Discraimer : Le manga et les personnages appartiennent à Masami Kurumada
Rating : K
Hello tout le monde ! Et oui, j'ai beaucoup de retard ce mois-ci, mais voilà quand même le texte de septembre. Mais sur qui me demanderez-vous ? Ben je vous gâte beaucoup pour cette reprise scolaire, car c'est un texte sur Saori que voici :D.
Et non, ce n'est pas une blague, mais je vais vous rassurer tout de suite, c'est bien la première et dernière fois que je ferais un texte sur elle. Bien que c'est un personnage que j'apprécie à sa juste valeur, écrire sur elle est tout sauf simple et je ne suis pas vraiment fière de ce texte :(. Enfin bon, c'est à vous d'en juger maintenant … s'il reste quelqu'un pour me lire évidemment. Hmmm …
Une âme forte
En un bel après-midi d'avril, un hurlement strident se réverbéra dans l'immense manoir Kido. Pourtant, tout dans l'air indiquait à ses demeurants que la journée serait merveilleuse. Le printemps, à son apogée au Japon, réchauffait suffisamment pour permettre aux petits de ce pays d'enlever pulls irritants et écharpes piquantes pour mettre des tenues plus légères, plus agréables. Le sol encore humide des quelques pluies printanières ravissait les plus turbulents, les habits plein de boue au soir. Et pour les plus sages, ceux et celles qui aimaient observer calmement la nature, celle-ci se parait de tous ses charmes, au sortir des temps rudes. La mièvrerie avait presque sa place dans cet enchantement floral, et beaucoup à la fondation Graad espéraient secrètement que cela suffirait à calmer la jeune princesse irascible qui leur menait la vie dure, pour un certain temps au moins.
D'autant que ce matin, un cadeau longtemps attendu par Saori venait d'être livré, portant l'inscription d'une grande marque de couture. Une vraie robe française pour la Lady, marquant son tout premier diner officiel aux cotés de son père, dans un Gala pour la fondation. Aussi cette journée s'annonçait comme réellement agréable pour les jeunes enfants, même s'ils savaient pertinemment qu'ils devraient mentir et complimenter la jeune fille quand elle viendrait parader devant eux, telle une star. Mais être obligés de faire semblant de l'admirer pendant quelques secondes était une contrepartie bien faible pour avoir la paix jusqu'au Gala de demain.
Pourtant ce bonheur était compromis en ce moment par le cri enragé et suraigu qui venait de sortir des appartements de la jeune enfant. Tout en retenant leur souffle, les orphelins se regardaient avec dépit, un simple mot aux lèvres. Pourquoi ?
-Rhaaa ! Vous allez voir que c'est à cause des chocolats, râla Seiya. Elle m'a obligée à lui faire la courte échelle, hier, pour récupérer le pot de la cuisine et tous les avaler. Maintenant elle doit être trop grosse pour rentrer dans sa robe et ça va encore me retomber dess…
Le futur pégase, jouant avec plusieurs de ses camarades, n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Jabu s'était jeté sur lui, protégeant l'honneur de la Lady, bafoué par cette sombre histoire de chapardage.
Mais ce n'était pas un problème de taille qui faisait rouler sur les joues de la petite de nombreuses perles salées. Le vêtement lui allait parfaitement bien, mettant superbement en valeur sa peau claire et ses beaux yeux. On lui avait même fait le compliment qu'elle était aussi belle qu'un ange, habillée comme cela. Et que toutes les déesses du monde entier devaient lui envier sa beauté. Autant de compliments flatteurs qui auraient dû plaire à l'enfant.
Mais non, pas cette fois.
Saori avait commencé à pleurer dès qu'elle s'était vue dans le grand miroir de sa chambre, et depuis elle hurlait qu'on lui enlève tout de suite cette monstruosité sur sa peau. La crise était incompréhensible, fulgurante et improbable. Tous étaient désarmés face à cet état de démence. Seul Monsieur Kido semblait perdu dans ses pensées, lui qui avait été le premier à complimenter la petite.
Pourtant, il réagit vite et bien quand Saori vint se pendre à ses genoux, pleurant à chaudes larmes. Sa main paternelle se perdant dans les fins cheveux lilas, il réussit à la rassurer, lui disant simplement qu'elle avait encore le temps, que ce n'était pas pour tout de suite. Puis, alors que la petite se calmait petit à petit sous l'effet des paroles mystérieuses, il demanda à une des domestiques d'aider sa fille à ôter la robe. Saori, se laissant guider plus calmement, se retrouva alors à chasser courageusement ses larmes, comme tant de démons qui la hantaient. Mais c'étaient surtout les visionsqui polluaient son esprit, de plus en plus souvent, qu'elle tentait de dompter.
Son courage à leur faire face était louable. Elle qui sentait de plus en plus l'esprit de la déesse Athéna en elle, ses espoirs, ses craintes, ses souvenirs se mêlaient à l'être millénaire, entrainant de nombreuses vagues d'émotions, bien trop intenses pour une enfant de son âge. Alors parfois, comme maintenant, elle pouvait flancher sous le poids de ce qu'elle ressentait au fond d'elle. Sous le poids de tant de guerres, de morts. Et alors qu'elle portait cette belle robe immaculée, des souvenirs ne lui appartenant pas lui étaient encore revenus. Ceux de ses anciens moi, tous tombés au combat en vainquant. Ceux de jeunes filles toutes si différentes d'elle. Si différentes oui, mais au destin si semblable. Alors, comme d'habitude, elle avait pleuré, elle dénigrait encore cette vie barbare qui lui était promise, de toutes ses forces. Mais elle acceptait ainsi, d'une certaine façon.
Elle savait ne pas avoir le choix.
Enfant immature, égoïste et pourrie-gâtée, elle possédait néanmoins de nombreux trésors au fond de son cœur, qu'elle gardait pour l'instant pour elle, car elle savait bien que son père ne lui en voulait pas. Il le lui avait même dit, quand elle avait fait part à l'adulte de ses tourments. Il l'avait alors regardé gravement, puis lui avait parlé. Expliqué ce qu'il savait, quel serait son destin. Puis il avait rajouté qu'il l'aimait, beaucoup, mais que tout ses présents, cette fierté mélangée à de la peur, ce laxisme concernant ses frasques envers les orphelin. Tout cela c'était parce qu'il savait ce qui l'attendait, ce que serait sa vie future. C'était en réalité son seul cadeau envers la petite fille, la possibilité d'avoir l'enfance qu'elle choisirait, sans restrictions aucunes. Avoir ce qu'elle souhaitait, faire ce qu'elle voulait, l'enfant le méritait, elle qui apprendrait de toute façon d'elle-même la bonté, l'abnégation et le sacrifice auprès de la déesse. Certes les orphelins le méritaient tout autant, cette vie de rêve, mais cela même lui ne pouvait le leur offrir. Ils étaient trop nombreux, il n'était pas un Dieu tout de même.
Depuis et à chaque fois, elle séchait ses larmes, comme maintenant. C'était la preuve de son courage, de sa bonté qui dépassait l'enfant qu'elle était. De son âme forte qui pour le meilleur comme le pire, pour la mort et la gloire, protégerait la vie que recelait cette planète. Et elle devait notamment cette force à l'adulte qui l'aimait tant, qui l'épaulait tant. Même si elle ne comprenait pas encore tout, elle avait appris qu'elle n'aurait pas le droit à l'erreur, aussi cherchait-elle encore à profiter de son enfance en l'attente des jours sombres. C'était aussi une forme de force d'esprit.
Une fois la robe ôtée et la jeune fille habillée plus sobrement, celle-ci se posta devant le miroir, se dévisageant férocement, cherchant encore dans son reflet ces images qui l'obsédaient, mais qu'elle domptait petit à petit. N'y voyant plus que son propre double, un sourire espiègle réapparu rapidement sur le visage gamin et, cette nouvelle mésaventure vite oubliée, elle intima à son père de l'emmener rapidement en ville se choisir une nouvelle robe, ne voulant pas aller en loque au Gala. Celui-ci sourit avant d'acquiescer, même si tous les habits qu'elle possédait déjà convenaient parfaitement à ce genre de réception. L'enfant était réellement forte pour reprendre aussi vite contenance et faire face de façon aussi spontanée à ses peurs. Aussi se résigna-t-il à une nouvelle dépense pharaonique. Au moins les orphelins seraient heureux de savoir Saori loin d'eux le temps de ce shopping.
En espérant que ce texte vous ai plu.
Bisous !
