Chapitre 10- Laisser tomber mes aprioris :

Je passais prendre mes affaires pour me changer et pour dormir. M'attendait là-bas, toutes les filles de mon dortoir, discutant. Je pris mon sac et me dirigeai vers la porte.

-Tu ne restes pas? me demanda l'une d'elle.

Je ne me rappelais d'aucun de leur prénom. Faut dire qu'elles étaient tellement importantes dans ma vie…

-Non, lui répondit-je tout simplement.

-Ca fait depuis le début de l'année que tu pars super tard et que tu es toujours là le matin! dit-elle telle une gamine.

-En même temps ça fait que plus d'une semaine qu'on est là.

-Oui mais quand même...

-Qu'est ça peut vous faire?

Elles ne répondirent même pas et je partis sans plus faire attention à elles. Je me serais certainement énervée d'habitude, mais je ne m'en sentais pas capable. Je flottais et je ne cherchais pas à comprendre le pourquoi du comment. Je profitais juste. C'était ma décision. Ne pas réfléchir, profiter, pleurer plus tard. J'arrivais dans notre repère et partit me changer. S'ensuivit une demi-heure d'échauffement.

-Allez par binôme.

Je me tournai vers Pansy mais Blaise m'arrêta.

-Tu n'avais promis. Pansy t'as qu'à prendre Théo.

Pansy haussa les épaules et rejoint Théo qui l'accueillit par un sourire dont lui seul avait le secret. Mes duels contre le métis furent particulièrement amusants. Tout était drôle et prétexte à s'envoyer des piques. Nous étions de ses gens à avoir des relations amicales... ambiguë. Et avec Zabini c'était ça, en mieux. Je savais qu'il serait non seulement un allié mais aussi un ami précieux, peut-être même un confident. Mais j'aimais jouer avec lui et il ne se gênait pas pour faire de même. Finalement, nos rires nous fatiguèrent plus que les combats.

-Ok maintenant changez les binômes pour être enter filles et entre garçon.

-C'est quoi ce sexisme Malefoy? lui demandai-je.

-On va apprendre à se battre, mais je t'en prie, reste avec Zabini ce sera vachement plus marrant pour moi.

-Enfoiré! Et tu sais que t'en aurais besoin toi aussi.

Tout le monde ris. C'était faux bien sûr, mais fallait bien que je me défende! Je me mis avec Pansy, laissant Blaise avec Nott.

-Ne t'en fais pas pour moi, Elixir, je sais me battre.

-C'est pas ce que tu disais hier soir.

Il me fusilla du regard, faisant encore une fois rire l'assistance.

-Bon commençons, se repris Malefoy. Dolohov?

Dolohov?! Mais il est malade! Il va se faire rétamer. Humm. C'est bien Dolohov finalement. Ce dernier, goguenard, se plaça devant Malefoy, sûr de gagner. Quelle ne fut pas notre surprise de voir Malefoy coucher Dolohov. C dernier comptai sur sa force pure et fonçai, Malefoy utilisait la force de son adversaire contre lui. Il savait se défendre. Tout le monde était extatique. Malefoy s'en sortait toujours parce qu'il connaissait les points faibles de ses adversaires. Il les trouvait vite et les utilisaient contre eux. Dolohov était le stéréotype pur, du musclé fort et sure de lui. Finalement pour Malefoy c'était une proie facile. Je cherchai dans l'assistance, quelqu'un capable de le surprendre. Mes yeux se posèrent sur Mulciber. Cette âme tourmentée et mystérieuse, incernable. C'était exactement ce qui mettrait Malefoy en difficulté. Ils étaient tous les deux biens taillés, mais Mulciber avait deux avantages, il cachait son jeu et savait bluffer. Je m'approchais de lui, remarquant au passage que ce serait la première fois que je lui parlerais.

-Mulciber?

Il se tourna vers moi, méfiant.

-Tu voudrais bien ridiculiser Malefoy?

-Ouais, et je fais ça comment?

Je fis un signe de tête vers Dolohov qui revenait, furieux.

-Mais bien sûr...

-Tu me fais confiance?

-Non.

-Et ben essaye. Je suis presque sûr que tu vas gagner.

Il réfléchit un instant. Sourcil froncés, il observait Malefoy puis Dolohov.

-Je vais juste me foutre la honte. C'est non.

-Quoi, t'as peur ?

-Non, mais ce n'est pas une raison.

-Alors parie avec moi. Je suis sûre que tu gagnes. Reste concentrer et ne fais pas attention à ce qu'il peut te dire.

-Bon ok, mais si je perds, tu me devras quelque chose.

-Je déteste trop les dettes pour risquer de perdre.

Il avança vers Malefoy et déclara qu'il voulait combattre. Celui-ci resta impassible, mais je le devinai hésitant. Il observa un moment son adversaire, puis l'assistance et ses yeux se posèrent sur moi. Là où Mulciber était un peu avant. Il me regarda réfléchissant puis l'ombre d'un sourire se dessina sur ses lèvres.

-D'accord.

Ce combat était très différent du précédent. Ils étaient rapides, souples et comptaient sur leurs cerveaux plus que sur leurs muscles. C'était presque un combat d'égal à égal. Il faillit faire exæquo jusqu'à ce que Malefoy fasse une faute et que Mulciber le mette à terre. Il se releva et aida le vaincu à se relever. Ils s'échangèrent une accolade virile sous les applaudissements. Mulciber revint à côté de moi, tout fier.

-C'était trés intelligent à Elixir de proposer Mulciber. Quelqu'un peut expliquer pourquoi?

-Parce qu'il fait trop peur avec son côté intouchable, minauda Grengrass.

-Parce qu'il a la même carrure que toi, donc tu ne le prends pas au sérieux?

-Parce qu'elle craque sur lui? Proposa Blaise en me fixant.

Je lui décochai un regard noir qui fit rire tout le monde.

-Bon, Elixir?

-Parce que Mulciber est la personne la plus incernable du groupe, hors ton point fort c'est de trouver LA faiblesse chez ton adversaire et de l'exploiter. En te mettant face à lui, ça te privait de ton avantage.

-Tu aurais pu faire l'affaire dans ce cas, ou même Théo. Pourquoi lui?

-Même si Nott est très difficile à cerner, Malefoy le connait depuis trop longtemps et il s'apprécie. Il à par ailleurs déjà prouver qu'il le battait, désolée Nott. Et moi, bah je ne voulais pas me salir les mains.

Nouveau rire.

-Ouais, fin, t'étais pas à la hauteur quoi...me nargua Malefoy.

-Faut voir le prof que j'ai, rétorquai-je.

-Bon et bah commencez à vous entrainer.

Juste avant que je ne partes, la voix de Mulciber me retint.

-Je t'en dois une.

-Non c'est bon. Que t'es calmer l'égo de Malefoy est satisfaisant.

-Je n'aime pas les dettes non plus, donc je t'en dois une.

Je luis souris et retournai vers Pansy. Une heure de lutte, dix défaites, onze victoires et quelques cris contre Malefoy qui nous corrigeait, les bras croisés, pénard; puis, nous fumes libéré. Il était quatre heures du matin et notre merveilleux professeur nous avait prévenus d'un réveil à dix heures. Après avoir souhaité une bonne nuit aux garçons, nous partîmes dormir en voyant que nous n'étions plus que cinq. Bulstrode manquait à l'appel. Nous passâmes chacune sous la douche, puis nous couchâmes exténuée. A en entendre par les bruits venant de la chambre de couples, Bulstrode devait bien s'amuser.

-Dis-moi Angel, je peux te poser une question? Demanda Pansy.

-Vas-y.

-Qu'est-ce qui se passe avec ce Scott? Je veux dire, pourquoi tu te complique la vie pour lui?

-Faut dire qu'il en vaut la peine... minauda Grengrass nous faisant rire.

Elles se tournèrent vers moi, attendant ma réponse.

-Je ne le connais pas depuis très longtemps mais, chaque moment que je passe avec lui, je suis plus légère. C'est comme si on mettait pause. Et puis je l'aime bien, je veux en savoir plus sur lui.

-On dirait que tu l'aimes... vraiment.

-Non pas du tout.

-Alors pourquoi un Gryffondor, sang mêlé et ennemi? Pourquoi pas quelqu'un de notre camp?

-Parce que ce ne serai pas la même chose... Avec lui, j'oublie la guerre. J'imagine ce qu'aurais été ma vie sans elle. Si on n'aurait pas été de la génération Potter.

-Tu es contre la guerre?

Je pouvais me confiée à Scott, peut-être même à Blaise mais pas à ces filles. Ce n'est pas que je ne leur faisais pas confiance, simplement je savais ce dont mon camp était capable s'il voulait des informations. Si plus tard, ils avaient des doutes sur moi, me confiée ce soir, c'était leur offrir des réponses trop facilement. Elles n'étaient pas suicidaires. Et je ne pouvais leur en vouloir.

-Non, c'est simplement que j'aurais aimé une vie plus simple. En arrivant ici en première année, je ne m'imaginais pas finir a scolarité comme ça. Sans Sang-de-Bourbe, des Mangemorts à la tête de l'école, Potter en exil, la guerre... et obligé de pactiser avec Malefoy (elles rirent). Vous ne pouvez nier que vous rêviez d'une vie... plus calme.

Elles se regardèrent et hochèrent la tête. Un silence commença à s'installer, chacune perdue dans ses pensées. Seules fragments d'un monde de paix.

-Je sais que tu ne m'aimes pas.

Grengrass me regardait dans les yeux, étonnamment douce.

-C'est pas que je t'aime pas, je ne te connais pas vu que t'es toujours derrière Pansy.

-On a le temps d'apprendre à se connaître, mais si tu ne laisses pas tes aprioris derrière toi, ça ne sera pas possible.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Tu deviens plus sociale avec nous, t'oublies nos différents, mais pas ce que tu penses. A part Blaise et Pansy, tu nous voies toujours comme avant.

-Finalement tu n'es peut-être pas que la blonde écervelée collée aux basques de Parkinson (elle rit). Je vais essayer. Mais réponds à une de mes questions. Pourquoi toi et Bulstrode avez choisi Pansy comme exemple? Franchement je ne comprends pas ce que vous lui trouvez!

Tout le monde rit, détendue, alors que Pansy faisait semblant d'être offusquée. Elle prit un oreiller et me le lança dessus. C'est ainsi que commença une bataille de polochon, dont même les jumelles ne furent épargnées. Quelqu'un tambourina à la porte. Les jumelles partirent se cacher, toute honteuse. Nous sortîmes nos plus jolis sourires, de filles pas très sages, puis allâmes ouvrir.

-C'est pas bientôt fini! On aimerait...

Drago Malefoy se tus en remarquant l'allure que nous avions. Toutes les trois en pyjama assez court. Une nuisette échancrée pour moi, un short avec un tee-shirt très serré pour Pansy et un déshabillé rouge transparent pour Daphné. Nos cheveux décoiffés, nos joues rouges, nos respirations haletantes. Tout était prévu pour le déstabiliser. Ses yeux dérivèrent un peu trop.

-Bah alors Malefoy t'es tout pâle... Qu'est-ce qui t'arrive? demanda Daphné, faussement inquiète.

-Viens entre, on va s'occuper de toi, proposa Pansy, la candeur incarnée.

-C'est pas comme si on manquait de quoi que ce soit, rajoutai-je avec innocence.

-Oh, mais tu voulais nous dire quelque chose, viens te mettre à l'aise.

-Heu je m'en rappelle plus.

-On peut te rafraichir la mémoire si tu veux.

Pansy lui pris la main, le tirant à l'intérieur.

-Non, faut que j'y aille. Allez a plus les filles.

Et ils s'enfuient en se retenant de courir.

Nous refermâmes la porte et explosâmes de rire en imaginant Malefoy allé dormir, honteux et frustré. J'avais découvert en elles deux actrices avec lesquelles je sentais que je pourrais m'amuser. Les jumelles revinrent puis allèrent se coucher sans un mot. Nous les imitèrent bientôt, les bruits de Bulstrode en fond sonore (c'est qu'ils étaient résistants, ces deux-là!). Je m'endormis ce soir-là, le sourire aux lèvres et l'esprit tranquille. Je ne fis pas de cauchemar. Peut-être grâce à l'entrainement, à mon explication avec les filles, à cette complicité en train de naître, à ma victoire sur Malefoy. Peut-être était-ce grâce à Scott aussi.