N/A: Bon, à la base j'avais prévu de poster la fin en deux chapitres, mais le travail me rend sadique alors du coup je vous la fais en trois! Merci de me lire

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

24 décembre 2008, 23h52 :

Allongée sur le dos, Cuddy écoutait la respiration profonde de l'homme allongé à côté d'elle. C'était le réveillon de Noël et elle songeait à ce que serait sa vie à la même date l'année prochaine. Elle serait maman. Elle réfléchissait à des détails dont House se serait probablement moqué s'il pouvait lire ses pensées. Comme au fait qu'elle doive ou non faire un sapin de Noël pour suivre la tradition majoritairement reconnue et faire plaisir à son enfant, et ce, malgré le fait qu'elle soit juive. Elle pensait aux couleurs de la future chambre qu'elle avait déjà libérée. Valait-il mieux opter pour le vert pastel, très à la mode ou le jaune soleil plus gai ? Ou devrait-elle céder et demander à House de lui annoncer le sexe de son bébé pour rester dans les indémodables bleus ou roses ?

L'association de House et de bébé lui fit poser une main sur son ventre et les yeux vers l'homme à côté d'elle.

Ce soir, il était arrivé chez elle à l'improviste, sous l'effet de l'alcool et de probables autres substances dont elle préférait ne pas connaitre l'existence. Depuis maintenant un mois, ils s'étaient remis à coucher ensemble, ou comme disait si bien House « les affaires avaient reprises ». Mais, si à l'époque elle pouvait garder ses distances en se disant qu'ils ne le faisaient que dans le but de concevoir un enfant, il était aujourd'hui plus dur pour elle de justifier cela. Bien sûr, il y avait ses hormones..., mais elle s'était vite retrouvée à l'appeler au delà de ses crises hormonales. Il lui arrivait de l'appeler juste parce qu'elle se sentait seule. Elle l'appelait souvent parce qu'elle avait envie de le voir.
Il ne refusait jamais. Il apparaissait sur le pas de la porte un quart d'heure plus tard. Parfois, ils finissaient directement au lit, comme avant. D'autres fois, ils regardaient un film, dînaient ou parlaient pendant un moment. Il avait compris que ça n'avait plus rien à voir avec ses hormones, mais il n'avait rien dit et ne le lui fit jamais remarquer.

Ce soir, elle ne l'avait pas appelé. Même falsifiée, l'excuse des hormones ne justifiait pas ce qu'ils venaient de faire. Tout comme la drogue n'y parvenait pas non plus. Il était venu de lui-même. Il allait mal et avait choisi de venir la voir, elle. Il ne lui avait pas dit ce qui l'avait conduit à se mettre dans cet état. Elle n'avait jamais espéré qu'il le fasse. House avait depuis longtemps abandonné l'idée d'être heureux et ses abus ne surprenaient plus personne. C'était triste, mais la peine qu'il portait constamment sur ses épaules était ce par quoi la plupart des gens définissaient aujourd'hui House. Elle l'avait fait aussi, à une époque. Mais depuis quelques temps, elle le voyait changer. C'était subtil, à peine présent, mais elle le surprenait plus souvent à sourire, il était moins agressif et plus patient. Bien sûr, il restait toujours un sale con, ça c'était dans sa nature. Ils y avaient toujours des tas de plaintes contre lui, mais...moins.

Il ronfla légèrement et elle sourit. La tête plantée le coussin, la bouche à moitié ouverte, il n'avait rien de sexy et pourtant elle se retrouva avec une envie irrésistible de passer sa main dans ses cheveux, sur sa joue. Elle se dit qu'elle devrait le réveiller, que ce n'était plus du business s'il restait, mais n'en eut pas la force. Leur relation avait dépassé le stade professionnel sans qu'ils ne le réalisent vraiment. Elle lui paraissait aujourd'hui hors de contrôle. Pour être franche avec elle-même, Cuddy n'avait aucune idée de ce qu'il adviendrait demain. House restait un mystère pour elle alors elle se contentait d'en profiter au jour le jour. De nouveau.

Elle jeta un coup d'œil au réveil derrière l'homme et constata que minuit avait passé. C'était Noël. Elle se surprit à se demander si la présence de House était son cadeau ou son fardeau.

Elle ne chercha cependant pas à trouver de réponse à cette question et se laissa glisser dans les bras de Morphée.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Elle se réveilla le lendemain matin au contact d'une peau chaude qui lui chatouillait le ventre. Elle ouvrit les yeux et sourit doucement. House était allongé à côté d'elle et laissait ses doigts frôler le ventre arrondi de Cuddy. Il semblait complètement absorbé dans ses pensées alors qu'il observait la proéminence de la jeune femme. Un léger sourire était dessiné aux coins de ses lèvres et son regard…En disait beaucoup trop alors qu'il n'avait pas réalisé que Lisa le contemplait.

Elle fut submergée par une brève bouffée de bonheur. De l'extérieur, cette image devait paraître idyllique. Un homme, une femme et un futur enfant un matin de noël…Mais c'était bien plus compliqué que ça. Elle se força à clore les paupières. Elle savait que House lui échapperait aussitôt qu'il aurait remarqué qu'elle l'observait. De l'intérieur, tout était tellement plus compliqué. L'homme était buté, la femme perdue et l'avenir du bientôt-né incertain.

Elle réalisa soudain qu'elle ne pouvait plus continuer ainsi. Dans deux mois, elle serait mère. Elle voulait que son bébé arrive et grandisse dans un environnement stable. Il était temps de clarifier les choses. Soit il avait un père, soit il n'en avait pas. Soit House et elle avaient un avenir ensemble, soit ils devaient cesser tout ça maintenant.

« Vous pensez trop », lui susurra House.

Même dans un moment comme cela, il la vouvoyait. C'était ridicule. Ils couchaient ensemble, elle attendait son bébé, ils se connaissaient depuis plus de vingt ans et ils se vouvoyaient comme de parfaits inconnus. Là résonnait bien tout la complexité et l'absurdité, de leur relation…Relation que, même en pensée, elle ne parvenait plus à définir.

Un doigt passa sur ses sourcils froncés et elle ouvrit les yeux. Ils croisèrent immédiatement deux pupilles incroyablement bleues et elle referma les paupières, incapable d'être rationnelle sous ce regard là.

« Qu'est ce qu'on fait ? », murmura-t-elle la gorge serrée.

« Je propose des pancakes et du bacon pour le petit déjeuner. »

Elle ouvrit les yeux et il reprit son sérieux sous son regard. Il se laissa tomber en arrière et elle se redressa sur un coude.

« Non, qu'est ce qu'on fait là ? C'est quoi ça ? Entre nous ? »

Il ne répondit pas, fixant intensément le plafond.

« J'ai…J'ai besoin de savoir, House. J'ai besoin de savoir où en est…S'il y a quelque chose. »

Un nouveau silence lui répondit alors qu'il s'asseyait au bord du lit, visiblement décidé à partir. Elle sentit ses yeux s'embuer, se demandant si c'était là la réponse qu'il lui donnait. Le temps qu'elle essuie ses larmes, il s'était déjà habillé et enfilait ses chaussures. Il se leva, prêt à fuir, mais elle en décida autrement. Elle bondit hors du lit et vint se placer dans l'encadrement de la porte, lui barrant le passage. Il s'arrêta à un pas d'elle, contrarié qu'elle compromette sa fuite.

« J'ai besoin d'une réponse », supplia-t-elle.

Les yeux de l'homme glissèrent doucement sur elle. Elle ne portait que ses sous-vêtements et elle faillit rougir avant de réaliser que c'était ce qu'il voulait. Il voulait qu'elle se gêne, qu'elle se focalise sur autre chose. Ça n'allait pas arriver. Elle fit un pas vers lui. Sans ses talons, il faisait plus d'une tête de plus qu'elle et elle devait tendre le cou pour le regarder dans les yeux. Elle planta un regard assuré dans le sien et il le détourna vers la droite, l'évitant. Son ventre pointait entre eux, presque symboliquement. Elle se rapprocha un peu plus de lui et elle le sentit rentrer le ventre pour éviter le contact. Elle se mordit la lèvre.

« Si vous ne voulez vraiment pas de ça, alors partez. Définitivement. Mon enfant ne mérite pas d'avoir un père qui ne sait pas ce qu'il veut. »

« Je n'ai jamais demandé à être père », rappela-t-il à mi-voix.

Elle sourit tristement et posa une main sur son torse. Il frémit, faillit se reculer, mais ne bougea pas.

« Si, vous l'avez fait. Et maintenant, c'est moi qui vous le demande ».

Il resta figé, le regard vers nulle part. Elle soupira en comprenant qu'il ne lui répondrait pas. Elle lui libéra le passage, le laissant partir. Elle s'apprêtait à entrer dans la salle de bain quand sa voix résonna dans le silence.

« Pourquoi ? »

Elle se tourna vers lui, il n'avait pas bougé. Ses jointures étaient blanches sous la force avec laquelle il tenait sa canne. Elle secoua la tête, elle ne savait que répondre.

« Cet enfant aura besoin de son père. »

Il hésita une seconde, tapotant nerveusement le bout de sa canne sur la moquette.

« Je ne crois pas pouvoir assumer ça », avoua-t-il finalement.

A sa grande surprise, elle se mit à rire. Il se renfrogna légèrement, mais fut, comme toujours, emporté par sa curiosité.

« Qu'est ce qui vous fait rire ? », demanda-t-il en s'approchant de quelques pas, intrigué.

Elle lui sourit tendrement et se passa une main dans les cheveux.

« J'ai passé les six derniers mois à lire des bouquins pour apprendre ce qu'il fallait savoir avant d'être mère. J'en ai lu des tas, croyez-moi ! Et vous savez ce que je retrouvais dans chaque livre ? »

Il pencha la tête sur le côté, il n'était pas vraiment d'humeur à lui offrir une de ses réponses cocasses habituelles. Elle s'avança vers lui et il la scruta alors qu'elle posait une main sur son torse, tournant un des bouton de sa chemise entre ses doigts avant de répondre.

« Chaque livre avait pour point commun de rappeler qu'il était normal d'avoir des doutes, qu'être parent, ça s'apprenait. Et que ce qui distinguait un bon parent, c'était l'habilité de mettre le bonheur de son enfant, avant le sien. »

Il plissa les yeux, ne comprenant pas vraiment.

« Et c'est exactement ce que v...Tu fais en ce moment », expliqua-t-elle en lui souriant doucement.

Il secoua la tête, prêt à argumenter sur les milliers de raisons qui feraient indubitablement de lui un mauvais père, mais elle le stoppa en posant un doigt sur ses lèvres.

« Quelques soient tes doutes, je les ai aussi. Je n'ai aucune idée de ce qu'il se passera une fois qu…Qu'il sera là. Il va tout bouleverser et je ne suis pas sûre que je m'en sortirais. Je suis carrément terrifier à l'idée de tout rater, de mal m'y prendre. J'ai peur d'être une mauvaise mère », avoua-t-elle. « Mais, c'est normal d'avoir peur. C'est…grand…et irrémédiable. C'est un engagement à vie et personne ne peut prédire ce qu'il va se passer, comment tout ça va se dérouler, mais…Je sais que cet enfant a besoin de moi. Je sais que je l'aime déjà plus que tout. Et je sais que, quoique tu prétende, toi aussi tu l'aime déjà »

« Alors quoi ? Tu crois qu'un amour inconditionnel suffit à faire une happy end ? »

« Il n'est pas inconditionnel et je ne m'attends pas à une happy end. Je sais que je ne serais pas parfaite, que je vais faire des tas d'erreurs. Tu n'es certainement pas l'image du père parfait, mais je ne le suis pas non plus. Pourtant, ce bébé va arriver et…Je suis sûre qu'on pourrait y arriver. »

Il la scruta un moment, la mine grave.

« Non », affirma-t-il finalement.

Elle ouvrit la bouche et fit un pas en arrière. Ce n'était pas la réponse à laquelle elle s'attendait. Ce n'était pas la réponse qu'elle voulait. Elle sentit ses yeux s'embuer et la pièce commença à tourner autour d'elle. Elle ferma les yeux et attrapa le cadre de la porte, vacillante. Elle entendit le tapotement sourd de sa canne sur la moquette. Quand elle ouvrit les paupières, il était parti et elle ne parvint plus à retenir ses larmes.

TBC….

Je vous laisse bouillonner. Dites vous que la suite est pire (rire machiavélique)