Bonjour toutes et à tous !

Le voici enfin, le chapitre 10, THE LAST ONE !

Merlin qu'il fait chaud ! Même chez moi en Bretagne, je ne sais plus comment me mettre, alors je compatis pour ceux et celles qui sont dans le Sud et dans l'Est !

Sans trop de blabla, je vous laisse le découvrir et on en parle en bas.

(La chaleur rend l'auteur est un chouilla émotive...)

.oOo.

Comme toujours, merci pour vos commentaires qui me donnent toujours autant de motivation ! Keep going !

Merci à LoupSpell, Marie 73630, Shinji Inu, Brigitte26 et Indifférente, à qui j'ai répondu à vos messages en privé.

Max : Merci pour ton commentaire qui me fait très plaisir ! J'espère que la suite te plaira tout autant !

Guest : Merci pour ton commentaire ! Je voulais vraiment que leur relation soit bien installée et posée avant de passer aux choses sérieuses et j'espère que ça ne fait pas un peu 'tardif'. Mais je suis ravie que ça te plaise !

Mimily : Je dirais plutôt qu'Astoria est une sociopathe en fait, mais le résultat est le même : on ne l'aime pas ! Draco est un Serpentard et nous autres Serpentard, nous sommes capables de vivre la fin du monde sans broncher si ça peut nous permettre de gagner quelque chose en retour. XD (oui, j'assume !) "Il est bien seul quand il va à son dortoir" : à quel moment ? J'espère que la suite te plaira !

.oOo.

Rating : M

Warnings : Relations amoureuses entre deux hommes / Lemon / OOC.

Disclaimer : Le monde de Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à J.K. Rowling et je n'en tire aucun profit.

BETA : Indifférente, la dernière ligne droite... jusqu'à la prochaine ?!

LOVE is LOVE


CHAPITRE 10 – CORPUS LIBERAT

Le lundi suivant leur entrevue avec la directrice, ils furent à nouveau convoqués dans son bureau, avec pour mission d'amener quelqu'un de confiance et qui ne faisait partie ni de leur classe, ni de celle des trois Serpentard. Après discussion, le trio expliqua toute la situation à Ginny et lui demanda de les accompagner, ce qu'elle accepta bien volontiers.

La jeune rouquine avait toujours eu un faible pour Harry et, quand il était devenu évident qu'il ne l'aimerait jamais plus que comme une sœur, elle avait décidé de s'en contenter et avait même été une fervente, bien que discrète, supportrice de sa relation avec Charlie. Quand elle avait appris pour lui et Draco, cependant, elle lui avait souri et les avait chaleureusement félicités, menaçant le blond des pires sévices s'il le faisait souffrir. Sévices qu'elle avait bien failli mettre à exécution quand elle l'avait aperçu pour la première fois avec Greengrass qu'elle détestait cordialement depuis des années.

Quand ils se rendirent dans le bureau de la directrice après le dîner ce soir-là, le Professeur Slughorn était déjà là, appelé à l'aide pour sa connaissance des potions et de certains maléfices. Ils passèrent plus d'une heure à discuter des différentes méthodes qu'elle avait pu utiliser pour piéger Harry, avant de se mettre d'accord sur un plan qu'ils espéraient sans faille.

Lors du prochain cours de Métamorphose qui devait avoir lieu deux jours plus tard, Ginny prendrait, grâce au Polynectar, l'apparence de Harry qui, lui, resterait caché sous sa cape, dans un coin de la classe. À la fin du cours, le professeur McGonagall demanderait à Draco de rester pour discuter de l'un de ses devoirs, faisant en sorte que tout le monde voit Harry/Ginny sortir de la classe avec ses amis, empêchant Daphné et, par extension Astoria, de se méfier. Au moment où Draco serait seul avec la directrice, Harry sortirait de sa cachette et ils pourraient enfin discuter.

Le brun ne voyait pas ce qui pouvait mal tourner mais, avec sa malchance légendaire, il s'attendait à tout. Il passa la soirée précédant le jour J à revoir point par point ce qu'il comptait dire à Draco afin de ne rien oublier. Si le blond s'absentait trop longtemps, les deux sœurs se douteraient de quelque chose, alors il devrait aller droit au but afin de récolter le maximum d'informations sur la situation et sur le médaillon. Dans un sens, la présence de McGonagall le rassurait, mais il espérait que ça n'empêcherait pas Draco de lui parler. Celui-ci n'aimait pas spécialement que les professeurs se mêlent de ses affaires et Harry lui-même se voyait mal se jeter sur son petit ami et l'embrasser comme il rêvait de le faire, avec la directrice à quelques pas.

Il eut un frisson d'horreur en y pensant et attrapa sa baguette et la carte du Maraudeur pour se changer les idées. C'était redevenu un rituel depuis qu'il n'allait plus tous les soirs au sommet de la tour d'astronomie, il pouvait ainsi surveiller les mouvements de Draco, mais aussi ceux des sœurs Greengrass et ça lui rappelait les soirées passées avec son petit ami en haut de la tour.

"Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises." Murmura-t-il en tapotant le parchemin du bout de sa baguette tout en retenant son souffle. Inconsciemment, il était prêt à sauter hors de son lit pour courir jusqu'au blond s'il s'avérait que celui-ci était hors de son dortoir, seul. Mais il savait bien que les chances que ça arrive étaient presque nulles.

Il examina la carte du château couloir par couloir, en commençant par les cachots où était bien évidemment Draco, pour terminer par la tour d'astronomie où il vit le nom d'Astoria. Elle avait dû s'y rendre dans l'espoir de le surprendre et Harry devait au moins reconnaître qu'elle était tenace.

Au bout d'un quart d'heure, le brun referma la carte et la posa sur sa table de nuit avant de se recoucher. S'il ne dormait pas un minimum, il serait crevé, sur les nerfs et ferait une erreur. Et ça, il en était hors de question !


"Pour le prochain cours, vous reverrez tous les chapitres traitant des différentes métamorphoses animales. Ce type de sujet tombe presque tous les ans aux ASPIC et si vous réussissez le test que je vous prépare, il devrait en être de même pour l'examen du mois prochain." Les élèves grognèrent en ramassant leurs affaires. Génial, encore un test. Ils les enchaînaient depuis la rentrée, toutes matières confondues et les révisions prévues s'étaient rapidement transformées en perpétuel examen. Harry, tout aussi agacé que ses camarades, sursauta presque quand la voix de la directrice retentit à nouveau. "Mr Malfoy, pouvez-vous rester un moment, je vous prie ? J'aimerais vous parler de votre devoir de la semaine dernière." Elle désigna un rouleau de parchemin dans sa main pour illustrer ses propos.

Harry remarqua le regard que le blond échangea avec Daphné ainsi que l'indécision de celle-ci et retint son souffle. Allez, c'est juste un devoir... Lâche-lui la grappe !

Quand elle vit que son élève ne bougeait pas, la directrice ajouta d'un ton pincé, "Miss Greengrass, vous vouliez me parler de quelque chose ?"

"Heu, non Professeur. Je..."

"Alors vous pouvez nous laisser. Je dois m'entretenir avec Mr Malfoy concernant un devoir qui ne vous concerne en rien, il me semble. Sauf, bien sûr, si c'est vous qui avez rédigé ledit devoir à sa place et, dans ce cas, nous devrions effectivement avoir une petite discussion." Claqua la voix sévère de Minerva McGonagall. "C'est valable pour vous aussi, Mr Potter. Dépêchez-vous de ramasser vos affaires, je crois savoir que vous avez un cours de Sortilèges dans dix minutes." Harry constata avec surprise que Ginny, toujours sous ses traits à lui, était encore assise à son bureau et prenait tout son temps pour partir. Il se vit grimacer et grogner avant de quitter la classe sous le regard attentif de la Serpentard. Il devait le reconnaître, c'était finement joué de la part de Ginny ! Ç'aurait pu paraître étrange que Harry n'essaie pas de profiter de cette occasion pour parler avec Draco et parte bien gentiment et, de cette façon, les sœurs Greengrass croiront au bien-fondé de la demande du professeur.

Après un dernier échange de regard entre elle et Draco, Daphné sortit enfin de la classe, faisant soupirer Harry de soulagement. Quand la porte se referma, McGonagall agita la main pour sceller et protéger la pièce contre les oreilles indiscrètes.

Draco la regarda faire et un éclair de panique traversa son regard. "Professeur ?"

"Mr Malfoy, il faut que nous parlions de votre comportement depuis la rentrée. Il a été porté à ma connaissance que quelqu'un vous faisait chanter et menaçait Mr Potter. Est-ce la vérité ?" Le blond ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. "Vous pouvez me faire confiance, rien de ce que vous me direz ne sortira de cette pièce et nous allons tout faire pour vous libérer de cette situation."

"Je…"

Harry choisit ce moment pour se révéler, n'en pouvant plus de regarder le conflit intérieur qui semblait torturer son amant. "Draco, bébé…"

Draco sursauta en le voyant apparaître et dut s'appuyer contre un bureau pour ne pas s'effondrer. "Qu'est-ce que… pourquoi tu… Non !" Harry et la directrice furent surpris par son cri.

"Draco."

"Non, Harry ! Non ! Il ne faut pas. Tu… Tu es en danger avec moi, ne fais pas ça, je ne veux pas que…"

Harry traversa les quelques mètres les séparant et prit le blond dans ses bras… enfin. "Je sais, Draco. Je sais tout. Mais tu n'as pas à t'inquiéter. Personne ne sait que je suis là, Ginny a pris du Polynectar et suit les cours à ma place." Il pouvait le sentir suffoquer contre lui. "Respire, Amour. Respire. Ça va aller maintenant. Tu vas tout me… nous raconter et on va trouver une solution ensemble."

"Harry…"

"Mr Malfoy, nous n'avons pas beaucoup de temps. J'ai peur que Miss Greengrass se doute de quelque chose si je vous garde trop longtemps." Draco écarquilla les yeux et Harry lui caressa la joue pour l'apaiser. "Nous vous écoutons, que se passe-t-il exactement ?"

"Je… Je ne peux pas…"

"Draco…"

"Non, Harry ! Tu ne comprends pas. Elle le saura si je vous parle. Je ne sais pas comment, mais elle trouve toujours un moyen de tout savoir. Je t'en supplie, ne me force pas." Pour la première fois depuis plus de deux semaines, Draco posa ses mains sur le brun et une petite décharge électrique les fit sursauter. Harry plongea son regard dans les yeux métalliques et put y voir toute sa détresse et sa peur.

"Okay," soupira-t-il, "alors je vais parler et tu m'écoutes. Ne dis rien, fais-moi simplement comprendre si je suis sur la bonne voie ou pas." Draco hocha la tête et s'agrippa aux bras de Harry. "Bien. Je sais qu'Astoria Greengrass te fait chanter, je l'ai entendue dans la bibliothèque l'autre jour. C'est moi qu'elle menace de tuer, n'est-ce pas ?" Il vit la confirmation dans le regard du blond et continua sur sa lancée. "J'ai aussi remarqué son médaillon. Est-ce que ça a quelque chose à voir avec toute cette histoire ?' Draco détourna le regard. "Je vais prendre ça pour un oui. Je suppose qu'il y a quelque chose à l'intérieur, n'est-ce pas ? Et les symboles gravés ? Je n'arrive pas à me rappeler de ce que c'est. Je suppose que tu ne peux rien me dire là-dessus non plus ?"

Draco soupira et tourna la tête vers McGonagall qui les observait quelques mètres plus loin. Elle accrocha le regard du blond et plissa les yeux, semblant réfléchir. "Est-ce que je devrais savoir ce qui est inscrit sur ce médaillon, Mr Malfoy ? Cela a-t-il un rapport avec un des fondateurs ? Avec Poudlard ?" Elle souffla de frustration. "Si Severus était là, ses capacités de Legilimens nous seraient bien utiles."

"Draco sait parfaitement fermer son esprit, ça n'aurait servi à rien." Intervint machinalement Harry, recevant une légère caresse en réponse. "Draco, je t'en supplie, donne-nous quelque chose, une piste, n'importe quoi. Parce que la seule option que j'ai, sinon, c'est de rentrer dans le lard de cette grognasse."

"Mr Potter ! Votre langage, je vous prie."

Draco pouffa doucement et fixa son regard dans celui de Harry avant de se détacher de lui. Pendant près d'une minute, il arpenta la salle de classe en se triturant les mains et les méninges. Que devait-il faire ? S'il ne disait rien, il serait coincé avec Astoria jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite de son sort mais, s'il parlait et qu'elle le découvrait, elle n'hésiterait pas à tuer Harry. C'était un choix impossible à faire et, pourtant, il le fit. Motivé par l'espoir que lui insufflait la présence de Harry, il se retourna et parla enfin, se soulageant autant que les deux autres.

"Greengrass est venue me voir chez nous pendant les vacances. Elle avait ce médaillon autour du cou et m'a tout de suite dit ce qu'elle attendait de moi et ce qu'elle avait l'intention de faire si je ne lui obéissais pas. Elle a toujours voulu devenir la prochaine Lady Malfoy, même quand elle a su que j'étais gay et ça ne lui a pas du tout plu d'apprendre qu'on sortait ensemble. Elle nous a vus entrer tous les deux dans mon dortoir avant les vacances et je suppose que c'est là qu'elle a décidé de mettre son plan à exécution." Il ignora le son de désapprobation venant de la directrice et continua. "Elle est complètement folle et je n'ai rien pu faire pour la faire changer d'avis. Elle tient même sa sœur sous sa coupe, je ne sais comment d'ailleurs. Elle me veut, ou du moins elle veut mon nom et la fortune qui est censée aller avec et elle n'hésitera pas à éradiquer toute menace à son plan. Et la menace, c'est toi Harry."

"Je m'en serais douté." Gloussa Harry, soulagé qu'il leur raconte tout. "C'est quoi, ce médaillon ?"

"C'est le médaillon d'Earos." McGonagall laissa échapper un petit cri de surprise et Harry les regarda tour à tour, confus.

"Éros ? Comme le dieu de l'amour ? Il y a un philtre d'amour dans ce médaillon ?" Il ne comprenait pas comment un philtre d'amour était censé le tuer.

"Pas Éros, Mr Potter." Intervint la directrice en se dirigeant vers une bibliothèque dans le fond de la classe. "Earos. C'est une combinaison de deux runes de l'alphabet Futhorc." Elle attrapa un livre et tourna rapidement les pages avant d'en montrer une à ses deux élèves qui s'étaient rapprochés. "La rune Ear signifie tombe et la rune Os signifie dieu. Combinées, elles désignent Earos, littéralement le dieu de la tombe, le gardien du royaume des morts. Il est souvent invoqué dans les rituels de magie noire afin d'accomplir une malédiction ou ensorceler quelqu'un." Elle blanchit d'un coup et dévisagea Draco. "Ne me dites pas que Miss Greengrass a…"

Draco hocha la tête, l'air grave.

"Bon sang, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce que ça veut dire ? Je ne comprends rien du tout là !" S'écria Harry.

"Elle a invoqué Earos, Harry, pour te lancer une malédiction. Je ne sais pas comment elle s'y est prise, mais elle s'est procuré une mèche de tes cheveux et, depuis l'instant même où elle l'a placée dans le médaillon ta vie y est liée."

Harry resta interdit, pas sûr de tout comprendre.

"Si Miss Greengrass a invoqué Earos et lui a offert une mèche de vos cheveux via le médaillon, c'est comme si elle lui avait promis votre vie et elle n'a qu'un geste à faire pour qu'il vous réclame."

"Me réclame ? Vous voulez dire… dans le royaume des morts ?"

Draco acquiesça. "Elle n'a qu'à détruire le médaillon avec la mèche de tes cheveux à l'intérieur et la malédiction pourra s'accomplir. Elle m'a promis qu'elle t'en libérerait quand on sera mariés et qu'elle sera enceinte de moi, à condition que je n'entre pas en contact avec toi ou qui que ce soit d'autre, d'ailleurs. Je suis désolé, Harry, je ne savais pas quoi faire… je ne sais toujours pas."

Harry resta silencieux pendant un moment, intégrant toutes les informations qu'il venait d'entendre. Il avait échappé à Voldemort et à ses Mangemorts plus d'une fois et, maintenant, une gamine de seize ans tenait sa vie autour du cou ? Il secoua la tête et grogna de frustration. Hors de question que quelqu'un décide de son destin une nouvelle fois !

"Okay. Donc, on doit lui prendre ce médaillon."

"Ça ne suffira pas, Harry. Même sans l'avoir sur elle, elle n'a qu'à prononcer un sort pour le détruire et toi avec. Il ne suffit pas non plus de retirer la mèche du médaillon. Il faut trouver le moyen de la délier, de te délier du médaillon et d'Earos lui-même."

"Alors c'est ce qu'on va faire." Une lueur de détermination faisait briller ses yeux émeraude. "Est-ce que tu m'aimes, Draco ?"

Le blond parut surpris. "Bien sûr que je t'aime. C'est bien parce que je t'aime que je fais tout ça. Pour te protéger."

"Moi aussi je t'aime. Plus que la vie elle-même. Alors si je dois aller affronter la mort encore une fois, je le ferai. Et je reviendrai à nouveau pour botter les fesses de cette-"

"Mr Potter !" Harry grogna mais se tut. "Nous allons devoir vous laisser partir, Mr Malfoy, sinon elles vont soupçonner quelque chose."

"Je sais." Il se tourna vers Harry et, après une seconde d'hésitation, le prit dans ses bras pour l'embrasser. "Je t'aime Harry, je te le promets. Mais ne fais rien de stupide. S'il t'arrivait quelque chose par ma faute, tu sais que je ne me le pardonnerai jamais."

Une larme coula sur la joue de Harry. "Je sais. On va faire des recherches et on trouvera le moyen de lever la malédiction, maintenant qu'on sait ce que c'est."

Il l'embrassa longuement avant de reculer et d'enfiler sa cape d'invisibilité, disparaissant d'un coup. La directrice rangea le livre d'un geste du poignet et tendit un parchemin à Draco.

"Tenez, c'est le devoir dont j'ai parlé à la fin du cours. J'ai indiqué tout ce qui n'allait pas et vous me le referez pour le prochain cours."

Draco poussa un petit cri, surpris. "Quoi ? Mais…"

"C'est plus crédible ainsi Mr Malfoy. Et puis, je dois vous avouer que ce devoir a effectivement besoin de quelques vérifications. Allez-y, maintenant. Je suis persuadée que votre fiancée vous attend."

Draco lança un regard noir vers le gloussement qu'il venait d'entendre et sortit de la classe comme une furie, percutant presque Astoria Greengrass qui l'attendait à l'extérieur et qui lança un regard suspicieux dans la pièce dès que la porte fut ouverte. Satisfaite de n'y trouver que la directrice, elle suivit le blond à travers les couloirs, permettant à Harry de respirer enfin et de retirer une nouvelle fois sa cape.

Il regarda McGonagall qui semblait en profonde réflexion et alla récupérer le livre qu'elle leur avait montré, l'ouvrant à la page voulue. "Bien, maintenant on doit trouver comment empêcher Greengrass de me livrer à ce Earos. Une idée, Professeur ?"

"Il faut que je consulte un ou deux livres traitant du sujet et que j'envoie un hibou à Kingsley. Je suis sûre que certains des volumes confisqués chez d'anciens Mangemorts pourraient nous être utiles. Vous, continuez à agir normalement, Mr Potter. Il ne faut pas éveiller les soupçons. Je m'occupe des recherches, alors profitez-en pour réviser. Vous avez tout de même vos examens dans un petit mois et votre devoir non plus n'était pas des plus brillants."

Harry grogna pour la forme mais ignora le commentaire. Après toutes ces années, Minerva McGonagall devrait pourtant le savoir : Harry Potter ne faisait jamais ce qu'on lui demandait.


"Bien, Harry. Dis-le-moi encore une fois."

"Merlin, Hermione ! Tu ne pourrais pas l'écrire ? Ça fait dix fois que je le répète !" S'exclama Harry. "Elle a pris une mèche de mes cheveux et l'a fourrée dans son putain de médaillon. Et comme tout ce qui est mis là-dedans lie son propriétaire à ce dieu de pacotilles, il lui suffit de le détruire pour me tuer."

"Tu fais des raccourcis, Harry. C'est bien plus compliqué que ça."

"Non," s'énerva le Gryffondor, "ce qui est compliqué, c'est de devoir te le répéter encore et encore. Alors excuse-moi si au bout de deux heures je fais des raccourcis. Mais mon crâne va exploser donc tu es gentille, tu me lâches !"

"Harry ! Arrête d'agresser Mione, elle essaie simplement de t'aider, comme nous tous ici."

Les trois Serpentard, Ginny et Neville acquiescèrent à la remarque de Ron. Harry gémit et se frotta le visage. Il était minuit passé et il n'en pouvait plus. Cela faisait des heures qu'ils s'étaient réunis dans la Salle sur Demande pour discuter de ce qu'il avait appris et il était sur le point de commettre un meurtre. Mais il devait respirer, rassembler ses idées et tenir le coup s'il voulait sortir Draco de là.

"Je suis désolé. Mione, pardonne-moi. C'est juste que j'ai toujours du mal à comprendre tout ça et, plus je le répète, plus ça me parait dingue et incompréhensible."

"Je sais, Harry, ne t'inquiète pas. Le professeur McGonagall va bien réussir à trouver quelque chose dans les livres du Ministère et on pourra mettre fin à cette histoire. Il faut que tu lui fasses confiance et que tu te concentres sur les révisions, comme elle te l'a demandé."

Le brun haussa un sourcil en la dévisageant. "Tu crois vraiment que j'ai la tête à ça ?"

"Aucun de nous ne l'a, Potter." Intervint Théodore. "Draco est notre meilleur ami, tu te rappelles ?"

Super, maintenant il se sentait con. "Désolé." Marmonna-t-il.

Blaise se redressa sur son fauteuil. "Bien, reprenons une dernière fois. Astoria t'a pris une mèche de cheveux, Harry et l'a utilisée pour un rituel de magie noire. Pendant ce rituel, elle a invoqué Earos pour lier les cheveux ainsi que ta vie au dieu et à son médaillon. Donc, si elle prononce un sort bien précis, le médaillon sera détruit avec la mèche, ce qui te tuera et t'enverra dans le royaume d'Earos. J'oublie un truc ?"

Harry secoua la tête. Même après autant de fois, ça paraissait toujours aussi horrible.

"Okay, alors quelles sont nos options ?" Demanda Neville, faisant sourire Harry. Son ami s'était tout de suite investi dans cette histoire et semblait prêt à se battre bec et ongles pour Draco et lui.

"Ne rien faire et attendre qu'elle lève la malédiction une fois qu'elle sera satisfaite ?"

Harry lança un regard noir à Pansy. "Il en est hors de question. Jamais je ne laisserais un tel truc arriver. C'est moi qui dois épouser Draco, pas cette connasse." Personne ne releva le fait que Harry se voyait déjà épouser Draco mais quelques sourires fleurirent avant que Pansy ne continue.

"Je sais bien, Potter, détends-toi. Je devais juste le dire pour qu'on visualise tout dans son ensemble. Mais on sait tous que ce n'est pas une option."

"J'ai une question." Intervint Neville, attirant tous les regards vers lui. "Si j'ai bien compris, Harry mourra si le médaillon est détruit alors que ses cheveux sont dedans, n'est-ce pas ? Alors si on les en retire, est-ce que ça mettra fin à la malédiction ?"

"Draco a dit qu'il ne suffisait pas de retirer la mèche du médaillon, qu'elle était liée au médaillon même en dehors." Soupira Harry. "Et apparemment, éloigner le médaillon de Greengrass ne suffira pas non plus."

"Et est-ce qu'on a une chance de lever la malédiction si les cheveux sont toujours dedans ? Sinon, il faudrait déjà commencer par trouver un moyen de les retirer, ou tout plan deviendrait inutile." Un long silence accueillit ses propos et le Gryffondor se recroquevilla sur lui-même, honteux. "Désolé, c'était une question stupide."

"En fait pas du tout, Neville. C'est même une excellente question. Il faut qu'on en parle à McGonagall pour voir ce qu'elle en pense mais ça me paraîtrait logique de commencer par là. Ça me fait d'ailleurs penser à autre chose. Si la mèche est liée et au médaillon et à Harry, mais que la séparer du médaillon ne suffit pas à briser la malédiction, alors pourquoi ne pas directement délier les cheveux de Harry lui-même ? Si plus rien ne les rattache, si on fait en sorte que ces cheveux n'aient jamais appartenus à Harry, la malédiction ne devrait plus avoir d'effet sur lui !"

"Attends, Hermione. Ça ne peut pas être aussi simple, si ?" Demanda Ginny.

"Simple ?" S'étrangla Pansy. "Comment au juste comptes-tu délier Harry de ses propres cheveux ? Et puis, je pense aussi qu'il sera loin d'être simple d'éloigner Astoria du médaillon et d'en enlever les cheveux ou effectuer n'importe quel sort qu'on aura dégoté. Et, même si on réussit, elle aura tout le temps de le détruire à distance."

"Sauf si on l'immobilise. Un bon Stupefix devrait suffire. Mais il faut s'assurer qu'elle n'a pas protégé le médaillon avec un sort, sinon ça ne servira à rien." Théodore réfléchi un moment et continua. "J'ai peut-être une idée, mais elle est à double tranchant."

"Vas-y, explique."

"Daphné. Depuis le début, elle semble complètement perdue. Je pense qu'elle aussi est sous la contrainte de sa sœur mais qu'elle ne soutient pas ses idées. Je crois que je pourrais l'approcher pour essayer de la résonner et avoir des informations. Mais si au contraire elle est complètement avec sa sœur…"

"Elle ira immédiatement la voir et je serai mort." Un silence tomba sur le salon créé par la Salle sur Demande. "Je crois que tu devrais tenter le coup, Théo. C'est risqué, mais c'est aussi la seule solution pour ne pas se lancer dans ce début de plan à l'aveugle. Au pire, si tu sens qu'elle panique, tu la stupéfixes et on l'amène soit chez McGo, soit ici pour l'interroger. Tu te débrouilles en légilimencie, Blaise, non ?" Le métis hocha la tête et se tourna vers Nott.

"Théo ? Tu crois que tu peux la faire parler ?"

"Je pense que oui, on était assez proches pendant nos premières années à Poudlard. Et Harry a raison. Je n'aurai qu'à l'immobiliser si ça tourne mal. Bon, allons-nous coucher et j'essaie dès demain de l'approcher en douce quand elle sera seule."

"On ne sera pas loin, au cas où." Ajouta Pansy avant de se lever comme tous les autres sous le regard confiant de Harry.

Enfin ils avançaient… tous ensemble pour une même cause. Dumbledore serait fier de voir que les maisons collaboraient enfin.


Mr Potter,

Je pense avoir découvert quelque chose dans un vieux grimoire qui appartenait au professeur Snape. Rejoignez-moi dans mon bureau ce soir avant le dîner et amenez vos amis si vous le souhaitez.

Minerva McGonagall.


"Quidditch." Harry prononça le mot de passe en souriant et attendit patiemment que la gargouille cachant l'entrée du bureau de la directrice révèle l'escalier y menant. L'amour de leur professeur pour ce sport lui avait toujours paru démesuré mais, d'un côté, ça la rendait aussi plus... sympathique !

Une minute plus tard, il pénétra dans le bureau circulaire, suivi par Hermione, Ron, Neville, ainsi que les trois Serpentard.

"Mr Potter. Je ne m'attendais pas à voir autant de monde."

"Ils sont tous aussi concernés que moi, Professeur. Et nous devons vous faire part d'un nouveau développement." Tous acquiescèrent et McGonagall s'adoucit un instant.

"Quel développement ?"

Théo fit quelques pas en avant et prit la parole. "J'ai parlé avec Daphné, la sœur d'Astoria, ce matin. Ça faisait quelques temps que j'hésitais à le faire, mais j'étais persuadé qu'elle pourrait nous aider."

"Je croyais que Miss Greengrass était de mèche avec sa sœur ?"

"C'est ce qu'on croyait tous, mais il semblerait que non." Intervint Hermione. "Théo pensait qu'elle était contrainte elle aussi de l'aider. Et il avait apparemment raison."

"Oui, il ne m'a pas fallu longtemps pour la convaincre de me suivre dans une salle de classe vide mais, comme Draco, elle ne voulait pas me parler de peur qu'Astoria le sache. J'ai donc fait appel à Blaise et elle lui a ouvert son esprit."

"Vous voulez dire que vous avez fait de la légilimencie sur une autre élève, Mr Zabini ? Vous savez que je pourrais vous signaler au Ministère pour ça, n'est-ce pas ?"

"Eh bien je comptais sur le fait que c'était le seul moyen d'aider deux de mes amis pour que vous fermiez les yeux, Professeur." Blaise lui lança un regard noir, irrité à l'idée qu'elle puisse penser à le réprimander malgré les circonstances.

McGonagall pinça les lèvres mais n'alla pas plus loin et Théo continua. "Bref, en gros, j'avais raison. D'après ce qu'a pu voir Blaise, Daphné est sortie avec un Poufsouffle né-Moldu en début d'année et en est tombée amoureuse. Ils envisagent même de se marier. Apparemment, c'est quelque chose d'impensable dans sa famille, même s'ils disent haut et fort aimer les Sang-Mêlé et les nés-Moldu. En tout cas, à la minute où ça se saura, elle sera reniée et jetée dehors." Harry grogna. Ces maudits Sang-Pur et leurs traditions stupides.

"Sauf qu'Astoria l'a découvert." Continua Blaise. "Et, maintenant, elle la fait chanter elle aussi pour qu'elle l'aide. Sans ça, jamais Daphné ne l'aurait suivie. Elle ne cautionne pas du tout ce qu'il se passe et s'en veut d'être aussi lâche."

Pansy intervint. "Il faut la comprendre, si ça se sait, elle perdra tout et pas seulement de l'argent. Ses parents, sa sœur, sa maison, son nom... Elle ne sera plus rien !"

"Bien, alors il nous faut la protéger elle aussi. Qu'avez-vous appris d'autre qui pourrait nous être utile, Mr Zabini ?"

"Elle m'a confirmé qu'il s'agit du médaillon d'Earos. Par contre, elle n'en sait pas tellement plus sur le sort qui lie Harry au Médaillon, mais elle pense qu'il pourrait s'agir d'une sorte de serment inviolable."

Un silence accueillit la nouvelle. S'ils savaient tous une chose sur les serments inviolables, c'était qu'ils ne pouvaient être brisés. Harry sentit un énorme poids lui tomber sur les épaules et s'en voulut d'avoir été aussi confiant.

"Est-ce Astoria qui a dit cela à sa sœur ?" Demanda la directrice. Théo et Blaise haussèrent les épaules et elle les regarda, songeuse. "Il faudrait en être sûrs. Dans l'un des grimoires dont je vous ai parlé, Mr Potter, j'ai trouvé tout un passage sur Earos et son médaillon. Et il y est fait mention d'un sort utilisé pour lui offrir une âme. Le rituel requiert une mèche de cheveux ou encore une goutte de sang, mais il ne parle pas d'un quelconque serment inviolable."

"Professeur," intervint Hermione, "nous avions justement pensé à quelque chose à ce sujet. Plutôt que d'essayer de sortir les cheveux du médaillon et de lever ensuite la malédiction, ne serait-il pas plus simple de dissocier Harry de cette mèche ? S'il n'y a plus de lien entre elle et Harry, nous n'avons pas à nous inquiéter de savoir quel sort a été utilisé, ni même de savoir comment subtiliser le médaillon à Greengrass."

La Directrice sembla réfléchir un moment. "C'est effectivement une idée, Miss Granger. Ça paraît extrêmement simple, mais c'est justement ce qui rend ça brillant !"

"En fait, c'est Neville qui m'en a donné l'idée." Le jeune homme piqua un fard quand tous les regards se tournèrent vers lui. "Il a suggéré qu'on devrait commencer par savoir si on pouvait séparer la mèche du médaillon avant de tenter quoi que ce soit. Alors je me suis demandé si c'était vraiment nécessaire. Et si on n'avait même pas besoin de la retirer ?"

"Je vais envoyer un hibou à Kingsley et en parler au professeur Slughorn pendant le dîner. Vous, ne faites rien tant que je ne vous ai pas recontactés. Nous n'en savons pas encore suffisamment et je ne veux pas risquer la vie de Mr Potter."

"Trop aimable." Grogna Harry, tirant quelques sourires de ses amis.

"Mr Nott et... Zabini, tâchez d'en apprendre plus auprès de miss Greengrass à propos de cet éventuel serment inviolable."

Sur ce, tous les élèves quittèrent le bureau de la directrice pour aller dîner, ces toutes nouvelles informations dans un coin de la tête.


Cher Mr Potter,

Je sais que ma lettre va vous paraître étrange, mais je vous prie de la lire jusqu'au bout.

Je n'ai pas été spécialement ravie d'apprendre votre relation avec mon fils, je dois bien l'avouer.

Cependant, et même si ce point peut avoir échappé à certains au fil des années, j'aime Draco plus que tout. Je crois d'ailleurs, au vu des évènements de l'année dernière, que vous en êtes bien conscient. J'aime penser que c'est grâce à mon amour pour lui que vous êtes toujours parmi nous et, aujourd'hui, je m'en félicite.

Mais depuis quelques semaines, le comportement de Draco m'inquiète. Alors qu'il semblait joyeux au début des vacances de printemps, il est reparti à Poudlard l'air morose et inquiet. Et aujourd'hui, j'apprends par une amie qu'il est fiancé à la plus jeune fille des Greengrass. Je dois vous avouer que je ne comprends plus ce qu'il se passe. S'il y a bien une chose que je sais à propos de mon fils, c'est que les femmes ne l'ont jamais intéressé, au grand dam de mon époux, d'ailleurs.

Peut-être pourrez-vous éclaircir les choses pour moi, car mon fils ne répond plus à aucune de mes lettres et je suis désormais inquiète au point d'envisager une entrée plus que remarquée à Poudlard. Dites-moi au plus vite ce qu'il se passe, afin que j'évite cet embarrassement à tout le monde.

Narcissa Malfoy

.xoOox.

Mme Malfoy,

Je vous en prie, ne venez pas à Poudlard.

Je ne peux pas vous expliquer en détail ce qu'il se passe avec Draco. D'une part parce que c'est très complexe, d'autre part parce qu'il nous manque encore des éléments.

Sachez toutefois que la directrice nous aide et que je ne le laisserais tomber pour rien au monde.

La seule chose que je peux vous dire, c'est que Draco n'est pas vraiment fiancé avec Astoria Greengrass, mais qu'elle le fait chanter pour que cela arrive. S'il fait cela, c'est avant tout pour me protéger, mais je vais tout faire pour le libérer de cette folle.

Si la famille Greengrass vous contacte, ne signez rien qui les lierait d'une quelconque manière, mais ne leur faites pas comprendre non plus que nous sommes au courant et que nous essayons de l'arrêter.

Je connais tout l'amour que vous portez à Draco et, croyez-moi, je le partage. N'ayez donc aucune inquiétude. Je ferai tout ce qu'il est humainement possible de faire pour l'aider, même si je dois faire un aller-retour en enfer pour ça.

Harry Potter

.xoOox.

"Harry !" S'écria Hermione, faisant sursauter les deux garçons assis face à elle sur le canapé de leur salle commune. "Je n'arrive à pas croire que tu as envoyé un hibou à la mère de Draco ! Tu es inconscient ou quoi ?"

Harry leva les yeux au ciel. "Elle a le droit de savoir ce qu'il se passe, Mione. Elle n'a aucune nouvelle de son fils et s'inquiète pour lui, c'est normal de vouloir la rassurer un minimum, non ?"

"Et il ne t'est pas venu à l'esprit qu'elle puisse être de mèche avec Greengrass ? Elle peut très bien l'avoir aidée à vous piéger dans l'espoir que Draco se marie avec elle et perpétue la lignée. Après tout, les Greengrass sont des Sang-Pur de bonne famille qui font partie du même monde que les Malfoy. Exactement ce qu'elle devrait vouloir pour son fils."

Harry se figea et pâlit. Il n'avait pas pensé à ça une seconde. Si Hermione avait raison, cela voulait dire qu'il venait de bousiller tout leur plan en un claquement de doigts. Mais en même temps, il se souvenait de ce que lui avait raconté Draco. L'amour presque caché que lui a toujours témoigné sa mère, son soutien sans faille quand il leur a annoncé, à elle et à son père, qu'il était gay, leur discussion insensée sur l'importance de bien choisir ses partenaires et de se protéger, même avec un garçon. Bref, exactement ce qu'il aurait voulu partager avec sa propre mère si elle avait été vivante.

Non, ça ne collait avec ce qu'il savait de Narcissa Malfoy et il le fit savoir à son amie qui, malgré son envie évidente, n'insista pas. Il faut dire que, depuis près d'une semaine, il était sur les nerfs, à fleur de peau et personne, à part peut-être ses meilleurs amis, n'osait le contrarier de peur de recevoir un sort en pleines dents.

Harry était effectivement sur les nerfs, mais pour une bonne raison. Ils faisaient du sur place depuis leur entrevue avec McGonagall. Théo n'avait pas réussi à prendre à nouveau Daphné à part, la Directrice n'avait rien trouvé de plus dans les nombreux grimoires de la bibliothèque, rien non plus du côté du nouveau Ministre de la Magie et lui-même se sentait plus impuissant que jamais, malgré ce qu'il avait assuré à Narcissa Malfoy.

Le brun se frotta violemment la tête pour évacuer une partie de sa frustration. Bon sang, il ne voyait vraiment pas quoi faire ! Ils ne savaient toujours pas quel sort le liait au médaillon, ni s'il était possible de le dissocier de ses propres cheveux. Et puis il y avait cette histoire de serment inviolable. Ça ne pouvait pas être ce serment précis, car il fallait le consentement des deux sorciers impliqués, alors en existait-il d'autres formes ? Harry regretta, pour la première fois depuis un bon moment, l'absence de Dumbledore. En aurait-il su plus que le professeur McGonagall ?

Dans tous les cas, les jours qui passaient étaient une torture pour Harry qui passait des nuits blanches à observer la carte, fixait Draco pendant tous les repas et n'avait plus aucune concentration pendant les cours et les révisions.

Même la perspective des commémorations de la Bataille de Poudlard la semaine suivante n'arrivait pas à lui changer les idées. Surtout depuis qu'il avait reçu un hibou du Ministre de la Magie aka Kingsley Shacklebolt, lui demandant de préparer un discours. Un discours... Lui, Harry Potter ? C'était bien mal le connaître ! Même Hermione avait pouffé de rire en lisant la lettre par-dessus son épaule, avant de proposer de l'écrire pour lui.

"Il en est hors de question, Mione ! Je suis mort pendant cette bataille et ils m'en demandent encore plus ?" Avait-il répliqué avant de fourrer le bout de parchemin dans sa poche. Si Draco avait été à ses côtés, il lui aurait certainement dit qu'il en était capable et l'aurait encouragé à le faire... Ou alors il se serait roulé par terre en hurlant de rire. Oui, c'était plus que probable.


Le lundi précédant la commémoration, le professeur Slughorn interpella Harry à la fin du cours de Potions et lui demanda de rester quelques instants. Le brun regarda ses amis quitter la salle de classe un par un, s'attardant sur son petit ami avant de reporter son attention vers le professeur.

"Monsieur Potter, la directrice m'a chargée de vous donner ceci." Commença-t-il en tendant un parchemin à Harry. "Il s'agit d'un sort qu'elle pense pouvoir utiliser pour vous dissocier de la mèche de cheveux qui est dans le médaillon. Je suis également en train de préparer la potion qu'il vous faudra prendre avant de réciter cette incantation."

"Et... vous pensez que ça va fonctionner ?"

"Nous en avons longuement discuté avec Minerva et Mr Shacklebolt et, effectivement, je pense que cela peut fonctionner. La potion, associée au sort, permettra de supprimer tout lien entre votre personne et cette mèche de cheveux, que nous pourrons ensuite détruire sans risque en même temps que le médaillon. Mais pour cela, il va falloir le récupérer, car le sort doit être jeté sur la mèche."

"Très bien... Mais à quel point est-ce sûr, Professeur ? Combien de chances cela a-t-il de marcher ? "

"Eh bien... Nous pensons qu'il y a de grandes chances pour que cela fonctionne. La potion seule, ne suffirait pas. De même que la formule prononcée seule. Mais les deux associées devraient faire l'affaire. Cependant..."

Harry ferma les yeux un instant et, quand il les rouvrit, il avait l'air aussi résigné que déterminé. "Cependant vous n'en êtes pas sûrs à cent pour cent."

Le professeur pinça les lèvres mais finit par acquiescer. "C'est exact. Mais c'est aussi la seule solution que l'on a trouvée à ce jour. Peut-être qu'avec un peu plus de temps…"

"Non !" s'écria Harry. "Ça a déjà bien assez duré. Quel est le plan, professeur ?"

"La potion sera prête ce soir, mais la directrice suggère que l'on attende demain pour agir."

"Pourquoi ? On peut très bien faire ça ce soir après le dîner. Il suffit de l'attendre dans les cachots et de la prendre par surprise."

"Je comprends votre impatience, Mr Potter, mais vous précipiter pourrait être catastrophique. Nous ne voulons pas risquer de vous perdre pour quelques malheureuses heures d'attente supplémentaires. Une nouvelle nuit de réflexion ne pourrait être que bénéfique."

Harry soupira. Il détestait quand les professeurs avaient raison. Il hocha la tête et prit le parchemin, ramassa ses affaires et sortit enfin de la classe. Là, tous ses amis l'attendaient en silence et, à en croire par les sourcils froncés d'Hermione, avec une certaine appréhension.

"Alors Harry, que voulait Slug ?" demanda Blaise.

"Ils ont trouvé une potion et une formule qui devraient fonctionner."

"Devraient ?" s'indigna Hermione. "Ils n'ont pas mieux que ça ?"

"Je sais, ça craint. Mais c'est le seul plan que l'on ait." Harry haussa les épaules, résigné. "Allez, on devrait aller en cours."

Les quatre Gryffondor et les trois Serpentard se dirigèrent tranquillement hors des cachots afin de rejoindre leurs prochains cours, tout en discutant de la suite du plan. Maintenant qu'ils avaient trouvé une potion et une formule, il ne leur restait plus qu'à trouver le moyen de neutraliser Astoria afin de lui prendre le médaillon sans qu'elle déclenche la malédiction et tue Harry.

Simple comme bonjour !


"Je ne pense pas que ce soit le cas. Tu ne crois pas qu'on en aurait entendu parler si…"

"Harry !"

Assis à la table des Gryffondor pour le dîner ce soir-là, le brun et ses deux amis se retournèrent d'un seul mouvement vers Neville qui accourait vers eux.

"Qu'est-ce qu'il y a Nev' ?" Demanda Ron en lui tendant un verre d'eau pour l'aider à reprendre son souffle. "Tu as l'air paniqué."

"C'est… Greengrass. Je…" Le jeune Gryffondor posa ses mains sur ses genoux, prit deux grandes inspirations et se releva avant de continuer. "Je l'ai entendue parler avec sa sœur et je crois qu'elle prévoit de passer à l'attaque."

Hermione se redressa sur son siège en entendant ça. "À l'attaque ? Comment ça ?"

"Je n'en sais rien. Elle a dit 'Je ne veux pas prendre le risque qu'il me file entre les doigts alors qu'il s'est enfin résigné. Quand l'autre sera mort, il n'aura plus le choix, de toute façon.' Je crois qu'elle va essayer de te tuer Harry… ce soir."

Un silence de mort s'abattit sur le petit groupe et Harry déglutit difficilement. Alors on y était. Ça ne pourrait pas attendre le lendemain, finalement. Il releva la tête et tourna son regard vers la table des Serpentard. "Où est-elle ?"

Neville se retourna lui aussi et se figea. "Elles étaient là i peine deux minutes. J'étais avec Blaise et je suis passé derrière elles en revenant ici. Je te jure, Harry !"

Harry se leva, suivi par Ron, Hermione et Ginny qui avait suivi la conversation. "Et Draco ?" Il avait l'impression de ne pas l'avoir vu de la journée à part un bref instant à la fin du cours de Potions.

"Il n'est pas venu dîner." Commença Neville. "Tu crois qu'elles auraient pu nous entendre discuter ce matin ?"

"Aucune idée. Ginny, la directrice est déjà partie, elle est sûrement dans son bureau."

"Je vais la chercher." Dit la rouquine en sortant de la Grande Salle en courant.

"Ron, Hermione, on fonce aux cachots. Neville, va chercher Blaise et les autres et passez par la table des professeurs pour expliquer la situation à Slug. Il nous faut cette potion ! Ensuite, rejoignez-nous au plus vite."

Alors que Neville se dirigeait à nouveau vers la table des vert et argent, le trio d'or quitta à son tour la Grande Salle pour s'engouffrer dans les cachots. À mesure qu'ils avançaient, le stress montait et Harry pouvait à peine respirer.

"Silence." Murmura Hermione. "Si l'une d'elle nous entend arriver, elle pourrait…"

"Me tuer, je sais Mione." S'exaspéra Harry. Il s'en voulut de n'avoir pris ni la vieille cape de son père ni la Carte des Maraudeurs pour la première fois depuis des semaines. Il aurait pourtant dû se rappeler que rien ne se passait jamais comme prévu dans sa vie.

Les trois amis ralentirent juste avant la salle commune des Serpentard et tendirent l'oreille. Des chuchotements leur parvenaient, mais ils ne pouvaient comprendre clairement la conversation. Où étaient les oreilles à rallonge des jumeaux quand on avait besoin d'elles ? Harry se risqua à s'approcher un peu plus du bord mais n'eut pas besoin d'aller plus loin car le ton monta.

"Je t'en supplie, Astoria ! Tu n'as pas à faire ça !" Cria la voix de Daphné, leur confirmant la présence des deux sœurs.

"Tu crois que j'ai le choix Daph' ? Non, absolument pas ! C'est la seule manière pour moi d'avoir un avenir !"

"C'est ridicule et tu le sais ! Toi aussi tu peux rencontrer quelqu'un de bien qui…"

"Quelqu'un de bien ?" Astoria éclata d'un rire froid. "Tu veux dire comme ton Terrence adoré ? Un type qui m'aimera pour ce que je suis ? Mais je ne veux pas d'un mec comme ça ! Peut-être que toi tu peux te contenter d'un loser," cracha-t-elle, "mais il est hors de question que je m'abaisse à ce point. J'épouserai Draco Malfoy et je lui donnerai les héritiers qu'il mérite, ou personne ne l'aura. Et sûrement pas cette vermine de Potter."

"Draco ne t'aimera jamais. Si tu tues Potter, il n'aura plus rien à perdre et tu finiras tes jours à Azkaban."

"C'est bien pour ça que je vais lui faire avaler ce fichu filtre d'amour de force. Il ne pourra plus me résister après ça."

"Mais dans ce cas, il est inutile de le tuer, tu ne crois pas ? En plus ils savent tout, Astoria. Tu n'as aucune chance."

"Ils ne savent rien ! Ils ne peuvent rien contre moi ! Draco est à moi, tu m'entends ? Et si tout ça ne suffit pas et que je ne peux pas l'avoir, lui aussi mourra !"

Il n'en fallut pas plus pour Harry qui, en une seconde, sortit de sa cachette, dégaina sa baguette et lança un Stupéfix sur la sixième année.

"Que… P-Potter ? Je..." Le regard perdu de Daphné passa de Harry à sa sœur, désormais étendue face contre terre. "Astoria ?"

Le brun, rapidement rejoint par ses deux amis, pointa sa baguette vers la jeune fille. "Est-ce que je dois t'immobiliser, toi aussi ?"

Elle réfléchit pendant quelques secondes à la conduite à adopter, puis baissa les yeux. "Non, ce ne sera pas nécessaire. J'ai toujours été contre l'attitude de ma sœur."

"On sait. Théo et Blaise nous ont tout raconté." Harry hésita un instant avant de baisser sa baguette. "Est-ce que Draco est là-dedans ?" Il désigna le mur cachant l'entrée des dortoirs d'un mouvement de tête.

"Oui, il…"

Sans lui laisser le temps de terminer, il ajouta. "Va le chercher. Ron, va avec elle, s'il te plaît." Quand Ron passa à côté de lui, il chuchota, pas vraiment discrètement, "Garde un œil sur elle."

Il les regarda disparaître avec un pincement au cœur, désirant plus que tout retrouver Draco au plus vite, mais se fit violence pour se concentrer sur la jeune Serpentard toujours au sol. Il se pencha pour la retourner sur le dos et tendit la main pour attraper le médaillon.

"Attends Harry !" L'interrompit Hermione qu'il regarda s'approcher avec un haussement de sourcils. "Specialis Revelio" Rien ne se passa et elle parut presque déçue. "Il aurait très bien pu être ensorcelé, Harry. Tu dois faire plus attention."

"On sait déjà qu'il est ensorcelé, Mione. Tu en voulais plus que…"

"Harry ?" L'interrompit la voix de Draco qui apparut dans l'ouverture du mur et observa la scène, ahuri. "Mais qu'est-ce que…" Il se tourna vers Daphné. "Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

"Elle a perdu les pédales pendant le dîner. Elle a vu Zabini et Londubat discuter ensemble et ça l'a persuadée qu'ils savaient tout. Je n'ai aucune idée de pourquoi, mais elle a décidé de mettre fin à tout ça ce soir et de…"

"De me tuer." Acheva Harry, attirant le regard du blond sur lui. "Salut Draco."

Celui-ci resta muet pendant un moment puis se prit la tête entre les mains en gémissant. "Non, non, non ! Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi tu… Putain, Harry. Est-ce que tu te rends compte de ce que tu viens de faire ?"

"Je crois, oui." Ç'aurait été mentir de dire qu'il n'était pas vexé. Draco aurait dû lui sauter dans les bras, l'embrasser, lui faire l'amour contre un des murs du cachot. Pas lui reprocher d'avoir agi pour les sauver tous les deux !

"Tu n'aurais jamais dû faire ça ! Tu viens de signer ton arrêt de mort !"

Hermione, qui avait senti l'incompréhension et la colère de Harry vint à sa rescousse. "McGonagall a trouvé une formule et Slughorn une potion. Ils ne vont pas tarder à arriver et on pourra mettre fin à tout ça, Draco."

"Ça fait combien de temps ?" Les trois Gryffondor le regardèrent sans comprendre. "Depuis combien temps est-elle inconsciente ?"

"Peut-être cinq minutes, pourquoi ?" Demanda Hermione.

"Alors McGonagall et Slughorn ont intérêt à débouler ici rapidement parce que dans cinq autres minutes, tu es mort, Harry."

Le brun vit le désespoir remplir les yeux de Draco. "C-Comment ça ?"

Ce fut Daphné qui répondit. "Astoria a mis une sécurité. Si elle est inconsciente plus de dix minutes, le sort se déclenchera de lui-même. Et, si on la réveille, elle le déclenchera de toute façon."

Le cœur de Harry rata un battement. "Quoi ? Mais… pourquoi tu ne nous en as pas parlé l'autre jour, Draco ?"

"Parce que je l'ignorais. Je l'ai découvert avant-hier et j'étais en train de chercher un moyen pour te le faire savoir. Mais, bien entendu, tu préfères jouer au héros, comme toujours !"

Il ne savait plus si c'était le désespoir ou la colère qui parlait, mais il n'aimait pas entendre de telles accusations dans la bouche de Malfoy, surtout dans un moment pareil. "Tu te fous de moi ? Neville a entendu ce qu'elle comptait faire, alors on les a suivies ici. Et ensuite, elle a dit qu'elle te tuerait toi aussi si elle ne pouvait pas t'avoir, alors… Et puis merde. Qu'est-ce que tu me reproches, au juste ? De vouloir me sauver ? De vouloir tout faire pour être avec toi ? Pourquoi-"

"Les gars, ça suffit !" S'écria Ron. "Je crois qu'on n'a pas le temps pour ça. Malfoy, Greengrass, est-ce que l'un de vous sait comment empêcher ça ?"

"Si on le savait, on ne serait pas dans cette situation, Weasley." Lança Draco, agacé. "Et puis où sont…"

Des bruits de pas retentirent derrière eux et, quelques secondes plus tard, Neville apparut accompagné des trois Serpentard et du professeur de Potions.

"Jeunes gens, mais que s'est-il passé ici ?" S'écria le professeur en découvrant la scène devant lui.

Hermione se jeta presque sur lui. "Vite, la potion ! Est-ce que vous l'avez ?"

"Eh bien oui, mais…"

Il montra une fiole dans sa main et la brunette la lui arracha des mains. "Avale ça, Harry."

Elle avait à peine prononcé ces mots que la directrice les rejoignit, flanquée d'une Ginny Weasley pantelante. La femme étudia la scène d'un regard avant de s'approcher de Harry qui venait de vider la potion non sans une grimace. "Avez-vous la formule avec vous, Mr Potter ?"

Celui-ci allait lui répondre mais une décharge de douleur traversa tout son corps, lui arrachant un cri. Sa respiration se coupa et il tomba à genoux, immédiatement rejoint par Draco.

"Harry, est-ce que ça va ?" Il était incapable de lui répondre. Chaque respiration devenait de plus en plus difficile et douloureuse et des larmes inondaient progressivement ses yeux. Ils étaient pourtant si près du but. Pourquoi n'avait-il pas pu garder son calme cette fois encore ? "Bébé, la formule. Où est-elle ?"

Harry leva ses yeux embués et ouvrit la bouche dans une dernière tentative désespérée. "P… Po…" Un nouvel éclair de douleur le traversa et il s'écroula dans les bras du Serpentard qui passa frénétiquement ses mains le long de son corps tremblant. Il trouva une première poche qui s'avéra vide, mais essaya immédiatement une seconde et faillit hurler de soulagement quand il en retira un morceau de parchemin.

Draco le déplia, sortit sa baguette et leva la tête. "Apportez-moi le médaillon. Vite !" Ron se jeta sans réfléchir sur le corps inanimé d'Astoria et lui arracha le collier avant de le lancer au blond. Celui-ci l'ouvrit, attrapa la mèche de cheveux bruns qui y était enfermée et pointa sa baguette vers elle.

"Corpus Liberat, Liberavit Animam. Vade at Pulvis, Nihilo Magis es"

Une étincelle apparut au bout de la baguette et la mèche de cheveux prit soudain feu, arrachant un petit cri de surprise à Draco qui agita sa main comme s'il avait été brûlé.

Il ne se passa rien pendant quelques secondes, puis Harry se cambra et Draco l'attrapa par la taille pour le serrer contre son corps. Les yeux révulsés, Harry semblait lutter pour respirer et il était impossible de savoir s'il était encore conscient. Le blond le serra plus fort contre lui et lui chuchota des mots apaisants dans l'oreille.

Plusieurs minutes passèrent, paraissant interminables pour les personnes présentes et la respiration de Harry ne sembla pas s'améliorer, de même que les tremblements de son corps. La directrice chuchota au professeur de potions d'aller chercher Madame Pomfresh, sachant parfaitement qu'aucun des élèves présents ne quitterait le chevet du Survivant, puis se décida à aller s'enquérir de l'état d'Astoria, toujours immobile sur le sol, une de ses mains dans celle de sa sœur qui pleurait à chaudes larmes.

Et, alors que les élèves de Serpentard commençaient à envahir les cachots pour rejoindre leur dortoir, on n'entendait plus que Harry luttant pour respirer et les chuchotements de Draco, le suppliant de s'accrocher et de rester avec lui.


Il savait qu'il était vivant. Tout autour de lui était sombre et il ne voyait ni n'entendait rien, mais ça ne faisait aucun doute pour lui. La douleur... voilà la raison. Après tout, il était déjà mort auparavant et n'avait, alors, ressenti aucune douleur. Et là pourtant, qu'est-ce qu'il avait mal !

Tant qu'on a mal, c'est qu'on est toujours vivant… n'est-ce pas ?

Il essayait de s'en convaincre mais l'attente lui paraissait interminable. S'il était vivant, pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas ouvrir les yeux, parler, bouger ?

Draco.

Il devait se concentrer sur Draco. L'idée de le revoir, de le tenir dans ses bras. L'odeur de sa peau, le son de son rire, la couleur de ses yeux… Il devait rester vivant pour tout ça.

Continuer d'avoir mal pour continuer d'exister.


Draco soupira.

Cela faisait trois jours maintenant que Harry était dans le coma et qu'il restait à son chevet sans faillir. Sa respiration s'était stabilisée grâce à Madame Pomfresh et il savait qu'il était vivant, mais Draco avait peur qu'Earos soit toujours dans les parages à attendre que la voie soit libre pour l'emporter. Voilà pourquoi il n'avait pas quitté l'infirmerie depuis qu'il avait porté son petit ami ici, lundi soir. Il avait ignoré les demandes puis les menaces des professeurs et de l'infirmière et n'avait lâché la main du brun que pour lui poser un linge frais sur le front et lui caresser les cheveux.

Trois jours.

La commémoration de la Bataille de Poudlard devait avoir lieu deux jours plus tard et Draco se demanda s'ils l'annuleraient parce que leur grand héros était dans le coma. Il secoua la tête. Non ! Harry allait se réveiller. Aujourd'hui ! Draco ne lui laissait pas le choix.

"Tu m'entends, Amour ? Tu dois te réveiller. On a plein de choses à se dire et à faire. Il y a plein de choses que je veux te faire." Il lui embrassa la tempe et sursauta presque quand Madame Pomfresh ferma la porte de son bureau et se dirigea vers eux.

"Comment va Mr Potter, aujourd'hui ?" Demanda-t-elle en souriant au blond. Elle avait abandonné toute idée de le mettre dehors quand elle l'avait retrouvé endormi tout contre Harry sur son petit lit d'hôpital deux nuits d'affilée.

"Toujours pareil." Draco soupira à nouveau. "Avez-vous amené cette potion dont vous me parliez ?"

La femme secoua la tête. "Ils n'en avaient plus à Sainte-Mangouste. Leur fournisseur a pris sa retraite et, apparemment, ils n'ont pas trouvé de remplaçant. À croire que les maîtres en Potions se font de plus en plus rares. Le professeur Slughorn a proposé d'en préparer, mais ça devrait prendre quatre jours au minimum."

"Alors on fait quoi ?"

"On attend, Mr Malfoy. On attend."

Draco grogna. "Ça fait déjà trois jours que je… qu'on attend."

"Donnez-lui un peu de temps. Physiquement, tout va bien, mais il faut que Mr Potter revienne de lui-même. Dès qu'il sera prêt, il se réveillera." Elle étudia le jeune blond et sourit. "Vous devriez sortir d'ici. Allez prendre l'air, manger un morceau dans la Grande Salle avec vos amis. Ils seront ravis de vous voir et ça vous fera le plus grand bien." Quand il ne réagit pas, elle sortit son dernier argument. "Je ne le quitterai pas des yeux et vous préviendrai immédiatement s'il se réveille."

Cette dernière remarque fit frémir Draco. Hors de question qu'il soit absent quand Harry se réveillerait. Une part de lui savait que c'était de la folie, que le brun pouvait très bien rester des semaines dans le coma, mais c'était plus fort que lui. Après tout ce temps sans avoir pu l'approcher, ni même le regarder, la simple idée de le quitter des yeux le révulsait.

L'infirmière soupira, mais quitta la pièce sans un mot, le laissant à nouveau seul avec son petit ami.


Il ne sut pas ce qui l'interpella en premier. Était-ce la pénombre qui sembla tout à coup moins profonde, ou alors ces murmures qui commencèrent à percer le silence.

Il lui fallut du temps et de la concentration pour enfin deviner des mots, puis des phrases et, enfin, reconnaître la voix qui les prononçait.

Draco.

Il était là, enfin. Il était à portée de main, mais toujours invisible pour Harry. Pourtant, il ne désespérait pas. Il se rapprochait, petit à petit.

Et il avait toujours mal.


"N'importe quoi !" Hurla Ron. "Jamais je n'ai dit un truc pareil !"

"Je suis sûr que si, Weasley. Je t'ai entendu très clairement dire que, si tu étais gay, tu te taperais bien volontiers Blaise !"

"Jamais, au grand jamais ! Tu l'as bien regardé, Parkinson ? Il est…"

"Fais gaffe à ce que tu vas dire, le rouquin. Je suis un type cool, mais il ne faut pas me chauffer. Et puis, je te rassure, tu n'es pas mon type toi non plus."

Ron piqua un fard et engloutit une part de tarte à la citrouille. "Sachez, Monsieur Zabini, que je suis le type de beaucoup de personnes !"

"Les elfes de maison, ça ne compte pas."

Tout le monde se figea et tourna son regard vers le jeune brun qui reposait toujours sur le lit d'hôpital, pâle et les yeux clos.

"H-Harry ?" S'étrangla Hermione, dont la voix déclencha la tempête. L'un après l'autre, ils se mirent tous à crier et à sauter partout, tirant une grimace à Harry.

"Aïe. Moins fort. Ma tête va exploser." Grogna-t-il, faisant taire ses amis.

"Harry ?" Chuchota Draco en lui prenant la main. "C'est moi, bébé. Est-ce que… Comment tu te sens ?"

"Comme si je m'étais pris le Magicobus en pleine tronche." Il ouvrit difficilement les yeux, immédiatement ébloui par la lumière inondant la pièce. "Trop… de lumière." D'un mouvement de la baguette d'Hermione, une partie des torches s'éteignirent et tout le monde se rapprocha du lit pour le voir se redresser contre son oreiller, aidé de Draco. Harry regarda autour de lui, souriant instantanément en reconnaissant les visages de ses amis et de ceux du blond, puis haussa un sourcil en voyant les assiettes vides et la tarte à moitié mangée qui trônaient sur des chaises au pied du lit. Il remarqua ensuite les affaires de Draco étalées sur celui d'à côté. "Tu-" Une quinte de toux l'empêcha d'aller plus loin et il accepta avec un sourire crispé le verre d'eau tendu par Draco. Après avoir avalé une gorgée et avoir repris sa respiration, il continua doucement. "On dirait que tu as campé ici. Combien de temps est-ce que je suis resté inconscient ? Dites-moi que j'ai loupé la commémoration, je vous en supplie."

Tous se mirent à rire et Draco lui caressa la joue. "Malheureusement non. On est seulement vendredi, mais tu as tout de même dormi quatre jours." Harry soupira et désigna l'autre lit du menton dans une question muette. "Et, oui. On peut dire que j'ai campé ici. Tu t'attendais à ce que je te laisse tout seul après ce qu'il s'est passé ?"

Un petit sourire lui répondit.

"Mr Potter ! Vous êtes enfin de retour parmi nous !" S'exclama Madame Pomfresh en sortant de son bureau. Elle agita sa baguette et une boule argentée se dirigea vers la porte, sans doute pour aller prévenir la directrice. "Comment vous sentez-vous ?" demanda-t-elle en s'approchant du lit. Elle posa sa main sur son front, lança quelques sorts au-dessus de sa tête et de son torse, puis hocha la tête, visiblement satisfaite avant de lui tendre une fiole. "Bien, avalez cette potion, c'est pour la douleur. Vous, jeunes gens, débarrassez-moi tout ça. C'est une infirmerie ici, pas un réfectoire ! Et je vous demanderai de partir, maintenant. Monsieur Potter a besoin de se reposer. Vous pourrez revenir le voir demain."

Ron et Neville commencèrent à protester mais Hermione les attrapa par le bras, puis les força à ramasser les restes de leur dîner et à se diriger vers la sortie, non sans avoir promis à Harry de repasser dès que possible.

"Je n'essaierai même pas de vous mettre à la porte, Mr Malfoy, mais votre ami a besoin de se reposer. Vous discuterez demain. Puis-je vous faire confiance ?"

Draco acquiesça et sourit à la femme qui repartit dans son bureau sans se retourner.

L'infirmerie redevint soudain silencieuse, faisant soupirer le brun de soulagement. Un troupeau de veaudelunes martelait son cerveau depuis qu'il s'était réveillé et le bruit de la conversation, aussi brève fut-elle, avait accentué sa migraine.

"Tu devrais avaler cette potion, Harry. Ça va te soulager."

Celui-ci grogna. S'il avait bien appris une chose grâce à ses nombreux passages à l'infirmerie, c'était que les potions anti-douleur de Madame Pomfresh avaient rarement bon goût. "Ça va encore être dégueulasse." Se plaignit-il, faisant rire son petit ami. "Tu ne peux pas devenir maître des Potions et en faire avec un goût potable ? Genre pomme, citrouille, noix de coco..." Draco se contenta de l'observer et son manque de réponse poussa Harry à tourner la tête vers lui. "Quoi ? J'ai dit une connerie ?"

"Non. Enfin... Noix de coco ? Vraiment ?" Harry sourit mais l'encouragea à continuer. "Ce n'est rien, ne t'en fais pas. Aucun intérêt."

"Si, dis-moi." Insista le Gryffondor.

"C'est simplement ce que tu as dit. En fait... j'y ai déjà pensé."

Harry fronça les sourcils. "À faire des potions à la noix de coco ?"

Draco pouffa. "Non. À devenir maître des Potions. J'ai toujours aimé ça et je crois que ça me plairait d'en faire mon métier."

"Tu veux devenir professeur ?"

"Je n'en sais rien. Peut-être un jour. Pour le moment, j'imagine plus avoir mon propre laboratoire et répondre à des commandes. Pomfresh m'a dit qu'elle cherchait un nouveau fournisseur. Peut-être même que je pourrais ouvrir une boutique."

Harry sourit de toutes ses dents. Il ne savait qui remercier pour le fait d'être en vie, mais il n'aurait manqué ça pour rien au monde. Parler de l'avenir avec Draco, les imaginer tous les deux, lui Auror et le blond à la tête d'une petite entreprise florissante. Mais c'était sans compter sur le manque de confiance en soi du Serpentard.

"Enfin je rêve, quoi. Qui voudrait commander des potions à un ancien Mangemort ? Ils auraient trop peur que je les empoisonne."

"Dray..." soupira Harry en se massant les tempes. "Je n'ai pas passé quatre jours dans le coma pour t'entendre douter de toi à la première occasion. Tu es le meilleur élève de l'école en Potions. Tu l'as toujours été. Je ne vois personne de plus compétent que toi pour faire ce boulot." Il eut un frisson et tira la couverture sur sa poitrine, avant de se décaler de quelques centimètres sur le matelas. "Allonge-toi avec moi, s'il te plaît. J'ai besoin de te sentir contre moi."

Draco sourit, retira ses chaussures et se glissa sous les draps pour s'installer tout contre le brun. Celui-ci se colla instantanément à lui et enfouit son visage dans son cou. "Tu m'as manqué." souffla Draco en l'entourant de ses bras. "Je suis désolé pour tout ça. Désolé pour la lettre que je... qu'elle m'a forcé à t'envoyer. Désolé de t'avoir évité. Je voulais juste te protéger et..."

Harry releva la tête et plongea son regard émeraude dans celui de son petit ami. "Je sais, Draco. J'ai toujours eu confiance en toi et je n'ai pas douté une seule seconde, tu peux me croire." Il approcha son visage de celui du blond et posa ses lèvres sur les siennes, savourant ce baiser tant attendu. Il avait l'impression de ne pas l'avoir embrassé depuis des mois et ne se rendit compte du manque qu'il ressentait qu'à cet instant. Ils soupirèrent d'aise en se séparant et Harry se recolla au torse de Draco. "Donc," reprit-il, "Je suppose, puisque tu es là et que je suis vivant, que notre plan a fonctionné ?"

"Votre plan ? Tu rigoles ou quoi ? D'après Hermione, vous deviez attendre le lendemain pour agir avec l'aide de McGonagall et de Slughorn. Mais non... Il a fallu que tu en décides autrement !"

"Elle allait passer à l'action. Tu voulais que j'attende bien sagement qu'elle me tue ?"

"Non, mais tu aurais pu attendre les professeurs avant d'agir sur un coup de tête."

Harry se redressa sur son lit, grimaçant sous la douleur. "Hey ! J'ai envoyé Ginny et tes amis les chercher. Ce n'est pas ma faute s'ils ont mis du temps à arriver !"

"Mais tu aurais pu les attendre avant de stupéfixer Astoria. Tu as failli mourir, Harry ! Quelques secondes de plus et la formule n'aurait eu aucun effet. Je n'aurais pas pu te sauver."

"Mais elle..." Harry baissa le nez et commença à se triturer les doigts, incapable de continuer.

"Elle quoi ?" Un silence lui répondit, lui arrachant un soupir. "Bon, je suppose que le principal, c'est que tu sois en vie et qu'on soit à nouveau réunis. Mais la prochaine fois..."

"La prochaine fois ?" Le brun releva la tête et lui fit un sourire en coin. "Tu prévois de te faire kidnapper tous les mois ? Parce que, si c'est le cas, j'aimerais être au courant !"

Draco leva les yeux au ciel. "Tu sais très bien ce que je veux dire. Entre ton attirance pour le danger et le métier que tu veux faire, il y aura forcément d'autres situations de ce style. Je veux juste dire que je t'aime, Harry et que je n'ai aucune envie de te perdre parce que tu as agi sans réfléchir." Il fit une pause avant de reprendre sur un ton plus léger. "Sinon, qu'est-ce que j'inscrirais sur ta pierre tombale ? Ci-gît Harry Potter, héros et crétin ?"

"Je vais devoir payer Zabini pour qu'il t'en empêche." Ricana Harry en se rallongeant. "Allez, raconte-moi ce que j'ai raté. Qu'est-il arrivé à Astoria ?"

"Tu es censé te reposer. Je n'ai aucune envie de me faire lyncher par Madame Pomfresh, alors on discutera demain."

"Je ne suis pas fatigué. J'ai dormi quatre jours, je te rappelle." Rétorqua Harry tout en étouffant un bâillement, ce qui fit rire le blond.

"Mais bien sûr. Dors, je ne vais nulle part."

Draco embrassa tendrement la cicatrice du Gryffondor et le serra contre lui comme il avait rêvé de le faire à chaque minute de ces deux interminables semaines.

Malgré ses protestations, Harry s'endormit en moins d'une minute, suivi de près par le Serpentard, enfin apaisé. Après quatre jours d'enfer à fixer les yeux clos du brun, à redouter que chaque inspiration soit la dernière, à imaginer sa vie et son avenir sans lui... Enfin, il pouvait fermer les yeux sans crainte et sentir les battements réguliers de son cœur dans sa poitrine tout en sachant, sans doute aucun, qu'il battait pour lui.

.oOo0oOo.


"Corpus Liberat, Liberavit Animam. Vade at Pulvis, Nihilo Magis es" : "Libère le corps, libère l'âme. Retourne à la poussière, tu n'es plus rien."


Bien mes petites chocogrenouilles (ne me demandez pas pourquoi... on va dire que c'est la chaleur), ce chapitre était le dernier !

Bien sûr, il reste l'épilogue, mais l'histoire en soi est terminée et je dois dire que j'ai la larmichette facile dans ce genre de circonstances ! Mais comme il fait bien trop chaud pour perdre de l'eau inutilement, je vais me retenir de pleurer pour le moment !

On se retrouve très probablement lundi pour l'épilogue, mais en attendant, dites-moi en commentaire ce que vous avez pensé de cette histoire, ce qui vous a plu, déçu, quel personnage avez-vous le plus aimé, le plus détesté, ce que vous aimeriez voir la prochaine fois...

Parce que oui, j'ai encore plein de projets en tête dont certains plus avancés que d'autres.

D'ailleurs, qui aimerait lire un spin off sous forme d'OS sur un autre couple mentionné (ou pas) dans cette fiction ? Genre : Blaise et son mystérieux copain ? Charlie et sa nouvelle conquête ? Ou encore un "prequel" sur la relation entre Harry et Charlie pendant l'été avant la rentrée ?

Allez, dites-moi tout, c'est le moment !

À très vite pour la suite !

xoxo Théodora.