Hello, euh .. oui je ne suis pas morte .. Mais bon les vacances .. Tout ça, il m'a fallu un temps dingue pour finir ce chapitre, finalement un peu plus court que d'ordinaire d'ailleurs ... Enfin il fait quand même 11 pages word ^^
Donc nous nous étions arrêtés alors que Bella avait décidé de partir ... C'était plutôt de mauvais augure pour Edward ...
Voyons ce qu'il fait maintenant ... (Le pauvre, je suis horrible avec lui, vous ne trouvez pas ?)
A Lily-Rose : Effectivement, Rosalie était très louche ces temps-ci ... ^^ Dommage qu'Emmett se soit retrouvé en dommage collatéral, c'est sûr. C'est étrange que Bella suscite de telles admirations n'est-ce pas ? ;) Enfin ... je crois que les personnages la vénère ou la déteste en fait. Je vois aussi que tu suis très bien ! Mais oui, qu'avons nous fait de Victoria ? (Qu'es-ce que Bella lui a fait plutôt ? ^^) Nous verrons au prochain chapitre !
Merci aussi à l'autre anonyme qui avait également deviné pour Rosalie ! Quant à savoir ce que bidouille Bella ... mystère ...
Et évidemment je n'oublie pas de remercier une nouvelle fois toutes les autres reviews, mise en alerte, en favoris ... ça me fait très plaisir, comme toujours :D
Chapitre 10
Edward reprit sa voiture sans un regard en arrière, comme s'il avait toujours su qu'un jour Bella lui échapperait. Reviendrait-elle ? Ou bien ne la reverrait-il jamais ? Il n'en n'avait pas la moindre idée. Ce qui était certain, c'était que rien ne retenait Bella à San Francisco, même pas lui. Ses affaires, notamment le club de James qu'elle possédait maintenant, étaient déjà gérées par d'autres, sa présence n'était pas nécessaire. Peut-être s'était-elle déjà évaporée, aussi discrètement qu'elle était apparue. Il sentait déjà le vide autour de lui aujourd'hui, elle n'arriverait pas sans crier gare, ne réchaufferait pas les draps à côté de lui. Malgré sa famille, malgré les millions d'habitants de San Francisco, il était seul, mais ne pouvait pas le rester.
Que pouvait-il faire de sa vie ? Il était temps de se poser la question. Il n'avait personne d'autre que lui-même sur qui compter…
Après cette matinée, Edward chercha du boulot. Il en trouva. Quelque chose qui ne correspondait pas du tout à son ancien métier de flic, mais plutôt à une de ses passions d'adolescent. Pour une durée de deux mois, il allait remplacer un assistant mécanicien dans un garage, à quatre rues de son appartement. Ce même garage où il avait travaillé, contre l'avis paternel, quelques mois avant d'entrer dans la police.
Et le voici maintenant, Edward Cullen, étouffant dans la chaleur suffocante du garage, à astiquer des voitures telles qu'il n'en posséderait jamais, à nettoyer des clés à molette et à garder les lieux lorsque son patron partait en dépannage. Sa journée consistait en un long défilement de problèmes ennuyeux, fuites d'huiles, amortisseurs récalcitrants. Il s'en sortait bien, même si ce n'était pas très glorieux. Edward savait qu'il pouvait mieux, seulement il n'avait pas encore trouvé ce en quoi il excellait.
La journée était triste, rythmée par quelques pauses café frappé dans le bar climatisée d'en face. Et la jolie serveuse lui faisait du gringue. Il finit par l'inviter à sortir après le boulot.
Il avait mis longtemps avant de faire attention à elle, à ses coups d'œil régulier, à l'attention qu'elle semblait lui porter.
De taille moyenne, blonde, le genre de fille qui, un jour, pensera au botox et à la chirurgie esthétique. Mais elle était plutôt jolie, peut-être vaguement timide avec lui elle avait 23 ans et pouffait souvent avec ses collègues : une jeunette à peine sortie de l'adolescence, qui faisait le service après ses cours, et une vieille pédale en manque d'amour qui servait de cuisto.
Elle, elle s'appelait Irina pas très futée mais pas inconsistante non plus. En bref, c'était un concentré de sourires Colgate et de longues jambes aux mouvements fluides.
Évidemment, on voyait immédiatement qu'elle craquait littéralement pour Edward. Elle semblait un peu euphorique dès qu'il entrait, et bégayait parfois quand il lui parlait. « Un cappuccino frappé ». – « O-oui… j'arrive ». Et bien sûr, quand il lui proposa d'abord de s'asseoir un moment avec lui, ce fut une vraie victoire. En jetant un œil à la cuisine ouverte, Edward aperçut le collègue cuisto, les pouces en l'air dirigés vers Irina … Voilà qu'il était un trophée maintenant.
Heureusement, Irina n'était pas un moulin à parole, ou alors Edward l'impressionnait par sa nervosité continuelle et son regard perçant. Rien de tel pour tomber sous le charme.
Du côté d'Edward, il ne fallait pas se leurrer, il lui trouva immédiatement une certaine platitude. Ce n'était pas dans ses standings habituels de séduire les serveuses. Gentilles, certes, mais lassantes. Il avait un penchant manifeste pour les intellectuelles compliquées, et même si Tanya l'avait été moins que les autres, leurs conversations avaient virevoltées à un autre niveau.
De toute façon, Edward n'avait pas besoin d'une petite-amie de plus. La première lui causait déjà assez de soucis.
Irina était bien plus facile à impressionner. Un bouquet de fleurs et elle croyait déjà aux fiançailles en grandes pompes. Enfin presque.
En parcourant un carnet d'adresse et de numéros de téléphone, où les seuls qu'il connaissait étaient encore ceux d'Emmett et de - Rosalie, il songea à toutes les relations qu'il avait perdus. Au fur et à mesure, ses amis s'étaient lassés, avaient cessé de l'appeler et de tomber sur la boîte vocale, en avaient eu assez qu'il ne rappelle jamais.
Et Tanya … Il n'avait même pas encore digéré son départ. Elle avait eu raison de le laisser, mais la pilule était très mal passée. Il eut la sensation que le scénario se reproduisait.
Sur un coup de tête, il dénicha l'adresse de Tanya. Quelque part dans la proche banlieue. Il n'avait pas l'intention de remettre le couvert avec elle, évidemment que non. D'ailleurs il pensait se dégonfler en arrivant devant la maison.
Mais lorsqu'il fut devant cette maison, une maison crème aux volets marron clairs, avec une véranda blanche, un jardin, des plantes en pot et un golden retriever tout jeune et tout fou sur la pelouse, il eut envie de voir ce qu'était devenue Tanya.
En fait, aucun choix ne lui fut laissé, car il fit la bêtise de s'arrêter juste devant la maison, et Tanya - qui peignait sa boîte aux lettres d'un bleu scintillant - l'aperçut.
Elle le reconnut immédiatement, lui et son affreuse vieille mustang grincheuse, qui sentait la cigarette et un on-ne-sait-quoi d'autre qui déplaisait aux femmes. Cette boîte à savon, comme l'appelait Bella, n'était plus un outil de séduction une fois dépassé le lycée.
Edward sortit, mais ne ferma pas la portière. Tanya pouvait bien l'accueillir d'un jet de peinture, il l'aurait mérité.
Il marmonna un « salut » presque timide et enfonça ses mains dans ses poches.
Tanya, plutôt étonnée de le trouver là, reconnut les manières trop peu sûres d'Edward, et se souvint à quel point elle l'avait trouvé charmant lorsqu'elle l'avait rencontré. Il n'avait pas changé, alors qu'elle si.
Toujours grande. Toujours d'un blond presque blanc qui vous brûlait les yeux. Physiquement, elle était sensiblement la même, le genre de femme impeccable sur elle, maquillée même pour faire le ménage. Une véritable fashion-victim, mais aussi une femme redoutablement efficace dès lors qu'elle s'était fixée un objectif. Un sacré caractère qui, aujourd'hui, avait l'air adouci. Tanya semblait planer au-dessus d'un champ de coquelicots. En elle, nulle trace d'aigreur ou de haine, Tanya était joie et sourires. Heureuse, ça se sentait. Et même prête à accueillit avec chaleur un homme qui lui avait fait du mal.
- Est-ce que tu viens me voir ? lui demanda-t-elle, en déposant son pinceau.
- Hum… Oui. Mais je peux m'en aller si tu préfères…
Tanya se souvenait de leur amitié, au tout début, avant leur histoire. Elle voyait aussi qu'il n'était là que pour discuter, et pas pour essayer de recoller des morceaux éparpillés aux quatre vents. Le visage d'Edward était triste, fermé. Ces temps-ci, il en fallait beaucoup pour le voir sourire sincèrement.
- Je suis contente de te voir Edward, lui dit-elle.
Et elle s'approcha pour lui embrasser la joue, ainsi qu'elle l'avait toujours fait.
- Tu as l'air bien, ajouta-t-elle, consciente d'un léger mensonge.
- Toi aussi. Jolie maison…
- Oui, ça ne fait que quatre mois que nous y sommes. Je me suis mariée. – Elle le regarda un instant. – Ça ne te vexes pas j'espère ?
Edward imagina un instant ce qu'aurait été la vie s'ils s'étaient mariés. Ç'aurait pu être bien. Si tout s'était passé correctement, peut-être vivraient-ils ici désormais.
- Non, du tout, répondit-il. Tu as l'air vraiment … bien.
- Oui, vraiment. Est-ce que tu veux boire quelque chose ? Un café ? Une bière ?
Il n'y a qu'à lui qu'elle aurait proposé une bière avant dix heures du matin.
- Un café serait parfait.
Elle lui sourit, amicalement, et il claqua la portière pour la suivre. Elle servit le café sous la véranda, Edward s'amusa du rocking chair pendant qu'il patientait ainsi que des magazines de modes sur le banc, l'emblème de Tanya.
- Alors, toujours dans la police ?
- Non, je … n'y suis … plus. Je cherche quoi faire en fait. … Et toi ? Tu as quitté l'hôpital du centre, je crois ?
- Depuis quelques temps. J'ai trouvé un poste dans une clinique privée pas très loin d'ici.
Tanya était infirmière.
- Mais je vais bientôt devoir arrêter, ajouta-t-elle, avec un large sourire. Je vais avoir un bébé.
Edward s'étonna, un étrange souffle de jalousie glaciale le traversa, puis il se ravisa, il se devait d'être heureux pour elle qui adorait les enfants.
Bella déteste les enfants, pensa-t-il, et il lança un sourire heureux à Tanya, bien que dans le fond, il fut maussade.
- Et bien – mariage, bébé, maison … Tu es plus avancée que moi…
- Sans emploi, plats cuisinés et célibataire ? supposa-t-elle. Ou attend, laisse-moi deviner… Pas célibataire … C'est compliqué, n'est-ce pas ?
L'expression et l'humour de Tanya étaient presque risibles. Un doigt en l'air, elle faisait mine de deviner les méandres de la vie amoureuse d'Edward. Amicalement, bien sûr, mais aussi comme si elle tentait de lui renvoyer au visage les défauts de sa vie. La vie de Tanya était parfaite, pas celle d'Edward. Pas de maison avec véranda, pas de mariage…Oui, il en était plus ou moins là, à patauger.
La bouche d'Edward s'étira en un petit sourire gêné.
- Tout juste. C'est très compliqué.
- C'est ça qui t'amènes ? Tu cherches des conseils auprès d'une de tes anciennes conquêtes ? Tu veux que je et rassure sur ton potentiel de séduction ?
Edward prit la remarque avec amertume et donna sa propre vision des choses.
- Je me disais qu'il serait bien de voir comment tu allais … Et aussi m'excuser. Si jamais ça t'intéresse.
- Je sais bien que tu es désolé Edward… Ne me prend pas pour l'idiote qui va accepter des excuses des mois après. Bien sûr que je t'en veux.
Tanya s'enfonça dans son fauteuil et jeta un coup d'œil à la rue.
- Maintenant que tu es là, raconte-moi ! Tu sais à quel point j'aime les potins. Qu'as-tu encore fait, Edward Cullen ?
- C'est une drôle d'histoire …
Il raconta comment il avait rencontré Bella, alors qu'elle semblait coupable désignée pour le meurtre de James. Il raconta à Tanya à quel point cette fille l'avait mis hors de lui, l'avait taquiné, l'avait fait douter de lui-même. Tanya ricana lorsqu'il parla du pic à glace, et ne fut pas surprise quand il raconta comment, finalement, Bella l'avait emprisonné dans ses filets. Cependant elle resta perplexe au sujet du roman … Ça lui semblait bien étrange, et comme Edward auparavant elle douta un moment des véritables intentions de Bella.
- Elle est écrivain ? rigola Tanya.
- Pas le genre que tu crois. Elle a du succès.
- Est-ce que c'est elle qui l'a tué ? demanda-t-elle ensuite, en se penchant en avant, comme pour entendre un secret.
- Non. Et il y a eu d'autres meurtres. Un flic, un ami proche de Bella. Puis mon coéquipier.
- Emmett McCarthy ?! s'exclama Tanya.
- Ouais, ça fait presque deux mois …
- Et vous avez trouvé le coupable ?
- La coupable. Elle s'est faite tuer. Je l'ai rattrapée juste après qu'elle ait poignardé Emmett… - Il avala sa salive – C'était ma psy, et mon amie.
Il préféra dissimuler les circonstances de la mort de Rosalie… comment il l'avait tué.
- Voilà pourquoi tu ne tournes pas très rond … Et ta copine ? Elle a été innocentée ?
- Oui. Mais elle est persuadée qu'elle attire le malheur. Parce que si Rosalie a tué des gens, c'est par qu'elle était … amoureuse de Bella depuis l'université. Bref, elle a préféré partir, je ne sais où, et je ne sais pas quand elle reviendra.
Ou si elle reviendra…
- Qui ne reviendrait pas pour tes beaux yeux ? Elle est normalement constituée quand même ? railla Tanya.
- Elle ne ressemble à personne.
- Les écrivains sont souvent un peu siphonnés … Ne t'en déplaise, mais c'est une généralité.
- C'est pour ça qu'ils écrivent de belles histoires, non ?
- Surement, admit Tanya. Est-ce que tu veux rentrer ? Il commence à faire un peu chaud ici. Les beaux jours arrivent on dirait. C'est bientôt ton anniversaire d'ailleurs ?
- En juin seulement. Je ne suis pas pressé de prendre un an de plus ...
- Comme nous tous maintenant … rigola Tanya.
Elle entra, Edward à sa suite. L'air climatisé l'enveloppa en un instant. C'est vrai qu'il faisait déjà chaud pour un mois d'avril.
Il s'approcha du mur couvert de photos et reconnut Tanya, ainsi que ses parents, et un souvenir de son mariage. Il n'avait jamais vu le mari de Tanya. Il avait l'air sympathique. Un gars assez grand pour qu'elle puisse porter de très hauts talons sans le dépasser … Sur la photo, leur couple avait un vague air de ressemblance avec Barbie et Ken.
Edward fit le tour du salon, aussi féérique que l'extérieur de la maison le laissait à croire. Tanya vivait littéralement dans un conte de fée. Le côté douillet de la maison des sept nains, et le faste du château du prince. Son mari devait bien gagner sa vie.
- Je peignais ma boîte à lettre car on a dû en installer une plus grande, dit Tanya, pour relancer la conversation. Nous avons plusieurs fois reçus des colis qui passaient à peine, alors on s'est dit… pourquoi ne pas installer une boîte plus grande … D'ailleurs, ça ne te dis rien ? Plusieurs fois j'ai reçu des livres à mon nom alors que je n'ai jamais rien commandé.
Rien de tel n'était arrivé aux oreilles d'Edward.
- Une offre publicitaire peut-être …
- Je ne sais pas. Il n'y avait aucune explication. J'avais pensé que peut-être il s'agissait de demandes d'opinion … même pas. Enfin, je dois dire que ça m'a bien occupée. Regarde, sous la table basse.
Edward se baissa et tira un ouvrage d'une des piles. Une dizaine d'ouvrages, environ. Il fronça les yeux en voyant le nom de celui qu'il tenait. Iceberg.
Bella.
- Ah … celui-là, commenta Tanya, avec un léger soupir extasié. C'est un bon. Il y en a un autre de cet auteur …
Elle aperçut le visage perplexe d'Edward, fixé sur la couverture rouge sang du roman.
- Tu connais ?
Il hocha la tête.
- Cet homme n'est-il pas fabuleux ? Quel sens du détail ! Il faut être un peu dingo pour inventer des trucs pareils …
Edward se tourna vers Tanya. Il comprit qu'elle parlait de l'auteur.
- C'est une femme, corrigea-t-il. Bold est une femme.
- Ah oui ? Je n'y aurais jamais cru. Tu es sûr ?
- Certain. Et ces livres ? Ils ont quelque chose en commun ?
- Des policiers, des histoires de meurtres … Tous, sans exception.
Le sang d'Edward se glaça.
Tanya avait reçu ses livres, sans jamais les avoir commandés. Aucun mot, rien. Mais des histoires de meurtres…
- Je te vois venir monsieur le détective … Qu'est-ce qu'il y a ?
Edward s'arrêta sur la porte d'entrée, puis jaugea de nouveau le salon, perdu dans des pensées qu'il voulait éloigner.
- Tient, une chose amusante. Il y a une dédicace dans l'autre roman, tu sais … Car Crash. Il est formidable celui-là aussi … J'en avais des frissons.
Tanya souleva la première de couverture.
Sur la page titre, quelques mots à l'encre rouge sang. En majuscules. Juste en dessous du titre : Ça n'arrive pas qu'aux autres.
Un accident de voiture. Ça n'arrive pas qu'aux autres …
Puis plus bas : On ne déterre pas une relation déjà bouffée par les vers.
Et la signature, le croquis rapide d'un pic à glace.
- Je n'ai pas vraiment compris …
Edward lui avait bien compris.
Le message lui était destiné, qui d'autre aurait compris l'allusion au pic à glace ? On menaçait de provoquer un accident, probablement s'il se liait de nouveau avec Tanya.
Ou peut-être la mise en garde était-elle à l'attention de sa relation avec Bella… Mais pourquoi chez Tanya ?
… Comment, alors que Rosalie était morte et enterrée … Ça ne pouvait dater que d'avant.
Ou alors, ils s'étaient trompés.
Et comment avoir deviné qu'il reverrait son ex-fiancée ?
- Quand as-tu reçu celui-ci ?
- Il y a une semaine, je pense.
Mais il y a une semaine, Rosalie était déjà morte. Alors quoi ? Ça ne s'arrêterait donc jamais ?
Edward se montra discourtois et vexant, mais il sortit de la maison comme s'il la fuyait, n'y laissant que trois mots d'excuses pour Tanya. Oui, il n'aurait jamais dû revenir. Ç'avait été mettre Tanya en danger. La mort - armée d'un pic à glace rutilant - rodait toujours. Probablement plus assoiffée que jamais.
Il fallait affronter l'évidence. Le tueur en série - si tant est que ce fût réellement une femme comme tous l'avaient supposé depuis le début - était encore là. Edward le sentit. Peut-être ne saurait-il jamais la réelle implication de Rosalie dans l'histoire … Avait-elle été coupable ? Ne l'avait-elle pas été ?
Ce pic à glace personnifié ne laissait deviner que ce qu'il voulait bien donner … Et maintenant qu'Edward était hors-jeu, car plus dans la police, qui serait là pour mener une enquête ? Comment être sûr que tout était bel et bien terminé ?
Edward se sentit terriblement seul, dépouillée de la présence forte et de l'aura réconfortante de Bella. Elle avait jusque-là géré la situation avec une main d'acier. Que faire maintenant ?
Attendre. Il ne pouvait qu'attendre un nouveau message et espérer qu'il n'y en aurait jamais.
Nerveusement, Edward jeta des coups d'œil frénétique dans son rétroviseur intérieur. Cette fois-ci, son dos le démangeait, comme s'il était épié … Ça n'avait aucun sens. Pourquoi le tueur s'intéresserait-il soudainement à lui ? Ç'avait toujours été Bella la cible…
- Alice ? Tu es là ? cria Edward en cognant à la porte de sa cousine.
Elle ouvrit finalement, encore en peignoir, un bol de céréales à la main.
- Edward ?
- On peut discuter ?
- Rentre…
Elle retourna s'asseoir sur le canapé, et éteignit la télévision où elle regardait Bob l'éponge distraitement. Maintenant, elle avait peur de d'écouter les informations.
Edward s'assit sur le fauteuil, tourna trois fois sa langue dans sa bouche et alla droit au but.
- J'ai besoin de parler … Je veux dire … J'aimerais voir … un psy. Je peux plus garder tout ça pour moi … Il faut que ça sorte.
- Tu aurais dû m'en parler plus tôt … Je crois que c'est une bonne idée. Je ne pensais pas que tu le ferais … Bella disais que si, moi non. Je pensais que tu n'aurais plus jamais eu confiance …
- … après que la psy qui me suivait se soit révélée être une folle furieuse. Ouais.
Edward baissa les yeux vers ses chaussures.
- Il faut quelqu'un qui sache m'écouter et m'aider …
- Ça n'a pas duré avec elle, n'est-ce pas ?
- Elle avait besoin de partir quelques temps … pour réfléchir, je suppose. Je ne sais pas si c'est fini. Peut-être.
- Toi, que veux-tu ?
- Elle. … Mais je ne sais pas ce qu'elle veut, elle. C'est flou.
- Parce qu'elle est encore perturbée, comprend la. Pourtant je suis sûre que c'est la personne qu'il te faut. Elle comprend vraiment les bizarreries qui te traversent parfois la tête, pas vrai ?
- Je crois qu'elle sait ce mieux ce qui se passe dans ma tête que parfois dans la sienne.
Alice rit et ajouta :
- Je n'ai jamais vu personne contredire aussi bien mes affirmations à ton sujet. Elle est très douée pour cerner les gens. Et ça a marché. Elle t'a compris, et a su ce qu'il fallait pour te sortir de là. Tu es fort maintenant. Tu recommences enfin à vivre.
- J'espère que tu dis vrai …
- En tout cas, tu avais besoin d'elle pour refaire surface … quelles que soient ses méthodes douteuses. Je fermerai les yeux là-dessus, plaisanta Alice, complice.
Silence. Deux battements de cœur de réflexion. Alice se leva et griffonna quelques lignes rapidement.
- Alors tu vas me trouver quelqu'un ?
- J'ai déjà la personne qu'il te faut. Elle est mariée, garde tes beaux airs pour les écrivains sexys d'accord ?
- Promis.
Edward lu le nom sur le post-it et respira un grand coup. Une nouvelle page de sa vie allait être écrite.
- Je t'aurai un rendez-vous rapidement … affirma Alice, avec un clin d'œil. C'est cool d'avoir une cousine dans la psychologie, non ?
- Super cool.
Surtout quand quelque chose va de travers dans notre tête.
Edward s'approcha et souleva sa grande cousine, plus petite que lui depuis des années, et lui embrassa la joue copieusement, comme elle le faisait quand ils étaient petits.
Trois jours plus tard, Edward parcourait les dix mètres carrés de la salle d'attente. En long, puis en large, et enfin en travers. Son angoisse ressortait et prenait le pas sur son impression de prendre une bonne décision.
Il semblait maintenant difficile de se convaincre que tous ces psy-quelque chose n'étaient pas fêlés de quelque part.
Pourtant, le docteur Carmen Madera – d'origine hispanique – avait l'air parfaitement équilibrée. Outre le fait qu'elle roulait certains 'r' d'une façon un peu étrange.
Après les banalités de mise, les transferts de dossiers et l'évocation de ses études communes avec Alice-la-fusée, vinrent les questions plus embarrassantes … Ce genre de questions auxquelles on ne sait pas quoi répondre.
Edward pouvait-il dire qu'il se sentait instable ?
Pouvait-il mesurer l'effet de ses diverses dépendances sur son existence ?
Assis dans le canapé, dans cette pièce aux allures de petit musée du monde aztèques, sous le regard du docteur Carmen, Edward sentit une vague d'oppression lui écraser les poumons.
La psychologue l'étudiait sous tous les angles et cette nervosité lui fit penser qu'Edward était une vraie bombe à retardement. L'explosion n'était plus très loin, il était si tendu que de la vapeur aurait pu lui sortir des oreilles. Mais comment détendre un patient pareil, qui probablement ne demandait qu'à parler, mais qui restait pétrifié par une foule de doutes.
- Je ne demande pas, ni n'ai besoin de tout savoir, Edward. Je ne demande qu'à vous aider … vous pouvez vous confier … et peut-être cela vous aidera-t-il à vous pardonner et à affronter vos craintes. Vous avez fait le premier pas, vous êtes ici. Parlez-moi de ce que vous voulez, de ce qui vous paraît important. Si vous n'y arrivez pas, je vous poserai des questions – n'y répondez pas si, pour le moment, cela vous semble trop difficile.
Edward hocha la tête, ne quittant guère ses chaussures des yeux.
- Par quoi commence-t-on ?
- Les … accidents.
La psy secoua le menton et posa son calepin plus loin. La tête d'Edward tomba mollement entre ses mains.
- Ce n'est pas normal … Les autres policiers n'ont pas ce genre de problème. Ces bouffées de … je ne sais quoi … d'angoisse … ou ces pulsions. Je me dis que j'étais obligé de tirer … seulement, je ne l'étais pas. J'avais le temps de décider quoi faire, j'aurais pu arrêter mon geste…
- La première fois, c'était en 2005, c'est cela ?
- Oui, j'avais deux ans de service derrière moi.
- Qu'est-ce qui vous a poussé à tirer ?
- J'avais l'arme dans ma main … mon statut me protégeais. Sur le moment ça n'avait pas l'air si grave. Je n'aurais même pas cru qu'ils mourraient, seulement j'ai visé un point vital. C'est comme si … tout en sachant que c'était mal, j'avais juste appuyé sur la gâchette. Justement parce que je savais que c'était mal.
- Et après l'avoir fait ?
- Des remords … Qui ne m'ont pas empêché de recommencer.
À une seconde de se briser, la voix d'Edward lui échappait, tressautait, prenait des intonations étranges.
- Avez-vous la sensation d'avoir été puni ?
Edward releva la tête brusquement.
- Non.
- Ce qui a peut-être entrainé le second 'accident' ?
- Probablement … Après, je me suis senti tellement frustré … Pour un instant j'avais été complètement libre, puis j'ai été de nouveau surveillé.
- Et cette frustration ? Est-elle en lien à votre fonction de policier, armé mais pas sensé tirer, ou bien pensez-vous qu'elle remonte à quelque chose d'antérieur ?
- J'ai toujours eu l'impression d'être frustré …
Carmen remarqua la mine décomposée d'Edward, elle l'entraîna sur un autre terrain.
- Que s'est-il passé quand vous avez découvert que votre médecin précédent était à l'origine de plusieurs meurtres ?
- Elle m'a trahi, répondit simplement Edward.
- Vous avez perdu un repère, une personne en qui vous aviez confiance.
- Je ne savais plus en qui avoir confiance après cela … Chaque personne que je voyais, même proche, je me demandais si ce n'était pas en fait un tueur, ou un cinglé… Ça m'arrive encore.
- Et vous n'êtes pas proche de votre famille.
- Non, mon père s'est buté contre moi quand j'ai refusé d'aller à la fac, et m'a complètement tourné le dos quand … enfin vous voyez.
- Vous restez proche de votre cousine, cependant.
- C'est plutôt récent…
- Elle m'a parlé de votre petite-amie … qui apparemment vous a beaucoup aidé.
Edward frissonna quand l'image de Bella lui apparut devant les yeux.
- J'ai cru comprendre que vous étiez séparés.
- Elle est parti quelques temps … Je devais trop lui peser.
- Vous avez fait d'elle votre repère après tous ces bouleversements, mais pensez-vous que vous seriez ici, avec moi, si elle était encore là ?
- Non … je … c'est plus simple de se confier à elle elle me comprend et a suivi l'histoire de très près … disons.
Le docteur sourit et dit :
- C'est un euphémisme pour dire qu'elle était la cible du docteur Hale…
- Ouais… marmonna Edward.
- Qu'avez-vous ressenti quand elle a décidé de vous quitter … momentanément ?
- Ça m'a secoué …
Carmen le vrilla de son regard un instant et repartit sur une autre piste.
- Le docteur Hale, dont je ne remettrai pas en cause la qualité du travail… avait pris votre amie pour cible suite à des évènements antérieurs à vos rencontres ?
- Elles avaient déjà un passé commun. Je ne sais pas trop comment j'ai atterri au milieu de tout cela… Mais je pense qu'en me sachant avec Bella, la haine de Rosalie s'est développée encore plus.
- Vous ne l'avez pas dit, mais je sais cependant que vous avez eu une relation avec Mme Hale…
- Oui… C'était encore pire de découvrir que c'était elle. Mais elle avait l'air d'avoir tout planifié, de la mort de James, à probablement celle de Bella, qui n'aurait pas dû tarder à suivre, je suppose. J'ai probablement gâché tout son plan, moi ou mon collègue Emmett…
- Elle a probablement pris peur …
- C'est si étrange, je ne sais pas ce qu'Emmett avait découvert … Tout a disparu.
- Comment a réagi Mlle Swan en apprenant l'implication de son ancienne camarade d'université ?
- Avec … - il hésita – beaucoup de calme. Ça n'a pas eu l'air de beaucoup l'atteindre. Le danger avait disparu … elle m'a paru sereine.
- Ce qui a fait d'elle le point d'appui idéal pour vous. Tout en restant un lien étroit avec tout ce qui s'était passé. Sa présence ne vous rappelle-t-elle pas continuellement ce passé douloureux ?
- Qu'elle soit là ou pas, j'y pense, de toute façon. Mais … où voulez-vous en venir ?
- Est-ce que vous sentir coupable vous fait du bien, c'est ce que je me demande…
- Je ne vois pas …
- Peut-être vous sentez vous coupable par obligation, ce qui vous empêche d'avancer ? En vous éloignant des personnes vous rappelant des choses difficiles, vous parvenez à vous en sortir ...
- Non, ce n'est pas ça ! C'est grâce à elle que je m'en sors ! Je l'aime …
- Mais sa présence renforce votre tendance à l'apitoiement, les faits parlent d'eux-mêmes … Vous avez décidé d'évoluer quand elle est partie…
- Pour ne pas rester un mort vivant en attendant qu'elle revienne !
- Aurait-elle pu vous fuir, elle aussi ?
- Elle ne fuit jamais.
- Ce que je veux dire, c'est que vous ne devez pas vivre en appuis sur d'autres personnes, mais par vous-même. Et surtout pas si cette autre personne est instable !
Edward comprit l'allusion du docteur. Il savait qu'Alice n'appréciait guère Bella, contrairement à ce qu'elle voulait bien lui laisser croire.
- C'est Alice qui vous a raconté cela … Elle vous a demandé de me faire la morale, j'en étais sûr !
- Écoutez, votre cousine n'a aucun grief contre votre amie … seulement elle estime qu'elle ne vous entraîne pas du bon côté … Vous vous détruisez la santé Edward… Il faudrait vraiment songer à … faire quelque chose.
- Est-ce que cela vous permet de qualifier d'instable une personne que vous ne connaissez même pas ?!
- Calmez-vous … nous ne parlerons plus de cela si ça vous ennui… Le sujet est clos. Je pense que nous pouvons arrêter là pour aujourd'hui. Nous nous revoyons la semaine prochaine ?
- Très bien.
Je n'épargne rien à Edward, je l'envoie chez une nouvelle psy ^^ Bon, il en a besoin à mon humble avis !
Aucun indice sur ce que fait Bella ... Peut-être le saurez-vous au prochain chapitre ... ou pas ! ^^
N'oubliez pas ma seule récompense ;) la review ! J'ai bien besoin de motivation pour me remettre dans l'ambiance ...
Pour info, je repars en vacances d'ici peu, mais le chapitre 11 sera en ligne avant septembre ne vous en faites pas !
PS : Si jamais ça vous intéresse, l'histoire est aussi en ligne sur mon blog, assortie de quelques photos et documents traitant du film. Quelques musiques, quelques vidéos, quelques photos, captures d'écran du film ... J'y mettrais peut-être quelques extraits d'interview trouvés sur le net ... où vous pourriez bien trouver des indices !
Et un teaser du prochain chapitre dès que ce sera prêt !
A bientôt !
F.
Chapitre publié le 11-08-2012
