenirs remonter à la surface.
Il est encore tôt, personne n'est levé et il n'y a pas âme qui vive dans les couloirs. Comme tout les matins, je me suis levée très tôt. Pour le moment, personne ne semble avoir remarqué mon manège, si ce n'est Lily. Elle vient parfois avec moi mais là, elle s'est couchée très tard pour pouvoir finir son devoir de Sortilèges. Je marche sans faire de bruits. Je ne vais croiser personne, je le sais. Mais je préfère être prudente. Je rentre dans la salle et un sourire se dépose sur mon visage. A chaque fois que je suis ici, j'ai l'impression d'être au Paradis. J'enlève la couverture qui cache un superbe piano à queue noir d'un coup de baguette. Je m'installe devant et je commence à jouer. Una Mattina. C'est le tout premier morceau que m'a appris ma mère. Elle me manque. Tout comme mon père. Heureusement qu'il y a les vacances. Je peux rentrer et les voir. Alors que j'ai l'impression de voler, entourée de notes de musique, j'entends un bruit. Un bruit de pas suivi d'un bruit de respiration. Il y a quelqu'un. Avec moi. Dans mon antre. J'arrête de jouer et je lève la tête. Je me tourne vers la porte et je le vois. Ce grand garçon au teint de porcelaine et aux cheveux de jais. Je le reconnais. C'est Severus Snape. Lui aussi est en troisième année mais c'est un Serpentard. D'ailleurs, c'est le Serpentard que Sirius, Remus, Peter et James n'arrêtent pas de harceler. Surtout Sirius et James. C'est l'ami de Lily. J'avoue que je n'ai jamais eu l'occasion de lui parler. Je le regarde attentivement. Il a l'air maigre. Si il n'était pas aussi grand, il aurait l'air d'un première année. Oh, il a vu que je l'ai découvert. Il a l'air un peu effrayé. Je lui lance un sourire rassurant et lui fais signe de me rejoindre. Il a l'air d'hésiter. J'insiste et il finit par venir vers moi. Je lui fais de la place et il s'installe à côté de moi. Ce jour là, j'ai commencé à lui apprendre à jouer du piano. Ce jour là, je me suis fais un nouvel ami. Ce jour là, il a réussi à me faire oublier ma solitude. C'est la première fois que quelqu'un me rend aussi heureuse. Aujourd'hui, je suis sûre que si on tend un peu l'oreille, on peut encore entendre nos rires résonner dans cette salle qui fut un Paradis pour nous deux.
J'ouvrais les yeux à la fin du morceau. Un sourire flottant toujours sur mes lèvres. Je tournais la tête vers Severus et vis deux onyx me fixer avec intensité. La nuit était tombée et la maison était plongée dans le noir. Mais je pouvais les voir, ces yeux dans lesquels je me perdais tellement souvent et où j'espérais pouvoir me perdre encore longtemps. Je posais doucement ma tête sur son épaule. Il déposa un baiser sur mon crâne. Je me levais et attrapais mon violon. J'étais toujours plus à l'aise avec cet instrument là. J'entamais un morceau assez triste mais beau. Je fermais les yeux en souriant. Il ne connaissait pas celui là. C'est moi qui l'avait écris. Au bout d'un moment, ce fut comme si il y avait plusieurs violons dans la pièce. La magie permet vraiment de faire beaucoup de choses. Puis la musique devint plus rapide, plus libératrice. Comme un oiseau qui vole au dessus d'une rivière. A nouveau, ce son inquiétant et sombre. Puis le vol de l'oiseau. Et enfin, un mélange de ces deux impressions. Une vraie libération. Sans même le voir, je sentais que Severus souriait. Il était rare que sa bouche se torde en autre chose qu'un rictus. J'attaquais maintenant la fin du morceau. L'oiseau planait enfin, libéré de toutes ces inquiétudes. J'aimais jouer. Lorsque je jouais, j'oubliais tout. J'étais ailleurs. J'avais l'impression d'être cet oiseau. Libre. Deux mains entourèrent ma taille alors que je finissais le morceau. J'ouvrais les yeux et découvrais le visage de Severus au niveau de mon ventre. Cette position était étrange. Puis, je comprenais pourquoi. A trop vouloir être un oiseau, on finit par s'envoler. Et c'était le cas de le dire. Mes pieds ne touchaient plus le sol et je planais à un mètre au dessus de la terre ferme. Severus me fit redescendre en douceur. Ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait. C'était la deuxième. Et cette fois là était moins gênante que la première. Enfin, pour lui. La première fois était aussi avec lui. La différence était que nous étions en sixième année. Notre relation était assez étrange à cette époque et je portais une robe ce jour là. Dans mes souvenirs, il saignait du nez quand il avait enfin réussi à me faire descendre du lustre auquel j'étais accrochée pour ne pas faire une chute de plusieurs mètres. Il dût s'en souvenir aussi car je ne pus que remarquer ses joues légèrement rouges. Pas de saignement de nez aujourd'hui. Pourtant cette fois, je ne portais qu'un peignoir. Je lui souriais et l'embrassais sur la joue. Nous avions passé la soirée à jouer, moi au violon et lui au piano, nous remémorant nos années passées à jouer à Poudlard. Puis nous étions allés nous coucher comme un couple ayant des habitudes pré-établies, après être allés voir si mes enfants dormaient ou pas. Enfin, nous nous étions endormis. Simplement. Comme si le monde n'était pas en train de sombrer dans le chaos. Comme si demain n'existait pas. Comme si Voldemort n'était pas de retour et que ces derniers mois n'étaient qu'un horrible cauchemar qui finalement avait une assez bonne fin. Severus fut le premier à s'endormir. La tête posée sur son torse, je pouvais sentir sa respiration lente et calme. Puis, je fermais les yeux et je m'endormais à mon tour.
