Ichigo : Tobi a un raisonnement propre ;) (Mais malheureusement proche du mien xD) il y aura un autre flashback ouais, bientot vu que la fiction est bientôt terminée mais beaucoup moins long ! On dirait que ça fait bizarre à tout le monde que Madara et Abby soient aussi proches :o


Les pièces du puzzle se mirent lentement en place dans l'esprit de Tobi et quand il réalisa qu'elle disait la vérité, que ce petit garçon était en fait son fils, il eut la réaction la plus rationnelle dans un moment pareil. Il se téléporta le plus loin possible de l'école, malgré que ce soit dangereux, afin de cacher sa réaction. Sa peine envers tous ceux qu'il aimait, de lui avoir caché un truc pareil.

Abby fut secouée de léger sanglots en le voyant fuir, ayant, malgré tout, espéré que le jour où il l'apprendrait, il serait compréhensif avant d'appeler Tsunade via le petit interrupteur accroché à son lit. La blonde arriva rapidement, écarquilla les yeux en voyant que le lit de Tobi était vide et demanda :

- Abby, que s'est-il passé ?
- I-il est parti … J'ai été obligée de lui dire et il est juste parti.
- Lui dire quoi ?
- Pour .. Haiko.

Tsunade ferma les yeux, sachant que la nouvelle n'allait sûrement pas passer comme une lettre à la poste avant de s'approcher et demander :

- Il t'a fait du mal ?
- Il a tenté de m'étouffer mais ça va.
- Je vais te donner quelque chose pour que tu puisses dormir et après, j'irais réveiller Madara. Ne t'inquiète pas, Abby, nous allons le retrouver, d'accord ?
- I-il .. Vous auriez vu son regard ..
- Tout ira bien.

Tsunade alla chercher dans une des armoires de la pièce avant de donner un cachet ainsi qu'un verre d'eau à Abby qui, docile, le prit sans cligner. Elle se recoucha ensuite lentement, le regard posé sur le drap en face d'elle et Tsunade attendit d'être sûre que la jeune femme dormait pour aller toquer à la porte de la maison de son directeur.
Celui ci lui ouvrit en robe de chambre, les cheveux ébouriffés et la mine défaite :

- Tsunade, t'as vu l'heure ?
- Tobi est parti.
- Tobi .. ? Pourquoi .. ?
- Pas ici, Madara.

Le directeur soupira avant de laisser la docteur entrer et ils s'installèrent à la cuisine. Tsunade n'attendit pas pour dire :

- A priori, il a attaqué Abby cette nuit.
- Pourquoi est ce qu'il aurait fait ça ?
- Je ne sais pas. J'ai préféré ne pas insister, Abby était vraiment secouée. Elle dort, là. Et ..
- Et ?
- Elle a dut lui dire qu'il était le père d'Haiko.

Madara regarda un instant dans le vide avant de soupirer en passant les mains dans ses cheveux et murmurer :

- Je vais aller le chercher. Je pense savoir où il est.
- Je dois faire quelque chose ?
- Surveille Abby. Je vais essayer de rentrer rapidement mais je ne sais pas si je pourrais être là à son réveil. Je préviens Kagami et je pars.

Tsunade acquiesça avant de sortir de la maison et Madara resta cinq minutes à essayer de se réveiller avant d'aller s'habiller, prévenir Kagami qu'il partait et qu'elle devait veiller sur Haiko avant de lui même aller réveiller Hashirama. Ensemble, ils préparèrent une téléportation d'urgence vers un point non contrôlé, ce qui pouvait être dangereux mais Hashirama évita de dire quoique ce soit en voyant la mine sombre de Madara, surtout quand celui ci lui indiqua sa destination.

Comme il l'avait demandé, Madara se retrouva téléporté sur une plage qu'il aurait préféré ne jamais revoir. Il faisait nuit, mais la lune étant pleine, il pouvait voir les alentours sans avoir besoin de lumière et surtout, il voyait Tobi, les pieds dans l'eau et les mains dans les poches. Sans un mot, il s'approcha de son fils, s'arrêta en le voyant lui lancer un regard mauvais et murmura :

- Je ne pensais pas que tu te souviendrais de l'endroit avec assez de précision.
- Je .. J'ai pas fait attention .. Je me suis juste téléporté au hasard.
- Tobi, je ..
- Pourquoi vous m'avez caché un truc pareil ? Toi, maman, tout le monde !

Madara détourna un peu les yeux en entendant son fils hurler et Tobi continua :

- Tu m'aimes si peu que ça pour me faire un truc pareil ? Tu m'ignores, tu … tu te comportes plus comme un père avec elle qu'avec moi ! Qu'est ce que j'ai fait de mal !? Est ce que je t'ai déjà déçu ?
- C'est plus compliqué que ça.
- Compliqué ? Je suis trop bête pour comprendre maintenant ? Comprendre que … Que je suis père ..
- Non, bien sûr.
- J'aurais dû rester avec elle. J-j'aurais dû mais je voulais la protéger et ..
- La protéger de quoi ?
- De moi même. Elle était .. tellement fragile, elle devait s'endurcir.
- Tobi, je …
- Ne t'approche pas de moi !

Madara se figea en voyant son fils activer ses mangekyo sharingans maintenant éternels et, sachant que le ramener de force à l'école ou juste un mot de travers serait fatal, il baissa la tête et murmura :

- Pardonne moi Tobi.
- Tu crois que c'est aussi simple ?
- Je n'ai fait que respecter son choix.
- Son choix ?
- Elle ne voulait pas qu'on t'en parle. Et je ne voulais pas m'immiscer dans vos affaires.
- Tu aurais dû faire quelque chose.
- Que voulais-tu que je fasses ? J'ai fait tellement de mauvais choix par le passé. Je suis parti à la guerre alors que j'avais deux fils, je vous ai emmenés ici pour voir l'un mourir .. J'ai tué, sans ciller .. Et j'ai essayé de vous rapprocher, en vous mettant dans la même équipe mais même ça n'a pas arrangé votre histoire.
- Il n'y a jamais eu d'histoire. Juste une nuit. Il m'a fallut une seule nuit pour me rendre compte que .. Et maintenant .. je n'ai plus rien papa. Et c'est de ta faute. Si tu étais comme tout le monde .. Si je n'avais pas à être exceptionnel pour que tu sois fier de moi, tout ça ne serait pas arrivé.
- Je n'ai jamais voulu que ma notoriété te fasse de l'ombre.
- C'est pourtant ce qui est arrivé.

Madara voulut s'approcher mais Tobi se téléporta à une dizaine de mètres de lui et murmura :

- Mais ça n'est pas grave, Papa. À partir d'aujourd'hui, tu n'auras plus à te soucier à ce que je ne te fasse pas honte. Tu n'auras qu'à m'oublier et … Dis lui. Dis à Abby que j'aurais fait un bon père si elle m'en avait donné la chance.

Madara tenta d'intervenir mais c'était déjà trop tard et il ne put que voir Tobi se téléporter, sans pouvoir rien faire. Il agrippa ses cheveux, les remords remontant de plein fouet et, cette part d'ombre qu'il avait eut tant de mal à repousser pendant toutes ces années lui murmura qu'il avait perdu ses deux fils au même endroit.

Quand Abigaïl se réveilla, elle dut cligner plusieurs fois pour voir que la masse contre elle était son fils adoré. Il était blotti dans ses bras, endormi, sous la surveillance de Kagami qui patientait depuis une bonne heure que sa belle-fille, en quelques sortes, se réveille enfin. La femme de la directrice était une belle femme, que le temps avait agréablement conservée, cependant, ce matin là, son air soucieux interpella Abby, qui se redressa lentement en gardant Haiko contre elle.
Kagami força un sourire, pour maintenir les apparences et murmura, la voix brisée :

- J-j'ai essayé de le garder réveillé mais il a mal dormi cette nuit.
- Kagami, qu'est ce qu'il se passe ?
- C'est Tobi. I-il est parti. Madara est rentré complétement ivre ce matin et .. Et Tobi ..
- Oh, Kagami, venez.

L'adulte, sur le point de craquer, se leva pour aller se réfugier contre l'épaule qu'Abby lui offrait et la plus jeune lui tapota doucement le dos pour l'aider à se calmer avant de murmurer :

- Tobi est un grand garçon, il sait se défendre.
- Il y a eu un rapport du QG. Il .. il a été vu près du présumé repaire d'Orochimaru et Hashirama a dit qu'ils allaient devoir le nommer déserteur.
- Oh mon .. Kagami, je suis vraiment désolée, c'est de ma faute.

La femme secoua la tête, de droite à gauche et murmura :

- Il aurait fini par le savoir, un jour où l'autre. Madara et moi avons été ..
- Ca n'est pas de votre faute. Vous êtes de bons parents avec Madara, Tobi est juste .. sous pression. Mais c'est normal. Allez, Kagami, calmez vous, j'irais le chercher.
- Non, Abby, Madara …
- Je me fous de ce que Madara peut dire. Je vous en fais la promesse, je vous ramènerais Tobi, même si je dois le faire revenir à coups de pied au cul.

Kagami pouffa légèrement de rire avant de se redresser en essuyant ses yeux, puis elle embrassa Haiko sur le front en disant :

- Je suis vraiment désolée mais …
- Je comprends, ne vous inquiétez pas. Est ce que vous pouvez le prendre ? Je dois appeler Tsunade pour qu'elle vérifie mes blessures. Je pourrais rien faire tant que je serais à l'hôpital.

Kagami acquiesça en prenant Haiko contre elle, jusqu'à ce que Tsunade ait accepté de donner de quoi tenir à Abby. Elle était inquiète pour l'élève, mais le regard déterminé qu'elle montrait lui rappela vaguement celui de Madara, quand il avait exigé qu'on sauve son fils.
Une fois sur pieds, Abby reprit son fils, qui se réveillait doucement, lui adressa un sourire radieux tandis qu'il la serrait contre lui et il demanda :

- Maman, qu'est ce qu'il y a ?
- Rien mon ange, tout va bien.
- Mais je vois .. C'est papa ?

Abby écarquilla les yeux, se demandant où son fils allait chercher ça et se figea quand Haiko la serra un peu plus fort en disant :

- Maman est toujours triste quand elle parle de papa à mamie. Mais c'est pas 'rave. Maman est forte.

Abby, touchée par les mots de son fils l'embrassa sur le front et murmura :

- Ton père .. a fait quelque chose de très mauvais. Il a fait du mal à sa maman, à son papa et à moi. Et maintenant, je dois aller le chercher pour le disputer.
- Pas trop fort, hein ?
- C'est une grosse bêtise.
- Mais si tu fais trop fort, il ne t'aimera plus.
- Haiko, je .. Je ne crois pas qu'il m'ait déjà aimée.
- Pourquoi je suis là alors …

Prise de court, Abby ferma les yeux, en maudissant son fils d'être aussi intelligent et elle se mordilla la lèvre inférieure pour l'empêcher de trembler avant de murmurer, d'une voix douce :

- Tu lui ressembles tellement …
- C'est bien ?
- C'est très bien oui. Allez, accroche toi, on doit aller dehors.
- D'accord !

Abby jeta un coup d'oeil à Kagami pour s'assurer que celle ci allait suivre et tandis qu'ils prenait la direction de la porte du bâtiment, Kagami demanda :

- Abby, à cette heure ci .. Tout le monde sera dehors ...
- Je sais.

La jeune femme ouvrit la porte sans hésiter et sortit du bâtiment en évitant de regarder tous les élèves présents dans la cour, à attendre que les cours commencent. Elle se fraya un chemin au travers de la foule, protégeant son fils de regards agressifs jusqu'à atteindre le chemin menant à la maison du directeur et Haiko murmura :

- On va voir tonton Madara ?
- Tu sais, Haiko .. Tu peux l'appeler papy maintenant, je suis sûre qu'il adorerait.
- D'accord !

Abby jeta un coup d'oeil à Kagami qui sourit en disant :

- Mais ne m'appelle pas mamie !
- Mais .. ma mamie, c'est pas toi. Et tonton Madara n'est pas mon papy ..
- Je vais t'expliquer quand on arrivera, tu seras patient jusque là ?

Haiko hocha doucement la tête, d'une manière qui rappela beaucoup Tobi et Abby ne dit plus rien jusqu'à atteindre la maison du directeur. Là, par politesse, elle enleva ses chaussures et se rendit au salon, accompagnée de Kagami. Elle montra à son fils une photo de famille accrochée près d'une fenêtre et murmura :

- Regarde, c'est lui, ton papa.
- Mais je l'ai vu hier.
- Oui, c'était lui. Je suis vraiment désolée de ne pas te l'avoir dit plus tôt.
- Et il a fait une bêtise ?
- Oui, mais je vais l'aider à la défaire. Et vu que c'est l'enfant de Madara et de Kagami, comme on t'a expliqué pour ma maman et mon papa, ce sont tes grands parents.
- C'est compliqué.

Abby sourit en acquiesçant et murmura :

- Ca le sera moins quand tu seras grand. Maintenant, je te pose là, je dois aller parler avec Madara, d'accord ? Tu es sage ?
- Je suis toujours sage !
- Même quand tu piques les bonbons de mamie ?

Haiko hocha la tête, les jours rouges et Abby l'installa sur le canapé près de Kagami qui s'était fait un thé et après avoir reçu l'approbation silencieuse de la maitresse de maison, elle se rendit à l'étage, dans la chambre parentale.

Celle ci était plutôt vaste et décorée avec soin. La première fois qu'Abby l'avait vue, quand Kagami lui avait prêté des vêtements après un entrainement sévère avec Kyubi, la jeune femme l'avait félicité sur la décoration sobre mais coquette de la chambre. Et Kagami lui avait dit, d'un air gêné, que c'était Madara qui s'en était chargé disant, mot pour mot, qu'il « voulait donner un air naturel à la pièce, et se sentir apaisé quand il y entrait ». Abby avait fait de son mieux pour ne pas en perdre sa mâchoire et Kagami lui avait fait promettre de ne jamais en parler.
Mais ça ne changeait pas le charme de l'endroit.

Cependant, quand elle y entra, cette fois là, la pièce était plongée dans l'obscurité et, grâce au peu de lumière qui venait du couloir, Abby put voir la forme de Madara, recroquevillé sur le lit. Elle s'en approcha lentement, touchée.
Pendant la grossesse de la jeune fille, Madara avait toujours été là pour elle. Si bien qu'ils avaient noué un lien d'amitié bien loin d'une relation directeur-élève. Bien sûr, en public, ils restaient corrects mais ils avaient partagé des moments ensemble, Madara allant déjeuner avec elle pour lui tenir compagnie tandis qu'Abby, quand son état le lui permettait encore, l'aidait parfois, à l'abri des regards, avec la paperasse. Mais Abby savait, Madara avait toujours été là pour elle et il ne l'avait pas fait par obligation. Il l'appréciait et c'était réciproque.
Et qu'il assiste à l'accouchement de la jeune femme n'avait fait que renforcer leurs liens. Il était comme un second père pour elle.
Elle s'approcha lentement du lit, posa une main sur son bras, sachant qu'il était parfaitement réveillé et murmura :

- Allez, viens, Madara. Tu as besoin d'une bonne tasse de thé.
- C'est de ma faute. S'il est parti et .. Il me l'a dit …
- Il était en colère. Il aurait dit n'importe quoi pour te blesser. Tu ne dois pas t'en vouloir.
- Mais …
- Madara .. Tobi est blessé. Je l'ai vu avant qu'il parte, il m'en voulait. Mais ne t'inquiète pas, je le ramènerai.

Madara se tourna sur le dos, pour allumer la lampe de chevet et regarder la jeune femme de ses pupilles écarlates d'un regard tellement sombre qu'il aurait pu faire flancher n'importe qui et murmura :

- J'ai tout fait, toute ma vie, pour lui éviter de tomber dans les méandres de la haine caractéristique des Uchiha, comme Sasuke ou Itachi .. Je te jure, j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir et finalement, c'est moi qui l'y ait plongé ..
- Ne te mets pas ce poids sur les épaules. Il t'aime, même s'il t'a dit le contraire et il t'admire.

Madara ne répondit pas, continuant de la regarder dans les yeux et Abby soupira, détourna la tête et murmura :

- Je sais que je ne suis pas la mieux placée pour parler de lui, que je le déteste et que c'est réciproque, mais j'ai passé une soirée avec lui. Une seule et je crois que de toute sa vie, il n'a jamais été aussi sincère avec lui même.
- Il ne te déteste pas.
- Oh, je peux t'assurer que …
- Non, Abby. Ce soir là, j'ai eu une discussion avec lui et j'ai supposé qu'il parlait de toi. Il a dit que tu le voyais comme il était, et pas comme … mon fils. Et cette nuit, sur la plage .. Il regrettait de ne pas être resté avec toi. Je ne sais pas vraiment ce que ça signifie, mais je crois vraiment que quelque chose à ton propos le ronge depuis ce moment là.

Abby, la gorge serrée, soupira un instant et murmura :

- Il m'avait promis de rester. Qu'il serait là à mon réveil mais il .. Il n'était pas là.
- Tu penses vraiment pouvoir le ramener ?
- Je .. l'espère.
- Alors je vais t'aider. Si une personne peut le faire, c'est bien toi. Mais s'il a vraiment rejoint Orochimaru, s'il est parti avec l'ennemi, tu vas devoir te battre contre lui.
- Madara, je .. Si tu venais …
- Non. Je ne mettrais plus jamais les pieds sur un champ de bataille.

Abby n'insista pas devant la froideur du directeur et celui ci se redressa rapidement, peut être un peu trop, vu son mal de crâne et il murmura :

- Va t'habiller et je te rejoins sur le terrain d'entrainement trois.
- J'ai .. Tsunade m'a dit de ne pas forcer, que mes muscles ne le supporteraient pas.
- Tu dois devenir plus forte, dans des délais courts si tu veux avoir une chance de sauver mon fils. Tu as le courage de le faire ?
- Bien sûr.
- Alors je ne veux pas t'entendre gémir, compris ?

Elle sourit en acquiesçant, heureuse d'apercevoir une partie du shinobi qu'il avait été et elle alla rapidement au salon pour prendre Haiko dans ses bras. Il rit légèrement et demanda :

- Maman, ça va ?
- Oui, ne t'en fais pas. Mais je vais devoir aller m'entrainer.
- Oh ..
- Je suis vraiment désolée Haiko, vraiment mais je dois te ramener ton père. Il a besoin de toi.
- D'accord.
- Reste avec Kagami, elle prendra soin de toi, et après, tu retourneras chez mamie et papy.
- Je veux rester avec toi.
- Je sais mon ange, moi aussi j'aimerais que tu restes, mais c'est trop dangereux. Quand la guerre sera terminée, nous serons réunis pour toujours, avec ton papa, d'accord ?

Haiko, l'air innocent, hocha doucement la tête et elle l'embrassa sur la joue plusieurs fois avant de le confier à Kagami et se rendre dans la maison de l'équipe d'élite, à priori totalement disloquée, et aller enfiler sa tenue de combat. Puis, elle alla retrouver Madara au terrain indiqué, qui était actuellement utilisé par des classes de bas niveau.
Iruka, l'instructeur, allait dire quelque chose mais en voyant le directeur arriver d'un air déterminé, il s'inclina, respectueux et ses élèves l'imitèrent.
Abby interrogea Madara du regard et celui ci se contenta de sourire d'un air qu'elle ne lui connaissait pas avant de donner l'ordre à Iruka d'éloigner ses élèves et quand il eut sécurisé le terrain, il demanda à sa protégée :

- Tu es prête ?
- Qu'est ce que tu vas faire ?
-Invoquer Kyubi.
- P-pardon !?
- Mais ça sera sa partie sombre originale, et pas seulement un morceau.
- Madara ..
- Celui que tu as combattu, dans la maison, n'était qu'un dixième de sa puissance, et quand tu étais sous sa tutelle, aussi. Tu es prête ?

Elle sembla réfléchir à toute allure pendant quelques secondes, l'air paniqué avant de hocher lentement la tête et murmurer :

- Tu restes avec moi ?
- Je vais invoquer la moitié de Kyubi au milieu de mon école, tu ne crois pas que je vais devoir prévenir le personnel ?
- Je ne pourrais pas l'affronter seule.
- Si tu ne l'affrontes pas lui, comment espères-tu affronter Tobi ?

Abby baissa la tête et murmura :

- Nagato ne sera pas là pour me ressusciter, cette fois.
- Alors ne te fais pas tuer.

Sans attendre une nouvelle protestation, Madara mordit son pouce à sang et posa la main sur le sol en annonçant la formule d'invocation. Un épais nuage de fumée apparut devant eux et un coup de vent le dissipa rapidement pour dévoiler la partie sombre de Kyubi.
Cette version là, contrairement à l'original ou la version incomplète qu'Abby avait déjà eue à affronter était d'une couleur beaucoup plus sombre, tirant plus sur le marron que sur l'orange.
Quand il remarqua Abby, il sembla sourire, jusqu'à ce qu'il remarque Madara. Là, le démon sembla se tapir sous le regard écarlate de la légende, qui croisa les bras en disant :

- Kyubi … Je laisse Abigaïl entre tes mains une nouvelle fois, jusqu'à ce qu'elle estime être assez puissante. Pas d'entourloupe cette fois et je refuse de la voir mourir. Compris ?
- Madara, tu n'es pas sérieux quand même, si ? Tu m'envoies de nouveau cette gamine pathétique, tu m'invoques en totalité et tu espères que je ne la tue pas ? Elle ne tiendra pas dix minutes.
- Nous verrons.

Madara se tourna vers la jeune femme, posa une main douce sur son épaule et murmura :

- Je compte sur toi. Tu auras tous les moyens dont tu as besoin. J'ai placé une barrière autour des trois terrains d'entrainement, n'aies pas peur des dégâts. Et surtout. Ne le laisse pas te corrompre.

Abby, toujours un peu subjuguée par l'allure du directeur, hocha lentement la tête et murmura :

- Est ce que Tobi a dit quelque chose, avant de partir .. ?
- Il m'a dit de te dire qu'il aurait été un bon père si tu lui en avais donné la chance.

Abby détourna le regard, gênée et Madara soupira, lança un regard menaçant vers Kyubi avant de partir en direction de l'école où régnait une terreur et une agitation presque ridicule. Les élèves les plus jeunes pleuraient en voyant les queues de Kyubi fouetter l'air, les plus anciens se demandaient pourquoi ils n'avaient pas été appelés à combattre.
Dans un coin de la cour, Naruto avait une main posée sur son ventre pour communiquer avec l'autre partie du démon, qui lui indiqua qu'Abby était là bas, seule, et qu'elle allait affronter Kyubi. Naruto était inquiet pour son amie, bien entendu, mais il devait lui aussi s'entrainer. Et il ne trouva de meilleur adversaire que son meilleur ami, Gaara.

Et quelque part, dans la chambre d'un hôpital de banlieue appartenant aux shinobis, une légende serrait les poings dans son sommeil.