Et voici une autre suite. Vos hypothèses ne manquent pas d'intérêt mais vous avez tout faux. Ceci dit, il y a plusieurs petits détails qui peuvent vous aider à comprendre.
En attendant, bonne lecture à tous.
Vous aurez la suite dans une semaine maxi je pense.
Samedi 17h30, appartement de Beckett.
Beckett posa sur ses épaules l'étole de soie noire, qui contrastait avec le rouge de la robe fuseau que Rick lui avait offert la veille. Elle saisit la pochette assortie, posée sur la table basse.
- Je suis prête Castle, nous….Castle ? Ca va ?
- Humm ? Oui. C'est juste que vous êtes absolument magnifique ce soir.
- Vous n'êtes pas mal non plus. Pourquoi une chemise rouge ?
- Pour être parfaitement coordonnée à votre tenue. Venez la Limousine nous attend.
- Allons-y. Elle resserra machinalement la prise sur la pochette
Ils arrivèrent au port une demi-heure plus tard. Un yacht attendait. Le maire était déjà là ainsi que le chef de la police. Un acteur et sa femme, et d'autres personnes importantes. Une fois tout le monde à bord, le yacht appareilla.
La propriété de Lord Paddington se trouvait à quelques miles de la côte sur une petite île privée. La traversée dura un peu plus d'une heure. Bien sûr le maire accapara Beckett et Castle. Demandant où en était l'enquête.
Ce n'est qu'en débarquant que Kate remarqua la boîte rectangulaire que tenait Castle.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Une bouteille de Cognac pour Lord Henry.
Ils arrivèrent en haut du sentier qui remontait du ponton à la demeure de Lord Paddington.
- C'est une forteresse cette maison ! S'écria Beckett en voyant la propriété.
- C'est le cas. C'est un ancien fort militaire nordiste restauré entièrement.
Lord Paddington accueillit ses invités dans un immense salon, qui faisait office de salle de réception. Tous sans exceptions regardèrent la tenture rouge tendue devant un des murs. Le Chagall était derrière, attendant d'être présenté.
Des petits groupes ne tardèrent pas à se former. Lord Henry passait de l'un à l'autre. Il arriva près de Castle et Beckett.
- J'espère que vous passez une excellente soirée, Mlle Beckett ?
- Oui. Mais je dois dire que je suis impatiente de voir enfin ce tableau.
- Dans une heure se sera chose faite. Richard, merci pour la bouteille de Cognac.
- Je t'en prie. Je…son portable vibra. Excusez-moi. Je reviens.
Beckett le regarda s'éloigner et regarder son message. Il le remit dans la poche de son veston et les rejoignit. Elle remarqua un léger changement dans son attitude et il semblait nerveux. Lord Henry discuta un peu avec eux avant d'aller retrouver d'autres invités.
Castle se pencha légèrement vers l'oreille de Kate et à voix basse.
- Je vous laisse quelques minutes. Soyez sage.
- Ne vous inquiétez pas Castle. aucun de ces messieurs n'est intéressant sauf Lord Henry, naturellement. Termina-t-elle avec un sourire.
Castle quitta la salle de réception. Il prit son portable et chercha le plan exact du « château ». La pièce où il devait se rendre, était l'une des chambres du premier étage. Il se mit en route. Il ne vit pas Beckett sortir de la salle à son tour et le suivre.
Dans la salle de surveillance, l'un des gardes interpella son collègue.
- Al, viens voir ça.
- Que se passe-t-il ?
- L'écrivain est monté au premier, on l'intercepte ?
- Il cherche peut-être les toilettes.
- Ah non, ça me surprendrait, regarde !
- Elle est mignonne.
- A mon avis, il cherche une chambre.
- C'est pas la fille qui lui sert de muse, le lieutenant de police ?
- Je crois que oui.
- On les laisse tranquille ?
- Bien sûr.
Castle entra dans la chambre et se dirigea directement vers la fenêtre. Elle donnait sur une falaise à pic. A une centaine de mètre plus bas les vagues venaient se briser sur les rochers. Il l'ouvrit et se retourna. Beckett était là et l'observait. Il lui sourit et s'avança doucement. Il l'avait vu qu'elle essayait d'ouvrir sa pochette discrètement.
Avant qu'elle n'ait eu le temps de le faire, il se précipita lui attrapa le poignet et saisit le petit sac qu'il jeta plus loin. Il plaqua Kate contre le mur. Elle tenta de se défendre en vain. Prise par surprise et par la détermination de Castle. Il se servit de l'étole pour lui immobiliser les bras le long du corps. Puis il la tira vers le lit.
Beckett remarqua son regard, froid, dépourvu de toute émotion. Il ressemblait à un robot. Elle avait du mal à y croire, même en le voyant. Elle retrouva enfin la parole quand Rick la poussa sur le lit.
- Castle ! Qu'est-ce qui vous prend ?
- Désolé chérie. Moi c'est Ross Taylor.
- Non !
Le nom que Castle venait de prononcé. C'était celui de la fausse identité créée par Peter Blake. Elle était perdue. Etait-il possible que cet homme devant elle était ce fameux Peter ? Dans ce cas où se trouvait le vrai Castle ? Pourquoi toute cette mise en scène ?
- Mais…
- Je crois que je n'ai pas le choix. Il prit sa pochette qu'il mit en boule. Je vais devoir vous faire taire. Mais avant…
Il se pencha, lui tint la tête et approcha ses lèvres des siennes. Il força le baiser, se recula brusquement lorsque Kate lui mordit la lèvre inférieure. Il lui fourra le mouchoir dans la bouche sans ménagement.
Il la fixa un moment, porta la main à sa lèvre et regarda ses doigts tâchés de son sang. Il parut hésiter un moment. Puis sans plus faire attention à Beckett, retourna près de la fenêtre.
Il enleva le haut de son smoking, qu'il posa sur le sol. Il enleva la doublure qui tenait grâce à une fine bande velcro. A l'intérieur se trouver, savamment maintenu, un filin. Castle/Taylor, après y avoir attaché une sorte de mini torche, le fit descendre le long de la falaise.
Beckett l'observait. Il agissait par automatisme, ce qui montrait une certaine maîtrise. Quelques minutes plus tard, il remonta le filin. A son extrémité était maintenant accrochée une corde beaucoup plus solide. Ross/Rick la fixa solidement à un des piliers qui décoraient la pièce.
Il alla ramasser la pochette et l'ouvrit. En examina le contenu. Il en sortit un petit pistolet, il regarda Beckett avec un petit sourire narquois.
- Oh la vilaine fille ! C'était pour moi ce joujou. Je crois que vous n'en aurez plus besoin lieutenant. Il le glissa dans la poche de son pantalon. Et de ceci non plus. Dit-il en prenant le téléphone.
Bientôt un homme pénétra dans la chambre, suivit par trois autres. Ils portaient tous des tenues de plongée, fine et relativement souples. L'un d'eux vit Beckett.
- Bon sang ! Qu'est-ce qu'elle fout là !
- Elle m'a suivit. C'était le risque, non ?
- Tu aurais pu la descendre. Elle…
- Plus tard, pour l'instant on a du boulot Damien…fais pas la gueule, une fois parti d'ici je m'en chargerai.
- Tu as intérêt. Allez, les gars on y va.
Un des hommes sortit une bouteille de gaz d'un des sacs. Après y avoir fixé un tuyau souple. Il plaça ce dernier dans le conduit d'aération. Ils mirent un masque sur leur visage. Ross fit lever Kate et la traina devant la fenêtre.
- Désolé nous n'avons pas de masque pour vous. Mais en restant près de la fenêtre vous ne devriez pas ressentir les effets du gaz.
Petit à petit le gaz se répandit à travers le système de ventilation. Vingt minutes plus tard toutes les personnes présentes dormaient profondément. Damien, un des gars et Taylor, qui tenait toujours fermement Beckett se dirigèrent vers le bureau de Lord Henry. Les deux autres descendirent dans la salle de réception.
Une fois dans le bureau, il fut aisé de trouver le coffre. Ensuite le gars se mit au travail. Il fractura le coffre relativement vite. Damien y prit un petit coffret en métal. L'ouvrit pour en vérifier le contenu. Il parut satisfait. Il ouvrit un sac noir étanche du sac qu'il portait. Il en sortit un smoking qu'il mit. Ensuite ils retournèrent à la chambre. Les deux autres y étaient déjà avec un tube porte document.
- Voilà le tableau, il tendit le tube à Ross.
- Ok, bon travail. Le fric vous attend à l'endroit convenu. Dit Damien.
- Et maintenant lieutenant vous allez être très sage. Je vais vous enlever ce bâillon et détacher l'étole. Vous la porterez sur vos bras pour cacher les liens qui vont tenir vos poignets. Au moindre mouvement ou tentative de fuite je vous descends.
- Tu devrais la descendre maintenant Ross.
- Non, une fois sur le quai. On ne sait jamais, elle peut nous servir d'otage au cas où. On ne sait jamais. Après tout les flics ont peut-être plaçait un système de surveillance.
- Ok. Mais une fois à quai tu la butes.
- Oui.
En sortant de la propriété, ils se dirigèrent vers le ponton. Il y avait le yacht et deux autres vedettes. Le garde en faction s'approcha d'eux. Taylor resserra son bras autour de la taille de Beckett, comme s'il la soutenait
- Bonsoir, que se passe-t-il ?
- Lord Henry nous prête l'un de ses bateaux. Mon amie est malade. Nous devons la ramener.
- Prenez celui-ci. Il montra le plus petit. C'est le plus rapide.
- Merci.
Taylor pris place sur la banquette arrière, tenant Beckett près de lui. Damien mit en marche le bateau. Le hors bord était effectivement très rapide. Ils mirent moins de quarante minutes pour arriver. Damien accosta dans un endroit désert.
Une fois sur le quai, il tendit une arme à Taylor.
- Fais ce que tu as à faire.
Il attrapa Beckett par un bras et la tira tout au bort du quai. Il lui faisait face, tenant l'arme canon pointé vers la poitrine de Kate. Il la rapprocha de lui comme s'il voulait l'embrasser une nouvelle fois. Dans le même temps il fit passer l'arme entre eux, descendant le canon au niveau de la taille. Il murmura à l'oreille de Beckett.
- Dommage que cela se finisse comme ça. J'aurai tellement aimé que vous m'appeliez chaton.
Le coup de feu résonna dans la nuit. Beckett bascula en arrière et tomba dans l'eau. Damien s'était approché et regardait les eaux noires du port. Rien, elle ne remontait pas à la surface.
- Parfait, allons-y, le Baron attend la marchandise.
