Note : Bonsoir ! Je suis heureuse de pouvoir vous proposer si vite la suite de l'histoire. Bonne lecture !

Emilie-Okami : Merci pour ta review, qui m'a fait très plaisir. J'espère que ce chapitre te plaira tout autant :)


ACTE 2

Titre : La Forge

Genres : Action, fantastique, amitié, espionnage/enquête

Personnages : Ootori Naru, Motoya Masakazu, Abarai Renji, Shinanji Katsuya, Kuchiki Byakuya, Rikichi, divers autres personnages.

Synopsis : Après le départ de Katsuya, la Sixième Division continue ses enquêtes dans le but de retrouver le groupe organisé qui leur a pris leurs camarades. Naru et Motoya partent faire leurs recherches, quand ils tombent sur une vieille connaissance. Apparaît alors une silhouette encapuchonnée de noir portant un masque d'or...


Chapitre 11 : Lutte

Nakagami Shôhen, Septième Siège de la Dixième Division et présentement chef de l'équipe de surveillance de la cellule d'enquête, n'aimait pas être porteur de mauvaises nouvelles. Lui, d'un naturel calme, protecteur et optimiste, se refusait tant que faire se pouvait, d'accomplir ces tâches qui incombaient pourtant à son rôle, autant dans sa Division que dans son escadron détaché. Pourtant, il se dirigeait en cet instant, d'un pas à la fois hésitant, las, mais pressé par l'urgence, vers le quartier général de la Sixième Division. Sous le bras, il portait une liasse de documents remplis de graphes en tous genres. Traversant couloir après couloir, la brillance du parquet rutilant et lustré ne l'atteignit pas, et il continua son chemin, d'un air morne, vers les bureaux officiaux qu'occupaient le Capitaine et le Lieutenant dans le grand bâtiment. Ce fut après quelques minutes de plus, croisant parfois des Shinigamis affairés ou des Papillons de l'Enfer partant porter leur message, qu'il arriva dans la salle d'attente. Pièce plutôt vaste comparés aux corridors étroits, baignée de la lumière du soleil, ainsi que de quelques éclairages, elle tenait en son centre plusieurs fauteuils et canapés, des tables basses, et diverses plantes en pots. En face de lui, de l'autre côté de l'aménagement, deux belles portes trônaient, plus ouvragées et plus soignées que les autres. Au-dessus de celle de droite, un large écriteau de bois suspendu au mur indiquait qu'il s'agissait du bureau du Capitaine. Son jumeau de la porte de gauche montrait celui du Lieutenant. Le large espace qui séparait les deux battants laissait supposer qu'une grande salle de réunion unissait les deux pièces.

Resserrant sa prise sur les documents qu'il tenait contre lui, il traversa la salle d'attente et se dirigea vers le bureau réservé au Lieutenant, plus apte à l'écouter et à comprendre les informations qu'il allait lui transmettre, car étant aussi leur supérieur et représentant au sein de la cellule d'enquête. Quelques coups de phalanges furent portés sur le bois vernis, et une voix grave reconnaissable lui répondit. Il baissa alors la poignée et s'avança, pénétrant dans ce lieu qu'il n'avait encore que rarement vu. Sur sa droite se trouvait un grand plan de travail débordant de piles de formulaires, de dossiers et de billets de notification émanant des différentes Divisions. Derrière une chaise au dossier léger mais résistant se tenait une importante bibliothèque remplie d'ouvrages aux couvertures sombres. En face du meuble principal, une petite table entourée de quelques chaises laissaient le passage à une autre porte, menant effectivement à la salle de réunion commune. C'était dans l'embrasure que se tenait celui qu'il était venu voir. Une main appuyée sur le chambranle, seul son buste débordait du pan de mur. Il interrompait vraisemblablement un entretien. Shôhen fit de nouveau un pas et s'inclina.

- Lieutenant Abarai, je dois vous parler de toute urgence.

- Bien sûr. Le Capitaine voudra aussi t'écouter, entre.

Il lui fit signe de les rejoindre dans la salle de réunion, puis il quitta l'ouverture de la porte pour reprendre sa place. Un peu impressionné par son premier rapport donné en présence du Capitaine Kuchiki, le jeune homme le suivit et pénétra dans la salle adjacente. Là, il leur annonça avec regret les brusques chutes d'énergie spirituelle de deux de leur membres, rapporta le message laissé par Motoya avant le début des hostilités et leur indiqua le peu d'informations qu'ils avaient collecté sur les Arrancars. D'un ton froid dénué de la moindre empathie, Byakuya se redressa, quittant son siège, et donna ses ordres.

Pendant ce temps, le combat faisait rage, au-dessus des bas-fonds du Rukongai. Les sabres clamaient leur rage, les cris fusaient, et la sueur, se mêlant au sang, perlait sur les peaux. Kôki avait été vaincu. Alors que l'engourdissement le prenait, alors qu'il chutait lourdement sur le sol où se trouvait déjà sa camarade, alors que son sabre glissait de sa main, il voulut lever les doigts et les presser sur la plaie béante, à sa gorge, qui laissait des flots de sang s'échapper. Dans un râle rauque, étouffé, par le liquide poisseux qui s'infiltrait dans ses voix respiratoires, le visage moucheté de pourpre, les yeux à demi-fermé, étendu sur la terre rêche, il exhala, et se laissa emmener par les ombres. Le froid le gagna peu à peu, et il perdit connaissance, dans la douleur de ses blessures.

Une dizaine de mètres au-dessus de lui, faisant face à trois adversaires entêtés, Lior avait dégainé son sabre. Il pirouettait, tournait, en déviant les lames et les coups, ses longues mèches blondes volant dans son sillage. Il était nettement conscient de sa propre puissance, et ce petit jeu de chasse ne l'amusait plus. Alors qu'il s'apprêtait à devenir sérieux, la voix d'une tierce personne résonna dans l'air lourd qui s'était étendu autour d'eux.

Long manche d'un noir de jais, large lame courbée, Motoya Masakazu assénait de vifs coups de sa faux sur son adversaire, l'agile Siena. Celle-ci parait de ses flèches blanches, semblables à des fragments osseux, les attaques de l'officier. En des bonds, elle reculait, tournait, et revenait à la charge. Mais l'homme voulait en finir au plus vite. Son Bankai libéré, plus rien ne bridait sa vitesse, sa force et la portée de ses coups. Puisant dans son énergie spirituelle, il appliqua une attaque rapide, qu'il coupla d'une pression aiguisée, et Tenôgama projeta une lame acérée d'énergie compacte sur la cible. L'Arrancar, prise au dépourvu, ne put complètement éviter le coup. Grimaçant, un filet rougeâtre s'étendant sur sa tenue blanche, elle pressa sa main sur son buste, l'air rageur.

- Tu me le paieras, Shinigami ! lança-t-elle d'une voix forte.

Ce fut cette exclamation qui retint l'attention des autres combattants. Un regard porté sur le combat qui se déroulait non loin, en tête à tête, leur permit de remarquer l'absence d'activité autour du dernier Arrancar. Argo était seul, et patientait, d'un air nonchalant. Le cœur remontant presque dans sa gorge, Motoya, brandit sa faux, délaissant l'archère.

- Toya ! s'exclama-t-il.

L'interpellé tourna le visage vers lui et compris dans ses yeux ce qu'il voulait. Sans un regard en arrière, il s'élança vers son supérieur, qui, au-dernier moment, fit volte-face et bondit vers Argo, laissant sa place au jeune guerrier de la Onzième Division. A peine en place, Siena chargea ses flèches sur lui, un rictus contrarié sur le visage.

- Ecarte-toi !

- Tu devras d'abord me passer sur le corps, Arrancar ! répliqua l'officier avec un sourire en coin, amusé.

- On ne me provoque pas impunément. Prépare-toi à mourir.

Sur ce ton plein de rage, elle s'élança, dardant de ses flèches le jeune homme qui brandit alors son sabre. De quelques coups vifs, il écarta les fragments osseux, et bondit à sa rencontre.

Non loin, le combat s'était arrêté, le temps d'un instant, entre Lior et ses deux derniers adversaires. Du coin de l'œil, Ryuhei aperçut les deux masses sombres, immobiles, de leurs camarades. Il tourna alors le regard, silencieux, vers sa partenaire, qui hocha la tête.

- Vas-y.

Ses instincts le poussant à venir en aide aux blessés, il ne tergiversa pas et s'élança vers eux deux, retirant le sac qu'il portait en bandoulière et qui contenait son matériel de soin. Au-dessus, la jeune femme resserra sa prise sur la poignée tressée de Sekiko. Jusque là, elle avait combattu avec sa dague, scellée. Mais maintenant qu'elle se retrouvait seule face à cet Arrancar, dont elle ne connaissait, à vrai dire, que bien peu de choses de la puissance spirituelle, elle ne se savait plus aussi certaine de vaincre. La lame de son Zanpakutô sembla attirer son regard. Elle baissa légèrement les yeux, fixant son fil aiguisé et sa pointe tranchante. Non, elle y arriverait. Elle ne devait que rester confiante, et garder sa concentration.

Alors elle ferma un instant les yeux et fléchit légèrement les jambes, testant la souplesse de ses muscles. Le sol, invisible, suspendu dans les airs, sur lequel elle se tenait, semblait aussi lourd et inaltérable que la terre. Elle leva alors sa main droite, dressant sa dague devant son visage, et relâcha une partie de son énergie. La pression augmenta sensiblement autour d'elle, créant des remous, faisant claquer les pans de ses vêtements et de ceux de son adversaire. De sa main gauche, elle passa les doigts sur le plat de la lame.

- Tranche, Sekiko !

L'énergie explosa autour d'elle, montant en colonne, tournant, tandis que la transformation avait lieu. Les deux griffes s'étendirent et, luisantes au soleil, la jeune femme se baissa, prit appui, et s'élança, dans un tourbillon de fragments d'énergie spirituelle. Lior, en face, redressa son sabre et le fit légèrement pivoter, de sorte que, au contact, les fils se mirent à crisser, l'un contre l'autre. Glissant contre la lame levée de l'Arrancar, Naru continua sa course et le dépassa. Elle s'appuya alors sur un coussin d'air, y posa sa main gauche le temps de prendre son élan, et repartit, griffes levées. Ses assauts étaient nettement plus assurés et rapides, et elle parvenait, rien qu'un peu, dans l'agitation, à camoufler une partie de son énergie spirituelle.

D'instinct, Lior se retourna, et s'écarta au dernier instant de la trajectoire des deux lames. La jeune Shinigami perdit une fraction de seconde sa vivacité, surprise qu'il l'ait esquivée, puis se reprit. Dans sa nuque s'abattait un revers de main. Elle se laissa alors chuter de quelques mètres. Suffisamment pour dépasser le plan invisible sur lequel ils se battaient. D'un appui, elle fit volte-face et bondit, tel un animal sauvage, ses griffes fendant les airs. Cette fois, ce fut l'Arrancar s'arrêta une fraction de seconde. Ne s'attendant pas, dans un premier temps, à échouer son attaque, il pensait encore moins qu'elle reviendrait immédiatement à la charge. Il passa alors son sabre dans son autre main et le dressa, de justesse, pour bloquer les crochets tranchants qui se dirigeaient vers lui. Fronçant les sourcils, le nez plissé, un rictus passa sur ses lèvres, tandis qu'il faisait face à son adversaire.

- Tu te débrouilles. Quel est ton nom ?

- Ootori Naru, de la Sixième Division.

- Pas de Siège ? s'étonna-t-il. Tes capacités sont donc limitées. Parfait.

Il termina en esquissant un sourire carnassier et la repoussa en appuyant sur sa lame. La jeune femme recula de quelques pas, l'air sévère, puis redressa son arme.

- Tu ne sais pas de quoi je suis capable, répliqua-t-elle, piquée au vif.

- De pas grand chose, je le crains, railla-t-il dans un geste dédaigneux. La preuve, tu as libéré ton sabre beaucoup trop tôt. Comment feras-tu quand je ferai de même ?

Il lui adressa alors un regard doré, en biais, particulièrement moqueur. Ne supportant pas que sa fierté et ses progrès soient ainsi bafoués, Naru leva Sekiko devant son visage et fit pression de son énergie spirituelle.

- Haga Shinsaki !

Elle rejeta alors le bras vers son flanc. Les griffes parurent briller d'une lueur pâle, qui semblait en effiler le tranchant et allonger la pointe. Un œil particulièrement observateur aurait même perçut le vrombissement sourd qui s'en échappait. Levant un sourcil perplexe, Lior reprit son arme dans sa main forte et l'observa, pensant avec une pointe de déception que sa technique n'avait pas eu d'effet. Il n'eut pas le temps de plus se plonger dans ses réflexions, car son adversaire bondissait de nouveau vers lui, toutes griffes dehors. De la même façon que lors de ses précédentes attaques, il leva simplement son sabre, pour parer son assaut. Les lames tintèrent, éclatantes, et les fils acérés se répondirent, hurlant, crissant. Un nouveau sourire amusé parut sur le visage de l'Arrancar, qui maintenait ainsi les griffes de Sekiko.

- Eh bien, c'est tout ce que tu peux faire ?

Naru ne répondit pas, et fit pression de son bras, contrôlant et ramenant son énergie, combinée à celle de son Zanpakutô, dans les deux lames rabattues contre le sabre de son adversaire. Leur lueur blafarde sembla prendre de l'ampleur, devenant un halo, grondant, sifflant. Bien vite, les pointes, fines et effilées, commencèrent à vibrer. Un éclat. Un fragment se détacha du katana et tomba au sol en scintillant, renvoyant les rayons hargneux du soleil au-dessus d'eux. Les sourcils froncés, Lior avait quitté des yeux le visage concentré de la Shinigami pour scruter le tranchant de son arme. Avait-il bien vu ? Mais la pression augmenta, et plusieurs autres fragments de métal brisés jaillirent et chutèrent, comme un ru étincelant. Sentant le danger, l'Arrancar recula de quelques pas, rompant le contact, et baissa le regard. Son sabre était entaillé, par deux endroits, jusqu'à la moitié de la lame. En colère, il redressa le visage vers Naru et la toisa.

- Tu l'as abîmé ! lui reprocha-t-il.

- C'est la capacité de Haga Shinsaki, répondit-elle d'une voix sans ton.

- Jamais personne n'avait encore entaillé mon sabre ! rugit-il, ses yeux dorés flamboyant. Tu vas me le payer, sale petite peste !

Il ramena alors sa lame près de son visage, ouvrit la bouche, et telle une gueule hérissée de crocs, la referma sur le plat métallique.

- Rugis, Leòn Mayor !

Son énergie spirituelle, jusqu'alors contenue, explosa soudainement autour de lui. L'air se chargea, s'alourdit sensiblement, faisait pression sur les épaules. Au sol, Ryuhei, les mains tendues vers les plaies de ses camarades, leva le regard, sentant sur son échine un poids qui lui voûtait le dos. Naru força contre cette puissance inattendue. La tête baissée, le dos courbée, elle luttait contre la violence de cette décharge d'énergie. Soudain, son adversaire se métamorphosa. Ses longs cheveux blonds se répandirent sur son dos, entourant sa gorge et sa mâchoire, poussant, tombant jusqu'à ses reins pour former une queue. Ses traits, déjà marqués par un aspect léonin, s'étirèrent, ses pupilles s'allongèrent, ses crocs dépassant de ses lèvres retroussées. Deux pavillons auditifs en pointe surgirent alors de l'imposante crinière dorée qui entourait son visage, et un agglomérat osseux se répandit sur le large front. Ses mains, quant à elles, étaient à présent munies de longues griffes, et si son torse n'avait subit que peu de transformation, car se limitant à deux plaques blanchâtres sur les pectoraux, son trou de Hollow était à présent visible, marquant sa ceinture abdominale. Dans un grand rugissement de colère, Lior se redressa, rejetant sa longue crinière en arrière, puis il s'arqua en sens inverse et toisa la jeune femme d'un air mauvais.

- Prépare-toi à mourir, Shinigami !

Naru, affaiblie par sa lutte contre l'imposante énergie spirituelle qui s'était échappée de son adversaire pendant sa Resureccion, se releva péniblement, quelques perles de sueur glissant sur sa tempe, collant ses mèches noires à son front. C'était bel et bien la première fois qu'elle assistait à pareil phénomène, et elle ignorait à présent si elle serait capable de tenir contre la puissance décuplée de Lior.

Tout près d'elle, plus au nord au-dessus des bas-fonds, Masakazu brandissait une nouvelle fois la lame impressionnante de Tenôgama. Il était perturbé, troublé. Il ne comprenait pas le sens que prenait son combat. Jusqu'alors, Argo s'était simplement contenté d'éviter les coups, sans prendre la peine de riposter, les mains toujours enfoncées dans ses poches. Avait-il vu à travers lui les capacités de son Zanpakutô ? Avait-il deviné qu'il le paralyserait s'il le touchait ? Il ne pouvait le confirmer, mais son comportement était étrange. Aussi, tant qu'il le pouvait, il réitérait ses attaques.

D'une autre façon, une partie de son attention était portée sur la jeune combattante qui affrontait Lior. Il avait senti leurs énergies spirituelles, tour à tour relâchées, et à présent, le goût de cette implacable pression sur ses épaules, bien qu'ayant peu d'effet sur lui, le rendait nerveux. Entre ses mains, Tenôgama le sentait également. De sa voix grave, atone, il le lui avait dit. « Prends garde ». Oui, il le savait. Ces Arrancars n'étaient pas les derniers des combattants. Et ils avaient beau échapper à la numérotation possessive d'Aizen, leur puissance égalait facilement les meilleurs des Hollows à son service. Il se demandait encore d'ailleurs ce que cachait le calme manifeste d'Argo. Etait-ce de la nonchalance ? Un désintérêt propret pour les luttes physiques ? Ou se retenait-il ? Etait-il possible qu'il fût le plus puissant entre eux trois ? En bon chef, il se promit de le découvrir.

Un peu plus à l'est, le fougueux guerrier de la Onzième Division enchaînait attaque sur attaque, ne laissant aucun répit à son adversaire. Siena tentait, tant bien que mal, d'éviter ses assauts, tout en projetant des nuées de projectiles sur lui, tranchants. Mais l'agilité de Toya lui permettait aisément de les esquiver. En bon amateur de combat, et contrairement aux deux autres combattants, il avait conservé la forme scellée de son Zanpakutô, se délectant de l'air irrité de l'Arrancar, qui utilisait parfois son arc pour parer ses coups. Après un échange sans temps mort, elle se recula de quelques pas, gravissant un mont invisible de quelques mètres. Son souffle était légèrement court, ses vêtements avaient un peu souffert, par endroits, et sa peau claire commençait à être marquée de quelques hématomes. Légèrement fourbue, elle se redressa, prenant le manche de son arc à deux mains, et le brandit devant elle. Tant pis si elle libérait son arme, elle voulait vaincre, coûte que coûte.

Son énergie spirituelle se répandit alors tout autour d'elle, se mélangeant à celle, bien plus puissante, bien plus meurtrière, de celle de Lior. Créant de violent courants d'air, ses cheveux se balançant dans son dos, elle fit tourner son arc dans ses mains, comme une hélice, puis elle le brandit, haut, au-dessus de sa tête. Ses yeux, verts, explosèrent d'une lueur malveillante.

- Chasse, Arquero !

Des langues d'énergie, émeraude, étincelantes, s'enroulèrent autour d'elle, activant sa libération. Son torse se dévoila, seule sa poitrine, mince, restant enserrée dans un bandeau de tissu clair. Ses jambes s'élargirent, vers son dos, puis se divisèrent. Quatre pattes munis de sabots vinrent fouler le sol, suspendu dans les airs, sur lequel elle s'appuyait. Sa croupe s'arrondit, relâchant une épaisse mèche de crins aussi noirs que ses cheveux. Enfin, l'arc qu'elle tenait s'agrandit, et la garde s'encadra de deux lames blanches. Une fourrure sombre, aux reflets verts, recouvrait la partie inférieure de son corps jusqu'à son bas-ventre. Sur sa tête, son masque se mua en un mince diadème laiteux.

- Tu n'échapperas plus à mes flèches ! s'exclama-t-elle en pointant vers lui plusieurs pointes de son inépuisable réserve.

- Ravi que tu deviennes un peu sérieuse, nargua Toya d'un sourire moqueur, nullement impressionné par la métamorphose de l'Arrancar.

Pour appuyer ses paroles, il brandit de nouveau son sabre, prit appui sur ses jambes, et s'élança, lame en avant. Intérieurement, il ouvrait tout son esprit à la lecture des mouvements et des fluctuations énergétiques de l'archère. Il avait beau raisonner par le combat, il n'en était pas idiot pour autant, et son expérience lui avait apprit à réfléchir. D'autant plus lorsqu'il affrontait un adversaire aussi imprévisible qu'un Arrancar en forme libérée.

Soudain, tous se figèrent. Certains portèrent une main à leur oreille, surpris d'y entendre une voix. Inconnue des Shinigamis, imposant le respect des Arrancars, elle vrilla leur esprit d'une panique insoutenable. A la fois mélodieuse, charmeuse, amusée et pleine de mépris, son timbre était clair, relativement aigu. Il s'agissait là, vraisemblablement, d'une voix de femme, et entre tous, personne ne put ignorer à qui elle appartenait. Usant d'une technique de liaison, la meneuse des déserteurs délivra son message, à l'entièreté du Seireitei.

- Chers Shinigamis : anciens amis, collègues, et rivaux. Il est temps de laisser votre place au Sankashin. Oh, surpris ? fit-elle d'un air chantant dédaigneux. Ne faites pas les innocents, nous nous connaissons. Ici, je suis Amaterasu. Mais chez vous, j'étais Shinrui Kaneko. Allez-y. Analysez-nous. Nous ne nous cacherons pas. Qui sait ? Peut-être arriverez-vous à deviner où nous sommes et ce que nous comptons faire ? Si vous n'êtes pas trop stupides, vous devriez comprendre. Mais vous arriverez trop tard. Alors sombrez, Shinigamis. Sombrez, et admirez le premier acte de ma rédemption. Maintenant, place au chaos.

Les intonations doucereuses s'interrompirent, mourant dans le silence, lourd, qui s'était abattu sur le Seireitei. Les combattants se regardaient, perdus, ne sachant que faire. Leurs adversaires se détournèrent d'eux sans un regard en arrière et scellèrent leurs pouvoirs. D'un même mouvement, ils s'éloignèrent, leur mission visiblement remplie.

Dans les locaux de la cellule d'enquête, tout autant que dans ceux de surveillance perpétuelle de la Douzième Division, les visages se glaçaient d'effroi. La signature énergétique d'Amaterasu, enfin révélée, indiquait une position sur la carte de la Soul Society. Tout autour d'elle, des centaines de flammes scintillaient sur les écrans. Et devant eux, schématisant un imposant bâtiment entouré de multiples couches de barrières, se tenait une forme géométrique. Son titre était sans équivoque.

C'était la Forge des Zanpakutô.


Merci pour votre lecture ! J'espère que ce chapitre vous aura plu. Il y a eu beaucoup plus d'action ici, dites-moi si vous avez réussi à visualiser les combats :)

Quelques explications, maintenant :

Haga Shinsaki : 刃が 振先 ha ga shinsaki en japonais. A traduire ici par "Pointe Vibrante de la Lame".

Leòn Mayor : Lion Majeur en espagnol.

Arquero : littéralement Archer en espagnol. Je voulais Sagittaire, mais la traduction n'existait pas.

Je me suis inspirée ici de constellations ou de signes zodiacaux. Qui pourra deviner la Resureccion d'Argo ? :)

Je vous délivre aussi les deux significations de Sankashin :

三かしん : san ka shin en japonais. Littéralement "les Trois Ka-Shin", allusion aux initiales des trois fondateurs.

参加信 : sanka shin en japonais. A traduire ici en "Engagement pour la Vérité".

A bientôt pour le chapitre 12, qui devrait, normalement, clôturer cet Acte 2 !