Et voilà le 10ème chapitre ! \(°w°)/
RAS pour l'instant, alors on passe directement à : bonne lecture !
Je tenais à préciser que Fairy Tail et tous ses mages ne m'appartiennent pas (merci à toi, Ô grand Hiro Mashima), et que cette fiction est réalisée par pur plaisir en y insérant quelques OCs
.
Chapitre X : Fairy Tail
Elle passa le reste de la soirée endormie, alors que la nuit s'imposait lentement sur Magnoria. L'arrivée de cette étrange fille retrouvée inconsciente secouait un peu les membres, mais vu les circonstances, ils doutaient sincèrement qu'elle soit une menace pour la guilde. En fait, le Maître craignait surtout que son état s'aggrave et pour le moment, le seul mot qui pouvait l'expliquer était « agression ». Les personnes qui avaient assisté à l'entrée fracassante de Natsu étaient retournées à leurs activités, mais l'apothicaire de Fairy Tail, venue dès que le Maître l'ait contactée par lacrima – non sans se plaindre de l'heure tardive à laquelle on osait la déranger -, poursuivait ses rapports quant à l'état de l'étrangère. Elle vint d'ailleurs voir Makarof qui discutait avec Natsu et les autres personnes de sa Team, restée pour être informées de l'amélioration de la santé de leur hôte.
- J'ai terminé, s'exclama-t-elle en coupant court à leur conversation, prenant soin d'extérioriser sa mauvaise humeur. Elle a retrouvé une température normale et ses jours ne sont pas en danger. Elle a très bien récupéré.
Ils soupirèrent en cœur, ravis de l'entendre. Cependant, la vielle femme ne leur laissa pas le temps de poser des questions et enchaîna avec laconisme.
- Mais il faut que vous sachiez quelque chose : j'ai observé les contusions sur ses bras, et on dirait des figures de Lichtenberg…
- Heu… C'est quoi ? Ça se mange ?
Il y eut un gros blanc, et personne n'eut besoin de se retourner pour vérifier qui avait dit ça. Evidemment, il n'y avait que Natsu pour poser ce genre de question idiote. Énervée par son manque de respect, la vielle femme tâcha de conserver son calme... Vainement, car elle explosa l'instant d'après.
- Ne me coupe pas la parole, petit insolent ! Et pour répondre à ton manque abyssal de culture générale, sache que ce sont des brulures propres à l'électricité !
Ce soudain haussement de voix attira aussitôt l'attention de Luxus, bien qu'à l'autre bout de la pièce, attablé au bar. Il discutait d'une éventuelle future mission avec le Raijin mais ses fines oreilles de chasseur de dragon lui avaient permis de capter le mot électricité. Cédant à la curiosité, ce dernier se mit alors à épier la discussion tout en essayant de poursuivre celle qui menait déjà avec ses compagnons.
- Bon, où en étais-je ? se demanda Polyussica en se passant la main sur le front. Ah oui, ces fameuses brûlures ! Elles n'ont pas été causées par une attaque normale : on dirait que c'était beaucoup plus puissant et primitif. En tout cas, cette jeune fille est solide : ces blessures sont superficielles malgré l'importance de la décharge… Wendy ?
La chasseuse de dragon céleste réagit à son nom et les rejoignit aussitôt, abandonnant sa conversation avec Carla.
- Oui ? demanda-t-elle immédiatement. Est-ce que je peux aider ? Elle va bien ? Elle s'est réveillée ?
Face à la sincérité de son inquiétude et l'espoir qui brillait dans son regard d'enfant, il n'y avait rien à redire pour la Grandiné d'Edolas : cette fillette était décidément la personne la plus responsable de Fairy Tail. Il y avait beaucoup de personne dans cette guilde qui devrait prendre exemple sur elle !
- Non, pas encore. Mais je voudrais savoir : tu as dit que ta magie avait glissée sur elle, c'est ça ? s'enquit la vieille femme.
- C'est l'impression que j'ai eu en tout cas, confirma la bleue. Ma magie semblait marcher au début, puis tout à coup elle est devenue inefficace. Comme si son corps était… Hum… Le seul mot que je trouverais approprié serait « imperméable ».
- Je n'ai jamais entendu parler d'une telle chose. Mes potions fonctionnent pourtant sur ses meurtrissures et les ont presque toutes effacées… Mais dans ce cas, cela voudrait dire que son corps ne rejette que ce qui touche à la magie. Ce phénomène de répulsion ne serait donc lié qu'à l'Eternano…
- Hum… c'est tout de même étrange, remarqua Erza. Si elle est vraiment insensible à l'Eternano, elle ne peut pas avoir subi une attaque magique, et donc électrique !
- J'y ai également songé, avoua Polyussica. Mais puisqu'elle est imperméable à la magie, il faut exclure tout ce qui en est lié. L'idée qui me paraîtrait la plus probable est qu'elle aurait été frappée par la foudre, ce qui n'est pas impossible vu le temps qu'il fait dehors. Et puis, c'est la seule attaque électrique que je connaisse qui ne nécessite pas d'Eternano et qui est capable de faire de tels dégâts au corps humain sans créer des blessures ouvertes.
Makarof tacha de se concentrer pour remettre en ordre toutes ces informations, cherchant à comprendre ce qu'il était arrivé à la jeune fille. Donc, elle se serait promener dans la forêt pour X raison malgré l'orage et avait été… frappée par la foudre ? C'était un fait assez rare, mais en effet le plus plausible à en constater son talent d'insensibilité magique. On pouvait donc exclure l'hypothèse de l'agression…
D'ailleurs, il était très curieux en ce qui concernait cette imperméabilité à l'Eternano, n'en ayant lui non plus jamais entendu parler malgré son âge et son expérience.
- On a qu'à vérifier sa soi-disant immunité ! s'exclama d'un air dangereusement convaincu le dragon de feu, visiblement lui aussi très intéressé par ce phénomène. Je mets le feu à son lit, et si mes flammes glissent aussi sur elle, on sera fixés !
Certains levèrent les yeux au ciel, d'autres se frappèrent le visage en un geste désespéré et quelques-uns encore conservèrent un air impassible… par exemple le Maitre qui hésitait à le traiter de génie au risque que le jeune homme, dépourvu de second degré, ne prenne cela pour un compliment. Il soupira et décida de ne pas lui en tenir rigueur : il s'agissait de Natsu, après tout. La réflexion, ce n'était pas son fort… Mais voyant qu'il partait d'un pas décidé vers l'infirmerie et qu'il comptait vraisemblablement passer à l'acte, Makarof l'arrêta d'un coup de poing géant qui l'envoya valdinguer contre l'un des murs.
- Un jour, tu vas bien finir par mettre le feu à la guilde…
- Ah ouais… c'est vrai… gémit-il en comprenant seulement maintenant la bourde qu'il aurait pu commettre.
Un lourd silence prit alors place, personne ne sachant trop quoi dire ou faire. L'horloge tournait et beaucoup commençaient à s'endormir sur place. Certains membres voulaient attendre pour savoir si l'inconnue allait se réveiller, mais finalement la plupart d'entre eux abandonna et rentra chez eux, trop exténués. Le hall devint plus calme malgré les quelques bagarres qui traînaient encore - ce qui était toujours bizarre quand on était habitué au boucan légendaire de cet endroit - et le bruit de la pluie frappant les tuiles du toit perdit aussi de son intensité, preuve que l'orage se calmait dehors et s'éloignait.
Mais au bout de quelques heures, un bruit soudain retentit dans la petite pièce à côté du grand hall, comme quelqu'un tombant d'un lit. Tous se réveillèrent et se levèrent comme un seul homme, mais Erza prit aussitôt les devants, sachant que sinon, une dizaine de personne allait agresser la pauvre brune tout juste réveillée pour la noyer sous leurs questions.
- Je vais plutôt m'en occuper ! ordonna la rousse en tirant par le col Natsu qui essayait de se faufiler dans le couloir, le poing enflammé et apparemment prêt pour tester l'immunité magique de leur hôte.
Zephyr émergea difficilement. Quand elle rouvrit les yeux, elle fut aussitôt assaillie par ses souvenirs. Sa mémoire repassait en boucle la scène morbide du train et de Lysandre, et elle ressentit à nouveau ce sentiment de déchirement quand elle ne perçut pas sa présence à côté d'elle, comme si on lui avait arraché une partie de son âme. Elle réalisa qu'elle était dans un lit, sous un toit, mais son esprit était si tourmenté qu'elle n'y prêta pas plus attention. Elle voulut se redresser, mais au lieu de cela, ses jambes flanchèrent et elle tomba pour rencontrer le plancher en un bruit mat. N'arrivant pas à se relever, elle parvint tout de même à s'adosser contre le mur le plus proche, enlaçant ses genoux de ses bras et fixant le vide devant elle.
Lys était mort…
…Lys était mort…
…Lys était mort…
…A cause d'elle.
Trop plongée dans ses pensées, elle perçu à peine la personne qui venait de rentrer dans la pièce où elle était, surement une chambre. Elle se sentait coupée du monde, comme si un mur s'était dressé autour d'elle et l'empêchait de percevoir quoi que ce soit. Quelle étrange sensation… L'inconnue se pencha vers elle et lui parla mais la jeune démone n'y réagit pas, ne comprenant même pas les mots qu'on lui soufflait doucement, comme si aucun d'entre eux ne pouvaient percer la muraille qui s'était construite entre elle et la réalité. Finalement, elle s'approcha pour l'aider à se redresser et la guida hors de la pièce, alors que Zephyr marchait plus comme une automate qu'un être vivant. Elle se sentit emmener dans une vaste pièce au bruit de fond à la fois calme et bruyant, puis la personne appuya doucement ses mains sur ses épaules pour la faire asseoir à une table. Aussitôt, un petit groupe se forma autour d'elle mais fut rapidement chasser par la rousse qui l'avait emmené jusqu'à cet endroit. Elle continua à lui poser des questions, mais Zephyr avait le sentiment que cela lui était égal. Elle avait surtout l'impression de ne pas être consciente, comme si elle faisait une sorte de crise de somnambulisme. Elle se sentait complètement déconnectée du monde. Ouais, c'était probablement ça : elle devait encore être en train de dormir…
Probablement surpris par son apathie, une vieille femme à la chevelure rose se pencha vers elle pour l'examiner.
- Elle est en état de choc, marmonna cette dernière.
Ils échangèrent quelques paroles, mais Zephyr n'y comprit rien. Elle ne broncha même pas quand la doyenne posa une main froide sur son front, surement pour vérifier qu'elle n'était pas fiévreuse. A vrai dire, elle se contentait de fixer le bois de la table en tremblant légèrement, comme si de la glace coulait dans ses veines et qu'elle frissonnait pour se réchauffer. Sa mémoire voilait sa vision : elle ne voyait que du sang, un monstre manipulant la foudre et une personne chère à son cœur disparaître soudainement. Elle n'était même pas capable de différencier le monde réel à ses souvenirs qui s'imposaient et marquaient son être au fer rouge.
- Ça devrait passer d'ici quelques temps. Elle doit juste se reconnecter avec la réalité, prononça la vieille en se préparant à retourner chez elle, décrétant qu'on n'avait plus besoin de ses services.
La nuit passait lentement alors que les derniers combats avaient enfin cessés et que la plupart des membres étaient rentrée chez eux pour aller dormir. La jeune inconnue, elle, n'avait pas bougé d'un pouce, toujours installée à la table. Elle semblait ruminer de douloureux souvenirs et les digérer lentement, comme le leur avait prédit Polyussica. D'après elle, la durée d'un état de choc variait en fonction du traumatisme vécut, alors il leur fallait seulement attendre qu'elle sorte d'elle-même de sa léthargie. On soutenait l'idée qu'elle avait été frappée par la foudre, mais aucun d'entre eux n'était en mesure de comprendre que les brulures résultaient en fait de l'attaque d'un Raijuu.
Erza avait demandé à Reby de la surveiller le temps qu'elle aille mieux – principalement parce qu'il s'agissait d'un des membres les plus calme de la guilde – et cette dernière s'était donc installée en face de l'étrangère, profitant du silence de la table pour lire un livre. Au bout d'une petite heure, elle quitta finalement des yeux son bouquin pour voir l'avancé de l'état de l'inconnue. La jeune fille regardait devant elle avec un air vide et fatigué, le visage cerné et livide. Elle semblait se recroqueviller sur sa chaise, perdue dans ses pensées. Toutefois, elle avait l'air de s'être calmée et semblait plus sereine car elle ne tremblait plus. la mage graphologue se présenta et se mit à lui poser quelques questions simples mais la brune sembla toujours faire la sourde oreille… Constatant tout de même qu'elle sortait doucement de sa léthargie, elle se leva et partit lui chercher de quoi manger. Elle avait passé beaucoup de temps dans l'inconscience et elle devait surement être affaiblie et affamée.
Quand Natsu vit enfin que la voie était libre et que personne n'allait lui dire de rester à l'écart, il se mit presqu'aussitôt à la place de Reby dans l'espoir de lancer une conversation.
- Salut ! Content de voir que tu vas mieux !
La jeune brune ne leva même pas les yeux dans sa direction. Elle fixait le bois de la table comme pour en discerner chacune des veinures et cherchait à fuir son regard. Un évident chagrin se lisait dans ses yeux.
- Heu… fit le dragon, qui ne savait pas vraiment comment se comporter face à un tel mutisme. Je m'appelle Natsu, et toi ?
Elle daigna finalement le regarder, comme pour l'analyser, mais elle ne répondit pas pour autant, apparemment pas encore prête à décrocher un mot. Toutefois elle avait réagi et semblait réceptive à ses paroles, ce qui fut suffisant pour noter un certain progrès.
- 'lut ! Moi c'est Happy ! T'es muette ? s'enquit curieusement l'Exceed qui venait de les rejoindre en volant.
Elle sembla hésiter un instant, mais elle hocha finalement la tête avec négation. Aux yeux du rose, elle semblait juste un peu timide et renfermée sur elle-même. Elle avait l'air incroyablement fragile, comme si le moindre contact risquerait de la briser en mille morceaux. Pourtant à ses yeux, elle avait un corps loin d'être qualifié de chétif : elle avait quand même résisté à un éclair !
- Ah ! Tu es enfin rétablie ! s'exclama le Maître qui avait entendu Natsu entamer une discussion, lui faisant de gros yeux pour lui reprocher de ne pas avoir respecté les ordres de Polyussica et de la laisser tranquille, mais heureux dans le fond de constater que son intervention avait sorti la brune de sa torpeur. Comment t'appelles-tu, jeune fille ?
Elle releva des yeux sombres vers lui et il comprit qu'elle n'était tout de même pas totalement remise de ce qu'elle avait pu vivre dans la forêt… ou peut-être même avant. Dans le fond, il n'en savait rien.
- Zephyr… souffla-t-elle en un murmure à peine audible.
La démone avait eu l'habitude de fréquenter des humains durant ces six dernières années... Mais elle l'avait toujours fait en présence de Lysandre. Elle se sentait perdue sans lui, comme si elle n'avait plus aucune perspective d'avenir. Elle avait l'impression d'avoir été jetée au beau milieu d'un océan déchaîné. Qu'allait-elle devenir, maintenant qu'il n'était plus là pour la guider ?
- Je suis Makarof. Tu es ici dans la guilde de Fairy Tail et j'en suis le Maître, poursuivit le vieil homme aussi gentiment que possible. Dis-moi, Zephyr… Où vis-tu ? Tu n'es pas de Magnoria, n'est-ce pas ?
Son regard s'assombrit d'avantage et elle baissa les yeux, cherchant à les cacher derrière sa longue mèche noire.
- Non… répondit-elle succinctement. Je ne vis nulle part …
Ce fut à ce moment-là que Reby revint avec une assiette pleine à craquer de nourriture et un verre d'eau. Elle sourit en constatant qu'une conversation venait d'être enfin engagée, et elle posa le plat en face de la dénommée Zephyr, qui au lieu de se pencher sur la nourriture en face d'elle, ne lui jeta étrangement pas un seul regard. Elle ne paraissait pas du tout affamée et continua de se terrer dans son mutisme.
- Tu n'as pas faim ? demanda une jeune femme aux cheveux blancs comme la neige et au sourire chaleureux qui venait tout juste de les rejoindre.
Zephyr se cacha un peu plus derrière sa mèche et fit non de la tête. Ah vrai dire même si l'odeur était supportable, le plat en face d'elle la dégoûtait plus qu'autre chose… Mais ils n'étaient pas non plus supposés savoir qu'elle était un démon et que son régime alimentaire se résumait à du sang. Ils commencèrent à s'inquiéter à cause de son comportement, puis le vieil humain dut comprendre qu'elle traversait une mauvaise passe et il prit la parole d'un ton réconfortant.
- Tu peux rester ici si tu le veux. Si tu n'as nulle part où aller, tu es la bienvenue à Fairy Tail…
Elle redressa la tête vers Makarof et écarquilla deux grands yeux bleus. De l'espoir… Oui, elle reconnaissait bien se sentiment là, exactement le même que lorsqu'elle s'était réveillée hors du donjon et de Septentrion, allongée sur l'herbe verte d'Earthland. Ces personnes ignoraient tout d'elle et l'accueillaient tout de même chez eux à bras ouverts, sans même chercher à savoir qui elle était et d'où elle venait. Un geste bienveillant, réconfortant, dépourvu de jugement et complètement affable qui ne put que lui rappeler une certaine personne : Lysandre. Elle se remémora une nouvelle fois de sa mort, et elle sentit quelque chose lui fendre le cœur, balayant l'espoir d'un revers de main. Elle était sûre que le vieil homme face à elle avait pu voir la lueur d'espérance mourir dans son regard comme une flamme de bougie balayée par une bourrasque.
- Non, je ne peux pas rester. Merci pour votre hospitalité, mais je dois m'en aller ...
Elle ne voulait pas partir. Elle voulait s'accrocher à eux comme à une bouée de sauvetage dans l'océan dolent qu'elle traversait… Mais elle savait qu'elle ne pouvait pas s'éterniser ici. Si elle restait, elle les condamnait tous. Elle était née à seule fin de détruire, c'était son destin, qu'elle le veuille ou non. Elle apportait la mort, et même si elle ne les menacerait pas directement, Telum s'en chargerait. Car un jour, les démons la retrouveraient à nouveau pour la ramener au Pays Interdit et poursuivre ce qu'ils avaient commencé, tout comme Raika avait essayé de le faire quelques heures plus tôt. Elle en avait la certitude. Et ils supprimeraient probablement tous ceux, qui comme Lys, tenteraient de la protéger.
C'est-à-dire ceux capables de l'aimer. Ils allaient tous terminer comme son frère. Et tout comme avec ce dernier, sa propre faiblesse empêcherait de les sauver ou bien même de les défendre.
Elle ne devait plus jamais se lier d'amitié avec quiconque. Elle devait renfermer son cœur et le rendre encore plus froid que de la glace… Et elle se convainquit même que ça n'allait pas être difficile étant donné qu'il était déjà brisé. Plus personne ne devait mourir par sa faute. Elle devait s'exiler loin des hommes qu'elle avait décidé de protéger d'elle-même.
Elle se redressa alors, légèrement chancelante, puis commença à marcher vers la sortie de la guilde.
- Attends ! Tu ne restes pas ?! Mais si tu n'as pas de maison, où comptes-tu aller ? s'enquit Natsu en criant de surprise.
Les autres personnes présentes étaient restées étonnement silencieuses face à son discours, comme si elles respectaient son choix. Elle percevait le poids de leur regard… triste ? C'était bien cela : elle percevait de la tristesse dans leur yeux, attristés qu'elle parte alors qu'ils ne la connaissaient même pas. Cette gentillesse rendit ses pas encore plus lourds, pesants, douloureux…
- Ça n'a pas d'importance. Le plus important, c'est d'être en vie…
C'était une phrase lourde de sous-entendu, mais en disant cela Zephyr ne s'était pas attendu à ce qu'ils la comprennent. Elle avait surtout dit ça pour elle-même. Sauf qu'apparemment, le Maître déchiffra le message qui s'y cachait car il soupira et croisa ses bras sur son torse d'un air entendu. Il observa Zephyr s'éloigner, puis lui dit avant qu'elle ne franchisse la porte.
- Tu sais… Ici, à Fairy Tail, nous veillons les uns sur les autres. Si quelqu'un à un problème, nous le surmontons ensemble. Car nous sommes une famille…
Elle sentit son cœur lui faire mal, comme une plainte déchirante. Oui, au fond d'elle, elle ne voulait pas quitter cet endroit. Il respirait le bonheur et la voie de vivre, mais elle craignait de le corrompre avec sa noirceur et son malheur.
- …Et une famille, c'est quelque chose de bien plus puissant qu'une personne seule. Nous sommes les maillons d'une chaîne indestructible.
La jeune fille disparut dans l'encadrement de la porte, le cœur tailladé par le regret. Elle aurait tellement voulu pouvoir pleurer…
